Salut à tous ! Je dois dire que c'est vraiment un plaisir de vous retrouver, vous et vos commentaires. Voilà le nouveau chapitre ! Alors bonne lecture à tout le monde ! Et surtout, prenez soin de vous !


Secrets des forces du mal se révéla être une source d'amusement pour Patmol pendant presque un mois. Harry ne comprenait pas comment il pouvait le trouver ne serait-ce qu'un peu amusant après le premier jour, mais c'était ainsi. Harry pensait qu'il se serait arrêté plus tôt s'il n'avait pas été aussi embarrassé par toute cette histoire.

Les premières semaines, au moins deux fois par jour, Sirius s'amusait à faire des imitations de Harry il se tenait debout quelque part, attendant que soit Harry, soit Lunard lui demande ce qu'il faisait et alors, il se lançait dans une imitation passable de Harry qui bégayait et faisait apparaître le livre d'on ne savait où.

Au début du mois de décembre, il s'amusait à lire le résumé avec une voix sinistre – Harry pensait l'avoir suffisamment entendu pour être capable de le réciter par cœur – et à la mi-décembre, il se montra assez courageux pour vraiment ouvrir le livre Patmol étant Patmol, ça n'avait été qu'une question de temps.

Harry se trouvait dans la cuisine, parcourant Embrasser votre créature intérieure à la recherche d'instructions sur la façon dont la potion – s'il réussissait à la préparer correctement – l'aiderait à visualiser sa forme animale. Il avait décidé d'utiliser la méthode des sortilèges – qui impliquait de créer un sort pour se changer en animal – mais d'utiliser la potion pour découvrir sa forme, au lieu de la méditation, une méthode qui ne marchait pas selon les dires de Patmol.

Patmol était assis en face de lui, plongé dans Secrets des forces du mal ; Harry avait compris d'après le résumé qu'il contenait beaucoup de magie noire destructrice et pensait sérieusement à l'utiliser pour se débarrasser de ce stupide livre. Lunard, qui était assis sur le siège voisin de Patmol – et qui dégustait un repas tardif, courtoisie de Kreattur – était véritablement amusé par leur comportement.

« Oh, regarde, dit Patmol. De la nécromancie. Très utile, tu ne crois pas, Lunard ? »

« Tais-toi. » murmura Harry, sans lever les yeux de sa lecture.

Il sentit sans le voir le large sourire de Patmol.

« Très. » confirma Lunard d'un air fatigué, en adressant un clin d'œil à Harry qui baissa rapidement les yeux.

Lunard avait été amusé par la façon dont ils avaient trouvé le livre et impressionné que Harry ait réussi à se lier d'amitié avec une banshee. Lunard se pencha pour lire quelque chose d'autre.

« Et les Impardonnables sont là. Ce que c'est pratique. Très bon choix de livre, Harry, je dois dire. »

« Vraiment appréciable. » approuva Patmol.

Harry lui adressa une grimace et se promit silencieusement de glisser quelque chose dans le thé de Patmol cet après-midi.

« Redis-moi encore comment tu l'as trouvé ? »

Et quelque chose dans le thé de Lunard aussi, pensa-t-il.

« C'est quoi les Impardonnables, d'ailleurs ? » demanda Harry.

« Lis le quatrième chapitre, tu verras. » dit Patmol sournoisement.

Harry lui lança une grimace et Patmol fit de même.

« Et ensuite- »

Patmol laissa échapper une toux surprise et plaqua le livre contre la table.

« Quoi ? » demandèrent Harry et Lunard.

Patmol déglutit une fois, ses yeux gris écarquillés, et tourna le livre pour qu'ils puissent tous le voir. Ensuite, il désigna le chapitre sept. Écrit là, dans la table des matières, se trouvait Les Horcruxes.

Harry se montra aussi stupéfait que les autres – aucun intérêt de le nier – mais une fois la surprise dépassée, il découvrit une autre émotion. La vengeance.

« Regardez, un chapitre à propos des Horcruxes, dit-il avec malice, sur le même ton que Patmol et Lunard avaient employé plus tôt. Un sujet intéressant, vous ne croyez pas ? Ça doit valoir le coup de le lire, non ? Une bonne chose qu'on ait acheté- »

« Oh non, sûrement pas, dit Patmol. N'essaye même pas de justifier- »

« Ne commence pas. » dit Lunard avec lassitude.

La pleine lune avait eu lieu deux nuits avant ça et il se remettait encore.

« Contente-toi de lire. »

Patmol lui adressa une grimace – et leva les yeux au ciel après avoir regardé Harry qui se sentait toujours fier de lui – et reprit le livre, l'ouvrant à la bonne page.

« Les Horcruxes, commença Patmol d'une voix sinistre. A travers- »

« Sirius. » soupira Lunard.

« T'es pas drôle, se plaignit Patmol, avant de reprendre avec sa voix normale. A travers l'histoire, l'homme a toujours recherché l'immortalité et de toutes les méthodes possibles, la création d'un Horcruxe est la plus efficace de toutes. »

Il leva les yeux et arqua un sourcil en les regardant, avant de continuer.

« Le premier Horcruxe référencé fut créé dans la Rome ancienne par le sorcier Longinus, qui servait l'empereur de l'époque. Longinus assassina l'empereur et utilisa sa mort pour assurer sa propre immortalité et une place en tant qu'empereur. »

« Qu'est-ce qu'ils sont, alors ? » demanda Lunard, bien qu'il semblait fasciné.

Patmol haussa les épaules et continua de lire.

« La mort de Longinus fut un véritable accident il était engagé dans une bataille quand un feu – possiblement un Feudeymon – détruisit la cachette de son Horcruxe. Presque simultanément - les chercheurs pensent qu'une conspiration était en cours – un de ses poumons fut percé d'une flèche et croyant être immortel, Longinus refusa toute aide, ordonnant à ses guérisseurs d'aider les autres soldats. Il mourut de sa blessure le jour d'après … Une lecture joyeuse. » murmura Patmol.

