Salut tous ! Nouvelle semaine : nouveau chapitre ! Au passage, un remerciement tout particulier pour La Prof et Telrian. Vos commentaires m'ont fait sourire à mon ordinateur tellement ils m'ont fait plaisir. Merci beaucoup pour les compliments et les encouragements. Je suis assez d'accord pour dire que ce n'est parfois pas simple de tout comprendre en anglais quand on n'est pas bilingue, et c'est exactement pour ça que je me suis lancée dans cette traduction. Comme une sorte de défi à moi-même et aussi une grande envie de partager une histoire que j'adore ! Très heureuse donc que ça vous plaise et de savoir que c'est agréable à lire. Merci donc d'avoir pris un peu de temps pour écrire ces quelques mots ! A tout le monde : bonne lecture !
Harry se réveilla de mauvaise humeur. Il avait passé la nuit à s'agiter et à se tourner, en rêvant que Patmol était vraiment un loup-garou et qu'il essayait de manger Rogue pendant que Lunard et à sa plus grande horreur, James – qui ressemblait beaucoup au James du miroir – riaient cruellement. Pendant tout ce temps-là, Rogue avait murmuré 'Black est un monstre. Il était capable de commettre un meurtre à l'âge de seize ans et ton précieux père n'était pas mieux.'.
Harry passa les heures matinales assis sur son lit, les jambes croisées – effrayé de se rendormir – avec Hedwige perchée sur son genou, et était sortit du lit dès qu'il avait entendu Kreattur bouger le palier.
Le petit-déjeuner fut joyeux et Harry sentit son humeur s'améliorer un peu plus à chaque minute qui passait Kreattur, s'étant bien reposé toute la nuit, avait cuisiné suffisamment pour nourrir dix Dudley. La santé de Patmol semblait s'être incroyablement améliorée pendant la nuit – même si cela inquiéta plus Harry que ça ne le rassura – mais Kreattur lui plaça tout de même une tasse fumante dans les mains à l'instant où il atteignait le bas des escaliers.
« Pas de nouvelles intéressantes aujourd'hui, commenta Patmol, en jetant un œil à la Gazette du Sorcier. Un crétin fait la Une pour avoir gagné le concours du plus beau sourire. »
« Ce n'est pas encore Gilderoy Lockhart ? » demanda Lunard, en acceptant une tasse de thé de la part de Kreattur.
« Si, pourquoi ? dit Patmol. Tu le connais ? »
« Oui et toi aussi, Sirius. Il était à Poufsouffle, tu te souviens ? Dans notre année. »
« Ah bon ? » demanda Patmol dans le vide.
Harry attrapa le beurre et jeta un œil au beau sorcier qui faisait la couverture. Patmol claqua des doigts.
« C'était celui qui adulait Slughorn, c'est ça ? Merci Merlin, il n'a pas réussi à atteindre le niveau des A.S.P.I.C. ou j'aurais laissé tomber la matière. »
Lunard sourit et ajouta du sucre dans son thé.
« Je pense à la bonne personne, hein ? »
« Combien d'autres personnes que tu connais adulaient Slughorn ? » demanda ironiquement Lunard.
« Eh bien, Lily. » dit Patmol.
La tête de Harry se releva brusquement.
« Sauf qu'elle s'en fichait un peu de lui, c'était plutôt lui qui l'appréciait- »
« Qu'elle s'en fichait un peu de lui ? répéta Lunard, l'air surpris. C'est de Lily qu'on parle- »
« Elle l'appréciait, dit Patmol, en agitant la main. Mais elle n'a jamais aimé l'attention, alors ça s'annule. Qui d'autre aimait Slughorn … ? »
« Rogue ? » proposa Lunard.
Harry lui jeta un regard mauvais, parce que le nom avait fait ressurgir son rêve à moitié oublié. Patmol grogna, d'une façon qui faisait davantage penser à son Animagus.
« Putain de Servilus. » marmonna Patmol, en posant sa tasse plus bruyamment que nécessaire.
Kreattur entendit le nom et commença à écraser avec vigueur les œufs brouillés contre la poêle.
« Surveille ton langage, Sirius. » dit Lunard en regardant vers Harry.
« Il n'aime pas non plus ce crétin. » dit Patmol avec dédain.
Harry attrapa un autre toast dans l'assiette au milieu de la table et se leva.
« Merci pour le petit-déjeuner, Kreattur. » dit-il, avant de se hâter pour grimper les escaliers.
Patmol monta une demi-heure plus tard – Lunard était parti rejoindre la fille de la cousine de Patmol – et entra dans la chambre de Harry. Harry était en train d'essayer de voir jusqu'où pouvait monter la pile de cartes de bataille explosive que Dumbledore lui avait donné. Ce n'était pas vraiment apaisant, mais le danger imminent d'être brûlé était une distraction des plus efficaces.
« Tu vas bien, gamin ? » demanda Patmol, en s'appuyant contre l'encadrement de la porte.
« Ouais, bien, répondit Harry, en posant avec soin deux cartes l'une contre l'autre. Pourquoi ? »
« T'es parti plutôt brusquement. » dit Patmol.
Harry pouvait sentir le regard gris sur lui, mais ne leva pas les yeux pour le croiser il était plus facile d'avoir l'air occupé. L'intensité du regard était un peu perturbant cependant et Harry avait l'impression qu'il était proche de découvrir ce qui avait ennuyé son parrain les jours précédents – en plus de la potion du Détraqueur, bien sûr.
« Ouais, dit Harry. Euh … Toilettes. »
L'expression de Patmol s'éclaircit immédiatement. Harry sentit un pincement de culpabilité, mais le força à s'en aller. Patmol renifla curieusement. Harry grimaça et renversa délibérément sa tour, en espérant que la fumée allait masquer son odeur. Comme il l'espérait, Patmol fronça le nez et éternua. Harry retira la suie de ses mains et ramassa les cartes. Patmol n'avait pas besoin de savoir qu'il avait fait un rêve stupide. Rogue avait sûrement menti, en plus. Je parie qu'il adorerait l'idée que je m'inquiète à propos de ça.
Patmol sembla réfléchir pendant un moment et reprit la parole, en surprenant Harry.
« Je peux jouer ? »
« Eh bien, ouais. » dit Harry, en clignant des yeux.
