Auteur : kitsu34

Origine : Saint seiya (série originale)

Couples : Saga x Aiolos et Kanon x Rhadamanthe

Disclaimer : Rien à moi dans l'univers de Saint Seiya qui appartient à son auteur. Je ne revendique que le monde de Iéranissia.

Note : Merci à ceux/celles lisant ces petits textes un peu spéciaux et un immense remerciement empli de gratitude à celles qui ont posté une review/mis en favori. Humblement et infiniment merci !^^

Suite de l'anniversaire des jumeaux, à la demande de Sa-chan ^^ et essai de texte un peu plus « léger » dans l'univers de Iéranissia (quoique, est-ce que « léger » est le mot qui convient vraiment ici…?)

Bonne lecture à tous^^.

Iéranissia au quotidien

Chapitre 13 – Discussion ?

Les coups fermes frappés à la porte du troisième temple faillirent causer la destruction par Galaxian Explosion de la cabine de douche de la seconde salle de bain de la maison des Gémeaux. Surpris en train de se rincer les cheveux, Kanon lâcha la pomme et envoya un long jet d'eau brûlante dans la petite pièce. Recevant à la fois l'eau du conduit en plein visage et celui provenant de ses cheveux le long du corps, il se débattit courageusement contre la double agression et manqua s'étaler à terre en glissant sur le carrelage mouillé. Il se rattrapa de justesse au lavabo et rejeta sa lourde chevelure d'or trempée en arrière, inondant irrémédiablement son dos et le tapis de bain au passage. En râlant et en agonisant d'insultes la pomme de douche, l'eau, ses cheveux, la salle de bain et l'abruti qui venait de lui gâcher un moment de détente, enroulant rapidement une serviette autour de ses hanches et saisissant un drap de bain pour ses cheveux, il marcha d'un pas colérique jusqu'à l'entrée des appartements privés des Gémeaux, ouvrant la porte violemment, prêt à exploser.

Rhadamanthe resta interdit, la main en l'air, prêt à frapper à nouveau la lourde porte en bois sculpté. Il regarda la scène, figé, en ouvrant de grands yeux. Décidément, Kanon ne ferait jamais rien comme tout le monde…

« Ah, c'est toi… Qu'est-ce que tu fous ici ?

- Bonjour à toi également.

- Ouais, ouais, salut. Donc, tu viens faire quoi ?

- Je peux entrer ? Je n'ai pas vraiment envie de discuter dans la grande salle d'apparat d'un temple du Sanctuaire.

- Ah ouais, entre. Fais comme chez toi. »

Et Kanon, déployant le drap de bain, entreprit de sécher son opulente chevelure d'or qui gouttait sur le marbre du sol. Rhadamanthe lui emboîta le pas et ferma doucement la porte derrière lui. Suivant le maître des lieux, il jeta avidement un coup d'oeil autour de lui. C'était la première fois qu'il pénétrait les appartements de Kanon et avait un aperçu de son intimité. A son grand étonnement, le troisième temple était parfaitement rangé. D'où venait alors le bordel qui semblait accompagner chacun des pas du chevalier d'Or des Gémeaux ? La dernière fois qu'il était venu chez lui encore, il y avait mis un bazar monstre en une petite soirée à peine… Etait-ce un traitement spécial qui lui était réservé ? Il lui faudrait éclaircir ce point…

Le regard d'or circulant dans la pièce principale de l'appartement tomba naturellement sur le maître des lieux, occupé à frictionner avec soin ses cheveux. Il remonta le long des jambes déliées jusqu'à la serviette un peu lâche et mal nouée, qui menaçait dangereusement de s'ouvrir et de chuter au sol. Rhadamanthe déglutit péniblement et nota que sa température corporelle ainsi que sa respiration s'affolaient quelque peu. Il poursuivit néanmoins sa progression, remontant sur les hanches cambrées et étroites, le torse musclé et idéalement dessiné à la peau dorée. Une chaleur bien connue, pulsatile et puissante, se leva en lui. Si cela continuait, il risquait de ne plus se maîtriser, or il tenait à cette soirée et à ce qu'il voulait annoncer à Kanon.

Inspirant profondément par le nez, le juge descendit en lui-même et calma ses ardeurs. Mais lorsqu'il rouvrit les yeux, prêt pour la discussion houleuse qu'il pressentait, ce fut pire.

Kanon s'était détourné et lui présentait le dos, toujours occupé à essorer sa chevelure d'or cendrée en maugréant à propos de l'eau qu'il fallait maintenant éponger au sol. Et par tous les dieux, qu'est-ce qu'il pouvait aimer le dos et la nuque de Kanon…

Cette ligne serpentine qui débutait à la naissance de ses fesses, marquées par deux fossettes, et qui dessinait une courbe parfaite et troublante dans sa musculature jusqu'à la naissance de ses cheveux le rendait positivement fou de désir, à chaque fois. Et le souvenir affolant de certaines de ses caresses et des réactions qu'elles soulevaient en Kanon accentuait encore le torrent de lave qui circulait à présent en lui. Rhadamanthe déglutit à nouveau péniblement et tenta dérisoirement de se maîtriser encore. La discussion si importante semblait s'éloigner dans un futur nébuleux, hors de sa portée actuelle.

