Bonjour à tous,

Me voilà de retour avec ce deuxième chapitre (et quelques heures de retard, sorry!)

Je vous souhaite une bonne lecture (toujours pas trouvé de Beta alors un peu d'indulgence :)

Chapitre 2 :

Pour la première fois depuis qu'elle était élève à Poudlard, Hermione passa une rentrée très compliquée. Son altercation avec Malefoy avait fait le tour du château, et tandis que ce dernier adorait raconter à qui voulait l'entendre la manière dont il lui avait dit ses quatre vérités, elle se contentait de subir le regard moqueur ou compatissant des uns et des autres. Faisant fi de ses sentiments, elle avait tenté de l'approcher une ou deux fois mais elle ne récoltait que répliques acerbes ou provocantes qui la blessait plus qu'autre chose.

Le professeur Rogue était également devenu très dur avec elle, remettant en question son travail et son attitude alors qu'elle était totalement innocente. Par chance, il avait commencé à s'ennuyer de ce petit jeu cruel et au fil des mois elle était devenue aussi transparente qu'Harry l'était à ses yeux.

Par chance, ses cours de magie ne lui laissaient guère le temps de ressasser ses idées noires et déprimantes. Les devoirs, toujours plus nombreux et complexes lui permettaient d'oublier pendant des heures voire même des jours, que le stage de trois mois s'approchait dangereusement et à chaque fois qu'un O de Optimal apparaissait en haut de ses copies, elle était soulagée de constater que certaines choses ne changeaient pas.

Puis, les semaines défilèrent très vites, et cette histoire de stage passa aux oubliettes. Les matchs de Quiddich avaient repris, ravivant la rivalité entre les maisons avec plus d'entrain que d'habitude. Lorsqu'ils le pouvaient, Harry, Ron et Hermione rendaient visite à Hagrid, pour lui raconter leurs aventure, tout en avalant son horrible thé à la camomille. Ils essayaient de se détendre lors de leurs virées à Pré-au-Lard, et avaient passés les Fêtes de fin d'année au Terrier, en compagnie de leurs familles et de leurs amis respectifs. Pas une seule fois ils ne parlèrent en sa présence du stage chez les Moldus, et elle leur en fut reconnaissante, même si elle savait très bien, au fond, qu'ils s'inquiétaient lourdement pour elle.

Hélas, sans qu'elle ne sache comment, le mois de janvier passa si vite qu'Hermione se retrouva bientôt devant la porte du bureau du professeur McGonagall, le stress à son comble. Elle regarda d'un œil hagard la large horloge devant elle et pesta contre le retard de Malefoy. Dans moins de quelques minutes ils devaient passer un entretien ensemble en compagnie de leurs professeurs principaux respectifs et il n'avait même pas l'intelligence d'être présent à l'avance pour se concerter avec elle. Et s'il la laissait toute seule ? A cette idée, les battements de son cœur repartirent de plus belle.

Soudain, elle entendit des pas précipités dans les escaliers et elle ne put s'empêcher pousser un soupir de satisfaction lorsqu'elle aperçut le visage hautain et colérique de son condisciple apparaitre devant elle. De son côté, il restait atrocement maussade. Visiblement, malgré sa promesse théâtrale, il n'avait pas réussi à faire changer d'avis la direction. La jeune femme s'en serait doutée, mais au fond, elle avait espéré secrètement qu'il arrive à ses fins. Tant pis, elle devrait faire avec.

Loin de se laisser démonter, Hermione prit sur elle et dit d'une voix faussement aimable :

« J'ai bien cru que tu ne viendrais jamais.

Malefoy la regarda comme si elle était devenue folle et préféra l'ignorer royalement en se collant contre le mur en pierre du couloir, les yeux partiellement fermés. Il était plus grand que dans ses souvenirs, pensa la jeune femme, et ce détail la déstabilisa plus que de raison. Lui aussi devenait un homme, et elle se demandait sincèrement quel avenir prochain se dessinait devant lui. Allait-il devenir aussi horrible que son père ? Garderait-il tout le temps son air méprisant et hautain ? Est-ce qu'il se donnait un genre ou bien était-il réellement détestable ?

