Salut ! C'est vrai que dans cette histoire, à chaque fin de chapitre, on a envie (besoin même !) que le suivant arrive très vite. Voilà pour la suite, du coup ! Un grand merci pour vos avis et vos commentaires qui me font toujours sourire, merci aussi à toutes les nouvelles personnes qui se sont mises à suivre l'histoire et bonne lecture à tout le monde !


Harry ne perdit pas de temps. Il appela Kreattur, lui expliqua tout en trois phrases très courtes et le traîna à l'étage. Même s'ils courraient, les portraits les suivirent des yeux depuis le placard de Kreattur. Mrs Black hurla en direction de Harry quand il passa devant elle, le faisant presque tomber.

« Tout ce qui est rouge – sauf ce qui est dans la chambre de Patmol – doit être vert. » dit Harry en ouvrant à la dérobée la porte de sa chambre.

Kreattur claqua des doigts en direction des draps.

« Et poussiéreux. », ajouta Harry.

Kreattur avait l'air au bord des larmes.

« Kreattur, s'il te plaît ! C'est important ! dit Harry en retirant la bannière de Gryffondor du mur. Ca doit être une banderole de Serpentard. Verte et argentée, avec un serpent ! »

Kreattur s'exécuta et l'accrocha de nouveau, mais il semblait lutter contre l'idée de la poussière.

« Kreattur ne peut pas, Kreattur ne sait pas comment- Kreattur nettoie- »

Harry ouvrit l'un des tiroirs du bureau et frotta la main contre le fond, rassemblant la poussière. Ses doigts touchèrent aussi quelque chose de dur et froid, qui s'avéra être la clé du coffre qu'on lui avait donné quand lui et Patmol étaient allés à Gringotts. Il la plaça dans sa poche, juste au cas où.

« Tiens, dit-il à Kreattur, en tendant sa main poussiéreuse. Fais-en plus. »

Les yeux de Kreattur brillèrent et il claqua des doigts. La fine couche de poussière s'épaissit jusqu'à devenir une masse. Quand elle atteignit la taille du bureau de Harry, Kreattur tapa des mains et elle explosa, se répandant d'elle-même sur le lit, les rideaux, le bureau et le tapis. Harry vérifia sa montre. Il restait huit minutes.

En pensant qu'il y aurait probablement d'autres choses dont lui et Patmol auraient besoin, Harry attrapa son sac-à-dos sous le lit – il cliqueta, lui rappelant qu'en février, ils y avaient laissé un peu d'argent, dans la poche de devant – et courut jusqu'à son armoire.

Une collection de vêtements y fut jeté sans cérémonie, tout comme les bonbons dans la table de chevet de Harry, le puzzle de serpent doré de Regulus et le jeu de bataille explosive qui était juste à côté. Kreattur le fit sortir de la pièce et replaça la poussière qui avait été dérangé par les pas de Harry.

Hedwige, qui était perchée dans la chambre de Patmol et qui s'était envolée pour voir à quoi correspondait toute cette agitation, fut placée dans sa cage par Harry et portée jusqu'au palier. Au moment où Harry réussit à la calmer – elle battait des ailes et claquait du bec, visiblement dérangée par la poussière – Kreattur avait terminé la chambre de Patmol.

Puisque Harry risquait de déranger la poussière s'il entrait à l'intérieur, Kreattur fit léviter les choses dont il avait besoin – quelques vêtements de Patmol que Harry rangea dans le sac, ainsi que la photo de Patmol et de Regulus (avec leurs parents aussi, supposa Harry) qui était près du lit de Patmol, puisque c'était la seule qui n'était pas attachée de manière permanente au mur.

Kreattur pressa Harry dans les escaliers et suivit en marchant à reculons, ses mains maigrichonnes presque troubles tandis qu'elles contrôlaient un tourbillon de poussière et de crasse, tout en faisant léviter la cage de Hedwige.

« Casse le carrelage et les robinets de la salle de bain, dit Harry. Et fais pendre les poignées. Et on devrait casser les lampes- »

« Kreattur se souvient, dit Kreattur. Kreattur va gérer les choses. »

Harry acquiesça et dévala une volée de marches, pour ne pas interférer. Il s'arrêta dans la bibliothèque et fourra tous les livres qui étaient sortis dans les étagères et attrapa la petite quantité d'argent moldu que lui et Patmol gardaient là.

Il jeta aussi toute la poudre de Cheminette qu'ils avaient dans la cheminée et l'alluma avec un horrible 'Incendio'.

Quatre minutes.

Harry sortit de nouveau, descendit encore des marches et entra dans le salon, où il rangea d'autres livres et brûla plus de poudre de Cheminette. Il se dirigeait vers la porte quand il s'arrêta d'un coup et se tourna à contrecœur. Le médaillon brillait dans sa direction depuis son armoire.

« Kreattur ? » appela Harry.

CRACK ! Hedwige hurla et battit des ailes. La cage vacilla dans les mains de Kreattur et Harry s'empressa de l'en décharger.

« Je vais prendre le médaillon, juste au cas où on ne peut pas revenir. Tu peux- »

Avant de pouvoir demander correctement, Kreattur fit un drôle de geste avec ses mains, annulant les sortilèges de protection. L'armoire s'ouvrit à la dérobée. Harry attrapa le médaillon et la copie du message de Regulus et les fourra tous les deux dans son sac-à-dos.

Un regard à sa montre lui indiqua qu'il était temps d'y aller. Il enlaça fortement Kreattur et reçut un étrange tapotement sur le dos en réponse – Kreattur essayait de suspendre des toiles d'araignée comme la Tante Pétunia suspendait des guirlandes à Noël.

« N'oublie pas la jambe de troll en bas, dit rapidement Harry, avant de serrer sa baguette dans une main et la cage de Hedwige dans l'autre. Ostendere me omnia. »

Des couleurs dansèrent devant ses yeux et ensuite, il se tourna, se concentrant autant qu'il le pouvait sur le palier de la maison de Lunard, puisque c'était la seule partie dont il se souvenait.

Un vent froid l'atteint, ébouriffant ses cheveux, et Harry put sentir la forêt, même s'il ne pouvait pas vraiment dire ce que ça sentait exactement. Hedwige grignotait les barreaux de sa cage, comme pour lui rappeler qu'elle était là. Il détacha l'attache et elle s'envola dans le ciel, avant de voler en cercle au-dessus d'un arbre au fond du jardin. Elle observa Harry pendant un moment, avant de se mettre à nettoyer ses plumes.

Réalisant qu'elle était suffisamment en sécurité, Harry décida de s'occuper de la sienne et essaya la poignée. La porte s'ouvrit. Clairement, Lunard était si isolé qu'il ne s'inquiétait pas d'être cambriolé. Harry jeta un autre regard par-dessus son épaule et entra, en fermant la porte derrière lui.

