Salut à tous et de belles vacances pour ceux qui ont la chance d'en profiter ! Voilà donc le nouveau chapitre ! Pour la découverte de Harry, pour Tonks et Tante Catherine et pour les plans de Lucius Malefoy (que vous allez adorer détester !) ! Merci à nouveau à tous ceux qui lisent, à tous ceux qui prennent le temps d'écrire un commentaire ou d'envoyer un message ! Bonne lecture à tous et à très vite !


« Je ne sais pas. » murmura Lunard.

Lui et Patmol tenaient une conversation presque silencieuse, quelques pas derrière Harry.

« Qu'est-ce que tu veux dire, tu ne sais pas ?! siffla Sirius. C'est ta foutue maison ! Tu dois sûrement savoir tout ce qu'il y a dedans ! »

Lunard resta un moment silencieux.

« Oh ! » laissa-t-il finalement échapper.

« Quoi ? » demanda Patmol.

Mais Lunard ne répondit pas.

Harry ouvrit la porte de la chambre d'ami. Il se sentait mal à l'aise à l'idée de faire ça – ce n'était pas sa maison après tout, et il ne devrait sans doute pas mener les deux autres comme si c'était le cas – mais il pensait que leur montrer et leur expliquer marcherait mieux que leur dire puis leur montrer. Il espérait juste que ça n'embêterait pas Lunard si Harry se mettait à fouiner dans ses affaires il n'avait pas fait exprès de trouver la boîte. C'est juste … arrivé, pensa-t-il, de manière coupable.

Harry se dirigea directement vers le placard où il s'était caché plus tôt.

« C'était la chambre de tes parents, non ? » demanda Patmol à Lunard.

« Une chambre d'ami maintenant, répondit Lunard, tandis que Harry posait une grande boîte au milieu de la pièce. Vraiment. »

Il avait ajouté le dernier mot pour lui-même, plus que pour quiconque d'autre.

Harry souleva le couvercle, le posa à côté et tendit la main pour attraper un miroir qui faisait la taille d'un petit livre.

« Ça ne t'ennuie pas ? » demanda-t-il à Lunard avec nervosité.

Lunard secoua la tête et fit signe à Harry de faire ce qu'il voulait il semblait avoir oublié comment parler. Sans rien dire, Harry passa le miroir à Patmol.

« C'est pas possible, murmura-t-il, les mains tremblantes. Je l'ai vu. Tu l'as vu. »

Harry se mordit la lèvre et sortit autre chose de la boîte. C'était une photographie, la même photographie que lui et Patmol avaient vu au travers du miroir les derniers mois. Harry avait eu raison sur le fait que Lily était là. Elle se tenait sur un côté, trop loin pour apparaître dans le miroir, et parlait apparemment à James. Patmol fixa la photographie et laissa échapper un souffle bruyant.

« Alors c'est là qu'elles sont arrivées, hein ? »

« Où quoi- »

« Les affaires de Lily et James, dit doucement Patmol. Comment tu as fini avec tout ça ? »

« Peter est 'mort', dit Lunard. Et tu es allé à Azkaban … Légitimement, ça aurait du te revenir, Harry, mais Dumbledore a dit que ta tante ne voudrait pas de ça dans la maison. »

« Rien de surprenant. » murmura Harry, en regardant à nouveau la photographie de ses parents.

Tous les deux lui sourirent et lui firent des signes de la main. Il fit de même, timidement.

« J'avais oublié que tout ça était là. » souffla Lunard, en s'agenouillant près de la boîte.

Il sortit un cahier poussiéreux, avant de le rejeter dans la boîte.

« Pour être honnête, je ne voulais pas de ça – trop de souvenirs douloureux – mais c'était ça ou le Ministère emportait tout ... »

« On peut mettre ça de côté ? » demanda Patmol, en laissant tomber le miroir dans la boîte.

Sa voix semblait plutôt tremblante.

« Il y a- on regardera plus tard, mais- »

« Pas maintenant. » dit Lunard d'une voix rauque, en acquiesçant.

Harry replaça doucement la photographie. Lunard attrapa le couvercle et recouvrit la boîte. Il la porta jusqu'au placard et ferma la porte, sous les yeux de Harry. Il était curieux, mais il était prêt à attendre il avait déjà attendu huit ans, pas vrai ? Et il avait eu plus de temps que les autres pour se remettre du choc de la trouvaille.

Harry suivit Patmol jusqu'à la partie principale de la maison. Patmol s'assit sur le canapé et plaça sa tête dans ses mains. Pendant un moment, Harry pensa qu'il allait se mettre à pleurer, mais il ne faisait aucun bruit et ne tremblait pas. Lunard arriva un moment après, jeta un œil à Patmol et se dirigea directement vers le plan de travail de la cuisine au fond de la pièce.

Il fouilla un peu dans les placards à la recherche d'allumettes et soupira, visiblement frustré. Lunard, sur un ton d'excuse, demanda à Harry s'il pouvait sortir, aller dans la forêt jusqu'à ce qu'il ne puisse presque plus voir la maison, compter lentement jusqu'à cent avant de revenir.

« Désolé, je ne pouvais pas risquer d'activer la Trace, dit Lunard d'un air penaud, lorsque Harry revint. Tiens. »

« Merci. » dit Harry, en prenant la tasse de thé.

Il s'assit près de Patmol, qui avait sorti son propre miroir et fixait l'écran noir il semblait montrer le côté de la boîte.

« Patmol ? »

« Ouais, gamin ? » demanda Patmol, en levant les yeux.

« Comment tu- »

« Bien, dit Patmol avec une tentative de sourire, en acceptant une tasse fumante. Merci, Lunard. »

Harry et Lunard firent des tentatives non convaincantes pour recommencer une conversation, mais Patmol ne semblait pas les entendre et Harry pouvait voir que le cœur de Remus n'y était pas. C'est de ma faute, pensa-t-il en les regardant tous les deux. Je les ai bouleversé. Et j'ai envoyé Patmol chez Marlène. Rogue aurait dit qu'il le méritait mais Rogue est un crétin. Et Kreattur …

« Désolé, dit-il. Qu'est-ce que je disais ? »

« Hmm ? demanda Lunard. Désolé, j'ai pas entendu. »

« Peu importe. »

Harry se leva et posa son thé sur le plan de travail de la cuisine.

« Est-ce que j'ai le droit de sortir me promener ? » demanda-t-il.

« Je ne vois pas pourquoi tu ne pourrais pas, dit Lunard. Juste … euh … reste proche de la maison, d'accord ? »

« D'accord. » dit Harry.

Il fourra ses mains dans les poches de sa veste et se dirigea vers la porte.

« Harry. »

Harry se tourna doucement pour regarder Patmol.

« Tu as ta baguette, juste au cas où ? »

Harry acquiesça et s'enfuit.

Il fit plusieurs tours de jardin, s'aventura dans la forêt avant de ressortir et finalement, se retrouva sous un vieil arbre au fond du jardin. Il s'enfonça dans un trou terreux entre deux racines et fixa la forêt sans vraiment la voir, arrachant l'herbe qui poussait autour de ses baskets.

Bien plus tard, quand le ciel était noir et que la lune descendante était levée depuis plusieurs heures, Patmol vint le rejoindre.

« Je suis désolé. » dit-il sans préambule, tandis qu'il rejoignait Harry en bas de l'arbre.

Harry leva la tête et plissa les yeux pour essayer de se concentrer sur le visage de Patmol. Il faisait trop sombre pour lire son expression.

« Pour … ? » demanda Harry, confus.

