Un grand merci à vous pour vos commentaires et vos encouragements ! Je rappelle qu'il ne s'agit pas d'une histoire que j'ai écrite, mais bien de celle de MarauderLover7 que je traduis.
Bonne lecture et à très vite !
« Aïe ! Dudley, arrête ! » cria le plus petit des garçons qui se battaient sur la pelouse sous un grand arbre.
La femme blonde proche d'eux jeta un coup d'œil en direction du cri, se décala sur le banc du parc et baissa doucement ses yeux pâles sur le magazine qu'elle était en train de lire.
Le plus gros des garçons, Dudley, resserra sa prise dans les cheveux noirs et ébouriffés de son cousin et le secoua allègrement.
« Fais-moi arrêter », chantonna-t-il, un sourire barrant son visage tout rose.
Harry leva les yeux vers sa tante, qui s'efforçait de les ignorer, puis vers son bourreau. Il soupira et pinça le gros bras de Dudley. Son cousin se mit à brailler et le lâcha, tandis qu'Harry s'écartait et sautait sur ses pieds, prêt à ...
« Qu'est-ce que tu as fait ? » demanda sa tante, qui s'approchait précipitamment.
« Il ... Il ... Il m'a fait maaaal ! » gémit Dudley, en faisant une grimace.
La tante Pétunia examina la petite marque rouge sur son bras, y déposa un baiser et se tourna vers son neveu.
« Il m'a tiré les cheveux » se défendit Harry.
« Peut-être que s'ils n'étaient pas aussi longs, il n'aurait pas pu le faire », cria-t-elle.
Elle attrapa une poignée de cheveux entre ses doigts maigres et tira, plus fort que son fils ne l'avait fait. Des larmes – des vraies, pas des fausses comme celles de Dudley – apparurent dans les yeux de Harry.
« Ils ont besoin d'être coupés. Ce soir, je ... »
« Ma ... Maman » pleurnicha Dudley.
« Je sais, Popkin, dit-elle, en adoptant un ton bien plus doux dès qu'elle avait arrêté de parler à Harry. Allez, allons-y. »
Dudley se rapprocha d'elle, souhaitant visiblement se faire porter. La tante Pétunia préféra lui prendre la main. Elle avait depuis longtemps arrêté de le porter, expliquant qu'il était trop âgé pour ça. Harry suspectait que c'était plutôt lié au poids de son cousin, et que si Dudley n'était pas si gros, sa tante le porterait encore partout.
« Ne reviens pas avant d'avoir réfléchi à ce que tu as fait », lança-t-elle, sans se retourner.
Tandis qu'ils quittaient tous les deux l'aire de jeux, Dudley jeta un œil par-dessus son épaule et adressa un regard arrogant à Harry.
« Oui, Tante Pétunia » murmura Harry, en donnant un coup de pied dans l'herbe.
Il essuya ses larmes, retourna vers les balançoires et s'y assit, une main sur la chaîne et le pied creusant un trou dans les copeaux de bois. Il savait déjà ce qu'il avait fait de mal – il avait fait mal à Dudley – mais il était hors de question de retourner au Numéro quatre avant un moment ; il savait par expérience que dès le moment où il arriverait à la maison, il serait enfermé dans son placard pour la nuit et s'ennuyer au terrain de jeux était bien mieux que de s'ennuyer à la maison.
« Excuse-moi ? »
Harry leva les yeux, surpris de voir un grand homme – oui, c'était définitivement un homme, même s'il portait une robe – avec des cheveux noirs hirsutes, longs jusqu'aux épaules, debout devant lui. Les yeux gris de l'homme étaient à la fois distants, intenses et vaguement familiers, mais Harry ne savait pas pourquoi.
« Ce siège est pris ? » demanda l'homme avec douceur, en désignant l'autre balançoire.
Sa voix était amicale, mais rauque comme s'il ne l'avait pas utilisé pendant un moment ; cela correspondait assez avec son apparence décharnée.
« Non, répondit Harry. Vous pouvez vous asseoir là, si vous voulez. »
Il ajouta cela en voyant que l'homme ne bougeait pas. Il fixait simplement Harry, l'air à la fois heureux et triste.
