Chapitre 2

Sôsuke fut réveillé par des soupirs.

Il ouvrit un œil et le tourna vers son époux qui semblait agité. Il ouvrit alors son deuxième œil. Cela n'était pas banal, suffisamment pour attiser sa curiosité. Il était rare de voir Byakuya si… Lascif.

Le spectacle valait le coup d'œil. Byakuya qui était si rigide et placide paraissait torturé par un partenaire aventureux. Il se demanda qui pouvait éveiller son désir au point qu'il en rêvât. Il n'avait aucun doute sur le fait que ce ne pouvait être lui mais cela ne lui provoqua aucune jalousie. Leur relation était une façade, cela ne trompait personne.

En le rencontrant la première fois il avait espéré que cela pourrait évoluer vers quelque chose de romantique. Il était bel homme et sa compagnie plaisante, il pensait intégrer le clan Kuchiki et se faire une place au soleil… Mais ses espoirs de romances s'envolèrent et il s'était trouvé face un adversaire redoutable. Il ne se laissait pas mener par le bout du nez, ça rendait le tout plus excitant.

Il aimait jouer alors il allait saisir cette opportunité. Il se rapprocha et profita d'une ouverture. Il embrassa le cou dénudé qui s'offrait à lui. Il n'eut pas de réponse négative alors il continua son approche.

Leurs moments d'intimités étaient plutôt rares ces derniers temps alors il ne pouvait manquer cette occasion. Lentement il se retrouva sur son époux toujours aussi alangui, cette fois il put entendre ses gémissements. Que se passait-il dans ce rêve pour qu'il soit dans un tel état ? Qui était cette personne qui lui tournait la tête ? Cela l'intriguait.

Un gémissement plus fort échappa de ses lèvres et il eut un sursaut. Il ouvrit les yeux encore haletant et tomba nez à nez avec Sôsuke. Il haussa un sourcil et il lui sourit : « On peut en profiter tous les deux ou c'est déjà trop tard ? »

Il eut un grognement pour réponse. Il se frotta les yeux et étira les bras, Sôsuke en profita pour continuer ses caresses. Il ne laisserait pas passer cet élan.

« Alors ? Nous avons un peu de temps… À moins que tu veuilles que nous allions directement sous la douche ?

- Ça glisse et depuis quand tu es si bavard. »

Il lui saisit la nuque et l'embrassa.

« Eh bien, je ne sais pas de quoi tu as rêvé mais j'en suis ravi.

- Ferme-là si tu ne veux pas que je change d'avis. »

Sôsuke sourit, un « ferme-là » de Byakuya signifiait qu'il avait toute son attention. Il reprit le baiser et se colla à lui. Il se glissa entre ses jambes, autant en profiter pour prendre la main. Cela ne semblait pas lui déplaire, Byakuya se montra docile… Ce n'était pas souvent.

o~~O~~o

Ce fut plus fougueux qu'à l'accoutumée, il dut le reconnaitre.

Sôsuke était parti prendre une douche et lui nageait dans une vague de culpabilité. Pas envers Sôsuke, il n'allait pas se vexer, au contraire même il avait pu en profiter. Depuis combien de temps n'avait-il pas eu ce genre de rêve ? Son adolescence ? Il n'était même pas sûr d'en avoir déjà eu.

Il soupira.

Il suffisait de recroiser Kenpachi Zaraki quelques secondes pour qu'il vienne hanter ses nuits. Il pria pour que cela ne recommence pas. Sôsuke finirait par poser des questions et il n'avait pas besoin de ça. Il était curieux et trop perspicace. Il ne voulait pas se justifier ou donner des explications à ce sujet.

Il ne voulait parler de ça à personne. Cela lui appartenait. Tout ce qu'il se passait dans son esprit était rien qu'à lui et il lui souhaitait préserver ça. Il gardait le contrôle.

Il se redressa. Sôsuke venait de sortir de la douche. Il se dirigea vers la salle de bain sans prendre la peine de se couvrir. Pour l'utilité. Le brun eut un sourire en le voyant arriver.

« L'ouïe toujours aussi fine, commenta-t-il. Et… La vue n'est pas mal non plus.

- Je t'en prie, soupira-t-il.

- Que veux-tu ? Je suis de bonne humeur ce matin. En pleine forme même, et tu n'y es pas étranger.

- Allons bon… »

Byakuya leva les yeux au ciel et entra dans la douche. Son époux devenait bavard après avoir fait l'amour, un phénomène qui l'agaçait au plus haut point. Il nettoya sa peau avec attention et insista sur la nuque, les cuisses et les zones que son partenaire s'était plu à dévorer.

Il se figea. Quand avait-il repris cette mauvaise habitude ? Il resta planté sous le jet chaud de la douche. Il devrait prendre un rendez-vous avec sa psychiatre pour lui en parler. La présence d'Ichigo, le retour au Seireitei et la rencontre avec Kenpachi ne pouvaient pas le laisser indemne.

Il n'avait pas besoin de ça.

