Bonjour à tout le monde ! Oui, je sais, ça fait très longtemps, j'en suis désolée ! C'est vraiment très difficile d'être régulière avec tous les aléas de la vie. Voilà donc une suite ! En espérant que vous allez l'apprécier. Au passage, j'en profite pour vous souhaiter le meilleur et une bonne santé, à vous tous et à vos proches. On en a bien besoin dans cette période. Bonne lecture et à très vite, j'espère !


La pleine lune de novembre tomba le dix, le même jour que l'anniversaire de Sirius. Patmol n'avait pas du tout mentionné son anniversaire – Lunard avait émit l'hypothèse à Harry qu'il ne voulait pas avoir trente ans – mais Lunard s'en était souvenu, tout comme Kreattur qui l'avait dit à Harry.

Harry et Lunard avaient organisé une visite sur le Chemin de Traverse quelques jours plus tôt, racontant à Patmol que Lunard allait donner une leçon de grammaire et d'orthographe à Harry chez lui c'était quelque chose que Patmol était plus qu'heureux de déléguer à Lunard. Cependant, Harry avait du changer d'apparence à Grimmaurd à cause de la Trace, avant de se faufiler discrètement en veillant à ce que Patmol ne le remarque pas. Au final, ils demandèrent à Kreattur de faire intervenir le portrait de Mme Black, ce qui offrit une distraction suffisante à Patmol pour laisser le temps à Lunard et Harry de s'en aller.

Leur promenade sur le Chemin de Traverse fut raisonnablement calme. Avec Noël qui approchait, les rues et les magasins étaient bien remplis et ils avaient été capables de se mêler facilement à la foule. Lunard avait repéré deux membres des recherches de Lucius Malefoy un qu'ils avaient pu évité. Lunard avait du salué l'autre et avait présenté Harry comme étant son neveu.

Ils avaient choisi quelques livres, pas mal de bonbons – aucun au chocolat – et ensuite, à contrecœur, Harry avait choisi quelques farces et attrapes, en sachant pertinemment qu'il en serait sûrement la victime. Ils s'étaient aussi aventurés dans le Londres moldu pour que Lunard puisse trouver une animalerie.

« Il faut respecter les traditions. » avait murmuré Lunard, en se rendant à la caisse, portant une boîte de biscuits pour chien – que Harry avait choisi – une balle rouge qui couinait et un pull pour animal. Harry avait laissé Lunard payer pour ça car il n'avait pas d'argent moldu, mais il avait insisté pour aider à payer les choses qu'ils avaient trouvé sur le Chemin de Traverse.

Ils étaient retournés chez Lunard par la Cheminée, avaient tout emballé et caché et ensuite – à la plus grande horreur de Harry – il avait réellement du subir une leçon de grammaire et d'orthographe.

Le jour de l'anniversaire de Patmol, Harry avait aidé Kreattur à lui préparer un petit-déjeuner au lit et Lunard les avait rejoint avec les cadeaux pour le déjeuner. Malgré que Patmol soit resté secret à propos de son anniversaire, il se montra particulièrement excité à l'idée qu'ils lui aient acheté des cadeaux Harry l'avait regardé déchirer le papier cadeau avec plus d'enthousiasme qu'il n'en avait jamais vu chez Dudley.

Patmol apprécia les bonbons et les livres l'un était un exemplaire actualisé de Quiddich à travers les âges (puisque Patmol avait pris pas mal de retard depuis Azkaban) et les autres étaient titrés Manuel avancé de la culture des plantes (Lunard avait pensé que ça plairait à Patmol, bien que Harry n'arrivait pas à comprendre pourquoi) et Jeux de l'esprit : Occlumancie et Legilimancie. Patmol passa plusieurs minutes à observer chaque farce et attrape, se montrant anormalement silencieux Harry savait déjà qu'il planifiait quelque chose.

Le pull pour chien et la balle furent également appréciés – Patmol se mit à rire et se transforma pour les essayer tous les deux – mais il se figea en attrapant les biscuits.

« Tu as- » dit-il en regardant Lunard.

« En fait, c'est Harry qui les a choisi. » lui dit Lunard.

« Tu rigoles. » dit Patmol en les regardant tous les deux, la boîte tenue fermement dans sa main.

« Je suis sérieux, lui dit Lunard. Pourquoi ? »

« Je suis Sirius, répliqua Patmol, avant de lever la boîte. Ce sont ceux que Cornedrue achetait toujours. »

« Tu rigoles. » s'écria Lunard.

« Je suis Sirius. » répondit Sirius en clignant de l'œil.

Son expression changea remarquablement vite, passant de blagueuse à sincère.

« Merci, dit-il. Je ne pensais plus jamais avoir une boîte de ceux-là. »

« C'est rien. » murmura Harry, un peu embarrassé que le cadeau qu'il avait choisi comme une plaisanterie ait finalement tant de valeur sentimentale.

Patmol plaça la boîte avec les autres choses et Harry s'assura de se souvenir de la marque pour pouvoir en acheter une autre à Patmol pour Noël.

Kreattur leur prépara le dîner avant l'heure – car Lunard avait besoin de rentrer chez lui avant de commencer à se transformer – et à la fin, il apporta le gâteau à la vanille que lui et Harry avaient passé la matinée à préparer. Ils lui chantèrent un joyeux anniversaire et avalèrent chacun une belle part de gâteau Patmol se régala également de quelques biscuits pour chien et encouragea Harry à essayer. Ils étaient étonnamment supportables, mais Lunard refusa tout net et devint irritable lorsque Patmol insista.

