Bonjour ! D'abord, merci pour tous vos commentaires qui m'ont fait très plaisir ! Vous ne pouvez pas imaginer à quel point c'est un plaisir de les recevoir et de savoir ainsi que l'histoire vous plaît !
Pour répondre à Adenoide : Je pense qu'il y a deux raisons principales pour expliquer que Lucius finance les recherches de Harry et Sirius. D'une part, Lucius adore se faire bien voir, il fait des donations partout (Poudlard, Sainte Mangouste, le Ministère ...), il se place ainsi en position de force. C'est un moyen d'avoir du pouvoir et d'être tenu au courant des choses importantes. D'ailleurs, si tu te souviens dans le 1er tome, Drago a fait pareil et a d'abord tenté de se faire bien voir par Harry. D'autre part (et c'est la raison la plus importante, je pense), Lucius a très envie de retrouver Harry, car il est persuadé qu'il est le prochain Mage noir. Ayant détruit Voldemort quand il était petit, certains émettent l'hypothèse qu'il pourrait être très puissant et ils espèrent être de son côté si cela arrive. Ils espèrent même pouvoir conditionner Harry pour l'attirer du côté obscur et coller à leurs valeurs de Sang-Pur. Et si jamais il n'est pas aussi puissant qu'ils le croient et que Voldemort revient, ce sera aussi plus facile pour eux de le lui offrir sur un plateau d'argent. Je ne sais pas si je suis claire ! Mais tous ces éléments vont s'éclaircir au fur et à mesure de l'histoire, promis ! Merci de ta question, en tout cas !
Autre chose, sans aucun rapport : Dans ce chapitre commencent à apparaître certains personnages qui vivent au camp de Greyback. Pour ne citer qu'un exemple : Greentooth. J'ai fait le choix de ne pas traduire ces noms, parce que je me voyais très mal l'appeler Dents-Vertes et que j'avais peur de trop m'éloigner si j'inventais un nouveau nom. J'espère que ça vous ira et que ça ne vous dérangera pas trop !
Encore autre chose : je n'ai pas relu ce chapitre par manque de temps et j'espère donc qu'il n'y a pas d'erreurs qui s'y sont glissées.
Bonne lecture à tout le monde et à très vite !
« … une bavboule, un pion, une carte de Merlin de Chocogrenouille et … hésita Drago. Une pierre ? »
« C'est une question ou une affirmation ? » demanda Severus.
« Une affirmation ? » demanda Drago.
« C'est un bézoard, corrigea Severus. Mais c'est mieux. Nous utiliserons dix objets la prochaine fois. »
Le visage de Drago se contracta comme s'il était en train d'insulter Severus dans sa tête.
« C'est un problème ? »
« Non, monsieur. » murmura-t-il.
« Tu es conscient que tu clignes de l'œil quand tu mens ? » demanda Severus en haussant un sourcil.
« Ce n'était pas un mensonge. » murmura Drago en essayant très visiblement de ne pas cligner cette fois-ci.
Severus ne le reprit pas, cependant plus il pratiquait le mensonge sans cligner de l'œil, plus naturel cela deviendrait. Tant qu'il ne s'arrêtait pas complètement de cligner des yeux quand il mentait cela allait sans dire. Drago s'agitait. Severus l'imaginait en train de lutter contre le désir de donner son avis – ce qu'on l'encourageait à faire ces derniers temps – et le devoir de rester silencieux – ce qu'on lui avait enseigné toute sa vie.
« Quel est l'intérêt de tout ça ? » demanda Drago, incapable de rester silencieux plus longtemps.
« Nous passons du temps ensemble. » lui dit Severus.
Il se sentait aussi excité par l'idée que Drago.
« Pourquoi ? » demanda Drago en croisant ses bras.
« C'est ce que font les parrains, apparemment. » ricana Severus en pensant à Black.
Drago le regarda fixement.
« Dis-le, Drago. »
Drago avait une étrange expression pensive sur le visage, qui s'assombrit d'un air renfrogné.
« On ne l'a jamais fait jusque là. » dit-il.
« Tu es à un stade important de ton développement, dit Severus. Tu as beaucoup à gagner de ma présence. »
« Comme quoi ? demanda Drago sur un ton boudeur. Les seules compétences que vous avez concernent les potions, mais vous ne m'apprenez rien de ça. Tout ce qu'on fait, c'est jouer à de stupides jeux de mémoire ! »
« Si tu n'es pas capable de te souvenir de cinq objets après avoir passé dix secondes à les regarder, comment espères-tu suivre des instructions de potion correctement ? » demanda Severus.
Drago ne répondit pas.
« Je décide des activités, dit Severus sur un ton qui n'attendait aucune réponse. Si je veux jouer à des stupides jeux de mémoire, alors c'est ce que nous ferons. »
« Est-ce que je peux au moins amener Roquefort la prochaine fois ? » demanda Drago.
« Les seuls rats que j'autorise dans mes appartements sont morts et utiles pour les potions. » déclara platement Severus.
Ce qui était vrai, mais il aurait pu faire une exception s'il était sûr que c'était Hydrus qui avait Pettigrow il n'était pas sûr de savoir quel garçon avait le vrai rat, et lequel était l'homme sous couverture. Les seuls qui savaient étaient Pettigrow lui-même, Lucius et éventuellement Narcissa. Il était hors de question qu'il prenne le risque d'autoriser Pettigrow à l'une des sessions qu'il partageait avec Drago.
« Bien, il restera à la maison. » souffla Drago en croisant ses bras.
« Bien, dit Severus. Je v- »
CRACK ! Drago sursauta et tomba de sa chaise, tandis que Severus cacha sa surprise derrière une expression calme. Il cacha aussi son irritation il n'aimait pas l'idée que l'elfe de Lucius puisse accéder si facilement et quand il le souhaitait à ses appartements.
