Salut à tous ! Désolé pour le délai, j'ai agonisé à cause de la grippe pendant une semaine, mais tout va bien et donc, c'est reparti !
Dans ce chapitre, il y a une expression que j'ai eu BEAUCOUP de mal à traduire : « take Cadogan's pony ». Franchement, si j'étais tombée sur le Chevalier de Catogan par hasard, épée ou pas épée, je l'aurais défoncé tellement ça m'a agacé de ne pas trouver comment traduire ça. Et finalement, après pas mal de recherches, j'ai fini par trouver ce que je cherchais sur Pottermore, le site de J.K. Rowling. Alors je ne peux pas décemment ne pas vous en parlez ! Vous vous souvenez donc de ce portrait ? « Il est surtout célèbre pour avoir vaincu la vouivre de Wye, un dragon qui terrorisait le Sud-ouest de l'Angleterre. Lors de leur premier affrontement, le dragon dévora le cheval du chevalier, brisa sa baguette magique et fit fondre son épée et sa visière en crachant du feu. Aveuglé par la vapeur, le chevalier du Catogan parvint de justesse à échapper au monstre. Mais il bondit sur le dos d'un gros poney gris et retourna affronter la vouivre, prêt à rencontrer sa mort. Il réussit à transpercer la langue du dragon avec sa baguette cassée, et le tua. Certains vieux sorciers emploient l'expression « prendre le poney de Catogan » pour dire « tirer le meilleur parti d'une situation mal engagée », en hommage à ce combat. » Bref, Sirius, dans ce chapitre, est apparemment un vieux sorcier !
A présent, je me tais et je vous laisse lire ! N'oubliez pas de partager vos avis, ça me fait toujours très plaisir. A très vite !
Elle savait qu'il s'était échappé d'Azkaban ; Fol-Oeil et ensuite Dumbledore étaient venus la voir en février et lui avaient demandé de garder un œil ouvert au cas où il en viendrait à visiter la maison qu'il détestait. Jusque-là, elle ne connaissait pas l'histoire de la maison d'à côté et avait simplement pensé que les propriétaires ne sortaient pas beaucoup. Un peu comme elle.
Elle était toujours furieuse de savoir qu'elle vivait près de sa maison d'enfance, et que personne n'avait songé à le lui dire, même si cela expliquait pourquoi Lupin avait l'air si sinistre quand il passait la voir de temps à autre. Elle avait continué à surveiller le Numéro 12 toute la journée du mardi – le jour de l'enlèvement, avait-elle appris plus tard – à l'exception d'une heure le soir, quand elle était allée voir Alice, Frank et Mary, et avait conservé sa vigilance toute la journée du mercredi, et même celle du jeudi au cas où il se montrerait.
Le soir du jeudi, Mary lui avait transmis le journal dans le plus grand des calmes. Journal dans lequel elle avait lu qu'il avait emmené Harry et son monde fragile s'était encore plus abîmé, parce qu'elle savait ce que ça voulait dire. Cela signifiait que Harry était mort.
Et alors, il lui avait dit l'inverse.
Elle avait écouté son histoire, lui avait jeté sa baguette et lui avait dit de sortir de sa maison s'il aimait son visage tel qu'il était. Il avait protesté et elle l'avait frappé. Après ça, il avait semblé comprendre et était parti. Elle était allée se préparer une tasse de thé et avait réussi à se convaincre elle-même que ça n'était jamais arrivé.
Qu'un Sirius Black à moitié mort n'avait pas vraiment transplané dans son entrée un dimanche soir, qu'il avait dormi pendant trois jours et s'était réveillé pour lui raconter une histoire folle à propos de Peter Pettigrow et des Potter. Ça avait duré une journée, un magnifique déni qui avait explosé quand elle avait rassemblé le courage suffisant pour retourner dans la chambre d'ami pour la première fois depuis qu'il était parti, et qu'elle avait trouvé le lit défait.
Elle avait passé trois jours à réévaluer ses sentiments. C'était injuste, qu'après huit ans à détester l'homme – à être convaincue qu'elle en avait fini avec lui – il n'avait fallu qu'une heure en sa compagnie pour qu'elle retombe dans ses anciens travers ; être partagée entre vouloir lui lancer un sort ou vouloir l'embrasser. C'était pour cette raison qu'elle n'osait pas croire un mot de ce qu'il avait dit.
Elle avait toujours été trop indulgente quand il était question de Sirius, trop douce, trop faible pour garder ses sentiments pour elle et prendre une décision avec sa tête. Elle voulait tellement le croire qu'elle le fit presque, jusqu'à ce qu'elle se soit forcée à se raisonner, trouvant des preuves qui rendaient l'histoire impossible ; Sirius avait parlé comme si Pettigrow était toujours en vie, une chose qui ne pouvait être vraie, parce qu'il n'y avait aucune possibilité pour que l'homme ait pu s'échapper de la rue sans être repéré, et Pettigrow n'avait jamais été un homme chétif. Pas plus qu'il ne pouvait être un traître – il comptait trop sur les autres Maraudeurs pour le protéger pour essayer de vivre sans eux.
Sirius, quant à lui, avait toujours été audacieux. Suffisamment audacieux pour essayer de lui mentir alors qu'il était blessé et à sa merci. Suffisamment audacieux pour changer de camp, et suffisamment malin pour que personne ne le suspecte avant qu'il ne soit trop tard. Suffisamment malin pour avoir résisté aux Détraqueurs et passer son temps en prison à planifier son évasion et apparaître avec une explication presque crédible de sa propre innocence.
L'explication sur le doigt de Pettigrow faisait un bel effet ; c'était quelque chose qu'un traître pourrait faire pour prendre tout le monde au piège et faire croire à sa mort, pendant qu'il entrait en clandestinité. Mais se cacher n'était pas possible, puisqu'il n'y avait eu aucune façon pour lui de s'échapper et nul part où se cacher, étant donné que son visage avait fait la une des journaux, à côté de ceux des Potter et de Sirius jusqu'à la mi-novembre.
Si Sirius avait été capable d'expliquer ça, elle aurait pu le croire. Par chance, il n'avait pas pu et elle avait considéré son histoire comme un nouveau mensonge. Après réflexion, elle regrettait de ne pas l'avoir tué quand elle en avait eu la chance. Alors qu'il dormait, elle s'était convaincue qu'elle ne pouvait pas le tuer, car elle avait besoin de réponses. Ensuite, il s'était réveillé et c'était elle qui avait répondu à ses questions finalement, et elle ne l'avait toujours pas tué.
Il l'avait fait se sentir si vivante. Ses battements de cœur, habituellement un murmure ennuyeux dans sa poitrine, étaient devenus bruyants et irréguliers. Son esprit, habituellement limité à des pensées telles que le moment où elle rendrait visite à Alice, à ce qu'elle allait manger pour le dîner et à quelle pièce de la maison n'avait pas subi de nettoyage en règle depuis plusieurs heures, avait été mis à l'épreuve par les sortilèges qu'elle avait jusque-là oublié et par Sirius lui-même, une fois réveillé. Cela avait été absolument terrifiant.
Elle en avait aimé chaque instant.
Sa maison, le sanctuaire qu'elle s'était créé à la fin de la Guerre, était lentement, et sans qu'elle le remarque, devenue sa propre prison personnelle. Elle avait disparu pour se cacher du monde extérieur, car elle ne pouvait pas supporter de perdre quelqu'un d'autre – pas qu'elle ait encore beaucoup de personnes à perdre – et d'une certaine façon, elle avait encore échoué ; elle s'était perdue elle-même, et c'était après avoir revu Sirius qu'elle l'avait réalisé.