Dans le fond, si elle n'était pas tombée avec Malefoy, elle aurait pu comprendre la démarche de Dumbledore Ce stage pourrait peut-être changer le regard de certains envers les Moldus. A ces pensées, Hermione se retint de soupirer une nouvelle fois. Il fallait qu'elle se reprenne. Qu'elle fasse preuve de maturité. Qu'elle mette ses sentiments de côté. Après tout, son année était en jeu. C'est donc pleine de bonne volonté qu'elle s'exclama d'une voix douce :

- Ecoute, je sais que cette situation n'est pas marrante, mais il va falloir qu'on fasse équipe toi et moi et peut-être qu'il serait judicieux de …

- Pitié, ne commence pas à jouer les Miss-Je-Sais-Tout. Pas maintenant, d'accord ?

- Très bien.

Elle croisa les bras, un brin vexée, et ne put s'empêcher de demander :

- Est-ce que tu t'es au moins renseigné sur ce qu'était un professeur d'école maternelle ?

Malefoy ouvrit subitement les yeux et fronça les sourcils. Face à sa colère évidente, Hermione sentit ses joues s'empourprer.

- Tu me prends pour un débile maintenant ? Professeur, tu crois vraiment que ça ne me parle pas ?

- Nous ne serons pas uniquement des professeurs, rétorqua-t-elle malgré elle. S'occuper des enfants qui ont entre trois et quatre ans est plus compliqué qu'il n'y parait.

- Tu t'en occuperas avec passion, j'en suis certain.

- Nous devons travailler en équipe je te rappelle.

- Relax, ton copain Dumbledore ne permettra pas qu'Hermione Granger rate ses examens.

- Je ne vois pas ce que Dumbledore vient faire dans la conversation, j'essayais simplement de discuter avec toi du rôle qui nous attend et des consé…

- Ce sont juste des gosses, ça passe son temps à dormir à cet âge !

- Tu devais faire en sorte qu'on ne soit plus ensemble et on ne peut pas dire que ce soit une réussite, alors tu peux te mettre tes « relax » là où je pense !

Face à ce constat, il perdit le peu de contenance qu'il gardait en lui. Ne trouvant rien à redire, le gris de ses yeux la fusillèrent du regard et il s'approcha dangereusement d'elle, les poings serrés. Par chance, le Professeur McGonagall choisit cet instant pour ouvrir la porte de son bureau.

- Ah, miss Granger, monsieur Malefoy. Il me semblait bien vous avoir entendu. Entrez.

Le large bureau du Professeur de métamorphose était baigné de lumière en cette fin de journée. Rogue, déjà installé sur une chaise, se tenait droit comme un I et semblait aussi maussade que son élève. Il regarda les deux étudiants s'asseoir le plus loin possible l'un de l'autre, les yeux sévères et les lèvres pincées. Ses cheveux noirs de jais lui tombaient devant les yeux et pourtant Hermione eut la désagréable sensation d'être observée plus que de raison.

Est-ce que c'était elle ou une ambiance électrique régnait dans l'espace ?

Le professeur McGonagall, elle, fit comme si de rien n'était et préféra prendre place à côté de son collègue, le chignon plus serré que d'habitude.

- Bien, dit le professeur de métamorphose en les regardant l'un après l'autre, j'espère que vous avez mis vos différents de côtés tous les deux et que vous êtes motivés. Le professeur Rogue et moi-même, nous avons rencontré votre tutrice de stage ce matin même et … Et bien disons que vous n'aurez pas le temps de vous ennuyer.

- C'est évident, soupira Hermione.

- Silence, murmura Rogue.