La maison était petite – elle pourrait probablement tenir dans la cuisine du Numéro Douze – mais c'était lumineux et accueillant. C'était certainement plus bien accueillant que le Numéro Douze. Il y avait un couloir à la droite de Harry et la porte d'entrée s'était ouverte sur une pièce qui était un salon avec une cuisine.

Lunard avait dit de se cacher, mais Harry ne pensait pas être en danger immédiat – pour Patmol et Lunard, c'était une autre histoire, mais il chassa cette pensée – et il était curieux la grande collection de photographies sur le manteau de la cheminée de Remus avait attiré son attention. Il posa la cage et son sac-à-dos sur le canapé et s'approcha.

Certaines étaient récentes. Il y en avait plusieurs de Lunard et de deux personnes que Harry pensait être ses parents la femme avait les mêmes cheveux châtains et les mêmes yeux marrons et l'homme était aussi grand que Lunard et avait le même nez et le même sourire. Il y en avait une de Lunard et d'un garçon – plus jeune que Lunard, mais plus âgé que Harry – qui avait des cheveux et des yeux sombres et un sourire amical.

Certaines photos étaient plus vieilles, prises avant la naissance de Harry dans certaines d'entre elles, Lunard avait l'air tout juste plus âgé que Harry maintenant. Il y en avait une de Lunard et de James à un match de Quidditch – les Canons, pensa Harry, en repérant le visage orange de son parrain tandis qu'il passait la tête par-dessus l'épaule de James. Il y en avait une autre de Lunard et de sa collègue, préfète de Gryffondor. C'était une jolie fille avec de beaux yeux verts et des cheveux roux.

Il avait la sensation étrange de la connaître et plaça son attention sur une autre photographie, en espérant la revoir.

La photo suivante représentait les quatre Maraudeurs – la même que Patmol avait dans sa chambre au Numéro Douze – et Harry la connaissait bien. Celle d'après montrait un grand groupe de personnes – Harry reconnut Dumbledore, son père, Patmol, Lunard – il grogna en voyant la petite silhouette de Peter, ce qui le fit se cacher derrière Patmol – et Amélia Bones.

La femme aux cheveux roux était encore là. Près de son père, lui souriant. Il savait maintenant qui ça devait être. Puisqu'il pouvait le replacer et que Lunard ne saurait même pas qu'il l'avait déplacé, Harry attrapa le cadre pour pouvoir regarder de plus près. Tremblant, il leva la main pour tracer le visage de ses parents. Ils souriaient tous les deux et agitèrent la main. Il était habitué à voir James sourire et le saluer, mais Lily était nouvelle pour lui.

J'ai vraiment les yeux de ma mère.

Harry s'assit – il pensait que ses jambes allaient possiblement le lâcher – sur le canapé de Lunard, la photo posée sur ses genoux. Pendant un moment, toutes les pensées concernant Lunard, Patmol et le danger dans lequel ils pouvaient être disparurent.

Il pensa que la photo montrait l'Ordre du Phoenix Patmol et James portaient tous les deux des tee-shirts noirs avec des phœnix et Dumbledore avait un vrai phœnix perché sur son épaule. Un homme barbu et énorme – Harry était presque sûr qu'il s'agissait d'un géant – continuait à l'observer et leva un doigt de la taille d'un avant-bras pour tapoter sa tête plumée.

Des mouvements à l'endroit où étaient ses parents attirèrent de nouveau son attention Lunard et Patmol étaient en train d'écraser les pieds de l'autre et tandis que son père avait l'air de trouver ça drôle, sa mère pinçait les lèvres et leur adressait un regard désapprobateur. Finalement, elle sembla en avoir assez et se tourna – sûrement pour les disputer – quand James écrasa, plus doucement que Lunard et Patmol ne le faisaient, son pied. Patmol leva le pouce derrière l'épaule de Lily.

Harry observa en retenant sa respiration pour voir ce que Lily allait faire Patmol avait toujours mentionné son caractère, mais avait aussi dit qu'elle était une personne gentille. Harry s'attendait à la voir crier sur James ou abandonner. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle sourit si largement et qu'elle lui marche sur le pied à son tour. James sourit – le même sourire qu'il adressait toujours à Harry et Patmol dans le miroir – et passa une main autour de ses épaules. Une alliance brillait sur sa main, presque aussi brillante que son sourire.

Pendant ce temps là, Lunard parlait à Patmol, mais Patmol n'écoutait pas du tout il regardait fixement une sorcière aux cheveux noirs de l'autre côté de Peter, elle semblait ne pas en être consciente. Ou du moins elle aurait pu l'être si elle n'était pas en train de le regarder en coin. Lily l'avait remarqué et donna un coup de coude à Patmol, qui se redressa et agita sa baguette en direction de Peter, comme si c'était ce qu'il avait prévu depuis le début. Harry éclata de rire lorsque les cheveux du Peter de la photo devinrent verts.

Harry jeta un rapide coup d'œil aux autres occupants, mais ils n'étaient pas aussi intéressants que ses parents et leurs amis. Même les jumeaux aux cheveux roux – Harry pensa qu'ils ressemblaient un peu à Ron du Chaudron Baveur et étaient en train de faire plusieurs poses ridicules – ne réussirent pas à conserver son attention pour longtemps. Harry se surprit à tourner encore les yeux vers le côté gauche de la photo.

Peter avait l'air indigné et James et Patmol échangèrent des regards satisfaits et se tapèrent dans les mains derrière la tête de Lily, tandis que Remus réparait les dommages. La sorcière aux cheveux noirs que Patmol avait fixé plus tôt s'était approchée de Patmol quand il ne regardait pas, avant de teindre ses cheveux en bleu d'un geste de baguette. Une femme au visage rond et un homme avec un sourire amical se mirent tous deux à rire. Patmol leur fit la grimace.

Harry pensait qu'il aurait pu regarder pendant des heures, mais fut dérangé par un petit bruit. Sa tête se leva brusquement. C'était seulement une chouette effraie, perchée sur la fenêtre de la cuisine, mais elle lui rappela qu'il était supposé se cacher et bien sûr, cela lui rappela la situation délicate de Patmol et Lunard et l'inquiétude commença à le ronger de l'intérieur. Harry reposa la photographie à sa place sur la cheminée et commença à chercher un endroit où se cacher.


Remus prit une inspiration profonde, serra sa baguette pour se rassurer et ouvrit la porte d'entrée de Marlène. Elle s'ouvrit sans un bruit pour montrer un hall aux murs blancs avec un parquet de bois clair. La seule chose en vue qui n'était pas de couleur neutre était une large bannière déteinte de Gryffondor.

