- Pour le meilleur et pour le pire -
Disclaimer
Cette histoire ne prend pas en compte le final de la saison 4, car je l'ai commencée avant que celle-ci soit terminée. Je précise aussi que les titres de chapitre, sur un seul mot, ont été décidés avant que le nom des épisodes de la saison 5 soient annoncés. C'est juste une coïncidence si ce sont également des noms uniques.
Par ailleurs, ce n'est pas vraiment une saison 5, car cela commence quand nos amis commencent leurs études après avoir terminé le lycée.
Grand merci à Fenice, Tryphon21 et Mayamauve pour leurs précieuses corrections.
III - Stupéfaction
Quand Adrien revint chez lui, après avoir couru une heure, il n'allait pas beaucoup mieux. Malgré l'effort soutenu et la musique qui lui hurlait dans les oreilles, ses pensées, pas plus que la sourde douleur qui étreignait son cœur, ne l'avaient laissé en paix. Il était lourdement déçu. Il savait que son père faisait passer son travail avant tout, que Nathalie n'était qu'une employée et que Ladybug avait la lourde responsabilité de la sécurité de Paris. Tant leur caractère que leurs obligations ne les prédisposaient pas à le prendre en compte. Il pouvait se dire que ce n'était pas dirigé contre lui.
Pour Marinette, néanmoins, c'était différent. Elle était naturellement empathique et tendre. Il était son ami depuis des années et elle avait initié leur rapprochement. Rien ne justifiait qu'elle refuse de l'écouter. Elle s'était détournée de lui et il ne voyait aucune excuse ou explication qui pourrait adoucir le coup qu'elle lui avait porté. Il était humilié, bien sûr, mais il sentait que c'était plus profond. Il avait été imprudent. Suite à sa discussion avec Nino, il s'était permis d'imaginer ce que serait une relation amoureuse avec Marinette, et il avait pensé que ce serait vraiment bien. Il avait senti qu'il en fallait peu pour que son affection pour elle devienne un lien plus fort, plus intense. Il appréciait tout chez elle : son ouverture aux autres, son impétuosité, sa créativité, sa joie de vivre, sa douceur. Même les moments gênants où elle semblait incapable de s'exprimer clairement ne le dérangeaient pas. Lui, qui n'avait jamais eu le droit à l'erreur, observait avec bienveillance ces moments de perte de contrôle. Une partie de lui l'enviait de pouvoir se le permettre.
Il l'avait rarement vue vindicative. Elle réservait son mépris et ses rares moments de méchanceté à ceux qui le méritaient. Pourquoi lui opposait-elle ainsi son dédain alors qu'il était en train de lui ouvrir son cœur ? Avait-elle réalisé à quel point son départ précipité était blessant ? Était-ce là sa conception de l'amitié qu'elle évoquait si souvent ? Ne se rendait-elle pas compte qu'on ne traitait pas un ami ainsi ? Mais, qui lui disait qu'elle le considérait comme tel ? Il n'avait pas de réponse à cette question quand il parvint à son étage.
Il se sentit désemparé quand il découvrit Marinette, assise sur son paillasson. Il ne se sentait pas prêt à la revoir si vite. Il hésita, ne sachant quelle attitude adopter. Elle lui adressa un regard désolé :
— Pardon. Je n'aurais pas dû agir ainsi.
La déception qui obscurcissait les pensées d'Adrien s'allégea un peu. Marinette était consciente de ce qu'elle avait fait. Elle regrettait, elle s'excusait. Elle n'était pas si insensible à ce qu'il ressentait.
Il tomba à genoux devant elle, avant de réprimer l'impulsion de la prendre dans ses bras. Ils restèrent une seconde, incertains de la marche à suivre, avant qu'elle ne pose son front contre son épaule. Il se permit alors de l'étreindre. Ils restèrent un moment ainsi, tentant de contrôler leurs émotions. Finalement, il dit :
— Je suis heureux d'avoir choisi un paillasson trois étoiles, ultra-moelleux.
Il la sentit rire. Elle se redressa, le regarda et lui confia :
— Je suis pathétique.
Il ne répondit pas. Ce n'est pas l'adjectif qu'il aurait employé pour qualifier l'attitude qu'elle avait eue. Elle sembla le comprendre, car elle précisa :
— Je suis partie parce que j'ai paniqué. Ce n'est pas toi qui es en cause. C'est moi et uniquement moi. Je ne peux pas t'expliquer pourquoi j'ai réagi ainsi, mais je veux que tu saches que tu n'y es pour rien.
— On en parle à l'intérieur ? proposa-t-il, rassuré de la trouver dans ces dispositions.
Elle se pencha pour l'embrasser sur la joue, puis elle accepta sa main pour se relever. Une fois dans l'appartement, il contempla son vêtement de sport humide de sueur et dit :
— Ça t'ennuie si je vais prendre une douche ?