Patmol s'éclaircit la voix et reprit.

« On pense que Longinus a confié les secrets de son long règne à Wahankh, un prêtre égyptien, qui vécu un temps étonnamment long de trois cent cinquante ans, presque douze fois l'espérance de vie de cette époque. Les écrits de Wahankh révélèrent une « vie secrète » qu'il garda caché dans une amulette qu'il portait sur lui. Ce fut certainement le deuxième Horcruxe ayant existé dans l'histoire de la magie. Les Horcruxes, rendus plus simples dans les anciens temps en raison des conditions de vie rudes et de la fréquence des guerres, furent répandus pendant plusieurs centaines d'années. De nombreux et importants sorciers en auraient eu un par précaution. Ce n'est qu'à partir du 17ème siècle qu'ils commencèrent à souffrir d'une mauvaise réputation, avant qu'une loi soit établie sur tout le continent, en 1786, interdisant la création d'Horcruxes. Le Département des mystères appartenant au Ministère britannique de la Magie, le Département chinois d'exploration magique ainsi que le Service nord-américain des anomalies magiques s'unirent au début du 18ème siècle pour nettoyer le monde des Horcruxes et de leurs créateurs … On a compris, tous ces abrutis maléfiques sont morts, dit Patmol sans lever le nez du livre. Maintenant, qu'est-ce qu'ils sont exactement ? »

« C'est toi qui a le livre. » dit Lunard.

Patmol se renfrogna et se tut, parcourant la page. Après un moment, ses yeux s'arrêtèrent de bouger il fixait la page plutôt que de la lire.

« Bordel. » souffla Patmol.

« Tu as trouvé ? »

« Ouep. » dit faiblement Patmol.

Son visage avait pris la couleur du parchemin, sa mâchoire était si serrée que Harry s'attendait à moitié à entendre ses dents grincer et il tenait le livre si fermement que les jointures de ses mains étaient blanches.

« Alors, qu'est-ce que c'est ? demanda Harry. C'est quelque chose de mauvais ? »

« On peut dire ça. »

« Alors ? » demanda impatiemment Lunard.

« C'est l'âme, dit Patmol avec des grands yeux. C'est une partie d'âme dans un contenant extérieur. »

« Dis-moi que c'est une blague, dit Lunard, tandis que Harry fixait Patmol, horrifié. Patmol ? »

« Il faut diviser l'âme au moyen d'un meurtre délibéré, en s'assurant qu'il n'y ait pas de remords … lut Patmol. Les remords guérissent les dommages ... »

Ses yeux descendaient rapidement sur la page il ne lisait que certaines parties du livre.

« Si le sujet suit les instructions correctement, il sera capable d'ancrer la moitié de son âme dans un objet. Au cours de l'histoire, les sorciers ont choisi des objets importants pour y placer leur âme, certains ont même choisi des animaux ou des personnes … Aussi longtemps que l'âme et son refuge sont intacts, le créateur ne peut mourir. »

« C'est dégoûtant, dit platement Lunard. Qui tue quelqu'un pour prolonger sa propre vie ?! »

« Peu importe ! lança Harry en se sentant malade. Si c'est vrai, alors nous avons une partie de l'âme de Voldemort dans le bureau ! »

« Par Merlin, dit faiblement Patmol. J'ai touché ce truc ! Et pas étonnant que ça t'ait attaqué, après ce que tu lui as fait. »

« Ça veut dire qu'on est sûr qu'il va revenir ? » demanda Harry en frottant sa cicatrice.

Il n'était pas vraiment capable de retenir l'inquiétude dans sa voix.

« Je veux dire, s'il a un Horcruxe, c'est qu'il est immortel alors ? Il ne peut pas mourir. »

« Et l'un devra mourir de la main de l'autre ... » murmura Patmol en regardant Lunard.

Les yeux de Lunard s'agrandirent.

« Tu ne penses pas … ? »

« C'est possible, n'est-ce pas ? murmura Patmol. Si la seconde partie ne parle pas vraiment de lui- »

« Ça pourrait concerner son âme, termina Lunard. Oui, c'est possible. »

« Qui ? Et qui meurt ? » les interrompit Harry.

« Voldemort, j'espère. » dit Patmol avec un sourire sinistre.

« Est-ce que ça dit comment on les détruit ? » demanda Lunard en tapotant le livre.

Patmol le reprit entre ses mains et le parcourut pendant plusieurs minutes. L'air révolté et stupéfait sur son visage était presque comique ou l'aurait été si Harry n'avait pas su qu'il était en train de lire comment extraire des âmes.

« Il y a deux façons, annonça finalement Patmol. La première, c'est le remord – peu de chance que ça arrive un jour ... »

Lunard renifla.

« Et l'autre est d'utiliser une puissance magique suffisamment destructrice pour que l'Horcruxe ne puisse se réparer par lui-même. »

« Mais la magie peut tout réparer. » dit Harry.

La bouche de Patmol s'affaissa.

« Non, dit Lunard. Pas tout. »


« -pensé qu'ils auraient un peu ralenti avec Noël dans seulement douze jours, mais apparemment non. » dit Dora.

« Au moins, tu ne t'ennuieras pas. » dit Remus.

« Ça ne me dérange pas. » dit-elle en fourrant ses mains dans ses poches.

Elles étaient probablement gelées. Celles de Remus étaient chaudes, bien qu'il ne porte pas de gants. Une température corporelle un peu plus élevée que la normale avait ses avantages en hiver, même si c'était désagréable en été.