Il se rinça et s'enroula dans une serviette moelleuse. Il se sécha et sortit trouver des vêtements aussi formel que d'habitude : un costume trois pièces bleu marine, une chemise blanche et une cravate assortie, des chaussures noires cirées et sa montre au poignet. La seule coquetterie du jour serait un parfum plus prononcé, hors de question que tout le monde sentent l'odeur de Sôsuke sur lui.

Sôsuke réapparut dans son champ de vision. Sa tenue attira son attention : un costume gris rayé, une ceinture et des chaussures marron soigneusement cirées, une chemise blanche et une cravate grise légèrement plus foncé que son costume.

Il s'agissait de son ensemble le plus précieux et prestigieux. Il ne le sortait que pour des évènements importants. Il le regarda nettoyer ses lunettes et les remettre sur son nez.

« N'oublie pas de remettre ton alliance si tu veux vraiment faire bonne impression.
- Comme si je pouvais l'oublier, je l'ai fait nettoyer. »

Il la repassa à son doigt. En effet son alliance paraissait bien terne en comparaison.

Ils descendirent dans le salon. Le majordome terminait de dresser la table. Il s'inclina en les voyant arriver.

« Bonjour messieurs Kuchiki. Puis-je vous apporter un café ou un thé ? Quelque chose vous ferrez plaisir ?
- Un café sera très bien merci, n'est-ce pas Byakuya ? »

Il hocha la tête et Hanatarô disparut dans la cuisine.

Les filles descendirent à leur tour suivies quelques secondes plus tard par Ichigo. Yuzu s'enthousiasma de voir ses deux pères à table avec eux ce matin-là. Ichigo fut surpris, les repas en famille étaient assez rares pour être remarquables. Il eut un sourire en se disant que cela avait un avant-goût de fin du monde. Il ne souvenait pas d'avoir déjà passé un petit déjeuner avec Sôsuke et Byakuya ensemble. Le majordome revint avec deux cafés fumants et un sourire pour saluer les filles et Ichigo. Il déposa les cafés et leur demanda ce qui leur ferait plaisir.

o~~O~~o

Yuzu ne cessait de parler, Karin la coupait difficilement pour placer un mot. Sôsuke s'amusait de cet engouement et Byakuya restait silencieux comme à son habitude mais écoutait attentivement. Yuzu ne lui avait jamais paru aussi rayonnante. Elle parlait de l'école, son club, les cours particuliers et ses progrès au piano. Elle était intarissable. Sôsuke dut intervenir pour qu'elle laissât Karin s'exprimer et cela la fit rougir. La brune n'entra pas autant dans les détails et Sôsuke se tourna vers Ichigo. Il ne pensait pas qu'il devrait aussi passer par ces questions. Yuzu reprit la parole pour son plus grand soulagement : « Pour les vacances irons-nous à Kyoto ? Pourrons-nous voir tante Rukia ?
- Nous n'en avons pas encore parlé mais cela ne devrait pas changer.
- En ce qui concerne Rukia nous la verrons ce matin, je lui en parlerais mais je ne suis pas sûr qu'elle puisse se libérer. Vous savez qu'elle vient de prendre de nouvelles responsabilités à son poste. »

Byakuya préférait se montrer réaliste, il vit le regard de Yuzu s'assombrir mais il préférait ne pas lui faire de faux espoirs.

« Enfin… Elle aura surement besoin de repos d'ici là. »

Yuzu eut un regain d'énergie et se tourna vers Ichigo.

« Tu es déjà allé à Kyoto ? »

À peine le temps de répondre par la négative qu'elle lui présentait déjà le manoir, le jardin, les sources d'eau chaude, la ville, que leurs arrière-grands-pères s'y trouvaient et qu'il pourrait les rencontrer. Byakuya tiqua à cette évocation : Ginrei ne se montrerait pas aussi accueillant. Il avait plaidé contre l'adoption d'Ichigo. Il fronça les sourcils.

Son café était froid.

Il le finit d'une traite en grimaçant. Yuzu avait le don captiver son auditoire. Elle le tenait de Sôsuke et son air charmeur. Dans les affaires il était terrible, tout le monde savait qu'il fallait se méfier pourtant il leur faisait faire ce qu'il voulait. D'un autre côté cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas passé de temps ensemble.

Il aimerait passer plus de temps avec ses filles mais cela n'allait pas s'arranger. Lorsqu'elles étaient nées il finissait ses études et entamait son travail à la direction l'hôtel Senbonsakura de Tokyo. À vingt-cinq ans il en prenait la tête et à trente ans il passait à la direction du groupe. Il n'avait pas connu de temps mort. La seule option serait lorsqu'elles le rejoindraient au travail.

Cela lui laissait un sentiment mitigé. Il n'avait pas passé plus de temps avec son père une fois entré dans le monde du travail. Il le voyait plus souvent mais ils avaient rarement le temps de parler d'autre chose que des prochains évènements, investissements ou nouvelles rénovations à programmer. Il ne se voyait pas ralentir le rythme, il deviendrait bientôt PDG alors ce n'était pas envisageable. Il devrait réfléchir à déléguer certaines tâches. Il aimerait passer plus temps avec elles, il n'était pas aussi expansif et extraverti que Sôsuke et il avait plus de mal à s'ouvrir à elles.

