Ce texte a été écrit dans le cadre de la cent cinquante-troisième nuit du FoF, le forum francophone sur les thèmes Souche, Découvrir, Robe et Abasourdi.
J'ai récemment revu les films 7, 8 et 9 et je dois dire que je les ai adoré ! Les personnages sont vraiment attachant et j'ai particulièrement apprécié le (petit) repentir de Hux. Je reste une grande fan des rédemption ;-)
Bonne lecture !
Le meilleur général de la galaxie
« Merde, merde, merde, fais chier », pensa Hux alors qu'on lui bandait la cuisse.
Allongé sur un lit de l'infirmerie, il fixait les lignes métallique du plafond. Ses pensées tourbillonnaient dans sa tête, chaotiques, et il rêvait d'un somnifère pour éteindre tout cela et sombrer dans le sommeil.
Quelque chose qui n'était pas la douleur cuisante de sa cuisse le dérangeait. C'est comme si une alarme s'était soudain déclenchée dans son esprit, cherchant à le prévenir d'un danger imminent. Mais Armitage Hux n'avait jamais écouté son instinct de sa vie et ce n'était pas aujourd'hui que ça allait commencer.
Une fois sa blessure soignée, il prit les antidouleurs qu'on lui donnait, une paire de béquilles et clopina en direction de ses quartiers.
Une fois ses médicaments avalés avec un grand verre d'eau, il s'assit son lit impeccablement fait et contempla les lieux comme s'il les voyait pour la première fois : une commode et un bureau bien rangé complétaient son confortable lit. Au sol, un tapis noir offrait un semblant de chaleur à une pièce qui aurait pu tout aussi bien servir de salle de réunion ou de garde-manger.
On ne trouvait rien de réellement personnel ici en dehors d'une tasse à café estampillée « Meilleur général de la galaxie » de la part d'un subordonné trop enthousiaste. Il repensa aux trois imbéciles de la Résistance qu'il avait aidé et son cœur se serra de… jalousie, constata-t-il avec colère.
Comment pouvait-il ressentir de la jalousie face à un Wookie, un pilote de mes-deux et un ex-Stormtrooper ? Il songea pourtant à leur camaraderie, à la façon dont ils étaient venus secourir leur ami Wookie au mépris du plus élémentaire bon sens. Puis ses pensées dérivèrent vers toutes les actions qu'il avait entrepris contre le Premier Ordre depuis quelques temps.
Il était un espion, il ne pouvait plus le nier, ni même prétendre que tout ce qu'il désirait c'était nuire à Kylo Ren, ce Sith à la gomme qui l'avait humilié et qui le terrifiait.
Hux crispa les doigts sur les draps de son lit.
Est-ce que le général Pryde croirait à son histoire ? Il avait inventé une excuse plausible mais puisque tout le monde recherchait activement l'espion – c'est-à-dire lui – rien n'était moins sûr.
Et si lui-même avait dû rechercher un espion parmi ses rangs, aurait-il cru à l'excuse qu'il s'apprêtait à servir au général Pryde ? Une vague d'angoisse le heurta de plein fouet quand il comprit que non.
Il ne voulait pas mourir.
« J'ai aidé la Résistance », pensa-t-il frénétiquement sans parvenir toutefois à regretter ses actes, et cet acte méritait la mort pour ses supérieurs.
S'il voulait vivre, il devait fuir et il regretta brusquement de ne pas être parti avec les trois guignols.
Hux aimait avoir une vie bien ordonnée, des pensées bien ordonnées, le tout dans une galaxie bien ordonnée. Tout cela était un gage de sécurité pour lui, or là, tout partait à vau-l'eau.
Son instinct hurlait « Pars ! » et pour la première fois de sa vie, il y céda.
Il ouvrit les pans de son armoire où étaient rangés ses uniformes impeccablement repassés dans un alignement millimétré et saisit une valise noire qu'il ouvrit sur le lit. Il constata alors qu'en dehors de ses uniformes et de sa tasse, il n'avait aucun réel effet personnel. Rien qui vaille la peine d'être sauvé, rien qui témoigne de sa véritable personnalité car sa vie entière avait été dédié à son travail et l'avait éloigné des plus élémentaires plaisirs : l'amitié, l'amour, les hobbits. Pourtant, l'acte de trahison qu'il avait commis lui faisait découvrir une nouvelle facette de sa personnalité et il se sentait à la fois grisé et déstabilisé.
Il empila dans sa valise un uniforme propre auquel il arracha ses galons d'officiers, ses sous-vêtements, sa tasse nettoyée, un blaster, un poignard, le contenu de l'armoire à pharmacie de la salle de bain et les barres à céréales insipides mais nourrissantes qu'il avalait quand il n'avait pas le temps de manger. Il prit sa valise dans une main, ses béquilles dans l'autre et ouvrit la porte.