« Je savais que ça serait intensif. Je suis juste un peu surprise. J'avais plus de temps libre quand je préparais mes A.S.P.I.C. »

Remus laissa échapper un rire.

« Estime toi heureuse de ne pas être dans la formation accélérée. James et Sirius étudiaient tous les jours et j'avais d'autres amis qui suivaient la formation pendant leur année d'A.S.P.I.C. ... »

« Et Keith pense que je travaille beaucoup. »

Remus rit à nouveau.

« Tu vois toujours autant Helga ? »

« Oui, dit-elle. Mais ça rattrape le fait que je ne vois pas beaucoup Keith ces temps-ci, donc ce n'est pas grave. »

« Vous vous êtes disputés ? » demanda Remus, inquiet.

« Non, on est juste occupés. » soupira-t-elle.

Ils se séparèrent pour laisser passer une file d'écoliers, avant de se rejoindre.

« J'ai cours toute la journée demain et je suis chez Fol-Oeil demain soir- »

« Rentre chez toi. » dit Remus.

« Quoi ? »

« Rentre, répéta-t-il. Fais une surprise à Keith ou quelque chose comme ça. Prends une pause. »

Elle sembla tentée, mais secoua la tête.

« Je ne peux pas ! Je suis ici pour travailler- »

« Il est treize heures. Il reste dix minutes avant le déjeuner et ensuite, plusieurs heures à parcourir cette même rue. »

Remus n'en pouvait plus d'attendre la nouvelle année, qu'il puisse arrêter de faire ça.

« Tu ne vas rien manquer. »

« La dernière fois que je suis partie plus tôt, Sirius s'est montré. » dit Dora en fronçant les sourcils.

« Personnellement, je pense que ça l'a probablement autant traumatisé que moi. » dit Remus en lui adressant un petit sourire.

Elle dérapa sur une plaque de verglas et il lui attrapa le bras sans ralentir l'allure. Elle sourit et le remercia.

« C'est rien. Il devrait faire profil bas pour un moment encore. »

« Mais- »

« Vas-y, dit Remus. Tu as couvert mes absences plus de fois que je ne peux les compter. Je peux gérer quelques heures tout seul. »

« Ça ne serait pas juste- »

Les bouts de ses cheveux passèrent à une drôle de couleur bleu turquoise apparemment, cela indiquait l'hésitation.

« Dora, dit-il en souriant. Vas-y. »

Elle se mordit la lèvre.

« Dora. »

« Remus. »

Il patienta un peu.

« Bien ! souffla-t-elle. Bien, je vais y aller. Mais évite de tomber sur Malefoy. Et si Sirius se montre, que Merlin me vienne en aide- »

« Tout se passera bien. » lui assura Remus.

Elle sembla s'affaisser.

« Merci. » dit-elle en lui adressant un sourire.

Il le lui rendit et elle se mit à grimacer.

« Arabella va penser que je me suis enfuie pour aller jouer avec Sirius. »

« Non, elle- enfin, d'accord, elle va probablement- »

« Juste quand elle recommençait à m'apprécier. » dit Dora en riant avant de soupirer.

« Je lui dirais que ta mère est malade, proposa Remus. Ça marche toujours. »

« Dis-lui que mon chat est malade. » suggéra Dora avec un grand sourire.

« Tu veux qu'elle croit à ton histoire, lui dit Remus. Pas qu'elle débarque chez toi pour t'aider à soigner ton chat. »

Elle se mit à rire et l'air pensif, reprit la parole.

« Avec Canis, il vaudrait mieux être à deux. »

« Tu as vraiment un chat ? » demanda Remus, surpris.

« Une horrible petite créature. » dit-elle joyeusement.

Eh bien, ça explique pourquoi elle ne sent jamais le chat, pensa Remus.

« Tu es sûr- »

« Oui, dit Remus. Maintenant, rentre chez toi, avant que je t'y emmène moi-même. »

Elle lui adressa une grimace et jeta un œil aux alentours à la recherche de moldus, avant de disparaître avec un petit pop. Remus sourit à l'endroit où elle venait de disparaître et poursuivit le long de la rue qu'ils parcouraient.

Les dernières quinze minutes de recherche furent ennuyantes sans elle, mais pas désagréables. Il se rendit au Chaudron Baveur à l'heure du déjeuner pour le trouver rempli par les clients. Heureusement, Arabella, Debbie et Dirk avaient déjà trouvé une table et avaient commandé une assiette de sandwiches à partager.

« Où est Théodora ? » demanda Arabella en pinçant les lèvres.

« Où est Matt ? » demanda Remus au même moment.

Ils rirent tous les deux, tandis que Debbie et Dirk semblaient amusés.

« Je ne l'ai pas vu. » dit Arabella, en haussant les épaules.

« La mère de Théodora lui a envoyé un hibou, expliqua Remus. Elle ne sentait pas bien, alors Dora est rentrée pour s'assurer que ça allait. Je lui ai dis de prendre son après-midi. »

Arabella pinça les lèvres et il fut facile pour Remus de voir ce qu'elle pensait, même si par chance elle ne le verbalisa pas : après que Remus eut accepté de parler à Dora – une discussion pendant laquelle Remus avait expliqué qu'Arabella la suspectait – il avait dit à Arabella qu'elle était digne de confiance et qu'il ne voulait plus entendre d'autres accusations infondées. Jusque là, elle l'avait écouté et avait gardé sa bouche fermée.

« Je vais y aller, annonça Debbie en se levant. Je vais m'occuper des rues près du pub, si ça va ? »

« Très bien. » dit Remus en lui souriant.

« Tu ne veux pas manger ? » demanda Dirk.

Debbie secoua la tête passer du temps dans le pub la rendait mal à l'aise, parce que – même si elle était un loup-garou – elle était aussi techniquement une moldue.

« On se voit demain. » dit-elle.