« Merci » dit l'homme, en s'asseyant.
Harry hocha la tête et reprit la contemplation de ses baskets.
« Je m'appelle Patmol. »
« Harry, dit celui-ci, fronçant un peu les sourcils en relevant la tête. Est-ce que je vous connais ? »
« Peut-être, dit l'homme – Patmol – avec nonchalance. J'ai été dans les journaux récemment. »
« Oh », dit Harry.
Il avait déjà entendu ce ton auparavant – Tante Pétunia et Oncle Vernon l'utilisaient quand des gens venaient à la maison. Il ne mentait pas, mais il évitait quelque chose.
« Pourquoi ? »
Patmol fut silencieux pendant un long moment.
« Je me suis échappé de prison » admit-il, avec un sourire penaud.
Les yeux de Harry s'agrandirent. Il sauta de la balançoire, s'éloignant de l'homme étrange avec son étrange nom et ses étranges vêtements. Les yeux de Harry balayèrent les environs. Il était rapide grâce aux années d'entraînement à fuir Dudley, mais il n'était pas sûr d'être capable d'arriver à la maison avant que Patmol ne l'attrape.
« Je ne vais pas te faire de mal, Harry » dit Patmol, en tapotant la balançoire.
Harry le regarda avec méfiance.
« Je le promets, dit Patmol, en souriant et en tapotant le siège à nouveau. Je veux juste parler. »
Harry s'assit, suspicieux malgré tout.
« Pourquoi ? »
« Tu sembles être un gamin sympa. On peut peut-être être amis. »
« Amis ? » demanda Harry, les sourcils levés.
Il n'avait jamais eu d'ami avant. Dudley s'en était assuré.
« Mais vous ... La prison ... »
Il était un peu tenté de se lier d'amitié avec l'homme, simplement pour voir la tête de sa tante s'il ramenait à la maison ce criminel avec ses vêtements étranges et sales.
Patmol soupira.
« Tu as déjà eu des problèmes pour quelque chose que tu n'avais pas fait ? »
Harry hocha simplement de la tête. Ça lui arrivait tout le temps. Une fois, il fuyait Dudley et son groupe et avait fini sur le toit des cuisines de l'école. Il n'avait aucune idée de la façon dont c'était arrivé – tout ce qu'il pouvait imaginer, c'était qu'en sautant pour se cacher derrière les grosses poubelles, le vent l'avait emporté. Et la semaine passée lorsqu'il avait dû ramener le message de l'école pour informer les Dursley de l'incident avec la perruque de Mme Peterson ; aujourd'hui était le premier jour où il avait été autorisé à sortir de son placard.
« C'était comme ça. »
« Ça n'a pas aidé de leur dire que vous étiez innocent ? »
S'ils étaient comme les Dursley, c'était sûr que non.
« Je n'ai pas eu la chance de pouvoir le dire » répondit Patmol, en souriant.
Harry acquiesça.
« Et toi ? Jamais échappé de prison ? »
Harry se mit à rire et secoua la tête. Son placard était plus ou moins comme une prison, mais il ne comptait pas en parler.
« Qu'est-ce que tu aimes faire, alors ? »
« Euh ... commença Harry. Eh bien, je cuisine beaucoup. »
Il n'aimait pas particulièrement cuisiner – du moins, pas pour les Dursley – mais il préférait encore cuisiner que désherber le jardin ou aider Dudley à ranger sa deuxième chambre.
« Est-ce que tu lis ? demanda Patmol. Tu fais du sport ? »
Harry hésita. Il était toujours le dernier à être choisi pour les jeux d'équipe – la semaine dernière, Ben Forster, qui avait un bras cassé, avait été choisi avant lui – et il était toujours le premier éliminé dans les jeux comme la balle aux prisonniers, pas à cause de son manque d'adresse, mais parce que Dudley et ses copains le ciblaient toujours en premier, même s'ils étaient dans la même équipe.
« Je suppose que j'aime bien le sport, mais je n'y joue pas souvent et Dudley ne lit pas, donc on n'a pas beaucoup de livres. »
« Pourquoi ils ne t'achètent pas tes propres livres ? » demanda Patmol lentement.
Harry haussa les épaules. Patmol le dévisagea.