C'était, plus que n'importe quoi d'autre, la raison pour laquelle elle l'avait laissé vivre. Oh, il avait fait des choses affreuses et elle le tuerait pour ça plus tard, mais il lui avait rendu sa vie, alors elle l'autorisait à profiter de la sienne pour le temps qu'il lui restait.
Dans le passé, les seules personnes avec qui elle avait eu un vrai contact étaient celles associées à Alice et Frank à Ste Mangouste – Lupin ne comptait pas vraiment puisqu'elle ne le voyait qu'une ou deux fois par an – et durant l'année passée, ses visites hebdomadaires étaient devenues mensuelles. La seule autre fois où elle quittait la maison, c'était pour acheter à manger. Cela, avait-elle décidé, devait changer.
Le quatrième jour après que Sirius fut parti, Marlène se ré-abonna à la Gazette du Sorcier – son abonnement avait expiré depuis des années et elle ne s'était pas embêtée à le renouveler – pour pouvoir surveiller les signes associés à Sirius, elle avait décidé qu'elle devait être celle qui l'attraperait et ensuite, elle l'amènerait à Remus Lupin, et ils pourraient le tuer ensemble. Elle n'avait jamais été proche de Lupin, mais il avait autant de droit qu'elle sur la vie de Sirius et elle avait beau ne pas être une Poufsouffle, elle trouvait cela juste.
Sa première édition de la Gazette du Sorcier en quatre jours fut éclairante. D'abord, elle apprit que Harry avait été retrouvé – à peu près en même temps que l'apparition de Sirius dans sa maison, ce qui était intéressant – qu'il avait été emmené à Ste Mangouste et qu'il s'était échappé. Elle avait aussi appris qu'il y avait des recherches officielles pour retrouver Sirius et Harry – deux en réalité, une menée par le Ministère et une autre dirigée par Lucius Malefoy, même si les deux enquêtes étaient en voie de réunion.
Ce n'était pas vraiment un choix, en vérité, c'était quelque chose qu'elle avait décidé au moment où elle avait appris que Harry était en vie – et de retour entre les mains de son traître de parrain – et elle avait simplement besoin d'agir. Alors, le sixième jour après le départ de Sirius, Marlène rassembla tout son courage de Gryffondor retrouvé et se rendit à Poudlard, par la cheminée, pour parler au Directeur. Dire qu'il avait été surpris de la voir était un euphémisme ; il avait eu l'air absolument sidéré, s'était mis à rayonner et lui avait dit tout ce qu'elle avait voulu savoir.
Elle était rapidement partie après cela, après de brèves salutations à sa Directrice de Maison également surprise et un Hagrid sanglotant, pour rejoindre la maison d'un homme qu'elle n'aurait jamais pensé rechercher volontairement.
« Marlène McKinnon. Ton père et moi sommes d'anciennes connaissances. »
Le garçon échangea un regard dubitatif avec le rat qui était sur son épaule et tendit une petite main pâle.
« Hydrus Malefoy, dit-il. Voici Bosworth. »
Le rat couina comme s'il la saluait.
« Un plaisir. » dit-elle avec politesse, en hochant la tête en direction du garçon et de son rat.
« Père n'a pas dit qu'il attendait quelqu'un aujourd'hui, ajouta-t-il, en lui adressant un regard suspicieux. Il a dit de le laisser tranquille. »
« Il voudra me voir. » lui assura Marlène.
Le garçon eut l'air un peu surpris et de nouveau dubitatif, mais il déverrouilla la grille. Elle le laissa la guider jusqu'à la maison, puis à l'intérieur, elle silencieuse, agrippant nerveusement sa baguette, et lui, discutant avec le rat d'aller voler.
« Attendez ici. » dit le garçon.
Marlène attendit patiemment, en regardant autour d'elle avec dégoût parce que Lucius – tout comme sa femme, Narcissa – ne méritait rien de mieux qu'une cellule poussiéreuse à Azkaban, et pourtant, ils vivaient comme une famille sorcière de niveau royal. Il lui avait fallu un moment pour se réconcilier avec l'idée de lui faire face de nouveau, pour la première fois depuis cette horrible nuit d'août, huit ans plus tôt.
Cependant, tout ce stress valait le coup pour voir Lucius hésiter en la voyant attendre dans son élégante entrée, et le voir serrer les lèvres lorsqu'elle tapota la tête de son fils et le remercia pour l'avoir laissé entrer. Le garçon était bien trop occupé à parler à son rat pour remarquer sa baguette placée nonchalamment près de son cou – même s'il avait semblé agacé qu'elle l'ai touché – mais Lucius n'avait pas manqué le geste. Il avait déglutit et avait hoché la tête dans sa direction d'une façon qu'elle comprenait comme Avertissement reçu, avant qu'il se tourne et la guide jusqu'à son bureau.
« Belle maison pour un assassin. » commenta-t-elle.
« Le Ministère a pardonné mes actions pendant la Guerre, car je n'étais pas moi-même. » dit Lucius sèchement.
« Drôle tout ce que l'argent permet, n'est-ce pas ? »
Lucius ne semblait pas y croire.
« Qu'est-ce que je peux faire pour toi, McKinnon ? » demanda-t-il froidement.
Elle jouait avec sa baguette entre ses doigts – un avertissement plutôt clair – et reprit la parole.
« Tu peux me donner un rôle dans tes recherches. »
Ses sourcils pâles se levèrent, comme s'il s'était attendu à tout entendre sauf ça. Elle rit, un son fort et brutal.
« Tu ne pensais pas honnêtement que j'étais passée pour te saluer, n'est-ce pas ? »
« Je peux t'allouer une position dans le monde moldu, dit-il sèchement, en ignorant son dernier commentaire. Tu as déjà travaillé avec Lupin avant, je crois. »
Il n'y avait aucun intérêt à nier ce qu'il savait déjà, mais elle n'aimait pas le fait qu'il se référait à l'Ordre.
« En effet, dit-elle. Mais je ne veux pas d'un poste de recherche dans le Londres moldu. Je veux un poste dans le monde sorcier, car c'est là qu'ils vont se cacher. »
Elle savait que Sirius ne tiendrait pas longtemps sans magie.
« J'ai bien peur que nous n'ayons pas de postes disponibles à- »
« Des conneries, s'écria-t-elle. J'ai lu les journaux. Je sais que tes recherches incluent toutes les personnes que te conseille le Département de la Justice Magique. Je suis ici, maintenant, à te dire de m'inclure. »
« Je ne savais pas que tu avais un poste au Département de la Justice Magique. » répondit-il avec sarcasme.
Il appliqua un sourire plutôt effrayant sur son visage d'aristocrate et rangea quelques parchemins dans son bureau.
« Malheureusement, Mrs McKinnon, votre requête sera ignorée. »
« Tu ne peux pas faire ça ! » dit-elle furieusement.
« Oh, mais je peux. Ce sont mes recherches. »
Salopard fanatique et égoïste, pensa-t-elle, en lui adressant son regard le plus mauvais. Elle avait perdu l'habitude, en restant seule si longtemps, mais même s'il ne broncha pas, il perdit son air satisfait. Elle dissimula un petit sourire victorieux.
« Nous verrons ça. »
Elle sourit poliment, juste pour le faire se demander ce qu'elle allait faire ensuite, et elle se leva.
