Bien le bonsoir ! Il n'y a qu'une chose dont je suis sûre : c'est le dernier chapitre pour 2019 ! En espérant que vous l'apprécierez. Bonne lecture et surtout, un bon réveillon à tous ! N'hésitez pas à partager vos impressions si vous avez quelques petites minutes !
« Mais, mais monsieur- » bégaya Severus.
« Vous avez déjà dit oui, n'est-ce pas ? » demanda Dumbledore, aussi calme qu'à son habitude.
« Oui, répondit Severus d'un air pincé. Je n'avais pas le choix, mais- »
« Vous allez tenir votre promesse. Des temps dangereux s'annoncent pour le jeune Mr Malefoy et il les traversera bien plus facilement avec votre soutien. »
« C'est le problème, monsieur le Directeur, dit Severus avec irritation, en se retournant brusquement pour continuer de faire les cent pas. Je ne vois aucune raison d'être modeste quant au fait que je suis – possiblement – le meilleur Occlumens à l'heure actuelle. N'importe lequel de mes étudiants pourrait me surpasser, particulièrement en étant entraîné dès l'enfance- »
« C'est possible, oui. » dit Dumbledore, en attrapant une lettre du bureau du Ministre – une lettre qui venait certainement de Fudge lui-même.
« Et vous voulez donner cet avantage à l'autre camp ?! s'exclama Severus. Vous voulez que je forme personnellement quelqu'un qui va vous espionner, vous et le m- euh … garçon des Potter- »
« Vous imaginez que Sirius va autoriser Harry à aller à Poudlard, soupira Dumbledore, en regardant Severus par-dessus sa lettre. Et qu'il sera réparti à Gryffondor- »
« Bien sûr qu'il le sera, renifla Severus. Le fils de James Potter à Serpentard … Penser qu'il puisse aller ailleurs qu'à Gryffondor est ridicule- »
« Et qu'en est-il du fils de Lily ? demanda Dumbledore, en le coupant de nouveau. Pourrait-il appartenir à Serpentard ? »
« C'est le fils de Potter, siffla Severus, en faisant soupirer Dumbledore. Et le filleul de Black. Il ira à Gryffondor- »
« Je l'espère, soupira Dumbledore. Mais vous oubliez que le garçon a réussi à nous faire croire qu'il avait consommé le Véritaserum- »
Les yeux bleus de Dumbledore étincelèrent ; Severus savait qu'il avait arrêté de répondre aux lettres du Ministre en septembre, pour le punir de cette erreur morale, du moins avant de réaliser que le risque de causer plus de mal que de bien était important. Il répondait de nouveau à ces lettres, si celle qui était posée sur le bureau en était la preuve, mais il était toujours furieux. Severus n'en avait aucun doute.
« -et à s'échapper d'une pièce fortement gardée tandis que deux Aurors étaient placés à l'extérieur. »
« L'évasion était probablement l'œuvre de Black. » dit Severus, en sachant que c'était le cas puisque Black le lui avait confirmé.
« Probablement, dit Dumbledore, l'air pensif. Mais le thé sur les draps, c'était bel et bien Harry. »
« Oui, mais- »
Severus s'interrompit brusquement.
« Ce n'est pas le sujet ! dit-il furieusement, tandis que Dumbledore laissait échapper un petit rire et retournait à la lecture de sa lettre. Le sujet, c'est que vous me demandez de donner des leçons spéciales à Drago, de lui enseigner mes compétences pour qu'il puisse ensuite les utiliser contre nous ! »
« C'est exactement ce que je vous demande, Severus, oui. »
Severus traita Dumbledore de tous les noms d'oiseaux auquel il pouvait penser – malheureusement, cela sembla amuser le vieil homme, particulièrement lorsqu'il dut faire apparaître un dictionnaire pour vérifier l'un des mots. Severus ne savait pas duquel il s'agissait, puisqu'il les avait tous lancé plutôt rapidement. Avec un dernier grognement en direction du Directeur, dont la barbe frémissait à la lecture du dictionnaire, Severus fit volte-face et claqua la porte derrière lui.
Kreattur avait fait de nombreux allers-retours dans la salle d'entraînement toute la journée, leur fournissant sans cesse thé et chocolat chaud – pour Patmol, juste au cas où – scones, biscuits, sandwiches et tout ce que l'un ou l'autre souhaitait. Il semblait comprendre que c'était aussi difficile pour eux que se plonger dans les souvenirs de famille des Black pour lui. Il y avait cependant beaucoup plus de rires associés à ce travail.
Ils avaient déjà trié un bon nombre de photographies ; il y en avait de James bébé, quelques-unes de lui et de deux personnes que Patmol avait décrit comme étant les grands-parents de Harry et il y avait également quelques photos moldus de Lily enfant. Quelques-unes incluaient la Tante Pétunia – Harry avait remarqué que les photos de sa mère et sa tante ensemble s'étaient arrêtées lorsque Lily avait environ neuf ans.
Il y avait une photo de Lily jeune – dix ans peut-être – qui barbotait dans un petit cour d'eau et qui portait un énorme chapeau sur la tête et un sourire encore plus large. A côté d'elle, le visage caché par la visière du chapeau de Lily, se trouvait un garçon aux cheveux noirs. C'était un garçon car les vêtements n'étaient certainement pas des vêtements de filles. Patmol et Lunard supposaient que ça devait être un cousin ou un voisin, mais sans son visage, c'était dur à dire.
La plupart des autres photos représentaient les années de ses parents à Poudlard ; il y en avait une de James pourchassé par une armure en première année – Patmol avait déclaré fièrement en être l'auteur – et une de Lunard, debout dans l'encadrement d'une porte, le sourire aux lèvres et un balai dans les mains.
« Regarde ça. » dit Patmol, en montrant la pièce derrière le Lunard de la photo.
Harry loucha un peu et put se rendre compte que la pièce était à l'envers ; le sol était plein d'étoiles et le plafond était en pierre, avec des tables qui y étaient fixées. Il y avait toujours des gens attablés, et volant en-dessous d'eux, deux garçons aux cheveux sombres sur des balais.
