Auteur : kitsu34
Origine : Saint seiya (série originale)
Couples : Saga x Aiolos et Kanon x Rhadamanthe
Disclaimer : Rien à moi dans l'univers de Saint Seiya qui appartient à son auteur. Je ne revendique que le monde de Iéranissia.
Note : Un petit instantané d'après Kato et Pano, parce qu'en ce moment de grisaille morose à tous niveaux j'avais envie d'un peu de douceur (et d'autre chose hem…)… Bonne lecture !
Iéranissia au quotidien
Chapitre 15 – Surprise !
« Très bien. Nous en avons terminé. Je clos ainsi la séance d'aujourd'hui. Merci à tous. Bonne soirée. »
Un brouhaha léger s'éleva dans l'arène de pierre, se répandant et gonflant rapidement à mesure qu'il gagnait les étages. Les hommes et femmes se levaient, s'interpellaient et quittaient les lieux en discutant par petits groupes.
Le Grand Pope se laissa discrètement aller contre le montant rigide de son trône pour délasser un instant ses muscles crispés par la lutte politique et l'étiquette. Un soupir s'échappa du masque métallique de protocole recouvrant son visage et la main du monarque, large et puissante, dorée par le soleil, fourragea dans les mèches cendrées qui s'étaient échappées de la couronne.
Saga avait totalement renoncé au casque de son prédécesseur, qui lui donnait l'impression d'étouffer et lui rappelait de trop mauvais souvenirs. S'il avait dû céder aux usages d'antan et accepter un masque, il avait libéré son opulente chevelure d'or pâle et arborait le plus souvent l'antique couronne du Grand Pope, autrefois offerte au Sanctuaire par Phidias lui-même, ciselée sur le modèle du diadème ceignant le front de la statue d'Athéna protégée par le naos du palais. Il s'agissait d'une statue rare, représentant non la déesse de la Guerre, mais celle de la sagesse, des artisans, des arts ménagers, protectrice des fileuses et tisseuses. Et Saga aimait cette Athéna-là. Infiniment. Il aimait son regard doux et bienveillant, son sourire de mère ou de grande sœur, sa posture accueillante et pleine de compréhension. Cette Athéna-là était véritablement la déesse des humains. Alors porter sa couronne était une véritable fierté.
Il se redressa avec un nouveau soupir et fit jouer ses épaules avant de rassembler ses papiers. Le silence avait gagné l'ècclèsia et il n'y avait plus personne. Une nouvelle journée de dur labeur s'achevait. Comme il se levait de son trône, un mouvement et un froissement de métal l'avertit que sa garde d'honneur se prosternait, selon le protocole. Saga retint un troisième soupir contrarié. Il avait bien tenté d'y échapper également. Mais rien à faire. Shion s'était montré intransigeant et il avait dû accepter d'être suivi comme son ombre par quatre chevaliers d'argent en permanence. Comme s'il n'était pas capable de se défendre seul… Enfin, c'était la règle…
Passant entre les quatre chevaliers agenouillés, il les entendit se relever derrière lui et lui emboîter aussitôt le pas. Il se dirigèrent en silence vers la double enceinte et le chemin des douze maisons. Peut-être parviendrait-il à se défaire d'eux au pied de l'escalier ?
Mais il n'eut pas à chercher un subterfuge. A peine parvenu au poste d'entrée de la double enceinte, le Grand Pope et son escorte furent accueilli par une silhouette élancée, couronnée de boucles sombres et une voix chaude qui fit doucement frissonner Saga dans le crépuscule qui commençait à tomber.
« Bienvenue, Votre Majesté. Merci à vous, Chevaliers, mais votre mission s'achève ici. Je prends personnellement le relais.
- Bien, Seigneur d'Or ! »
Les quatre hommes s'agenouillèrent devant Aiolos dans un ensemble parfait, avec un profond respect et se retirèrent à reculons. Le sourire sincère et l'air de dévotion sur leur visage émerveilla une fois de plus Saga. Aiolos était profondément aimé de ses hommes, qui le respectaient autant pour sa puissance que pour sa bienveillance et son sens aigu de la justice. Il avait gagné tous les coeurs depuis son retour quelques années plus tôt… Oui, vraiment tous, songea-t-il avec émotion, en regardant la silhouette sombre revenir vers lui.