Il devrait pourtant s'en occuper rapidement. Sôsuke ne serait pas toujours là pour palier à ses difficultés relationnelles.

Il regarda Ichigo tentait d'assimiler tout ce que Yuzu lui racontait. Il assisterait à ses premières vacances au sein de leur famille. Les vacances à Kyoto étaient les seuls qu'ils prenaient réellement tous ensemble. Il n'ouvrait pas son ordinateur mais gardait toujours son téléphone, au cas où, mais personne n'osait jamais les déranger. Il faudrait vraiment un cas de cas force majeur. C'était les deux seules semaines où il pouvait lire ou jouer du piano avec Yuzu. Il s'octroyait même un peu plus de sommeil ce qui n'était pas négligeable.

Chaque année Sôsuke l'invitait pour un repas au restaurant en amoureux. Une sorte de routine. La soirée se déroulait toujours de la même manière : un bon repas, le chemin du retour à pieds, un bain dans les sources chaudes et ils faisaient l'amour. C'était réglé comme du papier à musique. S'il trouvait ça plaisant au début de leur mariage, cela l'ennuyait profondément.

Ils n'avaient rien à partager. Sôsuke attendait de recevoir sa contrepartie du contrat et ne se projetait plus avec lui. Il n'avait rien tenté non plus pour le garder. Sôsuke voulait fonder sa famille, une famille qui porterait son nom et prendrait sa suite. Il cherchait à se démarquer du clan Kuchiki. Son clan le trouvait arrogant de demander autant mais il commençait à prendre conscience que le voir partir chez la concurrence serait catastrophique.

Lorsqu'il avait évoqué l'idée de lui confier la direction d'un hôtel, à l'origine jalousement gardé par des membres de leur famille, on l'avait raillé… Il était encore trop jeune pour comprendre l'importance d'une telle nomination. Il en avait pourtant bien saisi le sens et les ambitions de Sôsuke étaient limpides. Il avait donné deux héritières en échange d'un ascenseur social performant. Si le clan ne voulait pas lui confier un poste à sa hauteur il irait le chercher ailleurs. Il avait la réputation et le carnet d'adresse qui le lui permettraient. Il possédait l'intelligence qui lui assurait de ne pas rater son coup.

Il avait toutes les cartes pour assurer sa réussite et plus il restait au côté de Byakuya plus il prenait de la valeur… Et plus il devenait difficile de lui refuser un poste prestigieux. Il ne se contenterait plus d'une nomination au conseil d'administration en gardant son poste de directeur commercial.

Leur contrat n'imposait qu'un minimum de cinq ans mariage sous réserve d'une naissance. Ils étaient mariés depuis douze ans et leurs filles étaient nées un an après leur mariage. Sôsuke avait veillé à ne pas perdre de temps, il avait été suivi par un spécialiste de la fertilité et avait pris un traitement. Ce n'était pas un hasard s'il avait eu des jumelles. Les traitements hormonaux favorisaient les naissances multiples. C'est ainsi qu'à vingt-un ans il était marié et père de deux filles magnifiques. Sôsuke était entré officiellement dans l'entreprise familiale juste après l'accouchement dans le secteur commercial.

Ils s'étaient mariés alors que Byakuya était encore étudiant, Sôsuke lui finissait sa première année dans l'entreprise. Son potentiel avait été repéré à ce moment-là par un des oncles de Byakuya, il était jeune, ambitieux, il lui manquait un nom et un coup de pouce.

D'après ce qu'il avait entendu, il n'avait pas hésité longtemps avant d'accepter la proposition.

Ils n'avaient eu qu'un rendez-vous avant de se marier. Sôsuke s'était montré direct et les relations amoureuses ne l'intéressaient pas vraiment. Ils avaient convenu que leur objectif commun était d'avoir des enfants. Sôsuke souhaitait que ce soit rapide. Il ne souhaitait pas avoir de coupure une fois qu'il serait bien établi à son poste.

Sôjun s'était opposé à cette décision qu'il trouvait trop précipité. Ils avaient le temps et il s'inquiétait de voir que le futur couple considérait les enfants comme une corvée dont il souhaitait se débarrasser au plus vite. Mais surtout il s'inquiétait pour son fils.

Il paraissait vide et indifférent aux évènements. Il avait abandonné l'idée de trouver l'amour alors ce contrat lui convenait : ils étaient tous les deux gagnants.

Il avait ses filles et elles étaient merveilleuses. S'il avait dû partir en quête d'un partenaire il y serait encore. Il n'avait simplement pas le temps. Son entourage était uniquement composé d'alpha et aucun ne se serait abaissé à porter ses enfants… Chaque famille voulait préserver ses gênes d'alpha et le seul moyen pour cela c'était d'épouser un autre alpha.