« Tes vêtements, dit-il finalement, en glissant une main sur son menton. Ils étaient à Dudley ? »
Harry acquiesça, en arrachant un fil pendant de son trop grand pull.
« Est-ce que tu as quelque chose qui est à toi ? »
« Il n'y a rien de mal avec les choses d'occasion » répondit-il, répétant obligeamment les mots de la Tante Pétunia.
Il recommença à donner des coups de pied dans les copeaux de bois.
« Jamais dit que c'était mal » dit Patmol rapidement.
Il resta silencieux un moment, avant de reprendre la parole.
« Si tu pouvais avoir une chose à toi – n'importe quoi – ce serait quoi ? »
Harry, à qui l'on n'avait jamais posé ce genre de questions, n'était pas sûr de sa réponse. Il prit un moment pour y réfléchir.
« Mes parents. »
Il s'en fichait de parler à un complet inconnu. Patmol le regarda avec tristesse.
« Ils sont morts dans un accident de voiture quand j'étais un bébé. »
« Un ... Un accident ? s'étrangla Patmol. Un accident de voiture ? »
« Ouais, répondit Harry. Je ne m'en souviens pas mais c'est comme ça que j'ai eu ma cicatrice. »
Il releva sa frange mais Patmol ne regarda pas, ce qui était étrange. La plupart des gens que Harry avait rencontrés semblaient fascinés par sa cicatrice, même s'il ne leur montrait pas le premier. Harry sentit qu'il aimait encore plus Patmol à ce moment-là. Lui, à part Mme Figg, était la seule personne qui ne le traitait pas soit comme une poussière, soit avec crainte. Harry n'aimait aucun de ces deux comportements.
« Un accident de voiture ? » répéta Patmol, plus fort cette fois.
Harry n'arrivait pas à qualifier son ton, mais s'il devait deviner, il aurait dit qu'il était choqué ou peut-être même furieux.
« Ils t'ont dit que c'était un accident de voiture ? »
Harry acquiesça avec appréhension ; il avait passé assez de temps avec son cousin et son oncle pour reconnaître un accès de colère. Patmol se leva soudainement.
« Tu viens ? » demanda-t-il, traversant déjà la pelouse.
Harry se leva et le suivit après un moment d'hésitation ; il s'était attendu à des cris – sans savoir pourquoi exactement – et il ne savait pas vraiment quoi faire avec cette colère froide.
« Où est-ce qu'on va ? »
« Chez toi » répondit brusquement Patmol.
« Chez ... Moi ? » répéta Harry, pour s'assurer qu'il avait entendu.
Patmol ne répondit pas ; il était en train de marmonner à propos de quelque chose comme 'Dumbledore' et 'stupides moldus', rien qui n'avait de sens pour Harry. Il marcha sans parler jusqu'à Magnolia Road – Harry courant presque pour rester à niveau – et hésita ensuite au croisement avec Magnolia Crescent.
« Par où maintenant ? » demanda-t-il.
« Je ne suis pas censé ramener des inconnus à la maison » dit Harry.
« Je connais ta tante, s'impatienta Patmol. Pétunia, c'est ça ? Grande, maigre. Mariée à Vernon, un gros type sans cou avec une horrible moustache. »
« C'est eux » dit Harry, en essayant de ne pas rire.
Il dirigea Patmol – qui était toujours en train de marmonner à propos d'accidents de voiture – dans Magnolia Crescent, par la ruelle jusqu'à Wisteria Walk puis jusqu'à Privet Drive. Arrivé là, Patmol sembla reconnaître la rue et mena Harry jusqu'à l'allée du Numéro Quatre. Il s'arrêta devant la porte et avec une expression étrangement triomphante, appuya sur la sonnette.
« James n'avait même pas de foutue voiture » grogna-t-il, en attendant.
« James ? dit Harry. Attendez, comment connaissez-vous mon ... »
« Il t'en a fallu du temps ! entendit-il la Tante Pétunia tempêter, tandis que la serrure de la porte se déverrouillait. Va t'excuser à Duddy et ensuite, tu pourras aller t'occuper de ... Oh ! »
Elle venait d'ouvrir la porte et de voir Patmol. Ses yeux pâles se plissèrent en détaillant d'abord ses vêtements inhabituels, puis son visage. La Tante Pétunia n'oubliait jamais un visage.
