Salut chers lecteurs, bienvenue dans un nouvel OS soukoku !
(brainrot soukoku yay)

Il était pas du tout prévu à la base, mais au final c'est sorti tout seul.
Il est tout fluffy tout mignon (pour changer de mes autres projets sur eux), j'espère que ça vous plaira !

Bonne lecture.


...

Parfois, au beau milieu d'une mission, en particulier si elle est dangereuse, juste avant que l'adrénaline se dissipe ; Dazai attrape Chuuya par le col pour l'embrasser. C'est très bizarre. Un moment ils viennent de faire sauter un bâtiment, de s'infiltrer dans un laboratoire chelou, de tuer un type merde, et celui d'après la langue de Dazai est dans sa bouche, et celui d'encore après ils se retournent et rentre chez eux comme si de rien n'était. Il faut avouer que c'est quand même, pour le moins perturbant. La première fois, Chuuya a perdu connaissance.

Il est important de préciser que ce n'est pas le baiser qui l'a assommé. Pour le peu de souvenir qu'il en a, c'était un baiser tout-à-fait passable, dans une position assez incongrue, qui avait plus à voir avec un coup-de-boule râté qu'un quelconque acte de tendresse. Disons juste que... Le combat avait été rude et Chuuya était à moitié dans les vapes à cause de l'utilisation de ses pouvoirs. C'est sans doute la surprise qui l'a achevé.

Quand il s'est réveillé quelques jours plus tard dans un lit d'hôpital et que Dazai avait l'air comme d'habitude - énervant - Chuuya s'est dit qu'il avait peut-être rêvé. Drôle de rêve, mais bon. Qui sait ce qu'il pouvait bien y avoir dans ces perfusions ? C'était pas comme si Dazai avait l'habitude de s'embrasser après tout, c'est pas comme si c'était normal.

Sauf qu'il y a eu une deuxième fois, et une troisième fois, et plein d'autres fois, Chuuya n'a pas compté. Et comme il n'était pas toujours sur le point de mourir, il était déjà plus en mesure de réagir. Alors, la raison pour laquelle il a choisi de répondre au baiser plutôt que de repousser Dazai, à chaque fois ; mystère total.

C'est effrayant que ce soit devenu une habitude, non ? Dans les moments forts en émotions, s'ils sont seuls tous les deux ils sont sûrement collés l'un à l'autre par la bouche. C'est tordu. Dazai en plus, parmi toutes les personnes qu'il ait pu rencontrer ! Pourtant, le temps passait et les baisers continuaient. Plus ils devaient attendre entre deux baisers et plus le suivant était passionné. Plus le dernier baiser était passionné et plus Chuuya se prenait à anticiper le suivant.

Soyons clair, même s'il n'avait jamais... "Mis la langue" avant, Dazai n'était pas son premier baiser d'accord ? Mais il n'avait jamais embrassé de garçon avant, et Dazai l'embrassait... Comme s'il était une fille, il le faisait se redresser sur la pointe des pieds, ou il attrapait ses hanches, et Chuuya devait toujours se pencher en arrière - parfois même beaucoup - et ça, c'était agaçant.

« Aw, c'est parce que tu est tout petit que tu dis-ça, Chuuya ? » lui avait-il répondu quand Chuuya avait abordé le sujet. Alors oui, peut-être que Chuuya avait été un peu agressif dans ses propos, mais c'était pas la peine de se foutre de sa gueuleL

« Si ça dérange Chuuya tant que ça, » avait-il continué avec une voix plus grave, « il n'a qu'à me dire d'arrêter. » L'idée avait semblé absurde. Qui avait parlé d'arrêter ? Certainement pas Chuuya. Et puis c'était Dazai qui l'embrassait la plupart du temps, alors c'était certainement pas lui non plus. « Ou bien qu'il fasse en sorte que je me baisse, » ajouta-t-il tout bas et ça a dû allumer une ampoule dans l'esprit de Chuuya parce qu'après cette discussion, leurs baisers furent beaucoup moins agaçants, et Chuuya se sentit beaucoup moins comme une fille - et enfin comme un homme qui embrassait un autre homme.

Il se trouve, que Dazai est beaucoup plus pliant et enthousiaste pour les baisers que pour le travail.

...