Les femmes alphas étaient rares même dans leur milieu et étaient très courtisées. Quant aux hommes, ils restaient réfractaires à l'idée de porter l'enfant d'un autre. D'où l'apparition des contrats et l'intérêt de choisir des hommes qui avaient besoin d'un coup de main. Sôsuke était de cela et il avait bien mené son affaire. Il ne lui restait plus qu'à récupérer son dû. Il se tenait prêt.

Sôsuke regarda l'horloge du salon puis tourna les yeux vers Byakuya : « Notre chauffeur va arriver.
- Vous partez ensemble ? Demanda aussitôt Yuzu.
- Nous avons une réunion commune ce matin autant partir ensemble.
- Vous serez là, ce soir ? Murmura-t-elle.
- C'est difficile de le dire pour le moment, répondit Byakuya. Cela dépendra du contenu de la réunion de ce matin.
- Elle porte sur quoi ? Demanda Karin.
- Une restructuration et… Des promotions. »

Il vit Sôsuke sourire à cette évocation. Il l'attendait avec impatience.

o~~O~~o

« Le chauffeur est là. »

Byakuya attrapa sa veste et rejoint Sôsuke dans l'entrée.

« Passez une bonne journée, pères. »

Yuzu s'avança timidement pour enlacer ses parents. Karin sembla hésiter. Sôsuke lui fit un petit signe de tête et elle oublia ses doutes pour imiter sa jumelle. Byakuya n'avait jamais été à l'aise avec les signes d'affections physiques, il était reconnaissant à Sôsuke d'en être à l'initiative. Il n'aurait jamais su comment s'y prendre : ses parents n'avaient jamais été très tactiles… Toute sa famille en réalité.

Ichigo resta en retrait et se contenta d'un salut plus formel. Il ne souhaitait pas couper ce moment en famille. Les filles en étaient ravies et cela lui faisait plaisir.

Les deux hommes sortirent et prirent l'ascenseur en silence. Ils descendirent directement au parking sous-terrain où attendait le chauffeur. Il était déjà prêt à leur ouvrir la porte.

« Messieurs Kuchiki.
- Bonjour Madarame. »

Les deux hommes prirent place à l'arrière de la voiture et le chauffeur reprit sa place. La voiture sortit du sous-sol et prit la route. Byakuya regarda les immeubles défiler derrière les vitres teintées et pensa à la réunion qui s'annonçait : il savait que cela annonçait la montée en grade de Sôsuke et son départ. Il ne connaissait pas encore les détails : il devrait être nommé à la tête d'un hôtel. Il avait proposé celui de Kyoto mais les anciens refusaient toujours l'idée.

Il devrait pourtant s'y faire, peu d'option s'offrait à eux et il ne pourrait pas faire moins. Si d'autres idées avaient vu le jour, on l'aurait informé. Sa proposition avait dû être validée à l'unanimité.

« Tu as à l'air pensif, commenta Sôsuke.
- Si tu le dis…
- Tu sais ce qui va se dire, n'est-ce pas ?
- Je fais partie du conseil d'administration, je connais les ordres du jour et ce pourquoi j'ai voté. Je n'ai pas encore les résultats.
- Tu as bien ton idée…
- Que veux-tu savoir exactement ? Tu sais que je ne peux rien te dire.
- Je le sais bien que tu ne peux rien me dire mais j'aurais tenté… Ton père devrait te céder sa place de président du conseil d'administration bientôt, non ?
- Ce n'est pas prévu pour le moment, à la fin de l'année peut-être mais rien n'est acté.
- Ton père n'aime pas ce poste et serait surement ravi de s'en débarrasser mais il sait que ça va te retomber dessus. Il semble beaucoup s'inquiéter pour toi.
- Mon père s'est toujours montré prévenant.
- C'est vrai mais… J'ai l'impression que cela s'est accentué avec l'arrivée d'Ichigo chez nous. »

Byakuya se tourna vers lui et le fixa. Sôsuke était toujours aussi perspicace. Une bride d'inquiétude le traversa mais il se reprit.

« Où veux-tu en venir ?
- Nul part… Je ne sais toujours pas quel lien de famille vous avez… C'est un cousin de ton père ?
- La sœur de mon grand-père est sa grand-mère paternelle, son père avait coupé les ponts avec sa famille et il a choisi de prendre le nom de sa femme. »

Sôsuke eut l'air pensif. Byakuya espérait que les questions sur Ichigo cesseraient, cela le rendait nerveux et Sôsuke n'aurait pas de difficulté à le discerner.

