Auteur : kitsu34

Origine : Saint seiya (série originale)

Couples : Aphrodite x Deathmask?^^

Disclaimer : Rien à moi dans l'univers de Saint Seiya qui appartient à son auteur. Je ne revendique que le monde de Iéranissia.

Note : Merci à ceux/celles lisant ces petits textes un peu spéciaux et un immense remerciement empli de gratitude à celles qui ont posté une review/mis en favori. Humblement et infiniment merci !^^

Bonne lecture à tous^^.

Iéranissia au quotidien

Chapitre 10 – Pour ma sœur

« Pourquoi je ne suis pas franchement étonné, dis-moi ! »

Aiolos poussa un profond soupir et se passa la main sur la nuque d'un air profondément las. Les paidagogoi le regardèrent d'un air concerné et l'un d'eux hocha la tête avec conviction. Le tout récent chevalier d'Or du Sagittaire croisa les bras sur sa poitrine et soupira à nouveau avant de diriger son regard sur le garçon face à lui. Il n'y arrivait pas. Et il doutait d'y parvenir un jour.

Assis en tailleur à ses pieds, les mains jointes et attachées par des liens de cuir, Angelo gonflait ses muscles autant que possible pour défaire ses attaches et grinçait des dents en jetant un regard noir effrayant aux gardes et aux paidagogoi. Il était couvert de traces de coups violents et plusieurs de ses ecchymoses saignaient abondamment. Sa lèvre ouverte et son arcade sourcilière ensanglantées, son poignet droit bleui et sa jambe gauche qui prenait une vilaine teinte violacée indiquaient clairement la violence de la bagarre. Il devait déguster à présent.

Cependant… Et Aiolos tourna le regard sur sa gauche, englobant le groupe de six apprentis roués de coups dont un pleurait, le nez cassé. Indéniablement, la teigne sicilienne du Cancer était doué au corps à corps. Il avait réussi du haut de ses neuf ans à tenir tête à un groupe d'apprentis plus âgés et plus entraînés que lui. Qui sait ce qui se serait passé si les paidagogoi et les gardes n'étaient pas intervenus ? Peut-être même aurait-il réussi à les mettre en déroute ? Quoiqu'il en soit, ce comportement n'était pas tolérable, que le gamin soit un excellent combattant ou non.

Un nouveau soupir de lassitude s'éleva dans l'air clair du petit matin.

« Donc ? Qu'as-tu à dire pour ta défense, Angelo ?

- Rien. Et c'est Deathmask pour toi et tous les autres.

- Mais enfin, tu ne les as pas attaqués sans raison quand même !

- Non. J'en avais une. Et excellente. Mais elle ne te regarde pas. Point.

- Tu te rends compte que cela na va pas arranger tes affaires de te taire sur ce point ?

- Et alors ? Depuis que je suis arrivé, t'as envie de me tomber dessus. Voilà. Te prive surtout pas.

- Angelo…

- Deathmask ! T'es sourd ou t'es demeuré ?

- Bon ça suffit comme ça ! »

Aiolos ferma les yeux et inspira profondément, plongeant à l'intérieur de lui, au sein de son énergie, canalisant et calmant sa force qui s'accentuait sous la colère. Comme à chaque fois, l'émanation de son cosmos de feu s'intensifia et le fit flamboyer un bref instant avant de s'apaiser et de dégager une chaleur douce et bienveillante, puissante et maîtrisée.

Angelo, attentif et un instant intéressé par le phénomène, lâcha un reniflement déçu et méprisant quand Aiolos rouvrit les yeux et plongea son regard de jade dans le sien. Le Sagittaire eut un troisième soupir, déçu et attristé face à la réaction du garçon. Angelo refusait de comprendre que la force n'était pas la solution à tout et ne s'exprimait que par la violence et la bagarre. Curieusement, ni Dante du Cancer, ni Saga, ni le Grand Pope n'avaient le moindre souci avec lui. A défaut d'être respectueux de leur personne, visiblement Angelo respectait leur puissance. Alors pourquoi ne montrait-il pas la même attitude avec lui ? Qu'avait-il mal fait ou mal compris à propos de ce garçon étrange et agressif ?

« Je crois qu'il n'y a rien à faire, n'est-ce pas Angelo ?

- T'es demeuré apparemment. J'abandonne.

- Comme tu voudras. Pour agression et perturbation de l'entraînement ainsi que pour manque de respect envers un chevalier d'Or, je te condamne à une semaine de cachot. Cela te fera peut-être réfléchir… Gardes, emmenez-le.

- Ouais, ouais, c'est ça. Allez les gars, à la semaine prochaine ! Tenez-vous à carreaux, sinon ça chauffera quand je sortirai !

- Deathmask ! Ferme-la !

- Oh bah voilà, t'as enfin compris !

- Dégagez-le de ma vue ! »

Les gardes encadrèrent Angelo avec ce qui ressemblait à de la crainte et se mirent en marche entraînant le jeune garçon qui grimaçait en boitant, sous la douleur de sa jambe blessée. Aiolos nota mentalement d'envoyer le docteur dans quelques heures, vérifier que les blessures ne nécessitaient pas de soins plus poussés. La souffrance et le cachot viendraient peut-être à bout de ce tempérament explosif ? On avait le droit de rêver… Il se tourna vers les autres garçons, bras croisés.