« Je me débrouillerais pour trouver la sortie. » lui dit-elle.
Il acquiesça avec raideur.
« Tu salueras ton elfe de maison de ma part, ajouta-t-elle. Je l'apprécie beaucoup, pour des raisons évidentes. »
Elle eut le plaisir de voir le choc et la colère passer sur le visage habituellement impassible de Lucius, avant de quitter le bureau et de claquer la porte derrière elle.
Une demi-heure plus tard, Marlène était assise dans le bureau d'Amélia Bones, au Ministère de la magie, et se faisait servir une tasse de thé fort.
« Désolé d'arriver comme ça. » dit Marlène.
Amélia était en train de sortir de son bureau quand elle était arrivée.
« Le dîner peut attendre. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? » demanda Amélia brusquement.
Elle avait été surprise et heureuse de voir Marlène ; habituellement, elles se rencontraient par hasard à Ste Mangouste et c'était tout. La dernière fois qu'elles avaient réellement parlé, c'était en février, à propos de l'évasion de Sirius et avant cela, elles n'avaient pas eu de vraie conversation depuis qu'elle avait aidé Marlène à emménager au Numéro 13.
Marlène lutta contre deux envies puissantes, avant de prendre la parole.
« Harry. Tu étais là – le journal a dit que tu l'avais vu. »
« Oui. »
« Tu peux me parler de lui ? » demanda Marlène d'une petite voix.
Amélia lui offrit un sourire compréhensif.
« Il a les yeux de Lily et son caractère aussi, je pense, mais il contrôlait mieux le sien. Ou peut-être qu'il était juste effrayé. Tout le reste, c'est James. Quand je suis entré et que je l'ai vu ... »
« Et sa personnalité ? » demanda Marlène, en essayant de dessiner une image du garçon dans son esprit.
Elle avait demandé à Dumbledore si elle pouvait l'élever, mais au moment où elle avait été relâchée de Ste Mangouste, il était déjà installé chez la sœur de Lily et Dumbledore n'était pas influençable. Étant donné sa vie solitaire des sept dernières années, Dumbledore avait probablement eu raison de le lui refuser, mais c'était toujours étrange de n'avoir même aucune idée de ce à quoi ressemblait le garçon qu'elle avait un jour pensé élever.
« C'est difficile à dire, dit Amélia. Je ne suis pas restée longtemps et les circonstances n'étaient … pas idéales. »
Son ton s'assombrit de façon significative. Marlène ouvrit la bouche pour lui en demander plus, mais la mâchoire d'Amélia était serrée et Marlène décida de ne pas l'ennuyer. Les Serdaigle pouvaient être aussi têtus que les Gryffondor s'ils le voulaient, et à ce moment-là, Amélia semblait le vouloir.
« Harry n'est pas la seule raison pour laquelle je suis venue. » admit-elle après un moment.
« Bien sûr que non, dit Amélia, pas surprise pour un sou. Comment je peux t'aider ? »
« Je veux un poste au D.J.M. » dit Marlène, en fixant l'autre sorcière avec un regard ferme.
« Fait. » répondit simplement Amélia.
« C'est tout ? »
« Marlène, je te connais depuis des années, dans l'Ordre et en dehors, dit Amélia, en levant les yeux au ciel. J'avoue que je ne t'ai pas beaucoup vu récemment, mais je suis sûre que tu es toujours très compétente et tu avais excellé à tes A.S.P.I.C. »
Elle hésita puis reprit la parole.
« Je suis juste surprise que tu aies passé tant de temps sans chercher de travail. »
« J'ai hérité de beaucoup d'argent. » marmonna Marlène.
« Je le sais, mais bon sang, tu ne t'es pas ennuyée ? Qu'as-tu fait de toutes ces années ? »
« Pas grand-chose, admit-elle, ses joues rougissant. Du ménage, surtout. »
« Du ménage ? » demanda Amélia, platement.
Marlène acquiesça.
« Ma pauvre. Dumbledore nous a tous dit- »
« Nous ? »
« Ceux qui restaient. » dit Amélia, en ajoutant du sucre dans sa tasse de thé.
« Oh. Qu'est-ce que Dumbledore a dit ? »
« De te laisser du temps, dit Amélia, en prenant une gorgée de sa boisson. Mais bon sang, si j'avais su que tu avais passé les huit dernières années à faire le ménage, j'aurais probablement fait quelque chose avant maintenant- »
« Ça ne me dérangeait pas jusque-là. » dit Marlène, en regardant ses mains.
Amélia lui adressa un regard dubitatif et secoua la tête.
« Je suis heureuse que tu aies finalement retrouvé la raison, alors. »
« Moi aussi. »
« En ce moment, nous avons un poste au Service des détournements moldus – tu te souviens de Gideon et Fabian ? »
« Bien sûr. »
« Le mari de leur sœur, Arthur Weasley, y travaille. Ou il y a toujours le Département d'enregistrement des Animagi. Ou peut-être- »
« Je veux être tireur d'élite de baguette magique. » dit Marlène.
Amélia la dévisagea.
« Toi- »
« Moi, dit Marlène. Je veux faire quelque chose, Amélia, pas remplir des parchemins et envoyer des hiboux. »
« Ils ne prennent que les meilleurs. » indiqua Amélia.
« Je sais. »
« Les Gryffondor, soupira Amélia. Je peux te faire entrer dans le programme de formation des Aurors. »
« J'ai dit tireur de baguette magique, pas Auror- »
« Je ne peux pas juste t'offrir une position dans le programme de formation des tireurs de baguette, dit Amélia, en levant les yeux au ciel. Poole pourrait demander ma tête pour ça. »
« Poole ? »
« Co-dirigeant du service. »
« Co-dirigeant ? »
« Les tireurs de baguette mènent des vies dangereuses, dit Amélia. Il est plus que probable qu'ils soient blessés ou tués et après que le prof- je veux dire, après la disparition de Caradoc Dearborn, ils ont choisi d'avoir plusieurs dirigeants. Actuellement, nous avons Thomas Poole, Victoria Knight et Maurice Lloyd. Ils sont très compétents, je peux te l'assurer. »
Marlène reconnaissait vaguement les noms ; ils avaient été quelques années au-dessus d'elle à Poudlard.
« Je n'en doute pas. » dit-elle.
Lloyd était un Gryffondor, et un Préfet-en-Chef, et les deux autres étaient des Serdaigle, comme Amélia.
« Alors je commence quand ? »
Marlène se baissa tandis qu'un hibou entrait pour venir lâcher un rouleau de parchemin sur le bureau d'Amélia.
« Les admissions pour la prochaine formation commencent dans quatre jours, dit Amélia d'un air absent, en signant le parchemin. Tu as de la chance, d'ailleurs. C'est le premier concours depuis des années. »
« Il n'y avait personne d'intéressé ? » demanda Marlène, surprise.
« Le programme n'accepte des apprentis que tous les trois ans, répondit Amélia. Ils ont fait des exceptions pendant la guerre et après, pour remonter les chiffres, mais les choses sont redevenues normales maintenant. »
Elle redonna le parchemin au hibou, qui hulula en guise de remerciement et s'envola à nouveau, en effleurant les cheveux de Marlène.
« Combien de temps ça me prendra pour entrer dans le- ? »
« Ça va dépendre, répondit Amélia, en la coupant. De tes progrès. Je te suggère de réviser tes notes d'A.S.P.I.C. Tiens, cette brochure te décrira le programme de formation des Aurors et celui-là concerne le programme de formation des tireurs de baguette- »
Marlène accepta les dépliants, l'un marron, l'autre vert foncé.
