Chapitre 5 :
Disclaimer : L'univers Marvel ne m'appartient pas, seuls mes personnages et l'intrigue de la fiction viennent de mon imagination.
« Vous nous quittez déjà ? Lui demanda une voix masculine inconnue.
Lyra releva la tête vers le visage de son interlocuteur et ne put cacher son mécontentement d'avoir été interrompue si soudainement.
Elle avait devant elle un homme grand, chauve, assez fin. La couleur Bordeaux de sa chemise s'accordait bien avec sa peau sombre. En somme, il avait tout d'un homme charmant. Si ce n'était son odeur d'alcool, attestant de son ivresse.
- Je suis ici depuis plus longtemps que je ne devrais. Vous êtes ? Demanda la brunette poliment.
- James Rhodes, plus connu sous le nom de War Machine.
Rhodes avait dit ça en tendant une main vers Lyra. Par politesse, la brunette serra sa main avec un sourire. Lorsqu'elle voulut s'écarter et continuer son chemin vers l'ascenseur, la brunette sentit son interlocuteur effectuer une pression sur sa main. Le cœur de la jeune femme commençait à tambouriner dans sa poitrine, jusqu'à ce qu'elle puisse finalement lui lâcher la main.
- Une danse ? Ou un verre ?
- Ou plutôt l'ascenseur, si vous le voulez bien...
L'homme cherchait à avoir un contact physique avec elle. Il voulait avoir l'air séducteur, mais ce côté ne plaisait absolument pas à la jeune femme. Il la mettait mal à l'aise et c'était suffisant pour elle pour fuir. Lyra entama un mouvement de recul quand il s'avança vers elle, l'esprit embrumé par l'alcool.
- Je suis maladroit, désolé. Et si on allait se servir un verre ? Lui demanda War Machine, l'air charmeur, je pourrais vous raconter mes aventures.
Lyra suffoquait. Il devait arrêter, elle avait été claire, elle voulait partir. Elle détestait cette sensation de malaise qu'il lui faisait ressentir. Ça voulait dire qu'il était en position de force et la brunette ne voulait pas laisser passer ça. Par le passé, elle avait laissé passer trop de choses parce que « ce n'est que l'alcool, ce n'est pas son état ».
La boule de nerfs qu'elle était ne chercha pas plus longtemps à comprendre. Elle se rendit invisible jusqu'à ses affaires, puis jusqu'à l'ascenseur. Stark ne lui en voudrait certainement pas de partir en catimini. Elle était peut-être méchante ? Ou alors elle le jugeait mal ? Mais elle s'en fichait. Une fois dans l'ascenseur, Jarvis discuta avec elle, ce qui lui permit de se détendre en attendant son taxi.
Lyra avait demandé au chauffeur de faire un tour dans New-York. Elle n'aimait pas spécialement les grandes villes, trop habituée aux montagnes écossaises et aux villages. Mais elle devait bien avouer que les lumières de la ville en cette heure tardive et les nombreux visages souriants étaient magnifique à voir. Il n'y avait plus grand chose d'ouvert. Les jeunes sortaient de boîte ou des bars et quelques familles se baladaient. Les restaurants étaient ouverts, et même si la fraîcheur de l'automne commençait à se faire sentir, des gens étaient assis en terrasse. Ça n'avait rien de particulier pour la plupart des gens, mais pour quelqu'un comme Lyra a qui on avait tout pris, qu'on avait enfermée, c'était un spectacle incroyable. La jeune femme commençait à se sentir bien ici.
Après cette balade en voiture, la jeune femme monta les quelques marches qui menaient à son appartement. Si voisins il y avaient, elle ne les avait jamais vu. Seulement leur chat, qui adorait se frotter contre ses jambes. Cette boule de poils rousse lui faisait souvent du charme en se laissant tomber à ses pieds pour recevoir des caresses. Ou demander à manger, mais Lyra préférait penser à la première option.
