Bonjour, bonsoir ! Allez, un nouveau chapitre pour fêter le samedi soir, ça fait pas de mal ! Bonne lecture tout le monde ! N'hésitez pas à laisser votre avis à la fin, comme d'habitude !
« Où tu étais passé ? » murmura Prewett, tandis que Tonks venait de se faufiler dans la salle, en retard.
Scrimgeour lui adressa un regard, avant que ses yeux jaunes ne se tournent vers l'endroit où Fol-Oeil se tenait, avec l'air de celui qui était là depuis un moment. Tonks patienta jusqu'à ce que Scrimgeour soit distrait par une question de Brown.
« Disons juste que je comprends d'où vient le surnom de 'Fol-Oeil'. » murmura-t-elle.
Marlène se détourna, en dissimulant un sourire James avait dit quelque chose de très proche après que lui et – Marlène se força à penser le nom – Sirius soient sortis de leur première vraie leçon avec l'Auror.
« Il s'est arrêté pour interroger le sorcier qui vérifie les baguettes dans l'atrium et ensuite, ils nous a fait descendre jusqu'au Bureau de Contrôle et Régulation des Balais pour essayer de duper tout ceux qui pourraient vouloir nous suivre – pour Merlin sait quelle raison ! - et pour demander s'il existait des lois concernant les gens qui lancent des enchantements sur leur propre balai. »
« Bien sûr qu'il y en a. » lui dit Marlène.
De l'autre côté de Prewett, Wellington et Clarke avaient l'air stupéfait de l'entendre parler.
« Des joueurs de Quidditch ont été virés pour ça ! »
« Oh, c'est vrai ! s'exclama Clark. Dmitri- »
« Qui ? » demanda Prewett, dans le vide.
« Il était Attrapeur pour les Pies de Montrose. » dit Clarke avec impatience.
Les sourcils de Marlène se levèrent. Melvin Clarke était l'une des personnes les plus maladivement timides qu'elle n'ait jamais rencontré, et pourtant il parlait avec passion de Quidditch. Ils pourraient sans doute s'entendre bien mieux qu'elle ne l'aurait pensé.
« Il a été viré parce qu'il avait placé un sort sur son Brossdur pour qu'il repousse tout ce qui pesait plus lourd qu'un Vif d'or. Verpey – il jouait pour les Frelons de Wimbourne – a eu le nez cassé parce que le sort l'a repoussé contre l'un des anneaux. »
« C'est exactement ce qu'a dit le type au bureau, répondit Tonks, en soupirant. Et alors Maugrey a dit 'Est-ce que je ressemble à un joueur de Quidditch, d'après toi ?!' »
Elle se débrouilla pour imiter la voix de Maugrey à la perfection.
« -et les choses ont commencé à empirer à partir de là. »
« Mais tu as manqué la session de ce matin. » insista Prewett.
« Tout comme toi. » fit remarquer Clarke, redevenu timide tout à coup.
« J'ai manqué la première demi-heure. » s'écria Prewett.
Clarke avait l'air de vouloir s'enfoncer dans le sol.
« Et je te l'ai déjà dit : J'ai raté mon réveil. »
Wellington ricana. Tonks fit la grimace.
« Si vous voulez savoir, dit-elle sur un ton un peu irrité. Maugrey m'a fait vidé des cartons. »
« Des cartons ? » demanda Wellington, dubitatif.
« Il vient d'emménager dans une nouvelle maison, soupira Tonks. Et évidemment, il ne veut pas tout déballer au cas où il aurait besoin de partir précipitamment, mais il ne me l'a pas dit avant que j'ai tout vidé et que j'ai redonné leur bonne taille à tous ses livres, alors qu'il ne fallait pas non plus tous les sortir. Je me suis trompée hier, alors il m'a fait revenir ... »
Les trois autres firent la grimace et ne remarquèrent pas quand Tonks croisa le regard de Fol-Oeil et lui adressa un clin d'œil. Marlène, en revanche, le remarqua.
« Peut-être que tu pourrais demander à changer de mentor ? » suggéra Prewett.
Tonks secoua la tête.
« Nan, je vais me débrouiller. Alors, vous avez fait quoi quand j'étais en train de jouer à la décoratrice ? »
« Eh bien, on s'est entraîné évidemment. Mais hier, on a passé du temps en famille. » dit sinistrement Prewett.
« Apparemment, Sirius Black pourrait vouloir s'en prendre à sa cousine. » leur dit Clarke.
« Ça serait génial. » dit Wellington.
Marlène retint sa langue. Tout juste. Idiot. Aucun de vous n'aurait une chance face à Sirius. Marlène le savait parfaitement puisqu'ils se battaient en duel chaque matin chaque vendredi matin, la session d'entraînement commençait par une heure de duel. Wellington était lent et prenait trop de temps pour décider ce qu'il allait utiliser, même si les sorts qu'il utilisait étaient très puissants.
Prewett avait l'air d'être une duelliste correcte – mais toujours bien loin du niveau de Sirius, si les souvenirs de Marlène étaient exacts – mais elle semblait un peu déconcentrée. Clarke avait le potentiel pour devenir excellent, s'il réussissait à dépasser son apparente aversion à faire du mal aux gens il avait lancé un sortilège d'Entrave à Marlène et avait lancé un sortilège de Coussinage immédiatement après pour qu'elle ne se fasse pas mal en heurtant le sol. Ça partait d'un bon sentiment, mais c'était une perte de temps et durant la guerre, cela lui aurait certainement coûté la vie.
« Ce serait terrifiant surtout, dit Prewett d'une voix glacée. Et je pense qu'ils ont assez à gérer sans cette menace sur leurs têtes. »
Clarke avait l'air triste.
