Salut à tous ! Sachez d'abord que je vous remercie beaucoup (encore et toujours) pour vos encouragements et vos avis ! Je ne prends pas toujours le temps de répondre, mais je lis tout et c'est vraiment top ! Je vous souhaite une bonne lecture et je vous souhaite à tous une très très belle année 2019, au passage !


Il faisait froid et il y avait toujours du vent à Azkaban, pensa Drago, maussade, tandis qu'il essayait en vain de maintenir ses cheveux plaqués sur sa tête. Lui, Mère et Hydrus s'écartèrent de la clé rouillée, leur Portoloin, et se dirigèrent vers le petit chemin de pierre qui s'enroulait sur le bord de la falaise.

En haut de ce chemin, il y avait une grosse et vieille arche qui marquait l'entrée de la prison – Drago avait été intimidé la première fois qu'il était venu, mais cela faisait un moment qu'elle ne lui faisait plus peur du tout – avant que le chemin ne se sépare en trois.

La voie de gauche emmenait vers des rangées de cellules, où Drago n'avait encore jamais été ; Mère ne le laissait jamais y aller et Hydrus n'en avait jamais exprimé l'envie. Le chemin de droite menait jusqu'à la salle des gardiens où Mère expliquait qu'ils gardaient les affaires des détenus – Drago n'y avait jamais été non plus – et le chemin du milieu menait jusqu'à un grand bâtiment de pierre grise.

De chaque côté de l'entrée, il y avait des Détraqueurs. Ils étaient la seule chose à Azkaban qui n'était pas grise, ils portaient de larges robes noires avec une capuche et Drago se sentait affreusement glacé malgré les nombreuses couches de vêtements qu'il portait.

L'intérieur du bâtiment était également gris, mais ce n'était pas aussi venteux et les Détraqueurs n'y étaient pas autorisés. Drago appréciait beaucoup plus cet endroit. Il y avait une grande et vieille porte qui menait au reste du bâtiment, mais Drago savait de ses précédentes visites qu'ils ne pouvaient y entrer qu'avec l'accord et la présence des gardiens.

Mère sonna à une petite cloche qui pendait près d'une lampe et ils attendirent – Hydrus frissonnant et resserrant de façon compulsive sa cape de voyage, Mère regardant ses ongles puis ses cheveux et Drago essayant de copier Mère en regardant ses propres ongles – jusqu'à ce que des bruits de pas s'approchent et qu'un grand gardien blond apparaisse de l'autre côté. Sa robe était aussi noire que celle des Détraqueurs.

« Bonjour. » dit-il.

Mère pinça un peu les lèvres.

« Je m'attendais à voir Ernest. »

« Il ne se sentait pas bien, répondit le garde. Il est retourné chez lui, il y a une heure. Vous êtes là pour qui ? »

« Ma sœur. Madame Lestrange. » dit Mère.

« Laissez-moi attraper ma cape, j'arrive. » dit-il.

« Vous arrivez ? » demanda Mère.

« Pour vous amener à sa cellule. » répliqua le garde, confus.

L'expression de Mère s'assombrit légèrement.

« Ernest ne vous a pas parlé de la procédure de visite ? »

« La procédure de visite ? »

« Ernest autorise Bellatrix et moi-même à nous retrouver dans l'un des parloirs. »

Le garde fronça les sourcils.

« Ce n'est pas la politique de la prison, Mrs- »

« Malefoy. » répondit Mère, en arquant un sourcil.

Le gardien pâlit légèrement, mais reprit la parole.

« Mrs Malefoy, nous n'autorisons pas les prisonniers à sortir de leur cellule. Vous êtes plus que la bienvenue pour rendre visite à votre sœur mais- »

« Et qu'en est-il de mes fils ? » demanda Mère.

Le gardien fronça les sourcils en regardant Drago et Hydrus, comme s'il avait oublié qu'ils étaient là. Drago fronça les sourcils à son tour.

« Êtes-vous en train de suggérer que je devrais les exposer aux autres prisonniers ? Aux Détraqueurs ? »

Le gardien laissa échapper un souffle bruyant.

« Putain. » dit-il.

« Surveillez votre langage à côté de mes enfants. » lança Mère, froidement.

« Désolé. Écoutez, puisque vous avez vos enfants, je vais faire une exception, mais juste cette fois, et juste parce que c'est Pâques. »

Mère sourit poliment et il les laissa passer la porte et aller plus loin dans le bâtiment. Il dit quelque chose à un autre des gardes – plusieurs d'entre eux étaient assis autour d'une large table et jouaient à la bataille explosive, ce que Mère regarda avec dégoût – et se retourna vers eux, avant de prendre la parole.

« Jordan et Carrow vont aller la chercher. »

« Alecto. » dit Mère, l'air surprise, tandis qu'une des gardes se levait – une femme, remarqua Drago, et une moche en plus.

« Mrs Malefoy. » répondit la femme, en hochant la tête.

Elle suivit l'autre garde, un homme à la peau sombre, par la porte.