— Pas de problème. Tu dois avoir faim. Je vais voir ce que je peux nous préparer.
Alors que l'eau dégringolait le long de son corps, Adrien tentait de prendre en compte la nouvelle configuration. Il ne savait toujours pas ce qu'elle désirait, mais elle acceptait de l'écouter. Il avait toujours envie d'approfondir leur relation, cependant, si elle ne le souhaitait pas, il y avait des chances que leur amitié soit préservée.
Il coupa l'eau et se sécha rapidement pour ne pas la faire trop attendre. Elle eut un sourire timide quand il la rejoignit à la cuisine. Elle était devant la plaque, faisant cuire quelque chose. Il s'assit à la table et la regarda tourner une cuillère en bois dans une casserole.
— Qu'est-ce que tu nous prépares ?
— Un chocolat chaud. Tu aimes ?
— J'adore, répondit-il, certain d'aimer tout ce qui sortait de ses mains.
Elle lui tournait le dos. Il décida que la configuration n'était pas mauvaise pour continuer la discussion qui la stressait au point de la faire fuir. Il se lança :
— On a trois possibilités, maintenant. Réponse A : on continue sans rien changer. Réponse B : on redevient de simples amis comme avant. Réponse C : on tente d'aller plus loin tous les deux. Tu n'es pas obligée de répondre tout de suite ni de me donner ta réponse de vive voix. J'accepterai ton choix sans que tu aies à le justifier.
Elle resta un moment silencieuse avant de répliquer :
— Ce que je voudrais, c'est savoir ce dont tu as vraiment envie. Je ne veux pas que tu fasses des propositions par devoir ou gentillesse. Aucun de nous deux ne doit s'engager au-delà de ce qui lui correspond.
Cette réponse le toucha profondément. Enfin, son avis était pris en compte. Il était possible que sa remarque soit le prélude à un refus mais, au moins, elle avait accepté de discuter de leur relation.
Il entendit le contenu de la casserole bouillonner. Marinette éloigna le récipient de la source de chaleur et mélangea vigoureusement la préparation afin d'éviter qu'elle attache. Elle versa ensuite la boisson fumante dans deux tasses qu'elle avait préalablement sorties, avant de se saisir d'une bouteille de crème liquide qu'elle versa parcimonieusement sur le chocolat.
— Quelle est ta réponse à toi ? demanda-t-elle, toujours le dos toujours tourné.
— La C, lui fit-il savoir sans hésitation.
Elle se retourna, les deux tasses à la main. Elle en posa une devant lui et indiqua :
— Attention, c'est très chaud.
Il baissa le regard vers son offrande et eut un coup au cœur. La crème qu'elle avait ajoutée dessinait distinctement la lettre C sur le fond brun foncé du breuvage.
— C'est ta réponse ? se fit-il confirmer.
Elle détourna la tête avant de lui lancer un bref regard :
— Ce n'est pas clair ?
— C'est limpide.
Pour cacher son émotion, il prit la main de son amie et la porta à ses lèvres.
oOo
#Il est possible que je n'aie pas tout gâché quand Adrien m'a demandé si on pouvait aller plus loin (mais ça a bien failli)
#Il t'a fallu combien de bouteilles pour rattraper le coup ?
#Aucune, seulement du chocolat.
#Le chocolat est toujours la meilleure solution.
#Tu n'imagines pas à quel point.
.
#Je suppose que tu es déjà au courant.
#Le hurlement d'Alya fait encore vibrer mon tympan.
#Désolé, mon pote, je t'offrirai un sonotone.
#C'est vraiment le cadeau dont je rêvais pour mes 19 ans.
oOo
Entre Adrien et Marinette, les choses changèrent petit à petit. Marinette resta plus longtemps quand elle se rendait chez Adrien, ce qui leur permettait de mieux profiter de leur intimité. Ils partagèrent également d'autres activités : jeux vidéo et visionnage de films notamment. Marinette proposa aussi à Adrien de l'initier à la cuisine et elle partageait avec lui les repas qu'ils avaient préparés ensemble.
Marinette se laissait aller à davantage de tendresse. Ils se faisaient désormais des câlins et avaient des discussions complices. Ils partagèrent également quelques souvenirs d'enfance.
Les semaines qui suivirent leur nouvel accord passèrent rapidement. Les examens de fin d'année arrivèrent très vite et les pauses qu'ils s'accordaient se raréfièrent. Adrien fut donc ravi quand Nino leur proposa de partir tous les quatre ensemble en vacances durant l'été. Marinette se fit un peu prier. Elle affirma ne pas pouvoir se joindre à eux, ses parents comptant sur elle pour les décharger à la boutique puis partir en vacances avec eux. Elle accepta finalement de se réserver une semaine pour ses amis, sur l'insistance d'Alya. Une fois qu'ils eurent convenu de leur destination, Adrien réserva deux chambres dans un hôtel quatre étoiles et mit les autres devant le fait accompli. Ils protestèrent pour le principe, mais en furent secrètement ravis.