« Tout, dit Patmol, misérable. Je t'avais promis une bonne vie quand je t'ai emmené avec moi de chez ta tante et ton oncle- »

« C'est une bonne vie, répliqua Harry. J'adore vivre avec toi. »

« Merci, gamin, dit-il, avant de renifler. C'est cette stupide potion – c'est comme s'il y avait un Détraqueur qui vivait dans ma tête ou quelque chose comme ça et ça me fait … penser des choses parfois. »

Harry ne dit rien c'était la première fois que Patmol en parlait.

« Une minute, je suis heureux et la minute d'après, je suis déprimé. Je ne peux pas le contrôler. Le chocolat aide, mais c'est dans ma tête. Je ne sais pas ce que je suis supposé en faire et j'ai peur de devenir fou avant que ça ne s'en aille, parce que c'est là tout le temps. C'est mieux quand je suis un chien, mais dès le moment où je me retransforme, c'est de nouveau là. Même les vrais Détraqueurs ne font pas ça ils venaient et repartaient, mais ça, c'est là tout le temps- »

« Comment tu combats les Détraqueurs ? demanda soudainement Harry, en fixant les arbres. Je sais que tu traites les effets avec du chocolat, mais comment tu les combats vraiment ? »

Il n'avait jamais repris ce livre sur les Détraqueurs après sa nuit désastreuse chez Rogue.

« Ils n'aiment pas particulièrement le feu. » dit Patmol, en haussant les épaules.

Il s'était un peu calmé.

« Mais généralement, un Patronus suffit. »

« Un quoi ? »

« C'est un sort. Ça- ça fait apparaître un … protecteur, qui vient de tes souvenirs heureux. »

« Alors pourquoi tu n'en lances pas un ? » demanda Harry.

« Ta Trace. » dit Patmol.

Ses dents brillèrent dans l'obscurité il souriait. Les changements d'humeur étaient plutôt déconcertants.

« Patmol- »

« Je sais, je sais. J'ai pas pu m'en empêcher, soupira Patmol. Pour plusieurs raisons. La première, c'est que je suis privé de souvenirs heureux, en ce moment. Il y a toi et Lunard, bien sûr – oh et Kreattur, je suppose – mais même sans ces … choses dans ma tête, tout le reste est en quelque sorte … eh bien, foutu. »

« Je suis désolé pour Marlène. » dit Harry.

« Je ne pense pas qu'un de nous ait vu ça venir. Je veux dire, qui se réveille et rejoint les Aurors après huit ans à la maison, tout seul ? »

Sirius se mit à rire. Il était tendu, mais c'était tout de même un rire.

« Bref, la deuxième raison, la plus importante, c'est qu'un Patronus est une chose physique. Ça ne fera pas grand-chose dans ma- tête ... »

Patmol sauta sur ses pieds.

« Quoi ? » demanda Harry.

« Je dois parler à Remus – je ne sais même pas si c'est possible, mais j'ai peut-être une idée ! »

Il se précipita vers la maison, en criant après Lunard. Harry le fixa, complètement confus et aussi un peu inquiet. La potion ne l'avait jamais rendu heureux avant.

Harry se leva, décidant qu'il ferait mieux de s'assurer que Patmol allait bien.

Patmol semblait, en effet, en bonne forme. Quand Harry entra, il leva les yeux, rayonnant, avant de poursuivre sa discussion animée avec Lunard.

« -mais c'est possible ? » demanda-t-il en se levant pour faire les cent pas.

« Je n'ai jamais entendu parler de quelque chose comme ça. » dit Lunard, qui avait pourtant l'air intéressé.

« Eh bien évidemment, dit Patmol de manière pompeuse, avant de se laisser tomber sur le canapé. Quelqu'un d'aussi incroyablement malin que moi n'arrive qu'une fois à chaque millénaire. »

Il tremblait presque d'excitation, cependant.

« Tu n'as pas de livres là-dessus, si ? »

« J'en ai un sur l'Occlumancie basique. » dit Lunard en bougeant pour que Harry puisse s'asseoir à côté de lui.

Patmol se levait et se rasseyait si souvent que Harry serait en danger d'écrasement s'il s'installait sur l'autre canapé.

« Vraiment ? demanda Patmol, l'air surpris. Qu'est-ce que tu faisais avec ça ? »

« Tenter de supprimer mon côté loup pour les pleines lunes. J'avais besoin d'une autre solution après ... »

« De la chance avec ça ? » demanda Patmol, l'air amusé malgré la référence à Halloween.

« Un peu, admit Lunard. En fait, j'ai réussi à séparer mon esprit humain et celui du loup – j'ai enfermé mon esprit humain dans un cage d'argent – mais je ne pouvais pas tout bloquer parce que le loup fait partie de moi. J'ai fini avec une horrible migraine, parce que j'essayais d'agir sur les deux en même temps. Heureusement, Belby a réussi la Potion-Loup et j'ai pu l'utiliser plusieurs mois pour m'accorder une pause. »

« Génie, dit Patmol, avant de sourire largement. Quelles chances pour que deux personnes aussi intelligentes soient nés dans le même- »

« Si tu finis cette phrase, je ne te montrerais pas où se trouve le livre. » le prévint Lunard.

Harry ricana et Patmol se mit à bouder.

« Et tu voudras sûrement le livre, puisque tu n'auras pas accès la bibliothèque du Square Grimmaurd avant plusieurs jours. »

Patmol ouvrit la bouche et prit une inspiration bruyante. Lunard et Harry patientèrent.

« Bien. » dit-il, en soufflant.

« C'est sur l'étagère dans ma chambre. » dit Lunard.

Patmol sauta sur ses pieds.

« Va chercher. » ajouta Lunard.

Patmol arqua un sourcil et disparut dans l'autre partie de la maison.

« Tu n'aurais pas du dire ça. » dit Harry à Lunard.

« Qu'est-ce qu'il pourrait- »

Au même moment, une masse de fourrure noire débarqua dans la pièce, avec le livre de Lunard entre ses crocs.

« Sirius ! »

Lunard laissa échapper un cri, pendant que Harry éclatait de rire.

« Repose-le- lâche-le ! Tu es en train de le mouiller ! »

Patmol lâcha le livre sur les genoux de Lunard et lui lécha généreusement la joue avant de sautiller. Sa queue battante frappa l'épaule de Harry.

« Patmol. » dit Harry en repoussant la queue qui cognait ses lunettes.

« J'avais oublié quel imbécile tu étais, se lamenta Lunard, en se séchant le visage, puis le livre avec sa manche. A part ça, ce matin, tu as été si calme … et bien éduqué. »

Il écarta le museau de Patmol du livre.

« Tu n'auras pas ça tant que tu ne te seras pas retransformé. »

Patmol gémit.

« Et recule ! Tu nous écrases tous les deux ! »

Il poussa sur l'épaule de Patmol. Celui-ci ne bougea pas. En réalité, il s'étira et s'assit, en s'appuyant sur eux, avant de toucher le livre du bout du museau de nouveau.

« J'abandonne. » dit Lunard.

Il réussit à s'extraire et se leva. Tandis qu'il se tournait vers la cuisine, Harry pensa qu'il avait vu un sourire.

« Tiens. »

Harry se mit à rire, en attrapant le livre. Patmol se retourna pour faire face à Harry.

« Dis-moi quand tu veux que je tourne la page. »

Harry ouvrit le livre, le posa contre le bras du canapé et Patmol commença à lire. Quand il voulait changer de page, il laissait échapper un léger soupir et Harry s'exécutait.

