Salut tout le monde ! 100 reviews depuis le début, ça vaut bien un grand merci à tous pour vos petits mots, vos encouragements, vos critiques aussi parfois ! C'est toujours un plaisir de vous lire, alors n'hésitez surtout pas à continuer. Pas mal d'émotions dans ce nouveau chapitre ! J'espère que vous l'apprécierez autant que moi ! Bonne lecture et à très bientôt !
« Matt est rentré chez lui ? » demanda Sirius, alors que Remus arrivait par la cheminée de la cuisine au milieu du dîner.
Kreattur lui tendit une assiette remplie, que Remus accepta avec reconnaissance avant de s'asseoir sur la chaise en face de Harry, qui écoutait attentivement.
« Sans problème, dit Remus en acceptant un verre de la main de Kreattur. Debbie passe la nuit là-bas au cas où, mais personne n'a vu ou entendu parler de Greyback depuis l'attaque. »
Cela faisait plus d'une semaine Sirius s'était réveillé tôt – quelque chose qu'il ne faisait pas régulièrement depuis son entrée à Azkaban – le jour où Remus avait débarqué par la cheminée et avait surpris Sirius, au point de renverser son thé. Remus s'était lancé dans une longue explication compliquée et à moitié cohérente des événements de la nuit. Ils ne l'avaient pas beaucoup vu après ça, parce qu'il avait du retrouver l'équipe de recherche les jours suivants et rejoindre le chevet de Matt jusque tard le soir.
« Eh bien, quand ça concerne Greyback, pas de nouvelles, bonnes nouvelles. » dit Sirius.
Il adressa un signe à Kreattur pour lui demander une seconde assiette, ce que Harry avait déjà fait.
« Je l'espère bien. » confirma Remus.
« Debbie est toujours en colère ? »
« Furieuse, dit Remus, avec un léger sourire. Il a eu l'audace de s'inviter dans ma propre maison et d'essayer de me dire que ce que je devais faire et ensuite, il part et manque de tuer Matthew ! »
Ses derniers mots furent prononcés par Remus dans une mauvaise tentative d'imitation de la voix criarde et colérique d'une femme.
« Honnêtement, je pensais qu'il voulait me convaincre de le rejoindre, pas de me détourner de lui ! »
« Tu es nul pour les imitations. » dit Sirius, avec un sourire narquois.
Remus lui tira la langue, ce que désapprouva Kreattur. Remus lui adressa un sourire désolé et le sourire narquois de Sirius s'agrandit encore.
Le dîner fut silencieux Harry et Sirius avaient finalement abandonné et avaient passé les derniers jours à réorganiser la bibliothèque, alors il n'y avait pas grand chose à dire. Sirius avait même – après avoir été surpris dans un de ses accès maniaques – fait apparaître des petites étiquettes sur les étagères. Après l'intensive recherche requise pour l'aider à lancer son Patronus mental et les jours passés à empiler, trier et remettre les livres sur leurs étagères, Sirius fut plutôt heureux de ne plus avoir à toucher un livre pour un bon moment.
En conséquence, les leçons de Harry se concentraient sur les potions et les enchantements, ce qui allait très bien à Sirius Harry était bien plus doué pour les travaux pratiques que pour la théorie. Ils s'étaient un peu entraînés au duel aujourd'hui, utilisant seulement les sorts qu'il avait appris jusque là. Harry avait perdu de manière spectaculaire, mais ses réflexes étaient impressionnants, tout comme sa vivacité d'esprit. Il deviendrait bon avec l'expérience, Sirius en était persuadé.
Au moment où Kreattur apporta le dessert – de la mousse au chocolat, que Sirius refusa – ils avaient déjà raconté tout ça à Remus et lui, en retour, les avait informé des nouveautés dans les recherches. Sirius fut heureux de constater qu'il n'y avait pas grand chose à en dire,.
« J'ai réussi à me libérer demain après-midi. » déclara Remus.
« Est-ce qu'on y va toujours alors ? » demanda Harry en arrêtant sa cuillère à mi-chemin de sa bouche.
« Tu veux toujours y aller ? » demanda Sirius.
Harry acquiesça vivement et Sirius sourit, en lui ébouriffant les cheveux.
« Alors on ira. »
Harry se mit à sourire.
« Il risque sérieusement de devenir pourri gâté. » commenta Remus, plus tard ce soir-là, alors que Harry était parti au lit.
« Il risque sérieusement ça, Lunard ? demanda malicieusement Sirius, avant de secouer la tête. Non, aucun risque. »
Les yeux de Sirius se plissèrent et il ressentit une vague de haine.
« Sa tante et son oncle s'en sont assurés. Je ne pourrais pas trop gâter Harry, même si j'essayais. »
« Et tu essayes. » dit Remus, en souriant.
« Pas du tout ! On ne sort pas assez pour que je lui achète beaucoup de choses et quand on sort, il insiste pour payer avec son propre argent de poche, dit Sirius en hochant la tête. On est sorti prendre une glace l'autre jour et il a payé pour ma glace ! »
Remus laissa échapper un rire.
« Crois-moi, ce n'est pas possible de le gâter. »
« Je n'ai pas dit que le gâter était une mauvaise chose. » répliqua Remus.
« Ça ressemblait à ça. » lui dit Sirius.
Remus sourit largement.
« En parlant de gâter ... »
« Quoi ? » demanda Remus sur le ton de celui qui avait des années d'expérience à gérer Sirius quand il avait une idée.
« On pourrait faire Noël chez toi ? »
« Chez moi- ? »
Remus avait l'air stupéfait.
« Pourquoi ? Ni toi, ni moi ne savons cuisiner sans magie et ça ne serait pas juste de demander à Harry de le faire. »
Il avait du cuisiner la plupart de leurs repas lorsque lui et Sirius étaient là-bas après l'incident avec Marlène en septembre.
