Auteur : kitsu34

Origine : Saint seiya (série originale)

Couples : Aucun ou couples variés, au gré des idées.

Disclaimer : Rien à moi dans l'univers de Saint Seiya qui appartient à son auteur. Je ne revendique que le monde de Iéranissia.

Note : Un petit texte sur la façon dont sont élus les Ors à Iéranissia…

Merci à ceux/celles lisant ces petits textes un peu spéciaux et un immense remerciement empli de gratitude à celles qui ont posté une review/mis en favori. Je sais que ces petits textes n'ont pas beaucoup de rapport avec STS mais plutôt avec un univers créé à partir de ce monde originel : j'apprécie donc fortement ceux/celles qui font l'effort de me rejoindre dans ce monde de Iéranissia. Humblement et infiniment merci !^^

Bonne lecture à tous^^.

Iéranissia au quotidien

Chapitre 9 – Élection

« Hé, Iolos, tu viens ? On va s'entraîner entre nous avant que les maîtres nous récupèrent !

- Non, je ne peux pas…

- Oh, allez ! On va bien se marrer !

- Je ne peux pas, les gars, je vous dis.

- Ah oui, je vois : dès que Saga n'est plus là, on n'existe plus.

- Mais non ! Je dois récupérer Aiolia chez la nourrice…

- Oh, merde, la loose.

- Carrément... Vous me raconterez ?

- Tu pourras peut-être revenir.

- Non, je le garde jusqu'à ce que Chrysos arrive.

- Et si tu l'emmenais ?

- Oh oui ! Super idée, Iolos !

- Euh… Pourquoi pas ! Je le récupère et j'arrive !

- Ça marche ! On t'attend ?

- Non commencez sans moi, j'en ai pas pour longtemps ! »

Avec entrain, Aiolos sauta les trois marches du perron de la petite école de Rodorio et s'élança comme un chien fou, courant à perdre haleine. Pour une fois qu'il avait l'occasion de s'amuser avec les autres apprentis, il n'allait pas manquer cette chance !

Depuis l'histoire avec Thisséas et sa perte de contrôle, et surtout depuis que Sagittarius avait étendu sur lui sa lumière, les autres apprentis semblaient l'éviter. Et ça l'attristait. D'autant plus que Saga n'était pas toujours disponible pour lui tenir compagnie : Bias était très exigeant avec lui et lui donnait beaucoup de travail en plus, de leçons à apprendre, de langues étranges à savoir… Alors là, c'était vraiment l'occasion de se faire des copains !

Il dévala la petite rue pavée centrale et obliqua sur les chapeaux de roues, à angle droit, menaçant de renverser une vieille femme qui arrivait avec son panier de commissions.

« Fais attention, jeune voyou !

- Pardon Yiayia (1) !

- Ah ces apprentis ! Tu devrais avoir honte ! »

Mais Aiolos n'écoutait plus : la joie lui donnait des ailes. Enfin, après une autre bifurcation acrobatique, il arriva chez la nourrice que Chrysos avait trouvé pour Aiolia. Depuis deux ans maintenant, elle gardait le petit garçon lorsque Aiolos était à l'école et Aiolia l'adorait. Ouvrant le petit portillon d'un bleu éclatant, il passa rapidement le petit jardin au muret de pierre et le parc d'enfant vide qui se trouvait à l'ombre sous le vieil olivier, puis il poussa la porte et le rideau de perles de bois qui fermait l'entrée et pénétra dans la semi-pénombre rafraîchissante de la petite maison.

« Evguénia ? Evguénia ?

- Po po (2), Aiolos ! Mais qu'est-ce qui te prend d'arriver comme cela ?

- Je vais m'entraîner avec les autres, Evguénia ! Où est Aiolia ?

- Comment cela où il est ? Mais comme d'habitude, dans son parc sous l'olivier. »

Aiolos se figea net, si brutalement qu'Evguénia leva la tête qu'elle venait de rebaisser sur la marmite chantant doucement sur la vieille cuisinière. Devant l'expression du garçon, la vieille femme sentit la peur la saisir aux cheveux. Mais elle n'eut pas le temps de se diriger vers lui qu'Aiolos se précipitait à l'extérieur pour vérifier, l'estomac douloureusement noué, que son petit frère ne se trouvait pas dans le parc.

« Par tous les dieux ! Mais où est passé cet enfant ? Il jouait sagement et je suis rentrée à peine quelques minutes pour remuer la fassolada (3) !

- Préviens Chrysos, Evguénia !

- Mais où vas-tu Aiolos !

- On va le chercher avec les autres apprentis ! »

Rapidement, presque hors d'haleine, Aiolos retourna devant la petite école de Rodorio, un peu à l'écart du village. Le groupe d'apprentis l'attendait encore. En deux mots, Aiolos les mit au courant et ils décidèrent de se séparer pour être plus efficace. Chaque groupe partit dans une direction fouiller les ruelles de pierre et les alentours du village. Bientôt des chevaliers se joignirent à eux : Evguénia avait prévenu Chrysos qui était arrivé avec des renforts.