Une fois Lunard et Patmol partis et Kreattur en bas à nettoyer la cuisine, Harry se retrouva seul et ennuyé sa première pleine lune avait été animé – en raison de son kidnapping par Rogue – et il avait été si épuisé à la seconde – parce qu'ils avaient passé la journée à trier les affaires de ses parents – qu'il était rapidement parti se coucher.

Cette fois, il n'avait rien à faire. Il se débrouilla pour passer une heure à aider Kreattur même si Kreattur était désormais habitué à recevoir de l'aide de Harry à la cuisine, il n'aimait toujours pas cette idée, bien qu'il l'acceptait. Quand Harry exprima l'envie de cuisiner quelque chose, cependant, Kreattur devint plutôt agité et chassa Harry pour qu'il puisse le faire lui-même Kreattur n'avait pas l'air de comprendre que Harry était plus intéressé par le fait de cuisiner – ce qui occupait son temps – que par le résultat.

Et c'est ainsi que Harry se retrouva seul dans la bibliothèque, allongé sur le canapé, à fixer le plafond.

Je parie que Patmol et Lunard sont en train de s'amuser, pensa-t-il en redressant ses lunettes elles essayaient de glisser de son nez. Je me demande ce qu'ils font pendant les pleines lunes … est-ce qu'ils s'assoient et s'aboient dessus – peuvent-ils même se comprendre ? – ou est-ce qu'ils dorment ou se promènent …

Curieux tout à coup, Harry roula sur le bord du canapé et s'assit.

Une minute plus tard, il était de retour dans la bibliothèque avec son miroir en main.

« Patmol. » dit-il, avant de faire la grimace.

C'était sa réflexion qu'il voyait dans le miroir.

« Oups. Euh … Sirius Black. »

Le miroir brilla et Harry put voir le jardin de Lunard et plus loin, la clôture et la forêt Patmol avait du le laisser quelque part – probablement contre la fenêtre de la chambre d'ami si la vue était une indication – où il serait capable de le voir depuis le jardin.

Malheureusement, aucun d'eux n'était visible. Le visage de Harry s'affaissa un peu et il détailla la forêt, en essayant de distinguer les formes, mais rien ne correspondait. Il laissa l'image s'effacer – c'était malin de la part du miroir de sentir les intentions de l'utilisateur, pensa-t-il – et reposa le miroir sur la table.

Déçu mais songeur, Harry redescendit, espérant qu'il pourrait convaincre Kreattur de l'aider.


Patmol rentra tard à la maison le matin suivant. Il sortit de la Cheminée juste après neuf heures, alors que Harry était prêt à prendre la Cheminée lui-même pour aller voir ce qu'il se passait. Il soutenait un Lunard pâle, à demi-conscient et arborait lui-même de vilaines coupures autour du nez et de la bouche. Harry se hâta d'approcher pour aider et ensemble, ils réussirent à installer Lunard sur l'une des chaises.

« Salut. » dit Patmol en touchant une coupure près de son œil.

Il retira sa main tâchée de sang.

« Salut. » dit Harry en s'élançant vers la réserve.

Sa main se referma sur une bouteille de Dictame.

« Oh, super, dit Patmol en le voyant faire. Ça t'ennuie de le faire ? Je ne vois pas bien ... »

Harry déboucha la bouteille, tandis que Patmol s'asseyait et penchait la tête en arrière. Harry s'assit sur la table et laissa prudemment tomber quelques gouttes de Dictame sur chaque coupure. C'était maintenant évident qu'il s'agissait de morsures.

« Voilà. » dit-il, tandis que les coupures grésillaient et se refermaient.

Une des coupures laissa une cicatrice sur le nez de Patmol, mais le reste sembla guérir correctement.

« Bravo, gamin. »

« Est-ce que Lunard- ? »

« 'vais bien. » grogna Lunard.

Patmol renifla.

« C'était une mauvaise pleine lune. » dit-il à Harry.

« 'suis juste là, marmonna Lunard sans ouvrir les yeux. 'peux vous entendre. »

« Je sais, lança joyeusement Patmol. Et tu m'entendrais même si je murmurais, alors il n'y a aucun intérêt à faire semblant. »

Lunard grommela quelque chose qui, à l'avis de Harry, ressemblait beaucoup à une injure. Patmol eut l'air confus – visiblement il n'avait pas compris non plus – avant de hausser les épaules.

« Bref, il n'a qu'une égratignure sur l'épaule parce que je me suis un peu énervé quand il a fait ça- »

Patmol désigna son visage guéri.

« -et je l'ai déjà guéri. »

Lunard marmonna autre chose et Patmol se mit à rire.

« Je lui ai donné un tonifiant, une potion pour calmer la douleur et une autre pour les crampes, mais il est encore un peu somnolent. »

« Mmph. » dit Lunard.

Harry sourit.

« Je crois qu'on va le garder là jusqu'à ce qu'il se réveille et en attendant, on peut prendre le petit-déjeuner- »

« Nnngh. »

« Quoi ? » demanda Harry, perplexe.

« Il n'a pas envie de manger, dit Patmol, avant de pousser l'épaule de Lunard. Mais c'est idiot. »

Lunard tiqua et plusieurs secondes après, leva une main pour donner un coup en direction de Patmol.