« - et celui-ci- »
Amélia lui tendit un autre livret.
« -parle des emplois en général. »
« Merci. »
Amélia prit une gorgée de son thé.
« Alors, le premier jour, sois là à sept heures, prête à commencer à huit. L'ordre change à chaque fois, mais tu devrais passer un test préliminaire pour évaluer ta personnalité et il y a aussi un test physique. Tu devras être capable de faire un transplanage d'escorte avec l'un des Aurors trois fois en une heure à des distances variées, tenir un charme du Bouclier pendant dix minutes et aussi réussir tous les sorts que l'on te demandera. »
Elle s'arrêta et but encore un peu de thé.
« Si ça ne t'ennuie pas que je demande, Marlène, pourquoi tu veux être tireuse de baguette ? »
« La formation est plus courte, dit Marlène. C'est seulement un an, c'est ça ? »
« C'est ça. Si tu cherches Black, cela dit- »
« Qui a dit que je le cherchais ? » demanda Marlène.
« Tout ce que je voulais dire, c'est que devenir Auror pourrait être un meilleur choix, dit gentiment Amélia. Les tireurs de baguette seront appelés pour arrêter Black. Les Aurors sont aussi impliqués dans les recherches. »
« Oh. »
Marlène fixa son thé.
« Dans tous les cas, poursuivit Amélia. Je te conseille de discuter avec Scrimgeour et avec Poole et de décider à ce moment-là du chemin qui te semble plus intéressant. »
« J'ai l'impression de revivre mon entretien sur les choix de carrières avec McGonagall. » dit Marlène, en souriant légèrement.
« J'espère que ça finira mieux, dit Amélia, en arquant un sourcil. Je détesterais te voir retourner faire le ménage. »
Après le départ de Remus la veille, Harry avait raconté à son parrain tout ce qui c'était passé dans la caverne – la mémoire de Patmol était incomplète, particulièrement sur le contenu du message – et avait ensuite passé la nuit dans la chambre de Patmol, insistant auprès de son parrain pour qu'il lui raconte des histoires de jeunesse dans l'espoir qu'il laisserait échapper quelque chose à propos de cette affaire de loup. Malheureusement, soit Patmol savait ce que Harry essayait de faire et choisissait ses mots avec soin, soit il était franchement habitué à garder le secret, mais Harry n'apprit rien sur Remus.
Harry s'était réveillé tôt le matin suivant, en sueur et la gorge douloureuse. Kreattur était debout près de lui, inquiet. Harry avait rapidement remarqué la chaise de bureau fumante et s'était résolu à ne pas se rendormir. A la place, lui et Kreattur avaient discuté calmement jusqu'à ce que Patmol commence à bouger dans la chambre voisine.
Patmol s'était réveillé aussi mal qu'avant, Harry en était certain, mais il avait essayé de ne pas le montrer ; il s'était levé, déterminé à ne pas passer la journée au lit et s'était rapidement effondré sur le trajet jusqu'à la cuisine. Harry était terriblement inquiet, et avait passé la journée entière à piétiner dans la chambre de Patmol – en s'arrêtant occasionnellement pour lui faire boire du chocolat – ce qui s'était traduit par lui et Kreattur couverts de liquide chaud et collant et finalement assez peu dans la bouche de Patmol – et à lancer des sorts dans la salle d'entraînement du rez-de-chaussée.
Remus avait envoyé un hibou, en expliquant qu'il ne pouvait pas venir parce que Malefoy le tenait occupé avec les recherches, et qu'il était surveillé par le Ministère – particulièrement par cette Ombrage que Harry n'aimait pas beaucoup – qui suspectait (avec raison, il fallait l'avouer) que Remus avait d'une façon ou d'une autre aider Sirius à faire sortir Harry de Ste Mangouste. Il avait dit qu'il viendrait le jour suivant, cependant.
Patmol s'était réveillé le jour d'après et semblait plus en forme, bien que toujours fatigué. Pour Harry, c'était la première nuit depuis leur visite de la caverne où il n'avait rien brûlé, même s'il avait quand même fait des cauchemars. Harry et Kreattur avaient aidé Patmol à se rendre dans la bibliothèque – parce qu'il avait insisté pour lire sur les Horcruxes – et à s'installer dans le canapé avec une grosse pile de livres sur la magie noire et une copie du message de Regulus.
Harry l'avait laissé faire, puisque cela voulait dire qu'il allait pouvoir en profiter pour se renseigner sur les loups.
Il attendit patiemment jusqu'à ce que Patmol se plonge complètement dans ce qu'il lisait – il ne semblait pas capable de trouver ce qu'il cherchait et s'était mis à feuilleter avec impatience de nombreux livres jusqu'à leur sommaire – et se leva pour parcourir les étagères de livres. Alors, qu'est-ce que je sais à propos de Remus ? songea-t-il, en essayant de déterminer où il devait commencer. C'est un loup, c'est ce qu'il a dit, et Patmol l'a dit aussi, il y a quelques temps, je crois. Ça doit être une compétence magique, ou il ne serait pas si secret … peut-être un talent rare, ou quelque chose d'illégal …
Il a de meilleurs sens comme Patmol, mais il n'est pas un Animagus … Comment est-ce même possible ?! pensa Harry, pendant un moment. Peut-être qu'il prend une potion qui le transforme en loup … Décidant que c'était un bon début, Harry glissa le doigt sur les étagères jusqu'à ce qu'il tombe sur un livre prometteur, intitulé Encyclopédie des potions modernes.
Il dut grimper sur une chaise pour l'attraper – il rit de lui-même pour ne pas avoir pensé à utiliser sa baguette – et s'installa à la table, en parcourant l'index à la recherche du mot 'loup'.
'Tue-Loup' était la seule rubrique intéressante. Page trois-cent quatre-vingt quatorze … pensa Harry, en feuilletant le livre jusque-là.
La potion Tue-Loup, disait la page, est une invention récente de Damoclès Belby, un mécanisme d'adaptation à la lycanthropie. Belby a commencé à travailler sur la potion en 1980, après que sa femme Louise ait été mordu par un loup-garou. En 1984, il parvint à créer une potion qui permet aux loups-garous de conserver leur esprit humain lors de leur transformation mensuelle. Les ingrédients nécessaires sont … Harry referma le livre et le repoussa, en pensant que les potions avaient été une mauvaise idée pour débuter les recherches.
Les loups-garous semblaient être un thème récurrent dans tous les autres livres, cependant ; ils étaient dans Vie et habitat des animaux fantastiques, La faune magique de Grande-Bretagne et il y avait une image d'illustration dans un livre avec un titre en latin que Harry ne pouvait pas comprendre, qui parlait de métamorphose d'humain en animal. Malheureusement, ils semblaient être le seul type de loups magiques qui existaient. Harry était sûr de trouver ses réponses dans Quand les sorciers et les loups se rencontrent, mais ce livre ne parlait aussi que de loups-garous.
Harry s'affaissa sur sa chaise, agacé et convaincu qu'il manquait quelque chose. C'était possible, pensa-t-il, que Remus soit un loup-garou, mais il ne semblait pas vraiment en avoir le genre. Il était amical et poli, même s'il semblait vivre un peu en retrait des affaires sorcières – pourquoi d'autre vivrait-il si loin des autres habitations … ?