Il clopina jusqu'à trouver un subordonné au détour d'un couloir dans les quartiers résidentiels du croiseur. Un jeune homme maigre qui parut impressionné de voir qu'un officier tel que le général Hux s'adressait à lui.
– Faites préparer ma navette, ordonna-t-il. Vite !
Pendant que le jeune homme détalait en courant, Hux emprunta l'ascenseur et contempla son reflet. Rien dans son visage ne témoignait de son cœur qui battait si fort qu'il occultait presque tout le reste. Rien ne montrait qu'il allait fuir ce qu'il avait lui-même construit et qu'il ne le regrettait pas le moins du monde.
Lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur le hangar à navettes, Hux sentit une vague d'angoisse nouer son estomac. Il ignorait jusqu'où allaient les pouvoirs de Kylo Ren mais il espérait qu'il ne pouvait pas lire dans ses pensées, autrement il serait fichu !
Pourtant, il songea avec un étrange réconfort qu'il préférait mourir après avoir copieusement saboté les plans de cet emmerdeur de Ren, plutôt que de jouer au fidèle toutou.
Sa navette l'attendait comme à son habitude. Deux stormtroopers étaient là pour assurer sa sécurité et le pilote était déjà en place. Il devait tout d'abord se débarrasser des soldats avant de s'occuper du pilote. Puis, il volerait la navette.
Il fut soulagé de s'éloigner du vaisseau-amiral et s'approcha du hublot pour regarder le sinistre vaisseau devenir de plus en plus petit.
– Où va-t-on, général ?
Hux posa sa valise et ses béquilles avant de sortir un blaster de sous sa cape.
– Vous, pas bien loin j'en ai peur.
Tout se déroulait à peu près selon ses plans. Il avait balancé les Stormtroopers et le pilote sur la planète Kijimi au-dessus duquel la flotte était stationnée, avalé une barre de céréales, ses antidouleurs et faisait à présent route vers Ajan Kloss, la planète tropicale qui abritait les rebelles.
La générale Leia Organa buvait son café à petite gorgée en examinant les rapports de mission alambiqués de Poe Dameron.
Elle avait mal à la tête, une condition que les températures tropicales n'aidaient pas vraiment à améliorer. Elle termina son café, peu consciente de l'agitation qui régnait tout à coup autour d'elle, jusqu'à ce qu'un lieutenant Connix accourt vers elle.
– Madame, une navette du Premier Ordre vient d'atterrir. C'est l'espion !
Leia sentit son cœur se serrer un bref instant. Elle avait cru que, peut-être, son fils serait là, mais elle ne sentait pas sa présence, et la Force ne la trompait jamais.
Elle posa sa tasse sur son bureau et se précipita au dehors où l'humidité collait sa robe à sa peau. Elle trébucha sur une souche d'arbre et le lieutenant Connix la rattrapa de justesse.
Quand elle se redressa, ce fut la voix snob et désagréable d'un jeune homme qui l'accueillit. Il détonnait au milieu de cette jungle humide et foisonnante. Grand et mince, un air arrogant sur le visage et les cheveux un peu décoiffé, l'espion, l'ex-général Hux, marchait à l'aide d'une canne.
– Il faut faire quoi pour avoir de quoi boire ici ? Et de préférence une eau filtrée à quatre-vingt dix neuf pour cent, je ne veux pas de quelque chose qui sort d'on-ne-sait-quelle rivière bourrée de microbes. Pourquoi le sol n'est pas plat ? Cette vieille dame en robe bleu là-bas vient de trébucher et je refuse que ça m'arrive, après tout je suis blessé. Où est l'infirmerie d'ailleurs ? Mes bandages ont besoin d'être changés ou bien je risque l'infection. Il y a du café d'ailleurs ? Je préfère le déca filtré de Corruscant, bien meilleur en bouche, avec une rondeur qui…
Et pendant que Hux continuait son monologue et que la Résistance découvrait, abasourdie, l'identité de leur si précieux espion, le lieutenant Connix se pencha vers la générale Organa que cet imbécile venait de qualifier de « vieille dame » et souffla, pleine d'espoir :
– On s'est peut-être trompé d'espion…
Mais Leia sentait le repentir de Hux à travers la Force. Un repentir sincère bien que lui-même n'en ait pas encore conscience pleinement. Un instant plus tard, elle sentit aussi très clairement la présence de Luke à côté.
Et il n'avait jamais semblé aussi hilare.
– Ma chère lieutenant, répondit Leia en soupirant, on a les espions qu'on peut.
Merci d'avoir lu, n'hésitez pas à me laisser une review pour me donner vos impressions :-)