« Je suis d'accord. » dit doucement Marlène.
« Tu connais Tante Alice ? » demanda prudemment Prewett.
« On a partagé un dortoir. »
C'était tout ce qu'elle était encline à partager, mais heureusement, Prewett n'en demanda pas plus.
« Tu as déjà rencontré Mrs Longdubat ? » demanda Clarke.
Marlène acquiesça. Clarke se mordit la lèvre pendant un moment comme s'il se demandait s'il devait parler ou non.
« Elle est toujours si … ? »
« Grincheuse ? proposa Marlène, tandis que Prewett levait les yeux au ciel. Oui. On s'y habitue, cela dit. »
« Comment ? »
Marlène haussa les épaules.
« Avec le temps. Elle s'attache rarement aux gens très rapidement. »
Sauf Alice. Alice aurait pu dire ou faire n'importe quoi et elle s'en serait tiré sans dommage … Ça ne concerne qu'Alice, cependant. Ou concernait. Maintenant, elle ne dit ou ne fait plus rien du tout.
« Eh bien, vous avez l'air joyeux tous les deux. » dit Tonks, en souriant largement.
Wellington ricana.
« Melvin, Mrs Longdubat peut être un peu … difficile, mais il y a des gens bien pires avec qui tu pourrais travailler. Crois-moi. » murmura-t-elle.
Marlène leva les yeux malgré elle, en se demandant ce que Fol-Oeil avait demandé de faire à la fille elle n'avait pas cru à cette histoire de cartons, même si elle avait cru à celle du Bureau de Contrôle et de Régulation des Balais.
« Et McKinnon, on dirait que quelqu'un vient de mourir ! Sirius ne s'en prendra pas à eux s'ils ont des Aurors avec eux. »
Tonks disait clairement ça pour la rassurer. Marlène trouva ça inquiétant, cependant Alice et Frank avaient été Aurors. Ils avaient commencé leur entraînement pendant leur septième année et avaient été diplômé un an après. Ils faisaient partie des meilleurs et ça ne les avait pas sauvé quand Bellatrix Lestrange avait débarqué. L'expression sur le visage de Prewett fit dire à Marlène qu'elles étaient sur la même longueur d'ondes.
« C'est vrai. » dit Marlène platement, avant de s'éloigner pour trouver quelqu'un d'autre à rejoindre.
Elle s'écarta du reste des apprentis presque immédiatement et, puisque son propre mentor n'était pas là – elle s'approcha de Fol-Oeil.
« McKinnon. » dit-il, en la regardant de son œil normal.
Son œil magique regardait Tonks.
« Fol-Oeil. » répondit-elle.
Sa voix se brisa un peu. L'autre œil pivota et se fixa sur son visage.
« Tout va bien ? » demanda-t-il dans un grognement.
« Non … oui. Je- voulais juste trouver un endroit plus calme. »
« Hmm. »
Elle ne s'embêta pas à lui demander si cela l'ennuyait si c'était le cas, il l'aurait déjà dit.
« Qu'est-ce que tu penses de Robards ? »
« Je l'aime bien. » dit-elle, reconnaissante pour le sujet qui ne lui donnait pas envie de pleurer.
« Je pensais bien. » dit Maugrey, l'air satisfait.
« Qu'est-ce que tu penses de Tonks ? »
« Elle fera l'affaire. » dit-il.
Marlène arqua un sourcil.
« Tu l'apprécies tant que ça ? »
Fol-Oeil regarda Tonks de nouveau et haussa les épaules.
« Alors qu'est-ce qu'on a manqué ce matin ? » demanda Tonks, tout en regardant en direction de Marlène et de Maugrey.
Elle semblait plus détendue avec lui qu'avec eux, alors Tonks supposa qu'elle allait bien, même si elle aurait aimé savoir ce qu'ils avaient fait de mal. Peut-être qu'elle le demanderait à Maugrey plus tard.
« Eh bien, du duel, dit Ben. C'était cool. Le reste était ennuyeux. »
« J'ai trouvé que c'était important, dit timidement Melvin, en jetant un œil à Tonks puis à Florence. L'Auror Scrimgeour et Madame Bones nous ont parlé de nos responsabilités en tant qu'Aurors et les choses qu'on pouvait faire ou non. »
« Comme quoi ? » demanda Florence, en écartant une mèche de cheveux de son visage.
« Eh bien, on ne peut pas faire une arrestation sans un autre Auror tant qu'on est pas en deuxième année, dit Melvin, en crispant son visage, avec l'air de rechercher dans ses souvenirs. Il y a une liste de sorts qui peuvent nous faire exclure du programme si on les utilise sans autorisation. Si on enfreint la loi, on sera puni plus sévèrement que n'importe quel autre sorcier et … euh … j'oublie quelque chose. »
Il s'arrêta, les sourcils froncés.
« On ne peut pas casser des baguettes. » compléta Ben.
« C'est ça ! » dit Melvin, en claquant des doigts.
Tonks et Florence échangèrent un regard abasourdi.
« Si c'est une question de vie ou de mort, ils feront une exception, bien sûr – ils le font avec presque tout – mais autrement, tu devras subir un procès et tout ça. »
« Alors casser les baguettes, c'est juste une menace ? » demanda Florence, l'air surpris.
« Plutôt efficace comme menace, marmonna Tonks. Je- »
« Silence ! s'écria Scrimgeour depuis l'avant de la salle. Cet après-midi, vous allez apprendre à créer et utiliser l'un des objets les plus utiles que vous rencontrerez dans votre carrière d'Auror. »
Tonks se redressa immédiatement, curieuse de voir de quel objet il s'agissait.