« C'est donc pour ça que la famille Shiba ne l'a pas accueilli. Je me demandais pourquoi son oncle ne l'avait pas pris… Après tous ses enfants sont plus âgés et ils sont une famille plus proche que les Kuchiki.
- Je vois que tu as fait des recherches. Sa présence chez nous te dérange à ce point ?
- J'ai trouvé son arrivée étrange… Tu l'as tout de suite adopté et donné ton nom… J'aurais plutôt pensé que ton père l'accueillerait… Il aurait été adopté comme un fils cadet et non un fils ainé.
- Je comprends mieux, soupira-t-il.
- J'ai le droit de m'inquiéter pour mes filles, maintenant elles n'ont plus la priorité et tu le sais. Il a le même statut qu'elles alors si l'on suit les règles familiales… Il doit prendre la suite.
- Le nom ne fait pas tout, il faut les capacités. Ichigo n'a pas été élevé dans ce but alors je ne pense pas que mon clan verra de difficultés à ce que Karin ou Yuzu reprennent les rênes. Si Ichigo souhaite rejoindre notre entreprise il sera le bienvenu mais rien ne l'y oblige.
- Tu ne l'exclus pas pour prendre ta suite donc.
- Cela t'inquiète à ce point ?
- Je ne serais pas celui qui en décidera mais je me suis demandé si toi tu avais bien pris le temps d'y penser.
- Je ne sais pas. »

Ses yeux s'écarquillèrent : « Quoi ?
- J'ai dit que je ne savais pas. Je n'ai pas pris le temps d'y réfléchir en détail.
- Euh… Tu… Bredouilla-t-il. »

Il lui avait cloué le bec. Sôsuke ne savait plus quoi dire. Il aurait bien souri à cet exploit mais cela aurait gâché l'effet. Bien sûr qu'il y avait réfléchit mais il ne trouvait pas de solution à ce dilemme. Leurs filles avaient été élevé pour prendre sa suite même du haut de leur onze ans cela était ancré dans leur esprit. Il se voyait mal leur annoncé un tel changement.

Cependant il avait adopté Ichigo au même titre que ses filles et il ne voulait pas l'exclure. D'un autre côté Ichigo n'avait pas eu le temps de trouver ses marques et il ne pouvait pas lui annoncer qu'il allait reprendre l'entreprise de la famille… Une famille qu'il venait de rejoindre. Il craignait la réaction qu'il pourrait avoir.

Sôsuke resta perplexe tout le long du voyage. Il se reprit lorsqu'ils arrivèrent à destination. Le chauffeur les laissa devant l'entrée et partit pour rejoindre le parking souterrain. Ils entrèrent ensemble et furent aussitôt salué par toutes les personnes présentes dans le hall.

Ils prirent l'ascenseur ensemble mais Sôsuke s'arrêta un étage plus bas : « On se voit à la réunion. » Byakuya se contenta d'hocher la tête. La réunion commençait à huit heures et demie et il était huit heures. Ils avaient le temps d'aller à leurs bureaux respectifs récupérer leurs affaires.

Byakuya souhaitait revoir le dossier qu'il rendrait pour le conseil. Il devait donner le bilan du deuxième trimestre. Les chiffres étaient bons et suivaient leurs attentes. Le bilan de Rukia était le plus attendu… Elle devait le rejoindre pour en parler.

Elle lui avait envoyé son dossier et il ne trouvait rien à y redire. Il était même assez surpris qu'elle s'en sorte si bien. Il ne doutait pas de ses capacités mais elle se destinait plutôt à travailler dans les ateliers de création… Seulement ses capacités en dessin laissaient à désirer. Elle avait donc repris le flambeau de la gestion et du management. Elle était encore dans une phase de transition : leur oncle Koga dirigeait toujours l'hôtel de Tokyo, elle était la directrice mais gérait surtout l'animation et préparait le nouveau projet d'établissement.

Elle prenait ses marques aves les employés et la clientèle. Ses salons de thé mère-fille avaient été un vrai succès et avaient fidélisé une nouvelle clientèle. Le concept allait surement être exporté. Il était heureux pour elle, même si elle n'en avait pas conscience ses résultats avaient impressionné le conseil d'administration et leur père était très fier. Il ne lui manquait que l'assurance. Elle allait faire sa première présentation et assisterait pour la première fois à une réunion du conseil d'administration. Il savait déjà qu'elle angoissait.

Il avait accepté de la voir pour la rassurer. Il ne serait peut-être pas d'une grande aide mais il voulait au moins essayer. Il arriva à son étage et pu l'apercevoir un bref instant. Renji lui caressait la joue, probablement pour remettre en place une mèche de cheveux. Un prétexte. Une technique de séduction plutôt efficace. Leur petite bulle ne dura qu'un instant puis Rukia s'éloigna pour qu'il y ait une distance raisonnable entre eux.

Byakuya salua les personnes présentes dans les bureaux et se dirigea vers son bureau au fond. Rukia le remarqua et vint en face de lui avec un sourire : « Bonjour mon frère, comment vas-tu ?
- Rukia… Tu es là depuis longtemps ? J'aurais pu venir plus tôt si tu voulais.
- Une petite demi-heure. Je ne pensais pas arriver si tôt… J'étais levée alors je suis venu directement, expliqua-t-elle.
- Tu es venue avec père ?
- Euh… Non. »

Il fronça les sourcils.

« Tu n'es pas rentré hier ? »

Elle déglutit et jeta un très rapide coup d'œil vers Renji qui semblait gêné. Il eut un déclic et compris. Il changea de sujet, il était trop tôt pour aborder le sujet de cette relation illicite : « Ton dossier est tout à fait correct, tu ne devrais pas avoir de problème. Respire avant la présentation et tout ira bien.
- Tu crois que ça ira ?
- Oui, tu fais du bon travail. »

Elle rougit et baissa la tête. Il espérait que le compliment lui donnerait confiance pour la réunion.