« Suivez-moi, demanda leur garde. Le parloir quatre est libre. »

« Merci, répondit Mère, avant de se tourner vers Hydrus et Drago. Dépêchez-vous. »

« Je n'ai même pas envie de voir Tante Bella. » marmonna Hydrus.

Drago leva les yeux pour s'assurer que Mère n'écoutait pas et prit la parole.

« Moi non plus. »

Tante Bella, pour le dire simplement, était folle, et franchement effrayante.

Le gardien déverrouilla une porte d'un coup de baguette et les laissa entrer. Mère prit place sur la seule chaise de la pièce et recommença à regarder ses ongles.

« Où sommes-nous supposés nous asseoir ? » demanda Hydrus au gardien.

Celui-ci les regarda d'un air stupide avant de marmonner quelque chose à propos de chaises. Il quitta la pièce.

« Pas très intelligent celui-là, pas vrai ? » dit Drago.

Hydrus ricana.

« Je veux dire, quel intérêt d'être un sorcier si tu n'utilises jamais ta baguette ? »

« Sûrement un Sang-de-Bourbe. » dit Mère, avec dédain.

Ils patientèrent en silence et finalement, la porte s'ouvrit et la femme que Mère avait salué entra, suivie par Tante Bella. Tante Bella était une grande femme avec des cheveux noirs emmêlés, des yeux sombres et une mâchoire lourde.

La manche gauche de sa robe de détenu était déchirée – comme toujours – pour mettre en évidence sa marque des ténèbres. Quand les gardiens apparurent décidés à rester, Mère croisa les bras, affichant un air qui énervait même Père.

« N'avons-nous pas droit à notre intimité ? » demanda-t-elle, en arquant un sourcil d'une manière que Drago était encore incapable d'imiter.

Le gardien fronça les sourcils en la regardant.

« Ce n'est pas sûr- »

« Il s'agit de ma sœur. » répliqua Mère, incrédule.

Les gardes hésitèrent, visiblement mal à l'aise.

« J'ai ma baguette. » dit-elle en leur adressant un regard assuré.

Ils finirent par sortir et Mère lança un Assurdiato dès que la porte se referma, avant de ranger sa baguette dans sa poche et d'étreindre Tante Bella.

Hydrus l'imita puis Drago – qui remarqua qu'elle sentait les pierres, la transpiration et la mort – avant qu'ils ne s'assoient.

« Tu ressembles de plus en plus à ton père à chaque fois que je te vois. » dit Tante Bella, en regardant entre eux deux.

Ils échangèrent un regard incertain.

« Merci, Tante Bella. » répondit finalement Hydrus.

« Un bel homme, ton père, dit Tante Bella, en traversant la pièce pour regarder Hydrus de plus près. Il ne sert pas à grand-chose d'autre malheureusement, mais Cissy a toujours préféré l'aspect à l'utilité. »

« Assez. » dit Mère sur un ton sec.

Tante Bella prit le visage de Hydrus entre son pouce et son maigre index et le tourna pour mieux le voir.

« Tu as les yeux de ta mère, dit-elle, en le détaillant. Et son nez. Je n'ai jamais réussi à remonter le mien de la même façon qu'elle. »

« Bella. » la prévint Mère.

« Du calme, Cissy. » dit Tante Bella, en relâchant Hydrus, avant de se tourner vers Drago.

Celui-ci s'immobilisa.

« Je suis juste en train de refaire connaissance avec les visages de mes neveux. Les Détraqueurs sont mauvais pour la mémoire, tu sais. »

Elle lâcha un petit rire fou et attrapa le visage de Drago, ses ongles négligés s'enfonçant dans ses joues. Il se jura de prendre un bain dès le moment où il rentrerait à la maison.

« Tu ressembles aussi à Papa. » dit-elle.

Drago lui adressa un petit sourire, pas sûr de savoir quoi dire.

« Avec le sourire de Maman ! s'exclama Tante Bella. Je suppose que ton sourire est aussi rare que le sien ... »

Elle fit un petit bruit et ses yeux noirs rencontrèrent les yeux gris de Drago.

« Tu sais, ceux-là pourraient presque être des yeux de Black. »

« Des yeux de Black ? » tenta Drago, tandis que Tante Bella le lâchait.

« Mes yeux. »

Les yeux de Tante Bella étaient d'un gris délavé, mort. Drago frissonna et espéra fortement que non.

« Les yeux de Regulus, mais tu ne te souviens sans doute pas de lui. Je ne crois pas que vous ayez jamais rencontré Andy ou Sirius ? »

Drago et Hydrus secouèrent tous les deux la tête.

« Ils ont au moins un peu d'amour-propre. » commenta Tante Bella.

« Bien sûr. »

« Comment va Andy ? Toujours mariée ? »

« Je ne saurais dire. » répondit Mère.

« Tu es allée à son mariage, n'est-ce pas ? »

Les joues de Mère se mirent à rosir.

« C'était il y a des années, Bella. »

« Mais tu y as quand même été. »

« Je voulais voir si elle était heureuse. » répondit Mère, en regardant ses mains.