Ce n'était pas lui ! C'était le soulagement. Vraiment, Dazai ne sait pas ce qui l'a pris, son corps a agi sans consulter son cerveau - ce qui est pourtant rare. Mais voir Chuuya comme ça, au bord de la mort ? Il a bien cru le perdre ! Et peut-être que c'est marrant de faire semblant de détester Chuuya et de se moquer de sa taille ou de son chapeau, mais Dazai ne veut pas non plus qu'il meure ! C'est que, c'est bien la seule personne qui amène un peu d'animation dans sa vie noire et monotone, alors si Chuuya devait quitter ce monde le premier, Dazai pourrait bien réussir sa tentative suivante. Heureusement on n'en est pas là, et Chuuya va vivre ! Là, au creux de ses bras, Dazai prend son pouls avec précaution, et soudain ses yeux d'orage s'ouvrent, et Dazai croit s'y noyer. C'est un typhon sombre et éreinté dans lesquels il voit son propre reflet, tout décoiffé, les bandages à moitié défaits.

« T'as pas intérêt à mourir, je te rappelle que t'es mon chien ! » crie Dazai plus fort qu'il ne l'avait voulu, ça fait sursauter et grimacer le garçon dans ses bras, alors il se calme comme il peut.

« C'est toi qui était censé t'assurer que je meure pas connard, t'as pris ton temps. » répond Chuuya avec un sourire en coin.

Et alors là, Dazai n'est pas sûr de ce qui lui a pris mais, un moment il laissait traîner son regard sur ce sourire faible, et celui d'après il l'embrassait chastement. Non seulement il n'a aucune idée de pourquoi il a fait ça, mais en plus ce n'était même pas particulièrement agréable. Les lèvres de Chuuya étaient froides, inertes et pleines de sang, et le contact laissa une drôle de sensation dans l'estomac de Dazai. C'était comme si ses boyaux se resserraient les uns sur les autres en frissonnant, il devait couver un virus ou quelque chose du genre. Ses lèvres ne se décollèrent de celles de son partenaire que lorsqu'il se rendit compte que ce dernier avait perdu connaissance.

« C'est terminé Chuuya. Tu peux dormir. »

...

La deuxième fois, c'était entièrement la faute de l'adrénaline. Ça rend sauvage ce truc là. Derrière un mur, a quelques pas de l'ennemi, ils sont sur le point de se séparer et Dazai n'a pas envie de dire « Prend-garde à toi. », parce que non seulement c'est pas son genre, mais surtout il n'a aucune envie que Chuuya sache qu'il... S'inquiète ou un truc du genre. D'ailleurs Dazai n'est pas inquiet pour Chuuya, mais pour la mission, que ce soit bien clair.

Alors au lieu de dire n'importe quelle connerie qui lui passait par la tête à ce moment là, Dazai attrape le col de chemise de Chuuya et l'embrasse rapidement avant de fuir de son côté, se mettre en position. Il ne se retourne pas, il n'y repense pas.

...

La troisième fois, non, ce n'était toujours pas lui. C'était simplement l'euphorie du moment, d'accord ? Ils avaient gagné ! Dazai lui-même ne croyait pas en son propre plan, mais Chuuya lui a fait confiance et ils se sont retrouvés à l'heure prévue, planqués derrière le conteneur prévu, tandis qu'on entendait le bateau exploser plus loin. La lumière rouge et or de l'explosion s'est reflétée sur la forme de Chuuya et de son grand sourire bienheureux alors qu'il courrait vers lui.

« Je t'avais bien dit qu'j'en étais capable ! » cria-t-il, le cœur de Dazai s'est emballé d'un coup, alors qu'il s'élançait lui aussi vers son partenaire pour le rencontrer au milieu du chemin.

Chuuya a dû être déstabilisé par le mouvement soudain de Dazai, surtout quand, juste avant qu'ils ne se rentrent l'un dans l'autre, il attrape en coupe son visage surpris et si joli sous les feux de l'explosion, pour coller leurs bouches l'une contre l'autre. Et cette sensation de frissons dans son ventre ? Elle était de retour au centuple, et Dazai ne la trouvait plus si drôle que ça finalement. C'était tellement... Intense, est-ce que c'est comme ça qu'on est censé se sentir, quand on est vivant ? Délicieusement malade, dans le ventre et dans la tête ? Collé à une autre personne toute chaude et stupéfaite, puis brûlante et enthousiaste, qui partage son allégresse ?