« C'était génial, dit Lunard en souriant largement. Nous avons pris nos balais pour le dîner – je ne peux toujours pas croire que personne ne nous ai demandé pourquoi- »
« Ils auraient du. » dit Patmol, l'air pensif.
« -nous avons mangé et ensuite, quand nous avons fini, j'ai lancé un sort pour retourner la pièce et ensuite un autre, qui était comme un énorme charme du Bouclier à un centimètre de tous les murs et les sols. »
« La meilleure chose, commença Patmol. C'est que personne ne s'en est rendu compte jusqu'à ce que nous ayons sauté sur nos balais et que nous nous soyons envolés ! Tout le monde est resté coincé là jusqu'à ce que les professeurs trouvent comment les faire descendre – ils ne comprenaient pas pourquoi leur contre-sort ne faisaient que rebondir ! Finalement, plusieurs d'entre eux l'ont lancé simultanément et ont brisé le Bouclier, mais il leur a fallu plusieurs heures, pas vrai, Lunard ? »
« Il était deux heures du matin quand ils ont enfin réussi à les faire descendre, je crois, confirma Lunard en souriant. Et nous avions pu profiter de toute l'école tranquillement pendant des heures. Tout le monde était si fatigué que les cours ont été annulé le jour d'après ! »
« Je parie que tout le monde a adoré ça. » dit Harry en souriant largement.
« Je crois que nous avons eu des retenus tous les soirs pendant deux semaines- »
« Trois. » dit Lunard.
« Oh, trois semaines alors, dit Patmol, l'air penaud. Et nous avons perdu vingt points chacun, mais ça valait le coup. C'est quoi la photo d'après ? »
La photo d'après représentait une Lily de douze ans à une sorte de fête – Lunard avait parlé de 'Club de Slug' - et ensuite, il y en avait une des quatre Maraudeurs – à l'âge de treize ans – et d'une belle serveuse dans un pub quelque part. Suivait une photo de Lily – également autour de treize ans – étendue à l'envers sur son lit, chatouillant une fille blonde avec les pointes de ses cheveux roux, tandis qu'une fille au visage rond et une jeune Marlène riaient.
Ensuite, il y en avait une de James et Patmol en pleine bataille de boules de neige – les boules de neige n'arrêtaient pas de percuter l'appareil photo, que Lunard tenait apparemment – une d'un match de Quidditch, avec James et Patmol volant autour du terrain et une de Lily – qui devait avoir quatorze ou quinze ans maintenant – avec la même fille blonde d'une autre des photographies. Et avec le bras de Lily posé sur ses épaules, se trouvait un Rogue bien plus jeune, affichant un demi-sourire.
« C'est Mary MacDonald, dit Lunard en désignant la fille blonde. Et tu connais Rogue. »
« Ils étaient amis ? » demanda Harry en regardant Lily relâcher Rogue et Mary pour pouvoir agiter la main en direction de Harry.
Rogue la regardait avec un air maussade avant de jeter un coup d'œil vers Harry. Mary se contentait de sourire et d'adresser des regards méfiants en direction de Rogue toutes les deux secondes. Lunard et Patmol échangèrent un regard.
« Ils l'étaient pendant les premières années, dit Patmol finalement. Je n'aurais pas dit qu'ils étaient proches – ses amis à elle le toléraient et les siens ne la regardaient même pas, alors ça rendait les choses difficiles – mais ouais, je suppose que tu peux appeler ça de l'amitié. Ou du moins, il n'était pas aussi crétin avec elle qu'avec le reste d'entre nous. Ensuite, il a fait quelque chose qui l'a énervé, elle a vu quel abruti il était vraiment et tout s'est plus ou moins dégradé. »
Lunard s'éclaircit la gorge et commença à décrire la photo suivante c'était James et Lunard dans une pièce caverneuse – il y avait des elfes de maison dans les coins de la pièce, l'air anxieux, alors Harry supposa qu'il devait s'agir d'une cuisine – debout devant près de soixante-dix bonhommes en pain d'épices de taille humaine. Tandis que Harry observait, Patmol et Peter menaient la charge, chevauchant chacun un bonhomme en pain d'épices – glacés de rouge tandis que ceux de James et de Lunard étaient blancs.
« Nous avons fait des batailles dans toute l'école, dit Patmol avec nostalgie. C'était juste une distraction, cela dit cette nuit-là, nous avons envoyé nos soldats dans chaque Salle Commune et dans les appartements de tous les professeurs pour amener tout le monde au rez-de-chaussée. »
« Qu'est-ce qui s'y trouvait ? » demanda Harry.
« Des couvertures et des feux de camp. Et ensuite, un feu d'artifice. » dit Lunard, avec un large sourire.
Il fouilla dans la pile de photographies et en sortit une autre. Elle montrait des feux d'artifice qui explosaient dans le ciel sombre et étoilé. Sous les étincelles, éclairés par les feux que Lunard avait mentionné, se trouvaient l'équipe éducative et les étudiants de Poudlard, ainsi que les bonhommes de pain d'épices.
Harry jeta un œil à Dumbledore, qui discutait aimablement avec plusieurs biscuits animés, et éclata de rire. Toutes les deux secondes, un bras apparaissait sur la photo – en face de celui qui tenait l'appareil photo – et le pointait vers Lily, qui était assise avec trois autres filles et qui souriait en direction des feux d'artifice.
« C'est le bras de Cornedrue au cas où tu n'aurais pas deviné, dit Patmol, comme s'il avait lu l'esprit de Harry. Et là, nous avons Mary, ta mère, Alice et Marlène. »
« Vous avez eu une retenue pour ça ? »
« Une pour chaque bonhomme de pain d'épices, dit Lunard, ironique. Mais c'était divisé entre nous quatre – ce qui a fait à peu près quarante chacun – et McGonagall était si impressionnée par nos sorts qu'elle n'a pas retiré de points. »
« Bonne vieille Minnie, dit Patmol avec nostalgie. C'était elle ici. »
Il désignait le dos d'une sorcière vêtue d'une robe en tartan.
« Il y a une meilleure photo ici, quelque part, certainement ... »
Il parcourut la pile et en sortit une.