Sa voix faussement douce révélait une colère contenue, ce qui étonna Hermione malgré tout. En général, il évitait de montrer ses sentiments en public, surtout quand un autre professeur se retrouvait dans le coin. Elle se demandait pourquoi il la détestait tant. Après tout, ce n'était pas elle qui avait décidé de faire équipe avec Malefoy !

-Est-ce qu'il est possible de se rétracter de cet examen ? Demanda d'un seul coup le Serpentard avec précipitation. Je suis désolé cette histoire c'est … c'est au-dessus de mes forces ! Je n'y arriverai pas alors autant me mettre zéro tout de suite. Je laisse tomber. C'est mort. Je redouble.

Choquée, Hermione ouvrit la bouche en O, incapable de sortir le moindre mot. Le cœur battant, elle s'imaginait déjà rentrer chez ses parents en pleur, leur annonçant qu'elle n'avait pas réussi à avoir ses ASPICS à cause de Malefoy… c'était pire que tout, elle préférait encore mourir plutôt que de devoir subir ce genre d'humiliation.

Le professeur McGonagall le regarda longuement, l'air plus sévère que jamais et se tourna furtivement vers le professeur de potion. Visiblement, elle attendait quelque chose de sa part. Ce dernier se racla la gorge, et regarda son élève avec un semblant de sympathie qu'Hermione ne lui connaissait pas.

- Monsieur Malefoy, je ne pense pas qu'il soit dans votre intérêt de déclarer forfait alors que le match n'a pas encore commencé. Je vous rappelle que votre père compte sur vous, et ce, même s'il comprend tout à fait votre détresse. Essayez de considérer cette situation comme … un challenge.

- On est bien trop … différents, c'est impossible !

- Silence ! S'énerva McGonagall.

Hermione sentit ses yeux la picoter légèrement et s'entendit crier :

- Tu es peut-être la personne la plus lâche que je connaisse, mais il est hors de question que tu me fasses tomber avec toi tu m'entends ? Alors mets tes sentiments de côté et soit un homme pour une fois !

Etonné qu'on ose lui parler de cette manière surtout devant deux témoins, ce dernier sembla à court de mot. Il regarda Hermione comme s'il avait mal entendu et sursauta légèrement lorsqu'elle tapa du poing sur la table, l'air déterminé.

- On va y aller dans ce fichu Monde Moldu que tu détestes tant, on va s'occuper de ces touts petits qui ont besoin de nous et cela que ça te plaise ou non !

Un grand silence s'abattit dans la salle de classe mais Hermione crut déceler un petit sourire sur le coin des lèvres du professeur de métamorphose, ce qui la détendit très légèrement.

- Nous vous remercions Miss Granger, pour votre discours ô combien grandiloquent, marmonna Rogue, l'air de plus en plus furieux.

- Si l'un des deux décident de déclarer forfait, ils redoublent leurs années, renchérit McGonagall. Alors, Monsieur Malefoy, vous vous êtes décidé ? Est-ce que cela vaut vraiment le coup de laisser tomber, en sachant pertinemment que Miss Granger connait mieux que quiconque le monde qui vous attend ?

Ce dernier se passa la main dans ses cheveux, l'air nerveux. Visiblement, il ne savait plus quoi penser. Puis, dans un marmonnement incompréhensible, il hocha la tête, les joues légèrement rosies d'indignation. Hermione en profita pour se rasseoir, rassurée malgré tout.

- Parfait, voilà donc le document à signer comme quoi vous acceptez les conditions pour commencer ce stage le 1er mars de cette année. Le jour J, nous récupérerons vos baguettes que nous garderons précautionneusement à Poudlard. A noter que si vous déclarez forfait avant le 30 juin, vous serez recalés. Nous ferons un point avec votre tutrice Moldue pour évaluer votre comportement à chacun ainsi que vos compétences. Des questions ?

- On fait chambre à part, hein, rassurez-moi ?