Il était déjà venu avant – même si lui et Marlène n'avaient jamais été particulièrement proches, il s'était senti obligé de venir la voir une fois ou deux chaque année – et il connaissait donc plutôt bien son chemin. Ce fut seulement à ce moment-là, en revanche, qu'il réalisa que l'agencement du Numéro Treize était identique à celui du Numéro Douze il y avait une porte de chaque côté de l'entrée et un peu plus loin sur la droite, il pouvait voir un escalier qui grimpait dans le reste de la maison et sur la gauche, il pouvait en voir un autre qui descendait jusqu'à la cuisine.

« Homenum Revelio. » murmura-t-il.

L'entrée toute entière s'obscurcit – aux yeux de Remus, du moins – et les murs et les sols devinrent un peu plus que des contours légers, presque transparents. Quelqu'un brillait en orange, comme un feu, depuis la pièce à la gauche de Remus, mais le reste de la maison était vide. Il espérait que ce soit Sirius.

Il annula le sort, juste au moment où une voix familière s'éleva.

« Marlène ? »

« Sirius ! »

Remus débarqua dans la pièce qui était positionné à l'endroit exact où se trouvait la salle d'entraînement de Sirius au Numéro Douze. Au Numéro Treize, cependant, c'était un salon large et lumineux, où lui et Marlène s'étaient assis en de rares occasions lorsqu'il était venu lui rendre visite. Cette pièce, contrairement à la salle d'entraînement, possédait une cheminée. Debout devant l'un des canapés à fleurs – Remus était presque certain que Marlène ne les avait pas choisi – et tenant une tasse de thé à moitié pleine, se trouvait Sirius. Remus fléchit de soulagement.

« Harry ? demanda-t-il, en regardant Remus. Que- »

« C'est moi, crétin. » dit Remus, avec impatience.

Il avait choisi de ressembler à Harry parce que cela aurait obligé les autres à le sous-estimer et parce qu'il pouvait dissimuler sa propre implication, de cette façon. Sirius le fixa.

« Lunard ? Mais, pourquoi- ? »

« Marlène est en formation d'Auror, Sirius, dit-il, sans perdre de temps. On doit partir, maintenant- »

« Harry est en sécurité ? » dit Sirius en posant son thé.

« Oui, il va bien. Il va nous rejoindre chez moi. »

« Chez- »

« Oui, chez moi ! dit Remus. Si tu avais déjà été attrapé, il était logique que les Aurors reviennent fouiller la zone et – parce qu'ils seraient idiots de ne pas le faire – le Numéro Douze. »

« Exact, marmonna Patmol. Mais- »

« Tout est sous contrôle, sauf toi, aboya Remus en l'attrapant. Allez- »

La cheminée tinta et des flammes vertes s'élevèrent. Lui et Sirius échangèrent des regards horrifiés et Sirius fut celui qui traîna Remus hors du salon jusque dans le hall d'entrée.

« Qu'est- » entendit Remus depuis la pièce qu'ils venaient de quitter.

La porte s'ouvrit ensuite dans un grand bruit et Marlène débarqua, le regard flamboyant, la baguette levée. Sirius laissa échapper un petit cri de désespoir et agita sa baguette vers la porte d'entrée qui s'ouvrit. Un éclair de lumière rouge – un sortilège de Stupéfixion ou de Désarmement, pensa Remus, et les deux pouvaient tout ruiner à cet instant – vola vers eux. La baguette de Remus se leva et il avait l'incantation du charme du Bouclier sur le bord des lèvres quand Sirius intervint. Sa main baissa la baguette de Remus.

« Qu- »

« La Trace. » siffla Sirius.

« Mais- Oh ! »

La Trace ne s'activerait pas et ils sauraient que ce n'était pas vraiment Harry. Et s'ils savaient ça, ils pourraient analyser tous les sorts qu'il avait utilisé pour arriver jusqu'à lui, ce qui les mèneraient jusqu'au vrai Harry, avant même que lui et Sirius ne puissent le rejoindre.

« Et ça alors ? » demanda-t-il, lorsque Sirius conjura un autre Bouclier.

Marlène fut forcée de s'écarter, tandis que son propre sort rebondissait et écorchait le mur.

« Ces sorts devraient l'activer. »

« On ne peut pas faire sans, dit Sirius. Mais si tu ne laisses pas de magie derrière toi, ils ne peuvent rien prouv- Ventus ! »

Marlène bascula, leur donnant assez de temps pour sortir de la maison. Sirius sauta les quatre marches de l'entrée, mais Remus était trop petit dans son corps altéré magiquement pour être sûr de réussir à sauter si loin, et dut courir.

« Incarcerous ! »

« Protego Ignis ! » dit Sirius, et les liens que Marlène avait envoyé furent détruits par le Bouclier enflammé. Marlène- »

« Qu'est-ce que tu faisais dans ma maison ? » grogna-t-elle, en levant sa baguette.

Cependant et étrangement, aucun autre sort ne les atteint. Remus suspecta qu'elle se souvenait qu'ils se tenaient dans une rue moldue.

« Je voulais te parler, dit Sirius, avec un air incroyablement calme. Apparemment, tu n'es pas d'humeur pour parler- »

« Oh, vraiment ? » s'écria-t-elle.

« -ce qui n'est pas un problème, continua précipitamment Sirius. On reviendra un autre jour- »

« On ne reviendra pas, non. » siffla Remus.

« -quand tu seras plus encline à … euh … ne pas … eh bien, nous jeter des sorts. »

Il baissa la voix.

« Aie l'air d'avoir peur, Lunard. Attrape mon bras. Alors, continua t-il d'une voix forte tandis que Remus se rapprochait et attrapa d'une petite main l'avant-bras de Sirius. On va juste y aller ... »

Les yeux de Marlène s'écarquillèrent et elle fit un geste avec sa baguette que Remus reconnut comme une sorte de sortilège d'Entrave. Sirius, heureusement, le bloqua au dernier moment d'un geste de sa baguette. Les yeux de Marlène se plissèrent et elle agita sa baguette plusieurs fois. Lui et Sirius furent forcés de se séparer tandis qu'un éclat orange passait entre eux.

Remus doutait qu'il s'agisse de quoi que ce soit de dangereux, puisque Marlène ne voulait pas le blesser, lui au moins (il était supposé être Harry), mais il doutait quand même qu'il voulait être touché. Sirius fit apparaître un Bouclier en forme de sphère qui absorba un sort rose et permit à Remus de se rapprocher de lui à nouveau.

« Heureux de te voir. » dit Sirius joyeusement.

Sa voix était tendue.