Adrien apprécia le luxe de l'établissement balnéaire, mais ce qui lui fit adorer le séjour fut de profiter pleinement de la présence de Marinette. Nino et Alya se comportèrent en parfaits amoureux, abandonnant régulièrement l'autre couple. Adrien et Marinette passèrent ainsi une grande partie du temps en tête-à-tête, et l'ancien mannequin apprécia grandement cette intimité.
Cependant, il ne fut pas une seule fois question entre eux d'un quelconque sentiment amoureux.
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Quand ils revinrent à Paris, Marinette repartit immédiatement avec ses parents. Elle correspondait chaque jour avec Adrien, à qui elle manquait de plus en plus. À son retour, il l'invita à passer quelques jours chez lui. Ils se promenèrent dans Paris. Ses rondes en tant que Chat Noir lui avaient fait connaître la capitale comme sa poche, mais il ne pouvait s'en prévaloir devant sa petite amie. Celle-ci, par contre, avait une connaissance étonnante de leur ville. Il s'amusa à la voir le mener dans les coins qu'il aurait aimé lui faire découvrir. Cela lui plut qu'elle ait les mêmes goûts que lui.
Un soir, ils se plièrent à l'inévitable dégustation des glaces d'André le glacier. Ils le dépistèrent aux Invalides et se mirent dans la queue. Quand ce fut leur tour, l'artisan leur décrivit avec faconde la raison pour laquelle ils devaient absolument déguster un mélange de menthe, mûre et griotte. Il conclut, alors qu'Adrien récupérait sa monnaie, en leur affirmant qu'ils étaient l'un des couples le plus assortis qu'il ait jamais rencontré. Le jeune homme le soupçonnait de vouloir simplement les flatter, mais il ne put s'empêcher de couler un regard sur sa compagne pour voir comment elle prenait le compliment. Le regard absent, elle regardait le dôme doré du bâtiment à proximité duquel ils se trouvaient.
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Durant leur rencontre bimensuelle, Ladybug et Chat Noir faisaient officiellement une patrouille, mais ils savaient tous deux que c'était un exercice inutile. Au fil des mois, ils avaient d'ailleurs arrêté de vadrouiller dans la ville. Après un petit tour, ils choisissaient un emplacement leur fournissant à la fois une belle vue et un minimum de discrétion et s'y installaient pour discuter.
Depuis qu'ils avaient repris ses deux Miraculous au Papillombre, ils étaient devenus inutiles aux Parisiens. Ils auraient pu choisir de se proposer pour des activités moins héroïques, mais Ladybug avait décrété que leurs Miraculous n'étaient pas faits pour cela. Leur raison d'être était de combattre toute magie affectant négativement l'équilibre de l'univers. Il était dangereux de les utiliser à d'autres fins.
Comme Ladybug, Chat Noir avait été déçu de ne pas avoir réussi à identifier leur ennemi et qu'il ait pu leur filer entre les doigts. Ils auraient aimé le voir jugé pour ses actes. Ils lui avaient retiré son moyen d'action, mais n'allait-il pas sévir d'une autre manière ? Qu'en était-il du second Papillon, prédit par Bunnyx ?
Chat Noir ne s'en était pas inquiété longtemps. En effet, sa vie privée avait requis toute son attention. Son père était tombé malade et il avait eu des décisions à prendre. La proposition de sa partenaire de maintenir des rencontres bimensuelles lui convenait. Il avait renoncé depuis plusieurs mois à son amour pour Ladybug et n'avait plus besoin de la bague de Chat Noir pour sortir à sa guise. Cependant, il n'était pas prêt à renoncer totalement à celle qui restait chère à son cœur.
Jusque-là, malgré la part grandissante que Marinette prenait dans sa vie, il n'avait raté aucun de ces rendez-vous. En se rendant à celui qui eut lieu à la mi-septembre, Adrien se demanda combien de temps il allait pouvoir maintenir ces rencontres sans devoir mentir à sa petite amie. Ce soir-là, par chance, elle était occupée ailleurs.
Comme souvent, les deux héros commencèrent par une petite course, pour se dégourdir les pattes. Si Chat Noir appréciait ne plus être appelé de manière intempestive plusieurs fois par semaine, il était parfois tenté de courir sur les toits pour la sensation que cela faisait. Il l'aurait fait régulièrement si Ladybug ne le lui avait pas formellement interdit. Elle était parfois désespérément raisonnable. Il voyait bien, cependant, qu'elle prenait, elle aussi, plaisir à réutiliser ses capacités athlétiques quand ils se rencontraient.
Ils se posèrent ensuite sur un toit accueillant du Trocadéro, appréciant la vue sur la tour Eiffel. Ils échangèrent quelques nouvelles. Ils restaient discrets sur leur vie privée, pour ne pas risquer de se révéler leur identité. Ils s'étaient néanmoins avoué, l'été précédent, leur intention de partir en vacances avec leur petit ami respectif.
