Auteur : kitsu34

Origine Saint Seiya

Couple : Kanon x Rhadamanthe et Saga x Aiolos

Disclaimers : L'univers de Saint Seiya appartient à son créateur, Masami Kurumada. Je ne revendique que le monde de Iéranissia.

Note : un petit délire capillaire entre potes qui a donné ce petit chapitre... Hem, pas bien sérieux tout cela...

Iéranissia au quotidien

Chapitre 16 – Coiffeur

« Tu fais chier, Saga ! Tu entends !

- Vu comment tu gueules, je ne risque pas de passer à côté !

- Et arrête de me prendre de haut avec ton calme de « je vaux mieux que tout le monde » hein ! Ça ne marche pas avec moi !

- On se demande bien pourquoi ! Ton « charmant » caractère sans doute…

- PUTAIN ! Tu fais vraiment grave chier ! J'ai tellement envie de coller un pain dans ta gueule de monsieur parfait !

- Ou alors ça doit être ton élégance et ta classe naturelle…

- TA GUEULE ! Tu entends ? TA GUEULE ! Putain, déjà que je t'ai sans cesse sous les yeux, mais en plus, il faut que je supporte de t'entendre en permanence !

- C'est la meilleure, celle-là ! De nous deux, celui qui parle sans cesse à tort et à travers, je te signale que c'est toi !

- Oh bordel, Saga ! Tu ne veux pas aller voir dans un autre temple, si je n'y suis pas ? Parce que là, vraiment, ta tronche, je l'ai trop vue ! Ce temple est trop petit pour nous deux…

- Mon pauvre Kanon, tu ne risques pas d'être libéré de ma tronche, tu sais ? On a la même : dès que tu vas te regarder dans un miroir, tu vas la retrouver !

- Va crever, connard ! Et sors de chez moi ! »

La lourde porte des appartements privés du temple de Gémeaux trembla sur ses gonds et résonna longuement du choc, répercutant l'onde de choc imposée par la solide poigne du Grand Pope quittant la demeure de son frère. Dans l'escalier innombrable, les gardiens dorés soupirèrent de concert, chacun à son étage, en sentant l'affrontement gémellaire redouté s'éloigner avec le départ de Saga. Les disputes entre les jumeaux d'or étaient de plus en plus rares, il fallait bien le reconnaître, à mesure que leur harmonie initiale se restaurait, mais elles restaient malgré tout très explosives. Le caractère de chacun des frères n'aidait pas à ce que la tension redescende facilement, entre le tempérament de feu de Kanon, qui s'emportait vite et fort, et le calme mordant de Saga, qui se retranchait rapidement derrière l'ironie et le dédain… Et comme tous deux étaient d'excellents combattants, quand ils en venaient aux mains, les dégâts étaient conséquents…

Mais aujourd'hui, au moins, le pire avait été évité. Les chevaliers d'Or se gardèrent d'émettre le moindre commentaire au passage tempétueux de leur supérieur dans leurs temples successifs, choisissant tous avec circonspection et prudence de demeurer invisibles, retranchés dans leurs appartements privés, lorsque le cosmos chargé de colère de Saga les prévenait de son arrivée.

« Diavolo… Mieux vaut ne pas se pointer face à lui.

Non, tu as raison. Quand Saga s'énerve ainsi, il est préférable de le laisser se calmer seul.

- Hin ! Du moins jusqu'au neuvième temple…

C'est exactement cela. Laissons faire Aiolos, il saura comment s'y prendre.

- Mais tu as des idées drôlement mal placées, mon petit bélier…

Pas du tout ! C'est toi qui penses de drôles de choses ! Pas moi…

- Tututut ! Pas de mensonges avec moi, ça ne prend pas !

Mais pas du tout ! Je…

- Oh, mais ça me plaît beaucoup, tu sais… Que ta toison ne soit pas aussi immaculée qu'elle en ait l'air... Bon par contre, à l'étage d'en dessous, ça gronde vachement… Kanon ne se calme pas. Ce n'est pas le moment d'aller lui emprunter du sucre...

En effet… Ce n'est pas le moment…

- Tiens ? Il sort ? Où peut-il bien aller dans cet état ? Il va faire une monumentale connerie, je le sens… Mû ? Qu'y a-t-il ? Tu fais une drôle de tête ? On dirait que je t'ai forcé à avaler une tasse de mon café « pas pour les mauviettes ».