« Accroche-toi. » murmura-t-il à Remus, avant de jeter un rapide coup d'œil en direction du Numéro Douze, en pensant visiblement à Harry. Oh et bonne chance avec la formation d'Auror. »

La bouche de Marlène s'ouvrit. Elle dit quelque chose, mais Remus ne l'entendit pas Sirius s'était mis à tournoyer et avait emmené Remus avec lui.

« Tu ne pouvais pas t'en empêcher, pas vrai ? » demanda Remus, une fois qu'ils furent stabilisés.

Sirius les avait emmené à la Gare de King's Cross où ils se fondirent rapidement dans la foule. C'était déconcertant parce que Remus, qui était habitué à baisser les yeux pour regarder les gens à cause de sa taille, se trouva à regarder les coudes de tout le monde. Il était juste reconnaissant que lui et Sirius portent tous les deux des jeans et ne se distinguent pas.

« Tu devais mentionner les Aurors- »

« Je n'avais pas le choix, si ? » murmura Sirius.

Remus n'avait aucune idée de où ils allaient, mais Sirius semblait savoir.

« Elle était si surprise qu'elle n'a même pas essayé de nous arrêter- Caméras de sécurité. »

Sirius baissa la tête et indiqua à Remus de faire la même chose.

« Tu as déjà fait ça, on dirait ? » demanda Remus.

« Deux fois, dit Sirius. Le premier matin où j'avais Harry, on avait pas de nourriture alors je suis sorti pour en acheter, mais je me suis arrêté ici pour m'assurer que je connaissais la zone. »

« Pourquoi ? »

« Des situations comme celles-ci, dit-il en haussant les épaules. Si tu veux te cacher des sorciers, quoi de mieux que le monde moldu ? »

« Et la deuxième fois ? »

« Après que tu aies trouvé Harry, en mai. Quand on s'est échappé, on est venu ici, on a pris un train, et un bus, et on a marché jusqu'à la maison. »

« Comment tu penses à ces choses-là ? »

« Je suis juste incroyablement intelligent. » dit Sirius, mais il semblait distrait.

« Et la vraie raison ? » demanda Remus en riant.

Il pensait que l'expérience de Sirius en tant qu'Auror était davantage en cause.

« Hmm ? » dit Sirius, qui ne l'avait apparemment pas entendu.

Il resta silencieux un moment, avant de lever la tête, les yeux coupables et inquiets.

« Tu es sûr que Harry est en sécurité ? »

« Absolument, dit Remus. Il est probablement caché sous mon lit, en attendant qu'on arrive. »

« Le placard. »

« Quoi ? »

« Il sera dans un placard. » soupira Sirius.

Il se tut.

« Et tu es sûr- »

« Sirius, il ira bien. »

« Tais-toi. »

« Quoi ? »

« Pas toi- Peu importe. Si Harry ne va pas bien, je te tiens pour responsable. »

« Fais donc ça. » dit Remus, un peu déconcerté.

Sirius lui tira la langue et le guida d'une façon étrange, en zigzag.

« Patmol, pourquoi est-ce qu'on marche comme ça ? »

« Caméras. »

« Mais on peut juste baisser- »

« Celle-là ne peut pas être évité, soupira Sirius et regarda Remus, l'air résigné. Tu n'aurais pas d'argent moldu, par hasard ? »

« Si, en fait. » dit Remus, en fouillant dans la poche de son jean.

« Tu rigoles. »

Sirius s'était arrêté pour le dévisager.

« J'ai patrouillé aujourd'hui, dit Remus en sortant plusieurs pièces moldues. Je prends toujours quelques pièces quand j'y vais, juste au cas où. »

Sirius secoua la tête, incapable de croire sa chance, et guida Remus pour aller acheter des billets.

« Vers où ? » demanda la femme au comptoir, en adressant un sourire à Sirius.

Elle rougit quand il lui rendit son sourire et ignora complètement Remus. Ils échangèrent les plaisanteries habituelles – même si Remus savait en entendant la voix de Sirius qu'il voulait juste acheter les billets et s'en aller – et Remus s'appuya contre le mur pour regarder les moldus vivre leur vie.

Tout était remarquablement calme, du moins jusqu'à ce qu'il remarque quatre personnes en capes sombres dans différents endroits de la gare une personne était assise sur un banc, près d'un businessman moldu. Un autre parlait à un policier moldu et un autre avec un conducteur. Le quatrième discutait avec des moldus et semblait tenir une photographie.

Comment nous ont-ils trouvé si vite ? pensa Remus, horrifié. La réponse se présenta elle-même immédiatement Marlène. Elle devait avoir un Sidekick, comme celui de Nymphadora, et avait contacté le Bureau des Aurors dans la seconde. Ils avaient visiblement examiné les traces laissées derrière le transplanage de Sirius et les avaient suivi jusque là.

« Siri- Papa. » dit Remus fortement, en tirant sur la manche de Sirius.

Sirius baissa les yeux, l'air anxieux.

« On … euh … là … Je dois aller aux toilettes. »

« Vraiment ? demanda Sirius en adressant un regard troublé à Remus. Tu … euh … peux attendre jusqu'à ce qu'on arrive à la maison ? »

« Non, dit Remus, en penchant la tête en direction des Aurors. Maintenant. »

Sirius jura.

« D'accord, dit-il, avant de se tourner vers la dame qui vendait les billets. Désolé. On … euh … revient dans une minute. »

Il éloigna Remus.

« On n'aura pas le temps de prendre un train. » dit Sirius.

« Peu importe. On peut transplaner quelque part, essayer de les semer de cette façon. »

« Pré-au-Lard, alors, dit Sirius. Viens, on a besoin d'un endroit privé ou on va faire peur aux moldus. »

« On aurait du modifier ton visage. » siffla Remus, tandis qu'ils se hâtaient en direction des toilettes.

« Au milieu de tous les moldus ? répliqua Sirius. Ou pendant qu'on était avec Marlène ? Et ton visage, actuellement, est probablement aussi recherché que le mien. »

« Putain, c'est vrai. » dit Remus, en passant une main agitée dans les cheveux ébouriffés qui ressemblaient à ceux de Harry.

Un homme en costume lui adressa un regard scandalisé, avant de fusiller Sirius des yeux.

« Arrête de jurer, lui dit Sirius. Tu me fais passer pour un mauvais paren- Tais-toi ! »

Remus décida d'ignorer la dernière partie de sa phrase cette fois-ci.

« Tu es un mauvais- Oh, d'accord, dit-il en souriant, quand Sirius lui adressa un regard plaintif. Désolé. »

« Ah, dit Sirius à voix basse. Je te l'avais dit. »

« Quoi- » ? commença Remus.