« On peut manger ici, répondit rapidement Sirius. Kreattur veut cuisiner de toute façon, mais peut-être qu'on pourrait passer l'après-midi chez toi ? »
« Pourquoi ? demanda Remus. Qu'est-ce qu'il y a chez moi qu'il n'y a pas ici ? Cet endroit est immense ! »
« C'est un non ? » répondit Sirius.
« Non, marmonna Remus. C'est juste que je ne comprends pas. »
« Alors c'est un oui ? »
« Oui. » soupira Remus.
« Brillant. » répondit joyeusement Sirius.
« Tu comptes expliquer maintenant ? » l'interrogea Remus, quand il ne rajouta rien.
« Nope, dit Sirius en souriant largement. Je suis mystérieux. »
« Tu es exaspérant. » marmonna Remus.
« Mystérieux. » le contredit Sirius.
« Exaspé- Argh, peu importe. » soupira Remus, se penchant pour poser sa tête sur le bois de la table de la cuisine.
Sirius l'observa et ricana.
« Comment on y va demain ? » demanda Remus, son visage toujours pressé contre la table.
« Portoloin, peut-être ? »
Remus leva la tête.
« Je n'avais pas vraiment réfléchi à ça. »
« Ça marche dans ce sens, mais pour le retour, ça activerait la Trace, non ? »
« Bon sang ! marmonna Sirius. Qui a eu cette stupide idée de Trace d'ailleurs ? J'aimerais bien leur- »
« Parler un peu vivement ? » suggéra Remus.
« Non, leur donner un bon coup de pied dans les- »
« Patmol ! » dit Remus, l'air consterné.
« Quoi ? Harry ne sera pas corrompu, il n'est pas là, alors tout va bien. »
Remus se mit à rire et secoua la tête.
« Est-ce que tu as une suggestion pour le trajet ? »
« Magicobus ? »
« En costumes ? » demanda Sirius, sceptique.
Il savait que le Magicobus avait d'étranges clients, mais porter des costumes ajoutait un risque. Même si ça se passait bien, les gens se souviendraient d'eux.
« Oublie que j'ai proposé ça. » murmura Remus.
Il portait une étrange expression sur le visage et Sirius aurait parié une conséquente quantité d'or que Remus s'imaginait dans le Magicobus affublé d'un costume. Ils furent silencieux pendant plusieurs minutes.
« On pourrait y aller en cheminée. » proposa Remus à contrecœur.
Portoloin, non. Transplanage, non. Magicobus, non. Balais, non – même s'ils en avaient, Harry n'avait encore jamais volé. Transports moldus, non – ça prendrait trop de temps. Par la Cheminée … ça pourrait marcher, Sirius fut forcé de s'avouer.
« Bordel. » marmonna-t-il.
« Bordel, je confirme, dit Remus en se massant les tempes. Mais quel autre choix a-t-on ? »
Jamais il n'avait regardé la statue en parcourant le village. Il l'avait vu se transformer du coin des yeux, mais il n'avait jamais regardé, gardant ses yeux fermement fixés sur l'église et le cimetière.
Il approcha les tombes en silence. C'était un matin froid, alors il n'y avait personne aux alentours. C'était une bonne chose. Certaines personnes auraient pu réagir étrangement en le voyant là.
Il ne s'agenouilla pas. Il ne l'avait jamais fait, pas une fois durant toutes ces années où il était venu. Il se contentait de se tenir là, debout, à lire les inscriptions sur la pierre tombale. C'était plus une habitude qu'autre chose, puisqu'il en connaissait le moindre mot désormais.
Il ne s'autorisa pas à penser aux personnes qui reposaient là. Ni à leurs visages, ni à leurs voix. Ni à aucun des souvenirs qu'il avait d'eux.
« Ça- »
Sa voix se brisa. Pas de chagrin ou quelque chose comme ça, mais plutôt car il n'avait pas parlé depuis longtemps. Il s'éclaircit la gorge et réessaya.
« Ça n'avait rien de personnel. »
C'était tout ce qu'il avait jamais dit à cet endroit. Il ne s'excusa pas – pourquoi le ferait-il ? Il n'avait rien à se faire pardonner. Il n'essaya pas non plus d'expliquer. Il n'y avait aucun intérêt. Mais d'une certaine façon, il lui semblait important de leur dire que ce n'était pas personnel.
Ça ne l'était pas. C'était une question de survie, rien de plus, rien de moins. Et il était doué pour survivre.
Il adressa un signe de tête aux tombes, avant de se retourner et de s'en aller, quittant cimetière. Il devait partir avant que l'on se rende compte de sa disparition. Pas une fois il ne jeta un œil en direction de la statue sur le chemin qui le menait à son lieu de son transplanage.
La statue le faisait pleurer à chaque fois qu'il la voyait et cette fois n'était pas différente.
Si jeunes … Ils étaient si jeunes à leur mort. Ce n'était pas juste. Lily et James avaient été des bonnes personnes. Les meilleurs. Et Harry … Le pauvre petit Harry avait été envoyé vivre avec des moldus. Et il y serait resté, si Sirius n'était pas venu le chercher. Pauvre, pauvre Harry. Il sortit un mouchoir et s'essuya les yeux sur le chemin du cimetière.
Il marcha prudemment entre les allées et quand il arriva devant la tombe familière, il mit un genou au sol. Il sortit un bouquet de fleurs de la poche de son manteau et le disposa sur la tombe nue.
On lui avait donné sa matinée pour aller chercher les fleurs et l'après-midi pour les apporter ici. C'était de belles fleurs. De belles fleurs pour de belles personnes.
Il eut à nouveau besoin de son mouchoir.
Il s'arrêta sur la place du village pour laisser le temps au mémorial de la guerre le temps de se transformer. Quand ce fut fait, il s'approcha doucement pour poser la main sur une plus petite main de pierre, froide. Il resta silencieux pendant un long moment – sûrement trop longtemps, mais personne ne faisait attention à lui de toute façon.