Elle n'arrivait pas à voir derrière l'épaule de Ben et allongea ses jambes de quelques centimètres. Florence était petite – même en comparaison de la taille normale de Tonks – et lui adressa un regard mauvais. Melvin était aussi petit – plus proche de la taille de Tonks – et la regarda d'un air interrogatif.
Scrimgeour passa un sac de toile à l'un des Aurors. Il y eut un petit cliquetis, comme s'il y avait des gallions à l'intérieur. Florence sembla l'entendre aussi et croisa le regard de Tonks.
« Qu'est-ce que c'est ? »
« J'sais pas c'est dans un sac. » répondit-elle, en murmurant.
L'Auror s'approcha du groupe, tendant le sac à chacun.
« Prends-en un. » dit-il quand il fut arrivé à côté de Tonks.
Elle tendit la main et sortit un objet rond et brillant. Pendant un moment, elle se demanda si c'était vraiment un gallion, mais il était trop lourd, beaucoup trop épais, et le dernier gallion que Tonks avait vu n'avait certainement pas de chaîne reliée à lui.
Elle le tourna entre ses doigts. Il était doré comme un gallion, mais il y avait aussi un 'M' gravé sur l'une des faces. Une baguette se trouvait au centre du 'M' et des étincelles – couleur argent et bronze – illuminaient le reste de la surface dorée. Autour du bord, on pouvait lire les mots FORTITUDE, VIRTUS, DETERMINATION, INTELLIGENTIA.
« Quelqu'un connaît le latin ? » murmura Tonks.
Ben, qui avait son – quoi que ce soit – serré dans sa main et qui l'approchait de son oreille, secoua la tête. Florence tenait le sien devant ses yeux, en le détaillant, et ne sembla pas entendre Tonks. Melvin, qui tenait le sien près de son torse comme s'il avait peur que quelqu'un ne le lui prenne ou qu'il le fasse tomber, secoua la tête.
« Est-ce que quelqu'un l'a remarqué ? » demanda Scrimgeour.
Il y eut un silence. Il s'éclaircit la gorge.
« Courage, vertu, détermination et intelligence, dit-il d'une voix forte et claire. C'est le code des Aurors. Oubliez-le et vous ne durerez pas longtemps ici. De façon à ce que vous ne l'oubliez pas, il vous faudra dire ces mots à chaque fois que vous voudrez utiliser l'objet. »
Scrimgeour les regarda tous.
« Alors, allez-y. »
Tonks jeta un œil autour d'elle et rencontra le regard étonné de plusieurs autres apprentis. Elle murmura les mots et observa avec stupeur deux petites charnières sortir de chaque côté, tandis qu'une ligne se formait entre elles sur le côté lisse. Il s'ouvrit avec un clic et elle l'observa de plus près, avant que son attention ne soit attirée vers autre chose.
« Courage, vertu, détermination et intelligence, murmura Florence, même si le sien était déjà ouvert. Comme les quatre Maisons. Gryffondor, Poufsouffle, Serpentard et Serdaigle. »
« Les Serpentard sont déterminés ? demanda ironiquement Ben. Plutôt fourbes et suffisants »
« Ce n'est pas vrai. » dit doucement Melvin.
« Ils sont pourris, tous autant qu'ils sont. » dit Ben.
« C'est loin d'être vrai, le railla Tonks. Ma mère est une Serpentard, tout comme l'un de mes meilleurs amis ! »
Ben eut l'air scandalisé.
« Tu rigoles ! »
« Non. » dit Tonks, en fronçant les sourcils.
« Tu ne sais pas qu'ils sont malfaisants ? demanda Ben. Tous les mages noirs ont été à Serpentard. »
« Ce n'est pas vrai ! s'écria Florence. Les gens peuvent être mauvais sans pour autant avoir été à Serpentard ! »
« Nomme-en un. » dit Ben en lui adressant un regard mauvais.
Florence ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais ne sembla pas capable de le dire. Ben la surplombait avec un sourire suffisant. Tonks plaça son objet dans sa poche pour ne pas le casser. Melvin fit un pas en avant, comme pour protéger Florence, mais Tonks le battit là-dessus en frappant l'épaule de Ben. Avec force. Il baissa les yeux vers elle, un peu surpris.
« Sirius Black, voila le nom, aboya-t-elle. Il était à Gryffondor et c'est sûrement l'un des pires, si tu n'inclus pas Tu-Sais-Qui ! »
Ou Lucius Malefoy.
« Alors ne me dis pas qu'il n'y a que des Serpentards qui- »
« Alors maintenant, tu dis que les Gryffondor sont malfaisants ? »
Ben avait sorti sa baguette maintenant et la pointait sur Tonks. Elle dégaina la sienne.
« Ne sois pas idiot, grogna-t-elle. J'ai juste dit- »
« Et Sirius Black n'était même pas à Gryffondor ! Il était à Serpentard ! Tout le monde sait ça ! »
« Sirius n'était pas à Serpentard ! » cria Tonks, vaguement consciente qu'ils étaient en train d'attirer l'attention des autres apprentis et des Aurors maintenant.
Elle ne s'en préoccupait pas vraiment.
« Tout le monde pense qu'il l'était parce que, comme toi, ils sont trop intolérants pour voir plus loin que les préjugés ! »
« Alors, les Gryffondor sont intolérants maintenant ?! » rugit Ben.
« Non ! cria Tonks. Toi, tu es intolérant ! »
« Comment oses-t- ? »
« ÇA SUFFIT ! »
Tonks sursauta. Maugrey, Scrimgeour et le mentor de Ben, Shacklebolt, se tenaient près d'eux. Maugrey l'attrapa par le dos de sa robe et la tira – plutôt durement – jusqu'au fond de la salle. Elle trébucha une fois et perdit l'équilibre, mais Maugrey continua d'avancer. Un rapide regard en arrière lui apprit que Ben était traîné par Shacklebolt dans la même direction. Scrimgeour était en train de s'adresser aux autres apprentis. Florence, Melvin et même McKinnon la regardaient avec des expressions inquiètes.