Et quand leurs langues se touchent, le monde carré et maîtrisé de Dazai part en fumée dorée comme la cargaison qu'ils viennent de faire sauter, et soudain il doit s'écarter parce qu'il ne peut pas respirer, mais Chuuya est toujours là au creux de ses bras et ses lèvres chassent celles de Dazai. Il sait que s'il ouvre la bouche et se met à parler le charme sera rompu, qu'il peut juste prendre une grande inspiration et retourner baiser la bouche qui le hante ; c'est vraiment très tentant mais le temps est un luxe qu'ils ne peuvent s'offrir, pas aujourd'hui.

« Ne traînons pas, » dit-il en s'écartant, et Dazai n'a pas encore retrouvé tout son souffle.

Chuuya cligne deux fois des yeux comme s'il venait d'halluciner, et puis il suit Dazai en courant, et peut-être qu'il lui lance quelques insultes en chemin mais Dazai n'y fait pas attention.

...

La onzième fois, Dazai devait blâmer l'alcool. Il n'était pourtant pas du genre à en abuser d'habitude, après tout perdre le contrôle n'est pas vraiment sa tasse de thé. Mais bon, ils avaient passé une bonne soirée avec Oda et Ango, et ce soir là, en particulier, Dazai avait un peu abusé. Assez pour que Oda se décide à le raccompagner chez lui.

« T'embêtes pas Odasaku ! T'as qu'à me r-ramener chez Chuu-Chuu ! »

Et Oda - qui n'est pas son meilleur ami pour rien mais quand même, il y a des limites - a simplement haussé les épaules et accepté sans poser de questions. Il faut savoir que Dazai avait l'habitude de traîner chez Chuuya - plus pour l'enquiquiner qu'autre chose. Son partenaire râlait beaucoup mais le laissait squatter à sa guise quand même, ce qui était à la fois contradictoire et convénient, parce qu'une des activités préférées de Dazai étaient de faire râler Chuuya.

Quand ils ont sonné chez le rouquin - d'habitude Dazai ne sonne jamais, il préfère entrer par effraction et faire la surprise à son partenaire colérique - Dazai ne sait pas s'il l'ont réveillé ou pas, mais Chuuya a répondu assez vite, habillé confortablement mais pas en robe de chambre non plus, et a laissé entrer un Dazai bourré dans son appartement plus en le grondant qu'en se plaignant. Quand Odasaku les a-t-il quittés ? Dazai n'en a pas le moindre souvenir, par contre il se souvient de Chuuya qui le dorlote et prend soin de lui - à sa manière un peu brusque mais attentive - qui lui fait couler un bain et lui prévoit des vêtements de rechanges, prépare le canapé avec une bassine au cas-où... Et puis Dazai est bordé, et Chuuya à l'air sévère, ça ne lui va pas très bien.

« Chuuya devrait sourire plus souvent, » s'entend-il dire.

« Ohé, je vais pas te sourire alors que tu débarques chez moi au beau milieu de la nuit, sans prévenir, et rond comme un ballon par dessus le marché ! » répond Chuuya agacé. Oh, non... Non, ça ne marche pas du tout, il est encore plus sévère que tout à l'heure, ça ne devrait pas l'affecter autant mais la descente est terrible et Dazai se sent au bord des larmes.

« Comme... Comme l'autre jour, sur les docs... Chuuya était magnifique, encore plus que d'habitude. Ce serait bien, s'il pouvait toujours sourire comme ça. »

Pas sûr de ce qu'il s'est passé en suite. Dazai se souvient que Chuuya avait l'air surpris, joliment surpris, il n'avait plus du tout l'air sévère et ça l'a soulagé. Malheureusement il n'a plus l'image exacte en tête, mais ça devait être joli, parce qu'après ça la main de Dazai est montée vers les boucles rousses - toutes douces il voudrait ne jamais retirer cette main de là - et puis Chuuya s'est un peu penché, alors Dazai n'avait plus qu'à se redresser légèrement pour l'embrasser.

Et c'est ce qu'il a fait, pas longtemps parce qu'il n'avait plus d'énergie, il a dû tomber raide après ça, mais ils se sont encore embrassés, et Dazai refuse d'être tenu responsable pour cette fois. Il était bourré.

...