« T'inquiètes pas de ça. »

Il n'y avait qu'un seul homme dans les toilettes quand ils entrèrent et il était en train de se sécher les mains. Ils attendirent qu'il parte et Sirius ferma la porte avec un sort qui ne devait tenir que trente secondes.

« Pré-au-Lard ? » demanda-t-il, en tendant le bras.

Remus acquiesça et Sirius se mit à tournoyer. Les toilettes grises s'étirèrent, s'assombrirent et disparurent pour faire apparaître la route boueuse qui liait Pré-au-Lard et l'école.

« Allez. » dit-il, en se dirigeant vers les arbres qui encadraient la route.

« Attends. » dit Sirius, en retirant ses chaussures.

« Sirius, au nom de Merlin, qu'est-ce- »

« Chut. »

Sirius sourit largement et d'un coup de baguette, fit tomber ses chaussures. Elles atterrirent avec un bruit étouffé, dans une flaque de boue. Sirius murmura un autre sort et les chaussures prirent le chemin du village.

« Des traces de pas, dit doucement Remus, avant de se secouer. Tu penses vraiment à tout ? »

« Dix-huit ans d'amitié et tu n'avais toujours pas compris ça ? » demanda Sirius avec malice.

Remus pensa que c'était plutôt dix ou onze ans, étant donné le temps passé par Sirius à Azkaban, mais il ne dit rien.

« Merlin, Lunard, comment sont tombés les héros- »

« Oui, oui, c'est tragique, dit Remus impatiemment, en faisant rire Sirius. Viens, on ne devrait pas rester sur la route. »

Il se dirigea vers les arbres sur la gauche, en sachant qu'ils les mèneraient dans la partie principale de la Forêt Interdite les arbres sur la droite étaient trop écartés pour fournir un vrai refuge et la forêt, de ce côté, se terminait rapidement. Sirius ne dit rien, mais le bruit discret de ses chaussettes dans la boue fit dire à Remus qu'il le suivait.

« Dégoûtant. » dit Sirius, quand ils étaient suffisamment enfoncés parmi les arbres qu'ils ne pouvait plus la route.

Remus se retourna pour voir Sirius assis sur le sol, en train de retirer ses chaussettes ruinées.

« Evanesco, dit-il sombrement, avant de s'étendre en s'appuyant contre un arbre. Alors, par où, Lunard ? »

« Lève-toi, crétin, dit-il en donnant un petit coup à Sirius avec sa chaussure. On ne peut aller nulle part si tu restes assis. »

« On ne peut aller nulle part si on ne sait pas où on va. » répliqua Sirius, sans un geste pour se lever.

« On ne va nulle part. » lui-dit Remus après un moment.

Sirius cligna des yeux et ses sourcils se froncèrent. Remus – reconnaissant les signes de danger – s'empressa d'expliquer.

« Mon équipe de recherche se demande probablement où je suis. Le fait que tu aies été vu à Londres sera en Une de la Gazette du Sorcier demain et aucun d'eux ne sera assez bête pour ignorer le fait que j'avais disparu au même moment. »

« Alors où tu vas ? »

« Les rejoindre, dit-il en vérifiant sa montre. Je serais une demi-heure en retard, mais je peux juste leur dire que j'ai été retenu- »

« Pourquoi tu ne leur dis pas que tu étais avec moi ? »

Remus le fixa.

« Non, vraiment, dit Sirius, l'air enthousiaste. Dis leur que tu nous as traqué moi et Harry au Square Grimmaurd et que là, je me suis enfui – parce que je suis sournoisement intelligent, bien sûr- »

« Bien sûr. » confirma Remus, en luttant pour garder un visage impassible.

« Je n'aime vraiment pas quand tu ressembles à Harry, dit Sirius en boudant. Il est bien plus gentil que toi, alors ta cruauté me prend par surprise- »

« Vigilance constante ! » ne put s'empêcher de dire Remus, dans un murmure bruyant.

Il avait eu l'intelligence de ne pas crier quand il pouvait y avoir des Aurors dans le coin. Sirius lui adressa un regard mauvais. Remus sourit largement.

« Qu'est-ce que tu disais ? »

« Que je suis sournoisement intelligent- »

« A la gare, tu as dis incroyablement- »

« Oui, ça aussi. Bref, tu devrais leur dire que tu nous traquais et que j'ai juste disparu. Tu as chercher au Square Grimmaurd parce que tu savais que ma mère vivait là et tu n'as rien trouvé. Si tu es suffisamment de mauvaise humeur quand tu les rejoindras pour le déjeuner, ils n'auront pas de mal à te croire. »

« En fait, ce n'est pas une mauvaise idée, dit Remus. Même s'il serait mieux de dire que je t'ai vu à King's Cross. »

« Tout marche. » dit Sirius en haussant les épaules.

« Et pour la mauvaise humeur, ça sera plus facile à dire qu'à faire. »

C'était comme s'ils étaient de retour à Poudlard, à fuir Rusard après une blague parfaitement exécutée. Les enjeux étaient plus élevés, mais cela rendait tout encore plus appréciable Remus était sûr que James aurait approuvé – pour lui, le risque d'être attrapé avait toujours été la meilleure partie.

« Je vais te lancer ce maléfice avec les puces, proposa Sirius. Ca va ruiner ton humeur. »

Remus haussa les épaules.

« Tu ne- »

Il y eut huit petits bruits. Les deux hommes se figèrent, leur tête se tournant en direction du bruit – qui était certes très éloigné, mais qui les inquiéta malgré tout.

« Tu penses qu'ils vont croire aux traces de pas ? »

Remus n'était pas sûr de savoir pourquoi il murmurait, mais il ne pouvait pas se résoudre à parler normalement.

« Ils ne peuvent pas risquer de ne pas les suivre, répondit Sirius en chuchotant. Ils devront se séparer. Il faut que tu y ailles. »

Remus acquiesça.

« Je te retrouverais chez moi ? »

« J'imagine, oui. » dit Sirius.

« Si je ne suis pas là dans deux heures, dis-toi que j'ai été attrapé et trouve un autre endroit où aller. Je ferais la même chose pour toi. »

Sirius hocha la tête.

« Rends-moi un service quand même. »

« Quoi ? »

« Ne te fais pas attraper. »

Sirius sourit largement et disparut dans le feuillage. Remus pouvait l'entendre marmonner – c'était comme s'il se disputait avec lui-même. Remus n'avait pas le temps de s'occuper de ça maintenant, cependant. Il se tourna vers l'arbre le plus proche et y grimpa. Il attendit d'être arrivé très haut au-dessus du sol pour sortir sa baguette, annuler les sortilèges de Changement d'apparence et redonner leur taille originale à ses vêtements. Il fit apparaître un miroir pour vérifier son apparence, le fit disparaître et se prépara à transplaner.