Alors qu'ils discutaient du programme de végétalisation de Paris, présenté par le maire la semaine précédente, un son de cloche familier se fit entendre, venant de l'esplanade qu'ils surplombaient.
— C'est André, identifia Ladybug. Paris ne serait pas Paris, sans le glacier des amoureux.
— C'est vraiment un passage obligé pour tous les couples, confirma Chat Noir.
— J'en connais un qui va y amener sa copine ! crut deviner Ladybug.
— C'est déjà fait. Il paraît que nous sommes un des couples le plus assortis qu'il ait rencontré, fanfaronna Chat Noir.
— Quoi ? Il te l'a dit à toi aussi ? releva vivement Ladybug.
— Bah, je suppose qu'il dit ça à tous ces clients, s'amusa son partenaire. Après tout, c'est son fonds de commerce.
— Quand y es-tu allé ? demanda sèchement Ladybug.
— Dimanche dernier. Il était aux Invalides.
Ladybug se figea.
— Comme moi, murmura-t-elle.
— Tu penses qu'on s'est croisés sans s'en rendre compte ? s'enthousiasma Chat Noir. Qu'est-ce qu'il vous a donné, comme parfum, à ton copain et toi ? Si ça se trouve, vous étiez juste devant nous.
Mais Ladybug ne trouvait pas ça drôle. Son regard était devenu fixe et Chat Noir la vit frissonner.
— Buguinette, je plaisante. Je sais bien que tu veux garder le secret de nos identités.
— Menthe, mûre et griotte, le renseigna sa partenaire d'une voix sans timbre.
— C'est drôle, c'est exactement les mêmes parfums que….
La voix de Chat Noir s'étrangla. Il venait de comprendre ce qui troublait Ladybug.
— Mais enfin, c'est impossible ! protesta-t-il. Nous sommes des centaines de milliers d'habitants à Paris. Statistiquement…
— Nous avons été choisis, le coupa Ladybug. Le hasard et la statistique n'ont rien à voir là-dedans.
Un silence s'installa entre eux, chargé de tension. L'hypothèse qu'ils étaient en train de formuler dans leur for intérieur était trop grave pour être énoncée à la légère. Ce fût Chat Noir qui se lança :
— Marinette ? finit-il par demander.
Ladybug sursauta violemment et se leva d'un bond.
— DÉTRANSFORMATION ! rugit-elle, provoquant un mouvement de recul chez son partenaire.
Chat Noir n'avait jamais vu Ladybug quitter son costume. Mais il était certain qu'il n'était pas normal que Tikki soit expulsée avec tellement de force qu'elle rebondit plusieurs fois sur le toit sur lequel ils se trouvaient.
— Comment as-tu pu ! hurla Marinette en direction de la kwami, la figure aussi rouge que le costume qu'elle venait de quitter. Je te croyais mon amie !
— Je suis désolée, commença la petite créature qui paraissait ne plus savoir où se mettre. Je…
— Je ne veux pas t'écouter ! Je ne veux plus jamais te voir ! Je te hais !
Et d'un geste vif, Marinette arracha ses boucles d'oreilles et les jeta à la volée. Elles tintèrent sur le zinc, alors que Tikki disparaissait. Marinette s'éloigna d'un pas vif. Quand la jeune fille arriva près du bord opposé du toit, Chat Noir se leva, alarmé, craignant qu'elle ait oublié qu'elle n'avait plus son yoyo. Mais elle s'immobilisa à temps, la pointe de ses pieds dépassant au-dessus de l'espace qui se trouvait une quinzaine de mètres plus bas. Elle leva alors la tête et poussa un hurlement guttural qui fit frissonner Chat Noir.
Alors que les échos du cri de Marinette s'éteignaient, le héros s'interrogea frénétiquement sur la conduite à tenir.
— Détransformation, chuchota-t-il.
Plagg apparut près de lui et, sans prononcer un mot, plongea précipitamment au fond de la poche de son porteur. À pas prudent, Adrien s'approcha de son amie. Quelque chose crissa sous son pied. Il repéra une des boucles d'oreilles. Après avoir jeté un coup d'œil vers Marinette qui lui tournait le dos, il se pencha pour ramasser le précieux artefact. Il chercha quelques secondes le deuxième des yeux avant de le repérer. Il les glissa tous deux dans la poche où se trouvait déjà Plagg.
À pas glissés pour ne pas effaroucher son amie, il vint se placer à côté d'elle.
— Recule un peu, s'il te plaît, chuchota-t-il.
Elle tourna vers lui un visage barbouillé de larmes.
— Marinette, s'il te plaît, supplia-t-il en s'approchant encore et posant doucement la main sur son bras. Viens avec moi.