Finalement, il se recula et continua en direction de l'église. Il se dirigea vers le portail, sans prêter la moindre attention aux moldus en costumes. Ils s'imagineraient qu'il était aussi en costume et l'ignoreraient en retour. S'ils le regardaient, ce serait pour deviner en quoi il était déguisé. Ils pourraient faire toutes les hypothèses qu'ils souhaitaient. Il s'en fichait. Il avait d'autres choses en tête aujourd'hui.
Il ouvrit le portail et poursuivit le long du chemin si familier. Un éclatant bouquet de fleurs trônaient déjà là et il sentit un faible sourire apparaître sur son visage.
Il s'agenouilla à la droite de la tombe et inclina la tête, murmurant des choses – des excuses principalement, mais aussi des promesses et de temps à autres, une insulte, mais il ne plaçait pas beaucoup de conviction en elle. Il fit apparaître une fleur qu'il posa à la droite des autres, avant de se déplacer vers la gauche de la tombe. Il murmura quelques mots de plus – il n'y avait pas d'excuses ou de promesses cette fois, seulement des insultes – avant de se lever et de s'éloigner.
Ses doigts caressèrent à nouveau les doigts de pierre, avant qu'il ne s'en aille pour de bon.
Elle s'arrêta près de la statue pour la regarder. Elle n'avait jamais été capable de le faire avant aujourd'hui. Elle était belle, d'une certaine façon. Elle fixa les yeux de pierre des statues et murmura une excuse, puis une promesse.
Elle répéta les mêmes mots devant la tombe, des mots qui semblèrent plus importants alors – car c'était là qu'ils étaient enterrés – mais moins personnels, car elle n'avait pas à soutenir le regard avec quelque chose qui ne pouvait pas ciller.
Elle fit apparaître un bouquet de lys pour ajouter aux fleurs qui couvraient déjà la tombe et les posa sur la gauche, puisqu'il y avait déjà une fleur – séparée des autres – sur la droite.
Elle commença à parler de sa vie – où elle vivait, où ses amis se trouvaient, où elle travaillait – juste au cas où ils auraient voulu l'entendre. Elle voudrait des nouvelles elle aussi ou la mort serait effroyablement ennuyante.
« Je l'aurais. » murmura-t-elle, arrangeant les feuilles de l'une des fleurs.
Quand elles se tinrent comme elle le voulait, elle se leva et essuya la terre sur son jean.
Tandis qu'elle repassait devant la statue sur la place du village, elle s'arrêta de nouveau et plaça une main sur la minuscule joue potelée. Elle posa son autre main à l'endroit où deux mains – l'une plus petite que la sienne, l'autre légèrement plus grande – se rencontraient.
« Je le promets … et … tu me manques. »
Sans surprise, elle n'obtint aucune réponse. Elle essuya ses yeux – qui étaient devenus humides – avec le dos de son gant et s'en alla.
Un homme et une femme approchèrent la tombe et sourirent doucement face aux fleurs posées là, avant de se sourire l'un à l'autre. La femme métamorphosa un bâton qui se trouvait tout près en trois lys. Il y en avait déjà pas mal d'autres quelques lys roses pâle et mouchetés et un unique lys blanc. Aucun n'était jaune-orangé avec une base rouge, comme les siennes.
La femme les déposa et inclina la tête, en pensant aux personnes qui reposaient sous la pierre. Près d'elle, l'homme murmura une série d'excuses et fit apparaître un bouquet de jacinthes violettes. Il s'agenouilla et les plaça près de celles de la femme, mais ne se releva pas avant de longues minutes. Il fit courir ses doigts sur les noms gravés dans le marbre et sur les mots qui étaient inscrits en dessous avant de se relever doucement.
Elle ne fit aucun commentaire en remarquant ses larmes et il fit de même la concernant. Elle inclina simplement la tête pour lui faire comprendre qu'elle était prête à partir et elle se dirigea vers la place pour rendre visite à la statue près du portail. L'homme s'y rendit également, mais prit une route différente, une qui passait devant deux autres tombes. Il fit aussi apparaître des fleurs pour celles-là – les mêmes jacinthes violettes – murmura d'autres excuses et rejoignit ensuite la femme à l'extérieur du cimetière, près de la statue.
Il lui offrit son bras et ils s'en allèrent tous les deux.
« Attends, dit Patmol en levant la main. Laisse-moi faire ça. »
« Merci. » murmura Harry en lui tendant sa cravate.
Patmol la défit, la plaça autour de son propre cou et avec la facilité due à l'expérience, la noua, la retira et la lui rendit.
Harry la resserra autour de son cou, avant d'enfiler le manteau noir qu'on lui avait donné il avait appartenu à Regulus quand il était un peu plus jeune que Harry – qui était toujours petit pour son âge – et Patmol lui avait ajouté un grand col pour les besoins de la soirée. Il avait aussi ensorcelé l'intérieur pour être du même rouge que la cravate. Harry portait d'autres vieux vêtements de cérémonie de Regulus une chemine blanche froissée, un gilet noir et argent et un pantalon noir.
« Souris. » lui dit Patmol en sortant sa baguette.
Harry réalisa qu'il ne pouvait pas, alors il découvrit simplement ses dents. Patmol murmura quelque chose et Harry sentit un étrange picotement dans la bouche.
« Fais juste attention à ta langue et à tes lèvres. » dit Patmol.
Harry utilisa sa langue pour découvrir ses nouvelles canines acérées.
« Elles sont coupantes. » dit-il en testant la parole.