« Aha ! Fin de la septième année. »
La photo montrait les quatre maraudeurs et Lily – chacun d'eux portait une écharpe rouge et or – ainsi que McGonagall elle était coincée entre Patmol et Lunard – qui souriaient largement tous les deux. James, Peter et Lily étaient à l'avant – James était accroupi car il était évidemment le plus grand – et étaient en train de rire Patmol essayait de placer une écharpe de Gryffondor sur le chapeau de McGonagall. Elle portait une expression que Harry avait déjà vu sur les animaux quand ils jouaient avec de jeunes enfants.
Les baguettes de James et de Lily firent leur apparition après qu'ils eurent regardé le reste des photographies – Harry remarqua, à sa grande surprise, qu'il était présent dans plusieurs des dernières – et Patmol passa une demi-heure à tourner celle de James entre ses doigts, racontant des histoires pour expliquer la présence de chaque entaille, rayure et éraflure sur le vernis.
Quand Patmol les reposa, Harry les attrapa et les tint fermement. Il pouvait voir de vieilles traces de doigts sur les deux baguettes et se demanda si elles appartenaient à ses parents ou si elles avaient été faites par celui qui les avait rangé dans la boîte.
Patmol et Lunard se laissèrent emporter dans une dispute pour savoir si une des éraflures avaient été faite lorsque Lily avait jeté la baguette de James par la fenêtre de la classe de sortilèges, faisant tomber une pluie de lys ou si elle datait de la fois où James et Patmol avaient contrarié un Botruc en botanique, au point qu'il avait cassé le pouce de James et qu'il avait commencé à casser sa baguette avant que Patmol ne puisse l'en empêcher.
L'album de cartes de Chocogrenouilles de James fut sorti de la boîte un instant plus tard. Patmol l'attrapa, le parcourant rapidement avant de le poser sur la table dans un soupir.
« Il n'a jamais trouvé la fée Morgane. » dit-il tristement.
Lunard et Harry échangèrent un regard confus, mais Patmol refusa d'expliquer et continua à fouiller dans la boîte. Il y avait un vieux Vif d'Or dont les ailes se mirent à battre mollement avant d'abandonner. Sirius le leva et murmura quelque chose qui ressemblait à un sort, mais il ne réagit pas. Patmol hocha la tête comme s'il ne s'était attendu à rien d'autre.
En-dessous se trouvait une photographie, séparée des autres. Ils étaient tous les cinq – Lily, James, Lunard, Patmol et Peter – dans le parc, avec le château de Poudlard et le terrain de Quidditch en arrière plan. Tous les trois souhaitaient une copie de celle-là et Patmol la dupliqua d'un geste de baguette. Harry et Lunard échangèrent un regard lorsque Patmol chassa Peter de sa copie d'un coup de baguette, mais aucun d'eux ne commenta.
Patmol avait recommencé à ressentir les effets de la potion du Détraqueur à ce moment-là, alors il alla s'asseoir dans la cuisine avec Kreattur – certainement pour boire un chocolat chaud – tandis que Harry et Lunard bavardaient, allongés sur le sol de la salle d'entraînement. Quand Patmol revint, l'air plus apaisé, ils se rassirent et recommencèrent leur triage.
Venait ensuite une grande pile de livre – Harry pensa que la boîte devait posséder une sorte de charme pour contenir tout cela, car il y avait au moins une vingtaine de livres – qui avait appartenu à ses parents. Certains n'étaient que des livres communs, d'autres étaient visiblement des livres d'école plusieurs d'entre eux portaient l'inscription soignée Lily Evans sur la page de couverture, ou comportaient des conversations entre les Maraudeurs inscrites dans les marges.
Harry sortit un tissu plié, d'un vert anis, que Patmol identifia comme étant les robes de guérisseuse de Lily. Harry les tint avec délicatesse, sans réussir à croire que sa mère les avait un jour porté, qu'elle ait passé les bras dans les manches ou rangé sa baguette dans sa poche. Incapable de s'en empêcher, il porta le tissu à son nez, mais il ne réussit à rien sentir d'autre que la poussière. Il laissa les robes tomber à côté de lui, ignorant le regard de pitié de Patmol qu'il sentait sur lui, et se hâta d'attraper quelque chose d'autre.
Il s'agissait d'une petite boîte de bois avec un petit fermoir en métal. Quelque chose se mit à gratter à l'intérieur quand il la secoua doucement, mais il ne réussit pas à l'ouvrir. Il la tendit à Lunard qui essaya d'ouvrir le verrou, jura et lâcha la boîte.
« De l'argent. » dit-il à travers sa mâchoire serrée, en désignant la petite brûlure sur son pouce qui se répandait rapidement.
Patmol se leva et courut hors de la pièce.
« Pourquoi ça devient noir ? demanda Harry, inquiet. Ça fait toujours- »
« L'argent est pire quand on est proche d'une pleine lune, dit Lunard en se tenant la main. Oww. Comme c'est ce soir- »
« Tiens. » dit Patmol en tendant une petite bouteille à Lunard.
Lunard laissa tomber quelques gouttes sur la brûlure et laissa échapper un petit soupir de soulagement. Tandis que Lunard observait sa brûlure, Patmol inspectait la boîte. Il la retourna plusieurs fois, fronça les sourcils, avant de sourire.
« Aut viam inveniam aut faciam. » murmura-t-il.
Lunard lâcha un petit grognement ennuyé depuis le fin de sa gorge.
« J'aurais du pensé à ça. »
Patmol sourit et souleva le couvercle. A l'intérieur, on pouvait voir un enchevêtrement de bijoux. Il y avait une simple chaîne en or avec un rubis en pendentif que Lunard se souvenait avoir vu porté par Dorea Potter lors d'occasions particulières, une montre à l'air compliqué que avait appartenu à Charlus Potter avant de devenir celle de James, et une collection de bagues.
L'une d'entre elles étaient la bague de fiançailles de Lily, un rubis entouré de diamants, et une autre était une alliance, un anneau en or tout simple avec un diamant. Une autre était en argent et Patmol raconta que lui et James l'avaient reçu à la fin de leur formation d'Auror. Lunard préféra ne pas toucher à celle-là. La dernière était en or et visiblement, une bague d'homme.