Lunard arrêta soudainement ce qu'il faisait dans la cuisine et disparut dans le couloir. Pensant qu'il était juste parti aux toilettes, Harry recommença à tourner les pages. Plusieurs minutes après, cependant, il y eut un petit clic et Lunard disparut dans le couloir de nouveau, en tenant ce qui ressemblait étrangement à un appareil photo. Harry le fusilla des yeux, mais c'était trop tard pour faire quoi que ce soit – la photo avait déjà été prise – et il était trop à l'aise pour bouger, de toute façon.

Patmol gémit, poussa sa main et Harry se réinstalla sur le canapé.


Harry et Patmol passèrent trois nuits dans la maison de Lunard, juste pour s'assurer qu'ils n'allaient pas débarquer à la maison pendant que les Aurors faisaient leurs recherches. Lunard était sorti pour les recherches de Malefoy les matins du dimanche et du lundi, pour que personne ne devienne suspicieux. Harry et Patmol avaient donc eu la maison pour eux seuls ces fois-là.

Harry était toujours curieux à propos de la boîte avec les affaires de ses parents – particulièrement parce qu'il dormait dans cette chambre, tandis que Patmol avait pris le canapé du salon – mais il n'était pas impatient de la rouvrir. Il se dit qu'il attendrait jusqu'à ce que Patmol ou Lunard s'en souvienne.

Patmol semblait toujours intrigué par son idée d'Occlumancie – Harry n'avait pas tout compris, parce que Patmol était si excité quand il parlait que ça n'avait pas toujours du sens – et avait passé beaucoup de temps à parcourir le livre de Lunard sur l'Occlumancie. Il faisait souvent ça l'après-midi, quand Lunard était dans le coin pour s'occuper de Harry – autrement, Harry était abandonné à sa lutte avec le stupide puzzle de Regulus.

Lunard avait appris à Harry comment jouer à la véritable bataille explosive et ils avaient aussi joué au jeu de Dumbledore. Quand ils ne faisaient pas ça, Lunard l'emmenait se promener dans la forêt et lui racontait des histoires sur ses années à Poudlard. De temps en temps, Patmol les rejoignait pour les promenades – parfois, il y allait en tant qu'humain et lui et Lunard se chamaillaient à propos de celui qui avait eu l'idée d'une farce ou de qui avait dit quoi et d'autres fois, il venait transformé en chien et chassait des lièvres et des oiseaux pour faire rire Harry.

A l'exception de ne pas pouvoir rentrer à la maison et de ne pas savoir comment Kreattur allait, la vie était plutôt belle.


Des mains brusques secouèrent Sirius pour le réveiller, le matin du mardi.

« Quesquispass' ? » demanda-t-il en clignant des yeux.

Remus se tenait au-dessus de lui, l'air terrifié.

« Debout ! Debout ! »

Sans cérémonie, Sirius fut hissé sur ses pieds et traîné jusqu'à la porte d'entrée. Sa baguette atterrit avec un petit bruit sur le chemin de pierre et son oreiller et sa couverture suivirent rapidement. La porte se referma en claquant, avant qu'il ne puisse entendre de rapides bruits de pas et le son d'une autre porte qui claquait.

Par Merlin, qu'est-ce qu'il se passe ? pensa Sirius en titubant un peu, avant de glisser contre la porte.

Il ne veut pas de toi, murmura la potion du Détraqueur.

Il y eut un bruit de souffle, le bruit de quelque chose qui tombait sur le parquet de Lunard et ensuite, une voix joyeuse prit la parole.

« Désolé, j'ai mis plein de cendres partout ! »

Sirius attrapa sa baguette. Il t'a trahi.

« Ne t'inquiète pas- »

« Laisse-moi t'aider je connais un sort- »

« Non ! s'écria Lunard. Je … euh … tiens, laisse-moi attraper un balai. Tu voudrais quelque chose ? A manger ? A boire ? »

Apparemment, elle est là pour un moment. Sirius grogna et laissa sa tête tomber contre la porte.

« Qu'est-ce que c'était ? » demanda la femme.

« Le vent. » répondit Remus.

« Oh, d'accord. Euh … Je prendrais du thé si tu en as. »

Il y eut du bruit à l'intérieur – des bruits de pas, un coup de balai de Remus, la femme s'asseyant sur l'un des canapés ou peut-être sur un fauteuil et aussi le bruit de l'eau et d'une allumette craquée Remus en avait acheté pour que Harry n'ait plus besoin de sortir à chaque fois qu'ils faisaient du thé.

« Je ne t'ai pas réveillé, si ? »

« Non, dit Remus. Fol-Oeil vient aussi ? »

Fol-Oeil ? Non, impossible … Sirius fourra sa couverture et son oreiller dans les buissons qui poussaient contre la maison et se leva aussi silencieusement que possible, avant de ramper jusqu'à l'arrière de la maison pour pouvoir jeter un œil par la fenêtre au-dessus du plan de travail de la cuisine. Il espéra que Remus ne lui en voudrait pas d'avoir pris appui sur un petit arbuste à fleurs blanches pour le faire. Juste au moment où il essayait de regarder cependant, la fenêtre s'ouvrit et Hedwige fut poussée dehors. Son aile lui frotta la joue et il jura, en se baissant.

« Qu'est-ce que tu fous ? siffla Remus avec une voix trop faible pour que quiconque d'autre que Sirius ne puisse l'entendre. Si elle te voit, on est tous les deux morts ! Et descends de mes géraniums ! »

Bon finalement, il semble que Remus m'en veut, pensa Sirius en riant légèrement. Remus laissa échapper un soupir frustré et referma la fenêtre en la claquant.

« Je crois qu'il y a quelque chose qui a décidé d'attaquer mon jardin. » entendit-il Remus dire.

« J'imagine que tu vis si près de la forêt que des choses peuvent sûrement venir vagabonder. » dit la femme – que Sirius suspectait d'être la fille de sa cousine.

Il était prêt à tout pour lui parler, si c'était le cas – combien de fois avait-il eu cette chance ? - mais n'était pas trop sûr de la façon d'y parvenir.

A moins que …

Oui, pensa-t-il. Ça va marcher. Je peux lui parler et ridiculiser Lunard en même temps. Ça lui apprendra à me jeter dehors.

Sirius se transforma et courut jusqu'à l'avant de la maison, prenant le chemin de pierre et passant la grille qui menait à la forêt. Il courut jusqu'à ce qu'il ne puisse plus voir la maison et se retransforma, avant de commencer à lancer des sorts pour changer son apparence, sa voix et ses vêtements il transforma son pantalon de pyjama en une longue robe à dentelle et plusieurs cailloux en différents types de bijoux tapageurs.

Il transforma deux autres feuilles – des brunes cette fois – en chaussures, avant de replacer sa baguette dans sa poche et de sortir de la forêt. Cela lui prit plus longtemps en tant qu'humain, mais s'il courrait, il aurait l'air essoufflé et ça n'irait pas s'il voulait que son plan marche. Il s'entraîna à marcher d'une certaine façon sur le chemin du retour, jusqu'à ce que sa démarche ressemble exactement à ce dont il se souvenait.

Il prit une longue inspiration, leva le menton et poussa la porte d'entrée.

« Remus, mon chou. » dit-il sans regarder personne.

Il pouvait sentir le choc et l'horreur de Remus, mais cela se transforma rapidement en suspicion, avant de devenir un étrange mélange entre l'amusement et l'irritation.

Il ne veut pas de toi ici, murmura la potion.

Je ne suis même pas moi, alors tais-toi, s'écria Sirius.