Patmol s'approcha et s'assit. Ils se fixèrent pendant quelques instants.
« Euh … On joue à quoi ? »
Harry se mit à rire.
« Eh bien, il y a le jeu auquel j'ai joué avec Dumbledore ou- »
« Celui avec les dragées surprises de Bertie Crochue ? » demanda Patmol, en souriant largement.
Harry acquiesça et posa le paquet de cartes.
« J'en ai dans mon- »
« Accio, dit Patmol, en agitant sa baguette en direction de la table de chevet. Mais ne dis pas à Lunard ou Kreattur qu'on a mangé des bonbons juste après le petit-déjeuner. »
Harry acquiesça. Il y eut un léger coup à l'intérieur de la table de chevet, comme si la boîte de dragées voulait s'en échapper. Une seconde après, le tiroir s'ouvrit avec un bruit sourd et les dragées se lancèrent vers eux. Harry les attrapa au vol. Les sourcils de Patmol se levèrent, tandis que Harry posait les dragées sur le tapis entre eux.
« Quoi ? » demanda Harry.
Patmol le fixa un moment et secoua la tête.
« Rien. »
Harry décida de laisser tomber le sujet, puisque Patmol avait fait la même chose pour lui plus tôt.
« Tu peux commencer. »
Patmol sourit largement et attrapa une carte. Une dragée parfumée à la colle et une à la cannelle plus tard, Patmol s'éclaircit la gorge. Harry leva les yeux avec impatience.
« Alors ... » dit Patmol, qui ne faisait aucun geste vers le tas de cartes malgré que ce soit son tour.
Il est définitivement prêt à dire quelque chose d'important, pensa Harry.
« J'étais en train de penser- »
Harry dût avaler le judicieux commentaire qu'il aurait pu faire parce que Patmol ne semblait pas être dans l'humeur adéquate.
« -que j'allais sortir cet après-midi et que tu ne pourrais pas venir- »
« Où tu veux aller ? » demanda Harry, en se saisissant du changement de sujet avec intérêt.
« Ça fait deux semaines depuis la caverne ... » dit Patmol, l'air toujours plutôt absent.
« Tu as trouvé quelque chose sur les Horcruxes ? » demanda Harry avec méfiance.
« Non. »
Patmol fronça les sourcils, mécontent.
« Aucun des livres de la chambre de Reg n'apportent grand-chose, alors je cherche dans le reste de la bibliothèque maintenant. »
Harry n'était pas sûr de savoir quoi répondre à ça, alors il ne dit rien.
« C'est par rapport à … Marlène. »
« Qu'est-ce qu'elle a ? » demanda Harry avec curiosité.
Patmol prit une longue inspiration et ensuite, les mots se mirent à sortir rapidement.
« Ça fait deux semaines et je pense que Marlène s'est sans doute calmée maintenant, alors j'ai pensé que je pourrais y aller et lui parler de nouveau. »
Déjà, Patmol semblait soulagé d'un énorme fardeau. Harry en était heureux, et jaloux en même temps, même si Patmol s'était inquiété pendant plusieurs jours et Harry n'avait eu à subir qu'une matinée.
« D'accord, dit Harry. Et alors ? »
« Alors, c'est quelque chose qui doit être fait. Elle a du se calmer un peu, mais si je laisse passer le temps, ce sera plus difficile que ça ne devrait l'être. »
« Et ? » demanda Harry, sans trop savoir où était le problème.
« Et je dois y aller seul. Tu ne peux pas venir. »
Harry fronça les sourcils en le regardant.
« Pourquoi pas ? »
« Si ça en arrive à des sorts – ce qui, avec Marlène, est toujours une possibilité, dit Patmol avec une grimace. Alors ça pourrait activer la Trace et le D.J.M. en entier pourrait débarquer. C'est la dernière chose dont on a besoin, surtout depuis qu'ils savent que je suis propriétaire d'une maison dans le coin. »
Harry pouvait voir un énorme défaut dans cette logique et n'hésita pas à le faire remarquer.
« Mais alors Marlène sera au courant, non ? Où nous trouver, je veux dire. »
« Elle pourrait, dit Patmol. Mais avec un peu de chance, elle me croira suffisamment pour ne pas aller courir chez les Aurors. Je peux lui expliquer tout le reste et alors, ça n'aura plus d'importance qu'elle sache. Même à ce moment-là, elle ne sera pas capable de nous trouver ici, tant que tu n'auras pas partagé le Secret avec elle. »
« D'accord. » murmura Harry.
« J'ai dit à Lunard de venir quand il aura fini avec Nymphadora et il pense qu'il pourra revenir au début de l'après-midi. Il peut te garder pendant que je serais sorti- »
« Me garder ? »
« Eh bien, ouais, dit Patmol, en se frottant la nuque. Je me disais qu'après que Rogue t'ait emmené, tu n'aurais pas envie de rester seul ici- »
« Non, je préfère. » dit Harry.
Les sourcils de Patmol se levèrent.
« Je veux dire, Rogue ne va sûrement pas revenir, pas vrai ? Et Kreattur est là. »
Le visage de Patmol s'assombrit.
« Oui, parce que ça a si bien marché la dernière fois. »
« Ça se passera bien, dit Harry. Tu devrais aller lui parler. Si ça marche bien, peut-être qu'elle pourrait – j'sais pas – venir pour dîner ou quelque chose comme ça. »
Les yeux de Patmol brillèrent de nouveau.
« Tu es sûr que ça ne t'ennuie pas ? »
« Pas du tout. » dit Harry, honnêtement.
A ce moment-là, il pensait qu'il avait besoin d'être seul et même si Kreattur était facile à occuper, Patmol ne l'était pas autant il laissait à Harry du temps pour lui s'il le demandait, mais alors il aurait voulu savoir pourquoi et Harry ne pouvait pas l'expliquer, pas encore.
« Tu devrais y aller. »
Patmol hocha la tête sérieusement, avant de sourire en attrapant une carte.
« Pourquoi on ne finirait pas le jeu d'abord ? »
« Tu veux boire quelque chose ? » demanda Remus, tandis qu'ils s'installaient à sa table habituelle dans le coin.
Nymphadora fronça les sourcils en le regardant et s'assit en face de lui.
« Tu bois en service ? »
« J'allais proposer de la Bièraubeurre. » dit-il avec un sourire narquois.