Ils conclurent qu'elle devait appartenir à Harold Evans, car Lunard et Patmol étaient tous deux sûrs qu'elle n'était pas à James apparemment Lily avait fait gravé l'alliance de James pour qu'elle affiche 'Méfait accompli', tandis que James avait fait inscrire '1307' sur l'alliance de Lily, le nombre de fois où il lui avait demandé de sortir avec lui avant qu'elle ne dise oui. Aucune de ces bagues ne se trouvait là, cependant.
« Tu ne les trouveras pas. » dit doucement Lunard, tandis que Patmol fouillait de nouveau dans la petite boîte.
« Pourquoi pas ? »
« J'ai- Je me suis assuré qu'ils les aient avec eux. » dit Lunard, sa voix fluctuant un peu.
Les yeux de Patmol se remplirent de larmes.
« Merci. » murmura-t-il.
Lunard acquiesça.
« Avec eux ? » demanda Harry, hésitant.
« Dans leurs tombes, gamin, dit Patmol, avant de jeter un œil à Lunard. J'imagine- »
Patmol s'éclaircit la gorge et s'arrêta une seconde.
« -qu'ils ont été enterré ? »
« A Godric's Hollow. » répondit Lunard, en acquiesçant.
Où nous vivions, pensa Harry. Il se demanda si leur maison était toujours là et si elle l'était, s'ils l'emmèneraient la voir. Une partie de lui était curieuse, voulant voir l'endroit d'où venait tant d'histoires amusantes, et une autre part de lui ne voulait pas s'en approcher, à cause de ce qui s'y était passé.
« Est-ce que-, commença Harry, avant de se mordre la lèvre. Est-ce que peut-être, je veux dire- si ce n'est pas- »
Il prit une longue inspiration.
« Est-ce qu'on pourrait y aller ? » dit-il d'une traite.
« Bien sûr, répondit rapidement Patmol. Maintenant qu'on sait où les trouver, on peut y aller quand tu veux. »
« Vous devrez être prudent, dit Lunard. Malefoy a quelqu'un là-bas en permanence. »
« A Halloween, dit Patmol, en claquant des doigts. Tout le monde sera en costume, donc personne ne nous remarquera. »
« Parfait. » dit Lunard.
Harry acquiesça Halloween arrivait dans trois semaines. D'ici là, Patmol aurait peut-être guéri et Lunard serait remis de la pleine lune.
« Tu peux te déguiser en loup-garou. » dit Patmol avec sérieux, en regardant Lunard.
« Oh, très drôle, lança Lunard en riant, réchauffant l'atmosphère. C'est pas suffisant de passer la nuit prochaine comme ça ? »
« Lunard, dit Patmol, l'air inquiet. Tu es toujours un loup-garou ... »
« Ce n'est pas- Je voulais pas dire que je n'étais pas- Je- »
Lunard leva les mains en l'air.
« J'abandonne. »
Patmol se mit à ricaner et sortit une petite boîte de badges de la plus grande caisse ; il y avait un badge de préfet, un badge de capitaine de Quidditch, deux badges de préfet-en-chef, un badge de guérisseur et un badge d'identification d'Auror. Chacun des badges avaient au moins trois histoires associées, des histoires que Patmol se fit un plaisir de raconter Lunard semblait s'éteindre à mesure que l'après-midi passait et se contenta d'ajouter des commentaires ici et là.
Au coucher du soleil, Lunard était d'une incroyable mauvaise humeur – il était allongé sur le dos avec un bras sur ses yeux, face au plafond – et se mettait à grogner si Harry ou Patmol s'approchait trop près ou parlait trop fort. Patmol, à l'inverse, devenait de plus en plus excité à mesure que le temps passait et au moment où il accompagna Lunard jusqu'à la cheminée de la cuisine pour qu'il rentre à la maison, il était pratiquement en train de sauter de joie.
« Bâtard sadique. » marmonna Lunard, avant de déclamer son adresse et de disparaître, les bras chargés d'une pile d'affaires de James et Lily.
« S'il te plaît, essaye de rester là ce soir, dit Sirius à Harry, tandis qu'ils montaient à l'étage pour que Patmol puisse faire son sac. Et si quelque chose arrive, tu peux essayer de me joindre par le miroir- »
Harry avait reçu le miroir de James, l'équivalent de celui de Sirius.
« -ou tu peux envoyer un message avec Hedwige, d'accord ? »
« D'accord. » murmura Harry, en rougissant.
Patmol sourit et fourra une tenue de rechange dans son sac à dos avant de le jeter sur son épaule.
« Je te vois demain matin, alors. »
« Quoi, pas de liste de règles à suivre ? » demanda Harry.
« Nan, dit Patmol, en l'étreignant. Ça, c'était surtout la potion du Détraqueur qui parlait. »
« Quoi, elle te rendait responsable ? » plaisanta Harry.
« Non, ça me faisait penser que j'étais un mauvais tuteur, alors j'ai instauré les règles pour la faire taire. »
Patmol ébouriffa les cheveux de Harry et trottina vers la porte, en fredonnant pour lui-même.
« McKinnon. » lança Arabella Figg avec brusquerie.
« Arabella. » répondit Marlène poliment.
L'expression de la vieille dame changea et elle continua son chemin sans un autre mot, se dirigeant vers le service dans lequel se trouvait son frère. Marlène la regarda s'en aller, un peu irritée Arabella Figg ne lui avait toujours pas pardonné d'avoir pris Tufty des années plus tôt. Marlène s'en était moquée à l'époque et c'était toujours le cas, même si elle trouvait le comportement d'Arabella puéril. De plus, elle avait mieux connu Lily qu'Arabella et Arabella avait une douzaine de chats tandis que Marlène n'en avait aucun.
Tufty était mort l'année passée, au bel âge de onze ans. Elle s'était rendue au Manoir Potter à Godric's Hollow et l'avait enterré sous le bouleau dans le jardin, à l'endroit où il aimait grimper pour s'amuser – il avait alors une vue imprenable sur le lieu de transplanage et il aimait aussi regarder les moldus mener leur petite vie – et aussi pour survivre Lily avait souvent mentionné qu'il grimpait là pour échapper à la magie involontaire de Harry et qu'il avait passé toute une journée à cet endroit après que Sirius ait acheté un balai à Harry pour son premier anniversaire.
