Auteur : kitsu34
Origine : Saint seiya (série originale)
Couples : Aucun ou couples variés, au gré des idées.
Disclaimer : Rien à moi dans l'univers de Saint Seiya qui appartient à son auteur. Je ne revendique que le monde de Iéranissia.
Note : un petit texte sur deux futurs chevaliers d'or faisant connaissance… A leur manière.^^
Merci à ceux/celles lisant ces petits textes un peu spéciaux et un immense remerciement empli de gratitude à celles qui ont posté une review/mis en favori : Sa-chan, Lysanea et Alaiya. Je sais que ces petits textes n'ont pas beaucoup de rapport avec STS mais plutôt avec un univers créé à partir de ce monde originel : j'apprécie donc fortement ceux/celles qui font l'effort de me rejoindre dans ce monde de Iéranissia. Humblement et infiniment merci !^^
Bonne lecture à tous^^.
Iéranissia au quotidien
Chapitre 8 – Coup de foudre ?
« Mais c'est pas vrai ! Tu vas arrêter de foutre le boxon, Angelo ? J'en ai marre de te tomber dessus !
- Bah arrête alors ! Tu te prends pour qui de toute façon ? T'es pas mon maître, Aiolos, tu me fais chier !
- Change de ton ! Je suis ton aîné, ici.
- Rien à foutre !
- Angelo ! Tu vas arrêter d'embêter tout le monde et de faire peur aux autres sous prétexte que tu es plus grand ou plus fort !
- Ah ouais ? Sinon quoi ? Tu vas me casser la gueule ? Toi ? Tu n'utilises jamais ta force ! Ça risque pas d'arriver !
- Je te flanquerai une bonne punition : je n'ai pas besoin de force pour ça !
- Sauf que tes « punitions », j'en ai rien à battre ! T'as pas encore pigé ça ?
- Mais moi, par contre, je n'ai pas peur de t'en coller une, Angelo. Et je n'hésiterai pas, si tu continues. »
Aiolos et Angelo se retournèrent d'un seul mouvement. Tout à leur dispute, ils n'avaient senti ni l'un ni l'autre arriver Saga. Aiolos se mordit les lèvres de dépit. Il venait encore de commettre une erreur d'inattention.. Décidément, il ne risquait pas de réussir l'épreuve pour obtenir son armure… Pas comme son ami, déjà chevalier d'or depuis quelques semaines.
D'ailleurs l'aura de l'armure la plus élevée du Sanctuaire était bien la seule chose qui pouvait museler la teigne italienne arrivée peu de temps auparavant sur l'île sacrée. Aiolos lança un regard peu amène sur le garçon, sombre et plein de défi, qui se tenait devant lui. Le chevalier du Cancer l'avait ramené dans ses bagages quelques semaines plus tôt, négligé et à l'état quasi sauvage, et depuis tout allait de plus en plus mal. S'il avait éprouvé tout d'abord de la compassion pour le jeune garçon, visiblement maltraité et mal nourri, sur la défensive immédiatement, comme un animal traqué, Aiolos était de plus en plus exaspéré par sa méchanceté face aux autres apprentis.
Angelo, futur chevalier d'or du Cancer apparemment, ne respectait rien ! Il répondait à son maître, volait, mentait, jurait et écrasait tous ceux qu'il croisait, y compris ceux qui se soumettaient à lui. Surtout ceux là, en fait, songea le futur Sagittaire, en observant la posture toujours revancharde mais en berne et plus prudente de l'enfant face à Saga.
Curieusement, le jeune chevalier d'or des Gémeaux, dont Aiolos connaissait parfaitement la douceur et la bienveillance malgré sa puissance, avait presque immédiatement usé de force contre le jeune garçon. A peine quelques jours après son arrivée, au petit-déjeuner, Angelo avait attaqué un apprenti plus grand que lui, ayant déjà suivi quelques années d'entraînement et destiné à une armure de bronze. Il avait alors déployé un cosmos étrange, froid et effrayant, d'une lumière blanche bleutée inquiétante, et l'adolescent face à lui avait poussé un râle affreux avant de tomber au sol, pris de convulsions.
