Chapitre 3 :
Disclaimer : L'univers Marvel ne m'appartient pas, seuls mes personnages et l'intrigue de la fiction viennent de mon imagination.
Le lendemain de sa discussion avec Stark, Lyra réalisa qu'elle risquait de ne peut-être jamais sortir de cette tour. Elle savait qu'elle risquait de tomber sur pire que Stark. Il fallait établir une stratégie pour sortir d'ici. Elle n'eut pas le loisir d'y réfléchir davantage que la porte de sa chambre s'ouvrit.
Un homme grand, blond, avec des muscles impressionnants fit son entrée. Il avait le visage sérieux mais semblait bien plus gentil que Stark. Après s'être concentrée sur son visage, la brunette était maintenant sûre et certaine de l'avoir déjà vu quelque part. L'homme lui adressa un sourire avant de s'asseoir sur le fauteuil à côté du lit. Il se rapprocha un peu de la jeune femme.
« Bonjour madame, je m'appelle Steve.
- Lyra. »
Steve lui adressa un nouveau sourire. Lyra était crispée. Stark avait envoyé un homme manquant cruellement d'assurance pour venir lui tirer les vers du nez. L'homme, très courtois, lui demanda si elle voulait de l'eau, si elle avait tout ce dont elle avait besoin. Elle savait de quoi l'humain était capable être mielleux pour arriver à ses fins, pour l'attendrir. En voyant sa gentillesse et son amabilité, la brunette eut soudain une idée.
« Vos blessures guérissent assez vite, vous sortirez bientôt, je l'espère. Lui dit-elle, semblant chercher ses mots.
Lyra éclata en sanglots. Elle faisait de son mieux pour que ça ait l'air réaliste. Elle voulait qu'il ait pitié d'elle. Elle remercia Stark en son for intérieur pour lui avoir envoyé son échappatoire.
- Sortir ?! Je l'aimerai ! Mais Stark… Cette homme… Lyra renifla bruyamment, il ne me laissera jamais partir ! Il voit en moi une bête de foire, mais je n'ai rien demandé ! J'en tire profit comme je peux, la vie est dure, vous savez…
Lyra calma ses sanglots et papillonna des yeux en fixant son regard dans celui perdu de l'homme qui était à ses côtés. Steve ne savait que faire. Il regardait ses mains qui devenaient moites petit à petit. Une présence féminine le mettait d'ordinaire mal à l'aise, mais une femme qui pleurait devant lui le gênait encore plus.
Devant son manque d'action et de mots, Lyra joua sa dernière carte. Elle tenta d'essuyer ses yeux avec ses deux mains, mais comme l'une d'elles était reliée aux barreaux, elle ne retint pas un petit gémissement de douleur. La brunette voulut attraper un paquet de mouchoir situé sur la table de chevet de l'autre côté du lit de sa main libre tout en baragouinant des excuses pour son état.
Steve se leva, fit le tour du lit et lui attrapa le paquet.
- Je vous remercie… Vous êtes si différent de lui, plus gentil, plus aimable… C'est à se demander ce que vous faîtes en sa compagnie.
Les yeux encore mouillés, Lyra fit un petit sourire à Steve. La brunette exagérait son effort pour pouvoir se moucher avec une seule main. Avec une délicatesse qu'elle n'aurait pu imaginer, Steve traficota son bracelet électronique qui lui servait de menotte et il lui enleva. Lyra essaya de se donner le plus d'innocence possible dans la voix en lui demandant pourquoi il faisait ça.
- Vous n'avez pas l'air dangereuse. Vous vous êtes simplement fait prendre la main dans le sac. Vous avez réellement un pouvoir et vous pourriez l'utiliser mieux qu'en volant, c'est certain. Mais je vous avoue que ce n'est pas de Stark dont il faut vous inquiéter. Il a dû vous parler du SHIELD ?