« Oh, dit-elle, en rougissant. Eh bien, je suppose que si tu en prends une ... »
Elle fourra la main dans sa poche, mais Remus secoua la tête.
« Je vais payer. » dit-il.
« Je déteste être redevable, murmura-t-elle. C'est pas comme si je ne pouvais pas payer même les apprentis reçoivent six cent gallions par mois- »
« Je pense que je devrais devenir Auror. » marmonna Remus, même s'il savait parfaitement qu'ils ne le prendraient jamais.
Nymphadora se mit à rire et sortit trois mornilles. Le cœur de Remus se serra à la vue des petites pièces argentées.
« Tu es sûre ? demanda-t-il faiblement. Je préférerais payer plutôt que te prendre ton argent. »
« Je n'aime pas la charité. » dit-elle, avec un sourire, en plaçant les pièces dans sa main.
Aïe, pensa Remus en forçant un sourire sur son visage. Aïe, bon sang, aïe ! Remus prit l'argent et s'en alla commander, jetant presque les pièces à Tom quand il arriva au comptoir.
«Du dictame ? » demanda Remus, entre ses dents serrés.
Tom disparut derrière le comptoir pendant un instant et réapparut en plaçant la bouteille dans la main valide de Remus. Il en versa sur la brûlure, qui fuma et disparut.
« Merci. » dit-il, en lui rendant la bouteille.
Tom lui adressa un sourire et nota quelque chose sur le petit parchemin où il était listé tout ce que Remus lui devait Remus préférait payer en gallions et puisque Tom connaissait sa condition, Tom déduisait les trois mornilles du paiement à venir. Il avait toujours plusieurs boissons 'gratuites' sur son compte. Ils discutèrent un peu pendant que Tom remplissait deux tasses et le taquinait pour débarquer avec une fille, au plus grand embarras de Remus.
« Ce n'est pas comme ça, dit-il fermement, tout en sentant son visage plutôt rouge. C'est juste une amie. »
Et alors, parce qu'il n'était même pas sûr qu'ils soient amis, il reprit la parole.
« Une collègue. »
La mention du mot collègue fit tourner la conversation sur le travail et Remus n'avait aucune envie de commencer à parler de ça avec Tom – même s'il aimait beaucoup le vieux barman – alors il ramena habilement le sujet sur Tom et les affaires du pub. Tom discuta joyeusement et posa les tasses sur le comptoir. Ce fut avec une sorte de soulagement que Remus retourna à la table.
« Vous êtes amis ? » demanda Nymphadora, tandis qu'il s'asseyait à nouveau.
« J'ai travaillé ici pendant quelques années, dit Remus, en lui passant sa Bièraubeurre. Tom était un ami de mon père, il m'a proposé mon premier boulot. »
« Tu n'es pas resté ? »
« Je n'ai pas pu. La guerre commençait. J'avais des choses à faire et bien que Tom était neutre avec tout le monde, la plupart des mangemorts qui venaient savaient parfaitement bien qui j'étais. »
Nymphadora – qui venait juste de prendre une gorgée de sa boisson – s'étrangla.
« Ils savaient ? Comment ? »
« J'ai été à l'école avec eux, dit Remus, en évitant évidemment de parler de l'Ordre ou de Peter. Et- Ah ! C'est une des nôtres. »
Il leva la main pour saluer Debbie. Elle s'approcha lentement, ses yeux sombres jamais posés sur la même personne ou le même endroit plus d'une seconde. Ils se posèrent sur Nymphadora, se plissèrent et se posèrent ensuite sur ceux de Remus. Il hocha la tête pour lui montrer que tout allait bien.
« Remus. » dit-elle d'une voix qui oscilla un peu.
« Debbie, dit-il avec un sourire chaleureux. Comment vas-tu ? »
« Ça a déjà été … mieux. » dit-elle, clignant soudainement des yeux pour éloigner des larmes.
Il tendit la main et la lui serra elle avait été mordu en juin et sa troisième pleine lune avait eu lieu deux nuits plus tôt. La pleine lune était difficile pour n'importe quel loup-garou. Pour une femme d'âge moyen qui avait été une moldue jusqu'à très récemment, c'était encore plus difficile.
« Tu es quand même capable de travailler aujourd'hui ? »
« Oui, dit-elle en cachant ses mains dans sa robe. Oui, merci. »
« Tu voudrais un verre ? »
« Non merci, dit-elle, en plaçant une mèche de cheveux blonds derrière son oreille. Où est-ce que tu voudrais que j'aille aujourd'hui, Remus ? »
« Juste dans le coin, merci, Debbie. Et ne te surmène pas. »
Elle inclina la tête et disparut.
« Vous êtes de la même famille ? » demanda Nymphadora tout à coup.
« Non, dit Remus, un peu étonné par la question. Pourquoi ? On se ressemble ? »
« Non, dit Nymphadora, en fronçant les sourcils. C'est juste quelque chose chez elle ... »
« On a beaucoup en commun, lui dit Remus. Elle a traversé des choses franchement difficiles, il y a quelques mois. Je l'ai un peu aidé avec ça. »
Nymphadora sourit. Ses yeux balayèrent le pub, peut-être à la recherche d'autres volontaires, quand elle renifla.
« Tu vas bien ? » demanda Remus, en regardant autour pour comprendre ce qui l'avait perturbé.
Elle n'eut pas le temps de répondre à la question avant que la réponse se présente d'elle-même parce que Lucius Malefoy s'approchait de la table, flanqué de sa femme. Remus pouvait voir les deux fils Malefoy aux prises avec quelque chose de petit et de brun à quelques mètres derrière.
« Lupin, dit Malefoy, sur un ton qui ne pouvait être qu'une raillerie. On travaille dur, à ce que je vois. »
Ses yeux se posèrent sur la Bièraubeurre en face de Remus.
« Mr Malefoy. » dit Nymphadora, en souriant largement.
« Tock, dit-il, bien poliment. Vous êtes correctement traitée ? »
Ses yeux se posèrent de nouveau sur Remus.
« Appelez-moi Théodora. » dit-elle, en souriant toujours.
Narcissa lui adressa un regard sévère et se tourna ensuite vers ses enfants, qui étaient toujours en train de lutter.