Ce fut le moment que choisit Kanon pour se retourner vers lui, drap de bain humide sur les épaules et chevelure d'or brillante tombant en mèche souples sur ses épaules et son visage. Les yeux d'océan s'ouvrirent davantage face au regard d'or violent et désireux et la respiration du chevalier des Gémeaux sembla se suspendre. Le regard de mer sans fond descendit lui aussi le long du corps du juge et s'arrêta à mi-chemin, s'agrandissant encore légèrement.

Et, soudain, d'un geste si rapide que Rhadamanthe n'eut pas le temps d'intervenir, Kanon fit tomber sa serviette à terre.

Le temps s'arrêta. Les pensées du second juge d'Hadès se figèrent. La faim, le désir, la chaleur et l'urgence régnèrent en lui. Avant de perdre toute humanité et de céder sans résistance à cette partie animale de lui que Kanon savait si bien éveiller, Rhadamanthe entendit un rire grave et chaud qui accéléra encore la course frénétique de son sang.

« Ah oui, voilà pourquoi tu es venu… Ça me va parfaitement, remarque… »

oOoOo

Rhadamanthe raffermit sa prise sur le corps souple et chaud qui commençait à bouger contre lui et à vouloir lui échapper. Il émit un grondement menaçant de mise en garde. Un rire moqueur lui répondit.

« Eh oh, la vouivre, lâche-moi que je me lève.

- Pourquoi ?

- Il est l'heure de bouffer, j'ai la dalle, c'est mon anniversaire et j'ai promis de le passer avec mon frangin, au palais. Je me préparais avant que tu viennes me sauter dessus.

- Je sais.

- Quoi ?

- Que c'est ton anniversaire. Joyeux anniversaire, d'ailleurs.

- Et mon cadeau ?

- Tu en veux un autre ? Je suis partant.

- Idiot ! Je ne peux pas, je vais être en retard. Saga est pointilleux sur l'heure.

- Non.

- Dis donc, je connais mon frangin mieux que toi je pense, si je dis qu'il est à cheval sur l'heure…

- Non, tu ne seras pas en retard car il ne t'attend plus.

- Hein ? Qu'est-ce que tu racontes ?

- J'arrive du palais justement. C'est lui qui m'a proposé de te rejoindre pour la soirée.

- Qu'est-ce que tu es allé faire au palais ? Tu avais une mission diplomatique dont je n'aurais pas été informé ?

- Non, c'est lui que je voulais voir.

- Comment ça ?

- Ton frère. Celui dont l'opinion compte plus que tout pour toi.

- Qu'est-ce que tu es allé lui dire ?

- Que je t'aimais et que je voulais te fréquenter ouvertement et avec sa bénédiction.

- Quoi ? Tu lui as dit quoi ? Oh putain ! Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans « mêle-toi de ce qui te regarde ! » et « je ne suis pas une donzelle dont on demande la main à son père ! » Bordel de merde !

- Kanon…

- J'ai pourtant été clair sur le sujet, il me semble !

- Kanon…

- Tu te rends compte de ce que tu viens de faire ? A quel point c'est gênant pour moi ?

- Kanon…

- J'imagine même pas comment il doit se foutre de moi, là !

- Kanon…

- En plus je parie qu'il se marre avec Aiolos en cet instant !

- Kanon ! Ferme-la !

- Oh ! Comment tu me parles !

- Mais ferme-la et laisse moi parler !

- Je…

- Ton frère m'a reçu cordialement et il m'a demandé la raison de ma venue. Je lui ai dit que je t'aimais et que je voulais que tout le monde le sache. Que dans ma longue vie, parfois, j'ai apprécié des gens mais que je n'ai jamais aimé que toi, que c'était la première fois que je faisais cette démarche de venir rencontrer la famille de mon aimé parce que tu étais le seul que je revendiquais comme mien. Et il m'a écouté, entendu et m'a donné sa bénédiction.

- Oh… Tu lui as vraiment... dit ça ? Que je suis... le seul que tu aies jamais revendiqué ?

- Absolument. Et si tu le veux, je retournerai le lui dire.

- Je…

- Je t'aime. Uniquement. Entièrement. J'aime tout de toi, même ton sale caractère, même le bordel que tu sèmes en permanence…

- Oh putain…

- Et même ta foutue manie de m'interrompre sans cesse !

-… Tu m'aimes ?

- Bordel, je dois dire quoi pour que tu me croies ?

- Rien. Ne dis plus rien. Fais. »

Et Kanon se retourna d'un seul mouvement contre lui, entre ses bras, qu'il n'avait pas desserrés sur son corps, et l'embrassa avec fougue. Rhadamanthe sourit en plein baiser, tandis que son rythme cardiaque se précipitait à nouveau.

La discussion s'était plutôt bien passée, finalement. De façon imprévue et surprenante, certes, mais avec Kanon, il en avait l'habitude, à présent.

oOoOo