Il était un peu instable sur sa branche – il n'avait jamais eu de problème de vertige, mais il n'avait pas non plus la confiance de James et de Sirius – mais les Aurors chercheraient des traces magiques au sol, pas dans les arbres. Il se mit à tourner.

Il se vit, plutôt que de se sentir, tomber sur le côté – une large branche s'approcha dangereusement de lui – mais elle disparut dans l'obscurité avant qu'elle ne puisse poser un problème.


« Homenum Revelio. » murmura Gawain.

Il hocha la tête.

« Il y a quelqu'un à l'étage. Reste derrière moi, McKinnon. »

« Oui, monsieur. » souffla Marlène en entrant dans la maison derrière Gawain.

Sa baguette était fermement serrée dans son poing et ses yeux refusaient de se focaliser sur une chose plus de quelques secondes. Le sol craqua et elle sursauta.

« Tu vas bien, McKinnon ? Tu sembles nerveuse- »

« Vraiment ? siffla-t-elle. C'est bizarre. Je ne peux pas imaginer pourquoi je serais nerveuse. Ce n'est pas comme si Sirius Black était dans ma maison ce matin- »

Elle s'arrêta quand quelque chose bougea dans les étages. Gawain s'arrêta si soudainement qu'elle lui rentra dans le dos et rebondit. De la poussière s'éleva autour d'eux, révélant un parquet. Quand elle leva les yeux, le visage de Gawain n'était qu'à quelques centimètres du sien, ses yeux verts et intenses.

« McKinnon, je ne te demanderais ça qu'une fois et une seule fois, dit-il sur un ton qui était à la fois dur et doux. Peux-tu faire ça ? »

Elle ouvrit la bouche, mais il leva une main. Son petit doigt avait été arraché pendant la guerre et il lui avait dit qu'il ne l'avait pas soigné pour se souvenir de rester attentif. C'est sa propre version de 'vigilance constante', avait-elle supposé, mais il n'avait pas encore commencé à le crier de manière aléatoire.

« Avec honnêteté, s'il te plaît, McKinnon, dit-il avec la même voix ferme et douce. L'estime que j'ai pour toi ne diminuera pas si tu es incapable de faire ça et ça n'affectera pas ta formation, mais si tu dois être un handicap, alors j'ai besoin de savoir- »

Et il avait cette honnêteté déconcertante c'était la chose qu'elle aimait le plus chez son mentor. Il ne lui mentait pas, ni pour épargner ses sentiments, ni pour la garder en sécurité.

Il était franc et elle aimait ça, bien que ça lui rappelait étrangement James et même Sirius, aucun d'eux n'ayant jamais eu peur de dire ce qu'ils pensaient – même si James avait toujours fait preuve de plus de tact que Sirius. Elle supposa que les ressemblances n'étaient pas vraiment surprenantes Gawain avait été entraîné par Charlus Potter – le père de James, qui était comme une légende au D.J.M. - et James et Sirius avaient grandi en étant influencés par le même homme. Par chance, Gawain avait un sens de l'humour très limité – rien à voir avec les trois autres – et il n'était pas suffisamment ressemblant pour qu'elle se trouve complètement perdue dans sa nostalgie et incapable d'agir. C'était un équilibre subtil.

Gawain s'éclaircit la gorge.

« Je peux le faire. » dit-elle honnêtement.

« Tu n'as pas peur de lui ? » demanda-t-il.

Ses yeux continuaient de scanner l'entrée, mais pour l'instant, ils étaient seuls.

« Non. » dit-elle.

Et elle n'avait pas peur. Sirius, Merlin savait pourquoi, l'avait vu deux fois et n'avait fait aucun geste pour la tuer, parce qu'il voulait parler. Au contraire, il semblait avoir peur d'elle.

Et il a sacrément raison, pensa-t-elle.

Gawain la considéra pendant un moment. Elle n'était pas sûre de ce qu'on lui avait dit à propos du passé de Sirius et la façon dont elle intervenait dedans – elle ne l'avait certainement pas mis elle-même sur la table – et ce fut sans doute la raison pour laquelle son expression pensive devint sceptique pourquoi devrait-il croire qu'elle n'avait pas peur ?

Sirius avait fait explosé un ami, avait participé à la mort d'un homme qu'il considérait comme un frère et d'une femme qui avait été comme sa sœur, s'était évadé d'une prison sorcière considérée comme impénétrable et avait ensuite kidnappé le fils de son ancien ami décédé. Et il avait débarqué chez elle deux fois, même si personne ne savait pour la première.

« Pourquoi es-tu si nerveuse alors, si tu n'as pas peur ? »

« Je ne veux pas lui donner une autre chance de se faufiler entre les failles, dit-elle. Je veux- Je veux qu'il soit attrapé. »

« Attrapé ? » demanda-t-il.

« Mort. » admit-elle après un moment, en serrant les poings.

Elle aurait pu fermer les yeux si elle n'avait pas eu peur de manquer un élément sur Sirius ou sur le moindre piège qu'il ait pu laissé derrière lui.

« Nous avons besoin de l'arrêter vivant, McKinnon. Il y a des choses que nous avons besoin de savoir. Sur Azkaban par exemple et comment il nous a échappé. Qui l'aide, comment est-il passé au travers des protections dans la maison moldue de Harry Potter ? Beaucoup de personnes veulent encore qu'il rende des comptes pour ce qu'il a fait à Halloween il y a des années – il n'a jamais eu de procès, tu te souviens ? »

« Je me souviens. »

Elle se souvenait aussi du compte-rendu de Sirius, celui qu'il lui avait fait après être presque mort dans son entrée. Celui qui pourrait peut-être convaincre les idiots du Ministère si on lui donnait une chance de lui parler. Ou pourrait les convaincre d'acheter sa liberté avec l'aide de personnes comme Lucius Malefoy. Elle ne pensait pas qu'elle pourrait le supporter si cela arrivait, si Sirius se retrouvait libre – vraiment libre – après tout ça.

« Je veux quand même qu'il meurt. »

« Tu peux vouloir quelque chose sans le faire. »

« Et si je le fais ? » demanda-t-elle doucement.

« Ca pourrait signifier ton expulsion de la formation. »

Cela, elle en était consciente, mais son expulsion signifierait que Sirius était mort et c'était la raison pour laquelle elle avait rejoint les Aurors en premier lieu. Son visage avait dut refléter ce qu'elle pensait car Gawain soupira et passa une main sur sa barbe d'un jour.

« McKinnon- »

« Je ne compte pas le tuer à vue, monsieur. » dit-elle d'un air pincé.