« Alors, qu'est-ce qu'il y a pour le petit-déjeuner ? »

Harry alla chercher les croissants que lui et Kreattur avaient fait la nuit dernière et les plaça au four pour les réchauffer. L'odeur de cuisine attira Kreattur et il renvoya Harry à table pendant qu'il préparait le thé et surveillait la cuisson. Patmol dévora son petit-déjeuner, avant d'insister auprès de Lunard pour qu'il avale quelques bouchées de son croissant. Lunard se réveilla un peu et mangea avec un peu plus d'enthousiasme lorsque Kreattur plaça une assiette de bacon et de saucisses devant lui Harry avait remarqué qu'il aimait davantage la viande lorsque la pleine lune approchait ou venait juste de passer.

« Alors qu'est-ce que vous faites pendant les pleines lunes ? » demanda Harry, en mordillant un morceau de son croissant.

« Courir dans la forêt surtout. » dit Patmol.

« Attendre que ça se termine, grogna Lunard en reposant sa tête sur ses bras. Regretter d'être né. »

« Ce n'est pas si mal, dit Patmol en levant les yeux au ciel. Il est juste grognon. »

Harry n'était pas sûr de savoir si Lunard plaisantait ou non.

« Je peux t'entendre ! »

« Je sais. » dit joyeusement Patmol.

Lunard grogna et Patmol remplit à nouveau leurs tasses de thé.

« A Poudlard, on en profitait pour explorer le parc et le village, mais maintenant, on est un peu limité au niveau de l'espace si on va trop loin, on risque de tomber sur des moldus et vu qu'il n'y a plus que moi maintenant … Disons qu'on reste plutôt près de la maison. C'est vraiment calme. »

« Je t'ai presque arraché le visage. » dit Lunard à la table.

« Un détail. » répondit Patmol.

Lunard lui fit un doigt d'honneur. Harry ricana dans sa tasse de thé.

« Pourquoi tu demandes ? » demanda Patmol, l'air pensif.

« Juste de la curiosité. » mentit Harry.

Patmol arqua un sourcil.

« Il ment. » dit Lunard.

Harry lui adressa un regard irrité, mais Lunard avait toujours la tête posée contre la table. Les lèvres de Patmol frémirent.

« Alors ? » demanda-t-il.

« Je t'ai dit : j'étais juste- »

« Mensonge. » grogna Lunard.

Harry grogna également et se laissa tomber contre le dossier de sa chaise.

« Bon, dit Harry à contrecœur. Je me demandais si, peut-être, je veux dire, c'est pas obligé, mais- »

« Allez, accouche. » dit Patmol, avec l'air de quelqu'un qui s'amuse beaucoup.

« Vous pourriez m'apprendre à devenir un Animagus ? » dit Harry en grimaçant.

« Non ! » dit Lunard en levant la tête finalement.

Il avait l'air plutôt bouleversé.

« C'était déjà difficile quand Patmol, Cornedrue et Queudver l'ont fait. C'est trop dangereux pour toi de traîner près de moi- »

« On serait deux. » dit Harry en désignant Patmol, qui était toujours silencieux.

Cela donna de l'espoir à Harry, parce que son idée n'avait pas été rejeté de suite.

« Il serait aussi plus en sécurité- »

Il avait pensé à ça la nuit dernière.

« En imaginant que ton Animagus soit suffisamment grand, dit Lunard. Patmol, dis-lui que c'est une idée dangereuse. »

Harry remarqua qu'il avait dit que c'était une idée dangereuse, pas une mauvaise idée.

« C'est le risque qui fait que c'est amusant. » murmura Patmol.

Lunard se tut. Il affichait une drôle d'expression désormais, une expression que Harry n'arrivait pas à qualifier.

« Et si nous lui apprenons, ça prendra au moins un an- »

« Un an ? demanda Lunard. Ça vous a pris trois ans ! »

« Nous n'avions pas de professeur, répondit Patmol. On ne savait pas quels étaient les livres utiles – les livres utiles ne se trouvaient pas à la bibliothèque, tu te souviens ? »

Lunard acquiesça à contrecœur.

« Et ensuite, on ne savait pas quelle méthode utiliser et- »

« C'est bon, j'ai compris. » dit sèchement Lunard.

« C'est un oui ? » demanda Harry, avec espoir.

« Non, dit Patmol. C'est une magie incroyablement complexe, peu importe la méthode choisie – bien plus que ce dont tu es capable maintenant. Je pense que dans quelques années, ça sera probablement une bonne idée – et Merlin sait à quel point c'est une compétence utile – mais à l'heure actuelle … il n'y a pas vraiment de raison de ne pas le faire, mais il n'y a pas de bonne raison de le faire non plus. »

Harry hocha la tête – il s'était préparé à ça.

« Très bien. » dit-il.

Patmol acquiesça, attrapa sa tasse de thé et Lunard replaça sa tête sur ses bras.

« Alors je veux réclamer le service que tu me dois. »

Lunard redressa la tête, confus. Patmol eut aussi l'air perplexe pendant un moment, mais il finit par se rappeler de la faveur à laquelle Harry faisait référence.

Il jura, plutôt fortement et s'appuya contre le dossier de sa chaise.

« Bordel. En tant que tuteur, je fais soit quelque chose de très bien, soit quelque chose de très mauvais. »

« Très mauvais. » dit rapidement Lunard.

Patmol lui tira la langue.

« De quoi vous parlez ? »

« Quand on a emménagé ici, soupira Patmol. Il y a eu un malentendu qui a amené Harry à tout me raconter à propos de sa tante, son oncle et son cousin. Il n'était pas trop enthousiaste à cette idée, alors je lui ai dit qu'il pourrait me demander quelque chose en échange. J'ai dit que ça pourrait être n'importe quoi, une question, un service ou quelque chose d'autre qu'il voudrait. »

Il sourit à Harry, qui lui répondit par un large sourire.