« Si épouser un Sang-de-Bourbe est le prix du bonheur, je préférerai encore être misérable, répondit Tante Bella. Je suppose que ça n'a plus d'importance si Andy est heureuse ou non, désormais.»

Mère ne répondit pas.

« Et Sirius ? poursuivit Tante Bella. Il a été attrapé ? »

« Non, mais il va déraper, et quand il le fera, Lucius- »

« Il va déraper ? ricana Tante Bella. Notre petit cousin si rusé ? »

« Eh bien, oui, il est fou- »

« Fou ? demanda Tante Bella. Oh, non, il n'est pas fou. Il n'y avait qu'une cellule d'écart entre la mienne et la sienne pendant trois ans, tu te souviens ? Tous les autres criaient la nuit, mais aucun son ne sortait jamais de sa cellule, à l'exception d'un nom qu'il murmurait dans son sommeil, mais il n'y avait rien de fou là-dedans, je te l'assure. Ils ont dû le déplacer dans une autre cellule, une avec plus d'expositions aux Détraqueurs, et même là ... »

« Ils disent qu'il servait le seigneur des ténèbres. » murmura Mère.

Tante Bella renifla.

« Lui ? demanda-t-elle, avec dérision. Non, Cissy. Je ne sais pas ce qui est arrivé avec les Potter, mais ce n'était pas l'œuvre de notre cher cousin. »

Mère regarda ses mains, qui étaient serrées contre ses genoux. Tante Bella resta debout.

« Y'a t-il des nouvelles ? » demanda-t-elle, après une petite pause.

Sa voix n'était plus qu'un souffle surexcité.

« Rien. » répondit Mère.

Le visage de Tante Bella s'affaissa légèrement.

« Il est en vie, Cissy. Je sais qu'il l'est. »

« Tu l'as déjà dit. » dit-elle, avec douceur.

« Et pourtant, tu ne me crois toujours pas ! Pourquoi ne me crois-tu pas, Cissy- » demanda Tante Bella, sur un ton plaintif.

« Il n'y a pas de preuve. » répondit sèchement Mère.

« As-tu cherché ? »

« Cherché quoi, Bella ? » demanda Mère.

« N'importe quoi. »

« Il n'y a rien, dit Mère. Pas même des rumeurs qui suggèrent qu'il vit. S'il y en avait, Lucius aurait arrêté de- »

« Lucius. » se moqua Tante Bella, en ouvrant la bouche à nouveau.

Mère fut plus rapide.

« Ne t'avise pas d'insulter mon mari ! » cria Mère.

Drago manqua de sourire ; à chaque fois que Père disait quelque chose d'impoli à propos de Tante Bella, Mère la défendait avec la même vigueur.

« Et pourquoi pas ? demanda Tante Bella. Qu'a-t-il fait, Cissy, pour notre Maître ? »

« Ton Maître. » répondit doucement Mère.

« Excuse-moi ?! »

« J'ai dit qu'il était ton Maître, Bella, pas le mien, répondit Mère, avec force. Je n'ai jamais pris la marque. »

« Mais- mais tu veux son retour, n'est-ce pas ? » demanda Tante Bella.

Soudainement, elle sembla être la petite sœur, même si Drago savait qu'elle avait un an de plus que Mère.

« Bien sûr que je le souhaite. » répondit Mère, en se levant tout à coup.

Elle commença à faire les cent pas. Drago et Hydrus échangèrent un regard, ne l'ayant jamais vu si agitée.

« Mais réfléchis, Bella ! Le nom de Malefoy a toujours suscité le respect dans la communauté magique et aujourd'hui, à un niveau sans précédent. Lucius a du pouvoir sur les imbéciles du Ministère et est parfaitement placé pour entendre la moindre information concernant le seigneur des ténèbres. S'il était pris à le servir – qu'il soit vivant ou non – il perdrait tout. »

« Le seigneur des ténèbres récompense ceux qui lui sont dévoués- »

« En ce moment, il n'y a pas de seigneur des ténèbres ! s'écria Mère, en s'arrêtant en face de Tante Bella. Et tant qu'il n'y en a pas, tant que nous ne pouvons pas en être certain, je ne vais pas jeter tout ce pour quoi nous avons travaillé si dur, et mentit si souvent ! »

Tante Bella donna l'impression d'avoir reçu une gifle. Elle s'assit sur le siège vide et Mère se rassit également.

« Comment va Rodolphus ? » demanda Mère, après un silence tendu.

« Toujours dans la cellule collée à la mienne. » répondit Tante Bella avec dédain.

« Et Rabastan ? »

Elle haussa nonchalamment les épaules.

« Je ne peux pas dire. »

« Et toi ? » demanda Mère.

Tante Bella haussa à nouveau les épaules.

« Tiens. » dit Mère, en tendant sa baguette à Tante Bella.

Tante Bella la prit en main, une expression d'apaisement sur le visage. Elle l'agita et quelques lumières colorées et brillantes en émergèrent.