« Jeune Maître Drago, couina la chose en s'inclinant largement. Professeur Severus, Monsieur. Dobby a été envoyé par la Maîtresse chercher son jeune Maître. La Maîtresse a besoin qu'il soit prêt pour ce soir, monsieur. »
Il regardait Severus avec d'énormes yeux verts.
« Vas-y. » dit Severus à Drago, qui avait l'air partagé entre son aversion pour le temps passé avec Rogue et le fait que c'était Dobby qui lui offrait une échappatoire.
Dobby lui tendit son maigre bras et Drago le saisit.
Les deux disparurent, Severus s'affaissa contre son dossier et soupira.
Lupin,
Vous avez eu le temps de vous habituer à la nouvelle équipe de recherche et comme prévu hier, j'ai listé ceux qui font parti de l'équipe de recherche magique et les dates où vous les évaluerez. Faites la même chose pour les personnes de votre équipe et envoyez-moi la liste dès que possible.
Lucius Malefoy.
« Quoi ? » dit Remus à haute voix.
Le hibou qui venait de lui déposer la lettre lui adressa un regard hautain et s'envola. Matt lui jeta un coup d'œil, l'air perplexe, et Remus secoua la tête. Matt reporta son attention sur le jeu de cartes qu'il partageait avec Greentooth – une jeune moldue de douze ans qui – à la manière de l'entêtement de Dora – refusait de répondre à Sarah, son véritable prénom. Elle s'était apparemment entichée de Matt, bien que Remus et Matt étaient raisonnablement sûrs qu'elle les espionnait pour le compte de Greyback. Cependant, elle ne savait pas qu'ils avaient compris, ce qui était assez drôle, mais s'avérait aussi assez irritant.
Remus lut et relut la lettre, mais rien ne faisait sens lui et Malefoy ne s'étaient pas parlé depuis presque une semaine et il n'avait certainement pas participé aux recherches depuis.
Alors Malefoy fait erreur … Une très grosse erreur, quand même … Peut-être que la lettre ne m'était pas destinée … Pourtant, elle m'est adressée. Il fronça les sourcils, l'air pensif. Mais il n'y avait pas d'adresse sur l'enveloppe, juste mon nom … ce qui veut dire que j'étais vraiment censé l'avoir …
Mais il devrait pourtant savoir que je suis parti … Et dans sa lettre, il ne semble pas le savoir … Dora était supposé le lui dire, mais peut-être ne l'avait-elle pas fait … Ça n'expliquerait pas la lettre, mais ça serait un début. Il se leva et la tête de Greentooth se leva également.
« Où tu vas ? » demanda-t-elle.
« Je sors. » dit Remus, en croisant le regard de Greyback.
Il se prélassait sur son trône. Lui aussi avait relevé la tête en voyant Remus se lever et le regardait avec un froncement de sourcils.
« Où ? Je peux venir ? » demanda Greentooth, l'air impatient.
« Peut-être la prochaine fois. » dit Remus.
Il soutint le regard de Greyback jusqu'à ce qu'il acquiesce et tapote son poignet. Remus comprit il pouvait y aller, mais il ne devait pas s'éloigner trop longtemps.
« Tu n'as pas dit où ? » se plaignit Greentooth.
« Chercher de la corde ? » demanda Matt.
Il avait suggéré à moitié sérieusement d'accrocher Greentooth à un arbre quelque part et de la laisser là. Remus se sentait honteux, mais l'idée devenait de plus en plus tentante.
« Non. » dit Remus, en leur répondant à tous les deux en même temps.
Étrangement, Matt et Greentooth affichèrent tous deux la même expression déçue.
« Ça ira ? » demanda-t-il à Matt.
Matt haussa les épaules et acquiesça.
Remus salua Matt – et Greentooth également, supposa-t-il – et il quitta le bâtiment principal. Les yeux de Greyback furent sur lui tout le temps. A l'extérieur, il fut forcé de s'expliquer à Bluefoot et Silverear – membres du clan de Greyback qui s'étaient nommés ainsi en hommage à certains parties colorées du corps de Greyback – et dut supporter plusieurs minutes d'interrogatoire tandis qu'ils l'accompagnaient jusqu'à la limite du camp.
Silverear était le plus intelligent des deux, mais il était aussi le plus jeune, juste dix ans contrairement à Bluefoot qui avait quatorze ans Remus – qui avait des années d'expérience pour ce qui était de détourner une conversation – fut capable d'éviter de répondre à la plupart des questions avec peu d'effort. Et en évitant les questions, il ne mentait pas et n'avait donc pas à s'inquiéter de se faire trahir par son odeur.
Ils le quittèrent à la bordure, avec des instructions spécifiques pour son retour. Remus les remercia – avec un peu de sarcasme – et transplana avant qu'ils ne puissent lui dire quoi que ce soit d'autre.
Il s'arrêta d'abord chez lui. Il avait prévu de récupérer Strix et d'écrire à Fol-Oeil pour qu'il lui arrange un rendez-vous avec Dora c'était une façon plus facile que de se promener dans Londres en espérant lui tomber dessus.
Tandis qu'il marchait vers la porte d'entrée, cependant, il réalisa qu'il n'aurait pas besoin de s'embêter il pouvait la sentir dans son salon et entendait du mouvement dans le couloir.
Il ferma la porte – se délectant de pouvoir faire ce simple geste – et se demanda s'il devait aller la saluer, mais il décida qu'il allait la laisser venir à lui son sac à dos était posé sur la table, ce qui voulait dire qu'elle devrait revenir dans cette partie de la maison.
Remus venait toujours de se mettre à l'aise – la douceur d'un canapé était une autre chose qui lui avait manqué – quand des bruits de pas annoncèrent son retour. Elle ne le vit même pas avant d'être à deux pas de lui.