Hermione leva les yeux au ciel. C'était donc tout ce qui semblait important aux yeux de Malefoy ?

- Evidemment, répondit Rogue d'un ton morne.

- Pendant nos week-ends, on sera libre ? Je pourrai aller ou je veux ? Sans Granger collée à mes basques ?

- Vous avez un rapport de stage à rédiger je vous rappelle, mais si vous préférez sortir, alors le reste nous importe peu. Interdiction d'aller chez vos parents en revanche.

Malefoy se renfrogna à nouveau.

- Ce rapport, on doit le rédiger séparément n'est-ce pas ? Demanda d'un seul coup Hermione.

Elle n'aimait pas partager ses devoirs et encore moins avec Malefoy. Même s'il avait de bonnes notes dans l'ensemble, il n'était pas réputé pour être le plus assidu dans les devoirs.

- Séparément ? répéta McGonagall d'une voix aigüe. Nous n'arrêtons pas de vous dire que vous devez travailler ensemble. Ensemble par Merlin ! Ce rapport doit être fait à deux.

- On ne peut pas faire de rapport de stage dans ces conditions ! S'énerva une nouvelle fois Malefoy. Qu'est-ce que vous voulez qu'on vous raconte ? Qu'on a regardé des mioches Moldus dormir ? Qu'on leur a appris l'alphabet ? Bordel je viens de penser : est-ce que ça mange seul à cet âge-là ? Et question hygiène comment ça se passe ? Je n'ai pas envie d'attraper une maladie quelconque. Si c'est le cas, je vous jure que je vous trainerai en justice !

- Par chance, vous avez accepté toutes les conditions en signant ceci, s'exclama précipitamment McGonagall en lui retirant de force le document en question. Et je vous conseille vivement de revoir votre langage ou je me verrai dans l'obligation de retirer quelques points à Serpentard.

- Monsieur Malefoy est simplement sous le coup de l'émotion, susurra Rogue. La seule chose dont vous devrez vraiment penser, reprit-t-il d'un ton grave en regardant directement son élève, c'est de ne surtout pas révéler notre Monde aux Moldus. Il ne faut pas oublier que des …. enfants … voient plus de choses que les adultes. Il faudra se montrer extrêmement prudent, j'insiste bien là-dessus.

- Qu'est-ce que vous voulez dire ? demanda le Serpentard d'un ton suspicieux

- Nous ne dirons rien de plus, s'emporta le professeur de métamorphose. Je sais que tous vos examens magiques commenceront d'ici peu, mais je pense qu'il est important que vous vous prépariez à ce stage dès à présent. Pourquoi ne pas commencer par vous renseigner sur les enfants ? A moins que Miss Granger vous explique plus en détail comment il faut s'intégrer dans le monde Moldu ? C'est à vous de voir.

Malefoy fusilla du regarda la concernée et elle comprit aussitôt que ce n'était même pas la peine d'y penser. Il restait buté sur ses positions et elle allait en pâtir malgré elle.

- D'autres questions ? reprit le professeur de métamorphose

- Si nous avons besoin d'aide, comment vous appeler sans l'aide de nos baguettes ? demanda Hermione, soucieuse

- Enfin un peu de bon sens, merci Miss Granger. Le jour de votre départ, nous vous fournirons un kit contenant de l'argent moldu ainsi qu'une … une carte blue, c'est ça professeur Rogue ?

- Une carte bleue ? reprit Hermione avec intérêt.

- C'est ça ! Il y aura également l'adresse exacte de votre appartement, les clés de votre nouvelle maison, le lieu précis de votre stage –nous ne voulons pas que vous vous renseigniez en amont sur les caractéristiques de l'école bien entendue – et vous trouverez également un numéro spécialement conçu pour Poudlard. Ce numéro donnera directement accès à nos bureaux et nous pourrons communiquer mais bien évidemment ce ne sera à utiliser qu'en cas d'extrême urgence et vous perdrez des points, cela va de soi.