Et au grand ébahissement d'Aiolos, Saga avait répliqué immédiatement par une salve d'énergie brutale et parfaitement localisée pour faire mal et blesser lourdement. Angelo avait voltigé jusque contre le mur du fond du réfectoire et était resté à l'infirmerie plusieurs jours avant de reprendre son entraînement avec Dante du Cancer.
D'ailleurs, ni le chevalier d'or, ni le Grand Pope n'avaient sermonné Saga, au contraire. Dante lui avait asséné une tape affectueuse sur l'épaule accompagné d'un mot « Bien ! » et avait récupéré sans douceur mais sans violence non plus, son apprenti.
Et là, vu la méfiance teintée de respect face à son ami, Aiolos se disait que peut-être Saga avait compris quelque chose à propos d'Angelo…
Soudain le regard de jade tomba sur une petite silhouette, en retrait, qui lui était jusque là dissimulée par Saga. Le futur Sagittaire manqua lâcher un cri d'étonnement, qu'il retint de justesse. Que faisait une fille sans masque dans ce dortoir ? Saga avait-il perdu l'esprit ?
La petite était vraiment très belle, en plus, avec des cheveux fins d'un blond presque argenté tellement il était clair. Aiolos avait souvent admiré la blondeur cendrée de Saga, mais cette chevelure-là n'avait rien à voir avec l'opulente chevelure d'or pâle. On aurait presque dit une chevelure de rayon de lune qui éclairait d'une lueur douce et magique un visage de poupée parfait, au teint de rose délicat, avec des yeux clairs comme un ciel d'été, étrangement ourlés de long cils noirs qui en rehaussaient l'éclat. Perdu dans sa contemplation, fermant précipitamment la bouche qu'il avait ouverte sous le coup de la surprise, Aiolos se reprit juste à temps pour apercevoir le jeune Angelo, bouche ouverte de stupéfaction, le visage émerveillé.
Visiblement la petite fille lui plaisait beaucoup et son regard bleu-noir habituellement perçant et hostile luisait d'admiration éperdue. Et c'était très drôle, en fait. Aiolos pouffa discrètement et se rapprocha de Saga qui lui adressa un sourire complice et un léger signe de tête à l'attention d'Angelo. Aiolos lui fit un clin d'oeil et ils se comprirent. Au sourire de son ami, le futur Sagittaire comprit qu'il se retenait lui aussi de rire au nez ombrageux de leur jeune futur pair.
Se tournant vers la petite, Aiolos fut surpris de constater la moue pincée et le lueur vexée et colérique du regard tendre. Apparemment la contemplation admirative d'Angelo déplaisait à la petite demoiselle… Aiolos se retourna pour envisager Angelo, toujours absorbé dans son rêve. Il se mordit intérieurement les joues. Allons, ce garçon venait d'avoir son premier coup de foudre, il n'allait quand même pas se moquer de lui… Si ?
Le futur Sagittaire se pencha sur l'épaule de Saga, histoire de masquer une hilarité de plus en plus difficile à contrôler et constata du coup la colère grandissante de la petite poupée. Ses épaules tressautèrent et entre deux hoquets de rire refoulés, il chuchota à l'oreille de Saga :
« Trop drôle, vraiment ! Mais qu'est-ce qui t'a pris de ramener une fille sans masque, si mignonne, dans le dortoir des garçons ? »
Saga, dont le sourire s'élargissait dangereusement depuis un instant, eut un tressaillement et tourna vivement la tête vers lui. Dans le regard océan stupéfait de son ami, Aiolos lut sa méprise. Mais trop tard.