Remus eut ainsi pas mal de temps pour l'observer ses cheveux étaient d'un couleur bleu profond, elle portait un jean et ce qui ressemblait à l'un de ses vieux pulls. Dans ses bras se trouvaient presque tous les vêtements qu'il possédait – moins les choses qu'il avait emmené au camp. Quand elle le vit, elle laissa échapper un cri et lâcha tout, avant que ses cheveux ne deviennent tout blanc.
« Bonjour. » dit-il en lui adressant un sourire stupéfait et un signe de la tête.
« Remus ! » s'exclama-t-elle.
Ses cheveux prirent une couleur vert citron, ce que Remus devina être un mélange de joie et de quelque chose – d'après son odeur – qu'il soupçonna être de la culpabilité.
« Tu m'as fait peur ! Qu'est-ce que tu fais là ? »
Elle l'étreignit et s'assit.
« Est-ce que Matt va bien ? demanda-t-elle. Qu'est-ce qui est arrivé à ton visage ? »
« Pour commencer, dit-il. Greyback est responsable de ça- »
Il désigna son œil au beurre noir et la coupure sur sa mâchoire.
« -mais c'était un peu de ma faute, je l'ai provoqué. »
Remus avait passé beaucoup de temps la semaine passée à pousser les limites de Greyback, de façon à savoir ce qui était acceptable et ce qui ne l'était pas. Ce n'était pas extrêmement intelligent, mais c'était des informations utiles et ça valait bien l'avertissement douloureux que Greyback lui avait donné.
« Matt va aussi bien que possible, étant donné les circonstances et quant à ce que je fais là … Je suis plus intéressé de savoir ce que toi, tu fais là, bien que je soupçonne que ça a un lien avec l'étrange lettre que j'ai reçu ce matin. »
« Une lettre ? » demanda-t-elle.
« De Malefoy, expliqua-t-il. Il voulait poursuivre la discussion d'hier- »
Il ne fut pas surpris de voir qu'elle semblait savoir de quoi il parlait.
« -ce que j'ai trouvé étonnant sachant que je n'ai pas vu Malefoy hier. »
« C'est bizarre. » dit-elle, sans convaincre personne.
« Dora … » dit-il.
Elle grimaça et ses cheveux étaient désormais plus vert que jaune.
« Tu veux bien expliquer ? »
« Pas particulièrement. » admit-elle.
Remus sourit légèrement. Elle soupira et se mit à jouer avec l'un des fils qui dépassait de son pull.
« Je me suis fait passer pour toi. » dit-elle en regardant ses genoux.
« J'avais cru comprendre ça. » dit-il avec ironie.
« Et Matt. » ajouta-t-elle avec une toute petite voix.
Ça, il ne le savait pas.
« Dora- » commença-t-il.
« C'était mon choix. » dit-elle, sur la défensive.
« Merci. » dit-il.
Elle cligna des yeux et ses cheveux passèrent au blanc, avant de devenir oranges.
« Je ne- tu n'es pas en colère ? »
« En colère ? demanda-t-il en riant. Tu me rends à moi et à un de mes très bons amis un énorme service de ton propre chef. Je serais stupide de ne pas être reconnaissant. »
Il sourit largement.
« Même si tu voles mes vêtements. »
Elle serra ses bras autour d'elle – enfin, Remus réalisa qu'elle serrait plutôt le pull qu'elle portait.
C'était un pull rouge vif tricoté et envoyé par Tante Catherine pour son dix-septième anniversaire. Il l'avait porté une fois – James l'avait forcé, pensant que ça serait drôle (et Remus supposa que ça l'avait été) – et une autre fois pour la finale de Quidditch en septième année orgueil de Gryffondor et tout ça. Même s'il était très confortable, il ne l'avait pas porté depuis – en partie car il était trop coloré à son goût – et en partie pour embêter Tante Catherine.
« J'emprunte tes vêtements, corrigea-t-elle. En plus, si je suis toi, alors ils sont aussi à moi. »
« J'espère que tu n'as pas porté ça pendant que tu te faisais passer pour moi. » dit-il en désignant le pull.
« Deux fois. » dit-elle.
Remus fit la grimace.
« Quoi ? Il est joli ! »
« Je te le donne, dit-il. Tant que tu arrêtes de le porter quand tu te fais passer pour moi. »
« D'accord, dit-elle, rayonnante, avant lui adressant un regard méfiant. Tu es sûr que tu n'es pas en colère ? »
« Sûr, dit-il. Je m'inquiète surtout que tu t'épuises- »
« Je peux gérer. » lui assura-t-elle.
Il fixa son visage pendant un moment, essayant de repérer des cernes ou pour vérifier que ses yeux n'étaient pas fatigués, mais il abandonna elle était parfaitement capable de cacher tout ça.
« Alors pour combien tu es de retour ? »
« Quelques heures peut-être, dit Remus, en pensant que – vu qu'il était parti du camp – il pourrait en profiter pour rendre visite à Sirius et Harry. Pourquoi ? »
« Tu as mangé ? »
« Non. » dit-il.
Elle sauta sur ses pieds.
« Génial. » dit-elle.
Elle agita sa baguette en direction de la pile de vêtements et ils allèrent se ranger dans son sac à dos.
« Allons-y alors. Je paye. »
« Tu es sûre ? » demanda-t-il en se mettant debout.
« Laisse-moi te le dire autrement, dit-elle, en plaçant son sac sur son épaule. Je compte te bombarder de questions sur toi et Matt – parce que maintenant que tu sais, ce n'est plus bizarre de te poser ces questions- »
Remus se mit à rire.