- Et on le tape ou ce numéro ? Râla Malefoy

- Sur un gadget … Miss ?

- Un téléphone portable ?

- Voila. Il vous sera fourni avec tout le reste. Tout ceci est une délicate intention du Ministère de la magie et on peut l'en remercier car en temps normal nous n'avons pas accès à tous ces objets Moldus.

Malefoy se retint de dire le fond de sa pensée, mais son visage laissait bien deviner ce qu'il pensait réellement du Ministère de la Magie à cet instant précis.

- Sur ce, je vous laisse retourner à vos dortoirs. On se retrouve dans ce bureau dans un mois pile. Vous partirez à seize heures. Ensemble.

Hermione préféra ne pas s'éterniser davantage et quitta les lieux après avoir remercié les professeurs pour leur temps accordé.

Il faudrait qu'elle commande quelques livres, pensa-t-elle, l'esprit en ébullition. Avec un peu de chance, elle aurait le temps de lire certaines informations avant d'aller se coucher ? Harry avait déjà commencé à lire des romans policiers et il avait également fait des recherches sur les caractéristiques du poste de police de Londres. S'il avait pu le faire malgré leurs nombreux devoirs, pourquoi pas elle ? D'ailleurs, pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt ?

Au fond, si elle voyait le bon côté des choses, elle était fière de pouvoir faire partie de l'éducation des enfants Moldus. Cela pourrait se révéler être très intéressant maintenant qu'elle y pensait ! Elle se souvenait de sa première maitresse avec nostalgie et savait qu'elle n'était pas la seule à être dans ce cas-là. Les maitresses, c'était un rôle principal et déterminant pour l'avenir. Peut-être qu'elle pourrait commencer par leur apprendre les mathématiques ? A trois ou quatre ans, les petits pouvaient bien apprendre à compter, non ? Sans parler de la lecture … Oui, elle avait deux, trois idées qui pourraient se montrer intéressantes.

- Incroyable que tu arrives à sourire dans de telles circonstances, marmonna Malefoy.

Hermione se figea. Elle avait totalement oublié son binôme, trop omnibulée par le travail qui l'attendait.

- On pourrait peut-être se donner rendez-vous pour …

- Non, vraiment, c'est pas la peine. On se retrouvera dans un mois dans ce stupide bureau, ce sera déjà bien suffisant.

- Mais j'ai déjà des tas d'idées sur l'apprentissage que nous pouv…

- Super. Comme je le disais, on en reparlera dans un mois, d'accord ?

Et tout en la méprisant du regard, il la laissa seule dans le couloir menant à sa salle commune. La jeune femme soupira. Elle aurait un sacré boulot pour réussi à le convaincre de faire équipe avec elle. Mais pour l'instant, elle n'avait pas le temps de s'en préoccuper. Elle devait d'abord réviser. Et commander les livres dont elle avait besoin. Elle avait encore un bon mois devant elle pour se faire à l'idée qu'elle allait devoir faire équipe avec Malefoy, quoiqu'ils en pensent tous les deux ….

XXXX

En réalité, elle ne vit pas le mois passer. Ses examens lui avaient demandé un tel acharnement, un tel travail et une telle pression, qu'elle n'avait pas eu le temps de se concentrer sur son stage et encore moins à prendre le temps de parler à Malefoy.

Quand le jour J arriva, on pouvait dire qu'Hermione n'en menait pas large. Elle était terrifiée. Elle regarda avec émotion les livres concernant l'éducation à fournir aux enfants dès le plus jeune âge et se maudit de ne pas avoir accordé plus intérêt à sa mission future. Tant pis, elle se rattraperait. Sa première journée de travail n'était prévue que le lendemain matin et avec un peu de chance, elle pourrait au moins lire un livre le restant de la journée et de la nuit.

- Hermione ?

- Hum ?

- Tu vas être en retard si tu continues à regarder la fenêtre avec aussi peu d'intérêt.