Remus, Arabella et Dirk parlèrent d'autres choses que des recherches tandis qu'ils attendaient que Tom leur apporte leur déjeuner. Matt n'était toujours pas arrivé au moment où les sandwiches étaient apparus et Remus commençait à se sentir inquiet. Matt était facilement distrait, mais il essayait toujours de rester en contact. Arabella semblait certaine qu'il s'était arrêté pour parler à une fille quelque part et bien que Remus était d'accord pour dire que c'était possible, il se serait attendu à un message si c'était le cas.

« Voilà le déjeuner, dit Tom en posant une assiette pleine de sandwiches. J'ai aussi un message pour toi, Remus, de la part de ce garçon qui vient souvent … Matthew ? »

« Il est venu ? » demanda Remus.

« Venu et reparti, acquiesça Tom. Une vingtaine de minutes avant que vous arriviez. »

Il désigna Dirk et Arabella qui avaient commencé à manger avec appétit.

« Il était seul ? » demanda Arabella en avalant sa nourriture.

« Non, dit Tom. Il- »

« Ah ! dit Arabella en retournant à son déjeuner. Je te l'avais dit, Remus. Il va bien. »

« -était avec son père. » continua Tom.

Le malaise de Remus atteignit alors son paroxysme.

« M. Matthew- »

Remus comprit que Tom faisait référence au père de Matt.

« -avait l'air pressé, mais le gamin a eu le temps de me donner ça. »

Il lui tendit un morceau de parchemin chiffonné, que Remus ouvrit et aplatit sur la table.

Remus, disait-il, avec l'écriture désordonnée de Matt il avait toujours eu une terrible écriture et c'était pire qu'à l'accoutumée, car il semblait l'avoir écrit rapidement. Parti camper. Matt.

Remus remercia Tom, qui s'empressa de retourner au bar où une queue avait commencé à se former. Remus relut le message plusieurs fois, sûr que Matt voulait en dire plus que ce qu'il avait écrit, mais il n'avait pas d'idée. Était-ce une sorte de code ? Ou Cornelius avait-il vraiment emmené son fils camper ? Si c'était le cas, pourquoi Robin n'était pas partie avec eux ? Tom avait-il oublié de la mentionner ?

Arabella et Dirk avaient terminé leur repas, tandis qu'il continuait à contempler le parchemin sur la table – ils lui avaient laissé un bon nombre de sandwiches qu'il avait entamé à contrecœur – et ils étaient partis presque immédiatement, discutant d'une nouvelle loi que le service de Dirk essayait de faire passer au Magenmagot.

Remus resta assis seul, pesant les quatre mots que Matt lui avait laissé, quand une ombre passa sur lui. Il releva les yeux et s'empressa de modifier ses sourcils froncés en un sourire, même si c'était la dernière personne qu'il voulait voir. Malefoy lui rendit un sourire froid.

« Lupin. » dit-il.

« Lucius, répondit doucement Remus. Comment allez-vous ? »

« Bien. » dit Malefoy en retirant un cheveu blond de sa robe.

Il tira la chaise précédemment occupé par Dirk et s'assit, avec son habituel rictus. Remus n'attendit pas qu'il lui demande en retour comment il allait il savait que ça n'arriverait jamais.

« Comment je peux aider ? »

« Je ne suis pas satisfait par les avancées des recherches, dit Malefoy en retroussant les lèvres. Je m'attendais à des résultats et pourtant, en neuf mois, nous sommes loin d'arrivés à quoi que ce soit. »

« Je sais. » dit Remus en essayant d'avoir l'air frustré.

Ce n'était pas très difficile il n'aimait vraiment pas Malefoy.

« Alors, que pensez-vous faire à propos de ça ? »

« Garder un œil sur les personnes qui mènent les recherches. »

L'estomac de Remus se serra désagréablement.

« Vous vérifierez les miens, je vérifierais les vôtres. De cette façon, je serais certain que vous n'en protégez aucun. Vous direz aux vôtres que je souhaite savoir comment est employé mon argent- »

La façon dont il souriait faisait penser à Remus qu'il ne s'en souciait pas beaucoup.

« -et je dirais à mon équipe que vous avez été promu et que vous allez passé du temps avec eux pour apprendre les bases. »

« Je les espionnerais ? » demanda-t-il.

Malefoy acquiesça.

« Vous serez vous-même évalué, ajouta-t-il, l'air de rien. Quelques membres de mon équipe de recherche vous évalueront, en même temps que vous les évaluerez et je vous jugerais également sur la façon dont votre équipe de marginaux réussit sans vous … S'ils attrapent Black un jour après que vous ayez quitté le groupe, je saurais que vous les reteniez. »

Ses yeux gris brillèrent. Contrairement à ceux de Sirius qui étaient d'un gris chaud, les yeux de Malefoy étaient comme l'acier froid et dur.

« Si c'était le cas, je m'assurerais que vous partagiez une cellule. »

« Qui va diriger les recherches moldues alors ? » demanda Remus, comme s'il ne le savait pas déjà.

« Tock … Du moins, si vous pensez qu'elle en est capable. »

« Elle l'est. » admit Remus avec réticence.

« Bien, lança-t-il avec un rictus. Je dois y aller – je ne voudrais pas attraper quoi que ce soit. »

Remus leva les yeux au ciel.

« J'aurais plus d'informations pour vous demain matin. Vous serez là à huit heures pour que l'on se mette d'accord sur un jour pour nos rencontres hebdomadaires. »

Il se retourna et Remus grimaça en direction de son dos. Il était en parti soulagé, cela dit Malefoy avait effectivement placé Dora à sa place et il serait certainement libéré des recherches aussitôt que l'investigation serait terminée.

S'il était rapide, il pourrait s'en occuper avant Noël et il serait alors libre pour se rendre au camp sans que chacun de ses gestes ne soit surveillé-

Parti camper.