Deux bras s'emparèrent de sa taille et un corps ferme se coula contre lui, tandis qu'un souffle chaud venait mourir sur ses lèvres.
« Enfin… Cette journée n'en finissait pas. Chez toi ou chez moi ?
- Ton temple est bien trop exposé, tu le sais. Tout le monde y passe ou vient te voir.
- Mmmh, est-ce que tu serais jaloux ?
- Pas du tout. Mais reconnais que tu as beaucoup trop d'amis susceptibles de débarquer à toute heure.
- C'est vrai. Chez toi alors ?
- Hors de question que les serviteurs du palais nous surprennent !
- Ce serait si grave que ça ? Tu crois vraiment qu'ils ne se doutent de rien ?
- Hors de question, je te dis. Et ce n'est pas négociable.
- Pfff, ça devient compliqué avec tes atermoiements. Où alors ? Je ne suis pas particulièrement fan des ébats en pleine nature…
- Moi non plus, ne t'inquiète pas. On n'a plus quinze ans. Viens. Je sais où. »
Et Saga, saisissant Aiolos par le bras l'entraîna rapidement dans l'escalier innombrable. Ils passèrent successivement le temple du Bélier et celui du Taureau en saluant brièvement Mû et Aldébaran et en leur indiquant qu'ils ne faisaient que passer. Et arrivés dans la grande salle d'apparat du Temple des Gémeaux, Saga fit jouer une cache dans une pierre sculptée du mur et révéla une clé.
« C'est une cachette que nous partageons, Kanon et moi, depuis que j'ai remporté l'armure. Vu qu'il n'y a qu'une clé et que nous étions deux... Comme ça, nous pouvions circuler, lui comme moi, sans que l'un d'entre nous ne reste coincé dehors.
- Dans le temple de ton foutu frangin ? T'es sérieux ? Pas question !
- Il n'est pas là.
- Tu es sûr ?
- Mais oui ! Justement, je m'en suis assuré. Je le lui ai demandé : il passe la soirée avec Rhadamanthe et reste dormir chez lui cette nuit. Il ne rentrera que demain matin. Et tard, je connais mon frère. On a toute la nuit et la matinée.
- Mais vraiment… Tu n'as pas un autre endroit ? Parce que là...
- Non Aiolos, il n'y en a pas. Maintenant, si tu n'as pas envie…
- Ne dis pas n'importe quoi ! Évidemment que j'ai envie ! J'ai tout le temps envie de toi, tu le sais.
- Alors ferme-la. Viens. Et embrasse-moi. »
La lourde porte sculptée des appartements privés du temple des Gémeaux se referma sur les deux hommes enlacés, qui s'embrassaient à pleine bouche, avidement, comme si le temps leur était compté. Leurs mains couraient sur leurs corps et dénouaient, défaisaient, déboutonnaient. Bientôt le bruit sourd du tissu froissé qui chute à terre retentit et les corps dénudés se dessinèrent dans la pénombre. Entre les baisers et les gémissements, des bruits de coups et de meubles qu'on renverse ou qu'on bouscule s'élevèrent dans la nuit, accompagnés bientôt par des cris de plus en plus sonores. Puis le calme revint.
Momentanément.
L'un des deux hommes roula sur lui-même et chevaucha son compagnon. Les mains repartirent à l'assaut du corps opposé et les bouches s'unirent, se burent puis parcoururent la peau de l'autre, laissant ici et là des marques d'appartenance. Les gémissement reprirent, les baisers avides également. Puis vinrent les à-coups et les grincements, d'une table contre un mur, cette fois. Et cette fois-ci les cris de plaisir puis de délivrance s'élevèrent en même temps, tandis que le chevaucheur s'abattait sur l'autre, épuisé.
Momentanément.