« Qu'est-ce que tu as fait ? » siffla-t-elle, repérant Harry qui se figea dans l'allée.
« Je ... J'ai ... » bafouilla Harry.
« Un accident de voiture ? » demanda Patmol avec douceur.
La Tante Pétunia pâlit.
« Vous lui avez dit que Lily et James étaient morts dans un accident de voiture ? »
« Rentre » cria-t-elle, désignant Harry de son doigt maigrichon. « Va dans ton ... Ta chambre. »
Ses yeux retombèrent sur Patmol.
« Cet homme, Dumbledore, avait dit que les gens de votre espèce nous laisseraient tranquille. Vous n'êtes pas bienvenu ici. »
Harry, qui marchait très lentement vers la porte, - essayant d'en entendre le plus possible – se demanda à quelle « espèce » appartenait Patmol.
« Je ne suis pas le bienvenu dans pas mal d'endroits ces temps-ci » dit Sirius, en croisant les bras.
« Rentre ! » cria la Tante Pétunia à Harry, qui venait de s'agenouiller pour faire ses lacets et gagner un peu de temps supplémentaire pour écouter.
« Ils n'avaient même pas de voiture ! » dit Patmol, en levant les mains en l'air.
« Je vais appeler la police », lui répondit-elle.
« Essayez » dit Patmol, en jouant avec un long bâton de bois – qu'il avait sorti de quelque part dans ses vêtements – entre ses longs doigts.
« Rangez ça, dit la Tante Pétunia, sa voix se mettant à trembler presque imperceptiblement. Je ne veux pas de ... De ... De ça ici. »
« De quoi ? » demanda Harry.
« Je t'ai dit de rentrer ! », hurla-t-elle.
De l'autre côté de la rue, Mme Farey, du Numéro sept, leva les yeux. Harry se hâta de rentrer dans la maison, esquivant le coup de la Tante Pétunia visant son oreille.
« Vous aussi, dit la Tante Pétunia à Patmol. Je ne discute pas de ça dehors. »
Harry se glissa dans l'entrée, puis dans son placard. Il ferma la porte derrière lui, en laissant toutefois un petit espace entrouvert où il colla son oreille.
« Et assurez-vous d'essuyer vos chaussures sur le paillasson. Vous êtes immonde. »
« Un accident de voiture ? »
Harry entendit Patmol répéter cela fortement dès que la porte d'entrée fut fermée.
« Baissez d'un ton, cria la Tante Pétunia. Oui, nous avons dit au garçon que c'était un accident de voiture. Qu'étions-nous supposés dire ? Qu'un fou les avait fait exploser ? »
La main de Harry se leva pour tracer la cicatrice en forme d'éclair sur son front. Exploser ?
« C'est exactement ce que vous auriez dû lui dire ! Il a le droit de savoir pourquoi il vit ici, le droit de savoir pourquoi ses parents sont morts ! Ils sont morts pour le sauver et vous lui avez dit que c'était un accident ?! »
Harry prit une longue inspiration et réalisa dans un sursaut qu'il avait arrêté de respirer.
« Nous n'avons pas eu le choix, dit la Tante Pétunia d'une voix glaciale. Nous voulons qu'il soit normal, comme Dudley. »
Il n'y avait aucun doute pour savoir de qui elle parlait.
« Lui raconter des histoires pareilles l'aurait amené à se demander pourquoi ils avaient été tué et nous n'aimons pas les questions. Il aurait insisté et nous aurions dû lui raconter toute cette histoire bizarre de ma sœur contre nature, de ce Rogue et de ce misérable Potter. »
« Et quel est le problème avec ça ? » demanda Patmol.