Lyra posa bruyamment ses clés sur le meuble de son entrée. Elle emprunta le couloir qui menait jusqu'à la pièce de séjour, se fit un chocolat chaud et s'installa nonchalamment dans le canapé. Elle se relaxa devant le replay d'une émission de cuisine. Plusieurs minutes passèrent jusqu'à ce que la brunette remarque un détail. Un détail minime, mais qui lui glaça le sang. Du coin de l'œil, elle vit des plantes posées sur le comptoir de sa cuisine. Quelqu'un était venu chez elle.
Elle tenta de calmer les battements de son cœur. Pourtant, la porte était verrouillée, il n'y avait pas eu d'effraction… Elle n'avait même pas remarquer être sous surveillance. Stark ? Non. Lyra avait tourner la tête le plus délicatement possible pour voir que c'était des chardons. Des chardons, qui auraient pu être si innocents, mais qui ici étaient un message. La jeune femme était transit de peur. Elle n'osait pas bouger, de peur que quelqu'un surgisse de l'ombre. Et si la personne qui les avait posés était toujours là ? Une chose était sûre, elle savait de qui venait le message. Ce mauvais présage, qu'elle craignait tant, était ici à New-York.
Elle était là, allongée sur le canapé, ne sachant pas quoi faire. S'il y avait quelqu'un, il n'avait rien fait pour l'instant. Il attendait donc une réaction de sa part face aux plantes écossaises. La jeune femme finit son chocolat et posa la tasse sur sa table basse. Elle se redressa en position assise et fixa l'écran de la télévision. Il n'y avait aucun bruit autre que son émission. Elle avait une idée, juste au cas où elle ne serait pas seule ici, mais il allait falloir être douée en comédie et rapide.
Lyra se laissa tomber contre le dossier du canapé. Elle souffla fort en se frottant les yeux d'un air fatigué. Elle souleva un coussin, puis deux, laissa son regard balayer la pièce tout en évitant précautionneusement les chardons. Elle se leva, fit mine de fouiller son sac et souffla un « Mais mon téléphone était là... ». Dans sa comédie, Lyra vit une ombre bouger dans la pièce et elle chercha avec un peu plus d'énergie la bombe lacrymogène dans son sac.
« Ça suffit. J'ai un message du patron. Déclara une voix rauque.
Lyra s'immobilisa. Elle n'osait pas se tourner. Si elle le regardait, si elle voyait le visage de l'homme, que ferait-il ? Si elle le regardait, elle pourrait l'identifier. Il valait mieux qu'elle garde le regard baissé.
- Je suis désolé. Je ne fais qu'obéir aux ordres. Vous l'avez mis en colère. »
La jeune femme entendit les bruits de pas de l'homme se rapprocher. Elle n'avait plus le choix. Elle se retourna, bombe en main et se prépara. Trop tard. Un coup au visage, un au ventre, Lyra le regarda droit dans les yeux et s'en prit un troisième, encore au visage. Elle était pliée en deux et le sang lui battait aux tempes. Elle commençait déjà à avoir le goût du sang dans la bouche. Elle se rendit invisible et brandit son arme vers son agresseur. Il se baissa, prêt à la plaquer au sol et le jet de gaz partit à côté de lui. L'homme surplombait Lyra d'une tête. Tant qu'elle avait le courage de l'affronter, elle le griffa, le gifla tant qu'elle put, mais cela sembla à peine l'atteindre. Il s'élança et la fit basculer contre la commode du salon, ce qui cassa la vitre de ce dernier. Des bouts de verre vinrent se loger dans ses cheveux sans lui faire de mal. Se rendant compte qu'elle était de nouveau visible, elle disparut, titubante, et marcha droit vers sa chambre. Elle avait placé son beretta dans sa table de chevet. Il était sa seule arme, son seul moyen de défense face au colosse. Elle attrapa son arme chargée et se retourna. Il l'avait suivie jusque dans la chambre, n'ayant qu'à suivre les taches de sang qui encrassait déjà le parquet. Toujours invisible, elle leva l'arme vers lui et tira. Le bruit de la balle déchira l'air et la douleur dans le bras de son agresseur lui fit pousser un cri. Mais, bien que ralenti, il se jeta vers là où le tir avait été produit. Lyra se mit en boule dans le coin de la pièce le temps de trouver une solution. Son agresseur ne pouvait pas voir les objets que Lyra tenait lorsqu'elle utilisait son pouvoir, son beretta était donc aussi invisible qu'elle. Mais pour combien de temps ? Elle sentait qu'elle faiblissait de minute en minute.