« Incline-toi devant ton adversaire. » lui dit Maugrey.
« Incl- Quoi ? » demanda Tonks en se tournant pour le regarder.
Maugrey appuya sur sa tête et elle s'inclina, mais réussit à regarder plus loin et vit que Ben faisait pareil. Maugrey la relâcha et s'écarta d'un pas. Il n'y avait personne à côté de Ben non plus.
« Quand vous êtes prêts. » dit Scrimgeour.
« Quand on est prêt pour- Oh ! » dit Tonks, en esquivant un jet de lumière jaune.
« Duel ! » aboya Maugrey.
« Expelliarmus ! » cria Ben.
La baguette de Tonks glissa de sa main, mais elle tendit le bras et la rattrapa (même si son bras avait du grandir de quelques centimètres pour y parvenir).
« Parva Digitum ! » dit-elle avec fermeté.
Il n'y eu aucun changement immédiat dans l'apparence de Ben bien sûr, mais le sort ne prenait pas longtemps pour faire apparaître ses effets une expression étrange passa sur le visage de Ben – Tonks imaginait qu'avoir une partie de son corps qui se mettait à rétrécir soudainement devait être plutôt déconcertant pour ceux qui n'y étaient pas habitués – et il vacilla. Il fit un pas en avant, en essayant peut-être de se stabiliser, avant de s'effondrer au sol. Après tout, il était plutôt difficile de garder l'équilibre sans ses orteils.
Il lui adressa un regard mauvais depuis le sol, tandis que les autres essayaient de comprendre ce qu'elle avait fait exactement. Elle pensait, cependant, que Maugrey le savait grâce à son œil.
« Incarcerous. »
Ben semblait retrouver ses esprits.
« Protego Ignis ! »
Un Bouclier enflammé apparut devant lui et brûla les cordes avant qu'elles ne le touchent. Il n'essaya pas de se lever. C'était malin de sa part et stupide en même temps. Papa avait dit à Tonks une fois – que ce soit dans un duel, un combat ou une dispute – qu'elle ne devait jamais combattre depuis le sol.
« T'essayes de m'avoir alors que je suis au sol ? haleta Ben. T'es aussi dégoûtante que tes amis de Serpentard. Limus Velo ! »
Tonks ne put s'empêcher de crier lorsqu'elle se retrouva aspergée de la tête aux pieds par une épaisse couche d'une substance visqueuse verte claire. Ça n'avait aucun goût, mais elle n'aima pas avoir ça dans la bouche et même si ça ne lui piquait pas les yeux, elle n'avait aucune envie d'en avoir dans les yeux non plus. Elle cracha pour s'en débarrasser.
« Aguamenti ! »
Ben avait déjà levé son Bouclier, mais elle ne le visait pas. Elle avait prévu de se nettoyer car elle préférait encore être mouillée que visqueuse.
« Tussio ! »
Ben se courba, se mettant à tousser de manière incontrôlée pendant quelques instants, mais il agita sa baguette une fois, visiblement en train de lancer un contre-sort informulé, avant de l'agiter de nouveau. Tonks s'écarta et trébucha. Ben hésita, considérant apparemment ses options.
« Suffocio ! »
Au même moment, Tonks sauta sur ses pieds.
« Expelliarmus ! »
Peu de temps après qu'elle ait prononcé le sort, une main invisible empoigna sa gorge et commença à serrer. Elle essaya de la faire lâcher, mais elle ne trouva aucune prise. Horrifiée, elle regarda Ben, qui avait été projeté en arrière, désarmé, et les autres Aurors, qui étaient en train de parler entre eux enfin, en train de crier plus exactement, dans le cas de Maugrey, mais elle ne pouvait pas entendre ce qu'il disait, seulement voir qu'il levait les mains en l'air.
Finite Incantatem, pensa-t-elle, en tremblant et en pointant sa baguette sur elle. Ça n'eut aucun effet. Désespérée, elle pensa à la peau la plus dure qu'elle pouvait faire apparaître et se concentra pour faire pousser sur son cou des écailles de dragon qui pourraient résister à l'étranglement. Cela marcha un peu mieux. Si ça n'avait pas marché, elle aurait pu se faire pousser des branchies et faire apparaître un bac d'eau. Elle fut capable de lâcher une respiration hésitante.
« Finite Incantatem. » essaya-t-elle à nouveau, à haute voix cette fois.
La pression disparut complètement et elle respira à plein poumons. Quand elle fut certaine que les effets du sort avaient disparus, elle retransforma son cou en peau humaine et annula le sort sur les orteils de Ben. Maugrey s'avança en boitant.
« Bien joué. » dit-il doucement.
« Apprentie Tonks, si vous voulez bien nous rejoindre ici, s'il vous plaît. »
Elle et Maugrey rejoignirent Scrimgeour, Shacklebolt et Ben, qui avait l'air maussade mais au moins, se tenait debout.
« Maintenant, commença Scrimgeour sur un ton haché. Que vous avez évacué votre fébrilité, peut-être que vous allez être capables d'expliquer le problème calmement. Apprentie Tonks, en tant que gagnante, vous avez gagné le droit de parler en premier. »
Tonks ouvrit la bouche et changea soudainement d'avis. Elle n'était pas une première année qui courrait vers son directeur de Maison dès qu'elle avait un problème. Les Poufsouffle – et elle était une Poufsouffle, et fière de ça – ne dénonçaient pas les autres à moins que ça ne soit absolument nécessaire. Ce n'était pas le cas. Elle pourrait crier sur Ben et le ramener à la raison plus tard, sans l'humilier plus que la perte du duel ne l'avait déjà fait.