- Il l'a seulement mentionné…
- C'est une organisation qui se serait beaucoup intéressée à vous pour vos… habilités. Même si elle n'existe plus, vous devez faire attention et cesser vos activités. Certaines personnes se feraient un plaisir de vous utiliser.
Lyra hocha doucement la tête. La jeune femme savait déjà tout cela, elle était tombée sur bien pire que ce que le SHIELD pouvait bien être. Elle avait l'impression d'être une enfant qu'on réprimande. Mais au moins elle pouvait déjà sentir la douce odeur de la liberté. Elle le laissait dire ce qu'il voulait, elle savait ce qu'elle valait.
- Et aussi… Reprit-il, je tiens à vous présenter des excuses pour ce que mon ami vous a fait le soir où vous êtes venue. Il avait raison de vous arrêter, mais il est allé trop loin et s'en est rendu compte.
Le sang de Lyra ne fit qu'un tour à la mention de celui qui l'avait battue.
- Il s'en est rendu compte ? C'est censé être suffisant ? Vous devriez l'enfermer. C'est un malade. Il m'a frappée sans sourciller !
- Écoutez, je comprends votre point de vue… Il a un passé compliqué.
- Ça n'excuse rien ! J'ai un passé compliqué aussi et je n'en fais pas tout un plat ! C'est un homme violent et incontrôlable.
Steve souffla en secouant la tête. Il semblait exaspérer. Lyra restait campée sur ses positions elle savait ce qu'était de la violence gratuite. Elle ne se souvenait plus vraiment du regard de l'homme qui l'avait assaillie. Son bras en métal en revanche, elle s'en rappelait bien.
Après un moment de silence où la brunette avait fait taire ses sanglots, la montagne de muscles reprit la parole.
- Vous allez me suivre. J'ai vu pire comme crime qu'un vol raté et je pense que la… punition… de Bucky est largement suffisante. Je ne veux pas participer à votre détention, vous semblez perdue. »
Lyra le combla de remerciements qu'elle voulait les plus niais possible. Son petit manège avait fonctionné sur cette armoire à glace, restait maintenant à ne pas croiser Stark. Qui sait ce qu'il pourrait faire ?
Steve, qu'elle avait finalement reconnu comme étant LE Steve Rogers, sauveur de l'Amérique, avait réussi à la faire sortir sans encombres. Elle ignorait ce que Stark dirait à Steve puisqu'il ne voulait pas qu'elle parte, mais elle s'en fichait royalement. Après tout, ce n'était plus son problème.
De retour dans son appartement, qui prenait la taille d'un étage de l'immeuble dans lequel elle logeait, elle put… s'ennuyer. Que faire ? L'après-midi commençait à peine, mais elle n'avait rien à faire. Les seules personnes avec qui elle avait fait un tant soit peu fait connaissance étaient Steve, Stark et son employé qui faisait ses allées et venues dans la chambre de la tour. Le manque de compagnie se faisait ressentir.
Allongée sur le canapé en velours noir qui meublait son salon, la brunette se surprit à voir défiler derrière ses paupières closes des images de sa vie en Écosse. Son frère lui manquait. De deux ans son aîné, Forbes s'était toujours imposé comme un protecteur pour elle. Grâce à lui, bien des malheurs lui avaient été évités. Leur père s'était toujours montré soit indifférent, soit cruel envers eux. Forbes étant son seul fils, leur père avait passé plus de bons moments avec lui qu'avec Lyra. Leur famille était assez vieille en Écosse et la mentalité du père tout autant. Très tôt, il s'était penché sur l'éducation de Forbes et avait laissé Lyra à sa mère. Il ne trouvait rien de particulier à la jeune fille qu'elle était. La rouquine – à cette époque – savait que son père chercherait à lui faire rencontrer des « bons partis ». Mais l'époque des mariages arrangés étant révolue, il fallait qu'elle plaise à un homme, et ça, son père l'en croyait incapable. Enfant, Lyra avait des bouclettes qui retombait dans son dos et autour de son visage, rousses, comme bien des enfants écossaises, jolie, mais sans aucune particularité et avait un visage, qui selon son père, « trouvera bien quelqu'un qui l'appréciera ». Refusant d'écouter un homme qu'elle savait difficile à contenter, elle avait appris seule à s'aimer.