« Et bien sûr, oui. Lupin, ici présent, est un parfait gentleman. »
Remus entendit le subtil ton moqueur qu'elle avait adopté en prononçant ces deux derniers mots et la vit lever les yeux au ciel. Malefoy sembla aimer ça, parce qu'il sourit d'un air narquois et adressa à Remus un regard qui aurait pu signifier que son temps était limité. Doucement, Nymphadora donna un coup de pied à Remus sous la table, comme pour s'excuser. Il lui rendit le coup.
« Vous apprenez vite, il me semble ? » demanda Malefoy.
« Oh oui, monsieur ! » dit-elle avec enthousiasme.
« Il n'aime pas le bruit ! » disait l'un des fils Malefoy à sa mère.
Remus n'avait absolument aucune idée de qui était qui et ne pensait pas que Malefoy apprécierait qu'il se mette à renifler ses fils … Voilà donc une bonne idée … pensa-t-il, en dissimulant un sourire.
« Je t'avais dit- »
« J'ai promis à Pansy que je l'amènerais. » dit l'un d'eux, en coupant la parole à sa mère de manière arrogante.
« Et si Hydrus peut amener Bosworth, je devrais aussi amener Roquefort. » se plaignit l'autre – qui devait donc être Drago.
Remus était amusé parlaient-ils de fromage ?
« Bien, dit-elle faiblement. Amenez-les avec vous, mais si je vois ne serait-ce qu'un poil entre ici et le café, je n'hésiterais pas à vous renvoyer au Manoir. Vous m'avez comprise ? »
« Bien sûr, Mère, dit Hydrus, doux et souriant tout à coup, en fourrant quelque chose dans sa poche. Il se comportera bien, je le promets. »
Drago lui adressa un sourire identique et acquiesça, en tapotant sa propre poche.
Malefoy remarqua que Remus regardait les garçons et son expression polie – Nymphadora était en train de dire quelque chose à propos d'elle et Remus qui allaient dans le Norfolk (Remus dut dissimuler une expression stupéfaite) – se figea. Lui, contrairement à ses enfants et sa femme, était suffisamment près pour que Remus puisse sentir – était-ce de la peur ?
« Narcissa, dit-il, en levant une main pâle pour stopper les paroles de Nymphadora. Emmène les garçons, s'il te plaît. Dis aux Parkinson que je ne serais pas long. »
Bien sûr, pensa Remus d'une manière cinglante. Tu ne voudrais que tes enfants respirent le même air que moi, n'est-ce pas, Malefoy ? Ce n'était pas particulièrement surprenant Malefoy n'avait plus utilisé l'excuse de Scrimgeour depuis juin, et pourtant ils se parlaient toujours au travers des grilles du Manoir.
« Bien sûr, dit calmement Narcissa. Miss Tock, Mr Lupin. »
Elle adressa à ses fils un regard implorant.
« Au revoir. » dit Drago sur un ton poli, bien que glacial.
Remus ne manqua pas le regard maussade qu'il lança à sa mère.
« Au revoir. » dit Hydrus d'une voix narquoise qu'il aurait pu hérité de son père.
Les trois sortirent ensuite dans un bruissement de leurs robes hors de prix.
Nymphadora et son oncle échangèrent quelques mots encore. Il les salua d'une voix arrogante – comparable à celle de son fils – et sortit du pub bondé.
« Idiot, dit Nymphadora, sa voix baissant d'un octave comme elle revenait à la normale, avant de poursuivre rapidement. Désolé pour le truc du parfait gentleman. J'ai juste pensé- »
« Sans rancune, lui assura Remus. Tu es plutôt une bonne menteuse. »
« Euh … merci ? » dit-elle, avec l'air de ne pas savoir si elle devait prendre ça comme un compliment ou une insulte.
« De rien. »
Elle se décida pour le compliment.
« Qu'est-ce que tu veux dire par plutôt bonne ? Je pense que je suis très bonne. »
Remus sourit en entendant le ton malicieux.
« Modeste aussi. »
Elle sourit à ça.
« Malheureusement, j'ai rencontré des gens plus doués. »
« Quoi ? » demanda-t-elle d'un coup.
« Eh bien, moi. » dit-il, en buvant une gorgée de sa boisson.
« Toi, hein ? » demanda-t-elle, sans savoir s'il blaguait ou non. Comment- »
Avant qu'elle n'ait pu formulé la moindre question qu'elle semblait vouloir poser, trois personnes approchèrent de la table. Remus aurait parié le contenu de son compte à Gringotts – qui, certes, ne représentait pas grand-chose – qu'ils avaient attendu que Malefoy s'en aille.
Le premier était un garçon que Remus connaissait depuis des années maintenant. Matthew Rosier avait été mordu par Greyback à la fin de la guerre pour punir son père d'avoir épousé une moldue. Étant un tout-nouveau loup-garou au moment où il avait reçu sa lettre de Poudlard, Matt avait décidé de ne pas y aller et ses parents avaient donc payé Remus pour qu'il devienne son professeur, bien qu'il l'aurait fait gratuitement avec joie.
La seconde était Arabella Figg, la femme Cracmol qui avait fait partie de l'Ordre et qui vivait près de la sœur de Lily pour garder un œil sur Harry. Comme toujours, elle sentait fortement le chat et la naphtaline, mais Remus trouvait cette odeur étrangement rassurante, plutôt que repoussante.
Le troisième était Dirk Cresswell qui, contrairement aux autres volontaires qui aidaient Remus, n'avait aucun problème à trouver du travail et était en poste au Bureau de liaison des gobelins. Par chance, il n'avait pas mentionné cela à Malefoy quand il s'était porté volontaire et Malefoy – qui ignorait que Dirk était en vérité un sorcier très compétent – l'avait donc jugé sur son statut de né-moldu ainsi que sur le fait qu'il ne pouvait travailler que pendant les week-ends et l'avait envoyé dans les recherches moldues.
« Où est Deb ? » demanda Matt, en regardant autour d'eux.
Il avait beaucoup aidé Remus à l'intégrer dans la société sorcière et à gérer sa lycanthropie, et était plutôt attachée à la femme.
« Elle est déjà venue et repartie. »
Le visage de Matt s'affaissa.
« Tout le monde, voici Théodora Tock. Elle va travailler avec nous à partir de maintenant. »
« Sal- Bonjour. » dit Nymphadora, en souriant largement aux autres.