« Ben peut commencer. » dit-elle.
Les Aurors levèrent leurs sourcils, presque à l'unisson, et Ben s'enferma une seconde dans son silence.
« Elle, dit-il, sur un ton de grave accusation. Elle a dit que les Gryffondor étaient malfaisants, elle a menti à propos de Sirius Black et m'a traité d'intolérant ! »
Tonks croisa les bras et lui adressa le regard le plus cinglant qu'elle avait vu McGonagall utiliser. Ben vacilla et Tonks pensa que c'était probablement parce qu'elle avait transformé son nez, ses lèvres et ses yeux en ceux de McGonagall pendant qu'elle essayait d'imiter son regard.
« Vous avez fait ça ? » demanda Scrimgeour, en posant ses yeux jaunes sur elle.
Elle fixa ses yeux avec curiosité, en se demandant si elle pourrait changer les siens pour les imiter, et réalisa ensuite qu'ils attendaient une réponse.
« Je l'ai traité d'intolérant. » dit-elle, en haussant les épaules.
« Et les autres choses ? »
« Nope, dit-elle, en appuyant le 'p'. Je lui ai dit que les Serpentard n'étaient pas malfaisants- »
« Ils le sont. » murmura Ben.
« -pas tous du moins, poursuivit-elle, comme si elle n'avait pas été interrompu. Et je lui ai aussi dit que Sirius Black était à Gryffondor quand il était à l'école, pour prouver ce que je disais sur le fait que tous les Gryffondor ne sont pas vertueux. »
« Sirius Black n'était pas- » commença Ben.
« Sirius Black était à Gryffondor, jeune homme. » dit Maugrey, l'air soudain très fatigué.
« Vous êtes sûr ? » demanda Ben, l'air dubitatif.
« Je l'ai formé, grogna Maugrey. Lui et James Potter. Gryffondor, tous les deux. »
Ben avait l'air dévasté.
« Mais- mais Serpentard- »
« Vous avez un problème avec Serpentard ? » demanda Scrimgeour sur un ton très calme.
Tonks aurait parié sa place dans la formation qu'il en était un lui-même et dût étouffer un rire.
« Oui. » répondit Ben avec des yeux défiants.
« Venez avec moi. » dit froidement Scrimgeour.
Il s'éloigna en boitant.
« Shacklebolt ! »
Shacklebolt fit un geste pour encourager Ben à le suivre et emboîta le pas du Chef des Aurors.
« Comment va ta gorge ? » demanda Maugrey.
« Vous saviez ? demanda Tonks. J'aurais pu mourir ! »
« T'évanouir. Le sort s'arrête quand la cible s'évanouit ou quand un contre-sort est dit à voix haute. »
Cela, Tonks devait l'admettre, était malin comment quelqu'un pouvait dire le contre-sort quand le sort l'empêchait de respirer ?
« Scrimgeour voulait voir ce que tu allais faire. »
« Pourquoi ? »
« Parce que quand les apprentis sont sous pression, cela donne une bonne idée de leur caractère. Est-ce qu'ils paniquent ? Est-ce qu'ils abandonnent ? Est-ce qu'ils se battent ? Scrimgeour aime savoir ce genre de choses. »
Tonks soupira.
« Est-ce que j'ai réussi ? »
« Non. » dit Maugrey.
Tonks ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais il la devança.
« Tu n'as pas échoué non plus. »
Il lui lança un clin d'œil et s'éloigna en boitant, en la laissant là, à essayer de comprendre ce qu'il avait dit. Florence et Melvin se lancèrent vers elle une seconde après et plusieurs autres apprentis s'approchèrent pour la féliciter.
« Merci. » marmonna-t-elle, en espérant qu'ils allaient la laisser tranquille.
Et ils le firent, finalement, quand l'Auror Blackburn attira de nouveau l'attention de tout le monde sur les petits objets.
Tonks retira le sien de sa poche. Il était toujours ouvert et elle eut l'occasion de l'observer correctement cette fois-ci. Un petit écran rond se tenait verticalement au milieu. De chaque côté, il y avait un cadran d'horloge. A l'intérieur des cadrans, cependant, se trouvaient deux demi-cercles. L'un se trouvait sur la moitié supérieure et affichait des nombres entre zéro et cent quatre-vingt, et l'autre se trouvait en dessous et affichait des nombres de zéro à soixante.
Il y avait quatorze aiguilles de chaque côté deux d'une couleur très brillante et dorée qui semblaient donner l'heure. Huit des autres aiguilles étaient divisées en quatre couleurs différentes, deux de chaque couleur : bronze, noir, argent et doré. Les quatre dernières aiguilles étaient aussi de ces couleurs, mais beaucoup plus petites que les autres.
Les deux côtés de l'objet étaient perpendiculaires à l'espèce d'horloge, étaient également dorés et brillants et comportaient un creux pour laisser une place à l'écran lorsque l'objet serait refermé.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Tonks à Florence, qui haussa les épaules et secoua le sien.
« Tout d'abord, s'exclama Blackburn. Cet objet est un Système Sécurisé de Communication et d'Identification avec Horloge Coordonnée, autrement appelé S.S.C.I.H.C, ou Sidekick. Votre mentor vous montrera comment ajouter des détails sur l'extérieur du Sidekick. Si un sorcier demande à vous identifier, c'est cet objet que vous devrez lui montrer. »
Il ouvrit son propre Sidekick, le leva et désigna les horloges.