Ses dents ne changeaient pas vraiment la façon dont il parlait, mais elles pouvaient lui couper la lèvre s'il n'était pas prudent. Mais finalement, s'il avait du sang dans la bouche, il ne ressemblerait que davantage à un vampire …
« Elles sont censées l'être. »
Lunard, comme Harry, portait un vieil ensemble de vêtements de cérémonie qui avait appartenu au père de Patmol. Lunard les avait rendu un peu plus large, avait fait apparaître un lourd manteau de cuir, ainsi qu'un chapeau et un cache-oeil. Il avait aussi utilisé le sort que Patmol avait une fois menacé de lancer à Harry pour se faire pousser une barbe et il avait fait quelque chose pour rendre ses cheveux plus longs. Ils descendaient jusqu'en dessous de ses oreilles maintenant, ce que Harry était habitué à voir sur Patmol et qui semblait étrange sur Lunard.
Patmol était déguisé en loup-garou, puisque Lunard avait refusé de le faire lui-même. Il avait lancé un sort pour dessiner une cicatrice sur son visage et il s'était habillé avec un jean miteux et une chemise déchirée qui laissait voir sa vraie cicatrice dans son cou. Il s'était partiellement transformé – comme il l'avait fait quand Rogue était passé – pour arborer des dents pointues, des mains et des pieds poilus. Il avait utilisé sa baguette pour faire pousser ses ongles et pour rendre ses oreilles pointues, ce qui avait amusé Lunard.
« Les loup-garous respectent une certaine hygiène personnelle, tu sais, dit Lunard en examinant ses ongles. Tu pourrais éborgner quelqu'un avec ces choses-là. »
« Voilà qui pourrait être amusant. » dit Patmol en souriant sauvagement.
Ses dents étaient assez déconcertantes. Harry ressentit un pointe de pitié pour Rogue, mais elle disparut rapidement. Lunard accrocha une bourse à sa ceinture elle contenait suffisamment de poudre de Cheminette pour les ramener tous les trois à la maison.
« Allons-y alors. » dit Patmol en les menant jusqu'à la cuisine.
Il tapota la poche arrière de son jean, où son miroir se trouvait.
« Je vais y aller d'abord et je vous dirais si la voie est libre. »
Harry leva le miroir de James – le sien désormais.
« Sois prudent. » conseilla Lunard.
« Quand est-ce que je ne le suis pas ? » dit Patmol en attrapant une poignée de poudre de Cheminette dans la boîte sur le manteau de la cheminée.
« Eh bien, dirent Harry et Lunard en chœur. Il y a eu cette fois- »
« Manoir Potter. » dit Patmol.
Il leur tira la langue, avant d'être avalé par les flammes.
« A quel moment tu pensais ? » demanda Lunard, avec un large sourire.
« J'sais pas, répondit Harry, penaud. Probablement la fois- »
« Gamin ? Lunard ? »
Le visage de Patmol apparut dans le miroir. Derrière lui se trouvait un mur recouvert d'un papier peint couleur crème à moitié décollé.
« On est là. » dit Harry en plaçant le miroir pour que Patmol puisse les voir, lui et Lunard.
« Tout va bien ici. Comptez jusqu'à dix et venez. »
Le miroir redevint inerte. Harry le rangea dans sa poche à l'intérieur de son manteau, avant de s'avancer pour prendre une poignée de poudre de Cheminette. Il utilisa son autre main pour placer ses lunettes dans la poche de son pantalon, où sa baguette se trouvait.
Il jeta la poudre dans le feu, sourit à Lunard avant de dire « Manoir Potter ! ». Il fut happé par le feu – il se souvint de garder ses coudes bien collés à son corps, mais ils se cognèrent quand même. Le feu le recracha, il trébucha et serait tombé la tête la première sur le tapis si Patmol n'avait pas prévu ça et ne s'était pas approché pour le rattraper.
« Merci. » dit-il en essuyant la suie de son visage.
Il sortit ses lunettes et les replaça à leur place habituelle. Il put enfin voir clairement la pièce. Les murs correspondaient à ceux qu'il avait vu dans le miroir et le tapis était aussi poussiéreux que celui de Grimmaurd quand ils avaient emménagé la première fois.
A sa droite se trouvaient trois fauteuils poussiéreux et un canapé – assez grand pour deux ou trois personnes – derrière lesquels on pouvait voir une grande fenêtre qui montrait un jardin envahi de végétation. A sa gauche se trouvait une porte, à travers laquelle il pouvait apercevoir une cuisine, une table et en face de lui, de l'autre côté du salon se trouvait une bibliothèque vide – il était probable que tous les livres se trouvent désormais dans la boîte de Lunard – ainsi qu'un autre fauteuil. A droite, il y avait une arche qui menait dans un couloir.
« Écarte toi, gamin. » dit Patmol en poussant Harry loin du feu tandis que Lunard y faisait son apparition.
Sa sortie fut largement plus digne que celle de Harry. Harry se détacha – avec douceur – du contact de Patmol et sortit du salon pour rejoindre le couloir, où il se trouva de suite face à un petit escalier.
Les escaliers prenaient presque toute la place dans le hall, mais il y avait une poussette collée contre le mur à gauche de la porte d'entrée. Harry s'approcha du bas de l'escalier et leva les yeux. C'était vraiment très calme en haut.
Rien de surprenant, pensa-t-il avec ironie.
Harry regarda en arrière. Il y avait cinq portes qui donnaient dans le hall la première menait au salon d'où il entendait Patmol et Lunard parler calmement. La seconde était la porte d'entrée et la troisième donnait sur le placard sous l'escalier. La quatrième menait à la cuisine, de laquelle il avait déjà eu un aperçu depuis le salon et la cinquième donnait sur ce qui semblait être une salle de bain il pouvait voir un sol sale et des murs carrelés.
Avec un dernier regard prudent par-dessus son épaule, Harry agrippa la rampe et monta les escaliers. Il testa prudemment chaque marche avant d'y poser tout son poids – aussi léger qu'il fut – parce qu'elles n'avaient probablement pas été utilisé en huit ans.