Remus fourra la note dans sa poche et se leva brusquement.

« Excusez-moi, dit-il en passant devant une femme qui attendait pour commander. Tom ! L'homme qui était avec Matt, à quoi il ressemblait ? »


« Nymphadora ! » hurla Maman.

« Ne m'appelle pas comme ça ! Et quoi ? » cria Tonks en retour, s'écartant de Keith.

« La porte ! »

Elle soupira et se leva, adressant un regard d'excuse à Keith. Il haussa les épaules, mais elle pensa qu'il avait l'air un peu contrarié. Il se leva également et la suivit hors de sa chambre jusqu'au hall d'entrée. Tandis qu'elle marchait, elle essayait de deviner qui pouvait possiblement venir la voir, et pourquoi ça ne pouvait pas attendre le lendemain il était presque vingt et une heures.

Elle s'arrêta brusquement et Keith s'avança, comme pour la protéger, avant de reconnaître le visiteur.

« Te voilà. » grogna Fol-Oeil.

Maman se retourna, l'air soulagé elle avait probablement essayé de discuter un peu, ce que Fol-Oeil détestait faire. Maman retourna dans le salon, d'où Tonks entendit Papa demander de qui il s'agissait.

« Euh … Ouais, dit-elle. Salut. »

« On y va. » dit-il avant de reculer en boitant.

« On y va ? demanda-t-elle. Où ? Pourquoi ? »

« Vigilance constante ! aboya-t-il en se retournant à nouveau. Tu dois toujours être prête à partir à la seconde. Je ne dirais pas où, au cas où des oreilles indésirables seraient là à écouter. »

Son œil bleu se posa sur Keith suffisamment longtemps pour que Tonks le remarque, avant de s'éloigner à nouveau.

« Quant à pourquoi, parce que je l'ai dit ! »

Keith sursauta.

« Bien, dit-elle. Laisse-moi juste attraper ma cape. »

Elle agita sa baguette dans le hall et sa cape vola jusqu'à elle. Canis s'y accrochait comme à sa propre vie apparemment il dormait dessus quand elle l'avait fait venir. Elle desserra ses griffes et le laissa tomber sur le sol. Il s'enroula de suite autour des jambes de Keith et miaula jusqu'à ce que Keith le prenne dans ses bras.

« Il est neuf heures ! » protesta Keith, tandis qu'elle enfilait sa cape.

Canis s'installa dans ses bras et réussit à fusiller Tonks du regard tout en le faisant.

« Et ? » demanda Fol-Oeil.

« Alors vous ne pouvez pas la forcer à travailler maintenant, dit Keith en se tournant vers Tonks. Ça peut attendre demain matin. »

« Ça peut attendre ? » demanda-t-elle à Fol-Oeil.

« Non. » grogna-t-il, mais il avait vraiment l'air un peu inquiet.

Tonks avait des centaines de questions à poser, mais elle ne pensait pas que Fol le prendrait bien si elle les posait en face de son copain.

« C'était sûr qu'il allait répondre ça. » marmonna Keith.

« Il faut que j'y aille, dit-elle en grimaçant. Désolé. »

« T'es toujours en train de travailler. » soupira-t-il en caressant la tête poilue de Canis.

« Au moins, on a eu l'après-midi. » dit-elle en lui adressant un sourire.

Il lui rendit son sourire. Tonks laissa Keith et Fol-Oeil attendre pendant qu'elle allait expliquer ce qu'elle savait – très peu – à Maman et Papa. Quand elle revint dans le hall, Keith tenait toujours Canis et ils étaient tous deux en train de fixer Fol-Oeil, bien que le regard mauvais de Canis se tourna rapidement vers elle quand elle entra dans son champ de vision.

« Quand est-ce que tu reviens ? » lui demanda Keith.

« On ne sait pas, lui répondit Fol-Oeil. Pas la peine de l'attendre, c'est tout ce que je sais. »

« Désolé. » lui dit Tonks.

Keith se contenta de soupirer.

« Nymphadora ! » lança impatiemment Fol-Oeil.

« Désolé, murmura-t-elle. Je vais … euh … à plus tard. »

« Salut. » dit sombrement Keith, avant de se pencher pour l'embrasser.

Tonks hésita, en se demandant ce que Fol-Oeil aurait à dire de ce genre de démonstration romantique, mais au final elle décida qu'il n'aurait qu'à s'y faire. Fol-Oeil avait d'autres idées en tête. Alors qu'elle se penchait vers Keith, Fol-Oeil lui attrapa le bras et les fit transplaner tous les deux.

« Fol-Oeil ! » s'écria-t-elle quand ils arrivèrent à destination.

Elle trébucha et atterrit dans quelque chose de doux et de froid de la neige. Elle se recula, mais sentit la neige commencer à mouiller ses chaussettes. Elle devrait vraiment porter de meilleures chaussures.

« Debout. » dit-il en la hissant sur ses pieds.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda-t-elle en utilisant son bras pour reprendre son équilibre.

« Tu verras. » dit-il en la menant jusqu'à la maison.

De toutes les personnes qu'elle s'était attendue à voir, Remus était bien le dernier. Et pourtant, il était assis là, l'air effrayé, méfiant et mal à l'aise, tout à la fois.

« Remus ? » demanda-t-elle.

« Dora. » répondit-il, un peu absent.

Fol-Oeil s'en alla en boitant, les laissant seuls. Tonks murmura rapidement un sort pour sécher ses chaussettes et s'assit près de lui sur le canapé.

« Salut. Qu'est-ce qui se passe ? » demanda-t-elle.

« Pas mal de choses, répondit-il sombrement. Je dois te dire un truc. »

« Alors ? » demanda-t-elle après une pause.