« Renji… Je ne savais pas que tu arriverais si tôt. Tu as eu le temps de regarder ce que je t'avais envoyé sur la nouvelle collection ?
- Je viens de voir le mail, je n'ai pas encore eu le temps de tout lire.
- Ce serait bien que tu l'aies lu d'ici la fin de la réunion.
- Oui, monsieur. »

Renji était entré à son service depuis quatre ans sur un hasard. Il venait de commencer son premier travail comme vendeur dans le secteur textile. L'homme qui l'avait embauché croyait en ses capacités même s'il n'avait pas fait de grandes études, l'entretien l'avait convaincu. Le grand patron lui n'avait pas apprécié de voir ce jeune tatoué avec des cheveux rouges sang débarquer. Il avait donc mis au point un subterfuge pour le faire partir.

Il lui avait ordonné de prendre rendez-vous avec Byakuya Kuchiki en personne pour lui présenter leurs collections. Le directeur savait pertinemment qu'il n'y arriverait jamais mais cela ferait un bon motif pour le blâmer et le pousser à démissionner.

Renji n'avait rien vu d'insurmontable et avait téléphoné des dizaines, des centaines de fois sans obtenir le moindre rendez-vous. L'atelier de création n'acceptait pas les collaborations et l'entreprise n'acceptait que rarement les prestations extérieures qu'ils n'avaient pas choisi eux-mêmes. Leur veille sur la concurrence leur permettait de connaitre tout le monde et tout ce qui se faisait. Ce que Renji avait à leur proposer ne les intéressait pas et il n'allait pas faire perdre du temps au directeur. On lui avait fait remarquer sèchement.

Il avait changé de technique. Il s'était préparé pour être concis et rapide. Il avait attendu devant les bureaux et avait tenté sa chance. Le premier jour Byakuya l'avait à peine remarqué, il était en pleine discussion. Le deuxième jour, Renji avait tenté une approche mais la sécurité l'avait arrêté aussi sec. Le troisième jour Byakuya lui avait accordé quelques instants : « Je ne vous ferrais pas perdre de temps, je peux même vous faire la présentation dans l'ascenseur le temps que vous arriviez à votre étage. »

Il lui avait tendu sa carte et une plaquette de présentation. Byakuya avait accepté par curiosité face à ce jeune homme aussi acharné. Il avait pu entendre sa secrétaire maudire le nom écrit sur la carte car il ne cessait d'appeler et occuper la ligne.

Son discours était concis et maitrisé. Byakuya reconnut la performance. Ils étaient arrivés à l'étage et Renji s'apprêtait à le remercier : « Vous prospectez avec tout le monde ainsi ? Intervint-il.
- Non d'habitude c'est plus conventionnel.
- Votre directeur ne vous a pas prévenu que nous avions déjà récupéré le dossier complet de présentation et que nous ne rencontrons nos interlocuteurs que lorsque nous en avons besoin ?
- Euh… Eh bien… C'est mon directeur qui m'a demandé de vous rencontrer pour faire la présentation alors… »

Byakuya était resté perplexe. Il était de notoriété publique que cela fonctionnait toujours ainsi avec eux. Le directeur était forcément informé.

« Vous travaillez depuis longtemps chez eux ?
- Ça fait un mois… C'est mon premier travail. »

Il comprit alors le stratagème.

« Venez dans mon bureau, j'aimerais que vous me parliez de votre parcours. »

Renji resta interloqué mais le suivit. La secrétaire haussa un sourcil, elle ouvrit des yeux ronds lorsque Byakuya lui demanda de changer son emploi du temps pour lui accorder une demi-heure d'entretien. Le jeune homme tiqua au mot entretien. Il s'était décomposé, le brun s'était amusé de le voir paniquer seulement maintenant. La secrétaire l'avait rappelé le lendemain pour lui proposer un contrat d'embauche. Renji lui avait fait répéter à plusieurs reprises tellement il n'en revenait pas. Du jour au lendemain il s'était retrouvé assistant du sous-directeur Byakuya Kuchiki et son ascension avait été fulgurante. On leur avait même prêté une relation secrète à cause de cela.

Il travaillait ensemble en permanence, même aujourd'hui. Byakuya cherchait à lui apprendre ce qu'il lui manquait. Le conseil d'administration pouvait se montrer conciliant avec ce « caprice » mais Renji devrait faire ses preuves s'il voulait plus. Ce poste d'assistant avait été créé de toutes pièces, il le secondait et il était touche à tout. C'était ce qu'il appréciait avec Renji, il pouvait tout faire et ne se plaignait pas. Il espérait lui confier une tâche bien plus importante très prochainement. S'il voulait rendre sa relation avec Rukia officielle il devrait prouver qu'il était un bon parti.

Il n'était pas dupe et avait bien remarqué les regards qu'ils se lançaient. Rukia faisait souvent des crochets par les bureaux et il savait que ce n'était pas que pour voir son frère ainé adoré. Mais quelque chose clochait… Il avait le sentiment qu'ils se connaissaient bien avant que Renji rejoigne leurs rangs.