Oh non… Tu as raison, Death ! Il va faire une bêtise grosse comme lui !

- Raconte ! Qu'est-ce que t'as capté ? Oh Putain ! Quand même ! Ah oui… Euh, tu crois qu'il faut qu'on prévienne la Wyverne ?

Rhadamanthe ? Pourquoi veux-tu le prévenir ? Ça ne le regarde pas !

- Ben, un peu quand même ! Si tu voulais faire un truc dans le genre, j'apprécierais qu'on me le signale, histoire de t'en empêcher !

Ah oui ? Tu penses que tu aurais ton mot à dire en la matière ?

- Clairement. D'ailleurs, je vais te montrer comment et pourquoi. Viens là, mon agneau, que je t'explique... »

oOoOo

Le bateau aborda doucement et jeta la passerelle sur la jetée de béton, livrant le passage aux piétons et aux automobilistes qui descendaient à terre. Parmi la foule, un jeune homme de haute stature attirait l'attention de tout le monde. Sa taille autant que sa beauté intriguaient les gens dont les regards admiratifs et spéculatifs glissaient sur une silhouette harmonieuse et déliée, à la musculature puissante et élégante, aux larges épaules et à la taille bien prise et étroite. Un teint doré par le soleil, d'admirables yeux en amande, bleu foncé comme les profondeurs secrètes de l'océan, et un visage aux traits masculins parfaits complétaient le tableau. Mais le plus incroyable, qui attirait toutes les attentions, était sa chevelure blonde cendrée, épaisse et superbe, d'une longueur invraisemblable, dont les mèches d'or pâle irrégulières dansaient dans le vent marin, dessinant des arabesques féeriques.

Sous les yeux admiratifs des voyageurs et des passants des deux sexes, le beau jeune homme à l'incroyable chevelure, longea le port d'un pas martial et déterminé et s'arrêta devant la vitrine d'une boutique.

« Tu vas voir, Saga ! J'en ai marre d'avoir la même tronche que toi ! C'est fini, à présent ! »

Et il poussa la porte vitrée du coiffeur avec résolution.

La clochette indiqua aux deux employés du salon qu'un client venait de pénétrer dans la boutique et Alexandros, abandonnant momentanément le jeune garçon dont il rasait l'arrière de la tête, se retourna, sourire professionnel aux lèvres. Mais immédiatement, devant le jeune homme debout devant son comptoir, il perdit de sa superbe et pâlit légèrement. Chloé, à côté de lui, eut un sursaut étranglé et fit mine de se plonger dans une teinture très technique.

La sale lâche…

Résigné, le jeune coiffeur, s'avança vers le client.

« Bonjour, monsieur… Que… Que puis-je pour vous ? »

Peut-être voulait-il des conseils pour acheter un produit démêlant ? Ou un shampoing pour cheveux très épais ? On pouvait directement lui commander le bidon professionnel, là…

« Bonjour. Je veux une coupe. »

Il n'avait jamais eu de chance dans la vie… Sa sœur n'arrêtait pas de le lui dire… Avec un soupir étouffé, la poitrine étreinte de crainte d'entendre la réponse, Alexandros demanda :

« Très bien. Et que voulez-vous exactement comme coupe ? Quelques centimètres ou…

- Ah non ! Je veux bazarder tout ça ! »

Oh non… Gémit intérieurement le coiffeur, tout mais pas ça ! Avec une telle épaisseur, il allait y laisser sa pause déjeuner…

« Enfin, je veux pas les cheveux trop courts non plus, quand même. Quelque chose en dessous de l'omoplate, quoi. Et dégradé, hein, parce que sinon ça va faire une espèce de touffe, ça va être horrible. Et je veux ressembler à quelque chose ! Plus ressembler à mon frangin, mais pas devenir le moche des deux non plus !

- Que… Comment ça, pas trop court ? »

Quoi ? Comment ça ? Parce qu'en plus il avait les cheveux longs ? Le jeune coiffeur allait demander à son catastrophique client de se tourner pour contempler l'étendue du désastre, mais celui-ci le devança et se retourna sous ses yeux ébahis. Atterré, Alexandros contempla une cascade crantée de cheveux blond cendré d'une épaisseur incongrue, de plus d'un mètre cinquante ! L'incroyable chevelure arrivait à mi-jambe du jeune homme, pourtant plus grand que lui de près d'une tête… Il devait bien mesurer environ un mètre quatre-vingt dix… Le coiffeur n'avait jamais vu ça...

