Le meilleur des anniversaires

Auteur : PlumePlume

Disclaimer : l'univers et les personnages de Supernatural appartiennent à ses créateurs et je ne tire aucun profit financier de cette histoire.

Spoiler : se passe quelque part dans la série, à un moment hypothétique où Dean, Sam et Cas vivent au bunker, sans soucis de possession ou quoique ce soit

Pairing : Dean / Castiel, alias destiel

One-shot écrit dans le cadre du défi "Nuit de l'écriture", du serveur Discord "Le Petit Salon d'Ecriture". Cette histoire correspond au thème 1 "servir le repas".

Bonne lecture !


Le meilleur des anniversaires


Dean soupira d'allégresse alors que Cas s'approchait, un plateau recouvert d'une cloche en argent en équilibre sur son avant-bras. Il déposa le plat – en argent également, le bunker des Hommes de Lettres était décidément plein de ressources ! – devant Dean, puis prit une inspiration et souleva d'un mouvement ample le couvercle.

– Tarte tatin aux pommes.

Dean salivait littéralement. La tarte était délicieusement caramélisée, dorée à souhait, et exhalait un parfum à tomber parterre. Il se tourna vers l'ange, des étoiles plein les yeux.

– C'est toi qui l'a cuisinée ?

Cas eut un petit sourire amusé.

– Mes talents culinaires sont très loin d'arriver à ce niveau, Dean. J'ai bien peur d'avoir obtenu cette tarte dans la cuisine d'un restaurant, quelque part en France.

Les yeux de Dean s'agrandirent.

– Attends, tu es allé jusqu'en France pour me chercher une tarte ?!

Cas haussa les épaules, comme si ce n'était pas grand-chose.

– C'est tout de même ton anniversaire, Dean. Tu mérites le meilleur. Et je suis sûr qu'en ta qualité de grand amateur de tarte, tu sauras l'apprécier à sa juste valeur.

S'il n'y avait pas cette délicieuse tarte n'attendant que lui, Dean aurait volontiers bondi de sa chaise pour prendre Cas dans ses bras. À la place, il se contenta d'un regard absolu éperdu de reconnaissance.

– Cas, tu es vraiment le meilleur.

Cas lui sourit avec tendresse et Dean attaqua l'exquise création.

ooo

Trois tartes – françaises ! – plus tard, Dean commençait doucement à caler. Il reposa sa fourchette et s'essuya le coin de la bouche avec la serviette en tissu à carreaux que Cas avait disposé sur ses genoux au début du repas. Les tartes s'étaient révélées chacune absolument délicieuse, supplantant presque la tarte que sa mère avait l'habitude de lui cuisiner étant enfant.

Bien-sûr, à chaque nouvelle tarte, Dean en avait proposé un morceau à Cas, mais l'ange avait à chaque fois refusé poliment, en justifiant que c'était son anniversaire, et qu'il n'avait de toute manière plus le palais nécessaire pour pouvoir apprécier pleinement la nourriture. Dean lorgna sur le dernier morceau de tarte, à la cerise, cette fois, et interrogea son estomac tendu à craquer. Il garderait cette part pour Cas. Avec un peu de chance, si le chasseur insistait suffisamment, son meilleur ami accepterait de partager un peu du magnifique repas d'anniversaire qu'il lui avait servi.

L'idée de conserver un morceau pour Sam l'effleura également, mais Dean la chassa bien vite en se rappelant que son grand dadais de petit frère ne méritait pas de goûter à un tel délice, avec son palais d'herbivore et sa sale manie d'oublier de lui acheter des tartes à chaque fois qu'il allait aux courses. En plus cette espèce d'élan n'était même là ! Il lui avait offert un « câlin spécial anniversaire » qui l'avait à moitié étouffé, puis une pile de magazines érotiques bas-de-gammes, avant de disparaître en justifiant un vague « J'ai un rendez-vous en ville avec une fille, profite bien de la soirée avec Cas ! ».

C'était comme ça que Dean s'était retrouvé attablé dans la cuisine, devant une magnifique table en bois qui sortait de Dieu savait où, recouverte désormais du cadavre de trois sublimes tartes ainsi qu'une autre déjà bien entamée. Dean se tourna vers Cas, qui ne lâchait pas du regard, accoudé à l'îlot central, et le couvait d'un air presque tendre, sans doute dans l'attente de la prochaine demande du chasseur. Dean se racla la gorge et indiqua le dernier reste de tarte d'un mouvement de menton.