Elle l'emmènerait à Lupin d'abord, pour qu'ils puissent le faire ensemble. Ce serait une condamnation privée.

« Quand tu comptes le faire alors ? Tu attendras qu'il soit endormi, sans défense, dans sa cellule à Azkaban pour le tuer ? »

Elle ne répondit pas. Gawain secoua la tête.

« Je ne te connais pas depuis longtemps, McKinnon, mais je sais que tu vaux mieux que ça. »

Ses lèvres se levèrent un peu dans ce qui n'était pas vraiment un sourire et ses yeux, de manière absurde, se remplirent de larmes – probablement, pensa-t-elle, parce qu'elle savait que Gawain ne mentait pas. Il le croyait vraiment.

« Je ne pense pas, monsieur. »

« Je crois que tu as tort. Les Aurors sauvent des vies, ils ne les enlèvent pas. »

Il la fixa avec un air suppliant, mais elle ne se sentait pas capable de croiser son regard. Elle déglutit et fixa le sol poussiéreux.

« Tu pourrais être une bonne Auror, McKinnon. »

Elle lui offrit ce même non-sourire et s'approcha de lui. La baguette levée, elle poursuivit son observation de l'entrée. Gawain ne dit rien de plus et la suivit. Il la dépassa avant qu'elle ne fasse plus de deux pas et la regarda comme s'il avait l'intention de dire quelque chose, mais il ne dit rien.

Parce qu'il la regardait, il ne vit pas la chose bossue et pleine de poussière sur son chemin et marcha en plein dedans. La chose tomba dans un grand bruit et commença à crier. Marlène lança un Charme du Bouclier, mais rien ne vint vers eux. Elle fut forcée de laisser tomber son Bouclier pour pouvoir recouvrir ses oreilles de ses mains.

« Saletés ! cria la chose. Saletés dans la Maison des Black ! »

Gawain agita sa baguette et la chose bossue – qui après examen approfondi, s'avéra être une jambe de troll – disparut. Les cris continuèrent.

« Des intrus ! Sang-de-Bourbes et traîtres à leur sang, je peux les sentir ! »

Marlène déglutit, un peu déconcertée elle était une traître à son sang et Gawain avait des parents moldus.

« Dehors, saletés ! Kreattur ! »

« Nous sommes des Aurors. » s'écria Gawain, en se relevant et en rejoignant la recherche de l'origine des cris.

« Alors, vous devriez savoir qu'entrer dans une propriété privée est une infraction ! hurla la voix de la femme. Ou du moins, vous deviez avoir la décence d'envoyer un Sang-Pur ! »

« Là. » dit Gawain, en montrant un portrait, encadré de rideaux.

« Je suis une Sang-Pur. » dit Marlène en regardant en direction de Gawain, qui acquiesça.

« McKinnon, n'est-ce pas ? »

« Euh … oui. Vous êtes Mrs- »

« Je le savais ! Traînée ! Sale traître à ton sang ! Pactiser avec ce Potter et sa Sang-de-Bourbe de femme, et lui ! Oh, je me souviens de toi, empoisonnant son esprit comme tu empoisonnes ma maison ! Toi et ce Potter et cet autre- »

CRACK ! Une petite forme sale se matérialisa entre eux et le portrait. Gawain lança un Stupéfix, mais écarta sa baguette au dernier moment pour frapper le mur plutôt que ce qui apparut être un elfe de maison. Il avait d'énormes yeux gris, un gros nez en forme de bec et était seulement vêtu d'un torchon gris.

« Kreattur ! Fais sortir ces saletés de ma maison ! La Maison de mes ancêtres, pour toujours souillée par ces deux- deux- »

« Silencio. » dit Marlène.

Les yeux de la femme s'agrandirent et un crachat coloré sortit de ses lèvres fines.

« Comment oses-tu ! Comment oses-tu utiliser la magie sur moi dans ma propre maison ! Je te dénoncerais, te ferais envoyer à Azkaban comme le déchet que tu es ! Kreattur ! Va chercher de l'encre et du parchemin ! »

L'elfe hésita avant de sortir du hall, remuant la poussière au passage.

« Allons-y. » dit Gawain en se hâtant derrière l'elfe.

Marlène ne refusa aucune proposition qui pouvait l'éloigner de ce portrait. La femme continua à hurler. Visiblement, elle était immunisée contre le sortilège de Mutisme.

Ils trouvèrent l'elfe dans un bureau sale, où il fouillait dans un vieux bureau. Il leva la tête quand ils entrèrent, l'air effrayé.

« Nous n'allons pas te faire de mal, dit Gawain en se baissant à la taille de l'elfe. Nous avons juste quelques questions. »

« Quel genre de questions, Kreattur se le demande, dit l'elfe en les regardant avec méfiance. Kreattur est un bon elfe et la Maîtresse est bonne et Kreattur et la Maîtresse n'ont rien fait pour mériter cette invasion, oh non. La Maîtresse a toujours dit que- »

« Ta Maîtresse, dit Gawain avec douceur. C'est la femme sur le portrait ? »

« Oh oui. » dit l'elfe, appelé Kreattur.

« C'est Mrs Black ? La mère de Sirius Black ? »

« Lui briser le cœur, c'est ce que le Maître a fait, dit Kreattur en ayant l'air furieux tout à coup. Maître Regulus était un bon garçon, il savait ce qu'il devait au nom de Black. Maître Sirius a jeté la honte sur la famille avec ses mauvaises manières, en s'enfuyant pour vivre avec des traîtres à leur sang et des Sa- Sa- Sang-de-Bourbes. »

Il frissonna comme si dire le mot le blessait et se mit à crier.

« Mauvais Kreattur ! »

Avant que Marlène ou Gawain ait pu répondre, il attrapa un presse-papier et commença à frapper son énorme tête avec.

« Accio. » dit Marlène avant que Gawain n'en ait la possibilité.

Le presse-papier s'envola de ses mains et Marlène l'attrapa avec facilité elle n'avait pas été Gardienne pour rien. Kreattur lui adressa un regard malveillant, mais ne prit rien d'autre. Elle reposa l'objet sur le meuble.

« Tu vis seul ici, Kreattur ? » insista Gawain avec douceur.

Kreattur se redressa.

« Kreattur vit avec la Maîtresse. Kreattur n'est pas seul. »

« Il veut dire- »

Le mot 'gens' mourut dans la bouche de Marlène. Elle ne pensait pas que cela serait bien reçu.

« Il veut demander si Sirius et Harry sont venus ici. » dit Marlène.

« Le M- Maître ? » demanda Kreattur.