Plus l'heure avançait et plus l'angoisse d'Aiolos grandissait. Où pouvait se trouver son frère ? Comment un petit garçon de quatre ans avait-il pu se sauver ainsi tout seul ? C'était invraisemblable ! Pourtant Aiolos n'envisageait pas que quelqu'un ait pu enlever Aiolia. Tout le monde se connaissait au village, ou presque. Et Aiolia était sous la protection de Chrysos, un chevalier d'argent, donc sous la protection du Sanctuaire… Personne n'aurait pris le risque de faire du mal à un habitant du Sanctuaire protégé par le Grand Pope… Alors où pouvait-il être ? Ils avaient cherché partout pourtant… Partout, sauf du côté interdit et dangereux des champs phlégréens… Le poids dans son estomac se fit soudain plus lourd et malgré la chaleur étouffante de la fin d'après midi, Aiolos se sentit glacé.

Soudain, alors qu'il allait entraîner son groupe dans cette direction, une voix calme et froide s'éleva dans son dos. Avant d'avoir eu le temps de se retourner, Aiolos comprit, à la rigidité de ses camarades, qu'un personnage important venait d'apparaître.

« Toi, l'apprenti aux cheveux noirs, tu es Aiolos, c'est cela ? Viens avec moi. Et vous, allez prévenir le maître de ce garçon de se rendre immédiatement au pied de l'escalier sacré. »

Aiolos se retourna lentement, désagréablement saisi par le ton atone de la voix glacé. L'apprenti à sa droite eut un hoquet et celui à sa gauche laissa échapper un léger cri d'étonnement. Face à eux, se trouvait un homme impressionnant. Il dégageait une telle énergie qu'elle semblait les enserrer et glisser sur eux. Ce n'était pas une énergie violente ou hostile, mais elle s'imposait sans discussion, sans contestation possible.

Et c'était une énergie froide, coupante comme la glace. Aiolos cilla de stupéfaction. Il n'avait jamais ressenti un tel cosmos, si différent de ceux qu'il croisait habituellement, chargés de chaleur pour la plupart. Et la puissance de ce cosmos glacé était écrasante. Le chevalier face à eux était parfaitement maître de lui, au repos, et dégageait pourtant une force dévastatrice. C'était comme la puissance invincible de la nature que rien n'arrête et devant laquelle les hommes se sentent si petits...Comme une avalanche qui emporte tout sur son passage… Aiolos, perdu dans sa contemplation, entendit vaguement son voisin de droite murmurer quelque chose.

« Alors ils sont comme ça, les Chevaliers d'Or... »

Il leva ses yeux de jade jusqu'à rencontrer le regard de jais imperturbable et insondable. Le chevalier se détourna sans prononcer une parole ni faire un geste, certain d'être obéi de tous. Pouvait-il en être autrement ? Sans réfléchir davantage, comme si son corps bougeait tout seul, Aiolos le suivit.

Ils marchèrent un certain temps et parvinrent au pied du chemin des douze maisons, qu'Aiolos n'avait emprunté qu'une fois, le jour de son arrivée. Il passèrent en silence le premier temple, puis le second et le troisième. Sur le parvis du quatrième, ils rencontrèrent un homme, grand et élancé, avec des cheveux sombres et des yeux gris. Il dégageait lui aussi une aura d'une intensité impressionnante, mais très différente encore. Le cosmos de ce chevalier était comme un puits sans fond s'ouvrant sur le néant. C'était effrayant. Le chevalier du Cancer s'effaça et les laissa passer, sur un signe de tête de reconnaissance. Aiolos lui jeta un coup d'oeil circonspect et détourna rapidement les yeux en croisant le regard acier. Il pressa le pas et rattrapa son guide.

Ils parvinrent au cinquième temple et là, le chevalier d'or s'arrêta et se tourna vers lui. Aiolos lui lança un regard interrogatif.

« Je crois que tu le cherches, non ?

- Quoi ? De qui… Oh ! Aiolia ! »

Au centre de la grande pièce d'apparat du temple du Lion, une armure d'or en forme totem brillait de mille feux. L'aura qu'elle émettait était si lumineuse qu'elle tranchait la pénombre de la salle comme un prisme. Les jeux de lumière se faisaient, se défaisaient et ressemblaient aux vagues lumineuses que le soleil dessine dans l'eau quand il s'y reflète. La luminescence de ces variations hypnotiques baignait le temple entier de sérénité et de quiétude. Presque comme si l'armure ronronnait de satisfaction.

Et sur le dos de cette armure figurant un lion d'or, roulé en boule comme un chaton et profondément endormi, se trouvait un petit garçon blond. Son visage assoupi et confiant et ses petites mains qui enserraient le cou de la créature d'or indiquaient la complicité qui les liait, Leo et lui.

« Apparemment vous allez compter deux chevaliers d'or dans la famille. C'est rare. Bravo à vous deux. »

oOoOo

(1) Yiayia signifie grand-mère et se donne aux femmes âgées, même sans liens familiaux.

(2) Po po : oh là là !

(3) Fassolada : soupe de haricots blancs à la tomate, plat populaire traditionnel, quasiment national en Grèce.