« Bonjour, dit Matt, en se laissant tomber sur le siège le plus proche de Remus et en lui adressant un sourire charmant. Je suis Matt. »
« Arabella Figg. » dit gentiment Arabella.
« Dirk Cresswell. »
« Tu travailles au Ministère, non ? » dit Nymphadora, en plissant des yeux.
Dirk se mit à sourire.
« Oui, en effet, Miss Tock- »
« Appelle-moi Théodora. » dit-elle, bien plus naturellement qu'avec Malefoy.
Matt les regarda tous les deux et se pencha ensuite vers Remus.
« Comment était la tienne alors ? »
« La meilleure depuis longtemps, dit honnêtement Remus. La tienne ? »
« Ennuyeuse, dit Matt, en se grattant le bras où Remus était sûr qu'il avait une coupure ou un hématome quelconque. Il a fallu une heure à peu près avant que les tranquillisants fassent effet. »
La mère de Matt, Robin, avait travaillé en tant que vétérinaire et avait accès à des traitements pour animaux que Matt utilisait efficacement depuis plusieurs années.
La plupart des loups-garous ne rêvaient pas d'utiliser des remèdes moldus ils devaient être injectés, pas ingérés comme une potion et ils prolongeaient également la période de rétablissement de quelques jours après la lune. Même maintenant, Matt avait des yeux troubles, mais il avait toujours dit – et fermement – que ça valait le coup.
« Tu en utilises toujours alors ? »
« On a du changer de forme et augmenter le dosage cette fois, dit-il, en haussant les épaules. Ce foutu loup devenait résistant. »
Il se gratta de nouveau le bras et bâilla.
« Je peux ? » demanda Remus.
Matt sourit avec reconnaissance et leva sa manche. Remus fit disparaître le bandage – œuvre de Robin, il en était certain – d'un coup de baguette et soigna la coupure avec un autre coup. Matt n'était pas mauvais pour les sortilèges de soin, mais sa mère aimait aider et il la laissait faire, du moins jusqu'à ce que ses blessures ne l'embêtent de trop.
« Merci. » dit Matt.
Son regard se posa sur Nymphadora, qui écoutait une histoire sur l'un des nombreux chats d'Arabella.
« Elle est … ? »
Remus secoua la tête.
« Je ne le pensais pas vraiment, dit Matt. C'est quoi son histoire, alors ? »
« Demande-lui toi même. » répondit Remus, en souriant largement.
« D'accord, dit Matt, en se rasseyant contre le dossier de sa chaise. Eh, Tock. »
Nymphadora leva les yeux, curieuse.
« C'est quoi ton histoire, alors ? »
« Quoi ? » demanda-t-elle, mais Dirk et Arabella se mirent tous deux à sourire.
« Eh bien, ma mère est une moldue, Arabella est une Cracmole, tout comme Debbie, Remus a dit que tu l'avais rencontré plus tôt, et Dirk est un né-moldu. Remus est juste quelqu'un de bien. Qu'est-ce que tu as fait pour insulter le grand Malefoy ? »
« Née-moldue. » dit Nymphadora, en regardant Remus qui inclina doucement la tête.
« Je savais que je t'aimais bien. » dit Dirk, en lui souriant.
Elle lui rendit son sourire. Dirk les quitta rapidement pour commencer à patrouiller du côté de la gare de King's Cross, mais les deux autres commandèrent leurs propres boissons et traînèrent dans le coin, parlant de Harry et de Sirius pendant un bon moment.
Finalement, Arabella s'en alla pour attraper un bus moldu qui l'amènerait en ville, d'où elle pourrait garder un œil sur les événements, et Matt s'éclipsa pour faire des rondes dans les rues moldues autour du Chaudron Baveur un des hommes de Malefoy était déjà installé dans un coin, les mains sur un verre de whisky Pur-Feu, ses yeux sautant de la porte à la cheminée, observant sans prendre les choses en mains. Il avait quelques années de plus que Remus et n'était pas le gallion le plus brillant de Gringotts, mais ça n'ennuyait plus du tout Remus maintenant qu'il ne voulait plus que Sirius soit attrapé.
« Où est-ce qu'on va ? » demanda Nymphadora, lorsqu'ils sortirent sur Charing Cross Road.
« On va juste marcher dans les rues les plus passantes jusqu'à l'heure du repas. Ensuite on retourne au Chaudron Baveur et on retrouve tout le monde de nouveau. »
« Et après ça ? »
« On mange, dit Remus, en haussant les épaules. On discute des choses suspectes, on se répartit les tâches et on repart. »
« Et si Debbie ou Arabella trouvent Sirius ? Elles ne peuvent pas utiliser la magie pour l'attraper, pas vrai ? »
« Aucune d'elles n'est sans défense. » lui assura Remus.
Debbie était bien plus forte qu'elle n'en avait l'air et le sac à main d'Arabella était suffisamment lourd pour assommer quelqu'un aussi grand qu'Hagrid.
« Si elles repèrent Sirius, elles ont un morceau de parchemin qui est enchanté pour voler jusqu'à moi. C'est pour ça que je reste dans la ville. Je peux avoir le message rapidement et transplaner directement là-bas s'il faut. Elles ont aussi un Portoloin qui les amènera à la maison si elles en ont besoin. »
« Ils vont tous être furieux contre moi quand je vais prendre ta place, pas vrai ? » soupira-t-elle.
« Non. » dit-il avec honnêteté.
Enfin, Matt et Debbie pourraient l'être, mais Remus avait l'intention de leur dire suffisamment de choses pour les garder motivés.
« Ils ne sont pas là pour moi. Ils sont là pour trouver Harry. »
« Si tu es sûr ... »
« J'en suis certain, dit Remus. Maintenant, si ça ne t'ennuie pas de jeter un œil sur tous les garçons de neuf ans. »
Immédiatement, Nymphadora regarda autour d'elle comme si elle pensait qu'Harry pouvait sortir de l'un des magasins. Ils marchèrent en silence pendant un moment. Nymphadora observait avec suspicion tous les enfants qui semblaient avoir entre sept et douze ans – Fol-Oeil serait fier, pensa Remus.
« Nym- Théodora. » dit-il.
Elle leva les yeux vers lui.