« A nous maintenant, jeune gens ! Qui peut me dire ce qui s'est passé ? »

oOoOo

Les cachots du Sanctuaire se trouvaient versant nord du mont qui portait fièrement le chemin des douze temples. Creusés à même la roche et fermés par d'antiques grilles de métal à la solidité éprouvée, ils étaient lugubres et froids et accueillaient les fautifs du quotidien. Rien à voir avec ceux qui se trouvaient dans les entrailles du palais, sous la protection des chevaliers d'Or et qui gardaient les prisonniers politiques, les traîtres et les criminels. Ceux où les gardes avaient conduit Angelo n'étaient pas si sinistres ni inexpugnables. Malgré tout, Le soleil les réchauffait à grand peine et personne n'avait jamais pu s'en échapper. On postait néanmoins toujours un garde en faction pour éviter la moindre tentative d'évasion et décourager qui que ce soit de venir en aide aux condamnés.

Angelo soupira légèrement. Il ne regrettait rien de son intervention, mais la douleur lancinante était forte. Elle provenait essentiellement de son poignet qui devait être cassé et de sa jambe. Le garçon jeta un coup d'œil critique aux marques violacées au niveau de la cheville et à la taille de l'articulation qui avait doublé de volume. Entorse grave. Déchirure ligamentaire probable. Rupture du faisceau ligamentaire ou bien arrachement osseux possible. Malgré la souffrance, le garçon eut un léger rire ironique qui fit tressaillir le garde posté devant sa cellule.

Il avait fait des progrès en anatomie a priori. Maître Dante serait sans doute satisfait… Quoique… Le vieux était difficile à cerner, d'humeur toujours égale, illisible. Rien à voir avec Aiolos. C'était si tentant de le pousser à bout. Ça marchait si bien. Un jour, il le verrait enfin complètement ce cosmos de feu flamboyant, capable de fondre les pierres. Il en rêvait depuis la description de ce que les autres lui avaient dit de l'arrivée du Sagittaire au Sanctuaire. Une telle force… Il cachait bien son jeu, ce con. Pourquoi refuser d'utiliser un tel pouvoir ? C'était vraiment incompréhensible…

Soudain l'obscurcissement de sa pauvre lumière naturelle tira Angelo de ses pensées et il se redressa à demi sur sa paillasse en grimaçant. Dans l'encadrement de sa geôle se tenait à contre jour une petite silhouette, tandis que le garde, appuyé lourdement sur sa lance était visiblement évanoui.

« Pourquoi tu es intervenu ? Et pourquoi t'as rien dit ? T'espères quoi en échange ? »

Devant la grille se tenait un jeune garçon un peu plus jeune que lui. Son visage délicat était d'une beauté troublante, légèrement féminine, impression renforcée par une longue chevelure blonde très claire, rendue opalescente par la lumière du soleil. Mais cette apparente douceur était combattue par un éclat dur étrangement présent dans les yeux d'un bleu si limpide qu'il en devenait presque transparent.

Angelo se redressa complètement et eut le geste hésitant et gêné de se passer maladroitement la main dans les cheveux. Puis il lâcha avec gravité :

« J'espère rien. Je ne l'ai pas fait pour recevoir quelque chose. Juste comme ça.

- A d'autres. Personne ne fait rien pour rien. Que veux-tu ?

- Rien, je te dis.

- Mmh, donc tu es intervenu, seul contre six gars qui me sont tombés dessus, pour me baiser sans doute, tu t'es battu, t'es pris une raclée, puis tu as menti, tenu tête à Aiolos, comme ça, juste pour le fun ou mes beaux yeux ? Je ne te crois pas. Que veux-tu ?

- Ben justement, si tu veux savoir, c'est pour ça. Pour tes beaux yeux.

- Ah, nous y voilà. Donc toi aussi tu me veux : je me disais aussi…

- Non, tu n'y es pas. Je ne veux pas te baiser ou autre chose. C'est juste… Que… Tu lui ressembles tellement… »

La voix d'Angelo s'était faite si basse sur la dernière phrase qu'Aphrodite n'était pas sûr d'avoir bien saisi. Il considéra un instant la tête brune, au teint cuivré et aux yeux perçant bleu nuit, penchée sombrement vers le sol et ses souvenirs, et le regard translucide s'adoucit légèrement. Avec une certaine considération et une vive curiosité, Aphrodite empoigna la grille et avança le visage vers les barreaux de métal jusqu'à les toucher de sa joue.

« A qui je ressemble ?

- A elle. A Bianca. Elle était tout pour moi. Ma lumière, ma gentillesse, ma beauté. Ils l'ont tuée et tout cela est parti (1). Il n'est plus resté que la force, la haine, la violence. Si seulement, elle avait eu ta force… Elle serait toujours là… Ma sœur... »

La voix d'Angelo n'était plus qu'un murmure et la souffrance et le désespoir brillaient dans le regard bleu-nuit. Une étrange lumière baignait la cellule de pierre, dessinant des ombres inquiétantes sur la paroi rocheuse. Une lumière froide et bleutée, qu'un souffle profond traversait. Mais ce rayonnement d'outre-monde n'était pas menaçant pour lui. Aphrodite se recula légèrement et expira lentement, regard translucide rivé au regard de nuit. Une délicate fragrance de fleur enivrante se leva alors et se mêla aux émanations lumineuses qui illuminaient le cachot.

« C'est la première fois qu'on me fait un si beau compliment et j'aime la beauté plus que tout. Je ne peux pas devenir ta lumière ou ta gentillesse, ce serait mentir. Mais je peux être ta beauté, si tu veux. Le veux-tu ?

- … Oui, je le veux bien.

- Alors, dans cette limite, je serai ta sœur. »

oOoOo

(1) Référence à Aphixès/Arrivées – chapitre 2 qui relate l'arrivée de Deathmask au Sanctuaire.