Sans résistance, elle se laissa tirer en arrière. Quand ils se furent suffisamment éloignés de la limite du toit pour rassurer Adrien, il la prit contre elle. Elle résista un peu avant de s'effondrer en larmes contre son épaule. Il la berça, se demandant ce qui la bouleversait à ce point. Allait-elle être obligée de rendre les Miraculous ? De renoncer à son rôle de gardienne ? Pourquoi était-ce si grave qu'ils se connaissent ? Était-ce si stupéfiant ? Comme l'avait rappelé Ladybug, ils avaient été choisis pour être partenaires. Sans doute auraient-ils deviné la vérité, s'ils avaient sérieusement réfléchi à la question.
Dans ses bras, les sanglots de son amie s'espacèrent.
— Ramène-moi, finit-elle par dire.
Il murmura la formule de transformation et passa son bras gauche autour de sa taille, prenant son bâton de l'autre. Il ne lui fallut que quelques minutes pour arriver à son immeuble. Pour la première fois, au lieu d'atterrir dans une impasse voisine pour ne pas risquer d'être identifié, il se posa directement sur son balcon, espérant que la nuit suffirait à préserver le secret de leurs identités. Il poussa le battant de la porte-fenêtre, qu'il avait heureusement laissée entrouverte, et ils se retrouvèrent dans sa chambre.
— Tu voulais rentrer chez toi ? s'inquiéta-t-il avec retard.
— Non, ça ira, répondit-elle d'une voix exténuée et s'affalant sur le grand lit.
Il sortit de la pièce, alla à la cuisine et se détransforma. Plagg fila vers son panier, sans même demander son fromage.
— Attends un peu ! fit impérieusement Adrien.
Le kwami suspendit son vol et se tourna de mauvaise grâce vers son porteur.
— Tu savais ? demanda le jeune homme.
— Tikkimaditdeneriendire ! prononça à toute vitesse la déité noire.
Adrien soupira. Bien entendu, il rejetait la faute sur sa compagne. Plagg n'avait jamais brillé par son sens des responsabilités.
— Et tu sais pourquoi cela met Marinette dans cet état ? tenta-t-il encore.
— Les humains, vous compliquez tout, lâcha le kwami avant de disparaître.
Adrien grogna de frustration et sortit de sa poche les boucles d'oreilles de Marinette. Devait-il les mettre et interroger Tikki ? Cela ne lui parut pas correct vis-à-vis de sa petite amie. C'était à elle de s'expliquer. Il prit un pot de confiture vide qu'il gardait de côté pour conditionner ses restes de nourriture, y glissa le Miraculous et le cacha derrière son stock de conserves. Ensuite, il retourna dans la chambre.
oOo
Marinette était assise sur le lit, les genoux levés, la figure enfouie dans un oreiller qu'elle tenait contre sa poitrine. À son entrée, elle leva la tête. Elle avait les yeux gonflés et les joues marbrées. Adrien se sentit désemparé. Que pouvait-il faire pour elle ?
— C'est vraiment grave ? demanda-t-il sans oser approcher du lit, malgré son envie de la prendre dans ses bras.
Elle se jeta brusquement en arrière, heurtant de son crâne la tête de lit en bois. Il grimaça à ce son, mais elle ne parut sentir aucune douleur. Elle ferma les yeux et le silence s'étira jusqu'à ce qu'elle demande :
— Tu te souviens de notre première conversation ?
— L'histoire du chewing-gum ? interrogea-t-il après les quelques secondes qu'il lui fallut pour revenir cinq ans en arrière. Ce n'était pas réellement une conversation, tu m'as snobé, car tu pensais que j'avais voulu te faire une mauvaise farce.
— Ensuite, précisa-t-elle.
— Quand je t'ai expliqué que ce n'était pas moi ?
Elle hocha la tête, les yeux clos. Il fouilla dans sa mémoire.
— Tu as accepté mes excuses… Il pleuvait, non ? Je… je t'ai proposé mon parapluie, c'est ça ?
— C'est ça, confirma-t-elle d'une voix lente. Je te croyais imbu de ta personne, prêt à suivre Chloé dans ses brimades incessantes. Mais tu m'as dit que, tout ce qui comptait pour toi, c'était de te faire des amis. Quand tu m'as tendu ton parapluie, ton visage rayonnait de gentillesse…
— Peut-être, acquiesça-t-il, ne comprenant pas où elle voulait en venir.
La tête toujours en arrière, elle ouvrit les yeux, contemplant le plafond.
— À ce moment-là, commença-t-elle sur un ton monocorde, je suis éperdument tombée amoureuse de toi. Je n'ai plus jamais réussi à te parler normalement. Dès que tu étais dans les parages, je devenais maladroite, gaffeuse, inaudible. Je n'ai jamais réussi à m'en remettre complètement.
Adrien ouvrit la bouche, sans qu'un son en sortît. Qu'était-elle en train de lui dire ?
— Comment… pourquoi… commença-t-il sans parvenir à formuler ses questions.