A moins que … Harry se redressa et attrapa Quand les sorciers et les loups se rencontrent. Il parcourut le chapitre d'introduction, qui offrait un court résumé de ce que le reste du livre contenait, et appuya son dos contre le dossier de sa chaise, les éléments s'emboîtant ensemble dans sa tête. Peut-être que Remus vit si loin pour ne blesser personne … Remus semblait être le genre de personnes qui plaçaient les autres avant lui-même ; Harry l'avait vu faire à Ste Mangouste. Il avait rarement quitté le chevet de Harry, même pour rentrer à la maison.
Harry examina tout ce qu'il savait d'autre sur Remus et essaya de faire correspondre ces éléments à sa théorie. Il aime le thé, mais ça n'a pas un grand intérêt … Il a un odorat et une ouïe supérieur à la normale. Et des cicatrices, pensa Harry, en se souvenant des mains de Remus ; le livre disait que les loups-garous qui n'avaient pas accès à des victimes pendant les pleines lunes avaient tendance à s'automutiler. Son surnom, c'est Lunard … Tout colle !
Harry jeta un œil à son parrain, qui s'était endormi sur le canapé, et sourit, même s'il était plutôt perplexe. Deux choses n'avaient toujours aucun sens dans sa théorie du loup-garou ; premièrement, Remus était quelqu'un de gentil, alors que tous les livres décrivaient les loups-garous comme des monstres dangereux. Les livres peuvent se tromper, j'imagine. Les gens pensent que Patmol est un tueur-en-série après tout … Ou peut-être que Remus est une exception … C'est un bon loup-garou.
Dans tous les cas, Harry décida qu'il s'en fichait ; Remus avait été tout à fait amical avec Harry jusque-là, et Patmol n'avait jamais rien mentionné de potentiellement malfaisant à propos de lui dans aucune des histoires qu'il avait raconté, à l'exception de sa tendance à passer trop de temps à lire – une habitude que Harry commençait à prendre – et de son penchant pour les énormes quantités de chocolat. L'autre élément qui n'avait pas de sens concernait les Animagi.
Ça n'a pas de sens que Papa, Patmol et Pettigrow soient devenus Animagi. Remus devait déjà être un loup-garou ou il serait devenu un Animagus avec eux … Je ne les vois pas le laisser en dehors de quelque chose d'aussi important … Ou peut-être que c'était à cause de lui. Peut-être qu'ils voulaient tous pouvoir se transformer en animaux … Mais c'est dangereux. Patmol n'est certainement pas un loup-garou, alors peut-être qu'ils n'ont jamais été le rejoindre pendant les pleines lunes, mais alors, quel est l'intérêt … ?
Harry trouva la réponse à cette question, après une demi-heure penché dans un livre épais, intitulé Créatures contagieuses. Ils ne sont pas dangereux pour les non-humains ! Ça devait être ça ; son père, Patmol et Pettigrow étaient devenus des Animagi pour tenir compagnie à Remus pendant les pleines lunes ! Voilà pourquoi Remus a dit que ce n'était pas vraiment son secret, parce qu'il n'était pas un Animagus. Et Dumbledore sait qu'il est un loup-garou parce qu'ils ont dû prendre des dispositions quand il est arrivé à l'école … La Cabane Hurlante !
Harry se leva de sa chaise et se précipita pour récupérer Les célèbres lieux magiques sur l'étagère et avec excitation, il ouvrit le livre au chapitre qui parlait de Pré-au-Lard ; lui et Patmol avaient lu le chapitre plusieurs fois, pour donner à Harry une idée de l'endroit où ses histoires s'étaient passées. L'esprit de Harry vagabonda en se rappelant de la fois où lui et Patmol avaient été à Pré-au-Lard – cela faisait presque deux semaines, maintenant.
Harry se souvenait de sa propre voix.
« Et c'est là que toi, Papa, Lunard et Peter alliez pour vous transformer ? »
« C'était notre refuge, ouais. » avait répondu Patmol.
Alors ils ont passé du temps là-bas, mais j'avais tort … Peut-être que les fenêtres ont été bloquées par des planches pour empêcher Lunard de sortir plutôt que pour empêcher les sorciers et les sorcières de rentrer. Un léger sourire passa sur le visage de Harry tandis qu'il lisait le passage qui concernait la Cabane Hurlante. D'après le livre, elle avait été acheté par un jeune professeur de Poudlard au début de l'année 1971 et avait été abandonné – mais pas revendue – seulement un mois après, au motif qu'elle était hantée. Patmol a dit qu'il avait commencé l'école cette année-là, pensa Harry, en sentant son sourire s'agrandir, même s'il s'affadit un peu quand il lut les témoignages des villageois qui entendaient des hurlements torturés et des gémissements, de temps à autre.
Ça devait être Remus … Harry retrouva L'histoire de Poudlard sur une autre étagère, s'arrêtant pour sourire en voyant le gribouillis qui indiquait que le livre était celui de Patmol. A en juger par les pages douces, la côte lisse et les coins pointus de la couverture, il n'avait pas du être beaucoup ouvert ou juste une fois pour que Patmol, à onze ans, écrive son nom dedans.
Harry feuilleta jusqu'en 1971 – en passant la liste des diplômés et de leur Maison puisqu'il ne connaissait aucun d'entre eux, de toute façon – et il jeta un œil sur la rubrique des 'événements marquants'. Rien ne se démarqua vraiment ; c'était la quinzième année d'Albus Dumbledore en tant que Directeur, Poudlard avait accueilli un nouveau fantôme, Argus Rusard avait été embauché au poste de concierge, le Saule Cogneur avait été planté et Peeves l'esprit frappeur – dont Harry avait beaucoup entendu parler par Patmol – avait fait explosé les sabliers contenant les points des Maisons – qui étaient jusque-là dans la Grande Salle. Ils avaient été rapidement réparé et réinstallé dans le hall d'entrée.
Un peu déçu que rien de terriblement excitant ne soit arrivé en ce qui concernait Remus, Harry ferma le livre, rangea tout ce qu'il avait utilisé à la bonne place – c'est-à-dire dans un endroit quelconque, pourvu qu'il y ait de la place – et se dirigea vers la cuisine pour aller chercher une tasse de chocolat chaud pour son parrain.
« Qu'est-ce quis'passe ? » demanda la voix ensommeillée de Patmol, quand Harry le secoua pour le réveiller.
« Tu t'es endormi. »
Patmol balaya la bibliothèque du regard, stupéfait.
« Ah. »
« Tiens, dit Harry, en lui tendant la tasse, faisant froncer le nez de Patmol. Ça t'aidera à te sentir mieux. »
« Au nom de Salazar, marmonna-t-il. Merci, alors. »
Harry ricana.
« Ce n'est pas si terrible. »
Les yeux de Patmol se plissèrent.
« Je ne boirais plus jamais de chocolat chaud après ça, promit-il. Et je ne mangerais plus de chocolat non plus. »
Il prit une gorgée et fit une grimace, mais réussit à déglutir. Le reste de la tasse fut avalé en quelques secondes ; Patmol avait dit à Harry qu'il préférait autant faire passer rapidement les choses désagréables plutôt que de les laisser traîner.
« Tu penses que Remus est loin d'ici ? » demanda Harry, avec nonchalance.
Il était impatient de tester sa théorie, même s'il ne savait pas encore comment ; jusque-là, Remus s'était montré évasif quand il s'était retrouvé face à des questions.