Cet arbre où Marlène l'avait trouvé, à moitié affamé – peu après sa sortie de Ste Mangouste – quand elle y était allée avec Dumbledore, Arabella, Hagrid et Lupin pour récupérer ce qu'ils pouvaient des affaires de James et Lily. Il y avait de nombreuses choses que Marlène regrettait dans sa vie, mais prendre Tufty n'était pas l'une d'elles.
Elle jeta un œil vers Arabella, secoua la tête et poursuivit dans le couloir. Elle connaissait mieux Ste Mangouste que sa propre maison, alors elle ne faisait pas trop attention où elle allait, mais elle arrivait tout de même au bon endroit.
« Salut, dit-elle doucement, en s'asseyant sur la chaise entre le lit d'Alice et de Frank. Comment vous allez tous les deux aujourd'hui ? »
Elle attendit un instant.
« C'est bien. »
Une autre pause.
« Je vais bien, merci. Fol-Œil vous passe le bonjour- Oh oui, la formation est géniale, merci Frank. »
Certains jours, elle ne leur parlait pas du tout. Elle s'asseyait juste à leur chevet, attendant que l'un ou l'autre commence la conversation. D'autres jours, elle s'asseyait près d'Alice et lui parlait d'une chose ou d'une autre.
Encore aujourd'hui, Marlène n'avait aucun secret pour sa meilleure amie, à l'exception du fait que Sirius s'était présenté chez elle. Les jours comme aujourd'hui, Marlène se contentait d'un monologue une petite part d'elle espérait qu'Alice et Frank étaient toujours sains d'esprit, simplement enfermés dans leurs corps et elle essayait de leur dire les choses qu'ils auraient voulu savoir.
« Non, Alice, dit-elle dans un rire. Je n'ai pas travaillé avec ça. J'imagine que c'est une sorte de plante ? »
Elle s'interrompit.
« Parce que c'est toujours une plante, idiote. » dit-elle en riant.
Alice soupira doucement et laissa échapper un petit « hmm ».
« Bon d'accord, dit Marlène. Ce n'est pas toujours des plantes. Mais la plupart du temps. »
Alice regardait le plafond.
« Tu ris à l'intérieur. » murmura Marlène en lui tapotant la main.
Alica gémit et retira sa main, regardant vers Marlène sans la voir.
« Désolé, murmura Marlène. Pardon ? »
Elle se tourna vers Frank.
« Je te l'ai dit la dernière fois, dit-elle en souriant. Gawain. »
Elle attendit un peu.
« Oui, Gawain Robards. Tu connais d'autres Gawain ? »
Alice bougea un peu dans son lit.
« Non, seulement dans ma tête. En face, je l'appelle 'monsieur'. Mais je ne crois pas que ça le dérangerait que je l'appelle par son prénom, cela dit on travaille ensemble depuis un mois. Je sais. Le temps passe, pas vrai ? Déjà octobre … Non, je suis toujours loin de l'attraper. »
Stupide Sirius. Les traces de transplanage qu'il avait laissé menaient jusqu'à la route de Pré-au-Lard. Les Aurors avaient fouillé le village – et trouvé une paire de chaussures, enchantée pour marcher seule – et les forêts environnantes, mais n'avaient rien trouvé d'autre. A moins qu'il ne vive tout près, il avait très certainement transplané à nouveau, mais personne n'avait été capable de trouver à quel endroit.
Pour couronner le tout, la Trace de Harry n'avait enregistré aucune magie de tout l'après-midi – ou du tout, depuis l'événement – signifiant que le petit garçon n'était soit pas Harry (ce qui était peu plausible), soit que Sirius avait d'une façon ou d'une autre réussit à construire une protection autour de lui. Le Numéro Douze n'avait rien montré d'intéressant et bien que Marlène ait gardé un œil dessus les semaines suivantes, juste au cas où, personne n'était venu ou n'avait utilisé la porte.
Elle supposait que quelqu'un avait pu y venir lorsqu'elle était ailleurs avec Gawain ou au Ministère, mais il n'y avait pas grand chose qu'elle puisse faire pour ça. Elle avait pensé à placer un sort de Surveillance, mais n'était pas passée à l'action elle n'était pas si paranoïaque-
Quelque chose lui tapota l'épaule.
« Marlène ? »
Marlène sortit sa baguette et se tourna pour faire face à- Neville. Le pauvre garçon semblait terrifié. Il regarda sa baguette et baissa la main.
« Désolé. » dit-elle en clignant des yeux.
Ni Alice, ni Frank ne semblait avoir remarquer sa distraction. Elle plaqua un sourire sur son visage et étreignit brièvement Neville.
« J'ai du m'assoupir. Tu es là depuis longtemps ? »
« C'était la troisième fois que je t'appelais. » dit-il timidement.
« Désolé petit gars. Bonjour Augusta. » dit-elle en hochant la tête en direction de l'austère mère de Frank.
La vieille sorcière passa les portes à grand pas – chapeau orné d'un vautour empaillé, sac à main rouge et tout l'attirail – et lui rendit son signe de tête. Prewett la suivait et sourit tristement en apercevant Marlène.
« Tu rentres parfois chez toi ? » demanda Prewett en s'approchant d'elle.
« Seulement pour dormir. » dit Marlène en lui adressant un petit sourire en retour.
L'estime qu'elle avait pour Prewett s'était significativement améliorée les dernières semaines elle avait été témoin de son implication dans la formation et de sa détermination à faire les choses bien, elle l'avait vu devenir plus à l'aise auprès des autres apprentis – du moins, Clarke et Tonks – et avait vu la façon dont elle traitait les quatre Londubat.
Prewett avait tendance à s'inquiéter pour Neville et Augusta en particulier – ce qu'elle avait tellement fait qu'elle s'en était rendue malade quelques jours plus tôt – et cela avait encouragé Marlène – qui tenait aussi à eux – à l'apprécier un peu plus.