— J'ai tenté de te le dire des centaines de fois, sans jamais y réussir, continua-t-elle, sur le ton impersonnel qu'elle avait adopté. J'ai cru mourir de chagrin quand tu m'as dit un jour que tu en aimais une autre. Je me suis ridiculisée des centaines de fois, je me suis embourbée dans des tentatives qui ne pouvaient qu'échouer, j'ai pensé que tu ne pourrais jamais tomber amoureux de moi…
Enfin, elle tourna la tête et plongea son regard dans le sien :
— Et pendant tout ce temps, conclut-elle, tu voulais sortir avec moi et je te repoussais.
Adrien comprit enfin la colère de Marinette. Sentant ses jambes le trahir, il s'assit sur le lit.
— Merde ! fut tout ce qu'il réussit à formuler.
— Voilà, confirma Marinette en détournant les yeux et en ponctuant sa phrase d'un coup en arrière qui fit de nouveau résonner la tête de lit.
Ils restèrent un moment silencieux, perdus dans leurs pensées. Finalement, Adrien dit :
— Ok, tout ça, c'est rageant. Mais pour aujourd'hui, cela change quoi ?
Marinette redressa le buste et le fusilla du regard :
— Parce que cinq ans de peine de cœur cela ne change rien ? l'apostropha-t-elle. Cinq ans durant lesquels tu avais si peu d'amour chez toi et que tu pensais que personne ne t'aimait, cela n'a aucune incidence ? continua-t-elle un ton plus haut. Et Kagami, dont j'étais jalouse, et que j'ai choisie à la place de Chloé, ce qui a causé la perte de Maître Fu, cela ne compte pas ? Celle que je croyais mon amie la plus fidèle, qui me trahit, c'est sans importance ? Tous les non-dits, les mensonges entre nous, on s'en fiche ?
— Je n'ai pas dit que ce n'était pas douloureux, protesta-t-il. Mais… Dans ma vie, si je restais bloqué sur tout ce qui aurait pu aller mieux, je passerais mon temps à me lamenter. Ce qui compte pour moi, c'est le présent. Là, je me sens triste de te voir si mal et je m'inquiète pour notre relation.
Il vit le visage de Marinette se déformer (de chagrin ? de rage ? de dégoût ?), puis elle se rejeta une fois de plus en arrière, faisant encore trembler le lit, et elle cracha :
— Eh bien, si Ladybug est capable de repartir toujours à l'attaque sans jamais faiblir, ce n'est pas mon cas. Je ne peux pas mettre mes déceptions sous le tapis, ni mes peines, ni ma colère. Je ne sais pas pardonner, je ne sais pas fermer les yeux sur la traîtrise. Il va falloir que tu comprennes ça.
— Et tu penses que je t'en aimerais moins ? interrogea Adrien.
Marinette rebascula en avant, jetant sur lui un regard incrédule :
— Tu crois vraiment être amoureux de moi ? demanda-t-elle.
— Pourquoi je ne le serais pas ?
— Tu ne me l'as jamais dit.
— Tu n'as jamais semblé vouloir l'entendre.
— Et ça te vient comme ça, par le plus grand des hasards, maintenant que je suis Ladybug ? le confronta-t-elle d'une voix acide.
— Écoute, je sais que tu es Ladybug, je t'ai vu te détransformer. Mais je ne le réalise pas encore. Je te parle à toi, Marinette. Pas à la partenaire que j'ai aimée par le passé. Je parle à celle que je fréquente aujourd'hui, que j'ai du mal à comprendre, avec qui je suis certainement maladroit, mais qui me rend heureux depuis plusieurs mois.
— Tu n'étais pas amoureux, opposa-t-elle.
— Non, reconnut-il, mais je le suis devenu. Ce n'est pas un coup de foudre comme avec Ladybug, ça s'est fait petit à petit. À présent… je n'ai pas envie d'arrêter. Évidemment… si c'est mieux pour toi, tu ne dois pas rester pour me faire plaisir, mais, au moins, que les choses soient claires entre nous.
Marinette le sonda du regard, comme pour évaluer la sincérité de ses paroles. Elle demanda ensuite :
— Donc, que je sois Ladybug, cela ne change rien, pour toi ?
— Je suppose… enfin, je suppose que les qualités que j'ai toujours admirées chez elle et que je vais peu à peu découvrir chez toi vont me plaire. C'est plutôt positif, mais pas déterminant. Tu as l'air de penser que tu as plein de défauts en tant que Marinette, mais tu n'es pas parfaite non plus en Ladybug. J'ai toujours su m'en accommoder.
Alors que Marinette méditait cette profession de foi, une inquiétude vint à Adrien :
— Et pour toi, cela change quelque chose que je sois Chat Noir ?
Marinette chavira en arrière, avec la même brutalité que les fois précédentes.
— Je n'ai jamais été amoureuse de Chat Noir, annonça-t-elle sans prendre de gants. Mais comme je n'ai jamais réussi à me débarrasser de mes sentiments pour toi, je suppose que cela ne va rien changer.