« Je suis désolé de déranger ta soirée. » dit-il avec une toute petite voix.

Il avait l'air si misérable qu'elle dut sourire un peu.

« C'est rien, dit-elle. Mais j'imagine qu'il y a un peu plus que ça. Alors qu'est-ce qu'il se passe ? »

« Oh, Merlin, marmonna-t-il. Bon, tu sais que Matt est un loup-garou ? »

« Oui, souffla-t-elle. Il va bien ? »

« Non. Mais je dois d'abord te dire quelque chose à propos de moi. »

« Tu es un vampire ? » demanda-t-elle.

« Quoi ? Non. » dit-il en secouant la tête.

Elle se mit à rougir.

« Désolé, stupide question, murmura-t-elle. J'ai juste pensé que tu allais avouer être une créature magique- Peu importe. »

« Je le suis, dit-il, l'air absent. Je suis une créature magique. Je suis un … euh ... »

Il murmura le dernier mot.

« Parle plus fort, dit-elle en fronçant les sourcils. Je n'ai pas entendu. »

Il grogna et enfouit son visage dans ses mains. Il inspira bruyamment.

« Je suis un loup-garou. » avoua-t-il finalement.

Et de nouveau la peur et la méfiance. C'était un étrange mélange et tout à coup, elle réalisa que Remus – Remus qui était si sûr de ses principes qu'il était prêt à mourir à la guerre, Remus qui semblait si sûr de lui dans la façon dont il menait l'équipe de recherche – avait peur d'elle. Ou avait peur de ce qu'elle pourrait penser.

« Waouh, dit-elle en pressant une main sur sa poitrine et en laissant ses cheveux pousser de quelques centimètres et se changer en un rouge vif. Que vous avez de grands yeux, Mère-grand. »

Remus la fixa.

« Et que vous avez de grandes oreilles, lança-t-elle. Non ? Grandes dents ? Et si Fol-Oeil revient, en portant une hache ? »

« Quoi ? » réussit-il à dire.

« Le petit chaperon rouge, dit Tonks. C'est un conte moldu- »

« Je sais ce que c'est, dit-il en la fixant encore. Je n'arrive juste pas à croire que tu l'aies dit. »

« J'étais une grande fan des contes moldus, admit-elle. Je voulais être une princesse – c'est bizarre, non ? Une princesse ou une Auror … Drôle de combinaison je suppose, mais ça avait du sens pour moi … pas que le petit chaperon rouge soit une princesse, mais- »

« Comment tu peux prendre ça si bien ? » demanda Remus.

Elle fronça les sourcils.

« Tu t'attendais à ce que je le prenne mal ? » demanda-t-elle.

« Oui ! »

« Vraiment ? Pourquoi ? »

Elle se mit à rire, mais elle était un peu blessée qu'il ait pensé ça.

« J'ai l'air d'être le type à juger pour quelque chose comme ça ? »

« Non, murmura-t-il. J'imagine que non. »

Il rit de façon un peu tremblante.

« Désolé. »

« Tu devrais l'être, dit-elle. Mais je te pardonne. »

Il lui sourit, reconnaissant.

« Alors depuis combien de temps es-tu un loup-garou ? »

« J'avais quatre ans quand Greyback m'a mordu. » dit-il laconiquement.

Puisque Remus avait à peu près l'âge de Sirius – environ trente ans, pensa Tonks – cela voulait dire qu'il était un loup-garou depuis vingt-six ans.

« Vingt-cinq ans. » ajouta-t-il.

Vingt-neuf ans alors, conclut-elle.

« Oh. » dit-elle, avant de comprendre autre chose. Alors c'est pour ça que tu étais si malade ? »

Il grimaça et hocha la tête.

« Pourquoi tu ne l'as pas dit avant ? »

« Qu'est-ce que tu crois ? demanda-t-il en frottant ses tempes. Je suis un monstre- »

« Des conneries, dit-elle sans ambages. J'ai fait quelques recherches quand j'ai su que j'allais aider Fol-Oeil dans l'affaire Greyback et de tout ce que j'ai vu, tu n'es pas plus dangereux qu'un autre être humain quand tu n'es pas sous ta forme de loup. »

« Nous avons des meilleurs sens, protesta Remus. C'est un avantage tactique- »

« Bien sûr, dit-elle. Mais rien de tout ça ne peut vraiment causer de dommages directs. »

« Nos morsures- »

« Ça n'a jamais été prouvé qu'elles transmettent la lycanthropie quand tu es sous forme humaine. » dit-elle.

Remus plissa les yeux.

« Tu as vraiment fait des recherches. » dit-il.

« Bien sûr que oui. Une bonne chose d'ailleurs, car tu aurais pu réussir à me faire douter … Je ne comprends pas tu veux que j'ai peur de toi ? »

« Je veux que tu prennes la mesure de ma condition, dit-il. Certains voient ça comme une blague- »

« Mais tu veux que j'ai peur de toi ? »

« Bien sûr que non ! dit-il. Mais si tu avais peur, je le comprendrais parfaitement. »

« Eh bien, dit-elle en baissant les yeux. Il n'y a qu'une chose qui m'inquiète un peu. »

« Quoi ? » demanda Remus.

Son expression était illisible. Elle releva la tête, affublée d'un nez en forme de groin.

« J'ai peur que tu souffles et que ma maison s'envole. »

« Très drôle. » dit Remus, irrité, tandis qu'elle riait.

« Elle était bonne, insista-t-elle en plaçant ses mains sur ses côtes. Maintenant que tu m'as dit ça, que se passe-t-il avec Matt ? »

Le léger sourire de Remus glissa de son visage et il s'adossa au canapé.

« Tu as déjà entendu parler du camp de Greyback ? » demanda-t-il prudemment.

« Alors il existe ? » demanda Tonks.

Remus lui adressa un regard étrange.