– Hm, j'imagine que tu n'en veux pas non plus, Cas ?

– À moins que tu sois sûr de ne pas vouloir la manger, sinon je te la laisse volontiers, Dean. répondit l'ange, d'un ton très diplomatique.

– Allez, viens manger avec moi, Cas ! C'est beaucoup plus agréable de partager un repas avec quelqu'un !

– Si tu insistes… répondit Cas, peu convaincu, en haussant les épaules

Il approcha néanmoins son tabouret de la chaise de Dean, puis considéra le morceau de tarte avec hésitation. Dean roula des yeux et attrapa la part de tarte dans ses doigts.

– Allez Cas, fais 'Aaaaahhhh' !

L'ange fronça les sourcils mais s'exécuta, avec beaucoup moins d'entrain, cependant. Dean éclata de rire devant le visage profondément perplexe de son ami.

– Allez, ouvre grand la bouche, Cas, le petit avion arrive !

Cas dut finir par comprendre le but de la manœuvre puisqu'il desserra enfin les mâchoires et laissa Dean lui glisser le morceau de tarte dans la bouche. L'ange referma la bouche puis prit quelques secondes pour savourer la douceur du mets. Les doigts du chasseur lui effleurèrent un court instant les lèvres avant de se retirer précipitamment, tandis que les joues de leur propriétaire se teintaient de rouge. Cas sentit ses joues chauffer à son tour et Dean s'éclaircit la gorge.

– Dis, tu n'aurais pas un peu de bière pour faire passer tout ça ?

ooo

Il devait être vers deux heures du matin. Dean et Castiel avaient fini assis parterre, le dos calé contre l'îlot central, collés épaules contre épaules, à se raconter des histoires et évoquer le 'bon vieux temps'. Au final, ils n'avaient bu qu'à peine quelques bières avant de se lancer dans une conversation passionnée sur un sujet déjà oublié, qui avait mené à un autre, puis un autre.

Dean se sentait plus apaisé et calme qu'il ne s'était jamais senti depuis des années, si ce n'était depuis la mort de sa mère. Il laissait sa tête reposer sur l'épaule large de Castiel alors que l'ange lui racontait le big bang et la création des étoiles et de l'univers. Parfois Dean oubliait que Castiel avait été autre chose que son side-kick/meilleur ami/frère d'adoption qu'il engueulait comme du poisson pas frais lorsque les chasses tournaient mal. Parfois Dean oubliait que Castiel avait assisté à la naissance de l'univers et était en fait une créature céleste multimillénaire dont le cerveau de Dean ne pouvait même pas appréhender l'essence.

À un certain moment, Dean décida de demander à Cas de lui expliquer ce que ça faisait d'être un ange. Même si Dean savait qu'il ne comprendrait absolument rien des concepts de métaphysiques dont son ami parlait. Simplement pour voir les traits fatigués de Cas s'attendrir et ses rides disparaître dans un sourire tendre alors qu'il évoquait la liberté et le bonheur de pouvoir voler, entre autres choses. Cas dut finir par s'en apercevoir puisqu'il se tourna vers lui, l'air légèrement coupable.

– Je suis désolé, Dean, ces notions sont sans doute très complexes pour toi, surtout dans ton état de fatigue. Je ne devrai pas t'accabler davantage…

Alors, comme si Cas avait appuyé sur un interrupteur, Dean se rendit soudain compte de toute la fatigue accumulée par cette soirée de nourriture abondante et leur veillée nocturne. Il releva les yeux vers l'horloge de la cuisine et lâcha un juron stupéfait.

– Bon sang, déjà quatre heures du matin ?

Dean tenta de se relever mais ses jambes engourdies refusèrent de coopérer. Il sentit Castiel se relever à côté de lui. Et sans un craquement d'articulation ni le moindre vertige, le salopard ! L'ange lui tendit la main et Dean se laissa hisser et caler contre son meilleur ami. En d'autres circonstances, son honneur aurait rué dans les brancards, mais à ce moment-là, Dean se sentait beaucoup trop fatigué pour s'en pré-occupé. Il se sentait bien, là, contre Cas. Et c'était tout ce qui importait.