« J'aurais du me douter que t'avais fait un marché stupide. » marmonna Lunard.

Harry cacha un nouveau sourire il n'y avait aucun venin dans ses mots, c'était juste Lunard qui se montrait grognon pour l'amour d'être grognon. Patmol ne sembla pas non plus offensé et Harry supposa qu'il était habitué au Lunard-d'après-pleine-lune.

« Alors, tu vas lui apprendre ? » demanda platement Lunard, mais il n'avait pas l'air énervé, juste inquiet.

« Je suis un homme de parole. » dit Patmol.

Étrangement, cela fit sourire Lunard.

« Alors, tu devrais être extrêmement reconnaissant que c'est ça qu'il te demande. »

« Pourquoi ? » demandèrent Patmol et Harry en même temps.

« Patmol, tu lui as promis n'importe quoi. Ce n'est pas un Serment Inviolable, mais il y a des tas de choses qu'il aurait pu te demander ou sur lesquels tu aurais du fermer les yeux. »

« Tu marques un point. » dit Patmol.

« J'espère bien. » dit Lunard, et Harry toussa pour cacher son rire.

« D'accord, gamin, dit Patmol. On va faire un marché. »

« Quel marché ? »

« Je vais te rendre ce service – trop tard pour changer ! » ajouta-t-il à la hâte.

Lunard se mit à rire – son visage était de nouveau caché – et Patmol lui adressa une grimace.

« Je t'aiderais, peu importe quand tu veux commencer à apprendre. » dit-il.

Harry rayonnait.

« Mais si tu veux commencer maintenant, tu finances tout. Tu devras tout acheter toi-même. Si tu attends quelques années, jusqu'à tes onze ans, j'achèterais tout ce dont tu auras besoin. »

Harry réfléchit un instant. Avec Patmol qui le présentait de la sorte, c'était tentant d'attendre. Mais s'il commençait maintenant, même s'il devait tout payer, il aurait quand même de l'aide et il pourrait très bien être un Animagus avant l'âge de onze ans.

« Donc si je commence maintenant, je dois payer. » répéta Harry.

Patmol acquiesça.

« Avec mon propre argent ? »

« C'est sous-entendu, oui. Et je le saurais si tu prends quelque chose dans nos réserves. » le prévint-il.

« Je ne volerais rien ! » s'indigna Harry.

Il réfléchit un instant de plus, avant de se mettre à sourire largement lorsqu'une pensée lui vint à l'esprit.

« Quoi ? » demanda prudemment Patmol.

Harry souriait toujours.

« Je payerais. » dit Harry.

« Bien sûr, soupira Patmol. Et je peux te demander comment ? Tu as un gallion par semaine d'argent de poche et oui, on est là depuis un moment maintenant, mais les livres sur les Animagi sont chers et les livres que tu auras besoin pour comprendre ceux sur les Animagi ne sont pas moins chers. »

« Et tu en as dépensé une partie. » murmura Lunard.

« Ça ne sera pas un problème. » leur assura Harry.

« D'accord. » dit Patmol avec une expression suffisante.

Il était persuadé d'avoir gagné. Harry en savait plus que lui.

« Habille-toi et on t'emmène sur le Chemin de Traverse pour voir si tu vas aller loin avec trente gallions. »

« On ne l'emmène nulle part, Patmol, grommela Lunard tandis que Harry se levait. Tu peux aller faire tout le shopping que tu veux. Moi, je rentre à la maison. »

« Est-ce que notre rayon de lune est fatigué ? demanda Patmol en imitant un petit enfant. Pauvre petit- »

« Sirius, je jure sur Godric que si tu finis cette phrase, je vais vraiment t'arracher le visage. »


« Je suis un idiot. » grogna Patmol, tandis que Harry pénétrait dans son coffre et rassemblait une poignée de gallions dans un petit sac de cuir.

« Tu avais oublié ça, pas vrai ? » dit Harry en désignant le coffre que ses parents lui avaient légué à la banque.

« Idiot, répéta Patmol en faisant semblant de se cogner la tête contre les murs de pierre. Et toi, t'es trop malin pour ton bien. »

« Je vais devoir l'être si je veux réussir ça. » dit Harry en repoussant une mèche de cheveux brun de son visage.

Aujourd'hui, il était un petit garçon aux cheveux bruns et aux yeux marrons.

« James et Lily doivent probablement être en train de se moquer de moi, en ce moment. » chuchota Patmol, avec un regard prudent vers Gurbock qui ne semblait pas l'avoir entendu.

Quinze minutes plus tard, ils étaient chez Fleury et Bott, parcourant les étagères poussiéreuses à la recherche de leurs livres. Patmol attrapa Potions ou sortilèges : Le choix des Animagus sur une étagère et le tendit à Harry.

« Si tu veux utiliser la méthode des sortilèges, dit Patmol. Il va falloir que tu apprennes le latin. »

« Quelle méthode vous aviez choisi ? »

« Les sortilèges, dit Patmol. Mais on a utilisé une potion au début, parce qu'on était incapable de réussir à méditer. »

« Mais tu ne parles pas le latin. » dit Harry en se souvenant d'une vieille conversation.

« Nope. »

« Alors comment- »

« James a assez appris pour nous aider. Tu n'as pas besoin d'être bilingue ou quoi que ce soit comme ça, mais tu dois être capable de traduire un paragraphe correctement. »

« Bon sang. » dit Harry.

« Pas de chance, gamin. » dit Patmol, avant de lui passer un énorme livre nommé Du vernis sur votre prononciation et des dorures sur votre grammaire.