Étrangement, la voix lui obéit. Elle s'était montrée plus discrète ces derniers jours, depuis qu'il avait eu son idée, comme si elle savait que son temps était compté. Du moins, il l'espérait. Il y avait un risque que ça ne marche pas.

« J'aurais beaucoup aimé que tu viennes. C'était charmant il y avait tous ces petits oiseaux et j'ai même vu un blaireau, Remu- Oh. »

Il s'autorisa à regarder Nymphadora – et c'était elle, parce que qui d'autre à sa connaissance pouvait avoir des cheveux blancs et n'avoir pas l'air plus âgé que dix-huit ans ? S'il se souvenait bien, ses cheveux devenaient blancs quand elle était surprise. Elle en avait vraiment l'air sa bouche était grande ouverte et ses yeux – sombres comme ceux de Ted – étaient écarquillés.

« Remus ? dit Sirius, accusateur. Qui est-ce ? Je croyais que tu m'avais dit que tu ne fréquentais personne ! »

« Je suis Tonks, dit faiblement Nymphadora. Et nous ne sommes pas- »

« Un plaisir. » dit Sirius en lui tendant la main.

Nymphadora observa les longs ongles violets que Sirius s'était fabriqué et lui serra la main.

« Eh bien, souffla-t-il, en regardant Remus qui avait toujours l'air stupéfait. Je peux voir que mon bon à rien de neveu ne compte pas nous présenter. Honnêtement, j'ignore sont passées ses manières ce matin ! Je suis Catherine Lupin. J'ose espérer que Remus vous a au moins offert un thé, ma chère. »

« O- oui, bafouilla Nymphadora, en se rasseyant. Et un petit-déjeuner. »

Elle montra sa tasse et son assiette d'œufs.

« Je suis désolée, je n'avais pas réalisé que tu avais- »

Elle adressa un regard d'excuse à Remus.

« On peut se rejoindre au Chaudron- »

« Des sottises ! s'exclama Sirius. Alors, est-ce que c'est juste Tonks ou est-ce qu'il y a autre chose qui vient avant ou après ? »

« Juste Tonks. » dit Nymphadora.

Sirius claqua la langue.

« A quoi pensaient vos parents ? Tonks n'est pas un nom pour une jeune femme. »

Il jeta un œil à Remus qui avait l'air mortifié. Parfait, pensa Sirius.

« Eh bien ? dit-il. Tu ne vas pas me proposer une tasse de thé et une assiette d'œufs également ? »

Remus le dévisagea.

« Et apporte-moi une chaise. »

« D'accord. »

Remus se leva, le visage rouge, et plaça une chaise près de Sirius.

« Merci, mon beau. » dit Sirius, en battant des cils, tout en s'asseyant.

« De rien. » dit Remus, avec une voix mielleuse qui fit penser à Sirius que – si Nymphadora n'avait pas été là – il l'aurait plutôt étranglé.

Remus se dirigea vers la cuisine, remplit une tasse et une assiette et apporta tout cela à table.

« Alors. Comment était ta promenade ? »

« C'était merveilleux. » dit Sirius.

A l'intérieur, il riait si fort qu'il aurait pu pleurer. A l'extérieur, il était sûr qu'il ressemblait à une vieille femme pompeuse.

« La prochaine fois, tu devrais simplement venir avec moi. »

« O- oui, dit Remus. Je ferais ça. »

Sirius lui adressa un sourire rayonnant. Remus planta sa fourchette dans ses œufs.

« Alors, dit Sirius, en attrapant un petit morceau d'œuf avec sa fourchette. Comment connaissez-vous Remus, Tonks ? Est-ce que vous vous fréquentez ? Je vous assure, vous pouvez trouver mieux. »

Le front de Remus heurta la table avec un bruit sourd.

« Mon chéri, tu vas mettre de la nourriture dans tes cheveux. Assieds-toi correctement … Voilà un bon garçon. »

Remus regarda longuement sa fourchette, comme s'il pensait à poignarder Sirius avec.

« Nous ne sommes pas en couple, dit Nymphadora. Nous travaillons ensemble. »

« Oh ! Vous devez travailler avec le garçon Malefoy ! »

« Oui. » dit Nymphadora, avec méfiance.

Sirius était impressionné qu'elle réussisse à garder la même couleur de cheveux pendant toute la conversation.

« Charmant, dit Sirius en piquant un nouveau morceau d'œuf avec sa fourchette. Tu sais, Remus, ton argenterie devrait vraiment être polie. »

« Ce n'est pas de l'argent, dit Remus. C'est de l'inox. Ça n'a pas besoin d'être poli. »

« Je suppose que c'est un de tes machins moldus. » dit Sirius, en jetant un œil à sa fourchette comme si elle l'avait mortellement offensé.

« Contente toi de manger. » soupira Remus.

« Je le ferais, dit Sirius d'une manière hautaine. Je m'assurais simplement que tu étais conscient que je n'étais pas heureuse à propos de cette histoire d'inox. »

Nymphadora se mit à rire dans sa tasse de thé. Sirius sourit dans la sienne.

« Alors, vous êtes prêts à trouver cet affreux garçon, Black ? »

Nymphadora regarda Remus.

« Pas vraiment. » dit-il.

« Je me souviens de lui, dit Sirius à Nymphadora, d'une façon que les vieilles femmes fières pouvaient utiliser. De bons amis avec Remus. Un garçon si charmant. Un bon sang – le fils de deux Black si je me souviens bien. Un beau garçon également. »

Il n'avait pas pu s'empêcher d'ajouter ça.

« Quel gâchis, vraiment, qu'il soit devenu si vilain ! Je n'aurais jamais pensé qu'il puisse faire toutes ces choses terribles. J'ai entendu qu'il volait des enfants maintenant ! »

« Oui, il a emmené Harry, dit Remus. Le fils de James et Lily. Tu te souviens d'eux ? »

« James … Oh, oui ! Le fils Potter, ajouta Sirius comme si Nymphadora ne le savait pas déjà. Charmant garçon, bon sang comme Black, mais il avait d'affreux cheveux ébouriffés et ces idiotes lunettes – je ne sais pas pourquoi ses parents ne l'ont pas emmené à Ste Mangouste pour simplement lui soigner les yeux. »

« On ne peut pas soigner les yeux. » dit Remus en souriant pour la première fois.

Nymphadora acquiesça.

« On peut juste placer un sort à la place des lunettes, mais ça doit être renforcé toutes les heures. »

« C'est vrai ? » demanda Sirius.

« James avait toujours peur que ça s'en aille dans un endroit où il ne pourrait pas le renouveler. » dit Remus.

Sirius dut lutter pour ne pas sourire. Il avait oublié ça.

« Peur ? dit-il à la place. Et ce garçon était un Gryffondor, non ? Seigneur, ce que c'est ridicule. La fille Evans était aussi à Gryffondor, non ? Courageuse, celle-là. Vous étiez tous à l'école ensemble, n'est-ce-pas ? »

Remus acquiesça.

« Très intelligente, n'est-ce pas ? La façon dont Potter a réussi à gagner son cœur me dépasse ! »

« La patience. » dit Remus sèchement.

« Peut-être, dit Sirius, obligeamment, en luttant à nouveau pour ne pas sourire. Mais il me semble qu'elle était née-moldue et qu'il était un Sang-Pur … Ce n'est pas souvent que ça arrive, n'est-ce pas ? »

Comme il l'espérait, Nymphadora s'éclaircit la gorge. Sirius se complimenta mentalement Remus pouvait dire le contraire autant qu'il le voulait, mais Sirius était incroyablement malin.