« Salut Maman. » murmura Neville.
Les yeux vides d'Alice balayèrent la pièce avant de se poser sur son fils. Elle marmonna quelque chose et tapota la table de chevet. Neville sourit, ouvrit le tiroir et en sortit un papier de bonbon, jaune et brillant. Des larmes remplirent les yeux de Marlène, tandis que Neville murmurait un remerciement, plaçait l'emballage dans une poche de sa robe et s'en allait rejoindre sa grand-mère au chevet de Frank.
Marlène décida que c'était le moment de s'en aller. Puisque Prewett était à l'intérieur, il ne fut pas étonnant de trouver l'Auror Finch posté dans le couloir. Shacklebolt, son partenaire, était aussi présent et Wellington était avec lui, l'air boudeur il était toujours plutôt impopulaire parmi les Aurors depuis sa dispute avec Tonks à propos des Serpentard et des Gryffondor.
« Bonjour, dit-elle aux trois Aurors, avant de froncer les sourcils. Où est Clarke ? »
« Mme Londubat voulait du thé. » soupira l'Auror Finch.
« Ah, répondit Marlène en pinçant les lèvres. Bon, je vous laisse à vos affaires. »
« Robards est ici avec toi ? » demanda l'Auror Shacklebolt.
« Non. » dit Marlène, sans offrir plus d'explication.
Elle n'était pas encore sûre de savoir ce que les Aurors étaient censés savoir à propos des affaires des autres Aurors.
« Je vais le rejoindre maintenant. »
« Mais il est presque dix-huit heures. » dit Wellington sur un ton surpris, sortant de sa bouderie.
« On travaille de nuit, ce soir. »
L'occupation actuelle de Gawain était de surveiller un entrepreneur de l'Allée des Embrumes qui prenait des honoraires élevés pour supposément ramener les morts à la vie. Ce qu'il faisait, en vérité, c'était créer des Inferi qui attaquaient les clients une fois qu'ils avaient payé.
Il opérait de nuit et était étonnamment malin même si Marlène et Gawain connaissaient ses plans, aucun de ses clients n'était enclin à le dénoncer et ceux qui étaient prêts à le faire finissaient morts avant d'avoir eu la chance de parler. Il leur semblait de plus en plus qu'ils allaient devoir y aller sous couverture en prétendant être des clients, mais c'était plutôt difficile sachant qu'ils devraient d'abord mettre la main sur un cadavre.
« Tu ferais mieux d'y aller alors. » lança l'Auror Finch.
Elle vérifia sa montre et passa la tête dans la chambre d'Alice et Frank.
« Florence, tu peux y aller. »
« Je vais rester avec eux jusqu'à ce qu'ils partent. » murmura Prewett.
Finch acquiesça et ferma la porte.
« Je peux y aller aussi ? » demanda Wellington.
Shacklebolt le jaugea un moment et acquiesça.
« Je te vois demain matin à mon box. »
« Oui, monsieur. Tu vas par là, McKinnon ? »
« Oui, dit-elle. J'ai un arrêt à faire avant de partir, par contre. »
« Pourquoi est-ce que tout le monde est toujours en colère contre moi ? » demanda Wellington, tandis qu'ils marchaient.
« Parce que tu es intolérant, lui répondit sèchement Marlène. Les gens ne vont pas changer d'avis d'un coup et décider que tu avais raison sur toute la ligne. Tu as tort. »
Wellington eut de nouveau l'air boudeur. Marlène résista à la tentation de lui demander s'il avait quatre ou vingt ans.
« Tu étais à Gryffondor. Montre toi suffisamment courageux pour admettre que tu avais tort et commence à changer la vision que tu as du monde. »
« Pourquoi est-ce que je devrais changer ? »
« C'est ça ou être mis de côté, lui dit-elle, les menant vers un hall qu'elle connaissait bien. Je sais ce que moi, je choisirais. »
« Comment tu sais que j'avais tort ? » demanda-t-il.
« Tu as dit que Sirius Black n'était pas à Gryffondor. Il l'était. Tu devrais savoir ça puisqu'il était juste quelques années au-dessus de toi. »
Elle leva les yeux au ciel.
« Vous avez partagé une salle commune pendant trois ans, par Godric. »
Les lèvres de Wellington bougèrent silencieusement.
« Attends, dit-il en s'interrompant. Pas Sirius, comme dans Sirius et James ? »
« Si, dit-elle. Ce Sirius. Qui a joué Batteur, avait un frère à Serpentard. Honnêtement, combien tu crois qu'il y a de Sirius Black en Angleterre ? »
« C'est lui ? » répéta-t-il, l'air stupéfait.
« Au nom de Merlin, comment tu as fait pour obtenir les A.S.P.I.C. requis pour entrer en formation d'Auror si tu n'arrives pas à comprendre ça ? » lui demanda Marlène en roulant des yeux.
« Mais- mais il était cool ! »
« Oui, il l'était. »
« Comment tu connais autant de choses sur lui ? » demanda Wellington.
Marlène lui jeta un œil par-dessus son épaule.
« Je vais te laisser comprendre ça tout seul. »
Elle frappa une fois et ouvrit la porte.
« On se voit vendredi. Je te suggère de réfléchir à certaines choses d'ici là. »
« Ouais, acquiesça Wellington en se frottant la nuque. Et hey, merci. »
« Pour quoi ? »
« Accepter de me parler. Personne d'autre ne l'a fait depuis la dispute. »
Marlène savait que ce n'était pas vrai, mais elle pensa qu'elle lui en avait suffisamment fait voir pour la journée. Elle se contenta de hocher la tête, avant d'entrer dans la chambre de Mary et de fermer la porte.
« J'arrive au mauvais moment ? » demanda-t-elle en regardant Mary faire le lit d'hôpital.
Mary leva les yeux avec une expression neutre, avant de se souvenir de sourire pendant la septième année de Marlène, la famille de Mary – malgré tout ce que M. et Mme MacDonald avaient essayé de faire pour se protéger – avaient été attaqué par des Mangemorts. Ses parents avaient été tué, mais Mary et sa jeune sœur avaient survécu, avec des séquelles Susan était devenue une Cracmol et le sort censé arrêté le cœur de Mary avait seulement affecté son cœur au sens figuré et donc sa capacité à ressentir de fortes émotions.