Harry attrapa également un dictionnaire anglais-latin. Patmol ajouta Le guide des principaux animaux familiers et leurs caractéristiques à la pile de Harry.

« Je ne trouve pas Embrasser votre créature intérieure. » dit Patmol, après une nouvelle demi-heure de recherche dans la boutique.

« On en a besoin ? »

« Bonjour ! »

« Bonjour. » marmonna Harry.

« Je peux vous aider, messieurs ? » demanda un sorcier avec un badge qui indiquait « responsable ».

« En fait, oui, dit Patmol. Je cherche un livre appelé Embrasser votre créature intérieure. »

« Embrasser votre créature intérieure … murmura le responsable, avant que ses yeux bleus se mettent à briller. Je connais ce livre. »

« Vous l'avez ? » demanda Patmol.

« Si nous l'avons ? répéta le responsable, l'air insulté. Bien sûr que nous l'avons ! »

« Super, dit Patmol en souriant à Harry par-dessus son épaule. J'aimerais le prendre, ainsi que ces quatre autres alors, merci. »

« Je ne suis pas autorisé à vendre ce livre comme ça, expliqua le responsable. Si vous remplissez un formulaire d'autorisation, nous pourrons vous obtenir un exemplaire une fois que ce sera approuvé ou alors, vous pouvez passer directement au Service des usages abusifs de la magie et obtenir votre exemplaire en personne. Il concerne une magie complexe- »

« Et pas celui-là ? » demanda Patmol, en montrant Potions ou sortilèges.

« Celui-là parle seulement de la procédure et explique les avantages et les inconvénients de chaque méthode, dit le responsable avec éloquence. Celui que vous cherchez présente la façon dont il faut appliquer ces méthodes et commence le processus de transformation. Avec celui-là, vous pouvez devenir un Animagus. »

« C'est le but. » dit Patmol en levant les yeux au ciel.

« Le Ministère utilise ce livre pour contrôler ceux qui veulent se transformer. Avec cette information, ils peuvent les surveiller pour être sûr que tout se déroule de manière sécurisée et légale. »

Oh oh, pensa Harry.

« Bien, dit Patmol. Je passerais là-bas demain après le travail, alors. »

« Très bien, monsieur. Vous souhaitez tout de même ces quatre-là ? »

Le responsable attrapa les livres des mains de Harry – dont les bras commençaient à devenir douloureux – et les mena au comptoir. Tandis qu'il s'avançait, Harry glissa son porte monnaie dans la main de Patmol et Patmol l'utilisa pour payer.

« Alors, qu'est-ce qu'on fait ? » murmura Harry, tandis qu'ils sortaient du magasin en tenant deux livres emballés chacun.

« C'est Peter qui a gardé notre vieil exemplaire, vu que c'était lui le dernier à réussir la transformation, donc c'est pas la peine d'y penser, chuchota Patmol en les menant dans la rue. Aller au Ministère est hors de question. Ils vérifient les baguettes et analysent les signatures magiques de ceux qui s'enregistrent. Hors de question de prendre ce risque … Il y a un endroit qu'on pourrait essayer ... »

« Où ? »

D'un mouvement d'épaule, Patmol montra un espace sombre entre deux magasins. Un panneau indiquait l'Allée des Embrumes. Harry pouvait y apercevoir des silhouettes, faiblement éclairées par la lumière de la ruelle.

« Il y a une librairie là-bas, je crois, dit Patmol. Chez Walpole. Le Ministère essaye de le faire fermer depuis des années – bien avant que j'ai commencé Poudlard – mais d'une façon ou d'une autre, ils se débrouillent pour rester ouvert ... »

« Ils auraient le livre ? »

« Probablement, répondit Patmol. Je n'y ai jamais mis les pieds, mais le fait que le Ministère veuille restreindre l'accès à ce livre suffit très certainement pour motiver Walpole à le vendre. »

« Alors on y va ? »

Patmol regarda autour d'eux et attira Harry dans un coin. Il réduisit les livres d'un coup de baguette et les fourra dans une de ses poches. Il tapota ensuite la tête de Harry avec sa baguette et commença à marmonner dans sa barbe. Harry se sentit tiré de tout côté jusqu'à ce qu'il grandisse – presque à la taille de Patmol – et qu'une barbe apparaisse sur son visage.

« Bizarre. » dit-il en regardant une de ses énormes mains.

Sa voix était grave et un peu rauque.

« Les enfants ne vont pas là-bas. » expliqua Patmol en tournant sa baguette vers lui.

Il rendit leur couleur noir à ses cheveux et y ajouta un peu de gris.

« A l'exception peut-être des enfants de mangemorts. Reste près de moi – ne t'éloigne pas, ne parle à personne. Laisse-moi gérer ça. D'accord ? »

« Euh … Bien sûr. »

« Garde ta baguette à portée. »

Harry tenta de lui emboîter le pas et manqua de tomber. Patmol se débrouilla pour le soutenir et lui donna un nouveau coup de baguette. La barbe de Harry devint grise au lieu de brune.

« Garde une main sur mon épaule pour marcher. Les gens penseront que tu es sans doute mon père. »

Ensemble, ils se dirigèrent vers la route principale et descendirent vers l'Allée des Embrumes.

L'odeur fut la première chose que Harry remarqua ; une effluve d'humidité glacée semblait imprégnée toute la rue. La seconde chose fut le manque de clients. Il y avait beaucoup de monde aux alentours, mais ils ne se déambulaient pas dans les rues; ils traînaient à l'entrée des boutiques, ainsi que dans de petites alcôves. Une femme tenait une boîte de quelque chose qui ressemblait dangereusement à des oreilles humaines séchées.