« Voilà l'Horloge Coordonnée. Un côté vous montrera l'heure qu'il est en fonction de votre localisation, ainsi que votre position géographique. Le bronze correspond à l'Est, le noir à l'Ouest, l'argent au Nord et l'or au Sud. Les aiguilles vous montrent votre position en degrés avec les nombres du haut et en minutes avec ceux du bas. Les secondes sont déterminées par les plus petites aiguilles, de la même façon dans le cadran du bas. »
L'Auror Finch prit la relève.
« L'autre partie de l'Horloge Coordonnée est pour votre partenaire ou, dans votre cas, pour votre mentor. La plupart du temps, elle vous montrera où se trouve votre mentor – ne vous embêtez pas à regarder maintenant ils n'ont pas été encore configuré- »
Dale rougit, ses joues devenant de la même couleur que la robe qu'elle portait.
« -mais elle peut aussi être utilisée pour planifier des rencontres. S'ils ont besoin de vous à un certain endroit, à une certaine heure, les aiguilles de l'horloge montreront l'heure et les autres aiguilles indiqueront le lieu. Vous pouvez aussi bouger les vôtres pour les appeler quelque part. »
Un autre Auror – Proudfoot, pensa Tonks – prit la place de Finch.
« L'intérieur de votre appareil – pas l'Horloge Coordonnée – n'est pas encore décoré. Nous vous apprendrons un sort dans quelques instants qui vous permettra de laisser votre propre symbole sur un autre Sidekick. Quand le propriétaire de cet autre Sidekick énoncera le mot de passe – choisi par vos soins – il sera capable de vous parler à travers l'appareil. »
Je me demande si c'est inspiré des téléphones … songea Tonks. Plusieurs autres semblaient penser à la même chose elle entendit le mot plusieurs fois et une main se leva. Tonks pensait qu'il s'agissait de Brown.
« Ces appareils sont inspirés des téléphones moldus, non ? »
« A chaque fois. » murmura Finch en donnant un gallion à une autre sorcière.
« Ils fonctionnent de la même façon, mais n'ont pas été inspiré par les téléphones. » dit Proudfoot.
Tout le monde attendit. Il soupira.
« Ils sont basés sur une paire de miroirs que deux anciens Aurors utilisaient pour communiquer pendant la guerre. »
Les yeux de Proudfoot se posèrent sur Maugrey, qui acquiesça brusquement. Tonks se demanda de quoi il s'agissait.
« Maintenant, si vous levez votre baguette comme ceci, dit une Auror avec un bandeau sur l'œil, en se rapprochant – Tonks se souvint que son nom devait être McDuff. Et que vous dites Imprima ... »
« Non, James, je n'ai pas- Reg- Lily, s'il te plaît- »
« Réveille-toi, murmura Harry en secouant Patmol. Patmol, s'il te plaît, réveille-toi. »
« James, non … Ce n'était pas moi, je ne pourrais pas- »
« Harry ?! »
Merci Merlin ! Harry se mit à courir vers le palier et passa la tête par-dessus la rampe.
« En haut ! » s'écria-t-il.
Il aperçut le visage pâle de Lunard et il y eut ensuite des bruits de pas dans les escaliers. Quelques secondes après, Lunard apparut, l'air inquiet et à bout de souffle.
« Où est-il ? » demanda-t-il en plaçant une main sur l'épaule de Harry.
« Ici. »
Lunard le suivit dans la chambre et s'approcha rapidement du lit.
« Remus. » dit Patmol, agité.
Harry et Lunard sursautèrent tous les deux.
« Remus, ce n'était pas moi, c'était Peter … Lunard, non, non ! S'il te plaît ! James ! James, je suis désolé- ! »
Lunard se secoua et attrapa sa baguette.
« Rennervate. » dit-il fermement.
Patmol haleta et ses yeux s'ouvrirent. Harry et Lunard entreprirent tout de suite de le calmer oui, il était dans la chambre de Harry. Non, il n'était pas autorisé à se lever et Lunard lui lancerait un sort s'il essayait. Oui, il devait manger la Chocogrenouille que Harry avait sorti de la table de chevet, même s'il ne le voulait pas. La carte montrait Dumbledore. Le regard de Patmol devint noir et il se mit à marmonner à propos de Rogue.
« Rogue ? demanda-t-il, stupéfait. Qu'est-ce qu'il a à voir avec quoi que ce soit ? »
« Rogue était ici. » expliqua Harry.
« Sale con. » murmura Patmol en se laissant retomber contre les oreillers de Harry.
« Il- Rogue était ici ?! répéta Lunard, en jetant une autre chocogrenouille à Patmol. Mange ça. »
Patmol lui jeta un regard noir, mais ce fut la seule résistance qu'il opposa.
« Qu'est-ce que Rogue foutait ici ? »
Harry soupira et commença à expliquer les événements de la nuit du mieux qu'il pouvait. Il laissa de côté ce qui était arrivé entre lui et Rogue à Poudlard. Il n'était plus trop sûr de ce qui était réel et de ce dont il avait rêvé il était certain que Patmol n'avait pas essayé de tuer Rogue, mais c'était une drôle de chose à inventer. Harry avait décidé de ne pas y penser.
Patmol ajoutait des commentaires quand Harry oubliait quelque chose, mais la plupart du temps, il restait silencieux et mangeait son chocolat. Au moment où Harry eut terminé de parler, Patmol s'était rendormi, mais semblait bien plus calme qu'il ne l'était avant.
« J'aurais voulu voir la tête de Rogue. » murmura Lunard en faisant signe à Harry de le suivre.
« C'était drôle, admit Harry en regardant Patmol. Est-ce qu'il va- »
« Il ira parfaitement bien. Il a juste besoin de se reposer. »
Harry suivit Lunard en dehors de la chambre.