« -et je peux te récompenser pour ta participation, ou alors tu peux payer pour ton propre déjeuner et m'aider quand même. »
Elle lui adressa un sourire victorieux.
« Tu sais que je t'aiderais de toute façon. » dit-il.
« Je sais. C'est pourquoi j'insiste pour payer … Et, ajouta-t-elle. Si tu insistes pour payer ton repas, j'insisterais pour payer le mien. En mornilles. »
Remus ne put s'empêcher de grimacer.
« Je suis vraiment désolée pour ça, d'ailleurs. Je ne savais pas à ce moment-là, mais j'y ai pensé l'autre jour et je m'en suis tellement voulu. Oh ! Voilà une autre raison pour laquelle je devrais payer pour me faire pardonner. »
Son humeur joyeuse était contagieuse et si différente de l'ambiance sinistre du camp. Remus se surprit à sourire largement et lui tendit le pot de poudre de Cheminette.
« Il y a quelqu'un dans la maison. » murmura Patmol.
Harry se figea et plusieurs baies de morelle noire qu'il tenait glissèrent de ses mains. Elles tombèrent sur le sol et roulèrent par terre, mais Harry s'en fichait. Il essuya ses mains sur sa robe et leva sa baguette.
« Qui ? » souffla-t-il.
Patmol leva les yeux au ciel.
« Si je le savais, je l'aurais dit. » murmura-t-il, et un coin de sa bouche se releva.
Il ne sourit pas cependant il avait l'air nerveux et inquiet et avait lâché la petite truelle qu'il tenait pour attraper sa baguette. Harry la fixa et resserra sa prise sur la sienne. Il déglutit et regarda Patmol. Ils se levèrent tous les deux aussi discrètement que possible Harry fit attention de ne pas toucher à son chaudron ou au pot de terre de Patmol.
« Ils sont en haut ? »
Patmol secoua la tête.
« J'ai entendu la cheminée. » murmura-t-il.
« Ça pourrait être Lunard ? » demanda Harry avec espoir.
Il lui manquait.
« Ça pourrait, dit Patmol en hochant la tête. Mais il est censé être au camp … Pas qu'il ne puisse pas partir, bien sûr, mais j'aurais pensé qu'il aurait d'abord écrit ... »
« Patmol ? Harry ? »
C'était Lunard, ou du moins c'était sa voix. Harry se détendit et baissa sa baguette. Patmol sourit brièvement, mais garda sa baguette levée.
« On est ici ! » s'écria Patmol.
Et alors, Harry put aussi entendre des bruits de pas. Lunard entra avec un grand sourire, mais Harry remarqua qu'il avait aussi un œil au beurre noir et un coupure sur le visage.
« Qu'est-ce que c'est passé ? » demanda Harry en s'avançant vers lui.
Patmol, cependant, lui attrapa l'épaule. Le sourire de Lunard s'éteignit.
« Comment étais-tu déguisé à Halloween ? » demanda-t-il.
« En pirate. » répondit rapidement Lunard en souriant de nouveau.
Harry repoussa la main de Patmol et courut jusqu'à Lunard pour l'enlacer. Lunard lui rendit l'étreinte.
« Et c'était Greyback, dit-il, pour répondre à la question de Harry. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point vous m'avez manqué tous les deux. Même si l'accueil style Fol-Oeil est tout ce que j'ai reçu- »
« Je vérifiais juste. » dit Patmol en écartant Harry pour pouvoir étreindre Lunard à son tour.
Harry commença à récupérer les baies de morelle noire qu'il avait laissé tomber.
« Vigilance constante ? » demanda Lunard en souriant largement.
« Quelque chose comme ça. » confirma Patmol en se laissant tomber sur son siège.
Lunard s'assit avec un peu plus d'élégance.
« C'est probablement pas une mauvaise idée, dit Lunard, pensif. Je viens de déjeuner avec Dora et vous ne pourrez pas croire ce qu'elle fait ... »
Il s'avéra que Dora – dont Harry avait beaucoup entendu parler avec Lunard – prétendait être Lunard pour empêcher Malefoy de se poser trop de questions sur l'absence de Lunard. Patmol pouvait croire ça et trouva ça très drôle – tout comme Harry – mais aussi un peu inquiétant.
« Il faut qu'on établisse des questions de sécurité, dit-il avec sérieux. On ne peut pas prendre le risque d'aller vers elle sur le Chemin de Traverse, en pensant que c'est toi. »
« D'abord, dit Lunard. Quand iriez-vous sur le Chemin de Traverse ? »
Patmol ouvrit la bouche.
« Et ensuite, si vous y allez, il est plus que probable que je sois avec vous. »
Même si Harry trouvait que Lunard avait raison, Patmol lui posa quand même plusieurs questions qu'il pourrait utiliser plus tard pour l'identifier.
« Sur quoi tu travailles, Harry ? » demanda Lunard, en refusant de répondre à la dernière question (« Où as-tu caché ta réserve de chocolat à la fin de la septième année ? »).
Harry – qui avait réussi à retrouver toutes les baies et essayait maintenant de les peser sur une vieille balance – leva les yeux.
« La potion pour identifier ma forme animale, dit-il, en déposant une poignée sur la balance. Enfin, ma deuxième potion – j'ai raté la première. »
« Lunard. » se plaignit Patmol.
« Dans un faux livre qui s'appelait Décoder le système solaire, soupira-t-il avant de se retourner vers Harry. T'es rendu à quelle étape ? »
« La deuxième. » dit Harry en s'écartant de la potion qui bouillonnait et crachait du liquide violet.
« Décoder le- C'est celui sur lequel Peter avait renversé du whisky Pur-Feu, non ? » demanda Patmol.
« C'est pour ça que tu ne pouvais pas sentir le chocolat, comme tu l'avais fait avec ma réserve d'avant Noël. » lui dit Lunard en souriant largement.