La jeune femme regarda Ginny avec tendresse. Elles s'étaient toujours bien entendues toutes les deux et elle ne l'avait jamais vraiment remerciée pour son tact et sa gentillesse depuis toutes ces années. Ginny l'avait épaulé lorsque Ron n'avait pas voulu d'une relation avec sa meilleure amie, préférant Lavande Brown. Elle l'avait souvent consolé lors de ses cafards quotidiens ou de ses périodes de stress liés à ses examens. Et vice versa. Au fond, elle était devenue une véritable amie, et elle allait lui manquer atrocement.

- Tu ne vas quand même pas pleurer, hein ? la taquina la rouquine

- Non. Bien sûr que non !

- Tu vas y arriver, tu réussis toujours tout ce que tu fais.

- Oui, mais en général je n'ai pas Malefoy avec moi.

- Je vais sûrement t'étonner mais je pense que si Dumbledore a choisi de vous mettre ensemble, c'est qu'il y a une raison. Il ne fait jamais les choses à moitié.

- Je ne sais pas Ginny. Malefoy est si … dur. Si mauvais. J'ai peur qu'il me mette dans le pétrin.

- Son père peut se montrer sévère avec lui quand il s'agit de son éducation, il ne commettra pas d'impair, crois-moi.

- Je n'ai pas confiance en lui. Il n'a pas voulu me voir une seule fois depuis le mois de septembre et tu devrais voir quand il me parle … Je ne l'aime pas, mais je ne l'ai jamais regardé avec la même hargne que lui me regarde.

- Alors fais ton possible pour qu'il apprenne à te connaitre. Tu es tellement gentille et douce qu'on ne peut que tomber sous ton charme.

- Merci Ginny.

Emue malgré elle, Hermione prit son amie dans ses bras en espérant qu'elle ne l'oublie pas et pense à elle le plus possible.

- Allez, il faut que j'y aille. Ron et Harry doivent m'attendre.

Ce qui était bel et bien le cas. Ils l'attendaient impatiemment dans la salle commune et semblait au bout milieu d'une conversation agitée. En la voyant descendre péniblement sa valise, Harry se précipita pour l'aider et elle le remercia avec un grand sourire. Elle le regarda quelques secondes se remettre les lunettes rondes en place et fut surprise de constater que ce toc allait lui manquer. Puis, elle reporta son attention sur Ron et ses cheveux roux flamboyants bien trop longs, et là encore elle soupira de tristesse. Ils allaient lui manquer.

- Je suis censé partir dans cinq minutes, râla Ron. Qu'est-ce que tu fichais là-haut ?

- J'essayais de me faire à l'idée que j'allais cohabiter avec Malefoy pendant trois mois.

Cette excuse était suffisamment valable pour que les garçons lui fichent la paix et ne commentent pas davantage sa mauvaise humeur évidente. Ils descendirent donc tous les trois ensembles, essayant tant bien que mal de remonter le moral de leur meilleure amie.

- Il faudrait qu'on s'organise un week-end tous les trois, proposa Harry

- C'est une bonne idée.

- Et le rapport de stage ?

- Tu ne crois quand même pas que Malefoy va passer tous ses week-ends à travailler.

Cette phrase eut le don de les faire rires. Ils passèrent encore quelques temps à se parler, à taquiner Malefoy et Hermione se sentit presque en forme lorsqu'elle arriva devant le bureau du professeur McGonagall. Elle embrassa tendrement Ron, et regarda ce dernier s'avancer prudemment avec sa coéquipière dans le bureau du professeur de métamorphose, prêt à partir. C'était dur de le voir s'éloigner, encore plus dur de se dire qu'elle ne terminerait pas sa scolarité avec eux, comme elle l'avait rêvé.

- Je dois y aller moi aussi, marmonna Harry. J'ai rendez-vous dans le bureau du professeur Flitwick.