« Ma magie m'avait manqué. » murmura-t-elle, en essayant d'attraper l'une des lumières avec la main.

Elle agita à nouveau la baguette de Mère et les lumières disparurent. Elle sembla hésiter un moment, mais finit par rendre la baguette.

« Merci. »

Mère inclina la tête, tandis qu'elle la glissait dans sa poche. Tante Bella soupira bruyamment et reprit la parole.

« Et merci pour ça aussi, Cissy. »

Mère regarda tout autour du parloir et inclina à nouveau la tête.

« Je déteste toujours de te savoir enfermée ici, Bella, tu le sais. Tout ce que je peux faire pour te faciliter- »

« Ce n'est pas supposé être facile, répondit Tante Bella. C'est un sacrifice, Cissy, et il saura ce que j'ai donné pour lui, que je suis sa plus loyale, plus fervente- »

Mère sauta sur ses pieds et attrapa les mains de Tante Bella.

« Je sais qu'il le saura, dit-elle doucement. J'espère juste que ça en vaut le coût. »


Harry tendit un morceau de bacon. La chouette – lui et Patmol l'avaient nommé Hedwige – l'accepta avec un hululement et le laissa détacher la Gazette du Sorcier de sa patte. Harry déroula le journal et balaya la première page du regard, caressant la chouette de son autre main ; elle était toujours un peu sombre, mais sa tête était maintenant plus blanche que grise.

Ses yeux s'écarquillèrent et Hedwige hulula de manière indignée quand les caresses s'arrêtèrent.

« Apparemment, je suis mort. » dit Harry, en direction du sac de couchage remuant – Patmol, en d'autres termes.

« Oh ? » fit la voix endormie de Patmol, qui essayait de se recoiffer.

« Demain matin, ils font une commémoration pour moi, sur le Chemin de Traverse. »

« On est le combien aujourd'hui ? »

« Le seize. » répondit Harry, en vérifiant sur le journal.

« Exactement deux mois, souffla Patmol. Ça veut dire qu'ils ont arrêté de chercher ? »

« Non, Lucius Malefoy recrute encore en page trois. Il paye pour toute information et offre un million de gallions à celui qui nous trouvera. »

« Fumier. Maintenant, on va aussi avoir tous les criminels à nos trousses. »

Harry soupira et tourna la page.

« Oh, attends, je peux pas être mort ; ça dit que nous étions au match des Canons hier soir. »

« Ooh ! Qui a gagné ? »

« Pas les Canons. » s'excusa Harry.

« Bon sang. » déclara Patmol, l'air absolument pas surpris.

Il bâilla à nouveau et tituba en rejoignant Harry à table.

« Qu'est-ce qu'il y a pour le petit-déj' ? »

« J'ai fait du bacon et des œufs. » dit Harry.

« Je prendrais bien des œufs. » avoua Patmol, en regardant l'assiette à moitié pleine de Harry.

Harry protégea son petit-déjeuner avec un bras et utilisa l'autre pour montrer la cuisinière.

« Va chercher le tien. »

Hedwige déroba un morceau de bacon dans son assiette, claqua le bac et s'envola pour aller se percher sur la cheminée. Patmol éclata de rire.

« Tu veux du thé ou du jus de fruit ou autre chose ? »

« Du jus de fruit, c'est bien. » répondit Harry, avec espoir.

Patmol agita sa baguette et une bouteille de jus de fruit s'échappa du cellier pour atterrir devant Harry. Des verres sortirent du placard et la suivirent une demi-seconde après.

« Merci, répondit Harry, en se servant un verre. Tu en veux aussi ? »

« Oui, merci. » répondit Patmol, la bouche pleine.

Il avait trouvé une fourchette et était en train de manger directement dans la poêle. Harry avala un peu de jus et tourna la page.

« La Ministre va partir plus tôt en retraite. » annonça Harry.

Patmol s'approcha pour lire par-dessus son épaule.

« A la fin du mois, murmura Patmol. Je parie qu'ils adorent ça au Ministère ; ils vont juste avoir un peu plus d'une semaine pour choisir un successeur. »

Il grimaça.

« La Gazette du Sorcier doit revoir ses priorités. La Ministre prend sa retraite et la une nous est encore dédiée. La pauvre Bagnold a été reléguée en page sept et n'a même pas une photo pour la remercier de ses neuf années de travail. »

« C'était une bonne ministre ? »

« Aussi bonne qu'elle puisse être. Cornelius Fudge va être ridicule. »

« Qui ? »

« C'est celui qui va être le prochain d'après le journal, dit Patmol, en grimaçant alors qu'il montrait l'article. C'est entre lui ou Dumbledore, et Dumbledore ne prendra pas le poste. »

« Tu connais Fudge ? »

« Je l'ai connu. Il était au Département des accidents et catastrophes magiques quand James et moi étions en formation d'Auror. Un type assez sympa, mais il est ... Je ne sais pas ... juste ... Je ne l'aurais pas choisi. »

« Tu penses que ça devrait être qui, alors ? » demanda Harry, en piquant les derniers morceaux d'œufs avec sa fourchette.