« Je pensais que c'était une sorte de mythe, se défendit-elle. Ça semble irréel. »

« Il existe, lui assura-t-il. Et irréel est un très bon mot pour décrire les choses qui s'y passent. »

« Tu y as été ? » demanda-t-elle.

« Oui. »

« Alors tu sais où trouver Greyback- »

« Dora, dit Remus. Je ne te donnerais pas cette information. Fol-Oeil m'a demandé la même chose quand on lui a donné l'affaire Greyback, et à nouveau quand Matt a été attaqué. Si je pensais que ça ferait plus de bien que de mal, je vous donnerais l'information dans la seconde, mais ça ne vaut pas le coup. »

« Bien. » dit-elle, déçue.

« Matt est au camp. » dit-il.

« Quoi ? demanda-t-elle. Après que Greyback l'ait presque tué ? A quoi pense-t-il ? »

« Pour être honnête, je doute qu'il ait eu le choix. En général, nous y allons après Noël et nous restons jusqu'à février, ce qui satisfait Greyback, mais apparemment, il se sent menacé par Matt ces temps-ci – Merlin sait pourquoi – et il le veut à un endroit où il peut le soumettre. Et apparemment, il est assez inquiet qu'il l'a forcé à s'y rendre une semaine plus tôt- »

« Alors on va le chercher. Tu sais où le trouver et- »

« Et quoi ? » soupira Remus.

Elle se demanda s'il avait déjà considéré la question et dut admettre que c'était probablement le cas.

« Le cacher ? Greyback finira par le trouver et il n'aime pas qu'on lui désobéisse. »

« Alors tu vas le laisser là-bas ? »

Remus murmura quelque chose à propos des Poufsouffles avant de reprendre la parole, plus fortement.

« Non. J'irais aussi plus tôt pour m'assurer que tout est sous contrôle. En espérant que ça perturbe suffisamment Greyback pour garder Matt au camp pendant tout le temps où on sera tous les deux là-bas et que ça réduira le nombre de ses victimes, au moins pour un moment. »

« Mais … Et les recherches ? » demanda Tonks.

Remus se mit à rire sans joie

« Drôle que tu demandes ça. Je suis tombé sur Malefoy cet après-midi- »

« Bien sûr que tu es tombé sur lui, grogna-t-elle. Il a demandé où j'étais ? »

« Non, en fait. »

« Il a sûrement pensé que j'en avais assez de ta compagnie. » dit-elle en souriant largement.

Il lui rendit son sourire.

« Attends. Il sait que tu es un loup-garou, pas vrai ? »

Remus acquiesça brusquement.

« C'est pour ça qu'il ne t'aime pas. »

Remus acquiesça de nouveau.

« Et en parlant de Malefoy, il a décidé d'enquêter sur tout ceux qui sont impliqués dans les recherches. »

« Quand ? » demanda Tonks, résignée.

« Je suis supposé commencer demain matin. » soupira Remus.

« Demain ? demanda Tonks en levant ses jambes pour coller ses genoux à sa poitrine. Mais je pensais que tu allais voir Matt- Oh. »

« Tu es censé prendre mon relais, dit-il. Je suis sûr que Malefoy va bientôt te trouver pour te le dire, mais tu peux toujours te préparer pour ça. »

« Et ensuite, je resterais à cette position, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle.

Remus acquiesça, son expression illisible. Elle sentit une nouvelle pincée de culpabilité à l'idée de lui prendre son boulot.

« Je suis vraiment- »

« Ne t'inquiète pas pour ça. »

« Comment- ? »

« Je peux le sentir. » expliqua-t-il.

« Oh. »

Plusieurs autres petites choses à propos de sa condition lui sautèrent aux yeux, mais elle décida de les ignorer pour le moment.

« Alors qu'est-ce que tu vas faire demain ? Tu ne peux pas prendre de risques concernant Matt, mais si tu pars maintenant, alors ça aura l'air- »

« D'une fuite. Exactement. Tu vois mon problème … Et celui de Matt aussi, parce que ça va donner l'impression qu'il fuit aussi l'enquête. »

Tonks tira sur un fil qui dépassait de sa chaussette.

« Quel bordel. » soupira-t-elle.

« Je vais essayer de voir si Greyback peut parler avec Malefoy, dit Remus. Je ne sais pas si ça va aider, mais ça vaut le coup d'essayer- »

« Tu penses que ça va marcher ? demanda Tonks, dubitative. Malefoy a une dent contre toi ... »

« J'avais remarqué. » marmonna Remus.

Il laissa échapper un rire tendu et passa ses mains dans ses cheveux.

« Peut-être que je pourrais- peu importe. Tu ne peux pas repousser, j'imagine ? »

« Pas vraiment. Peut-être jusqu'à après-demain, mais tant que je ne sais pas dans quel état se trouve Matt ... »

« Tu dois y aller. » dit-elle.

Il acquiesça, l'air malheureux.

« Si seulement il y avait deux Remus … Peut-être que je pourrais être toi. » suggéra-t-elle, les yeux brillants.

« J'avais pensé à ça, admit Remus. Mais je ne te demande pas ça. Tu vis déjà deux vies et c'est trop- »

« L'alternative, c'est que tu sois arrêté pour avoir conspiré avec Sirius, protesta-t-elle. Ce n'est pas idéal, mais je peux gérer- »

« Non, dit-il doucement, mais avec fermeté. Ce que j'ai besoin que tu fasses, c'est prétendre être révolté d'apprendre que je suis un loup-garou et dire à Malefoy que Matt et moi sommes partis au camp de Greyback pendant un temps indéterminé. »

Tonks pinça les lèvres il y avait tant de risque que ça tourne mal.

« Quand pars-tu ? » demanda-t-elle.