Il ne saurait jamais tout.

Il s'installa à son bureau pour se remettre les chiffres en tête. Il détestait farfouiller dans ses papiers pendant les réunions. Rukia vint se pencher sur lui. La nervosité transpirait dans le moindre de ses mouvements : « Tu as pris un petit déjeuner ce matin au moins ?
- Oui… Pourquoi ?
- Les filles aimeraient savoir si tu pourrais te joindre à nous pour les vacances ? J'ai préféré ne pas leur faire de fausses joies mais elles seraient ravies de te voir.
- C'est toujours les deux premières semaines d'août ?
- Ça ne change pas.
- Hum… Je ne suis pas sûr de pouvoir venir deux semaines… Peut-être quelques jours… »

Elle leva les yeux aux ciels et fit la moue.

« Tu sais cela reste des vacances en famille assez intime alors si tu souhaites venir accompagnée…
- D'accord, rougit-elle. »

Elle avait surement envie de passer du temps avec son petit ami plutôt qu'avec ses nièces. C'était un moyen de contenter les deux.

« Tu me diras ce que tu fais. »

Elle hocha la tête. Il regarda l'heure et se releva. C'était le moment.

o~~O~~o

« Bonjour à tous, Monsieur le président si vous le voulez bien je vais donner l'ordre du jour. Nous sommes réunis aujourd'hui pour le bilan du premier semestre et faire un point sur l'arrivée de Rukia à la tête du Senbonsakura ainsi que la promotion à venir de Sôsuke Aizen. D'où sa présence aujourd'hui. »

Cela faisait bien longtemps que personne n'avait appelé Sôsuke par son nom de famille. Ce détail n'échappa à personne.

« Merci Tetsuya, reprit Sôjun. Ma sœur Yuki ici présente nous a fait part il y a quelques mois de son souhait de quitter son poste à la direction de l'hôtel de Kyoto et par la même occasion son siège au conseil. Nous avons cherché un successeur à ce poste et le nom qui a été porté pour cette promotion est celui de Sôsuke. Le conseil a voté en faveur de cette nomination à l'unanimité… »

Il y eut des applaudissements et Sôsuke se leva pour faire un petit discours de remerciement et pour dire à quel point il était honoré qu'on lui confie un poste si important. Derrière son air flatté, Byakuya le voyait jubiler.

« Le poste vous sera officiellement attribué début septembre le temps de faire les passations et mener une transition. Vous pourrez former une équipe de collaborateur pour vous accompagner si vous le souhaitez. Il vous faudra fournir les noms avant la fin de la semaine. Yuki vous accompagnera pour rencontrer le personnel et il vous faudra mettre au point le nouveau programme de développement de l'hôtel. Vous serez amené à faire beaucoup d'aller et retour durant les prochains mois alors nous tiendrons à votre disposition le manoir familial pour vous loger le temps de vous installer. »

Et que le divorce soit officialisé.

« Si je peux me permettre, avez-vous choisi un nouveau directeur commercial?
- Nous avons pensé à votre second Gin Ichimaru… À moins que vous n'ayez un autre nom à nous suggérer ?
- Non, il connait bien les dossiers et n'aura pas de problème à ce poste.
- Bien passons à la suite… »

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Rukia fut soulagée que la réunion soit terminée. Cela c'était bien passé pour elle mais elle sentait toujours des réticences à son encontre. Des regards en coin et des oncles mécontents de la voir arriver si vite dans leur cercle. Certains avaient espéré mettre leur fils à sa place mais Sôjun n'avait pas cédé la place de sa fille adorée. Sôjun et Rukia s'entendaient à merveille, ils avaient le même caractère, quoique Rukia puisse être plus explosive.

Byakuya n'avait pas eu l'occasion de passer du temps avec son père lorsqu'il était enfant. Il était arrivé à un moment très mouvementé de la carrière de son père. Il allait succéder à Ginrei et avait plus de difficulté que Byakuya pour s'intégrer. Lorsque Rukia était née, il avait eu plus de temps à lui accorder. Il avait passé son enfance auprès de son grand père Hiro. Sa mère avait une santé fragile et après la naissance de Rukia cela c'était empiré, de plus elle n'avait pas vraiment la fibre maternelle. Son grand-père avait eu six enfants et les avait élevés sans l'aide d'une nourrice. Il avait toujours un sourire doux qui contrastait avec la mine austère de Ginrei. Avec ce sourire il arrivait toujours à obtenir ce qu'il voulait, il lui arrivait de se montrer strict mais Byakuya gardait un bon souvenir de son enfance au manoir familial à Kyoto.

Ces bons souvenirs ressurgissaient à l'occasion de leurs vacances annuelles. Les filles étaient ravies de retrouver leur arrières grands-pères et leur grand-père. C'était aussi le moment de se rendre sur la tombe de sa mère.

Byakuya sut que ces vacances-là seraient différentes.