« La dernière lettre disait juste qu'il viendrait aujourd'hui. »
« J'sais pas, dit Patmol, en regardant sa montre. Ça dépend combien de temps dure la réunion avec Malefoy- »
La cloche se mit à sonner. Patmol secoua la tête.
« Le voilà. Kreattur ! »
CRACK !
« Tu peux faire entrer Lunard et lui dire que c'est un crétin ? »
Kreattur adressa un regard curieux à Patmol, mais s'inclina largement et transplana.
Ils entendirent l'habituel grincement de parquet qui les informait que Remus était entré. Harry et Patmol descendirent à leur propre rythme – Patmol s'était transformé en chien, sa queue battant faiblement – et tombèrent sur Remus qui attendait dans l'entrée. Son dos leur faisait face et il regardait la salle d'entraînement avec intérêt. Patmol se transforma de nouveau, vacilla et posa la main sur la rampe pour stabiliser.
« Pourquoi est-ce que je suis un crétin ? » demanda Remus, en se tournant.
« Tu aurais pu simplement entrer, dit Patmol. Sonner, honnêtement ... »
« Je ne voulais pas être impoli. Et tu entraînes une armée ici, Sirius ? »
Harry vit que ses yeux étaient fixés sur les cibles de fléchettes moldus accrochées aux murs, le mannequin qui servait de cible d'entraînement et le léger reflet des sortilèges de Coussinage qui recouvraient les murs et le sol.
« Oui, répondit-il avec un large sourire. Ma propre petite armée de mangemorts. Tu n'as pas lu les journaux ? »
Remus se mit à rire.
« Des recrues ? »
« Un vieil elfe de maison et le gamin de mon meilleur pote. Pourquoi ? Tu aimerais participer ? »
« Ça durera plus longtemps que les autres organisations que tu as inventées ? »
« Notre club canin a duré pendant six ans ! » protesta Patmol.
« L'association des licornes a duré à peu près vingt secondes, et encore. » dit Remus, avec malice.
Patmol haussa les épaules.
« On a eu une meilleure offre. »
Remus sourit et secoua la tête.
« Tu as faim ? »
« Je suis affamé, en fait. Dumbledore a frappé à ma porte à sept heures pour me dire ce qui s'était passé au Ministère, alors j'ai loupé le petit-déjeuner. »
« Kreattur a fait des tartes pour le déjeuner. » dit Harry.
Les yeux de Remus s'éclairèrent.
« Le vieux Dumby avait des choses intéressantes à dire ? » demanda Patmol.
« Sirius, répliqua faiblement Remus. Tu ne peux pas continuer à l'appeler comme ça. »
« Pourquoi pas ? » demanda Sirius, tandis que Harry riait.
« Parce que. »
« Elle est nulle cette réponse. » dit Patmol, en agitant sa baguette pour éclairer correctement la cuisine.
La seule lampe se trouvait au-dessus du plan de travail où Kreattur travaillait.
« Le risque, c'est que je le rencontre et que je laisse échapper le nom par accident. » insista Remus, tandis qu'ils prenaient place.
« Il trouverait ça drôle, je pense. » dit Patmol, en riant un peu.
De ce que Harry avait vu du professeur Dumbledore, il était plutôt d'accord. Les rires de Patmol se transformèrent en toux et Harry et Remus partagèrent un silence anxieux, en attendant qu'il termine.
« Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? » demanda Remus quand Patmol arrêta de tousser.
Harry jeta un œil à Patmol et détourna le regard rapidement.
« Ces tartes sont prêtes, Kreattur ? » demanda Patmol, en se raclant la gorge.
Kreattur claqua des doigts et trois assiettes flottèrent vers eux.
« Merci. » dit Harry.
Patmol hocha la tête.
« Ça a l'air délicieux, Kreattur, dit Remus, en coupant sa part. Mais ne change pas de sujet. »
Patmol soupira.
« On était … à la recherche de quelque chose qui appartenait à Regulus. Un- un message. Il- c'était … bien protégé. »
« Par … ? » demanda Remus lorsqu'aucun d'eux ne poursuivit.
« Des Inferi, dit Patmol. Et une potion du Détraqueur. »
« Très drôle. » s'écria Remus.
Harry et Patmol échangèrent des regards et Harry s'éclaircit la gorge.
« Tu as vu mes blessures, dit Harry. Des hématomes en forme de mains et de doigts, tu te souviens ? »
Le visage de Remus avait pris une vilaine teinte blanche et il repoussa son assiette.
« S'il te plaît, ne me dis pas- »
Patmol jouait avec sa nourriture et secoua la tête. Remus fixa Harry qui lui rendit son regard.
« Au nom de Merlin, à quoi est-ce que tu pensais ?! » demanda-t-il.
« Que- »
« Sirius, Harry a neuf ans, déclara Remus, avec force. Des Inferi ?! Tu n'aurais même pas dû y aller, encore moins seul- ! A quoi est-ce que tu pensais, bordel ?! »
« Peut-être que j'avais besoin d'aide ? répliqua Sirius. Qui d'autre aurait pu venir avec moi ? »
« Eh bien- »
« Ouais, c'est ce que je pensais, dit Patmol, avec condescendance. Oui, peut-être que c'était irresponsable de ma part- »
Remus renifla bruyamment.
« -mais je serais mort s'il n'avait pas été là. »
Les yeux de Harry et de Patmol se croisèrent, brièvement, se comprenant sans se parler.
« Et si je devais recommencer, je le prendrais encore avec moi. »
Lunard marmonna quelque chose sur le fait que non, Patmol n'emmènerait pas Harry, et qu'en était-il de lui ?
« Toi ? demanda Patmol. Tu n'étais pas là ! »
Il s'arrêta pour tousser violemment.
« Sirius- »
« Non ! »
Patmol s'étouffa, toussant de nouveau pour s'éclaircir la gorge.
« Il n'y avait personne d'autre. Alors je l'ai emmené, et je le referais- »
Et Harry irait encore, s'il le fallait.
« -au moins pour qu'il sache où je suis- »
« Et si tu étais mort ? demanda Remus, en secouant la tête. Tu voudrais que Harry voit ça ? »
« Non, répondit Sirius. Évidemment que non, bon sang. Mais je préférerais qu'il voit ça plutôt qu'il attende ici tout seul, sans savoir ce qu'il se passe, ou quand je vais rentrer à la maison. Je sais exactement ce que c'est d'attendre. »
Les yeux de Patmol étaient étrangement vides. Harry n'aimait pas ça.
« Je sais que ça ne s'est pas très bien fini, dit-il, en s'adressant maintenant à Harry. Et je suis vraiment, vraiment, incroyablement désolé pour ça- »
« C'est rien, marmonna Harry. Je ne me souviens pas de tant que ça de choses, de toute façon. »
Et c'était vrai ; il était si fatigué, douloureux et si effrayé qu'il ne pouvait pas se rappeler de beaucoup de choses, si ce n'était Hedwige dans le bureau, sa magie accidentelle dans l'entrée et le fait d'avoir beaucoup crié sur Kreattur.
« Au moins, on a décroché le portrait de ma mère, dit Patmol, en clignant de l'œil. J'aurais disparu depuis longtemps si j'avais su que tu ferais ça. »
Harry, étrangement, se surprit à sourire largement. Patmol se tourna vers Remus.
« On a pris le poney de Catogan, d'accord ? » dit-il.
Harry fronça les sourcils en entendant l'étrange expression, mais Remus sembla comprendre.