« Bordel ! » s'exclama Patmol.
Harry et Lunard le regardèrent tous les deux.
« Cornedrue et moi avions parié, expliqua Patmol. Je pensais que tu l'avais caché en dehors du dortoir. Lui, il était sûr qu'il était à l'intérieur, mais trop bien caché pour être trouvé … On dirait que je lui dois un gallion. »
Harry et Lunard échangèrent un regard, pas sûrs de savoir que dire.
« Rappelle-moi de te payer plus tard, gamin. » dit Patmol.
« Moi ? » demanda Harry, en laissant tomber une autre poignée de baies.
La potion prit une couleur violet foncé.
« Je ne peux pas vraiment payer James, n'est-ce pas ? dit Patmol. Mais si je l'avais fait, l'argent serait allé dans son coffre et ça t'appartient alors logiquement- »
« Ne refuse pas, lui conseilla Lunard, tandis que Harry ouvrit la bouche. Prends juste l'argent. »
Patmol rit un peu et donna un coup de baguette aux plants dans son pot. Il jeta un œil au Manuel avancé de la culture des plantes, secoua la tête et agita à nouveau sa baguette, avant de reporter son attention sur ce que Harry faisait.
« Tu te souviens, gamin, juste deux poignées- »
« Je sais. » dit Harry, d'un air penaud.
Il en avait ajouté trois la fois précédente et la potion était devenue noire et très toxique. Ils avaient plongé le médaillon dedans, juste pour voir si ça aurait de l'effet, mais ça n'avait rien fait ils n'avaient toujours pas répondu à l'offre de Keira. Le médaillon était sorti de la potion encore plus brillant, ce qui avait fait Patmol se demander si ce n'était pas des gobelins qui l'avait fabriqué (ça n'avait pas eu beaucoup de sens pour Harry, qui avait juste hoché la tête).
« Je ne me souviens pas de vous voir utiliser des baies de morelle. » dit Lunard à Patmol, qui utilisait sa baguette comme un arrosoir.
« Si, tu t'en souviens. » dit Patmol.
Harry regarda les plantes pousser de quelques centimètres et produire des bourgeons et des feuilles.
« Le supplément a été rangé dans mon kit de potion. La leçon suivante, on faisait ces stupides potions de soin et- »
« Oh, dit Lunard sur un ton très différent. Les baies de sureau. »
« Les quoi ? » demanda Harry.
« Les baies de sureau, dit tristement Patmol. Pour des deuxièmes années qui n'avaient pas beaucoup dormi la nuit précédente, ça ressemble beaucoup à des baies de morelle. »
Harry grimaça.
« J'ai mis ce que je croyais être des baies de sureau. Cornedrue ne se sentait pas très bien après notre longue nuit, alors il a prit quelques gorgées de potion quand Slughorn ne regardait pas. »
« Il s'est empoisonné lui-même, dit Lunard, presque affectueusement. Il a passé la nuit à Ste Mangouste et trois jours à l'infirmerie sous surveillance permanente. Il en est presque mort – on était tous terrifiés cette fois-là- »
« Je ne suis pas allé en cours pendant trois jours pour rester avec lui, dit Patmol. Je crois que je suis parti une seule fois pour ajouter quelque chose dans la potion, parce qu'on ne pouvait pas faire confiance à Peter pour ça, mais à part ça- »
« Les gens avaient cru que tu avais aussi été empoisonné. »
Remus se mit à rire et se tourna vers Harry.
« Une fois qu'on a été sûr que James allait bien, c'est devenu très drôle pour les élèves, c'était Lily qui en avait eu assez James et qui l'avait empoisonné, et les professeurs étaient tous aussi confus. La pauvre Madame Pomfresh était incapable de comprendre comment James avait réussi à manger des baies de morelle, puisqu'elles ne sont pas utilisées à Poudlard avant la quatrième année, quand on couvre les poisons et les antidotes ... »
« Et on n'avait aucune envie de lui expliquer, dit Patmol en grimaçant. Elle a écrit une lettre très énervée à l'apothicaire du Chemin de Traverse que tous les trois – parce que James n'était vraiment pas en état de faire quoi que ce soit – on a galéré à intercepter. »
Harry se mit à rire, très capable d'imaginer ça – enfin, Lunard et Patmol du moins – et il mélangea à nouveau sa potion.
« Arrête. » dit Patmol, en lui retirant la cuillère des mains.
La potion était toujours violette foncée, mais sa consistance ressemblait à de l'eau au lieu du sirop. Patmol jeta un œil à sa montre.
« C'est pas bon ? » demanda Harry, en se rapprochant immédiatement.
Remus fit de même.
« Non, c'est bon, dit Patmol. La mélanger encore la gâcherait, par contre. Les baies de morelle la rendent instable. »
« Oh. » dit Harry en scrutant la potion immobile.
Patmol lança un sort rapide pour nettoyer la cuillère et la mit de côté. Harry jeta un œil à Embrasser sa créature intérieure à la recherche des instructions suivantes il n'avait jamais été aussi loin.
« Ça dit de la laisser reposer pendant quarante minutes, puis d'ajouter du sang d'épouvantard … C'est bien ça ? »
« C'est ce que dit le livre ? » demanda Patmol.
« Oui. » dit Harry en regardant à nouveau pour être sûr.
« Alors oui, c'est bien ça, lui dit Patmol avec un rictus. Juste un rappel pour la prochaine fois c'est toujours une bonne idée de vérifier ta montre au moment où tu termines une étape. »
« Pourquoi ? » demanda Harry.