« Tu fais peur aux gens. »
Nymphadora sursauta et adressa un regard d'excuse à une mère et son fils.
« Oups. »
« Regarde, l'encouragea-t-il. Mais ne fixe pas. Ou ne lance pas des regards noirs. Ou quoi que tu faisais. »
« D'accord. » marmonna-t-elle, les racines de ses cheveux devenant roses pendant une seconde avant qu'elle ne semble le remarquer et contrôle ses instincts. Alors, comment ça va ? »
« Depuis hier ? » demanda Remus, en riant un peu.
Elle rougit, mais insista.
« Comment allait ton ami ? »
« Bien, dit Remus. Merci. »
Avant qu'elle ne puisse en demander plus sur le sujet, il reprit la parole.
« Vous avez parlé de quoi en formation hier ? »
« Des Sidekicks, dit-elle, en lui montrant quelque chose de petit et de brillant, avant qu'elle ne le fasse de nouveau disparaître dans sa poche. C'est génial. Je ne me souviens plus de ce que veut dire l'acronyme, mais c'est comme une montre, un téléphone moldu et une boussole, tout en un. »
« Tu aimes la formation alors ? »
« On n'a pas encore fait grand-chose. Je pense que j'ai passé plus de temps avec toi que j'en ai passé en cours au Ministère, mais ouais, jusque-là c'est plutôt bien. »
« Tu es dans un bon groupe ? »
Elle haussa les épaules.
« Quelques abrutis, mais il y en a toujours quelques-uns. Florence et Melvin sont supers et je pensais que Ben était sympa, mais finalement, c'est un petit crétin- »
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
« Il a commencé à dire des conneries sur les Serpentard qui seraient malfaisants et sur les Gryffondor qui seraient toujours des gens biens. »
« Non, pas toujours, soupira-t-il, en pensant à Peter. Et j'ai connu quelques bons Serpentard, mais j'en ai aussi connu d'autres qui étaient plutôt horribles. »
« Alors tu penses aussi que les Serpentard sont malfaisants ? » demanda Nymphadora, avec brusquerie.
Ses cheveux étaient toujours bruns, mais avaient un léger reflet auburn.
« Quand j'étais à l'école, je les détestais, dit Remus avec honnêteté. Lucius Malefoy, Samuel Avery, Evan Rosier, Bellatrix Black – enfin, Lestrange, maintenant … Tu veux me le reprocher ? »
Nymphadora grimaça en entendant le dernier nom, mais son expression était déterminée.
« En même temps, je connaissais ta mère. Je connaissais Regulus Black et Emmeline Vance – des gens brillants, tous les trois. »
« Tu connais le professeur Vance ? »
Remus cligna des yeux, ayant oublié qu'Emmeline avait enseigné à Nymphadora. Ensuite, il hocha la tête.
« Mais tu penses toujours que la plupart des Serpentard sont- »
« Je pense que les Serpentard sont plus susceptibles d'être attirés par des promesses de pouvoir que les autres parce qu'ils sont ambitieux et ont de bons instincts de survie, lui dit Remus avec calme. Si j'étais de nouveau à l'école, je ne peux pas dire que je les aurais mieux traité, mais ça ne veut pas dire que j'en suis fier. »
Elle le regardait toujours avec un air buté.
«Je pensais que tu aurais compris où je voulais en venir. »
« Je comprends. Vraiment. Tu ne me connais pas encore assez pour voir à quel point je déteste les préjugés. J'ai toujours fait de mon mieux pour faire confiance aux gens tant qu'ils ne me donnent pas de raison de faire l'inverse. Malheureusement, quand j'étais à l'école, on m'a donné des raisons et j'ai répondu en conséquence. »
« Pourquoi tu as même répondu ? demanda-t-elle. Pourquoi tu ne les as pas juste ignoré ? »
Il se mit à sourire tristement. C'était une belle solution, mais naïve.
« Pour les mêmes raisons qui t'ont fait te disputer avec moi sur les Serpentard. »
Il sourit pour lui montrer qu'il ne voulait pas être agressif, mais elle ne lui rendit pas le sourire.
« Les convictions, lui dit-il. Voldemort et ses adeptes diffusaient un ensemble de croyances. J'en avais des différentes, dans lesquelles je croyais suffisamment fort pour me battre pour elles, pour mourir pour elles, même. Des convictions que je n'ai jamais abandonné, même si c'était dangereux – c'est le Gryffondor en moi, je suppose. »
« Je suppose. » confirma-t-elle, avec un sourire et quelque chose dans les yeux qu'il identifia comme de l'admiration. Cela le rendit mal à l'aise.
« Et Maugrey partage tes convictions, n'est-ce pas ? »
« Quelques-unes, confirma prudemment Remus. Pourquoi ? »
« Tu n'es pas Auror, mais il t'a formé. Ça a du sens si vous vous êtes battu ensemble. »
Remus acquiesça à contrecœur.
« Je peux voir pourquoi Fol-Oeil t'a choisi. »
« McKinnon a dit ça aussi, dit Nymphadora, en fronçant les sourcils. Je ne comprends pas. »
« Tu as de bonnes valeurs morales et tu as un cerveau que tu utilises. Si tu as ça, tu es prête. Pour Fol-Oeil, du moins. »
Elle rougit.
« Et tu as dit McKinnon ? »
« Tu connais- »
Elle secoua la tête.
« Tu dois la connaître, puisqu'elle connaissait Sirius ... »
« Marlène McKinnon ? » insista Remus.
« Son prénom, c'est Marlène ? » demanda Nymphadora.
« Si nous parlons de la même personne, dit Remus, le cœur battant. A quoi elle ressemble ? Comment tu l'as rencontré ? »
« C'est aussi une apprentie. Et … elle est grande, dit Nymphadora, pensive. Des yeux et des cheveux bruns. Elle- Oh ! Viens avec moi ! »
Elle lui attrapa le bras et l'attira dans une allée attenante. Elle trébucha sur une bouteille de bière et s'agrippa à Remus pour s'empêcher de tomber.
« Oups, dit-elle avec brusquerie. Désolé ! Elle ressemble à ça. »
Son apparence changea devant ses yeux. Le visage devant lui appartenait, en effet, à Marlène.