Le second homme se redressa et entraîna son amant vers le canapé. Il le poussa d'un seul coup dans le meuble et inversa les positions, s'allongeant à son tour sur lui, écartant ses longues jambes. Et le ballet reprit : baisers profonds et sonores, caresses et morsures, gémissements, puis les cris de plaisir de plus en plus forts jusqu'à la jouissance et son silence comblé.
Et soudain, la lumière s'alluma violemment. Aiolos et Saga bondirent en même temps, tournant la tête d'un seul geste vers l'entrée du couloir.
« Bordel ! J'interviens avant que vous remettiez ça, hein ! Parce que là je sens que c'est parti pour durer la nuit et ça ne va pas être possible. Je ne tiendrai jamais.
- Ka… Kanon… Mais… Qu'est-ce que… tu fais là ?
- Putain ! J'en étais sûr ! C'est un chieur, ton frère ! Ça ne pouvait que finir comme ça !
- Qu'est-ce que je fais là ? C'est la meilleure ! Je suis chez moi, là, grand frère. Dans mon temple, tu sais. C'est plutôt qu'est-ce que toi, tu fais là, à t'envoyer en l'air avec ton mec dans mon salon ! Beurk ! Rappelle moi de cramer ce canap… La table aussi, je crois... En fait, je vais bazarder tout l'ameublement, je crois. Dans le doute...
- Je veux dire : tu devais passer la nuit chez Rhadamanthe !
- Ben ouais mais il m'a gonflé, on s'est disputé et je suis rentré. Si j'avais su que c'était pour entendre ça, la vache ! J'ai cru me mater un porno, les mecs ! Vous êtes chauds ! Je l'aurais vraiment pas cru. Comme quoi...
- Kanon ! Je t'interdis de me parler sur ce ton !
- Euh, Saga, t'es pas vraiment en position de m'interdire quoique ce soit, là. T'es à poil sur mon canapé, jambes écartées, avec Aiolos dessus. Comment te dire que niveau crédibilité, c'est plus que moyen. Whahahaha !
- Kanon, je vais te faire passer l'envie de te foutre de ma gueule !
- Remets ton froc d'abord, frangin ! Et puis niveau foutre, Aiolos se débrouille très bien, on dirait.
- KANON !
- Oh là, si vous vous y mettez à deux, je décampe ! Je suis pas fou non plus.
- C'est ça, dégage, saleté de Gémeaux !
- A vos ordres, Seigneur d'Or !
- Kanon, où tu vas ?
- Je retourne chez mon mec, me faire pardonner. C'est qu'après vos exploits, j'ai envie, moi aussi ! »
Et sur un dernier éclat de rire, Kanon disparut par Another Dimension. Saga poussa un long soupir en passant la main dans ses cheveux. Il se redressa mais Aiolos sur lui le bloquait et ne semblait pas pressé de le libérer.
« Aiolos, pousse-toi.
- Non.
- Quoi ?
- Non.
- Mais…
- Mais quoi ? Je n'étais pas chaud pour le faire dans ce temple, je craignais que quelque chose comme ça n'arrive. Mais maintenant que c'est fait et qu'il est parti, autant boire la coupe jusqu'à la lie.
- Euh… ?
- Oh oui, mon amour, la nuit ne fait que commencer.
- Tu es sérieux ?
- Mais très. Il est temps de trancher cette grande question.
- Laquelle ?
- Qui, du chevalier d'or du Sagittaire ou des Gémeaux, est le plus endurant.
- Ah, je vois.
- C'est important, tu es d'accord.
- Oui. Crucial, même. »
Dans la nuit tiède, alors qu'il descendait souplement les marches ancestrales séparant le troisième temple de celui du Taureau, Kanon sentit s'opérer une fusion cosmique, non dissimulée cette fois. Un sourire étonnamment tendre et complice ourla les lèvres habituellement moqueuses du jeune homme, tandis qu'il marquait un temps d'arrêt et jetait un coup d'oeil amusé au temple massif qui s'élevait derrière lui dans l'ombre.
Tout de même, il leur en avait fallu du temps, à ces deux-là…
oOoOo