Elle ne pouvait pas éprouver la tristesse, elle ne pouvait pas aimer ou haïr, ne pouvait pas s'énerver ou se sentir ridicule pour des choses insignifiantes et elle ne pouvait pas porter le deuil. Elle avait juste conservé assez de personnalité pour vouloir faire une différence en devenant guérisseuse et elle avait réussi. Sa nature professionnelle – par manque d'autres adjectifs – lui avait réussi, mais elle était elle-même une résidente à long terme de Ste Mangouste et se trouvait sous constante supervision.
Susan MacDonald était sa superviseuse et comme toujours, se trouvait à quelques pas de sa sœur – assise sur son propre lit – dans sa sobre robe noire qui semblait vouloir faire disparaître sa frêle silhouette. Elle adressa un petit sourire à Marlène.
« Tu arrives au bon moment. » répondit Mary en lissant une bosse sur son oreiller.
Elle fit un pas vers Marlène et en un instant, Susan était debout, derrière l'épaule de Mary.
« Tu as faim ? Je vais amener leur dîner à Frank et Alice- »
« Non, j'en viens, répondit Marlène. Neville et Augusta sont là-bas, par contre. »
L'expression prudente de Susan s'éclaira légèrement, mais Mary semblait indifférente.
« C'est bien, j'imagine. Je n'ai pas vraiment le temps de discuter, à moins que tu viennes, Marlène. »
« C'est pas grave, dit Marlène, trop habituée à l'attitude directe de Mary pour se vexer. J'allais partir, de toute façon. Je voulais juste passer dire bonjour. »
« Eh bien, tu l'as fait. »
« C'est vrai, acquiesça Marlène en souriant doucement. On se voit une prochaine fois. »
Mary agita sa baguette vers son kit de guérisseur, le faisant flotter jusqu'à elle depuis une table dans le coin.
« On sera là. » dit Mary avec un sourire.
Marlène savait qu'elle n'attendait pas sa visite avec impatience – elle ne pouvait pas – mais quand elle le voulait, Mary pouvait être convaincante. Elle avait appris une palette d'expressions faciales amicales qui rendaient les gens plus à l'aise en sa présence. Elle et Susan la dépassèrent – Susan avec un petit signe de tête, parce que Susan parlait rarement à quelqu'un d'autre que sa sœur – laissant Marlène seule dans la pièce.
Elle était un peu inquiète que Wellington l'attende, alors elle décida de gaspiller quelques minutes. Marlène se rendit au petit bureau du côté de la chambre qui appartenait à Mary pour jeter un œil à la collection de photographies que Susan avait placé là elle avait espéré obtenir une réponse émotionnelle de Mary, mais aucune des trois photographies ne l'avait fait réagir.
L'une d'elles représentait la famille MacDonald, probablement au début de la quatrième année de Mary – la troisième de Marlène – si la coupe de cheveux de Mary pouvait être un bon indice. La deuxième photographie était une photo de Mary, Lily et Rogue pendant leur cinquième année – Lily portait son badge de préfet et était toujours amie avec Rogue – et la troisième était une copie de celle que Marlène possédait quelque part chez elle. Elle montrait Mary, Marlène, Alice et Lily à la fin de la cinquième année de Marlène – donc la sixième de Mary – dans l'un des wagons de l'école.
Elle l'attrapa, regardant tristement les filles de la photo qui étaient si insouciantes à l'époque, si innocentes et – dans le cas de Lily et d'Alice – si vivantes.
Mary souriait timidement à l'appareil – elle s'était plutôt bien remise de l'accident avec Mulciber alors – Alice secouait joyeusement la main, lançant un baiser – la photo avait été prise par Frank, après tout – Lily souriait largement avant de jeter un œil par la fenêtre, son expression se transformant alors en une grimace avant qu'elle ne s'écarte pour changer de place avec la Marlène de la photo Sirius et James avaient passé la tête à travers la fenêtre du wagon – James parlait à Lily, qui levait les yeux au ciel, tandis que Sirius volait un baiser à Marlène-
Quelqu'un frappa à la porte. Elle plaqua vivement la photo contre le bureau de Mary et se retourna.
« Oui ? » dit-elle.
La porte s'ouvrit en révélant – à sa grande surprise – Lupin.
« Je cherche la guérisseuse Mac- McKinnon ? »
« Lupin. » dit-elle en lui adressant un signe de tête.
Une fois, elle lui avait confié sa vie – et le referait probablement s'il le fallait – mais malgré ça, ils n'avaient jamais été proches ou même prêts à s'interpeller par leur prénom. C'était étrange, vraiment, quand on savait à quel point elle avait été proche de James et Sirius.
« Qu'est-ce que tu fais là ? »
« C'était la pleine lune, il y a deux nuits. » dit-il en grimaçant.
Elle savait tout de sa condition, bien sûr. Tout l'Ordre était au courant. Il hésita avant d'entrer dans la pièce.
« Je me suis rafistolé tout seul du mieux que j'ai pu, mais j'ai besoin de quelque chose pour la douleur et ces potions sont au-dessus de mes compétences ... »
Il haussa les épaules avec une expression autodénigrante.
« Mary vient de partir voir Alice et Frank. » dit Marlène.
« Oh, dit-il. Merci. »
« Tu sais comment aller là-bas ? » demanda-t-elle.
Il sourit doucement.
« Je viens peut-être moins régulièrement que toi, mais je connais plutôt bien l'endroit. »
« C'est vrai. » répondit-elle.
Lupin sourit et sortit de la pièce. Elle se hâta derrière lui.
« J'ai entendu que tu faisais parti des recherches. »
Il hocha la tête.
« Je cherche aussi. J'ai rejoins les Aurors. »
Elle n'était pas sûre de savoir pourquoi elle lui disait ça. Peut-être que c'était parce qu'elle savait qu'il comprenait il avait aussi connu Sirius. Il savait ce que la trahison faisait ressentir.