« Dès que tu en as assez de moi et que tu rentres à la maison, dit-il en désignant la table, contre laquelle se trouvait une valise abîmée. J'en ai déjà parlé à tout ceux qui avaient besoin de savoir, mais si tu peux garder un œil sur Debbie pour moi- »

« Debbie ? Pourquoi- ? »

Quelque chose cliqua dans son esprit.

« C'est une … ? »

« Tu l'aurais découvert après Noël, de toute façon, murmura Remus. Oui. Je l'ai convaincu de rester encore un peu, mais une fois que je serais certain que la situation au camp est sous contrôle, alors elle nous rejoindra là-bas. »

« S'il n'y avait pas eu cette stupide enquête de Malefoy, ça aurait juste donné l'impression qu'ils te suivaient hors des recherches, grogna Tonks, avant de regarder Remus. Je suppose que je devrais chercher d'autres personnes pour m'aider, non ? »

« D'autres personnes pour aider Tock, lui rappela Remus. Mais oui, puisque tu vas perdre la moitié de l'équipe ... »

« C'est vrai. » dit-elle en commençant une liste mentale des personnes qui pourraient être intéressées.

« Désolé. » dit-il encore.

« C'est rien, dit-elle en lui adressant un petit sourire pour lui prouver qu'elle le pensait. Alors quand tu veux que je vois Malefoy ? »

« J'étais censé le voir au Chaudron Baveur à huit heures, dit Remus. Si tu pouvais y être vers cette heure-là, alors peut-être que tu pourrais expliquer que Matt et moi sommes partis. Ensuite, tu auras ta promotion et il pourra se plaindre de mon absence. »

Elle acquiesça.

« Si j'en demande trop, dis-le moi, dit soudainement Remus. Ce n'est pas trop tard pour trouver d'autres arrangements- »

« Remus, ça va, dit-elle en levant les yeux au ciel. Je peux gérer ces choses. Toi, tu t'assures que Matt va bien. »

« Merci, dit-il faiblement. Je suis désolé d'avoir à te demander ça- »

« Ne t'inquiète pas. »

« Si tu as besoin de me contacter, Strix peut me trouver. » dit-il en s'étirant après s'être levé.

« Strix ? » demanda-t-elle.

« Mon hibou. »

Il attrapa sa valise et Tonks réalisa à quel point il avait l'air épuisé. Elle se demanda si c'était à cause de son inquiétude ou si la pleine lune approchait.

« Il sera chez moi au cas où Debbie en a besoin et tu pourras passer par la fenêtre de la cuisine. Je la laisse ouverte pour que Strix puisse aller chasser … Je sais que tu n'aimes pas rentrer par effraction ... »

Elle sourit d'un air penaud.

« Tu pourrais aussi probablement passer par la Cheminée si c'est plus facile, mais- »

« Remus ! l'interrompit-elle en levant les yeux au ciel. Vas-y, avant que je t'y emmène moi-même. »

Il sourit et la surprit en lui donnant une brève accolade.

« Je suis vraiment désolé qu'on en arrive là, Dora, dit-il en s'écartant d'elle. Et merci beaucoup, pour tout ce que tu fais- »

« Remus, dit-elle. Vas-y. »

« J'y vais. » dit-il en rétrécissant sa valise.

Il la rangea dans la poche de son jean et s'en alla pour saluer et remercier Fol-Oeil.

Une fois parti, Tonks rejoignit Fol-Oeil, qui buvait un whisky Pur-Feu dans la cuisine – elle avait opté pour une tasse de thé – et lui expliqua tout.

« Je pensais bien qu'il aurait fini par te le dire. » marmonna Fol-Oeil.

« A propos de lui étant un loup-garou ? »

« Mmm. Je suis sûr qu'il t'a dit que j'avais été son enseignant pendant la guerre – pas en tant qu'Auror, mais en tant que combattant. »

Elle acquiesça.

« Il y en avait d'autres aussi, mais il a refusé de les laisser lui faire confiance tant qu'ils ne savaient pas. La plupart l'ont bien pris, je m'en souviens, mais il y en avait un ou deux qui avaient l'air de vouloir lui causer des problèmes. Enfin jusqu'à ce que Potter et Black les remettent à leur place. Ou Evans … Cette fille était formidable. »

« Evans ? » demanda Tonks.

« Et bien, Potter pour la plupart des gens, mais elle s'appelait Evans quand je l'ai rencontré- »

Fol-Oeil tressaillit et fourra la main dans la poche de son manteau. Son Sidekick apparut et il grogna la phrase pour l'ouvrir.

« Scrimgeour, grogna-t-il. Qu'est-ce que tu veux ? »

« Je vais y aller. » souffla Tonks, tandis que Scrimgeour commençait à lister un nombre d'activités qu'il avait prévu pour les prochains cours.

Habituellement, elle aurait été suffisamment intriguée pour rester et écouter, mais ce soir, elle était fatiguée et inquiète pour Remus et Matt.

« Attends. » dit Fol-Oeil.

Scrimgeour soupira et se tut.

« Tu as besoin que je te raccompagne, Nymphadora ? »

« Ne m'appelle pas comme ça, marmonna-t-elle. Et non, merci. Je peux trouver mon chemin. »

« Je vérifierais que tu es bien arrivée. » dit-il en tapotant son Sidekick.

Bon sang, pensa-t-elle.

« Très bien. » dit-elle.

Fol-Oeil acquiesça et elle se glissa hors de la cuisine.

« C'est possible de parler maintenant ? » demanda Scrimgeour sur un ton grincheux.

« Figure-toi que oui. » dit Fol-Oeil.

Tonks pouvait presque voir Scrimgeour lever les yeux au ciel, tandis qu'elle quittait la maison et espérait que leur dispute durerait encore quelques minutes.

Par chance, ce serait tout ce dont elle aurait besoin.