« Parce que, dit Lunard. Ce n'est pas rare qu'il faille laisser la potion reposer pendant un temps bien précis. Et tu obtiens de meilleurs résultats en te rapprochant vraiment de ce temps plutôt qu'en le dépassant d'une minute. La potion Tue-loup, par exemple, doit reposer pendant soixante-dix minutes exactement et si tu dépasses de dix secondes, tout devient inutile. C'est pour ça que j'ai du toujours du mal à la faire. »
« Celle-ci est un peu moins exigeante. » dit Patmol à Harry.
Il avait vu l'expression paniquée de Harry.
« Tu as une fenêtre de dix minutes plutôt que dix secondes. »
Harry se détendit légèrement.
« Mais bon, plus tu t'en rapproches, meilleure sera ta potion. »
La tête de Harry commençait à lui faire mal et il ressentit une pointe d'appréhension à l'idée de passer sept ans à étudier les potions sous le regard furieux de Rogue quand il irait à Poudlard. Il se demanda si Lunard avait deviné ce qu'il pensait, car il reprit la parole.
« C'est très facile de s'améliorer en potions. »
Harry le fixa.
« C'est vrai. C'est juste une question de précision. Il faut un peu de compétences – particulièrement pour comprendre les interactions entre ingrédients – et une certaine technique, mais c'est surtout une question de précision, et être capable de suivre des instructions. »
« Ça n'a pas l'air si compliqué, admit Harry, avant d'agiter sa baguette. Tempus Admonius. »
Il utilisa la montre de Patmol pour préciser l'heure, avant d'acquiescer, satisfait de son œuvre il avait placé l'alarme sur son poignet, où elle serait impossible à ignorer.
« Est-ce que ça vous dirait de manger pendant qu'on attend ? » demanda Patmol en jetant un dernier regard à ses plantes.
Harry acquiesça avec enthousiasme et sauta sur ses pieds. Patmol se mit à rire.
« Lunard ? »
« J'ai déjà mangé. » répondit Lunard en levant une main.
« Plus de nourriture pour nous, dit Patmol en souriant largement. Viens avec nous quand même. »
« Pourquoi ? » demanda Lunard, qui s'était déjà levé.
« Pourquoi ? Pour le plaisir de ma compagnie, bien sûr. » dit Patmol.
Harry jeta de nouveau un œil à sa potion avant de les suivre.
« -olives. Tu aimes les olives. » dit Millicent.
Drago était – encore une fois – près d'elle pour le dîner. Par chance cependant, elle était si déterminée à sortir Pansy de son attitude morose qu'elle ne lui avait pas adressé un mot de la soirée. Drago était parfaitement heureux avec cela, mais il pouvait voir que Pansy avait du mal à supporter l'attention de Millicent.
« Laisse-la tranquille. » dit-il en faisant ce qu'on l'encourageait à faire ces derniers temps exprimer son avis.
Millicent leva un sourcil, mais ne dit rien. Daphné, en revanche, qui se trouvait de l'autre côté de Drago, se tourna immédiatement et prit la parole.
« Pourquoi ça t'intéresse ? »
« J'ai juste- »
Drago ne pouvait l'expliquer, cependant. Il ne savait pas pourquoi il avait demandé ça.
« J'ai juste'. » se moqua Daphné, avant de rire.
Drago bougea un peu, mal à l'aise.
« Tu es bizarre ce soir, Drago. Tu te sens bien ? »
« Pas vraiment. » dit Drago.
Il ne se sentait ni malade, ni fatigué, cependant. Juste confus à propos de son comportement des temps derniers. Et confus parce que c'était de cette façon là qu'on lui avait dit de se comporter, alors ce n'était pas une mauvaise chose. Il se sentait confus malgré ça et il ne savait pas quoi faire.
« Qu'est-ce qui t'arrive ? » demanda Daphné en penchant la tête vers lui.
« Je ne veux pas en parler. » dit-il, car il ne savait pas quoi en dire.
Autrement, il aurait dit quelque chose mais dire ça, il était raisonnablement sûr que ça ne ferait qu'empirer les choses. Et alors, il se trouverait encore plus confus. Il grogna et enfouit son visage dans ses mains.
« Drago ? »
C'était Pansy. Et pour parler, c'est qu'elle devait être inquiète sa mère n'allait pas suffisamment bien pour être là ce soir, et Pansy s'était donc montrée très calme et avait essayé de toutes ses forces de les ignorer tous.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? »
« J'ai mal à la tête. » marmonna-t-il.
« Mme Malefoy ! »
Une chaise crissa et Drago sentit ensuite une main froide dans ses cheveux.
« Drago ? »
C'était Mère.
« Tu vas bien ? »
Il secoua la tête.
« Tu es capable de marcher ? »
Il acquiesça et laissa Mère le guider. Elle le fit sortir de la salle à manger pour l'amener jusqu'au canapé du salon.
« Je ne sais pas ce qui m'arrive. » dit-il, avant qu'elle puisse demander quel était le problème.
Elle écarta ses mains de son front et plaça la sienne dessus.
« Tu n'es pas chaud. »
« Je ne crois pas que je sois malade. » dit-il en la regardant pour la première fois.
Elle arqua un sourcil et agita sa baguette. Elle fronça les sourcils et recommença. Cette fois, il sentit comme des mains sur sa peau et reconnut un sortilège de Diagnostic. Il n'avait jamais vu Mère en lancer un avant ça, cependant. Habituellement, c'était Dobby qui s'en chargeait Mère n'était pas très douée pour les sorts de soin.
« Je ne pense pas non plus que tu sois malade. » dit-elle en glissant sa baguette dans la manche de sa robe en soie.
« A moins que vous ayez mal lancé le sort. » murmura-il en disant à nouveau ce qu'il pensait.
Remettre Mère en question était une chose audacieuse à faire et il n'était pas vraiment sûr de savoir pourquoi il l'avait fait. Il espérait être malade parce qu'alors, il aurait eu une excuse pour rentrer à la maison et aller se coucher.