Et les cheveux d'or pâle étaient absolument magnifiques… Une chevelure rare, que les femmes du monde entier auraient rêvé de posséder. Fasciné, Alexandros avança la main.

« Je peux ?

- Pour les couper de toute façon, il va bien falloir que vous y mettiez les mains. »

Ils étaient doux et souples, comme de la soie, glissant voluptueusement dans sa main en mèches de soleil pâle et éclatant. Leur matière était lourde et épaisse, solide et résistante. Parfaite. Et le parfum de cette chevelure opulente était enivrant… Plus Alexandros la manipulait, plus la fragrance qui s'en échappait lui montait à la tête, mélange d'odeur de shampoing aux herbes et d'une senteur masculine iodée et salée.

« Bien, je m'assois où ? »

A ces mots, le coiffeur tressaillit, brutalement tiré de sa fascination hypnotique. Il resta saisi par l'implicite de cette petite phrase. S'asseoir pour couper les cheveux. Couper ces cheveux-là ? Ces cheveux magnifiques ? Si beaux, qu'il n'en avait jamais vus de tels de sa vie ? Qu'il doutait d'en revoir un jour de semblables ? Les couper ? Mais… Mais c'était hors de question ! Il ne le ferait pas !

« Je suis désolé, monsieur, mais ça ne va pas être possible.

- Quoi ? Comment ça ? Je peux attendre que vous ayez fini.

- Non, ça ne changera rien : je ne couperai pas vos cheveux.

- Pourquoi ?!

- Parce qu'ils sont beaucoup trop beaux pour l'être. Je ne veux pas être celui qui commettra ce crime.

- Quoi ? C'est la meilleure, celle-là ! Je veux qu'on me coupe les cheveux !

- Non.

- Je vous préviens que je vais attraper la paire de ciseaux là-bas et me les tailler moi-même si c'est comme ça. Vous serez bien obligé de rattraper le coup ensuite.

- Je vous en empêcherai.

- Ahahah, mon gars, désolé de te le dire, mais tu en es proprement incapable, crois-moi !

- Lui, oui, my love, mais pas moi ! Et ce coiffeur a raison : il est hors de question que je te laisse couper tes cheveux !

- Rhad' ? Mais qu'est-ce que tu fous là ?

- Apparemment j'arrive juste à temps pour t'empêcher de faire la plus grosse connerie de ta vie.

- Ça ne te regarde pas si je veux me couper les cheveux !

- Oh si. Ça ne regarde même que moi.

- Ah ouais ? Explique-moi ça, va !

- Si tu veux, Darling. Quand on fait l'amour, j'adore voir comme ils se répandent autour de toi et dessinent un écrin à ta beauté. Ils se répandent en volutes tout autour de ton corps et tu as l'air d'une œuvre d'art, ainsi couché au milieu de fils d'or.

- Euh… Hem... Donc, jeune homme, on dégage bien la nuque, c'est ça ?

- Hem… Oui… S'il vous plaît…

- Rhad' !

- Tu m'as demandé d'expliquer, j'explique.

- Oui, mais…

- Quand tu dors, après l'amour, j'aime qu'ils se répandent sur toi et te dissimulent, ou pas d'ailleurs, à mes regards. Je m'amuse à les chasser mèche après mèche, doucement pour ne pas te réveiller. J'aime accéder lentement à tes trésors cachés pour mieux te réveiller au meilleur moment quand…

- Voilàààà ! La couleur est finie ! Et pour la coupe ? Qu'est-ce qu'on fait ?

- Euh… Je… Je… Hem… Plus court ?

- Putain, Rhad'…

- Sous la douche, quand ils ne dévoilent qu'en partie ton corps nu et me donnent tellement envie de les soulever pour…

- Rhad' ! Ça va ! T'as gagné ! Je les coupe pas…

- Mais évidemment que non, my love. Allez viens, on a mieux à faire, tu ne crois pas ? »

La sonnette indiqua à Alexandros et Chloé, écarlates, penchés laborieusement sur les chevelures de leurs clients, que les deux hommes étranges venaient de quitter leur salon. Enfin !... Le coiffeur se redressa et poussa un long soupir de soulagement. Il venait d'échapper à la plus embarrassante coupe de sa carrière…

oOoOo