« Mes parents sont comme ça. » dit-elle.

« Vraiment ? »

Nymphadora hocha la tête.

« Et ils sont heureux en mariage ? demanda Sirius, curieux d'entendre parler de sa cousine préférée. Le sang n'a jamais été un problème ? »

« Pas pour eux. La famille de Maman n'aime pas ça, mais on ne les voit pas. »

« Rien de surprenant, renifla Sirius, très heureux à l'intérieur. Je serais bouleversée si l'une de mes filles se mariaient en-dessous de sa classe sociale … Sans vouloir vous offenser, ma chère. »

« Pas de soucis. » dit Nymphadora sur un ton glacial.

Sirius prit une gorgée de thé pour cacher son sourire Nymphadora était donc proche de ses parents.

« Eh bien, merci beaucoup pour le petit-déjeuner, mon cher Remus et c'était … intéressant de vous rencontrer, Tonks. »

Nymphadora sourit, mais ça ressemblait plutôt à une grimace. Sirius ne pouvait pas lui en vouloir Tante Catherine était une femme agressive et il l'avait parfaitement imité.

« Où vas-tu ? » demanda Remus, l'air soulagé de le voir partir.

« M'allonger un peu avant le départ de mon Portoloin. » s'écria Sirius dans une imitation parfaite de la vieille sorcière grincheuse.

« Tu seras parti quand je reviendrais à la maison, alors ? » demanda Remus.

« Il est temps que je retrouve mon elfe de maison, dit Sirius. Et très franchement, je pense que j'ai accompli mes devoirs familiaux. Tu te débrouilles … ah, pas très bien, mais tu n'es pas mort, j'imagine, alors ça doit bien compter pour quelque chose. »

Nymphadora avait l'air furieuse.

« Oui, il est temps que je rentre à la maison. Aussi charmante qu'a pu être ma promenade de ce matin, je sens la forêt et ça ne va pas du tout j'ai un ami qui vient dîner ce soir. Un ami très proche, et je frémis à l'idée de ce qu'il pourrait penser en me voyant comme ça dans ma propre maison ! »

« Je suis sûr qu'il serait horrifié. » dit Remus, mais ses yeux brillaient.

Il avait reçu le message, il était invité à dîner.

Sirius leva le menton et s'éloigna pour entrer dans la chambre d'ami. Il entendit Remus rire et s'excuser auprès de Nymphadora depuis la partie principale de la maison et ils se mirent apparemment à nettoyer la table. Sans magie, il espérait. Dans la chambre où Sirius était entré cependant, se trouvait un Harry à l'air très nerveux qui était assis de manière rigide sur le lit. Étrangement, il ne portait pas ses lunettes et c'était bizarre de le voir sans.

« Oh, mon cher. » dit Sirius en utilisant toujours la voix de Tante Catherine.

C'est pour des choses comme ça que j'adore la magie.

« Je pensais que c'était la salle de bain. »

« La … euh … la salle de bain est de l'autre côté. » dit Harry.

« Merci. »

Sirius se retourna comme s'il s'apprêtait à partir et s'arrêta.

« Est-ce que je te connais ? » demanda Sirius en fronçant les sourcils.

« Je ne pense pas vous avoir déjà vu. » dit Harry sur un ton d'excuse.

« Hmph. Tu es le fils de Remus ? Il ne m'a jamais parlé d'un fils- »

« Je suis son neveu. »

« Remus est un enfant unique. »

« Non, il ne l'est pas. » dit Harry.

Sa main avait disparu sous son oreiller, où Sirius pensait qu'il avait du placer sa baguette.

« Demandez à Remus, il vous le dira. »

« Très bien . » approuva Sirius.

« Pardon, quoi ? » demanda Harry.

« Le Chaudron Baveur ! » dit la voix de Nymphadora et la cheminée souffla depuis l'autre partie de la maison.

La voix de Remus répéta ces mots quelques secondes après.

« C'est moi, gamin. » dit Sirius en souriant largement.

Harry bougea un peu en entendant le surnom, mais continua de le regarder avec une politesse confuse.

« Qui, moi ? » demanda Harry.

« Sirius. »

Les yeux de Harry se plissèrent.

« Je ne vous crois pas. »

Il hésita un instant et sortit sa baguette. Sirius jura.

« J'ai entendu des gens dans la pièce d'à côté. Vous êtes Auror, n'est-ce pas ? »

« Gamin, quoi que tu fasses, n'utilises pas cette baguette. »

La baguette de Harry ne bougea pas.

« Quel animal avait Dudley le soir où on est parti de Privet Drive ? »

« Bordel, comment je suis supposé le savoir ? grogna Sirius. C'était un crapaud ? »

L'expression de Harry se durcit.

« Non, une tortue ! C'était une tortue ! »

Harry continua à avoir l'air suspicieux.

« J'ai le sentiment que toi et Fol-Oeil allez vous entendre à merveille, si vous avez la chance de vous rencontrer, dit Sirius en passant une main dans ses cheveux. Tiens, regarde. Ne me lance pas de sort. »

Il se transforma en Patmol et Harry se détendit.

« Pourquoi est-ce que tu étais déguisé en vieille femme ? » demanda Harry, l'air dégoûté.

Sirius aboya dans ce qui ressemblait à un rire et se retransforma pour pouvoir répondre. Harry éclata de rire Sirius avait retrouvé son apparence, mais il portait toujours la longue robe noire à dentelle de Tante Catherine, de lourds colliers et des bagues affreuses puisqu'ils ne faisaient pas partie de lui et n'avaient pas été annulé par sa transformation.

« Oh, tais-toi. » dit-il à Harry, qui se tenait le ventre.

Harry se fit un principe de l'ignorer.

« Bien, murmura-t-il. Tu veux rigoler ? Je vais te faire rigoler. »

« N- non ! » protesta Harry alors que Sirius se jetait sur lui pour commencer à le chatouiller.


Remus descendit de la cheminée au Chaudron Baveur et manqua de marcher sur Nymphadora, qui était tombée à plat ventre sur le sol. Il lui offrit sa main, qu'elle accepta en rougissant et ils se dirigèrent vers leur table habituelle. Arabella et Matt étaient déjà là – Dirk ne venait pas les mardis et Debbie ne faisait que les après-midi ce jour-là – et leur firent signe à tous.

« Comment ça va, Tock ? demanda Matt. Remus ? »

« Bien, merci. » dit Nymphadora.

« Ça va mieux ? Remus a dit que tu étais malade samedi. » dit Arabella en lui adressant un sourire compatissant.

Nymphadora lança un regard reconnaissant à Remus, tandis que Remus se sentait un peu perturbé par les talents d'actrice d'Arabella elle avait passé les deux derniers jours (puisque Nymphadora n'était pas là) à demander s'ils devaient lui faire confiance et si Remus avait eu une occasion de l'interroger sur le fait qu'elle ait disparu juste avant que Sirius ne soit 'apparu'.

« Je me sens beaucoup mieux, merci. Ma mère était heureuse d'avoir une excuse pour s'agiter, je pense, dit-elle en bougeant, un peu mal à l'aise. Et vous, comment ça va ? »

« Eh bien, Mr Tibbles ... »

Arabella commença à raconter à Nymphadora l'histoire d'un de ces chats qu'elle lui fasse confiance ou non, Nymphadora prêtait surtout facilement l'oreille aux histoires d'Arabella.