« C'est exact, dit Gawain. Ton Maître Sirius. Tu l'as vu ? »

« Kreattur ne sait pas où est le Maître, dit Kreattur platement. Les journaux disent que le Maître est un meurtrier maintenant. Le Maître a toujours eu du caractère, Kreattur se souvient, oh oui. Dangereux, le Maître. Kreattur a entendu qu'il avait volé le fils Potter. Un morveux, Kreattur en est sûr. »

Marlène regarda Gawain, qui fronçait les sourcils.

« Ca t'ennuie si nous jetons un œil dans la maison ? » demanda Gawain.

Kreattur avait l'air en colère, mais sembla réaliser qu'il ne pouvait pas les empêcher. Cependant, il croisa ses bras fins et les fusilla du regard.

« Kreattur et sa Maîtresse n'ont rien à cacher, dit-il de sa voix rauque. Les Aurors ne trouveront aucun serviteur du Seigneur des Ténèbres ici, oh non. »

Après ça, il attrapa le parchemin, la plume et l'encre qu'il avait été envoyé chercher et trottina en sortant de la pièce pour aller calmer sa Maîtresse qui criait toujours. Gawain laissa échapper un grognement et s'écarta du tapis poussiéreux.

« Complètement fou, cet elfe. » marmonna-t-il.

Marlène était parfaitement d'accord.

« Tu penses qu'il dit la vérité ? »

« Difficile à dire. »

Gawain retira un peu de poussière de sa robe.

« Si Black vivait ici – dans un endroit aussi misérable, ajouta-t-il en regardant le plafond couvert de toiles d'araignée. Alors il a probablement ordonné à l'elfe de ne rien dire. C'est aussi possible que Kreattur dise la vérité. »

Il passa de nouveau une main sur sa barbe.

« On y va? » demanda-t-il en montrant la porte.

Ils passèrent presque une heure à chercher la moindre trace de Sirius ou de Harry, mais ils ne trouvèrent rien. Ils étaient passés dans chaque pièce – toutes aussi poussiéreuses les unes que les autres – et n'avaient rien trouvé qui pouvait suggérer que quelqu'un avait vécu là. Gawain avait même lancé un sort pour détecter les activités magiques qui avaient pu avoir lieu dans la maison, mais cela s'avéra être une perte de temps.

« C'est possible qu'ils aient caché les traces ? demanda Marlène, tandis qu'ils descendaient les escaliers. Je sais qu'effacer les traces laisse des signes et je sais qu'il y a des sorts pour dissimuler l'utilisation de la magie, mais y'a-t-il des sorts qui peuvent vraiment cacher la magie ? »

Gawain réfléchit pendant un moment.

« Le sortilège de Fidelitas le pourrait, je suppose. Scrimgeour a dit que Potter l'avait mentionné quand il était sous Véritaserum. »

Il serra les lèvres et ses yeux se figèrent, montrant parfaitement ce qu'il pensait de l'administration de Véritaserum à un enfant de neuf ans.

« Il quoi ?! grogna-t-elle. Quand ? »

« Ste Mangouste en août. Courtoisie du Ministre Fudge, d'après ce que l'on m'a dit. »

Aussi furieuse qu'elle était, elle se força à se calmer.

« Y'a-t-il un moyen de vérifier s'il y a un sortilège de Fidelitas actif ? »

« Je pense que tu dois être dans le Secret ou ça n'aurait plus d'intérêt. »

« Il y en a un ici ? »

« Comment pourrais-je le savoir ? » demanda-t-il, l'air exaspéré.

« L'expérience ? suggéra-t-elle. Est-ce que ça ressemble à un endroit où quelqu'un pourrait se cacher- »

« Pas à long terme, répondit Gawain. C'est sale. »

« Mais le sortilège de Fidelitas ne donnerait pas cette apparence ? Pour nous écarter du chemin ? »

« Ça ne marche pas comme ça. Le sortilège de Fidelitas – pour expliquer les choses très simplement – ressemble à un sortilège de Désillusion très puissant et légèrement modifié qui ne marche que dans une zone particulière. Il cache toutes traces de l'existence d'une personne tu ne peux pas le voir, l'entendre, le sentir, le toucher … Ça le cache entièrement. Ça ne créé pas de déguisements. Ou de poussière. » ajouta-t-il, en regardant le sol.

« C'est possible pour une maison d'être sous sortilège de Fidelitas et de ne pas être invisible ? »

« La plupart des sortilèges de Fidelitas sont complétés par un sort qui rend les bâtiments invisibles pour ceux qui ne sont pas dans le Secret. C'est une précaution supplémentaire. »

« Mais cette maison n'est pas invisible. »

« Elle l'est pour les moldus, mais pas pour nous, dit Gawain. Elle est extrêmement bien protégée – il y a des sortilèges Repousse-Moldu à l'extérieur et les fenêtres sont sans tain elles nous permettent de regarder dehors, mais pas l'inverse. »

« Mais aucune des ces protections n'a été placé par Sirius ? » demanda Marlène sur un ton abattu.

« Les protections sont si complexes qu'on ne pourra jamais en être certain, dit Gawain. Mais de ce que je peux voir, non. »

« Alors, ils ne sont pas là ? »

« S'ils utilisaient un sortilège de Fidelitas, ils pourraient être debout à deux pas de nous et nous ne le saurions pas. »

Gawain lui offrit un sourire pincé et il fallut un moment à Marlène pour réaliser que c'était l'idée qu'il se faisait d'une blague. Elle rit, une fois, à contrecœur.

« Non, je ne pense pas qu'ils soient là. S'ils l'ont été, c'était il y a longtemps. »

Il passa un doigt sur la poussière de la rampe d'escalier et laissa échapper un son de désapprobation.

« Alors on a fini ici ? »

« Bel et bien. Avec un peu de chance, les autres nous ont gardé du thé. »

La maison de Marlène, placée juste à côté de manière très pratique, était devenue une base arrière temporaire pour les Aurors pendant qu'elle et Gawain étaient venus vérifier le Numéro Douze, les autres avaient examiné les traces de transplanage de Sirius dans la rue et également la magie qu'il avait utilisé à l'intérieur. Elle espérait que ces Aurors avaient eu plus de chance qu'elle et Gawain, mais quelque chose lui disait que c'était un espoir futile.

Ils descendirent la dernière volée de marches en silence, un silence brisé au moment où ils atteignirent l'entrée à nouveau.

« Kreattur leur avait dit que Kreattur n'avait rien à cacher. » coassa l'elfe en s'approchant d'eux.

« Oui, dit gentiment Gawain. J'aimerais te remercier pour ta coop- »

Marlène n'entendit pas le reste Mrs Black avait du les entendre parler, car ses cris grossiers recommencèrent. Elle espéra sincèrement qu'il restait du thé chez elle.