« Je ne veux pas de ça dans ma maison, répondit la Tante Pétunia, d'une voix stridente. Quand nous l'avons pris, nous avons juré de ne plus entendre parler de toutes ces étranges absurdités. Lui raconter des choses comme ça l'aurait encouragé à avoir un comportement contre nature et ... »
« Et quand il va aller à Poudlard ? demanda Patmol. Tout le monde connaît son histoire, tout le monde sauf lui, apparemment ... »
« Ça n'a pas d'importance. Il n'y va pas. »
« Il n'y va pas ?! cria Patmol, qui semblait en colère à nouveau. Par les doigts de pieds de Merlin, qu'est-ce que ça veut dire 'il n'y va pas' ?! »
« Je n'en veux pas dans ma maison », sembla conclure la Tante Pétunia.
« Vous ne pouvez décider de ça. Vous ne pouvez pas l'ignorer et espérer que ça s'en aille. »
« Ça semble marcher jusque-là, cria la Tante Pétunia. Et je vous remercie de ne pas me dire comment élever mon propre neveu. »
La réponse de Patmol fut étouffée par le bruit de la porte qui s'ouvrait.
« Bonsoir, Pétunia ch ... »
Harry entendit son oncle poursuivre.
« Qui est-ce ? »
« Je suis un ami de Lily, dit Patmol avant que la Tante Pétunia ne puisse dire quoi que ce soit. Nous nous sommes déjà rencontrés ... »
« Vous ! » rugit l'Oncle Vernon.
Harry pouvait dire, juste au son de sa voix, que son visage était déjà violet.
« Vous ! Sortez de ma maison ! »
« Je suis venu vous parler de Harry » répondit Patmol, calmement.
« Sortez ! beugla encore l'Oncle Vernon. GARÇON ! »
Harry sursauta en entendant que l'on s'adressait à lui, perdit l'équilibre et tomba hors de son placard, s'effondrant à plat ventre en plein milieu de l'entrée. Il fixa les chaussures noires et brillantes en face de lui et leva lentement les yeux jusqu'à voir le visage violet de son oncle. Je le savais, pensa-t-il, abasourdi.
« Qu'est-ce que tu as fait ?! »
« Rien » s'empressa de dire Harry, en se relevant.
« Qu'est-ce que tu lui as dit ?! » hurla l'Oncle Vernon, arrosant Harry de postillons.
Sa grosse main attrapa le col de la large chemise de Harry et le secoua.
« Assez ! » cria Patmol.
Il y eut un bang et l'Oncle Vernon relâcha Harry avec un cri, avant de se reculer, en se tenant des doigts désormais bien rouges. Harry recula d'un pas et replaça correctement ses lunettes. Patmol avait l'air en colère, mais visiblement – Harry ne le pensait pas – pas contre lui.
« Vous et votre femme, gronda-t-il à l'Oncle Vernon. Sortez. Je veux parler à Harry. »
« C'est ma maison ! cria l'Oncle Vernon, la moustache frémissante. Vous ne pouvez pas me donner d'ordres ! »
« Oh, je crois que si » grogna Patmol, en jouant avec son morceau de bois.
La Tante Pétunia et l'Oncle Vernon adressèrent un dernier regard de pure haine à Harry et Patmol, avant de quitter l'entrée pour entrer dans la cuisine.
« Est-ce que ça va ? » demanda Patmol à Harry, en rangeant le bâton dans une poche de sa robe.
« Je vais bien. »
Patmol n'eut pas l'air très convaincu, mais n'insista pas.
« Qu'as-tu entendu ? » demanda-t-il.
« Quelque chose à propos d'une voiture, mais pas grand-chose d'autre » dit Harry, en évitant le regard gris de Patmol.
« Je pouvais toujours voir quand James mentait et tu as hérité de son visage, dit Patmol sur le ton de la conversation. Qu'as-tu réellement entendu ? »
« Tout » admit Harry, penaud.
« C'est ce que je pensais, soupira Sirius, en passant une main dans ses cheveux noirs. Ça ne se passe pas du tout de la façon dont je l'avais prévu. »
C'était un murmure et il laissa échapper un nouveau soupir.
« Vous aviez prévu ça ? » demanda Harry, sceptique.
« Prévu ? Non, j'ai juste ... Ce n'était pas ... Tu étais supposé être heureux, soupira-t-il. Tu étais supposé faire des blagues à ton oncle et ta tante avec ton cousin ! Tu étais censé tout savoir sur ta mère et ton père ! Tu étais censé être excité, parce qu'il ne te restait plus que deux ans et demi avant d'entrer à Poudlard ! »
« Désolé », s'empressa de dire Harry.