Matt avait l'air plus alerte aujourd'hui les effets de son traitement contre la pleine lune avaient complètement disparus. Il termina le dernier des toasts qu'il avait devant lui et repoussa son assiette.

« Il est en sécurité, alors ? » murmura-t-il, en reniflant.

Remus pensa que Harry avait raison la plupart des gens ne remarquerait pas le mouvement, à moins qu'ils sachent où regarder. Remus pencha la tête.

« Et c'est toujours une bonne chose ? »

Remus acquiesça à nouveau. Matt se mit à sourire.

« Je vérifiais juste. »

« Pourquoi tu souris ? » demanda Arabella.

« Remus me parlait juste de son invitée. » dit Matt avec facilité.

« Oh, dit Nymphadora, son expression s'assombrissant. Elle. »

« Elle ? » murmura Matt, l'air confus.

« Ma Tante Catherine, dit joyeusement Remus. Une femme horrible. Elle part aujourd'hui, merci Godric. »

Il croisa le regard de Matt et lui fit un clin d'œil. Les yeux de Matt s'agrandirent, avant qu'il ne ricane, ayant visiblement compris.

« Je reste encore près des bus aujourd'hui, Remus ? » demanda Arabella.

« Si ça te va. »

Arabella se leva et adressa un regard éloquent à Remus avant de pencher la tête vers Nymphadora. Remus acquiesça et Arabella ajusta son sac à main avant de sortir.

« Où est-ce que je vais ? » demanda Matt.

« King's Cross serait sûrement un bon endroit à surveiller. » dit Remus.

« Mais rien à trouver. » entendit-il Matt dire dans un souffle.

Nymphadora n'avait pas entendu ça. Remus jeta un œil à Matt et se mit à sourire, en secouant la tête. Matt lui rendit son sourire et s'éclipsa du pub.

« Prête ? » demanda Remus à Nymphadora.

Elle acquiesça et se leva.

« On va juste marcher de nouveau, c'est ça ? »

Remus hocha la tête.

« Alors, j'ai manqué quelque chose ? Je n'ai pas pu demandé avec ta tante ... »

« J'imagine que tu as entendu parler de samedi ? » demanda Remus en poussant la porte du pub.

Elle grimaça.

« Maugrey m'a promis de ne pas m'appeler aujourd'hui, peu importe ce qu'il arrive … En parlant de samedi cela dit, je pourrais peut-être en savoir plus que toi là-dessus. Tu te souviens de McKinnon dont nous avons parlé ? »

« Marlène ? » demanda Remus, en feignant l'air surpris.

« Je dois me souvenir de ça, murmura-t-elle. Mais oui, elle. »

Nymphadora regarda autour d'eux et baissa la voix.

« Apparemment, Sirius était dans sa maison- »

« Tu rigoles ! Elle va bien ? demanda Remus rapidement. Elle a été blessé ? »

« Elle va bien, dit Nymphadora en frottant l'une de ses chaussures contre le trottoir alors qu'ils attendaient pour traverser la route. Apparemment, elle vit juste à côté de la maison de la mère de Sirius. »

« Je savais ça. » admit Remus.

Il n'y avait aucun intérêt à nier cela, puisqu'il avait été dans les deux endroits pendant ses années d'école. Et plus récemment encore, mais elle n'a pas besoin de savoir ça …

« Je pensais bien. » dit Nymphadora, l'air songeuse.

« J'imagine qu'ils ont été y jeter un œil. » dit Remus avec prudence.

Nymphadora acquiesça.

« Ils ont trouvé quelque chose ? Des traces pour montrer que lui et Harry y sont venus ? »

« Non, dit-elle, son visage défait tandis que ses cheveux avaient pris une légère teinte bleutée. Apparemment, il y a un portrait grincheux, un vieil elfe de maison complètement fou et beaucoup de poussière, mais rien de plus. »

« Ils cherchent toujours ? »

Elle secoua la tête.

« La dernière recherche a eu lieu hier soir. Rien n'a changé depuis la première fois, alors ils ont abandonné. Sirius est probablement à l'étranger maintenant. »

« Sans doute. » acquiesça Remus, en soupirant pour plus d'effet.

« Lupin ! »

« Oh, génial, grogna Remus. D'abord Tante Catherine- »

En dehors de ses références aux loups-garous, Sirius avait réussi une parfaite imitation (ce pourquoi Remus était impatient de rentrer pour pouvoir le taquiner).

« -et maintenant lui. »

Nymphadora lui adressa un bref regard compatissant, avant que son expression ne devienne hautaine Lucius Malefoy se dirigeait vers eux, seul cette fois.

« Théodora. » dit Malefoy en lui offrant un sourire poli.

« Mr Malefoy, répondit Nymphadora sur un ton équivalent au sien. Comment allez-vous, monsieur ? »

« J'ai besoin de parler à Lupin, si c'est possible. »

Je suis juste là, tu sais, pensa Remus avec irritation. Pour autant, il se mit à sourire.

« Prenez autant de temps qu'il faudra, dit Nymphadora en souriant à Malefoy comme si elle était soulagée qu'il éloigne Remus. Il peut me trouver plus tard. »

« Où seras-tu ? » demanda Remus.

« Tu es celui qui mène des recherches, dit-elle en arquant un sourcil. Je suis certaine que tu pourras trouver. »

Malefoy ricana et fit signe à Remus de le suivre. Il regarda de nouveau en direction de Nymphadora qui murmurait 'Désolé !' et 'je serais là !'. Il lui offrit un sourire rassurant et suivit Malefoy dans le Chaudron Baveur.

« Je pensais- » commença Malefoy en s'asseyant à une table dans un coin de la pièce.

Il y avait plusieurs répliques que Remus aurait adoré lui offrir, mais il les étouffa toutes et s'assit.

« -au fils Potter. »

« Et alors ? » demanda prudemment Remus.

« Vous avez commencé à le connaître à l'hôpital, n'est-ce pas ? »

« J'imagine, dit Remus. Pourquoi ? »

« Comment était le garçon ? »

« Il avait l'air attaché à Sirius, offrit Remus, puisque plusieurs personnes pouvaient le confirmer. Et il s'entendait bien avec Dumbledore ... »

Malefoy ricana.

« Vraiment ? »

« Oui. Pourquoi l'intérêt soudain ? » ne put s'empêcher de demander Remus.

« Ça ne vous regarde pas, dit froidement Malefoy. D'après ce que vous avez vu, vous pensez qu'il pourrait aller dans quelle Maison à Poudlard ? »

Remus n'en avait aucune idée.

« Je ne lui ai parlé que pendant une semaine- »

« L'intelligence était – si je me souviens bien – une de vos seules qualités intéressantes, Lupin, souffla Malefoy. Je serais déçu d'apprendre que vous avez aussi perdu ça. »

Malefoy l'observa un moment.

« Une réponse, s'il vous plaît, Lupin. »

« Laissez-moi une seconde pour y réfléchir. » s'écria Remus.

Où irait Harry ? Il n'était pas un lecteur assidu, mais il était quand même raisonnablement intelligent, peut-être suffisamment pour Serdaigle, mais Remus ne pouvait pas en être certain. Il était loyal à Sirius – si son comportement à Ste Mangouste avait été un indicateur – et avait travaillé dur pour trouver une solution au problème de la potion du Détraqueur, comme un Poufsouffle pourrait le faire.