Finalement, Dazai a pris goût aux baisers, à la petite mine surprise de Chuuya, aux papillons dans son ventre... Et ok, il veut bien l'admettre, il est l'instigateur d'un bon nombre de baisers - tous plus torrides et excellents les uns que les autres d'ailleurs - en dehors de ces quelques fois. Embrasser Chuuya ça avait une qualité addictive qui lui donnerait presque envie d'abandonner ses plans de suicide. Bon peut-être pas tous parce qu'y en avait certains qui méritaient vraiment d'être testés, mais quand même !

Qu'est-ce que ça fait d'eux tout ça ? Pourquoi Chuuya le laisse faire chaque fois ? Jusqu'à quand ça durera ? Tant de questions auxquelles Dazai préférerait ne pas penser. Ne mettre ni mots ni chiffre ni raisons dans leurs baisers, ça leur permet de rester flous. Un peu à la manière de sa sexualité - jusque là Dazai s'était toujours cru simplement hétérosexuel, les femmes étaient juste bien plus jolies et romantiques, Dazai sait apprécier des traits fins, des mains douces et des courbes délicates comme on en rêverait... Pourtant Chuuya était bien la première personne qu'il eut envie d'embrasser, sincèrement. Ce qu'il se passait entre Chuuya et lui ? Ça transcendait tout ce que Dazai avait pu ressentir pour d'autres personnes jusque là, c'en était grotesque, et c'est le genre de chose qu'il vaut mieux garder floues. Ce qui est flou est en dehors du concret, et on ne peut pas se servir contre vous de quelque chose qui n'est pas concret.

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Un jour, Chuuya a effectivement finit par le repousser, l'air passablement agacé. Comme toute chose a une fin, celle-ci ne devait pas faire exception, pensa Dazai un peu déçu. Chuuya avait chassé les mains de Dazai qui s'étaient installées tranquillement à sa taille comme si elles y avaient leur place, et s'était éloigné d'un bon mètre afin de se redresser de toute sa hauteur. Si un regard pouvait tuer, Dazai aurait quitté ce monde il y a bien longtemps... Ce serait sûrement une des meilleures morts dont il ait pu rêver.

« Ça suffit là, merde ! Arrête de me faire me pencher comme ça je suis pas une meuf ! »

Hors-mis pour sa petitesse et ses belles boucles - et ses tendances hystériques, même si c'est plus un cliché misogyne qu'un réel trait féminin - son partenaire a peu à voir avec une femme. Dazai avait fait la paix avec cet état de fait il y a bien longtemps, et ça ne le dérangeait pas le moins du monde. Le réel problème de Chuuya devait être plus profond, pour qu'il ne l'aborde que maintenant... En regardant ses mains - qui avaient été délogées comme des malpropres, il comprit. Dazai serait bien la dernière personne à s'interposer si son partenaire voulait mener la danse. Au contraire, ça lui demanderait même moins d'effort !

Pour son plus grand bonheur, Chuuya comprit immédiatement le sous-entendu de Dazai. Il avait beau se moquer sans cesse de l'intelligence de son partenaire, Dazai savait qu'il était loin d'être stupide. C'est simplement difficile de rivaliser avec des gens de l'acabit de Osamu Dazai.

Quoi qu'il en soit, Chuuya ne perdit pas de temps à rendre Dazai stupide par ses baisers. C'est tout bonnement improbable, mais le rouquin sait être très créatif quand il s'agit de mener la danse, et de faire se baisser Dazai pour qu'ils soient au même niveau - ou pas. Qu'il le plaque - sur n'importe quelle surface à portée, lui fasse un croche-pattes, le tire par la cravate, le mette à genoux ; Dazai ne s'est jamais senti si heureux de laisser tomber l'ordre et le contrôle qu'il avait sur tout le reste de son existence que lorsque Chuuya l'embrasse.

Addictif. Terrifiant. Grisant. Répugnant. Intuitif. Fascinant. Dazai souhaite que ça ne s'arrête jamais.

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Et voilà j'espère que vous avez aimé !

J'aime bien écrire un Dazai plus entreprenant avec Chuuya, même si je pense que c'est borderline OOC... Qu'est-ce que vous en pensez ?

Bref, dites moi tout dans une petite review, ça me ferait super plaisir (:
en espérant vous revoir sur une autre histoire !