Son adversaire enrageait, il commençait à briser des meubles, à en faire voler, et le chemin vers la porte devenait de plus en plus infranchissable. Lyra y alla à quatre pattes, enjambant les bibelots tombés, essayant d'éviter les meubles. L'homme frappait là où il pouvait, jusqu'à toucher le dos de Lyra avec une chaise. La force du coup obligea la jeune femme à s'étaler au sol, crachant du sang. Le coup fut si violent qu'il l'obligea à redevenir visible. Il la retourna, toujours au sol, et serra ses mains autour de son cou.
Les larmes coulaient des yeux de la jeune femme. C'était la fin, ça ne pouvait pas bien se passer. Quand elle se trouva au bord de l'évanouissement, l'homme lâcha sa prise. Lyra toussa et toussa encore. Plus elle toussait et plus elle sentait sa gorge se déchirer. L'homme se releva et s'assit sur le lit. Lyra se tourna vers le mur, dos à lui. Elle peinait à retrouver son souffle. Son sang coulait sur le sol, elle pataugeait dedans. Elle tremblait de tout son être, ce qui s'intensifia lorsque son agresseur prit la parole.
« Je vous assure, je ne voulais pas faire ça. Mais j'obéis aux ordres. Le patron ne va pas tarder à arriver, il ne voulait pas voir ça. Il veut que vous sachiez que vous n'auriez jamais dû vous enfuir. »
A ses mots, Lyra pleura en silence. Ses larmes se mélangèrent vite à son sang. Elle n'essayait même plus de se calmer. Maintenant qu'elle savait qu'elle allait faire face à son passé, elle ne pouvait empêcher ses larmes de couler. L'homme se releva. Ses bottes couinèrent contre le sol jusqu'à ce que Lyra reconnaisse le bruit de l'eau. Il se lavait les mains. La jeune femme se retourna vers le reste de la chambre. Elle entendait l'homme se frotter les mains sous l'eau en sifflotant, comme si rien ne s'était passé. Il était pareil que son employeur, il la répugnait. Sa seule chance, sa seule échappatoire, était la fenêtre. Elle se releva en faisant attention à ne pas glisser. Lyra avait mal partout. Elle fit coulisser sa fenêtre à guillotine du mieux qu'elle put, mais surtout le plus silencieusement possible. Elle ne se sentait pas la force d'utiliser ses pouvoirs. La jeune femme se félicita d'avoir pris un appartement au premier étage, mais lorsqu'elle vit le vide, sa tête se mit à tourner. La brunette ferma les yeux, ce n'était pas le moment de faiblir. Elle s'accrocha à la gouttière et glissa difficilement. A mi-chemin, elle ne put plus supporter la douleur qui la tiraillait et elle se fit tomber. Elle s'étala une nouvelle fois sur le sol. Cette fois-ci, l'air extérieur lui fit du bien. Elle avait envie de rester là, allongée, et s'endormir tant elle était mieux. Lorsqu'elle entendit la voix rauque de son agresseur pester par la fenêtre, Lyra se remit les idées en place et se remit sur ses pieds. La force qui lui restait lui servit à courir le plus vite possible. Elle titubait mais l'instinct de survie la portait. Elle ignorait d'où elle puisait cette force, mais elle priait pour la garder assez longtemps. Elle sortit de l'allée pour atterrir sur la rue en face de son immeuble. Elle emprunta plusieurs petites rues, plusieurs allées sombres, jusqu'à déboucher sur une grande avenue de New-York. L'homme de main ne l'avait pas suivie jusqu'ici, mais elle craignait de stagner à un endroit. Elle pensait être en sécurité, avec un océan qui la séparait de son tortionnaire… Elle ne voyait pas à quel moment elle avait manqué de prudence pour qu'il puisse la localiser.