Au sommet se trouvait un pallier avec trois portes. Celle de gauche était ouverte et Harry pensa qu'il devait s'agir de la chambre de ses parents. La pièce du milieu contenait deux grands lits superposés. A droite, la plus proche des escaliers, se trouvait une porte fermée la seule porte fermée du manoir.
Je me demande pourquoi ils l'ont fermé, se demanda Harry en essuyant la poussière de la poignée. Il ressentit une pointe de culpabilité en se sentant curieux de savoir ce qu'il y avait derrière, avant de se secouer. C'est- C'était ma maison. Si quelqu'un a le droit de regarder à l'intérieur, c'est moi … Harry tourna la poignée et poussa la porte. Un courant d'air froid lui souffla au visage.
« … pensais qu'il était dans la salle de bain, entendit-il Patmol dire depuis le rez-de-chaussée, avant qu'il continue plus fortement. Harry ? »
C'était très sombre à l'intérieur, mais ses yeux s'ajustèrent rapidement et Harry se sentit figé sur le pallier, le regard fixé sur la chambre d'enfant détruite. Il y avait un berceau dans le coin à droite, avec les côtés penchés comme si quelque chose avait explosé à l'intérieur. Le toit manquait à plusieurs endroits – des gravats jonchaient toujours le tapis abîmé et moisi, mais Harry eut l'impression que la plupart avait été nettoyé. Les murs proches du berceau étaient dans le même état dévasté et c'était de là que venait le vent frais de la nuit.
Des boîtes et un fauteuil à l'air confortable avaient été poussé du côté de la porte et des jouets et des livres d'enfant remplissaient une étagère abîmée près du berceau. Un minuscule balai qui était cassé en deux se trouvait sous le berceau et un mobile – fait de petits joueurs de Quidditch en bois – reposait dans le berceau, cassé en plusieurs morceaux.
Il y eut quelques bruits de pas derrière Harry, qui sursauta et se retourna. C'était Patmol et Lunard était juste derrière lui. Le regard de Patmol passa de Harry à la chambre d'enfant et la couleur disparut de son visage.
Harry se retrouva serré dans une étreinte – une étreinte qui servit à l'éloigner du pallier, permettant à Lunard de refermer la porte. Harry se sentit reconnaissant. Il n'avait aucune envie de rester là plus longtemps, mais il n'avait pas été capable d'arrêter de regarder ou de bouger ses jambes.
Au nom de Godric, comment ai-je fait pour survivre à ça ?
« Tu n'as pas besoin de voir ça. » dit Patmol avec douceur mais fermeté.
« C'était- c'était ma chambre, c'est ça ? » dit Harry, une fois qu'il eut retrouvé sa voix.
Il n'avait toujours pas lâché Patmol, cela dit il ne pensait pas pouvoir, pas encore. Entendre Patmol raconter l'histoire était une chose. Voir la pièce – la pièce qu'il avait fait explosé quand il avait détruit Voldemort – et les reliques de son ancienne vie, la vie qu'il n'avait jamais eu la chance de vivre, était une toute autre chose. Et tant qu'il ne s'était pas calmé, Patmol était un lieu sûr auquel se raccrocher.
« C'est là où Voldemort a essayé de me t-tuer. »
Harry sentit le corps de Patmol se tourner, comme s'il pivotait pour regarder Lunard.
« Oui, dit Patmol d'une voix un peu sourde, avant de se tourner encore. Tu penses que tu es toujours capable d'aller au cimetière ? »
« Ouais. » dit Harry en relâchant un peu Patmol.
Quand il fut certain que ses jambes le soutiendraient, il relâcha complètement Patmol.
« Tu es sûr ? » demanda Lunard.
Harry remarqua que ses narines bougeaient légèrement. Harry regarda ailleurs, mais Patmol faisait la même chose.
« J'ai dit que ça allait. » dit Harry.
Cette fois, il vit le regard qu'ils échangèrent – même si pour Lunard, c'était un demi-regard en raison de son cache-oeil – et la panique s'immisça dans sa poitrine.
« Allez. » dit-il, inquiet que Patmol le renvoie à la maison.
« Je sais que tu mens, tu sais. » dit Patmol sur le ton de la conversation.
Harry était raisonnablement sûr que son cœur était descendu jusque dans ses chaussures. Il réfléchit un moment à mentir à propos du mensonge, mais Patmol sentirait ça. Et s'il ne le faisait pas, Lunard le sentirait.
« Je sais. » murmura Harry.
« Tant qu'on est au clair là-dessus. » dit Patmol en faisant signe à Harry de le suivre en bas.
Harry ne savait pas s'il se sentait soulagé d'être toujours autorisé à y aller ou déçu de ne pas avoir été renvoyé à la maison s'il avait réagi si fortement à la vue de sa vieille chambre, comment allait-il réagir à l'endroit où ses parents étaient enterrés ? Lunard semblait savoir ce qu'il pensait il plaça une main sur l'épaule de Harry et la serra doucement.
Dans le couloir, en bas des escaliers, Lunard retira sa main de l'épaule de Harry et s'arrêta pour chercher quelque chose dans les poches de son manteau de cuir.
« Aha, dit-il en montrant à Harry et à Patmol une vieille clé rouillée. J'ai trouvé ma clé ce matin. »
Il la glissa dans la serrure, la tourna et la porte grinça en s'ouvrant.
Ils se glissèrent dans le jardin tandis que Lunard refermait la porte à clé, juste au cas où. Ils naviguèrent prudemment dans l'herbe qui arrivait à la taille de Harry. Ils prirent le chemin le plus direct pour rejoindre la grille de l'entrée, sachant qu'ils risquaient d'être repérés s'ils flânaient. Patmol sauta par-dessus en premier. Lunard fit la courte échelle à Harry et Patmol l'aida à redescendre de l'autre côté, tandis que Lunard sautait comme Patmol l'avait fait.