« Tu n'aurais pas de Pimentine par hasard ? »
« Pour Patmol ? »
« Pour moi. J'ai une migraine terrible, dit Lunard. La Pimentine n'est probablement pas une mauvaise idée pour Sirius non plus cela dit, si on peut en trouver. Où est-ce que Sirius garde les potions de soin ? »
« Euh ... »
Lunard eut l'air un peu amusé.
« Très utile, Harry, merci. »
Harry se mit à rougir.
« Où est-ce qu'il garde les ingrédients pour potions, alors ? Ça sera sûrement plus rapide d'en préparer plutôt que les chercher. »
« Dans la salle d'entraînement, dit Harry. Il y a aussi un chaudron là-bas. »
« Après toi. » dit Lunard en lui faisant signe en direction des escaliers.
A sept heures ce soir-là, Kreattur était de nouveau sur pieds, même s'il se plaignait encore d'une migraine. On pouvait l'entendre rôder, insultant Rogue dans sa barbe avec une aversion habituellement réservée à Patmol.
Patmol – qui s'était réveillé – avait encouragé ce comportement dès le moment où il s'en était rendu compte. Il était faible – Lunard avait dit que la récidive des effets de la potion du Détraqueur avait été causé par le manque de sommeil et le stress de la visite de Rogue – mais il était plutôt de bonne humeur.
« Tu n'es pas blanc au moins. » commenta Lunard.
Patmol – dont le visage était rouge à cause de la Pimentine – lui adressa un regard blasé. L'effet fut un peu ruiné par la vapeur qui lui sorti des oreilles.
« Du céleri pour Maître Sirius ? » demanda Kreattur.
« Non, merci, Kreattur. » dit Patmol en déchirant un petit bout de pain.
« Du céleri pour Maître Harry ? »
« Non- »
Lunard et Patmol adressèrent tous deux un regard d'avertissement à Harry.
« Euh … Je veux dire, oui, merci. »
« Pas pour moi, merci Kreattur, dit Lunard, avant que Kreattur n'ait pu lui demander. Par contre, si tu as encore de ce hachis parmentier ... »
Kreattur s'inclina et s'empressa de se rapprocher du plan de travail.
« Aucun scrupule. » dit Patmol en secouant la tête.
« Tu vas me gronder parce que je prends une deuxième part, alors que toi et Harry en avez déjà repris trois fois ? »
Patmol feignit de ne pas l'entendre et Lunard sembla décider que se disputer allait nécessiter trop d'effort. La cuisine était silencieuse, à l'exception de bruit que Kreattur faisait en remplissant une autre assiette pour Lunard et l'occasionnel craquement du céleri de Harry. Un jour, rapidement, il allait devoir apprendre le sort que Patmol utilisait pour faire disparaître les choses.
Il aimait les légumes comme les carottes, les pommes de terre, les petits pois et la citrouille, mais le céleri, les brocolis et les choux de Bruxelles étaient des choses qu'il ne choisirait pas de manger s'il avait le choix.
Il n'avait jamais eu de problèmes avec les légumes chez les Dursley, mais c'était parce qu'ils ne mangeaient pas de légumes très souvent – l'Oncle Vernon n'aimait pas la 'nourriture de lapin' - et parce que Harry était si affamé qu'il se fichait de ce qu'il mangeait. Les choses étaient différentes désormais.
« Eh. » dit Patmol d'une voix rauque, en pointant un doigt vers Harry.
Harry sentit ses joues s'embraser et arrêta d'essayer de cacher son céleri sous la peau des pommes de terre. Lunard se mit à rire.
« Au moins, il est créatif. »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda Patmol.
Lunard luttait pour ne pas sourire.
« Olives. » dit-il simplement.
Patmol grimaça.
« Ah. »
« Olives ? » demanda Harry.
« Tu n'as jamais eu le douteux plaisir d'assister à une réception de Sang-Purs, soupira Patmol. Les anniversaires sont habituellement corrects – pour ce qui est de la nourriture, du moins la fréquentation est toujours horrible – mais dans les dîners que les gens organisent pour aucune autre raison que de frimer et de lancer des rumeurs sur les familles qui n'ont pas pu venir, ils ne servent que la pire nourriture. Ce n'est que des choses chères et exotiques. »
Patmol fronça le nez.
« Ils changent à chaque fois normalement, mais il y a toujours – du moins quand j'étais enfant – des olives. »
Il frissonna.
« Des olives fourrées avec des yeux de fées. C'était infect. Peu importe le talent des elfes de maison, c'était toujours dégoûtant. Et ce n'était pas juste des amuse-bouches ils les posaient toujours devant toi et tu étais supposé les manger. La plupart des elfes de maison ne te servaient pas la suite tant que ton assiette n'était pas vide. »
« Et comment tu évitais de les manger ? » insista Lunard en affichant un sourire qui faisait dire à Harry qu'il savait déjà.
« Je les jetais sur ceux qui m'embêtaient la plupart du temps, dit Patmol en adressant un clin d'œil à Harry. Ensuite, en troisième année – parce que je maîtrisais un peu mieux la magie – j'ai appris à les faire exploser … Ils sont dégoûtants, mais ils rendent bien, étalés sur des Serpentard. »
Il sourit largement.
« Et le mieux, c'était que ma mère m'attrapait toujours et qu'elle m'envoyait au lit plus tôt pour mauvais comportement. »
Il avait l'air de bien s'en rappeler.
« Reg me volait de la nourriture en général, pour que je n'ai pas trop faim et bien sûr, ça m'a encouragé à continuer et à le faire à chaque fois. »
Il se tourna vers Harry et sourit largement.