Sa loyauté pouvait aussi être un trait propre aux Gryffondor, particulièrement parce que Harry avait été prêt à se placer entre Sirius et un sort inconnu lancé par Remus en mai dernier. Il était courageux aussi, pour être allé dans la caverne et la façon dont il avait voulu aller chez Marlène au moment où il avait appris que Sirius était en danger. Tout cela correspondait à la témérité des Gryffondor …

Mais Harry était aussi habitué à garder des secrets ce n'était pas forcément un trait de Serpentard, parce que Remus avait aussi été habitué aux secrets à cet âge-là, mais ça pouvait l'être … Harry avait trompé tout le monde avec le thé à Ste Mangouste et il leur avait aussi menti, ce qui était certainement une attitude de Serpentard, ou du moins aux yeux de Remus. La loyauté était aussi un trait de Serpentard ils savaient se protéger eux-mêmes et si Harry ne voulait pas retourner chez sa tante et son oncle, Sirius était sa meilleure option.

Et il n'aimait pas être traité comme un enfant – il l'avait clairement montré à plusieurs reprises – mais c'était un trait de caractère qui pouvait correspondre à toutes les Maisons la soif de connaissances de Serdaigle, le désir d'égalité de Poufsouffle, le souhait d'être inclus quoi qu'il en coûte de Gryffondor ou la peur de Serpentard d'être trop sous-estimé.

« Je ne sais vraiment pas. » dit-il, en se promettant de demander à Sirius ce qu'il en pensait plus tard dans la journée.

« Devinez. » s'écria Malefoy.

« Gryffondor. » dit-il après un moment.

Malefoy eut l'air irrité.

« Ou peut-être Serpentard. »

« Il n'est pas assez simple pour Poufsouffle, dit Malefoy en hochant la tête. Et il semble trop aimer la compagnie pour être un Serdaigle, ou je l'imagine. Il devait désespérément vouloir de la compagnie pour pouvoir vous supporter pendant toute une semaine. »

« Les Poufsouffle ne sont pas simples, marmonna Remus, en pensant à Nymphadora. Et si vous saviez déjà tout ça, pourquoi le demander ? »

« Je voulais d'autres opinions. Le Ministre a suggéré Gryffondor ou Serpentard, sa sous-secrétaire pensait à Poufsouffle ou Gryffondor et Dumbledore, Gryffondor ou Serpentard. »

« Pourquoi voulez-vous le savoir ? » demanda Remus, à nouveau.

« Je vous ai déjà dit que ça ne vous concernait pas, ricana Malefoy. Retournez à vos recherches. J'ai des choses à faire. »

Malefoy se dirigea vers la cour qui menait au Chemin de Traverse. Remus le regarda s'en aller, en se demandant ce qu'il tramait.

Pendant un instant, Remus pensa qu'il pourrait le suivre, mais décida que ça ne valait pas le coup. Il fallait juste qu'il garde un œil sur Malefoy à partir de maintenant.

En soupirant, il se leva et quitta le pub, se dirigeant vers l'endroit où il espérait retrouver Nymphadora. Il pourrait apprécier une bonne compagnie après ce petit supplice.


« Lucius ? »

Narcissa frappa une fois à la porte du bureau de son mari, avant de l'ouvrir. Lucius était assis à son bureau – rien de surprenant – mais ce qui la surprit, c'était l'homme qui se tenait devant le bureau.

« Bonjour Severus. » dit-elle en arquant un sourcil.

« Narcissa. » dit-il en s'inclinant légèrement.

Narcissa adressa un regard suspicieux à Lucius, mais il ne sembla pas le voir il demandait seulement les conseils de Severus lorsque quelque chose le troublait ou si quelque chose allait mal avec Drago. Puisqu'elle savait que Drago était actuellement en train de harceler Dobby dans la cuisine – même si elle lui avait dit de ne pas traiter l'elfe de cette façon – et était donc parfaitement heureux, il s'agissait forcément la première raison.

« Tout va bien ? » demanda-t-elle, en allant se placer près de Lucius.

Elle lui attrapa la main et la serra un peu.

« Poursuis ce que tu disais, Severus. » dit Lucius.

Severus avait l'air agacé de recevoir un ordre, mais ne dit rien.

« Il n'y a rien de plus que je puisse te dire, dit-il. Le Choixpeau est protégé par une ancienne magie pour empêcher qu'un sort ou une potion ne modifie son esprit. Il ne peut pas être piégé. J'ai entendu qu'il prenait les préférences de l'enfant en compte, mais je crois que c'est une rumeur. Si un enfant n'a pas sa place quelque part, il ne sera pas placé là. »

« Tu es certain ? »

« Positif. » dit Severus, en hochant brusquement la tête.

« Dobby ! »

Dobby apparut avec un CRACK ! Il s'inclina largement devant chacun d'eux.

« Raccompagne le professeur Rogue. »

« Par ici, monsieur. » couina Dobby, en menant Severus vers la porte.

« Toujours un plaisir, Lucius, dit Severus. Narcissa. »

Narcissa attendit que la porte se ferme avant de se tourner vers Lucius.

« Eh bien ? s'écria-t-elle. J'apprécie autant Severus que toi, Lucius, mais la dernière fois qu'il est venu, c'était pour t'aider à transformer cet horrible petit homme en animal pour nos fils- »

« Ça devra être fait par la manière forte, murmura Lucius. J'avais craint que ça soit le cas ... »

« Je te demande pardon ? »

« Rien qui devrait t'inquiéter, chérie. »

« Je serais l'unique juge de ça. »

Elle remarqua tout à coup les livres sur le bureau.

« Les quatre fondateurs ? lit-elle. Origine des Maisons ? A la recherche de l'or : une histoire de Gryffondor ? Tu es d'accord, finalement ? »

Elle s'était disputée longuement et durement avec Lucius sur le fait que les garçons devraient aller à Poudlard (sa préférence à elle) et non à Durmstrang (sa préférence à lui). Lucius s'était montré étrangement discret sur cette question ces derniers mois, ce qui voulait généralement dire que Narcissa avait gagné.

« Et si je le suis ? »

« Il était temps. » lui dit-elle.

Lucius grimaça. Elle, bien sûr, savait qu'il n'aurait pas été d'accord avec elle sans y avoir, préalablement, trouvé son propre intérêt. Puisqu'elle n'avait pas encore arrêté de lui parler (comme elle l'aurait fait s'il était encore bloqué sur Durmstrang à la mi-septembre) ou l'avait envoyé dormir dans la chambre d'ami plutôt que dans la leur, elle n'avait pas encore trouvé de quel intérêt il s'agissait.

« Mais pourquoi tu es intéressé par Gryffondor ? Qu'est-ce que tu as prévu ? »

« Harry Potter sera soit à Gryffondor, soit à Serpentard. » dit-il.

« L'intérêt, Lucius ? » demanda-t-elle prudemment.

« Eh bien, dit-il, l'air un peu nerveux désormais. Il y a deux Maisons possibles et nous avons deux fils ... »

« Non. » dit-elle brusquement.

« Il n'y a rien à discuter, Narcissa. » dit-il, sévère tout à coup.

Lui donner des ordres allait certainement la faire résister davantage et il sembla s'en souvenir un instant plus tard. Il lui prit la main et cette fois, son ton était doux et persuasif.

« Nous avons besoin que Harry Potter soit de notre côté et il n'y a pas de meilleure façon d'accomplir ça qu'avec les garçons- »

« Ce sont nos fils, s'écria-t-elle en retirant sa main de la sienne. Ce ne sont pas des pions dans tes jeux politiques ridicules, Lucius ! Si tu veux devenir son ami, fais-le toi-même ! »

« Comment je pourrais le faire, d'après toi, pendant qu'il est caché quelque part avec Black ? » demanda-t-il avec éloquence.