Harry frissonna et se rapprocha de Patmol autant qu'il était possible de le faire sans lui marcher dessus. Harry trébucha seulement une fois et fut instantanément entouré de gens volontaires pour l'aider.

« Reculez ! » les avertit Patmol en levant sa baguette.

Plusieurs horribles femmes et un vieil homme s'écartèrent, murmurant qu'ils avaient juste voulu aider.

« Juste voulu l'alléger de son argent, vous voulez dire, grogna Patmol. Par ici, Père. »

Harry eut besoin d'un instant pour réaliser que Patmol s'adressait à lui. Il serra sa baguette et suivit, se tenant à l'épaule de Patmol.

Chez Walpole était un petit magasin miteux et Harry serait passé devant sans le voir si Patmol ne l'avait pas montré du doigt. Il était coincé entre une impressionnante boutique d'apothicaire et un magasin qui vendait des animaux exotiques et illégaux Harry pensa avoir vu un grand œuf vert de dragon à travers la vitre, ainsi qu'une créature plutôt terrifiante qui semblait être un mélange entre un oiseau et un lézard.

Chez Walpole était éclairé par des lampes à huile qui dessinaient des ombres sinistres sur les étagères. Le parquet pâle craquait et les étagères étaient pleines de livres sombres à la couverture de cuir, pas si différents de ceux qui se trouvaient dans la bibliothèque du Square Grimmaurd. C'était bien plus sombre qu'à Fleury et Bott.

« Attends ici. » dit Patmol en s'arrêtant près d'un mur.

Harry pouvait s'y appuyer s'il se sentait un peu déséquilibré.

« Je vais l'acheter et ensuite, on s'en va. Ne sors pas du magasin. »

« Ok. » murmura Harry.

Patmol disparut entre deux rayons bancals.

« Est-ce que je peux vous aider ? »

Une grande femme venait de sortir de derrière un rayon, surprenant Harry. Elle avait une voix haut perchée, presque chantante, avec un fort accent irlandais et ses longs cheveux noirs traînaient derrière elle sur le sol. Sa caractéristique la plus remarquable, cependant, était son visage. Elle ressemblait à Patmol la première fois que Harry l'avait rencontré squelettique, avec des yeux enfoncés et une peau cireuse qui était orange à la lumière des lampes.

« Euh … dit-il en détournant les yeux de son visage. Euh … Non. Je suis juste- Oh, le voilà. »

Il attrapa un livre sur une étagère et le lui montra.

« Je le cherche depuis très longtemps. »

« Je vois, ronronna la femme. C'est tout ce dont vous avez besoin ? »

« Oui- non. Mon … euh … fils est juste- »

« Est-ce que je vous rends nerveux ? » demanda-t-elle, l'air revêche tout à coup.

« Vous ? demanda Harry, trop confus par la question pour être nerveux à l'idée de mentir. Non. Pourquoi ? »

Son visage s'éclaira et elle lui adressa un petit sourire.

« Juste curieuse. Je sais que je ne suis pas aussi belle que mes cousines françaises. »

« Vos cousines françaises … ? »

« Les Vélanes. » dit-elle en secouant la tête.

Ses cheveux noirs ondulèrent derrière son dos et soulevèrent un peu de poussière sur le sol du magasin.

« Elles sont plus belles, non ? »

« Je n'en ai jamais vu aucune. » dit Harry avec honnêteté, bien qu'il pensa qu'elle avait probablement raison.

Elle n'était pas belle à regarder, mais elle semblait gentille. Elle lui adressa un nouveau sourire.

« Comment vous appelez-vous ? »

« Har- Harold. »

Elle le jaugea un instant et lui tendit une main. Harry coinça son livre sous son bras pour pouvoir la lui serrer. La poignée de main fut un peu maladroite car Harry n'était pas habitué à ses grandes mains, mais elle sembla apprécier le geste.

« Et vous ? » demanda Harry.

« Keira. » répondit-elle doucement, en penchant la tête pour mieux le dévisager.

Harry tressaillit.

« Je l'ai ! » s'exclama Patmol en émergeant de derrière un rayon.

Il se figea et pâlit un peu quand il la remarqua. Étrangement, elle fit la même chose. Harry les regarda l'un après l'autre.

« Tu es prêt à partir, Père ? » demanda Patmol.

« Euh … bien sûr. » dit Harry.

Keira lui adressa un sourire hésitant.

« Permettez-moi de vous conduire à la caisse. »

Elle se retourna et descendit l'une des allées.

« Ça va ? » souffla Patmol.

« Bien, dit Harry. Pourquoi ? »

Patmol se contenta de secouer la tête.

« Oh, il faut qu'on achète ça. »

Harry donna à Patmol le livre qu'il avait attrapé sur l'étagère.

« C'est quoi ? » murmura Patmol du coin des lèvres.

« Je t'expliquerais plus tard. »

Keira les adressa à une femme à la caisse. Comme Keira, elle n'était pas belle elle avait un menton poilu, une grosse verrue sur le front et des yeux bleus qui louchaient. Elle leur sourit aimablement malgré tout et Harry eut l'impression qu'elle était aussi plutôt amicale.

« Drôle de choix. » murmura-t-elle en regardant les titres des livres.

Harry avait attrapé Secrets des forces du mal. Il rougit et Patmol lui adressa un drôle de regard.

« Ils valent un gallion chacun. »

Harry lui donna les pièces et Keira lui adressa un autre regard curieux. Il lui retourna le regard, confus.