Adrien encaissa sans rien dire. Il n'y avait rien à répondre à ça. Marinette dut réaliser la dureté de ses paroles, car elle se rassit et le regarda avec une douceur qui démentait ses propos.
— Je suis désolée, je suis amère, ce soir. Ce n'est pas à toi que j'en veux, mais c'est toi qui prends. Pour Chat Noir… Je l'ai toujours trouvé trop insouciant, mais il est évident que tu ne l'es pas. C'est plutôt le contraire. Je suppose que cela fait une moyenne. Par ailleurs, ton côté dragueur m'exaspérait, mais… là encore, en tant qu'Adrien, tu as de la marge. Pour le reste, j'ai souvent pensé que cela devait être sympa de vivre avec toi. Ne t'en fais pas, ce ne sera pas un problème.
— Et il sera où, le problème ? insista Adrien, loin d'être totalement rassuré.
— Je ne suis pas certaine d'être très agréable à vivre, les prochains jours.
Adrien se rapprocha d'elle et la prit dans ses bras.
— On va affronter ça ensemble, ma Lady.
oOo
Ils ne dormirent bien, ni l'un ni l'autre. Marinette avait tenu à rester chez Adrien. Il la sentit se tourner et se retourner, dans le lit. De son côté, il commençait à réaliser ce qui venait d'apprendre. Il ne voulait pas rejouer le passé, contrairement à ce que faisait vraisemblablement sa compagne, mais anticipait l'avenir.
Il sentait qu'il avait perdu une amie. La mystérieuse Ladybug n'était plus. Même si elle reprenait son Miraculous et se transformait de nouveau, elle serait Marinette, derrière le masque. Il n'y aurait plus d'intermèdes bimensuels à sa vie ordinaire. Il avait perdu un pan de sa vie secrète.
Il savait qu'il s'en remettrait vite. Les possibilités d'évasion que lui avait données Chat Noir avaient sauvé son adolescence, mais sa relation avec Ladybug avait été aussi frustrante qu'enivrante. Elle lui avait causé des émois, mais peu de satisfaction amoureuse. C'était une amie chère, qu'il retrouverait dans Marinette. Ce n'était pas ce qui le préoccupait le plus.
Il s'inquiétait pour leur relation. Marinette ne l'avait que partiellement tranquillisé. L'amour qu'elle lui avait avoué restait encore très abstrait pour lui. Elle ne s'était pas montrée très tendre envers lui, ce soir-là. Même s'ils s'étaient fait des câlins avant de prétendre dormir, ce n'était pas de l'amour. C'était du réconfort. D'après ses dires, Marinette se retenait de montrer ses sentiments profonds depuis le début. Elle y avait parfaitement réussi, non seulement les années précédentes, mais aussi ces derniers mois. Il s'était senti apprécié, mais il s'était constamment heurté à la barrière qu'elle avait érigée entre eux. Serait-elle capable, après autant de temps à combattre ses sentiments, de les laisser s'épanouir ? Maintenant qu'elle savait qu'il était Chat Noir, ses sentiments n'allaient-ils pas s'amoindrir ?
Après les révélations de la soirée, dans quelle mesure les émotions qu'elle était en train de gérer allaient-elles interférer dans leurs rapports ? Si cela leur avait permis d'enfin avouer leurs sentiments, cela n'allait-il pas à terme les séparer ?
Toutes ces questions à l'esprit, Adrien dormit d'un sommeil peuplé de rêves angoissants, où intervint un Papillon de cauchemar.
oOo
Quand Adrien se réveilla le lendemain matin, Marinette dormait d'un sommeil agité. Il supposa qu'elle s'était endormie très tard et décida de ne pas la réveiller. Il partit en cours, d'un pas fatigué. Arrivé à son école, il lui envoya un petit mot, lui demandant comment elle allait. Toute la journée, il scruta son écran, espérant une réponse, mais rien ne vint. Il rentra chez lui le soir, assez inquiet, pratiquement certain qu'elle n'y serait plus. Il fut surpris d'être accueilli chez lui par une odeur riche de plat mijoté. Il se rendit à la cuisine, où officiait Marinette. Elle coupait des carottes en lamelles.
— Ça sent bon, dit-il d'un ton guilleret. Qu'est-ce que tu as préparé ?
— Pas mal de choses, répondit-elle. Tu peux choisir dans les plats que j'ai déjà mis au frigo.
Il préféra s'approcher d'elle et se placer dans son dos. Délicatement, il l'embrassa dans le cou.
— Comment te sens-tu ? demanda-t-il alors qu'elle se penchait un peu en arrière pour faire reposer son dos contre sa poitrine.
— Ça va. Je passe ma frustration sur les légumes. J'ai haché de la viande, aussi, ça fait du bien.
— Où as-tu trouvé les matières premières ?