« Je n'aime pas la façon dont ça a tourné, mais c'est fait et on est toujours là. Ça compte pour quelque chose sûrement ? »
Remus fixa ses mains pendant un moment.
« Alors le feu … c'était pour éloigner les Inferi ? »
« Comment tu sais pour le feu ? » demanda Patmol, mais il n'y avait aucune colère dans sa voix.
Il semblait surpris et un peu soulagé que Remus ait posé une question si banale. Harry s'affaissa sur sa chaise.
« Les rêves de Harry. Comment était la chambre quand tu t'es réveillé ? »
Harry haussa les épaules. Patmol lui adressa un regard sévère et Harry sut qu'il devrait s'en expliquer plus tard. Les yeux de Remus passèrent de l'un à l'autre et il laissa tomber le sujet.
« J'imagine que c'est toi qui a bu la potion. » dit Remus, en hochant de la tête vers Patmol.
« Je ne suis pas si irresponsable ! » se plaignit Patmol.
Remus arqua un sourcil, mais il affichait un demi-sourire. Il disparut rapidement.
« Combien … Combien ? »
« Dix verres. » répondit doucement Harry, en sentant le peu de nourriture qu'il avait réussi à avaler qui essayait de ressortir.
Au- au Seigneur des Ténèbres, murmura la voix cassée de Patmol dans sa tête.
« Vraiment ? » demanda Patmol, en devenant pâle.
« Dix … Rien d'étonnant à ce que tu boives tout ce chocolat, dit Remus, en secouant la tête. Vous cherchiez quoi alors ? »
« Le nom de quelque chose qui appartenait à Voldemort. »
Remus le fixa. Patmol passa une main sur son menton.
« Tu as déjà entendu parler d'Horcruxe ? »
La tête de Harry se leva assez vite pour voir Remus secouer la tête.
« Désolé, non. Qu'est-ce que c'est ? »
« Aucune idée. »
Ils réussirent tous les trois à avaler suffisamment de nourriture pour satisfaire Kreattur et ensuite, Harry emmena Remus à l'étage pour lui montrer le médaillon. Remus l'observa un long moment et haussa les épaules, toujours confus, mais curieux. Ils rejoignirent Patmol dans la bibliothèque, où ils choisirent tous les trois un livre et s'installèrent pour les parcourir.
Patmol et Lunard discutèrent doucement sans discontinuer – Harry ignorait comment ils faisaient pour lire en même temps – à propos d'un tas de choses. Harry avait du mal à se concentrer pour lire – il avait déjà assez lu ce matin-là – et finit par regarder la même phrase pendant plusieurs minutes sans la comprendre ou en écoutant la conversation ; parfois, c'était Remus qui s'excusait de n'avoir pas rendu visite à Patmol à Azkaban, d'autres fois, c'était Patmol qui questionnait Remus à propos de ses emplois et ses copines, mais il semblait qu'ils en revenaient toujours à parler des Horcruxes.
Ils restèrent là pour le reste de la journée ; Kreattur leur apporta le dîner dans la bibliothèque et s'assit même avec eux pendant un moment, même s'il ne se mit pas à lire. Il polit la bague des Black que Patmol l'avait autorisé à garder et finalement, après une longue délibération – et quelques encouragements de Patmol – il la glissa sur son doigt maigrichon. A chaque fois qu'il leur parla après ça, il faisait un petit geste de la main pour leur rappeler qu'il portait la bague.
Bien plus tard cette nuit-là – ou peut-être était-ce tôt le matin – ils abandonnèrent les livres parce qu'ils n'avaient rien trouvé et retournèrent en bas pour prendre une tasse de thé avant d'aller se coucher – et avant que Remus ne retourne chez lui. La discussion s'était tournée sur Malefoy à présent. Harry se rappelait qu'il s'agissait de l'homme qui finançait les recherches pour le trouver.
« Je disais que Malefoy avait le contrôle, dit Remus. Il use de ses relations avec Fudge, je pense, et maintenant les Aurors lui obéissent au doigt et à l'œil, tout comme le reste d'entre nous. »
Remus soupira.
« Fol-Œil est furieux, apparemment – je pense qu'il n'a jamais voulu que les deux enquêtes s'associent – mais Scrimgeour n'écoute jamais Fol-Œil- »
Patmol renifla d'une façon qui fit penser à Harry que ce n'était pas nouveau.
« Pourquoi il ne rejoint pas les recherches de Malefoy, alors ? » demanda Patmol.
« Fol-Œil, soumis à quelqu'un comme Malefoy ? demanda Remus, incrédule. Sûrement pas. De toute façon, tous les anciens Aurors travaillent avec le Département de régulation et de contrôle des créatures magiques pour trouver Greyback. »
« Greyback ? » demanda Patmol.
Harry aurait pu jurer voir les yeux de Remus se tourner vers lui pendant une seconde. Harry le regarda en retour, avant de hausser les épaules et de remplir la bouilloire.
« Il attaque de nouveau des gens. Trois, le mois dernier. »
« De nouveau ? » demanda Patmol.
« Oh, tu ne sais pas, dit Remus. Il a été plus ou moins actif depuis la fin de la guerre, juste pour rappeler aux gens qu'il est là. Je vais au camp tous les ans en janvier pour voir comment vont les choses et essayer de … euh … calmer son enthousiasme. »
« Toi ? » demanda Patmol doucement.
« Qui d'autre ? » répondit Remus, en soupirant.
Patmol ne répondit pas, mais n'eut pas l'air très heureux non plus.
Harry retira la bouilloire de la cuisinière et grimaça lorsque sa main toucha l'argent brûlant. Mauvaise idée de ne pas faire attention, se dit-il à lui-même, en plaçant sa main sous l'eau froide du robinet. La brûlure lui rappela quelque chose cependant ; avec tout ce qu'il s'était passé cet après-midi, il avait oublié de parler à Remus de cette histoire de loup-garou.
Harry ajouta des sachets de thé et de l'eau dans la théière en argent, marquée au blason des Black et attrapa trois tasses – il avait délibérément choisi celle en porcelaine pour Remus, au lieu de celle en argent – et apporta tout ça à table.
« Merci. » dit Remus à Harry, en jetant un œil à sa tasse puis à Patmol.
Patmol haussa les épaules et servit du thé à Remus, puis à lui-même.
« Pas de problème. Merci. » ajouta Harry, alors que Patmol lui tendait la théière.
Patmol et Lunard continuèrent à parler de Malefoy et des recherches en buvant. Remus avait prévu de dire à Malefoy qu'il avait été contacté par quelqu'un qui avait vu Harry et Patmol près de la maison des Dursley pour attirer son attention loin de Londres. Harry écouta avec intérêt et attendit que Remus termine sa boisson ; Harry avait déjà fini la sienne et attendait le bon moment pour lui offrir une autre tasse.
Finalement, Remus posa sa tasse vide. Harry attrapa la théière et se servit.
« Tu en veux ? » demanda-t-il, la main sur la théière.
« Oui, merci. » dit Remus.
Harry la poussa vers lui. Une drôle d'expression passa sur le visage de Remus.
« Ça ne t'ennuie pas de me servir ? » demanda-t-il.
Harry remplit sa tasse avec un sourire espiègle.
« Désolé, dit-il. J'avais oublié le truc avec l'argent. »
Il prit une gorgée de son propre thé et attendit la réaction. Ça valait le coup d'attendre. Patmol cligna des yeux. Rapidement. Et il cracha la moitié de son thé. La réaction de Remus était encore mieux. Son visage était devenu blanc et il s'était figé, sa tasse à quelques centimètres de sa bouche, inclinée comme s'il allait boire. Du thé chaud coula sur la table, mais Harry doutait qu'il était conscient de ça.