« Je compte bien le trouver et le tuer. »
« Je ne pensais pas que les Aurors étaient autorisés à- »
« Ils ne le sont pas. »
« Oh. » dit Lupin.
Azkaban n'avait pas changé depuis la dernière fois. Il y avait cette plage pleine de rochers et de vent et un chemin qui montait jusqu'à la falaise avant de se diviser en trois. Il y avait la salle des gardes – où il avait retrouvé sa baguette et le miroir – le bâtiment principal – où les prisonniers étaient emmenés pour interrogatoire – et ensuite, à la gauche des deux, se trouvait la prison.
Azkaban était aussi grise qu'il s'en rappelait et les Détraqueurs étaient toujours aussi noirs, tandis qu'ils glissaient près de sa cellule. Sa cellule n'avait pas changé non plus, avec les marques sur le mur, les barreaux poussiéreux et la minuscule fenêtre qui donnait sur le cimetière de l'île et l'océan tempétueux.
Par Merlin, c'est minuscule ici, pensa-t-il en traversant la petite cellule. C'est incroyable que je ne sois pas devenu fou …
Un Détraqueur passa à nouveau à côté. C'était la première partie du processus relier la potion du Détraqueur à une forme physique – enfin, pas physique, mais il n'y avait de meilleure façon de le dire – de telle façon qu'il puisse au moins être capable de la différencier de ses propres pensées. C'était quelque chose qui lui avait posé problème pendant quelques temps, d'autant plus qu'il n'avait aucun livre pour lui dire comment faire. Peut-être devrait-il en écrire un lui-même ?
La seconde partie de son plan avait été de créer Azkaban. C'était logique, car – tant qu'il était concerné – c'était le repère des Détraqueurs. Azkaban était aussi un endroit avec lequel il était familier et tout en ayant beaucoup d'endroits où se cacher, il y avait aussi de quoi bouger.
La troisième partie de son plan avait été de s'insérer lui-même dans sa propre tête les livres qu'ils avaient lu disaient qu'en Occlumancie, les paysages étaient souvent vus comme une photographie – que la personne dont c'était l'esprit regardait depuis le haut au lieu de se tenir à l'intérieur. Sirius, cependant, avait besoin de s'y insérer. C'était la partie la plus difficile, lui prenant la totalité du mois de septembre c'était particulièrement étrange de se promener dans son propre esprit.
Une fois à l'intérieur, il eut besoin de reprendre le contrôle de ses pouvoirs magiques il avait commencé par se transformer en Patmol. C'était quelque chose qui lui venait naturellement à Azkaban et quelque chose qu'il pouvait faire sans baguette. Tout ce qu'il avait besoin, c'était sa magie. Ça lui avait pris un moment, mais il avait réussi le 1er octobre après deux jours d'essai. Il avait alors essayé de se construire une baguette, ce qu'il avait réussi à faire – ainsi que d'en faire sortir des étincelles – le jeudi avant la pleine lune d'octobre.
C'était maintenant le jeudi suivant – ça avait été une pleine lune difficile et lui et Remus avaient eu besoin de temps pour récupérer – à la moitié du mois d'octobre et il était prêt pour la dernière étape de son plan.
Sirius, toujours dans sa cellule, sortit sa baguette de sa poche et pensa Alohomora. La porte de la cellule cliqua et s'ouvrit, ce qui était prometteur. Il en sortit en l'écartant. C'était incroyablement libérateur d'être capable d'aller et venir comme il l'entendait.
Comme prévu, les Détraqueurs sentirent qu'il était en train de se déplacer – exactement de la même façon que l'auraient fait ceux d'Azkaban – et glissèrent jusqu'à sa position. Il avait préparé des souvenirs heureux spécifiquement pour cela, de façon à ne pas paniquer il pensa à Harry acceptant de vivre avec lui, à Lunard qui s'excusait, à Lunard qui ramenait Harry de Ste Mangouste, à Kreattur aussi gentil qu'il l'était la plupart du temps maintenant, à James, à Lily et à Reg – parce que bordel, il n'avait pas à se sentir triste à chaque fois qu'il pensait à eux.
Expecto Patronum, pensa-t-il, en espérant que ça marcherait malgré le fait que ça ne soit pas prononcé à voix haute.
Son Patronus était toujours Patmol – ce n'était pas vraiment surprenant, étant donné la façon dont il avait compté sur sa forme animale pour le protéger de ces créatures durant son véritable passage à Azkaban. L'énorme chien, brillant d'un bleu presque blanc, sortit d'un coup du bout de sa baguette et s'élança vers les Détraqueurs, les divisant. Patmol revint en trottinant, sa queue battant si vite et de façon si brillante que c'en était étourdissant.
Les Détraqueurs glissèrent à nouveau en avant. Sirius donna au Patronus accès à tous les souvenirs heureux qu'il avait il était dans son propre esprit, après tout. Il y avait des souvenirs heureux dans tous les coins – éparpillés certes et certains plus heureux que d'autres – mais ils étaient bien là. Patmol brillait en blanc à présent. Sirius voulait fermer ses yeux pour les protéger, mais il n'était pas sûr de l'effet que ça pourrait avoir, alors il serra les dents et prit son mal en patience en vérité, ça ne devait probablement pas abîmer ses vrais yeux, puisque tout se passait à l'intérieur de sa tête.
Les Détraqueurs commencèrent à s'effacer.
Oui, souffla Sirius. Patmol brilla encore plus – si c'était même possible – empli du triomphe de Sirius. Les Détraqueurs ne disparaissaient pas véritablement. Mais Patmol brillait si intensément qu'ils n'étaient plus visibles. La lumière pour chasser la noirceur, pensa-t-il avec une joie féroce c'était comme si sa capacité à être heureux avait été enfermé dans un des coins les éloignés, les plus sombres de son esprit – qui ressemblait désormais à une mer du Nord tempétueuse – et était désormais libérée.
Il sentit tomber sur lui comme une bouffée de joie, d'excitation, d'amour, d'espoir, de confiance, d'euphorie, d'assurance et de vie.
Patmol brillait si fortement que Sirius ne pouvait plus rien voir, mais il était trop heureux pour s'en soucier.