« Emballe-les pour moi, s'il te plaît ? » demanda la femme de la caisse.

« Oui, Madame Walpole. » murmura Keira.

Elles échangèrent leur place derrière le comptoir et Madame Walpole lui adressa un sourire chaleureux avant de s'éloigner pour ranger des livres sur leurs étagères. Patmol observait chacun des gestes de Keira, l'air intéressé.

« Est-ce que je vous rends nerveux ? » demanda-t-elle à Patmol, sur le même ton qu'elle avait utilisé pour Harry.

« Un peu, dit-il en haussant les épaules. Mais vous avez l'air amical jusque là. »

Keira surprit Harry en souriant doucement.

« Je pensais justement la même chose. » dit-elle.

« Que voulez-vous dire ? » demanda Harry.

« Aucune magie ne peut cacher mon visage, dit-elle en agitant une petite main devant ses joues. Et en retour, personne ne peut me cacher son visage. Vous comprenez ? »

« Non. » dit Harry.

« Si. » dit Patmol, avant de jurer.

Elle sourit de nouveau et posa les livres emballés sur le comptoir. Patmol leur donna un coup de baguette et les rangea dans sa poche avec les autres. Cependant, il garda sa baguette sortie, pointée vers elle. Harry laissa échapper un petit grognement de protestation, mais Patmol secoua la tête. Keira jeta un œil à la baguette, avant de regarder le visage de Patmol.

« Tous les prisonniers ne sont pas coupables, dit-elle. Tout comme toutes les banshees ne sont pas maléfiques. »

Patmol inclina la tête, avant d'abaisser sa baguette.

« Je vois. » dit-il.

« Vois quoi ? » osa demander Harry.

Personne ne lui répondit. Keira les mena jusqu'à la porte Harry se tint à Patmol à nouveau. Un moment avant d'ouvrir la porte, Keira se tourna et leur adressa un de ses sourires.

« Merci, dit-elle en regardant Patmol, avant de fixer Harry. Merci de ne pas être nerveux. »

« Euh … De rien, dit-il en frottant sa nuque, avant d'ajouter. C'était un plaisir de vous rencontrer. »

« Pour moi aussi, Harry, dit-elle en souriant. Peut-être que tu reviendras un jour. »

« Merci. » lui répondit Patmol.

Elle leur ouvrit la porte et s'inclina devant eux. Ce fut seulement lorsqu'ils étaient arrivés dans la rue que Harry réalisa qu'elle l'avait appelé Harry et non Harold. Il se retourna, s'attendant presque à la voir là, debout avec une baguette à la main. Au contraire, Keira sourit à nouveau et disparut dans les recoins sombres du magasin.

« Alors, Secrets des forces du mal ? Quelque chose que tu veux me dire à propos de ça ? »

« Elle voulait savoir ce que je faisais là, alors je l'ai juste attrapé sur l'étagère, marmonna Harry. Désolé, d'accord ? »

Les épaules de Patmol tremblèrent sous la main de Harry tandis qu'il riait. Harry adressa une grimace à l'arrière de la tête de Patmol et ils se dirigèrent vers le Chaudron Baveur, de façon à prendre la Cheminée pour rentrer.


Remus avait retrouvé son habitude d'après pleine lune, allongé sur son canapé, les yeux fixés sur le plafond. Ce qui semblait devenir une habitude du moins, avait remarqué Remus, inquiet.

Il commençait à s'endormir quand il entendit un craquement près de la fenêtre. Pensant que c'était juste Strix, il se réinstalla, mais il entendit ensuite un bruit sourd et des bruits de pas.

« Oui, Dora ? » demanda-t-il, et les bruits de pas s'arrêtèrent.

« Comment tu as su que c'était moi ? »

« Il n'y a que toi et Fol-Œil qui passent pas la fenêtre et je n'ai pas entendu sa jambe. »

« Pas faux. » dit-elle en apparaissant dans son champ de vision.

Elle trébucha en s'approchant et atterrit maladroitement sur le canapé opposé à celui où se trouvait Remus.

« Pourquoi tu es passé par la fenêtre, d'ailleurs ? » demanda-t-il.

« Ordre de Fol-Œil. Pour que tu restes sur tes gardes. Tu vas bien ? Tu es très pâle ... »

« Fatigué, dit Remus. Et si je peux me permettre, tu es plutôt pâle toi aussi. »

Elle contracta son visage et fit apparaître plus de couleur sur ses joues.

« C'est mieux ? »

« Honnêtement ? » demanda-t-il.

Elle acquiesça.

« On dirait que tu as pris un coup de soleil. »

Ses cheveux devinrent roses et le rose à ses joues diminua un peu.

« Je pensais que tu étais en formation cet après-midi. »

« On a été à Azkaban ce matin. » dit-elle doucement.

Ses cheveux prirent une teinte grise et son visage passa au blanc crayeux.

« Ils nous ont donné le reste de la journée pour récupérer. »

« C'est si terrible ? » demanda Remus.

« Il fait un temps glacial là-bas et il y a du vent et oh Remus, c'est l'endroit le plus horrible où j'ai jamais été ! J'ai cru que j'allais devenir folle et j'y suis seulement restée quelques heures ! Il n'y a aucune couleur nulle part ! Tout est gris ! »

Elle s'arrêta soudainement.

« Tu n'y as jamais été ? »

« Non. Pourquoi ? »

« Tu as tant … d'expériences … J'ai juste pensé- »

« Tu as juste pensé que j'y étais forcément déjà aller pour satisfaire ma curiosité ? » demanda-t-il en souriant.