A partir de là, ils n'avaient plus qu'à se mêler avec les moldus costumés Harry repéra un garçon habillé en lion, une fille déguisée en lapin et un homme qui portait un costume si coloré qu'il était presque difficile à regarder.
« Regarde ! » dit un garçon déguisé en fantôme.
Sa mère, qui était une sorcière, scruta le sac qu'il portait. Le nez de Lunard se fronça.
« Par là. » dit-il en poussant Harry et Patmol vers la maison que venait de quitter le petit garçon.
« Qu'est-ce qu'il a eu ? » demanda Harry.
« Du chocolat. » répondit Lunard.
« On a du chocolat à la maison- Aah ! »
Patmol sursauta – faisant Harry sursauter également – et il sortit sa baguette. Le squelette qu'il avait touché se balançait tranquillement dans le vent, ses os de plastique cliquetant doucement. Lunard se mit à rire et Patmol rangea de nouveau sa baguette dans sa poche.
« Un peu nerveux, Patmol, non ? » demanda Lunard avec légèreté, en secouant la cloche.
« Je suis un criminel recherché. » murmura Patmol.
Ils entendirent des bruits de pas à l'intérieur.
« Et au cas où tu aurais besoin d'un rappel, mes dernières sorties ne se sont pas terminées terriblement bien. »
« Bonjour ! » lança une petite moldue grassouillette.
Patmol – qui avait l'air particulièrement sinistre jusque là – lui adressa un large sourire. Harry jeta un œil à Lunard qui souriait aussi et il suivit le mouvement il ne s'était jamais déguisé pour Halloween, alors il n'était pas trop sûr de ce qu'il devait faire.
Tu aurais su si tu avais grandi ici, murmura une petite voix. Harry lui dit de se taire.
« Eh bien, quelles allures ! » dit-elle en leur rendant un sourire éclatant.
Elle disparut un instant à l'intérieur, avant de revenir avec quatre barres de Mars Harry et Lunard en reçurent une chacun et la femme rougit en en donnant deux à Patmol, avant de s'empresser de refermer la porte. Ils entendirent un petit rire étouffé de l'autre côté de la porte. Harry, Lunard et Patmol échangèrent des regards stupéfaits – Patmol avait l'air plutôt fier de lui – et ils retournèrent dans la rue.
« Incroyable. » dit Lunard, tandis que Patmol leur donnait à tous les deux ses barres de chocolat.
Il n'avait pas encore recommencé à manger du chocolat depuis l'histoire de la potion du Détraqueur. Harry, cependant, n'avait aucun problème avec le chocolat et déballa une des barres.
Ils s'arrêtèrent deux fois encore, car Patmol voulait des bonbons qui n'étaient pas en chocolat. Une des maisons était moldue et ils reçurent une poignée de sucettes chacun. L'autre maison appartenait à une femme habillée comme une sorcière.
« Abra Kadabra ! » dit-elle en agitant sa baguette.
Patmol et Lunard tressaillirent, mais ils se ressaisirent rapidement. Harry les fixa, confus.
« Désolé, dit doucement Lunard. On pensait que vous aviez dit quelque chose d'autre. »
« Quelque chose d'impardonnable. » dit Patmol en observant la femme avec la plus grande attention.
La femme plaqua une main sur sa bouche et Patmol acquiesça pour lui-même. Lunard, tout comme lui, semblait également avoir compris. Harry lui, toujours pas.
« Particulièrement dans ce village. »
« Par Merlin ! » dit-elle.
Harry réalisa qu'elle devait être une vraie sorcière.
« Je suis vraiment désolée ! La plupart de mes visiteurs sont des moldus et la plupart des autres ne savent pas à propos de- Je pensais que vous étiez des moldus, finit-elle dans un souffle. Sinon, je n'aurais jamais- »
« Il n'y a pas de mal, dit Lunard avec douceur. Vous nous avez juste pris par surprise. »
« Eh bien, j'imagine ! »
Elle baissa les yeux pour dévisager Harry.
« J'aurais du deviner … Ces crocs semblent trop réalistes pour être ces petites dents en plastique que les petits moldus mettent dans leur bouche. »
Ses yeux passèrent sur le visage de Patmol et elle s'éclaircit nerveusement la gorge.
« Vous- vous n'êtes pas vraiment … ? »
« Un loup-garou ? » demanda Patmol.
La femme s'écarta de lui et hocha la tête.
« Non. Je ne le suis pas. »
Le sourire qu'elle leur adressa était bien plus amical.
« Une seconde. » dit-elle en s'éloignant dans la maison.
« Saleté. » marmonna Patmol.
« Patmol ! » siffla Lunard.
« Qu'est-ce qu'il y a de mal à dire Abra- ? » commença Harry, mais la femme revint et il se tut.
« Tenez, dit-elle en leur donnant à chacun une boîte de dragées surprises de Bertie Crochue. Maintenant- »
« Merci pour les bonbons, dit brusquement Patmol. Passez une bonne nuit. »
« Oh, dit-elle, son visage s'affaissant un peu. Eh bien, bonne nuit alors. »
Elle rentra à l'intérieur et ils ressortirent de la propriété. Patmol marmonna des insultes sous sa barbe, tout en ouvrant sa boîte de dragées. Harry n'arrivait pas à entendre ce qu'il disait, mais son regard était féroce et Lunard n'arrêtait pas de le regarder, surpris. Harry aurait bien aimé avoir une meilleure audition.
« Patmol ! s'écria Lunard en regardant autour d'eux pour être sûr que personne ne l'ait entendu. En plus d'être vulgaire, je suis presque sûr que ce n'est pas possible d'un point de vue anatomique. »
« Oui, mais c'est un concept intéressant, répondit sombrement Patmol. Honnêtement, qui parle de ce sort ici ? Et demander si j'étais un loup-garou avant de nous apporter des bonbons ! En quoi ça a de l'importance ? Elle- »
« Qu'est-ce qu'il y a de mal avec Abra Kadabra ? » demanda Harry, lorsque sa curiosité surpassa son amusement face au discours indigné de Patmol.