Merci, fut sa première pensée. Sa seconde pensée fut qu'il devait envoyer un message à Sirius immédiatement, juste au cas où il s'impatienterait et partait avant le retour de Remus. Je ne peux pas envoyer un Patronus au cas où Nymphadora le voit … Ou si Sirius est dans un endroit où des gens pourraient le voir … Je vais devoir y aller moi-même … sauter le repas. Ses yeux se plissèrent à cette pensée son estomac commençait à grogner, mais ils ne devaient pas retourner au Chaudron Baveur avant encore une heure. Peut-être que je pourrais manger quelque chose au Square Grimmaurd …
Juste à ce moment-là, Nymphadora lui montra un petit chien duveteux qu'un Moldu avait teint en rose bonbon. Pauvre bête, pensa Remus, en le regardant. Cela lui rappelait une chose que James et Sirius avait fait à Miss Teigne, et aussi quelque chose que lui et James avait fait à Sirius quand il s'était endormi sous la forme de Patmol. Si Sirius pouvait le voir, il nous aurait certainement soumis à un laïus sur les droits canins. Ou il aurait ri. Remus regarda de nouveau le chien et rit un peu. Oui, il se serait mis à rire.
Lui et Nymphadora continuèrent de marcher dans Londres, en discutant amicalement bien que Remus soit distrait par son inquiétude pour Marlène et Sirius.
« Tu vas bien ? » demanda Nymphadora, ses yeux détaillant son visage.
Il pouvait sentir son inquiétude. Remus hésita, en se demandant s'il devait trouver une excuse et partir ou s'il devait juste être patient et partir plus tard, du pub.
« Je- »
Ses yeux s'écarquillèrent et elle fourra sa main dans sa poche.
« Ça brûle, dit-elle avec étonnement. Je peux- »
« Je t'en prie. » dit Remus.
« Attends ici. » lui dit-elle, en s'éloignant de plusieurs mètres.
Elle plaça la chose qu'elle appelait un Sidekick près de sa bouche et murmura quelque chose que Remus n'entendit pas et ensuite, la voix de Fol-Oeil en sortit.
« Qu'est-ce qui t'a attaqué à Brighton ? » demanda-t-il.
Plusieurs moldus s'arrêtèrent pour regarder et Nymphadora pressa le Sidekick sur son oreille, de la même façon que Remus avait vu des moldus le faire avec les petits téléphones qu'ils portaient.
« Une boîte aux lettres. » dit-elle, l'air stupéfaite.
« Tu es seule ?! »
Nymphadora grimaça et tendit le bras pour éloigner l'appareil. Remus était sûr que ses oreilles bourdonnaient.
« Tu sais, dit-elle. Pour un homme qui est obsédé par la discrétion, tu es affreusement bruyant. Comme un Sang-Pur qui utilise un téléphone. »
Elle croisa le regard de Remus. Il sourit, se souvenant d'une histoire que James lui avait raconté sur son utilisation du téléphone dans la maison des Evans la première fois qu'il était resté là-bas.
« Réponds à la question ! »
Elle sursauta.
« Lupin est là, mais sinon oui. »
« Il y a eu un garçon ici. »
« Euh … Merveilleux, dit Nymphadora, l'air de nouveau stupéfaite. Et c'est important parce que- »
« Parce que le garçon te cherchait. » dit la voix de Fol-Oeil.
« Moi ? »
« Williams, il a dit que c'était son nom. Tu le connais ? »
« Keith ? demanda-t-elle, incrédule. Keith était au Ministère ? Qu'est-ce qu'il voulait ? »
« Il voulait te voir ! Tu écoutes ou non ? »
« Qu'est-ce qu'il me voulait ? » demanda Nymphadora patiemment.
Remus était impressionné. Lui serait probablement déjà en train de crier.
« Te parler. Quelque chose à propos du fait que tu n'aurais pas répondu à un hibou la nuit dernière. » grogna Fol-Oeil.
Nymphadora grimaça.
« Qu'est-ce que tu lui as dit ? »
« Lui dire quoi que ce soit, ce n'était pas mes affaires, et où tu étais, ce n'était pas les siennes. »
Nymphadora grimaça de nouveau.
« Comment ça s'est passé ? »
« Il s'est mis à râler, dit joyeusement Fol-Oeil. Alors je l'ai renvoyé. »
« Renvoyé ? »
« Te chercher. »
La voix de Fol-Oeil était … eh bien, folle. Il semblait être prêt à glousser à tout moment.
« Où est-ce qu'il nous rejoint ? » demanda Nymphadora, résignée.
Elle adressa un regard d'excuse à Remus. Remus haussa les épaules pour montrer que ça ne le dérangeait pas, mais il recula d'un pas. Parler à Fol-Oeil était toujours une chose délicate, mais après un moment, les gens apprenaient à se débrouiller durant leurs discussions. Nymphadora était toujours inexpérimentée, mais Remus ne l'était pas et savait qu'elle venait de faire une erreur. Ce qui allait sortir allait être puissant.
« VOUS REJOINDRE ! » rugit Fol-Oeil.
Nymphadora couina et lâcha son Sidekick. Plusieurs moldus la regardèrent.
« Il ne vous rejoint nulle part ! »
« Mais- tu as dit- »
Nymphadora jeta un œil à Remus pour avoir de l'aide. Celui-ci haussa simplement les épaules.
« Il aurait pu mentir en disant qu'il te connaissait ! Il pourrait être un espion envoyé par Malefoy ! Le garçon pourrait être un imposteur ! Vigilance constante ! Aucun de mes sortilèges n'a rien trouvé, mais le Polynectar ne peut pas être détecté sans un prélèvement de salive et je ne pouvais pas risquer qu'il devienne suspicieux- »
Nymphadora grogna.
« Mais je le connais. Ce n'est pas un espion- »
« Tu ne peux pas savoir ça ! Il pourrait te suivre pendant qu'on parle. Est-ce qu'il y a des garçons de ton âge dans le coin ? Mieux vaut sortir ta baguette, juste au cas où. Maintenant, il y a un sortilège de Camouflage qui- »
Elle couvrit son visage avec sa main et laissa échapper une légère respiration qui était un mélange entre le soupir et le grognement, avant de refermer l'appareil. Remus la fixa, épaté.