« Ce n'est pas ta faute, répondit Patmol, l'air choqué. C'est la leur. »
Il désigna la porte de la cuisine du doigt, d'où Harry pouvait entendre son oncle et sa tante se disputer.
« Ils veulent que tu sois 'normal' ... De la bouse d'hippogriffe à la place du cerveau, ceux-là. »
« Hippo-quoi ? »
« Hippogriffe ... Peu importe » dit Sirius, avant de commencer à marmonner à propos de 'James', 'Lily', 'Dursley', 'Dumbledore' et 'aurors'.
« Euh ... M. Patmol ? »
Patmol cligna des yeux et se mit à rire.
« Juste Patmol, Harry. Et tu peux me tutoyer. »
« Tu connais vraiment mes parents ? »
Patmol baissa les yeux vers Harry avec un sourire triste.
« Tu ressembles beaucoup à ton père, tu sais, dit-il. Mais tu as les yeux de ta mère. »
« C'est vrai ? » demanda Harry, souhaitant en savoir plus.
Patmol acquiesça et sortit un petit miroir de sa poche.
« James Potter », dit-il doucement, avant de le tourner vers Harry.
Le miroir n'était pas du tout un miroir. Harry décida qu'il s'agissait d'une sorte de télévision de poche – bien qu'il ne sache pas comment c'était possible, puisque toutes les télévisions qu'il avait vues jusque-là étaient encombrantes – car quand il regarda, il vit son père. James Potter était un très bel homme aux cheveux noirs et en bataille avec un long nez, des yeux noisette et un sourire joyeux, amical. James fit un signe de la main et se tourna pour rire avec quelqu'un que Harry ne pouvait voir.
« Est-ce que je peux aussi voir ma mère ? »
« Ça ne marche pas comme ça, gamin », s'excusa Patmol.
Harry en fut un peu déçu, mais hocha la tête. Il avait déjà vu quelques photos de sa mère quand il avait rangé le grenier avec la Tante Pétunia, mais elle était encore plus jeune que lui sur la plupart d'entre elles.
« Ils étaient comment ? »
« Lily était ... Elle était brillante. Belle à l'intérieur et à l'extérieur et probablement la personne la plus gentille que j'ai jamais rencontrée, même si elle avait quand même un sacré caractère. James ... était drôle et courageux ... Borné aussi. Un peu bête aussi parfois, mais on l'est tous un peu, non ? Il était le meilleur ami que quiconque puisse avoir. »
« Vous étiez proches ? »
« Ils étaient ma famille » dit Patmol d'une voix rauque.
Il s'éclaircit bruyamment la gorge et resta silencieux pendant un moment. Harry attendit patiemment.
« Ton père et moi étions si proches que les gens nous prenaient pour des frères. Avec ta mère, les débuts ont été difficiles mais à la fin, elle était comme ma sœur. »
« Alors, on est de la même famille ? » demanda Harry.
Patmol se mit à sourire.
« Cousins au second degré – on a les mêmes arrière-grand-parents ; Cygnus et Violetta Black, dit-il, en avalant sa salive, l'air décidément nerveux. Je suis aussi ton parrain ... Ils – ta mère et ton père – voulaient que je m'occupe de toi si jamais ils leur arrivaient quelque chose. Mais finalement, bon, j'ai été arrêté et Dumbledore t'a amené ici. »
« Mais maintenant, tu es libre » dit Harry, en se demandant si Patmol pensait à la même chose que lui.
« Pas libre, dit Patmol. Mais je suis sorti de prison. »
Il regarda ses pieds un long moment et releva les yeux, l'air agité.
« Dans des circonstances normales, je ne demanderais jamais ça ; tu as – quoi – huit ans et demi ? Et je suis en train de me cacher des aurors et du reste du ministère, mais si tu veux ... Une autre maison ... »
« Une autre maison ? demanda Harry, sa voix montant d'une octave. Comme ... Loin des Dursley ? »
« Ce n'est pas grave si tu ne veux pas » s'empressa de dire Patmol.
« Je veux ! » s'exclama Harry, criant à moitié.