« A moins que j'ai mal lancé le sort. » confirma-t-elle.
Drago la fixa Mère n'admettait jamais aucune faiblesse. Il regarda encore plus intensément lorsqu'elle reprit la parole.
« Et c'est fort possible. »
Elle se mit ensuite à sourire, consciente du fait qu'il était stupéfait.
« Tu ne crois pas, Drago ? »
« Si. » dit-il, car c'était ce qu'elle semblait vouloir entendre.
Au lieu de ça, elle releva les sourcils à nouveau.
« C'est vraiment ce que tu penses ? demanda-t-elle. Ou tu dis ça parce que tu crois que c'est ce que je veux entendre ? »
« Je ne sais pas. » dit-il.
« Tu penses que je suis douée pour les sortilèges de soin ? » demanda-t-elle.
Drago ne savait pas quoi dire ce serait malpoli de lui répondre 'non' et elle avait toujours encouragé les bonnes manières, mais elle l'avait aussi encouragé à dire la vérité, même si les autres ne voulaient pas l'entendre.
« Je ne sais pas. » dit-il après de longues secondes de réflexions.
« Je t'ai demandé de me dire la vérité. » dit-elle sévèrement.
« Non. » dit-il.
« Non, quoi ? »
« Non, je ne crois pas que tu sois douée pour les sortilèges de soin. » marmonna-t-il.
Elle sourit et Drago ne savait pas ce qu'il devait en penser.
Il avait envie de pleurer – sauf que les Malefoy ne pleuraient pas – mais peut-être le pouvait-il car Père lui avait dit l'autre jour de ne pas cacher ses émotions. Mais si les autres enfants le voyaient, il en entendrait parler pendant des années. Et on avait toujours dit à Drago de ne pas se soucier de ce que les autres pensaient de lui – s'ils pensaient à lui (que ce soit en bien ou en mal), c'était une bonne chose, car cela voudrait dire qu'il avait marqué les esprits – mais dernièrement, Mère lui avait dit que les autres personnes avaient aussi des sentiments et des pensées, qu'il devait les écouter et s'assurer que les autres n'aient que des bonnes choses à dire de lui.
Il avait envie de crier – les Malefoy étaient parfois autorisés à faire ça – mais ce n'était pas correct. Il était supposé bien se comporter et ne pas transmettre ou utiliser les quelques gros mots que les Sang-Purs plus âgés lui avaient appris. Cela pouvait bouleverser certaines personnes et il était supposé veiller sur les sentiments des autres désormais. Mais il était aussi censé faire ce qu'il voulait, sans s'inquiéter des conséquences sur les émotions des autres, mais comment s'assurer alors que les gens penseraient du bien de lui ?
« Drago ? » demanda Mère.
« J'ai mal à la tête. » dit-il encore, avant de s'évanouir.
« T'as pris ton temps. » dit Bluefoot en croisant les bras.
Silverear et Greentooth étaient avec lui, se tenant de la même manière.
« J'avais beaucoup à faire. » répondit Remus en croisant également ses bras.
Bluefoot s'approcha, la main levée comme s'il comptait attraper Remus par la gorge. Remus resta immobile, mais le fusilla du regard. Bluefoot n'était plus qu'à un mètre quand il changea d'avis et recula.
« C'est ce que je pensais. » dit Remus.
Greentooth découvrit ses dents et s'approcha pour le sentir.
« Tu sens le propre. » dit-elle sur un ton accusateur.
« J'ai pris une douche. » lui dit-il en lui montrant ses cheveux toujours humides.
Il avait utilisé beaucoup de savon pour supprimer les odeurs de Harry, Sirius et Dora l'odeur de Dora en particulier serait incroyablement dangereuse à porter sur lui. Remus marchait déjà sur des œufs avec Greyback, mais ça deviendrait encore pire s'il découvrait que Remus était ami avec la femme qui l'avait blessé en voulant sauver Matt en octobre dernier.
« Tu essayes de cacher quelque chose ? » demanda Silverear.
« Tu ne sauras jamais. » dit Remus.
Les trois montrèrent leur agacement.
« Maintenant, si ça ne vous ennuie pas, j'aimerais informer Greyback de mon retour. »
« Je m'en occuperais. » répliqua Greentooth.
« J'en suis capable, je t'assure. » dit Remus.
Il ne s'était pas attendu à la décourager, alors cela ne le surprit pas de les voir l'entourer et l'escorter jusque dans le bâtiment. Remus garda la tête droite, en essayant de se montrer le plus nonchalant possible. Personne ne regardait, de toute façon le dîner avait été servi et la plupart des autres se concentraient sur ça. Ceux qui ne mangeaient pas étaient en train d'écouter à Greyback, qui – comme d'habitude – se prélassait sur son trône.
« … Chemin de Traverse, à Londres. » était-il en train de dire.
Remus grogna, ce qui lui attira un autre grondement de la part de Bluefoot cette histoire était racontée presque tous les soirs au camp. Greyback avait mordu une fille quelques temps plus tôt et n'avait pas été capable de la retrouver depuis. Remus était impressionné ce n'était pas simple de se cacher de Greyback. Malheureusement pour la fille mystérieuse, elle se cachait si bien qu'elle était devenue une obsession pour Greyback, qui voulait absolument la trouver.
« … Je n'avais pas prévu de récompenser qui que ce soit cette nuit-là, mais elle est passée par là, l'air si petite et effrayée. »
Remus renifla la plupart des gens avaient l'air nerveux la nuit sur le Chemin de Traverse, en particulier s'ils étaient jeunes et seuls. Et Greyback avait probablement prévu de mordre quelqu'un s'il s'était placé près du Chemin de Traverse un soir de pleine lune.