Patmol réfléchit un moment.

« Tout ce que je sais du Ministère actuellement, c'est ce qui a été dans les journaux ces trois dernières semaines, prévint-il. Mais j'aurais dit soit Kingsley Shacklebolt – c'est un Auror et un ancien membre de l'Ordre – soit Amélia Bones ... Ils ne seront jamais choisis, pourtant. »

« Pourquoi pas ? »

« Trop jeunes. Kingsley a quelques années de plus que moi. Il a été diplômé à la fin de ma troisième- attends, non, il était avec Gid et Fab ... Fin de ma quatrième année, rectifia-t-il. Il a passé quelques années à voyager avant de revenir. On était en formation d'Auror ensemble. Amélia était un an après nous ... Elle était avec Marlène, Frank et Alice. »

« D'autres membres de l'Ordre ? » demanda Harry.

Patmol acquiesça. Harry ouvrit la bouche pour demander de leurs nouvelles, mais d'après l'air sinistre sur le visage de Patmol, ça ne semblait plus être une si bonne idée. Il prit une nouvelle gorgée de jus de fruit à la place.

Ils montèrent tous les deux à l'étage (après qu'Harry ait persuadé Kreattur de faire la vaisselle) dans ce qui avait été la salle à manger. Patmol avait rétréci la table et les chaises et les avait rangé dans l'armoire pour les garder en sécurité, dégageant de l'espace au sol. Il avait aussi ajouté un sortilège de Coussinage aux murs, aux fenêtres, au sol et au plafond, de façon à absorber chacun des sorts qu'ils allaient lancer.

Dans l'un des coins se trouvaient un chaudron et une bibliothèque, remplie d'ingrédients et de différents livres de sortilèges et de potions. Harry espéra qu'il allait utiliser sa baguette aujourd'hui ; depuis une semaine qu'il avait sa baguette, Patmol lui avait donné moins de leçons d'histoire et de potions et avait essayé de lui apprendre des sorts basiques et les théories qui s'y référaient. Il pensa, un peu abattu, qu'il devait avoir pris du retard sur les leçons les moins intéressantes.

Pourtant, Patmol prit la parole.

« Tu peux me faire un peu de lumière avec ta baguette ? »

Harry leva sa baguette ; c'était le premier sort que Patmol lui avait appris et il était maintenant convaincu de savoir l'utiliser.

« Lumos. » dit-il.

Un éclat de lumière apparut, illuminant la pièce d'un blanc aveuglant. Harry sursauta.

« Nox ! »

La lumière disparut et les lampes sur les murs s'éteignirent. Patmol ralluma les lampes avec sa baguette.

« Pas mal, dit-il. Essaye en contrôlant davantage. Moins de lumière, et arrête-toi là. »

Harry acquiesça.

« Lumos. » dit-il à nouveau.

« Éteins-la. » glapit Patmol, en se couvrant les yeux.

« Désolé, désolé ! »

La lumière de la baguette diminua doucement jusqu'à n'émettre plus qu'un bel éclat blanc.

« Mieux, approuva Patmol. Maintenant, essaye de l'éteindre sans éteindre les lampes. »

Harry sourit d'un air penaud.

« Nox. » dit-il.

La lumière disparut.

« Excellent, dit Patmol. Tu arrives à sentir la différence ? »

« Euh ... Non, dit Harry. Mais je peux la voir. »

Patmol se mit à rire.

« Pas faux. Il y a un autre sort – Reparo- »

« Pour réparer ? »

Patmol l'avait lancé tellement de fois depuis qu'ils avaient emménagé que Harry était presque sûr qu'il pourrait imiter l'incantation et le mouvement de baguette à la perfection.

« Tu l'as essayé ? »

Harry secoua la tête.

« Alors, vas-y. »

« Il n'y a rien à réparer ici. »

« N'importe quoi, dit Patmol, en regardant rapidement autour de lui. Diffindo. »

Les rideaux se déchirèrent et tombèrent dans un petit nuage de poussière.

« Répare ça. » dit Patmol, tandis que Harry riait.

« Reparo. » tenta Harry.

Il y eut un autre nuage de poussière, mais rien de plus.

« Dis-le en le pensant, lui dit Patmol. Tu ne demandes pas à la magie d'agir. Tu lui dis d'agir. »

« Reparo. » dit Harry.

Les rideaux se raccrochèrent de nouveau, mais il y avait une large ligne – comme une cicatrice – là où ils avaient été coupés.

« Pas mal. » commenta Patmol.

Il déchira les rideaux de nouveau et demanda à Harry d'essayer jusqu'à ce qu'il y parvienne réellement, même s'il restait une trace.

« On s'intéressera à la théorie plus tard. » lui dit Patmol, imperturbable.

Il resta silencieux un moment, se décidant apparemment sur ce qu'il fallait ensuite enseigner à Harry.