L'avenue était presque déserte, à cette heure. Le peu de personnes qui la croisait la dévisageait. L'adrénaline passée, elle commençait à sentir une douleur dans son genou, sûrement due à sa chute. Ses douleurs au dos, au ventre, au cou et au visage se réveillaient peu à peu et elle n'avait qu'une envie, s'allonger. Peu importe où. Mais il fallait réfléchir. Si elle avait été retrouvée, c'était sûrement à cause de ses sorties en ville, peut-être aussi à cause de ses cambriolages, mais son nom n'apparaissait sur aucun journal. Aucune photo n'avait été prise d'elle non plus… Et Stark ne l'avait pas dénoncée. Stark… Il lui avait demandé sa coopération. Maintenant, c'est elle qui avait besoin d'aide.
La jeune femme avait pris soin d'éviter les endroits trop lumineux et avait marché jusqu'à la tour des Avengers. Lyra peinait à l'admettre, mais c'est eux qui avaient le pouvoir maintenant. Avant d'entrer, Lyra puisa dans les forces que l'espoir lui donnait et se rendit invisible pour éviter les questions des employés, qui étaient chargés de la sécurité à cette heure tardive. Lorsqu'elle arriva dans l'ascenseur, Lyra s'assit et se rendit détectable pour Jarvis.
« Bonsoir Mademoiselle. Dois-je contacter Monsieur Stark ?
- S'il te plaît, oui Jarvis… »
La voix robotique lui avait tenue compagnie pendant le temps d'attente de Stark. Cette voix, bien que créée de toute pièce, était si rassurante. Lyra pleura ses dernières larmes de la nuit avant que Stark arrive, tandis que Jarvis lui avait apporté du soutien.
Lorsque Stark arriva dans la salle qu'il utilisait pour ses réceptions, il aperçut immédiatement Lyra, allongée sur un canapé. La jeune femme se releva avec grand peine à sa vue. Avant d'aller jusqu'à elle, le milliardaire fit un détour par le bar, où il emballa des glaçons dans des torchons. Sans dire un mot, il les donna à la jeune femme qui les appliqua sur son visage et ses épaules.
« Vous m'avez demandé de l'aide pour vos missions… Dit la jeune femme au bout de quelques minutes, je ferai ce que vous voudrez pour cela, mais…
La jeune femme se fit interrompre par une quinte de toux. Elle ne parlait pas fort. Stark devait presque coller son oreille à la bouche de Lyra pour pouvoir comprendre les quelques mots qui perçaient son silence.
- Mais maintenant… c'est moi qui ai besoin de votre aide… »
Lyra avait dit ces derniers mots en gardant les yeux baissés sur ses mains tremblantes. Lorsqu'elle releva le regard vers son interlocuteur, elle vit dans les yeux de Stark qu'il était d'accord. Leur marché était conclu. Il aida la brunette à se relever. Il la soutint du mieux qu'il put et la conduisit à l'étage supérieur, où se situait plusieurs chambres. La plupart étaient occupées, mais il baissa la poignée d'une des chambres et installa la jeune femme sur le lit.
« Si vous avez besoin de quelque chose, informez Jarvis, il me tiendra au courant.
La jeune femme acquiesça d'un mouvement de tête. Elle commença à se relever pour aller se nettoyer dans la salle de bain adjacente lorsque Stark, dans l'entrebâillement de la porte d'entrée, ajouta une dernière phrase avant de partir.
- Vous avez bien fait de venir ici. »