En grandissant, son pouvoir avait fait son apparition. Elle espérait secrètement que celui-ci attirerait l'attention de son père et qu'il verrait qu'elle n'était pas qu'une jeune écervelée, mais William ne la qualifia que de bizarre et la rejeta encore plus. C'était tout naturellement qu'elle avait donc quitté le foyer familial à sa majorité en emportant avec elle de l'argent de sa famille. Personne n'avait dû remarquer l'absence des milliers de livre sterling qui traînaient dans un tiroir du bureau de son père qu'elle avait pris en partant.
Aujourd'hui, elle avait un corps de femme dont elle prenait soin, des formes ni trop volumineuses ni absentes, elle affectionnait le port de tête que sa mère lui avait fait travailler. Seul le roux de ses cheveux, semblable à des flammes, lui manquait. Mais si l'homme qu'elle redoutait refaisait surface, il chercherait certainement d'abord une femme aux cheveux roux. C'était un mal pour un bien.
Cet homme… cette autre présence creusait un vide et elle détestait cette sensation. En partant, c'était le soulagement qui avait primé dans son cœur à la simple pensée de ne plus jamais avoir à vivre à ses côtés. Mais maintenant, elle se rendait compte qu'elle était habituée à sa présence. A sa voix. Cela faisait des mois maintenant mais il lui faudrait certainement du temps en plus pour se défaire de cette emprise.
Se saisissant de son ordinateur, Lyra commanda sur un site internet une vingtaine d'hologrammes de pointe venant de Chine. Pas pour elle, non loin de là. L'adresse du destinataire n'était autre que celle de monsieur Stark. Il aimait l'ironie, de ce que la brunette avait vu. Eh bien il allait être servi. Peut-être que comme cela, il ne s'en prendrait pas à Steve, même si elle savait qu'il ne se laisserait pas faire. Pour la jeune femme, c'était surtout l'occasion de faire comprendre au milliardaire qu'elle ne se laissait pas faire non plus et qu'elle se fichait bien de ses menaces. Elle accompagna son colis d'un mot « Sans rancunes. » avec un sourire aux lèvres.
Les jours passèrent à la suite de cette commande. Le milliardaire lui fit comprendre qu'il l'avait reçu en la conviant à une nouvelle de ses soirées. Lyra ne comprenait pas tout ce qui passait par la tête de cet homme. Tout ce qui comptait pour elle était qu'il la laisse tranquille, et s'il l'avait dénoncée aux flics, elle serait sans doute déjà derrière les barreaux. Elle lui renvoya poliment son refus et se concentra plutôt sur le punching-ball qu'elle venait d'installer chez elle.
Après quelques jours de pommade, les plaies qui s'étaient formées sur son visages s'étaient toutes estompées. Lyra s'imaginait mal retourner en excursion de sitôt… Même si ça s'était mieux passé que ce qu'elle aurait pu imaginer, ça l'avait quelque peu refroidi. Elle avait eu de la chance de tomber sur Rogers, qui était connu pour sa chevalerie.
Lunettes de soleil sur le nez, grand chapeau couvrant presque entièrement son visage, tout était fait pour qu'on ne puisse pas la reconnaître. Lyra venait de s'installer sur la terrasse d'un café et jouait sur son téléphone. Une ombre la surplomba en face d'elle avant de finalement prendre place à sa table. Elle sursauta légèrement et se mit en position pour sauter de sa chaise au besoin. Lorsqu'elle releva la tête vers l'ombre, Lyra se retint d'émettre un soupir d'agacement. Je me disais aussi…
« Alors comme ça vous partez de chez moi incognito et vous refusez ma petite invitation ? »
La milliardaire lui avait dit ça avec un sourire en coin et tenait un journal écossais à la main. Aïe.