« Tu as déjà entendu Finite Incantatem ? »

« Ce n'est pas ça que tu as lancé sur le porte-manteau qui a essayé de te frapper ... ? »

Patmol grimaça.

« Théoriquement, ça annule ou termine un sort. »

« N'importe quel sort ? »

« Non. Certains sont résistants par nature, certains sont destinés à être résistants. Ça ne marche pas très bien sur les blessures ou sur les effets résultants de potions, mais c'est quand même super utile ... Je pense que le meilleur moyen de t'apprendre celui-là, c'est de t'enseigner des maléfices en même temps. »

Harry leva les yeux, excité.

« Des maléfices ? »

« J'ai pensé que tu pourrais t'entraîner sur Kreattur. » lança Patmol.

Harry se mit à rire, un peu tenté – Kreattur avait été assez désagréable dernièrement – mais secoua la tête.

« Je pensais bien, dit-il avec ironie. Je suis prêt à sacrifier ma santé à court terme pour t'offrir une cible vivante. »

« Je veux pas te jeter un maléfice ! »

Harry pensait que ce serait une très mauvaise façon de remercier Patmol pour ce qu'il avait fait jusque-là.

« Je ne vais pas t'apprendre des sorts trop mauvais ; ce sont des maléfices plutôt doux, lança Patmol, en souriant malicieusement. Quand on passera aux vrais maléfices, on aura vraiment besoin d'utiliser Kreattur. »

Ils continuèrent ça pendant une grande partie de la journée. Harry essaya le sortilège de Chatouillis, le maléfice du Bloque-jambes, le sort des Doigts-tremblants qui rendait très difficile pour les adversaires de tenir leur baguette, un sort qui faisait danser les adversaires et un qui collait les jambes ensemble. Il n'eut pas beaucoup de chance avec le sortilège de Chatouillis ou celui du Bloque-jambes, mais il se débrouilla bien avec les maléfices d'Entrave et le sortilège d'Inversion.

« Bien, déclara Patmol d'une voix rauque, tandis que Harry arrêtait un sort destiné à faire tousser son adversaire de manière incontrôlée. Mieux qu'avant. »

Patmol fit apparaître un verre d'eau et s'assit sur le sol.

« C'est fini ? » demanda Harry, en se laissant tomber à côté de lui.

Il repoussa ses cheveux trempés de sueur de son visage et releva ses lunettes. Il n'avait pas bougé tant que ça, mais son bras lui faisait mal à force d'avoir levé sa baguette et il avait un début de migraine.

« Encore un. » déclara Patmol, en se levant.

Harry grogna et se leva.

« Lequel ? »

« A toi de choisir. »

Patmol laissa tomber ses bras de chaque côté de son corps et prit une longue inspiration.

« Dès que tu es prêt. » dit-il, en grimaçant légèrement.

« Petrificus Totalus. » s'écria Harry.

Patmol se raidit et s'effondra. Harry se sentit un peu fier d'avoir réussi du premier coup. Il y eut un bruit étouffé lorsque Patmol toucha le sortilège de Coussinage sur le sol.

« Finite Incantatem. » dit-il.

Patmol s'étira et se redressa pour s'asseoir.

« Bien, dit-il. Plus puissant cette fois. »

« Comment tu peux dire ça ? »

« C'était plus serré. Les entraves faibles sont élastiques ; elles ne tiennent pas bien si tu les pousses et peuvent même rompre si tu peux placer ta magie entre toi et le sort. Celle-ci était moins molle que les autres, moins d'espace pour moi pour y placer ma magie. »

« Alors t'aurais pu casser les liens ? »

Patmol hésita.

« Oui, j'aurais pu, comme n'importe quel Auror ou tireur de baguette. »

Le visage de Harry s'affaissa.

« On travaillera là-dessus, promit-il. Donne-toi encore quelques semaines et ton maléfice sera tellement fort que même Dumbledore lui-même ne pourra pas s'en libérer. »

Harry lui adressa un regard dubitatif.

« La magie sans baguette pourra toujours le briser, mais la magie sans baguette peut presque tout briser, expliqua Patmol. Les maléfices d'Entrave sont simples. Simples par le principe et simples par l'exécution. Ils ne sont pas difficiles à obtenir. »

« Wow, merci. » dit Harry, en faisant une grimace.

Patmol sourit et ébouriffa ses cheveux.

« Tu es déjà meilleur avec les maléfices que je ne l'étais à huit ans. Andy ne me les a pas appris avant mes dix ans, expliqua-t-il, avec un petit sourire triste. Quand tu iras à Poudlard, tu seras en avance pour ton âge, je n'ai pas de doutes là-dessus. Jusque-là, par contre, tu es un enfant dans un monde d'adultes, et peu importe à quel point tu es doué, ils ont plus d'expérience, plus de contrôle et plus de pouvoir que tu ne pourras en avoir dans les prochaines années. Je ne veux pas que tu te blesses parce que tu es trop sûr de toi. Mieux vaut être prudent et les surprendre avec un sort bien placé plutôt que de foncer, en pensant que tu peux tous les battre. J'ai déjà pensé ça, fait ça et crois-moi, ça n'a marché qu'une seule fois. »

Patmol se leva et grimaça, en se frottant le dos.