« Je ne sais pas et je ne m'en soucie pas particulièrement, lui dit-elle. Peut-être que tu peux postuler pour le poste de professeur de Défense quand il commencera Poudlard. »

« Dumbledore ne l'autoriserait jamais. »

« Alors tu as assez de temps pour entraîner un de nos fils à se comporter comme un Gryffondor, mais pas assez de temps pour essayer de convaincre un vieil homme ? »

Lucius la fixa.

« Un vieil homme qui, je pourrais ajouter, a un penchant pour les secondes chances. »

« Tout ira- »

« Si tu dis 'bien', Lucius, je jure que je ne te parlerais plus jamais. Ça n'ira pas bien. Ton plan, corrige-moi si je me trompe, consiste à ce que notre famille suive le fils Potter, c'est ça ? »

« Oui. »

« Et – en mettant de côté le fait que tu as trois fois son âge – tu prétends que ce garçon sera le prochain défenseur des Sang-Purs ? »

« Oui. »

Narcissa secoua la tête.

« Si tu penses qu'il en aura quelque chose à faire de nous et de nos souhaits après plusieurs années à vivre avec mon cousin adorateur des moldus, tu te fais des illusions. Le fait que tu penses qu'il y ait une chance qu'il finisse à Gryffondor prouve ce point. Il va grandir en écoutant les croyances de Dumbledore, celles de Sirius et tout ce qu'on pourra en retirer, ce sera un fils traître à son sang et une tache sur le nom des Malefoy ! Nous n'avons rien à gagner et tout à perdre ! »

Elle prit une inspiration profonde.

« Même si Harry Potter s'avère être le prochain Seigneur des Ténèbres, que se passera-t-il si ou quand notre ancien seigneur reviendra, comme Bella pense qu'il le fera- ? »

« Bella est folle- »

« Bellatrix est ma sœur et je ne tolérerais aucune insulte tant que je suis à portée de voix, dit-elle froidement. Et si ça arrivait, Lucius ? Est-ce que nous le rejoindrions en reniant Potter ou compterions-nous sur Potter pour nous protéger ? »

« Nous le rejoindrions. » dit Lucius.

Narcissa laissa échapper un gémissement.

« Alors, tu serais celui qui signerait l'arrêt de mort de ton propre fils ? N'importe qui associé au fils Potter sera détruit ! »

« Si ça en venait là, Drago serait en première position pour rassembler des informations sur Potter, quelque chose pour lequel le Seigneur des Ténèbres – s'il revenait – le récompenserait largement. »

« C'est Drago alors ? » demanda-t-elle, en sentant son cœur se geler légèrement.

Drago avait toujours été le plus fort des deux, même si cela était sûrement lié à la naissance désastreuse de Hydrus. Son fils aîné était si minuscule alors, si fragile. Elle n'avait jamais vu Drago aussi fragile, mais elle l'avait vu petit elle s'était arrangée pour l'avoir tôt, car elle avait été inquiète des complications à la naissance. Même petit, Drago avait été infiniment plus fort. Elle ne pensait pas qu'il était assez solide pour ça, malgré tout.

« Drago est plus jeune. Il est plus facile à manipuler. »

« Information ou pas, si le Seigneur des Ténèbres revient, Drago sera un traître à son sang, murmura-t-elle. Un Gryffondor. Tu l'as dit toi-même, le Choixpeau ne peut pas être piégé ! Ce sera un vrai Gryffondor, trop honnête pour espionner le fils Potter, particulièrement s'ils sont devenus amis ! »

« S'il est trop honnête pour changer de camp, alors quoi de mieux que de se tenir aux côtés de Potter ? »

Narcissa le dévisagea.

« Mais n'oublie pas, Narcissa, que Pettigrow était un Gryffondor qui était prêt à espionner. » fit remarquer Lucius.

Un sanglot sec sortit de la bouche de Narcissa avant qu'elle ne puisse le retenir.

« Tu veux que Drago, ton fils, termine comme cet homme misérable ? C'est la vie que tu imagines pour lui ?! Lucius, écoute-toi parler ! Tu suggères que nous devrions permettre – non, forcer un de nos fils à devenir un traître à son sang ! Même si le Seigneur des Ténèbres ne revient pas, il sera toujours ça un Malefoy à Gryffondor … C'est une insulte, Lucius ! »

« Comment s'attirer les sympathies du fils Potter autrement que comme ça ? »

« Pourquoi ses sympathies ? Pourquoi pas son respect ? »

« Nous aurons son respect s'il devient un Serpentard. S'il est à Gryffondor, nous aurons besoin de sa sympathie. Je me prépare pour toutes les possibilités. »

« Je ne te laisserais pas faire ça, dit-elle. Ma famille entière a été déchiré par des traîtres à leur sang, au cas où tu aurais oublié. »

Ce n'était sûrement pas son cas. Même aujourd'hui, elle était troublée à propos de ces histoires et inquiète qu'elle ait pu faire le mauvais choix quand elle avait renié Andy. Andy avait gagné sa liberté.

Narcissa avait gagné le maître, le seigneur de sa sœur et de son mari, un homme qu'elle n'avait jamais beaucoup aimé et seulement suivi – jamais servi – parce qu'il croyait dans les choses qu'on lui avait répété pendant son enfance et parce qu'elle n'avait pas voulu mourir (ce qui était – jusqu'à l'arrivée de Harry Potter – la punition pour lui résister).

« Nous nous occuperons de Drago quand le moment viendra. »

Un rire sans joie sortit de sa bouche.

« Nous occuper de lui ? Nous occuper d'un Gryffondor ? »

Le rire qui suivit ressemblait davantage à un sanglot.

« Nous occuper de lui comme Tante Walburga s'est occupée de Sirius ? En le maltraitant régulièrement jusqu'à ce qu'il fuit ? Je ne perdrais pas mon fils comme ça. »

Narcissa sentit une larme couler le long de sa joue. Elle ne l'essuya pas. Elle voulait que Lucius la voit et sache qu'il l'avait bouleversé.

« Alors, que suggères-tu ? »

« Que tu arrêtes de jouer sur les deux tableaux, dit-elle, furieuse à présent. Choisis Potter et mets-toi à aimer les moldus comme Dumbledore ou attends que le Seigneur des Ténèbres- »

« Le Seigneur des Ténèbres a disparu. »

« Alors, ne sers personne, dit-elle en essuyant les larmes sur sa joue. Vis la vie que nous nous sommes construit. Laisse nos fils trouver leurs propres Maisons- »

« Et s'ils sont à Poufsouffle ? »

« Alors qu'il en soit ainsi, dit-elle, sa voix comme du venin. Mieux vaut qu'ils trouvent leur voie d'eux-mêmes plutôt qu'ils soient forcés à entrer dans une Maison par leur idiot de père. »

Lucius prit une horrible teinte rose et se leva si brusquement que sa chaise se renversa.

« Je n'accepterais pas que l'on me parle comme ça- »

« Et je n'accepterais pas que tu utilises mes fils ! Si j'entends encore une de ces absurdités, je leur dirais ce que tu as prévu et ça sera la fin de tes projets ! »

« Tu pourrais, mais tu ne le feras pas. » dit Lucius.

« Je pense que tu vas découvrir qu'il n'y a pas grand-chose que je ne ferais pas pour protéger mes fils, lui dit-elle. Et si c'est de toi qu'ils doivent être protégés, alors qu'il en soit ainsi. »

Ensuite, en laissant Lucius méditer là-dessus, elle quitta la pièce en refermant la porte derrière elle.