« Maintenant, mange tes légumes. »
Harry hésita pendant une toute petite seconde et lui jeta un morceau de légume. Il rebondit sur le nez de Patmol et atterrit sur la table en face de lui. Patmol le regarda avec incrédulité – comme s'il était incapable de croire ce que Harry venait juste de faire – avant d'éclater de rire.
Harry adressa un grand sourire à Lunard, qui soupira et accepta son assiette des mains de Kreattur. Patmol se remit finalement de ses émotions et n'ajouta rien à propos du céleri, qui resta intact dans l'assiette de Harry.
Harry aida Kreattur avec la vaisselle, tandis que Lunard faisait avaler à Patmol un peu plus de Pimentine et plusieurs tasses de chocolat chaud, avant de l'accompagner au lit.
« Le Maître n'avait pas à s'occuper de la vaisselle. » dit Kreattur après ça, alors que lui et Harry grimpaient les escaliers pour aller se coucher. Ma Maîtresse n'a jamais fait faire les tâches domestiques aux Maîtres de Kreattur- »
Harry haussa les épaules.
« Comment tu te sens ? Et je veux que tu me dises la vérité. »
Kreattur appuya une main tremblante contre sa tête.
« Kreattur se sent assez bien pour accomplir ses devoirs envers la Maison des Black. »
« J'ai demandé comment tu te sentais, pas ce que tu penses pouvoir faire. Est-ce que tu as mal ? Est-ce que tu es fatigué ? »
Kreattur eut l'air à la fois pensif et agité. Harry se demanda si c'était la première fois qu'on lui posait ce genre de questions.
« Les deux, dit-il finalement, de sa voix de crapaud. Mais Kreattur est- »
« Pourquoi tu n'irais pas te coucher ? » suggéra Harry.
De la reconnaissance passa dans les grands yeux de Kreattur, mais elle disparut rapidement.
« Kreattur ne doit pas, dit-il à contrecœur. Un acte pareil lui vaudrait des vêtements, oh oui. Que dirait Maîtresse si elle savait que Kreattur était parti au lit avant les Maîtres de Kreattur- »
« Kreattur, dit Harry avec fermeté. Va au lit. »
Kreattur luttait visiblement contre l'ordre. C'était la première fois qu'il essayait de résister depuis un moment.
« Patmol est déjà au lit, continua Harry, en essayant de le persuader. Et j'y vais aussi. »
« L'invité des Maîtres est toujours là. » dit Kreattur en regardant vers la porte de la bibliothèque lorsqu'ils passèrent devant, comme si Lunard pourrait soudainement apparaître.
« C'est rien, dit Harry en haussant encore les épaules. Lunard peut faire ce qu'il veut. »
Kreattur se tordit les mains. Ils continuèrent à grimper les deux étages en silence.
« Vas-y, Kreattur. » dit Harry en désignant le placard.
Avant que Kreattur n'ait pu répondre, Lunard sortit de la chambre de Patmol. Il leur jeta un coup d'œil, ses yeux se posant d'abord sur Kreattur avant de se poser sur Harry.
« Ça t'ennuie si je dors sur le canapé ? »
« Euh .. Non, c'est bon, dit Harry. Tu restes ? »
« Visiblement, Kreattur n'est encore pas dans son état normal, dit Lunard en adressant un gentil sourire à l'elfe. Il n'est pas en condition pour se lever au milieu de la nuit si quelque chose arrive. »
Kreattur commença à protester, mais Harry l'interrompit.
« Comme quoi ? Tu penses que quelque chose va arriver ? »
« Bordel, j'espère que non. » s'écria Patmol depuis la chambre d'à côté.
« Pas du tout, dit doucement Lunard. Mais aucun de nous ne s'attendait à ce que quoi que ce soit arrive aujourd'hui non plus, pas vrai ? »
« Tu as dit que Kreattur n'était pas en condition. » commença Harry doucement.
Kreattur laissa échapper un cri d'indignation à côté de lui.
« Et toi ? Tu n'as pas dormi la nuit dernière et tu t'es transformé- »
« J'ai dormi trois heures, répondit Lunard en souriant encore. Et je suis habitué à la transformation maintenant. J'ai vingt-cinq ans d'expérience. »
« Kreattur va faire le lit de Maître- Maître- Maître- »
Kreattur s'affaissa, apparemment incertain de la façon dont il devait s'adresser à Lunard.
« Remus c'est bien, Kreattur. »
« Maître Remus. Kreattur va préparer le lit de Maître Remus et aller chercher des- »
« Ça ne sera pas nécessaire, merci Kreattur, dit Remus doucement, mais avec fermeté. Harry peut me montrer ce qu'il faut. »
Kreattur leur adressa un dernier regard plein de pitié et se glissa dans son placard, en marmonnant contre Rogue qui affectait ses compétences à servir.
« Tu peux avoir une des chambres libres. » dit Harry.
Il le mena dans les escaliers.
« Celle-là, commença-t-il en montrant la porte la plus éloignée des escaliers. A besoin d'un nouveau lit, mais tu peux prendre une de celles-là. »
Lunard refusa de dormir dans l'ancienne chambre des parents de Patmol et contre son gré (« Tu n'as pas à faire ça, Harry, le canapé m'ira très bien ... »), il choisit la troisième chambre. Il retira ses chaussures et s'assit au bout du lit. Harry patienta sur le palier, en se demandant s'il allait encore protester.
« Si tu as besoin de quoi que ce soit, je suis juste là. » dit-il à la place.
« Merci. » dit Harry, et même s'il était touché par l'offre, il espérait avec force ne pas avoir besoin de réveiller Lunard.
« Bonne nuit. » dit Lupin en se laissant tomber sur le matelas.
Harry lui souhaita une bonne nuit et se dirigea vers sa propre chambre.