« Vraiment ? » demanda Patmol, rayonnant.
Harry hocha vigoureusement la tête.
« Tu es sûr ? Je sais pas dans quel état va être la maison, et ça pourrait être dangereux – comme je l'ai dit, il y a des gens après moi – »
« J'en ai vraiment envie » dit Harry, qui avait du mal à croire ce qu'il entendait.
Il avait toujours rêvé qu'un inconnu, peut-être un membre de sa famille éloignée, arrivait pour l'emmener avec lui et aujourd'hui, Patmol, le meilleur ami de son père, lui offrait exactement ça.
« Je n'ai aucune idée de ce qu'il faut faire avec un enfant, poursuivit Patmol. Lunard disait toujours que je ferais un père lamentable ... »
« Tu ne peux pas être pire que les Dursley » dit Harry, sans mâcher ses mots.
Patmol lui adressa un sourire triste.
« J'imagine que non, dit-il, avant de s'interrompre pour passer la main sur ses joues. Par Merlin, cette visite ne se passe vraiment pas comme je l'aurais pensé. »
« Qu'est-ce que ... »
« J'étais supposé venir te voir, admit Patmol. Peut-être faire ta connaissance. Et ensuite je serais parti me cacher le temps de trouver comment faire pour être innocenté. Après ça, je serais revenu pour te proposer la même chose que ce que je te propose maintenant. »
« Je peux aider à prouver que tu es innocent » dit Harry.
« J'apprécie le geste, Harry, dit-il en reniflant. Mais que je t'adopte va paraître très mauvais aux yeux des gens. Tout le monde va penser que je t'ai kidnappé pour te livrer à Voldemort. »
« Qui ? »
Patmol soupira.
« J'oublie toujours que tu ne sais pas, mais je n'ai pas le temps de te raconter l'histoire maintenant. Il faut que je parte avant que quelqu'un ne me voit et appelle le D.J.M. »
« Le quoi ? » interrogea Harry.
« Département de la Justice Magique » précisa Patmol, avant de lever la main pour couper court aux exclamations de Harry.
« Magique ! Tu ne peux pas dire ce mot-là ici ; l'Oncle Vernon déteste ça ! »
« Si tu viens, tu ferais mieux de faire ton sac. »
Harry ouvrit la porte de son placard.
« Est ... Est-ce que c'est un lit ? » bredouilla Patmol, scrutant l'intérieur.
Harry haussa les épaules, attrapa son sac à dos et commença à y fourrer des vêtements.
« Tu ... Ils te font dormir ici ? »
Harry haussa à nouveau les épaules, rangeant une paire de vieilles chaussettes de l'Oncle Vernon dans une poche.
« Je suis prêt » annonça-t-il quelques instants plus tard, hissant son sac sur son épaule.
Patmol fixait une araignée dans un coin du placard. Il se secoua un peu.
« Donne, laisse-moi le prendre » dit-il, en tendant la main vers le sac à dos de Harry.
Celui-ci le fixa un instant.
« Allez » s'impatienta Patmol.
Harry le lui donna avec un regard curieux. Patmol plaça le sac sur son épaule et guida Harry jusqu'à la cuisine.
Dudley était en train de jouer avec Glen, sa tortue ; la pauvre bête survolait l'assiette vide de Dudley, accompagnée de sons qui auraient plus correspondu à un navire de guerre qu'à un reptile. La Tante Pétunia n'avait pas touché à son assiette, mais n'arrêtait pas de porter son verre d'eau à sa bouche, tandis que l'Oncle Vernon – dont l'assiette était vide – tapait sur la table avec ses doigts épais. Les trois levèrent les yeux vers Harry et Patmol.
« Vous partez ? » demanda la Tante Pétunia, sur un ton hargneux, ses yeux pâles détaillant Patmol.
« Oui. »
« Il était temps » grogna l'Oncle Vernon.
« Je prends Harry avec moi. »
« Prendre le garçon ? répéta la Tante Pétunia, confuse. Où ? »
« Je vais vivre avec lui », dit Harry.