« Ça ne t'ennuie pas de faire le ménage ce soir ? »

« Non, répondit Harry, en haussant les épaules et en rangeant sa baguette dans sa poche. Quelle pièce ? »

Depuis qu'ils avaient emménagé, Harry et Patmol avaient réparé et nettoyé deux salles de bains, la cuisine, la bibliothèque, une des chambres du troisième étage – malgré ça, ils dormaient toujours tous les deux dans la cuisine – et la salle d'entraînement.

« La chambre de Reg', je pense, dit Patmol. On pourra t'y installer correctement. »

Harry rayonna, excité à l'idée d'avoir sa propre chambre. L'idée de camper dans la cuisine avec Patmol ne le dérangeait pas particulièrement, mais il n'avait jamais eu de chambre à lui avant. Son excitation succomba un moment après ; il n'avait été dans la chambre de Regulus que deux ou trois fois, mais il savait que c'était très grand et très, très poussiéreux et qu'il allait probablement falloir un temps considérable pour tout nettoyer.

Patmol regarda le ciel par la fenêtre ; il était d'un mauve pâle et s'assombrissait à chaque minute.

« Kreattur. »

CRACK !

« On monte un moment. Tu pourrais nous préparer le dîner pour qu'il soit prêt dans une heure- »

Patmol jeta un œil à Harry.

« S'il te plaît ? »

Les yeux injectés de sang de Kreattur passèrent de l'un à l'autre, il étouffa une insulte – Patmol lui avait interdit de dire quoi que ce soit d'impoli, même s'il le faisait à l'occasion – et il disparut avec un autre CRACK !

Patmol se tourna vers Harry.

« J'arriverais en haut avant toi. » lança-t-il, tout sourire.

« Quoi ? Maintenant ? répliqua Harry, tandis que le chien noir et ébouriffé se ruait en dehors de la pièce. Tricheur ! Kreattur ! »

CRACK !

« Tu peux me faire apparaître en haut ? Dans la chambre de Regulus, demanda Harry. S'il te plaît ? »

Kreattur lui adressa un regard maussade, mais lui tendit son bras maigrichon sans se plaindre.

« Merci. » dit Harry, en l'attrapant.

La pièce se déforma. Il fut tiré, étiré, rétrécit et tordu en même temps et la chambre sombre de Regulus se matérialisa autour d'eux.

« Merci Kreattur. » lança Harry, le souffle court.

L'elfe balaya la pièce d'un regard craintif et disparut sans un mot.

« Je t'ai battu ! » entendit-il crier Patmol du pallier.

« Tu m'as battu ? » demanda Harry, en ouvrant la porte.

Patmol leva sa baguette, tout en jurant largement et recula quand il vit Harry qui se tenait là et qui le regardait avec un air un peu impressionné. Même l'Oncle Vernon n'avait pas un vocabulaire aussi développé.

Patmol le fusilla du regard.

« Tu n'as pas intérêt d'utiliser un de ces mots ou je te récure la langue. Et comment tu es arrivé ici ? Tu étais derrière moi ! »

« Kreattur. » admit Harry, tout sourire.

« Et tu me traites de tricheur. » marmonna Patmol, en entrant dans la chambre.

Il agita sa baguette et alluma les lampes accrochées au mur. Harry balaya la chambre du regard. La pièce était plus grande à la lumière, et d'autant plus sinistre ; les lumières reflétaient des ombres déformées sur les murs. Les rideaux vert foncé était mangés aux mites, mais dissimulaient avec efficacité toute la lumière du jour, à l'exception d'un rayon qui faisait briller un blason de la famille Black.

En-dessous de ce blason, se trouvait le lit, parfaitement fait avec une couverture terne et grise et des oreillers assortis. Harry regarda autour ; la commode légèrement ouverte révélait des vêtements pliés avec soin, le bureau et la bibliothèque étaient tout aussi organisés.

« Très soigné, Reg'. » commenta Patmol, en suivant le regard de Harry.

« C'est toi qui dis ça. » dit Harry, sa voix réduite à un murmure.

Patmol se mit à sourire.

« Je suis ordonné, mais Reg est à un autre niveau. »

Il attrapa un cadre sur la table de nuit et l'essuya avec sa manche.

« C'est lui, là. » dit-il, en montrant un garçon maigre, entouré de ses camarades à en uniforme vert.

Harry pensa qu'il aurait pu le deviner ; Regulus avait les mêmes cheveux noirs, les mêmes yeux gris et le même air arrogant que son frère.

A côté de cette photo, se trouvait un autre cadre, argenté également. Il montrait Patmol et Regulus, tous deux dans leurs uniformes de Poudlard, en compagnie d'un homme et d'une femme. Ils étaient tous les quatre debout sur l'escalier, avec les têtes d'elfes derrière eux.