« Je dois y aller, dit-elle. Je suis vraiment, vraiment désolé pour ça, mais- »
« Ça va, dit Remus avec un sourire en coin. Je sais comment il est. »
« Je suis avec Maugrey demain et lund- »
« Je ne fais que les matins ces jours-ci de toute façon, dit Remus. Je t'enverrais un hibou pour mardi, si tu veux ? »
« Oui, s'il te plaît. » dit-elle.
Elle se mit à grimacer.
« Oh, oh. » dit-elle, en regardant son Sidekick que Remus soupçonnait de brûler de nouveau.
« Vas-y. » lui conseilla Remus.
Elle se hâta le long d'une allée – trébucha une fois et se rattrapa à une poubelle – et il entendit le bruit révélateur de son transplanage.
Remus vérifia sa montre et hocha la tête. Il avait vingt minutes avant de devoir rencontrer les autres. Il pouvait transplaner à Grimmaurd, avertir Sirius et ensuite, revenir à temps pour le repas. Il glissa sa baguette hors de sa poche et rejoignit l'allée que Nymphadora venait d'utiliser. Il marcha jusqu'à être hors de vue du moindre Moldu – qu'il soit au bout de l'allée, dans l'allée elle-même ou en train de regarder par la fenêtre – et il transplana.
Comme à l'habitude, il apparut dans les bosquets du parc en face de Grimmaurd, mais cette fois – au lieu de couper – il se dirigea vers la grille la plus éloignée, en approchant par le Numéro Onze. Si Marlène le voyait, il pourrait toujours prétendre être en patrouille, mais il préférait autant éviter qu'elle le voit, s'il pouvait.
En conséquence, il ne traîna pas sur le palier, mais entra simplement. C'était impoli, mais étant donné les circonstances, il pouvait faire une exception. Le parquet craqua lorsqu'il pénétra dans l'entrée et il entendit de légers bruits de pas dans les étages. Un instant plus tard, une tête pleine de cheveux noirs ébouriffés apparut par-dessus la rampe du quatrième étage et disparut tout de suite.
« Harry ? » appela Remus.
Des verts yeux et une baguette bougèrent de nouveau, et ensuite Harry cligna des yeux.
« Lunard, dit-il, surpris. Patmol a dit que tu ne serais pas là avant le début d'après-midi. »
« Où est Patmol ? » demanda Remus, en redoutant la réponse.
« Sorti, dit Harry. Il est allé chez Marlène. »
« Déjà ? demanda Remus, en essayant d'ignorer la sensation désagréable dans son estomac. Depuis quand ? »
« J'sais pas. Une heure et quelques, peut-être ? »
De ce qu'on sait, il pourrait déjà être en route pour Azkaban, pensa Remus, en fermant les yeux pendant un moment. Il y eut un pop bruyant en face de lui et Harry apparut juste là. Remus cligna des yeux, surpris, même s'il avait déjà vu Harry transplaner.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? Quelque chose est arrivé ? »
« Marlène est Auror. Enfin, une apprentie, mais- »
« Mais alors, Patmol ... »
Remus pensa que Harry allait être malade.
« On doit faire quelque chose ! »
« Harry. » dit Remus.
Harry, qui était déjà rendu à la moitié du chemin jusqu'à la porte, s'arrêta.
« Il n'y a rien que tu puisses faire pour lui, à cet instant. »
« Mais- je dois- c'est ma faute- »
Remus voulait en savoir plus sur ça, mais il n'y avait pas le temps maintenant Harry se dirigeait toujours vers la porte.
« Que dirait Sirius si tu activais la Trace et que tu te faisais attraper ? »
« Que c'est un putain de problème. » dit Harry, d'une voix remarquablement identique à celle de Sirius.
Sa main, qui était prête à attraper la poignée, tomba le long de son corps.
« Ton langage, le corrigea Remus d'un air absent. Mais oui. »
Les rouages de son esprit travaillaient encore, construisant un plan comme il le faisait pour les blagues à l'école.
« Je veux que toi et Kreattur fassiez ressembler cet endroit à ce qu'il ressemblait la première fois que tu es venu. »
« Comment c'est supposé aid- »
« Réfléchis, Harry, dit-il, son inquiétude se manifestant par de l'impatience. Ils vont venir chercher ici – ils seraient stupides de ne pas le faire – et s'ils trouvent l'endroit rangé, avec le cellier plein, les lits faits et les murs repeints, ils sauront que vous étiez là. »
« Exact. » murmura Harry.
« Tu as dix minutes, dit Remus en soutenant le regard de Harry. Pour faire tout ce que tu peux et ensuite, tu dois partir. Kreattur doit rester et prétendre qu'il était là, tout seul, tout ce temps. »
« Partir ? demanda Harry, l'air horrifié. Mais- où- »
« Chez moi. Transplane là-bas – ça n'activera pas la Trace puisque tu pars d'ici – et trouve un endroit où te cacher. N'utilise pas la magie après ça. S'ils te trouvent là-bas, transplane à Pré-au-Lard. Il y un magasin qui s'appelle Honeydukes- »
« Ouais, je connais. » dit Harry.
« L'un de nous te rejoindra là-bas. Si on n'est pas là à sept heures ce soir, trouve Rogue. »
Le visage de Harry se crispa et Remus sentit une bouffée d'aversion et était-ce … de peur ?
« Harry. »
« Ouais, d'accord. » dit-il, mais il n'avait pas l'air heureux à ce propos.
Il ressemblait énormément à James.
« Tu vas trouver Patmol ? »
« Je vais faire ce que je peux. »
Remus l'enlaça, conscient que ça pourrait être la dernière fois qu'il verrait Harry – à moins que quelqu'un décide de laisser Harry les visiter lui et Sirius à Azkaban, ce que était très peu probable – avant d'agripper sa baguette et de se diriger vers la porte.
« Dix minutes ! » s'écria-t-il par-dessus son épaule.
« Kreattur ! » entendit-il Harry crier.
S'il te plaît, n'arrive pas trop tard, s'il te plaît, n'arrive pas trop tard, se répéta Remus. Il atteignit la porte et plaça plusieurs sortilèges de Changement d'apparence avant de sortir et d'être ébloui par la lumière du jour. Je ne vais certainement pas pouvoir être à l'heure pour le repas, pensa-t-il en claquant la porte. Il courut en direction du Numéro Treize. S'il te plaît, n'arrive pas trop tard, s'il te plaît …