« Ça ressemble à un vrai sortilège. » explique Lunard.
« Un très mauvais sortilège. » ajouta Patmol.
Harry ne demanda pas plus de détails – leurs tons semblaient suggérer que c'était une mauvaise idée – et ils n'en ajoutèrent pas.
Patmol continua à marmonner – cette fois au moins, c'était conscient et ça ne ressemblait pas à tous les commentaires marmonnés qu'il faisait sous l'influence de la potion du Détraqueur. Pendant ce temps, Lunard avait ouvert sa boîte de dragées et était en train de les renifler. Quand il trouva et extirpa deux dragées bleus – Harry n'en avait jamais vu de cette couleur avant – il les lança à Patmol qui les attrapa directement avec sa bouche.
« Beurk ! cracha Patmol, tandis que Lunard rangeait sa boîte dans sa poche. Du savon ? Tu m'as donné du savon ? »
« Tout ce que tu mérites. » lança Lunard.
Les coins de sa bouche se relevèrent et il adressa un clin d'œil à Harry.
« Sans magie, c'était encore mieux. »
Patmol sourit malgré lui. Ils tournèrent à un coin de rue et arrivèrent sur une place. La seule chose bien distincte était un monument aux morts que des moldus déguisés contournaient sans vraiment le voir. Harry supposa qu'ils le voyaient tous les jours.
« Ah, dit Lunard en le fixant. Patmol, je dois te prévenir ... »
« Me prévenir de quoi ? » demanda Patmol.
« Le monument aux morts, dit lentement Lunard. Il … se transforme. »
Patmol le regarda avec curiosité et s'en approcha. Harry commença à le suivre, mais la main de Lunard l'arrêta.
« Laisse lui juste un moment. » dit doucement Lunard.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Harry en regardant Patmol qui s'était figé et avait posé la main sur l'obélisque où étaient inscrits des noms – visibles maintenant qu'ils étaient plus près.
« Toi. » dit Lunard en lui serrant un peu l'épaule.
Moi … ?
« Lunard, je- Oh. »
Tandis qu'ils s'approchaient du monument aux morts, celui-ci se transforma en une statue de deux- trois personnes Harry venait juste de distinguer le bébé dans les bras de la femme. James était grand – à peu près la même taille que Patmol et peut-être un peu plus petit que Lunard – avec des cheveux aussi ébouriffés que ceux de Harry. Et tandis qu'il regardait le visage de son père en personne – en pierre certes, mais tout de même – il pouvait très bien comprendre pourquoi les gens disaient qu'ils se ressemblaient.
Contrairement à la plupart des photographies que Harry avait vu, James ne souriait pas largement. Il souriait très légèrement, avec douceur et satisfaction, il avait un bras autour des épaules de Lily et son autre main était posée sur celle de la femme. Le visage de Lily était presque aussi familier pour Harry que celui de James après avoir passé en revue la boîte avec leurs vieilles affaires il avait un bon nombre de vieilles photos d'elle dans sa chambre.
Même avec les cheveux et les yeux couleur pierre, elle était toujours très belle. Son sourire, comme celui de James, était un peu moins large que ce à quoi Harry était habitué, mais pas moins joyeux. Et elle souriait au bambin aux cheveux ébouriffés qu'elle tenait dans ses bras.
Harry se reconnut immédiatement – il avait aussi des photos de lui bébé désormais – et il sentit son visage s'affaisser. Ici, plus encore que dans les photographies, il semblait identique à tous les bébés qu'il avait vu – avec les cheveux de James tout de même. Ici, sa représentation portait le même sourire satisfait que ses parents. Ici, il avait toujours ses parents et – même s'ils n'étaient pas représentés sur la sculpture – il avait aussi Patmol et Lunard.
Cet Harry a disparu. Il est mort avec Maman et Papa.
Harry serra ses bras autour de lui et regarda pour voir ce que Lunard et Patmol faisaient. Patmol fixait la statue avec une intensité triste et avait posé l'une de ses mains à l'endroit où les mains de James et Lily se rencontraient, au-dessus du genou du Harry de pierre. Dans un sursaut, Harry réalisa qu'il était autorisé à toucher la statue et avec hésitation, il tendit la main pour le faire. L'autre main de sa mère – celle qui soutenait le dos et les jambes du Harry de pierre – était froide et douce.
Il serra ses doigts autour des siens et posa son autre main sur celle de James, qui reposait sur le haut du bras de Lily. Pendant tout ce temps, le Harry de la statue souriait joyeusement, se moquant de lui.
« Gamin ? » dit doucement Patmol.
Harry sursauta et s'écarta.
« Lunard a dit que l'église- »
Il s'arrêta pour s'éclaircir la voix.
« L'église est par là. »
Il leva un bras et Harry s'y lança, serrant fortement la taille de Patmol.
« Je sais, dit Patmol en lui caressant les cheveux. Je sais. »
« Je le hais. » dit Harry, le visage collé à la chemise déchirée de Patmol.
Les larmes inondaient ses yeux, mais refusaient de tomber. Harry ne savait pas s'il parlait de Voldemort, de Peter ou même du Harry de la statue pour avoir l'air si bêtement heureux.
« Je sais. » fut tout ce que Patmol put dire.
« Ils sont là. » dit doucement Lunard.
Sirius pensa qu'il aurait pu le deviner sans son aide c'était une large tombe en marbre blanc avec les noms de James et Lily, ainsi que des dates. Il y avait aussi ce qui semblaient être plusieurs bouquets de fleurs il y avait quelques fleurs sauvages aux couleurs éclatantes, un bouquet de lys roses, quelques fleurs violettes, un seul lys blanc et un bouquet de lys rouges et or.