Sôsuke serait surement absent et Ichigo serait là. Les réactions de Ginrei l'inquiétaient. Il serait bon d'appeler Hiro pour qu'il le tempère un peu… Et par la même occasion sous-entendre que Rukia ne viendrait peut-être pas seule. Il lui avait tendu la perche et espérait qu'elle la saisirait. Cela devait bien faire trois ans qu'ils se tournaient autour… Il était peut-être temps d'officialiser.

Il aperçut son père en train de discuter avec Rukia, ses joues se teintaient de rouges. Il devait la féliciter avant qu'elle ne reprenne la route pour l'hôtel. Il ne vit pas Sôsuke se glisser derrière lui : « Tu ne m'as pas encore félicité, si ? »

Byakuya frémit et se tourna vers l'inopportun.

« Pour ? Ton beau petit discours ?
- Ne soit pas mesquin, sourit-il.
- Eh bien alors, félicitations pour ta promotion et ton nouveau poste.
- Je te remercie. Peut-être devrions-nous aller dans ton bureau pour parler maintenant ?
- D'accord. Je vais juste aller saluer à Rukia et mon père avant.
- Je t'attends dans ton bureau alors. »

Il le regarda partir avec son air assuré, son aura avait changé. Il se montrait plus… Conquérant. Le Conseil ne pouvait plus lui mettre de bâtons dans roues. Il avait suffisamment subi. Byakuya alla féliciter sa sœur sous l'œil attendri de leur père mais l'attention se reporta vite sur lui.

« Avec Sôsuke vous allez vivre séparément maintenant. Vous allez y réfléchir je suppose les relations à distance ce n'est pas évident… »

Son père cachait mal ses intentions. Il regardait autour de lui pour vérifier qu'il n'était pas écouté.

« Je ne suis pas sûr que nous irons jusqu'à une relation à distance.
- Vraiment ? Sursauta Rukia. Hum… Je pensais que vous vous entendiez bien, murmura-t-elle.
- Pour les affaires il n'y a pas de problème, pour le reste…
- Bien s'entendre ne suffit pas toujours, continua Sôjun. Mais au moins vous resterez en bon terme, cela sera mieux pour les filles.
- Ça va leur faire beaucoup de changement d'un coup.
- Et c'est loin d'être fini… Tu sais Byakuya je pense reporter mon départ. Elles auront besoin de t'avoir et tu seras encore plus occupé.
- Père cela fait un moment que tu prépares ton départ. J'arriverais à gérer le conseil administratif. Tu pourras passer plus temps avec tes petits enfants comme ça, sourit-il.
- Je ne suis pas pressé d'être retraité non plus, tu sais. Je te laisse réfléchir et on en reparlera une autre fois. On avisera à ce moment-là. »

Ils se saluèrent et Byakuya retourna à son bureau pour une discussion dont il connaissait le dénouement. Il savait que cela allait arriver mais il s'inquiétait de la réaction de ses filles.

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Il entra dans son bureau et demanda à Renji qu'on ne les dérange pas. Sôsuke s'était installé dans un fauteuil et patientait en feuilletant un livret, il crut voir qu'il s'agissait d'un document sur l'hôtel de Kyoto. Il ne perdait pas de temps. Byakuya s'installa à côté de lui : « Alors ? Tu souhaitais qu'on parle ?
-Nous allons devoir vivre séparé alors c'est surement le moment de parler de notre séparation.
- C'est vrai mais c'est pour les filles que je m'inquiète. Est-ce qu'on leur annonce tout de suite ou est-ce qu'on parle de ta mutation et d'ici un mois ou deux on leur parle du divorce ? Cela les préparerait un peu.
- Je ne pense pas. Si on leur dit pour ma mutation, elles vont savoir que je ne vivrais plus avec vous alors autant tout leur annoncer d'un coup. On arrache le pansement d'un coup.
- Et on leur présente comment ? Une garde exclusive et tu les vois pendant les vacances ? Pour l'été je pensais qu'elles auraient pu aller plus tôt à Kyoto au manoir ou chez toi pour que vous passiez du temps ensemble.
- Pourquoi pas… Mais je vais travailler alors… Certes elles me verraient plus. De toute manière elles vont rester dans le clan Kuchiki.
- Oui mais ce sera plus facile à digérer pour elles.
- Bien on est d'accord pour ça. Et pour le reste ?
- Le contrat stipulait la séparation de biens alors ça devrait allez vite. Je contacterais mon avocat dans la journée pour qu'il prépare une proposition. Tu as un avocat ou tu as besoin d'un peu de temps pour en trouver un ?
- Je dois avoir sa carte, je te donnerais son nom.
- D'accord je transmettrais l'information. Quand est-ce que tu veux leur annoncer ?
- Il faudra faire vite. Une fois qu'on aura déclenché la démarche, l'information risque de vite fuiter… Il vaut mieux qu'elles soient au courant avant. »

Le silence s'installa. Ils ne pensaient pas que cela serait si rapide.

« On va prendre un café tous les deux avant de reprendre le boulot ? »

Byakuya acquiesça.

C'est ainsi qu'ils avaient décidé de divorcer.