La petite silhouette, d'un bond rapide et imprévu, se matérialisa soudain face à Angélo. Le visage doux de poupée se durcit en une fraction de seconde et avant que les deux adolescents n'aient eu le temps de réagir et de prévenir l'attaque, le coup partit. Net et puissant, parfaitement porté et dosé.
Angélo poussa un hurlement et se courba en deux, glissant à terre. Aiolos et Saga, et en même temps qu'eux tout le groupe de garçons qui assistaient à la scène, frémirent de compassion et déglutirent précipitamment. Certains portèrent instinctivement la main à l'endroit stratégique, en protection, et reculèrent, blêmissant.
Une voix claire, presque cristalline, s'éleva avec douceur et une certaine forme de cruauté froide.
« Bien, il y en a d'autres à qui je dois expliquer que je suis un garçon ? »
Des signes de dénégations frénétiques apparurent de tous côtés et lorsque le jeune garçon à la chevelure de lune s'avança dans la pièce, tous s'écartèrent précautionneusement, lui laissant le champ libre. Angélo, des larmes de souffrance coulant sur ses joues brunes, se redressa à demi, haletant de douleur.
« Pourquoi tu m'as frappé ? Je ne t'ai rien fait !
- Deux raisons : la première, c'est que, vu que tu sembles mener la danse ici, de cette façon j'ai acquis la crainte de tous et on ne m'ennuiera pas à l'avenir. La seconde, c'est que je n'ai pas aimé ton regard. Pas du tout. »
Aiolos sentit sa mâchoire se rouvrir d'étonnement tandis que Saga lançait un long sifflement appréciateur et lui adressait un coup d'oeil à la fois stupéfait et amusé. Aiolos l'interrogea du regard et son ami lui désigna d'un geste imperceptible Angélo abasourdi par la réponse de l'étrange garçon.
Dans le regard bleu-nuit se lisaient pêle-mêle surprise, respect, colère, admiration et autre chose, encore indistinct, mais qui se levait avec une puissance tranquille, impossible à endiguer. Quelque chose qu'Aiolos tressaillit de reconnaître. Quelque chose de familier et pourtant insaisissable, se formant et déformant au gré des émotions et des perceptions, qu'il connaissait bien sans le comprendre précisément.
« Apparemment, là, le regard d'Angelo ne semble plus déranger Aphrodite, on dirait. »
Aiolos constata la véracité des paroles de Saga. Le visage de poupée coupant s'était adouci et le regard clair rencontrait celui d'Angélo avec ce qui ressemblait presque à de la complicité. Saga poussa un soupir résigné.
« Et je te parie qu'ils vont nous en faire voir deux fois plus, ainsi. Ça va être terrible. On n'avait encore rien vu…
- Oh, arrête de te plaindre. Ils sont mignons, tu ne trouves pas ? Je n'aurais jamais cru dire ça un jour d'Angelo... »
Le ton pensif d'Aiolos surprit Saga qui interrogea à son tour son ami du regard. Les yeux de jade embrassant les deux enfants contradictoires étaient intenses et concernés. Compréhensif. Le chevalier des Gémeaux eut un frisson et retint le mouvement qu'il venait d'ébaucher, de poser la main sur le bras de son ami. Il n'était pas bien sûr d'apprécier ce qu'il pourrait lire en Aiolos, à l'instant, s'il le touchait et rencontrait un tel regard…
Mais son appréhension fut vite balayée par une parole lancée vigoureusement d'un coin du dortoir par une voix anonyme :
« Deathmask est amoureuuuuuux ! »
Cris de rage. Rugissements. Coups. Hurlements. Oreillers, couvertures, chaises et objets divers volèrent dans la pièce en un éclair. Saga et Aiolos échangèrent un soupir de défaite puis sur un sourire carnassier se précipitèrent dans la mêlée en criant également à plein poumons, à la grande horreur des Païdagogoï qui s'élancèrent prévenir Sa Majesté qu'une mutinerie venait d'éclater dans le dortoirs des apprentis.
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