Après un moment, Harry fut capable de reconnaître la femme comme étant leur mère, même si elle était plus jeune que sur le tableau du rez-de-chaussée. Elle avait un visage fier, mais pas excessivement beau, et à les regarder côte à côté, Harry pouvait voir qu'elle avait transmis son apparence à son plus jeune fils. Patmol – qui devait avoir seize ans – ressemblait beaucoup à son père ; grand, bien bâti et séduisant.

Orion et Walburga Black souriaient fièrement à la cravate verte et argentée de Regulus, et fusillaient du regard celle de Sirius, rouge et or. Patmol fronçait également les sourcils, avec l'air de celui qui aurait largement préféré être ailleurs, mais Harry remarqua que Regulus lui donnait un petit coup et lui adressait un petit sourire.

Le Patmol de la photo lui rendit son sourire comme s'il ne pouvait pas s'en empêcher et passa un bras autour des épaules de son frère. Les deux garçons se mirent à rire et sourirent à l'appareil photo tandis que Mr et Mrs Black leur lançaient des regards désapprobateurs.

« Vous étiez proches ? » demanda Harry, en reposant la photo.

« Cornedrue et Lunard étaient plus des frères pour moi, mais Reg' était plus que Peter, même avant que je sache que Peter était un espion ... Donc oui. Nous étions très proches en grandissant, mais je suis devenu un Gryffondor et il était à Serpentard et il a commencé à s'asseoir avec Bella et Cissy plutôt qu'avec moi aux réunions de famille. »

« Mais vous vous entendiez toujours bien ? »

« Mieux que tu pourrais le croire. Ce n'était pas toujours simple – j'avais plus qu'envie de jeter un sort à ses fesses de Serpentard – mais on s'est débrouillé. Je suis resté en contact avec lui après l'école, ce qui veut beaucoup dire, je suppose. Certains membres de l'Ordre n'aimaient pas ça, mais James s'en occupait toujours. »

Il soupira et adressa un sourire triste à la photo.

« Tu peux t'occuper des journaux, si tu veux. Je vais m'occuper du bureau. »

Harry s'assit au bout du lit et fut instantanément entouré d'un nuage de poussière.

« Argh ! » lança-t-il en s'étouffant, les yeux embués.

« Oups, dit Patmol. Exsugo. »

Il tendit sa baguette vers le lit comme Harry avait vu Tante Pétunia le faire avec un aspirateur. Ce geste laissa juste derrière lui du linge de lit vert et des oreillers argentés.

« Mieux ? »

Harry éternua encore, mais acquiesça et Patmol traversa la pièce pour rejoindre le bureau et commencer à le fouiller. Harry tourna les yeux vers le mur, rempli d'articles.

« Ils parlent tous de Voldemort. »

« Ouais, commença Patmol, qui venait de mettre le feu à des morceaux de parchemin à l'aide de sa baguette. Et encore, il n'y a pas tout – j'en ai déchiré pas mal quand j'avais quatorze ans. »

Harry observa les murs et frissonna. Un homme disparaît, une famille retrouvée morte, un sorcier mystérieux réunit des adeptes faisaient partis des titres les plus courants. D'autres étaient plus précis.

« Quelque chose d'intéressant ? »

Patmol feuilletait un énorme livre, qui s'intitulait Nobles par nature : une généalogie des sorciers. Harry plissa les yeux pour lire certaines coupures de journal délavées.

« Celui-ci parle de la mort de Mr et Mrs Smith. Il y en a un sur Helen Meadowes et Alexander McKinnon et deux à-propos de Dorcas Meadowes – un sur une tentative d'assassinat ratée et un autre sur sa mort, déclara Harry, en vérifiant les dates. Un mois après. »

« Dorcas. » souffla Patmol.

« Tu la connaissais ? »

« Bien sûr. Elle était dans l'Ordre avec moi, ta mère et ton père. Voldemort a essayé de la tuer, mais quelqu'un a renseigné Dumbledore et il a pu la déplacer à temps. Elle est morte un mois après. Voldemort l'a tué lui-même. »

« Je suis désolé. » dit Harry.

Patmol haussa les épaules.

« Sa sœur a disparu en même temps. Helen, c'est ça ? »

« Sûrement. Elle ne faisait pas partie de l'Ordre, donc je ne l'ai jamais rencontré. Elle est morte aussi ? »

« Disparue, d'après l'article. »

« Comme Dearborn. » murmura Patmol.

« Ils ont trouvé le corps de son petit ami. Ils disent qu'il s'appelait Alexander McKinnon. »

Patmol soupira bruyamment.

« Je me souviens d'Alex. Je me souviens de tous les McKinnon. »

« Tous ? »

« Alex avait un frère – Simon – et une sœur – Marlène. Les parents s'appelaient Curtis et Patricia. Curtis a été tué, puis Alex et les autres sont morts juste après ton premier anniversaire ... »

Il se secoua un peu.

« Il y a quoi d'autre ? »

Harry lut l'article d'après et se figea.

« Harry ? »

« Maman et Papa. » murmura-t-il.