— Au marché, en bas. J'ai pris de quoi nourrir un régiment. J'ai bien rempli le congélateur, aussi.
— Je suis heureux de voir que tu ne te laisses pas abattre.
— Si Alya n'était pas passée, je serais sans doute encore au fond de ton lit, révéla la jeune femme d'une voix désabusée.
Adrien nota silencieusement dans un coin de sa tête qu'Alya était la personne à appeler si Marinette déprimait trop.
— Je ne t'aurais pas moins respectée pour autant, Marinette, assura-t-il. Tu as le droit d'avoir des moments de découragements. Mais puisque tu as décidé de te venger sur la nourriture, je peux participer aussi ?
— Tu te souviens comment on épluche un oignon ?
— Je ne suis pas certain de sortir vainqueur de ce genre de confrontation.
— Je te laisse en tête-à-tête avec mes carottes, alors.
— Je peux avoir un baiser avant ?
— Ça peut se faire.
Elle l'embrassa et alla prendre des oignons sur un tas de légumes qu'elle avait rassemblés dans un panier. Ils œuvrèrent un moment en silence, avant qu'elle n'annonce :
— Alya pense que je devrais demander à Tikki pourquoi elle n'a rien dit.
— Tu crois… commença Adrien, avant de s'interrompre. Tu veux dire que tu as tout raconté à Alya ? s'étonna-t-il.
— Elle est au courant pour moi depuis plusieurs années. Quand je suis devenue gardienne, ça a été très dur. Nerveusement, je ne tenais pas le coup. J'ai réalisé que je n'y arriverais pas toute seule. Je lui ai dit. Je pense que j'ai bien fait. Elle m'a beaucoup aidée ensuite.
— En tant que Rena ?
— Tu avais deviné ? s'étonna-t-elle.
— Non, c'est Nino qui me l'a dit. Qu'il était Carapace, aussi.
— QUOI ? s'écria Marinette en gesticulant, son couteau d'office à la main. Mais qu'est-ce qu'il lui a pris ? Il… Pff ! Il a de la chance que je ne l'ai pas su avant. C'était quand ?
— Ça fait un moment. C'est quand il a cru qu'il y avait quelque chose entre Alya et moi, enfin je veux dire avec Chat Noir. Cela l'a rendu un peu dingue. Il a même été akumatisé.
— Oui, je m'en souviens mais… il aurait dû garder sa grande bouche fermée ! grogna Marinette.
Elle contrôla son agacement puis demanda :
— Et comment as-tu réagi ?
— Bof, répondit Adrien. Je me suis demandé pourquoi tout le monde était au courant sauf moi. Tu n'avais jamais voulu me le révéler.
Marinette taillada son oignon quelques instants avant de soupirer :
— Nino était Carapace. Je leur avais confié un Miraculous séparément puis, la première fois que le Papillon a activé plusieurs akumas, j'ai eu besoin d'eux. Ils étaient dans la même pièce et je n'ai pas vu comment les prendre à part. Je leur ai donc redonné les kwamis en même temps. C'est comme ça qu'ils ont su l'un pour l'autre. Mais ce n'était pas prudent. On dit qu'un secret que deux personnes connaissent n'est plus un secret. C'est tellement vrai. Ce n'est pas par défiance que je ne t'en ai pas parlé, Adrien. C'est pour nous protéger tous.
— Je sais, je ne t'en veux pas.
— Mais cela t'a blessé.
— Pour toi non plus, cela n'a pas toujours été facile.
Ils continuèrent leur épluchage, puis Adrien reprit :
— Tu as raconté à Alya ce qui s'est passé hier ?
— Oui, cela t'ennuie qu'elle sache pour toi ? s'inquiéta Marinette.
— Bah, au point où on en est… je m'en fiche un peu. Elle peut même le dire à Nino, si ça lui fait plaisir !
Au regard que lui jeta Marinette, il comprit qu'il n'avait pas réussi à cacher son ressentiment. Il préféra changer de sujet :
— Tu veux vraiment parler à Tikki ?
Marinette se mordilla les lèvres :
— Oui, j'ai besoin qu'elle m'explique pourquoi elle n'a rien dit. Et puis… même si je lui en veux, l'idée que les derniers mots qu'elle a entendus de moi soient des paroles de haine me désole.
Adrien vit Marinette cligner plusieurs fois des yeux. Il abandonna ses carottes pour la prendre dans ses bras.
— C'est les oignons, prétendit-elle.
— Bien sûr, abonda-t-il en la serrant contre lui. Saleté d'oignons !
oOo
Certaines se demandaient si Adrien n'allait pas repousser Marinette. Je pense que le pauvre garçon est tellement affamé d'amour qu'il est prêt à tout pardonner et tout accepter pour en avoir. Son éducation l'a malheureusement fait douter de sa capacité à être aimé.
Le chapitre suivant a pour titre "Angoisse". Dans cette attente, dites-moi ce que vous pensez de celui-ci !
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