Ses cheveux étaient roses de nouveau et elle hocha la tête.

« C'est flatteur que tu me crois si aventurier, dit-il, la faisant sourire largement. Mais non, malheureusement – ou plutôt heureusement – je n'y suis jamais allé et je n'ai jamais eu aucune envie de visiter Azkaban. »

« Eh bien, je ne te le recommande pas. »

Sirius non plus, pensa Remus.

« C'est noté, dit-il, avant de détailler son visage pâle à nouveau. Tu voudrais du chocolat ? Ça aide. »

« Fol-Œil m'en a donné. » dit-elle en secouant la tête.

« Beaucoup ? » demanda Remus.

Il renifla discrètement, avant d'éternuer elle sentait la mort, si cela était possible et aussi très légèrement le chocolat, indiquant que – même si elle en avait mangé un peu – ce n'était sans doute pas beaucoup. Il fut étonné en pensant à Fol-Oeil, qui était généralement très généreux concernant les remèdes de toutes sortes.

« Toute une tablette. »

« Tu as tout mangé ? » demanda-t-il habilement.

« Eh bien, je l'ai partagé, dit-elle, avec un air penaud. Ben et Melvin n'en ont pas eu besoin de beaucoup, mais McKinnon et Florence ont trouvé l'expérience plutôt difficile ... »

« Et donc, en bonne Poufsouffle que tu es, tu as partagé, poursuivit Remus. Donc je repropose, tu en voudrais un peu ? »

Elle lui adressa un léger sourire coupable, que Remus prit pour un oui. Il utilisa sa baguette – car il ne se sentait pas trop capable de bouger – pour faire venir un des meilleurs chocolat d'Honeydukes et le lui offrit. Elle proposa de le lui payer, mais Remus refusa – d'autant plus fermement qu'elle lui tendait des mornilles et qu'il n'était vraiment pas d'humeur pour tenir de l'argent. Elle termina – avec un peu d'aide de Remus – toute la tablette en quelques minutes et il trouva amusant de voir ses cheveux changer de couleur, passant du gris à un brun chaud.

« Alors, dit-il en formant une boule avec l'emballage. Tu es venue pour mon chocolat ou est-ce qu'il y a autre chose pour lequel je peux être utile ? »

« Le chocolat, dit-elle en souriant largement, avant de se calmer. En fait, je voulais voir si tu allais bien. »

« Je vais bien, répondit-il automatiquement. Pourquoi ça n'irait pas ? »

Malheureusement, sa voix choisit ce moment-là pour trembler.

« A toi de me dire, dit-elle en plissant les yeux, avant de soupirer. C'est juste que tu as manqué plusieurs jours de recherche et j'ai pensé, vu que j'avais l'après-midi de libre … Si ce n'est pas mes affaires, ce n'est pas grave, mais j'ai voulu m'assurer que tu allais bien. »

Remus ressentit un peu d'irritation à l'idée d'être ainsi materné, mais ce n'était rien en comparaison à son émotion ; il pouvait compter sur les doigts de ses mains les personnes qui avaient déjà exprimé de l'inquiétude sincère à son égard. Il pouvait compter sur les doigts d'une seule main ceux qui étaient encore en vie. En réalité, il était si touché qu'il se décida à partager quelques demi-vérités.

« A Halloween, dit-il en remarquant qu'elle semblait surprise qu'il lui donne une réponse. J'ai été rendre visite à Lily et James. C'est toujours un jour difficile pour moi … Je n'aurais pas été d'une grande aide pour les recherches, j'en ai bien peur. »

Elle lui adressa un regard triste.

« Et hier, je ne me sentais pas bien, alors j'ai pensé que je ferais mieux de me reposer et j'ai bien fait. J'ai passé une mauvaise nuit, pour être honnête. Je pense que je suis en train de récupérer maintenant. »

Elle sourit.

« Je suis presque sûr que c'est juste histoire de vingt-quatre heures. »

Vingt-quatre heures par jour, chaque jour. Mais elle n'a pas besoin de savoir ça.

« Et le mois dernier ? » demanda-t-elle doucement.

« Un peu pareil, dit-il. J'étais stressé à propos de Harry et Sirius- »

Ce qui techniquement n'était pas un mensonge.

« -alors ça n'a probablement pas aidé, mais ça va bien, vraiment. »

« S'il y a quelque chose que je peux faire pour aider- »

« Je garderais ça en tête. » dit-il en souriant.

« En parlant de guérison et tout ça, dit-elle, un moment après. Tu as eu des nouvelles de Matt ? Il va- »

« Il sera de retour la semaine prochaine. » lui dit Remus.

Elle sembla soulagée.

« Bien, dit-elle. C'est trop calme sans lui … Tu savais ? »

Remus savait exactement de quoi elle parlait.

« Oui, dit-il en la regardant attentivement. Est-ce que ça t'inquiète ? »

« Non. » dit-elle, pensive.

Il eut l'impression qu'elle pensait ce qu'elle disait, mais également que le temps seul lui dirait si elle avait raison ou tort.

« Je suis juste ... »

Elle inclina la tête.

« Ça t'a surpris quand tu l'as appris ? »

« Je ne me souviens pas vraiment. » dit Remus, parce que c'était la réponse la plus facile.

« Ça m'a surpris, admit-elle. Il n'avait pas l'air d'en être un, ou … Je ne sais pas, je ne l'ai pas vu venir. »

« C'est toujours ceux qu'on attend le moins. » lui dit Remus, parce qu'il ne pouvait pas s'en empêcher.