« Euh … Remus ? »
Patmol posa sa tasse, plus brusquement qu'il ne l'avait probablement prévu et nettoya le thé d'un coup de baguette. Ensuite, il retira la tasse des mains de Remus et la posa également.
« Je crois que tu l'as cassé. » dit-il à Harry.
« Tu es sûr ? On peut … Comment on arrange ça ? » demanda Harry, en se sentant un peu coupable maintenant.
« Oh, c'est facile. » répondit Patmol, en donnant une claque à Remus.
Harry grimaça. Remus sembla revenir à lui et ses yeux se posèrent sur Patmol.
« Je croyais que tu avais dit- »
« Je n'ai rien dit. Je ne sais pas- »
« Comment tu sais ? » demanda doucement Remus à Harry.
« Comment je sais quoi ? » répondit Harry, confus.
« A propos de ma … à propos de l'argent. »
« Oh, je … euh … j'ai lu sur ça. »
La tête de Remus heurta la tête avec un bruit sourd.
« Tu as lu ? demanda Patmol, l'air amusé. Tu ne lis jamais. »
« Je voulais savoir. » se défendit Harry.
Il jeta un œil à Remus.
« Je suis désolé. Je ne voulais pas- Est-ce que tu vas bien ? » demanda Harry.
« Génial. » grogna Remus à la table.
« Alors pourquoi- ? »
Patmol donna un coup de coude à Harry et secoua la tête.
« Lève la tête, Lunard, mon vieux. » dit Patmol.
« Non. » répondit Remus, toujours à la table.
Patmol leva les yeux au ciel, en souriant largement.
« Tu lui aurais dit, de toute façon. »
« Je sais, dit Remus, sa voix étouffée. Mais j'aurais pu me préparer pour ça au lieu qu'on me le jette à la figure. »
Il leva les yeux et fusilla Patmol du regard.
« Encore. »
« Ça doit être un truc de Potter. » dit Patmol, avec enthousiasme.
Remus roula des yeux.
« Est-ce que je peux parler ? » murmura Harry.
Patmol se mit à rire. Harry se tourna vers Remus.
« Ça te … Je veux dire, est-ce que ça te dérange si je t'appelle Lunard ? » demanda-t-il.
Remus cligna des yeux, l'air confus par le soudain changement de sujet.
« Je … euh … je suppose que non. »
« Merci. » répondit joyeusement Harry.
Lunard et Patmol semblaient avoir une conversation silencieuse – Harry se souvenait que Patmol lui avait dit qu'ils faisaient ça pour ennuyer Peter ou pour rendre un professeur nerveux – et ils se tournèrent vers Harry en même temps.
« Qu'est-ce que tu sais d'autre, à part pour l'argent ? » demanda prudemment Patmol, ses yeux se tournant sans arrêt vers Lunard.
« Pas grand-chose. Je sais que tu as des sens plus développés que la normale, répondit Harry. Et … euh … un petit … euh ... problème … pendant les pleines lunes. »
« Un petit problème, dit Remus, avec un rire sans joie, tout en laissant sa tête retomber sur la table. S'il y avait encore des doutes sur l'identité de son père … »
« Les doutes ont disparu, maintenant. » répondit Patmol, qui avait les yeux très brillants.
« Et je sais que vous utilisiez la Cabane Hurlante pour vous transformer. Je pensais que c'était juste pour les transformations d'Animagus, mais j'ai fini par comprendre. C'est pour ça que vous l'avez fait, pas vrai ? demanda Harry, en se tournant vers son parrain. Pour tenir compagnie à Lunard ? »
Patmol acquiesça.
« James et moi avions l'habitude de parler du petit problème de fourrure de Remus- »
« Pour blaguer- », ajouta Lunard.
« Ce n'était pas une blague, dit Patmol, l'air renfrogné. Lunard, ici présent, aimait beaucoup se plaindre. »
Il tourna la tête vers un Lunard exaspéré.
« A propos de tous ses problèmes – il le fait toujours, apparemment – et le jour où on l'a confronté, Cornedrue avait dit que ce n'était rien d'autre qu'un petit problème de fourrure. »
Lunard laissa échapper un petit bruit de désaccord.
« Et c'est toujours juste ça. » dit Patmol avec fermeté.
Lunard fit la grimace.
« L'expression est restée. »
« Les gens croyaient que je possédais un lapin très mal élevé. » soupira Lunard.
« James et moi, nous amusions beaucoup à encourager cette rumeur. » dit Patmol, en souriant largement.
Lunard souffla en direction de Patmol, avant de se tourner vers Harry, ses yeux marrons grands ouverts et sérieux.
« Écoute, Harry, la vérité dans tout ça, c'est que je suis dangereux- »
« Pendant les pleines lunes, dit Harry. Ouais, je sais. »
Patmol rayonnait.
« Oui, mais- »
« Mais quoi ? »
« Il n'a rien, gamin, dit Patmol, en souriant à un Lunard stupéfait. Absolument rien. »
« J'ai quelque chose, répliqua vivement Lunard. Ça s'appelle la lycanthropie et- »
« Et c'est contagieux seulement pendant les pleines lunes. » lui dit rapidement Patmol.
« Ce n'est pas prouvé, protesta Lunard. Ils ne connaissent pas encore les conséquences- »
« Qu'est-ce que tu veux, Lunard ? demanda Patmol, exaspéré. Tu disais hier que tu avais supplié Dumbledore pendant des années de te donner la garde de Harry et maintenant, tout d'un coup, tu es trop dangereux pour passer du temps avec lui ? »
« Eh bien, je ... »
Lunard fronça les sourcils et ferma la bouche. Harry ricana.
« En tant que tuteur légal de Harry- »
« Un statut obtenu grâce à des actions illégales. » marmonna Remus.
« Silence, lui dit Patmol. Comme je disais, en tant que tuteur légal de Harry, c'est à moi qu'il revient de décider qui il peut fréquenter. »
« Je suis juste ici ! lança Harry. Je peux prendre ces décisions moi-même, merci. »
« Tu es d'accord avec moi ? » demanda Patmol.
« Eh bien, ouais, bien sûr, je- »
« Alors, tais-toi, dit Patmol, avec un large sourire. Comme je disais, je- nous sommes plus qu'heureux de t'avoir parmi nous, Lunard. »
Lunard déglutit.
« J'avais besoin de ça. » dit-il.
« Quoi, quelqu'un pour garder ton dégoût de toi-même au minimum ? » le taquina Patmol.
« Oui. » dit Lunard, sans tourner autour du pot.
Il se tourna de nouveau vers Harry.
« Tu ne viendras jamais, sous aucune circonstance, près de moi pendant une pleine lune. Je suis clair ? »
Pour l'instant, décida Harry, en se demandant à quel âge on pouvait devenir Animagus.
« Ouais, tu es clair. »
« Bien. Justement, en parlant de pleines lunes ... » dit Patmol, avec excitation.
« Tu as toujours été aussi sadique, Patmol ? demanda Lunard sèchement. Être si impatient de me voir souffrir ? »
« Non, crétin, dit Patmol. Maintenant que tu sais que je ne suis pas un tueur lunatique, je vais de nouveau pouvoir venir avec toi. »
Harry ne pensait pas avoir déjà vu quelqu'un sourire aussi largement que Lunard à ce moment-là.