- Prends soin de toi Harry, murmura Hermione en sentant la nostalgie l'envahir.

- Toi aussi. Et n'hésite pas à m'appeler si jamais Malefoy t'embête. Je vais être policier je te rappelle et je rêve de lui en coller une depuis notre premier jour à Poudlard. Toi tu as au moins eu cette chance en troisième année.

La jeune femme émit un petit sourire et ne commenta pas davantage ce souvenir. Elle avait dix-huit ans, elle allait se montrer la plus mature possible et ce, même si Malefoy allait en lui faire voir.

- Tout va bien se passer. Tu me connais.

Harry embrassa tendrement son amie sur la joue, avant de repartir dans le couloir inverse. Seule, dans un couloir désert et froid, la jeune femme se sentit plus déprimée que jamais et resserra son emprise sur sa valise et son manteau.

- Pitié, ne me dis pas que tu vas te mettre à pleurer Granger.

La voix dépressive de Malefoy fit lever les yeux au ciel d'Hermione. L'avantage quand on n'aimait pas quelqu'un, c'était qu'on passait tellement de temps à prendre sur soit, qu'on n'avait plus le temps de se sentir malheureuse. Prête à lui envoyer une réplique bien placée, elle s'arrêta net en le voyant habillé comme un véritable Moldu. C'était la première fois qu'elle le voyait vêtu d'un jean, d'une chemise et d'un long manteau. Le noir de ses vêtements contrastait avec la pâleur de sa peau et lui allait plutôt bien. Bien évidemment, elle garderait cette dernière information pour elle seule.

- Quoi ?

- Rien, dit-elle précipitamment.

Dépitée, il posa son sac de voyage lourdement sur le sol. Ils attendirent en silence, plongés chacun dans leurs pensées respectives. Lorsqu'elle ouvrit la porte de son bureau à la volée, McGonagall leur fit signe d'avancer dans son bureau. Cette fois, Rogue était absent.

- Je vais vous demander de me donner vos baguettes s'il vous plait.

Avec un petit pincement au cœur, Hermione s'exécuta. C'était la première fois qu'elle laissait sa baguette depuis le jour de ses onze ans, et elle fut étonnée de constater à quel point cet objet allait lui manquer.

- Nous en prendrons grand soin, ajouta le professeur devant le regard crispé de ses élèves. Bien, le portoloin est prêt. Je vais vous demander de poser votre main sur cette plume ici présente et de ne pas oublier le kit juste à côté, contenant de quoi vous faire vivre pendant des semaines entières dans le monde Moldu.

La plume en question d'une jolie couleur turquoise, reposait tranquillement sur une table en bois. Les deux étudiants s'approchèrent pas à pas devant l'objet en question et Malefoy s'empara de la sacoche en repoussant sans ménagement la main de sa coéquipière. Elle pouvait sentir son air supérieur la défier du regard mais elle ne dit rien, sachant pertinemment que c'était ce qu'il attendait. De toute façon, il ne tarderait pas à le lui donner une fois qu'il mettrait un pied à Londres : il ne savait pas comment utiliser l'argent Moldu et encore moins comment fonctionnait une carte bleue.

- Attention, marmonna le professeur de métamorphose, plus que quelques secondes … prêt ?

- Vous rigolez, plaisanta Malefoy, j'ai envie de …..

McGonagall n'eut pas le temps d'entendre la fin de sa phrase que le portoloin fit son travail et les emmena loin du château.

Les lèvres pincées, elle resta figée quelques secondes sur place. Cette pauvre Hermione Granger allait avoir un sacré travail avec un tel binôme. Pour la première fois depuis le début de toute cette histoire, elle se demandait si Dumbledore avait eu une si bonne idée de mettre ces deux-là ensemble…

XXX

Fin de ce chapitre ! La suite, RDV en terre Moldue !

Qu'en avez-vous pensé ?

RDV dans 2 semaines :)