« Tu ne peux pas. »
« Je suis son parrain, s'indigna Patmol. S'il veut vivre avec moi, vous ne pouvez pas l'en empêcher. »
Les lèvres de la Tante Pétunia se pincèrent. Sa chaise crissa quand elle se leva pour quitter la pièce. Tous la regardèrent s'en aller. Elle revint trente secondes plus tard avec une nouvelle teinte de rose sur les joues et une lettre froissée qu'elle tendit à Patmol. Elle se rassit, en évitant soigneusement le regard de l'Oncle Vernon. Patmol parcourut rapidement la lettre et la lui rendit.
« Je l'emmène quand même. »
Dudley, qui était en train de tendre le cou pour essayer de lire la lettre, glissa de sa chaise. Harry dissimula son rire en toussant, en jurant qu'il avait aussi vu la bouche de son parrain frémir.
« Mais la protection ... Il ne sera pas en sécurité » dit la Tante Pétunia, en regardant Harry.
« Je peux m'en occuper » dit Patmol, en posant une main sur l'épaule de Harry.
La Tante Pétunia serra les lèvres comme si elle en doutait.
« Je suppose que je n'ai plus qu'à appeler Mme Figg pour lui dire que tu ne viendras pas demain. »
« Nous ne vous enverrons pas d'argent, déclara l'Oncle Vernon. Si vous voulez le garçon, vous pouvez payer pour lui. »
« L'argent ne sera pas un problème, leur assura Patmol, avant de baisser les yeux vers Harry. Tu veux un moment pour dire au revoir ? »
« Au revoir » dit Harry.
Du coin de l'œil, il aperçut Patmol pincer les lèvres pour s'empêcher de rire.
« Attends ... Tu vas partir ? » dit Dudley, qui s'était relevé.
« Ouais » répondit Harry.
Dudley fronça les sourcils et lui tendit une main rose.
« Salut, alors. »
Harry lui serra la main en se sentant un peu ridicule.
« Ouais, salut. Salut Glen » ajouta-t-il pour faire bonne mesure, tandis que la Tante Pétunia passait un bras autour des épaules de son fils.
« Je crois que je vais être malade, murmura Patmol, en entendant les compliments émus de la Tante Pétunia sur les bonnes manières de Dudley. T'es prêt, gamin ? »
Harry sourit et acquiesça. Ils quittèrent tous les deux la cuisine, suivis par l'Oncle Vernon qui chantonnait dans sa moustache et avait l'air prêt à danser de joie à tout moment. Tandis qu'ils traversaient l'entrée, Harry jeta un dernier coup d'œil à son placard et sourit légèrement. Patmol suivit son regard.
« Tu es sûr que c'est tout ? » demanda-t-il, en tapotant le sac à dos de Harry.
« A peu près » dit Harry, tout sourire.
Il quittait Privet Drive ! Ça arrivait enfin ! Il adressa un regard rapide à son oncle qui venait d'ouvrir la porte d'entrée, l'air le plus joyeux qu'Harry ne l'avait jamais vu. Harry suivit Patmol dehors et se tourna, à la recherche de quelque chose à dire ; mais que dire à la fin de sept ans et demi d'aversion mutuelle ? Merci, peut-être ... ? pensa Harry. Mais pour quoi ? A peine Harry avait-il ouvert la bouche pour dire « au revoir » à nouveau que l'Oncle Vernon claquait la porte. Eh bien, ça facilite les choses.
« Abruti, marmonna Patmol, en adressant un regard noir au Numéro Quatre. Enfin, c'est plus notre problème maintenant. »
Harry regarda une dernière fois le Numéro Quatre avant de suivre Patmol dans l'allée parfaite du jardin parfait de sa tante.
« Tu as faim ou ça peut attendre ? »
« Je peux attendre » répondit Harry, en haussant les épaules.
« Excellent, soupira-t-il bruyamment. Je pensais pas avoir à m'en inquiéter, mais tu es là maintenant ... Je pense qu'on va devoir passer par Gringotts avant de faire quoi que ce soit d'autre. L'accès à l'argent va être plus sécurisé quand ils vont réaliser que t'es avec moi ... Mais comment y aller ... ? »
« Aller où ? »
« Londres, dit Patmol, avec un sourire éclairant son visage fin. Au Chemin de Traverse, plus exactement. »