« Minnie. » lâcha Sirius, attirant l'attention de Remus sur les fleurs rouges et or.
« Probablement. » dit Remus.
Sirius admira son sang-froid Remus était resté calme toute la soirée, tandis que Sirius luttait pour garder le contrôle de son humeur. Il avait même un peu pleuré à la vue de la statue, mais il ne pensait pas que les deux autres l'avaient remarqué.
« On aurait du amener des fleurs ? » demanda Harry d'une voix paniquée.
Sirius ne pouvait pas croire qu'il avait oublié. Alors qu'il commençait lui-même à paniquer, Remus prit la parole.
« Non. Regarde, il y en a déjà plein. »
Sirius pensa qu'il n'avait pas compris le sens de la question de Harry.
« Remus- ! »
« Amènes-en la prochaine fois. » dit Remus avec éloquence, en regardant Harry.
Oh …
« Ouais, dit Sirius en essayant de se montrer convaincant. Tu pourrais t'occuper de ça, gamin. »
Harry – qui semblait s'être calmé – acquiesça avec un air déterminé. Même si Harry oubliait, Sirius n'oublierait pas.
Ce sera les plus belles fleurs que personne n'ait jamais eu, se promit-il. Harry, pendant ce temps, s'était agenouillé en face de la pierre tombale pour lire les inscriptions cachées par les autres hommages. Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort, lut Sirius, avant de relever les yeux.
« C'est toi qui a choisi ? » demanda-t-il à Remus, qui était discrètement en train d'essuyer ses larmes avec sa manche.
« Oui. » dit Remus, grimaçant car il venait d'être surpris.
« Qu'est-ce que ça veut dire ? » demanda Harry.
« Ça signifie qu'ils ont accueilli la mort. » répondit Remus après une pause.
Et ils l'avaient fait James avait été retrouvé dans le couloir, sans baguette, et Lily était à l'étage, devant le berceau de Harry. Même s'il n'y avait personne d'autre que Voldemort ou Harry qui avait été véritablement présent ce soir-là pour voir ce qui était arrivé, Sirius ne pensait pas qu'il fallait être un génie pour comprendre le déroulement des événements.
« Qu'ils étaient courageux, qu'ils ont vaincu la mort en mourant. »
La mort était une amie pour eux, pensa Sirius en se souvenant d'un des contes du vieux livre d'histoires à lui et Regulus. Il se secoua un peu. Enfin, pas vraiment, mais ils n'avaient pas peur … Une conversation qu'il avait eu avec James pendant leurs examens d'Auror lui revint en tête, une conversation durant laquelle James avait sérieusement songé à revenir en tant que fantôme pour pouvoir veiller sur son fils. Peur de rien d'autre que d'abandonner Harry, évidemment.
Et il n'a pas été abandonné. Il nous a, moi et Lunard maintenant, Cornedrue, ne t'inquiète pas. Et alors, le volume des pensées de Sirius tomba, jusqu'à ce que ce ne fut plus qu'un murmure. Et je sais que je ne peux pas te remplacer ou être ce que tu aurais pu être. Mais je peux être là pour lui. Je peux prendre soin de lui, m'assurer qu'il sait à quel point vous étiez brillants. Sirius déglutit.
Vous lui avez donné la vie, tous les deux. Il essuya ses yeux, pas parce qu'il avait honte de ses larmes, mais parce qu'il ne pouvait plus rien voir et cela devenait inconfortable. Je vais m'assurer que c'est une vie qui vaut la peine d'être vécue. Les yeux de Sirius se posèrent sur Harry, qui dessinait toujours les noms de Lily et James, avant de se reposer sur la tombe. Je vous le promets.
« Je le promets. » entendit-il Remus murmurer.
Sirius leva les yeux Remus regardait l'arrière de la tête de Harry et avait des larmes qui coulaient sur ses joues pâles. Sirius était raisonnablement sûr qu'il avait promis quelque chose d'identique. Au sol, Harry avait commencé à trembler et Sirius ne pensait pas que c'était à cause du froid.
Il s'accroupit à côté de son filleul et lui serra l'épaule. Comme il l'avait fait près de la statue, Harry se reposa sur lui et entoura Sirius de ses bras. Harry renifla et pendant un moment, Sirius vit des larmes couler des yeux de Lily, derrière les lunettes de James. Ensuite, Harry cacha son visage contre la chemise de Sirius et contrairement à ce qui s'était passé près de la statue ou sur le pallier dans la maison de James et Lily, il ne semblait pas enclin à le lâcher.
« Tu es prêt ? » demanda Sirius à Remus par-dessus son épaule.
Remus acquiesça, en essuyant ses joues. Sirius ajusta les bras de Harry autour de son cou et le souleva du sol.
Ce n'est pas aussi facile que les parents le font croire, pensa-t-il, en faisant tout son possible pour ne pas faire tomber Harry alors qu'il se levait. Remus n'était pas loin, juste au cas où, mais son aide ne fut pas nécessaire.
Sirius ne pensa pas et ne murmura pas d'au-revoir il parlait à James et Lily tous les soirs avant de s'endormir. Il leur parlerait sûrement encore ce soir. Et peut-être qu'il était un peu fou – tout le monde le disait, après tout – mais parfois, il aurait juré qu'ils l'entendaient et qu'ils lui répondaient, d'un endroit où il ne pouvait pas les entendre.
Remus passa un bras autour de son épaule – doucement pour ne pas toucher Harry, que Sirius soupçonnait de s'être endormi – et ils se dirigèrent vers le grand portail.
Une rafale de vent – chaude, en considérant que c'était le mois d'octobre – leur souffla doucement sur le visage et Harry bougea légèrement, sa tête vacillant contre l'épaule de Sirius. Ses larmes n'étaient pas encore sèches, mais il affichait un léger sourire, qui s'agrandit lorsqu'un second souffle de vent lui ébouriffa ses cheveux noirs.