Ils cheminèrent tant bien que mal jusqu'au couloir de leurs chambres. Dean avait fini complètement blotti dans le creux du cou de Cas, le nez fourré entre la peau brûlante et le col du trench-coat. Le chasseur, enivré par l'odeur de l'ange – qui lui rappelait le feu de bois et les tartes à la pomme –, murmurait « Chaud… Douillet… » de manière plus ou moins compréhensible.

Il sentit le pouls de Cas s'accélérer puis l'ange le redressa un peu et le cala plus fermement contre son flanc, délogeant les lèvres de Dean de son cou. Le chasseur aurait juré que l'ange était en train de rougir, mais il n'eut pas le temps de commenter que Cas s'arrêtait déjà.

Oh. Ils étaient arrivés…

Cas ouvrit la porte de la chambre de Dean d'une main puis se délesta doucement du chasseur de l'autre, le poussant doucement vers l'intérieur d'une main dans le dos.

– Allez, Dean. Il est temps que tu ailles te coucher.

Le chasseur se retourna vers Cas, l'air penaud. Il évitait son regard et s'exprima d'une petite voix.

– Je veux pas passer la nuit tout seul, Cas…

L'ange rougit et détourna le regard.

– Hm… Est-ce que tu veux que je dorme avec toi ?

Dean lui répondit par un sourire timide et reconnaissant.

– J'aimerai bien…

Castiel soupira doucement, plus pour évacuer le stress que par réelle contrariété, puis entra dans la chambre à son tour et referma la porte derrière lui.

À sa grande surprise, Dean revint d'un pas hésitait se planter presque tout contre lui. Le chasseur releva le visage vers lui et se perdit dans sa contemplation du visage de Cas. Ses cheveux noirs en pétards, ses joues rougies recouvertes de son éternelle barbe de trois jours, son nez droit, ses yeux de cocker d'un bleu surnaturel… Et puis sa bouche, aux lèvres fines et pâles…

– Dis, Cas…

Il sentit l'ange sursauter contre lui. Dean s'enhardit à venir remonter ses mains sur les épaules de Cas. Il rapprocha encore un peu son visage de celui de l'ange. Il pouvait presque sentir le souffle erratique contre ses lèvres. Dean rougit et déglutit avant de continuer, ses yeux venant retrouver ceux de Cas.

– Tu ferais quoi si je… si je t'embrassai, là ?

Il vit les yeux de Cas s'agrandir de stupeur puis ses joues rougir violemment. Puis Cas se mordilla la lèvre – une décharge électrique remonta le long de la colonne de Dean.

– Je… je ne sais pas, Dean. répondit-il finalement, d'un air timide

Dean ferma les yeux et inspira brusquement. Puis il se pencha et pressa ses lèvres contre celles de Cas. Elles étaient moelleuses et douces, et Dean eut l'impression de rentrer à la maison après un très long voyage. Comme si c'était là où il aurait toujours dû être, là où son âme tendait depuis que l'ange l'avait arraché des tréfonds de l'enfer.

Il n'avait même pas réalisé que Cas avait commencé à répondre doucement, bougeant timidement ses lèvres contre les siennes. Les mains de Cas s'étaient d'elles-mêmes posées sur les épaules de Dean, l'une d'elles recouvrant la marque qu'il avait gravée dans sa chair plusieurs années auparavant. Dean laissa glisser une de ses mains contre la nuque de Cas et l'autre vint s'enrouler autour de sa taille, attirant l'ange tout contre lui. D'après l'entrain redoublé de Cas à lui mordiller les lèvres, le geste avait été le bienvenu.

Dean se laissa entraîner tandis que l'ange entreprenant le poussait sur le lit, et alors que Cas s'appliquait à lui dévorer le cou, la dernière pensée cohérente du chasseur fut que c'était définitivement le meilleur anniversaire de toute sa vie !


FIN

Et voilà pour ce premier thème ! J'espère que ça vous a plu :)

D'ailleurs, je serai curieuse de savoir si quelqu'un a la référence du "Chaud... Douillet..." de Dean.
(Petit indice : ça vient d'un vieux film d'animation)

EDIT : Réponse aux reviews anonymes

- Goya : Merci ! C'est toujours un plaisir de lire de te retrouver à chaque nouvelle histoire également ! Non, malheureusement je n'ai pas de compte Wattpad (sachant que j'écris exclusivement de la fanfiction, je préfère me focaliser sur ce site et Archive of our own (ao3) ).