« Je savais que je ne voulais plus la voir comme ça et je savais que je pouvais l'aider. » dit Greyback.
Greentooth soupira joyeusement près de Remus. Remus renifla encore et elle se tourna vers lui, l'air furieux. Remus détourna rapidement les yeux et repéra Matt, assis avec des femmes âgées à l'autre bout de la pièce.
Matt leva les pouces, Remus haussa les épaules et hocha la tête. Matt acquiesça une fois, en montrant le siège près de lui. Remus secoua la tête et Matt haussa une épaule. Remus pencha la tête vers Greyback, faisant acquiescer Matt. Il adressa à la femme près de lui – elle s'appelait Candice – un regard penaud elle avait été distraite par leur conversation silencieuse. Remus tourna de nouveau les yeux vers Greyback, qui s'était levé et faisait les cent pas.
« … combattu. Il était déjà clair que mon dos la rendait puissante une petite morsure et elle était déjà devenue courageuse, elle se battait. »
Greyback se tourna vers son audience. Remus ne savait pas ce qui était le plus écœurant l'histoire, le plaisir visible de Greyback ou le fait que la plupart des gens présents dans la pièce écoutait le moindre de ses mots.
« Elle a réussi à m'écarter – elle était rapide avec sa baguette – et au moment où je me suis tourné, elle avait disparu. »
« Où est-elle maintenant ? » demanda un garçon – qui, d'après Remus, s'appelait Rednose ou quelque chose comme ça.
Disparue, pensa Remus. Comme de la fumée dans le vent.
« Disparue, dit Greyback. Comme de la fumée dans le vent. »
La femme qui était près de Matt soupira. Lui avait clairement l'air frustré quand Remus regarda dans sa direction.
« Mais je continue de chercher votre sœur perdue. Ma fille perdue. Je la trouverais et la ramènerais à la maison, mes enfants. »
« Merci, Père. » murmura Greentooth, à côté de Remus.
Elle n'était pas la seule à l'avoir dit l'obsession de Greyback semblait être contagieuse. Remus espérait pour le bien-être de la mystérieuse fille qu'elle était soit très loin, soit très bien cachée si elle était trouvée et ramenée au camp, elle serait surveillée si attentivement par ses frères et sœurs adorés qu'elle ne pourrait plus jamais partir.
« Greentooth. » dit Greyback en repérant Greentooth, Bluefoot, Silverear et Remus.
Tout le monde sembla prendre cela comme le signal qu'ils pouvaient reprendre leur repas. Remus approcha avant qu'aucun des trois autres ait eu la possibilité de le traîner jusqu'à Greyback.
« Greyback. » dit Remus, tandis que les trois autres penchaient la tête en arrière.
Greyback leur tint la gorge – plus bien doucement qu'il l'avait fait avec Remus ou Matt – avant de les relâcher. Ils s'évanouirent dans la foule, puis disparurent derrière la porte.
« Fils, dit Greyback, impérieusement. Bienvenue à la maison. »
« Retour. » dit Remus en croisant les bras.
« Quoi ? »
« Bon retour, lui dit Remus. Pas bienvenue à la maison. »
« Je pensais t'avoir dit que je ne supporterais aucune menace- »
« C'est une indication pour faire remarquer que je ne veux pas être ici, lança Remus en reniflant. Je ne pense pas pouvoir être moins menaçant- »
Le poing de Greyback alla se fracasser contre sa joue. Ce n'était pas complètement inattendu, mais ça faisait tout de même mal et Greyback avait frappé si fort que Remus recula de quelques pas. Remus grimaça et se frotta le visage, mais Greyback semblait avoir voulu une réaction plus dramatique. Remus réalisa soudainement que Greyback le testait comme lui testait Greyback.
Ça peut devenir très dangereux, pensa-t-il, en prenant le coup comme un renvoi. Il traversa la pièce et s'assit près de Matt – Candice et les autres s'en allèrent en le voyant arriver – qui lui tendit son verre d'eau sans dire mot.
« Merci. » dit-il en appuyant le verre froid contre son visage.
« Pas de problème, dit Matt, les yeux posés sur deux des plus jeunes enfants – ils avaient seulement quatre ans et étaient plus agités. Alors où tu étais ? »
Remus jeta un œil par-dessus son épaule et se pencha en avant.
« Dora nous couvre auprès de Malefoy, mais Malefoy commençait à être suspicieux. Elle pensait que ça aurait été bien qu'il me voit aujourd'hui – juste pour montrer que je ne m'étais pas enfui, ce qui donne aussi à ton histoire davantage de crédibilité … Elle te passe le bonjour, d'ailleurs. »
« Théodora ? demanda-t-il, en regardant Remus hocher la tête. C'est sympa de sa part. »
« Elle- »
Une grande main poilue se posa sur l'épaule de Remus et un souffle putride lui arriva au visage. L'épaule de Matt était également maintenue.
« Juste un avertissement, fils, dit Greyback. Vous avez un air affreusement suspects. »
Remus avait plusieurs répliques sarcastiques qu'il mourrait d'envie de lancer, mais il se mordit la langue et essayait de paraître aussi digne que possible avec un verre d'eau froide pressé contre son visage douloureux.
Matt, malheureusement, avait d'autres plans.
« Suspect, Père ? demanda-t-il. Je pense que vous devriez faire tester vos yeux. »
« De quoi parliez-vous ? » gronda Greyback.
« Un ami. » répliqua Matt.
« Un autre chiot ? demanda Greyback en fusillant Remus du regard. Pas mon- »
« Elle est humaine, dit Remus sur un ton fatigué, en tournant le verre le côté commençait à se réchauffer. Ça t'ennuierait de t'en aller ? »
« Déjà fatigué de me voir ? » demanda Greyback, en serrant douloureusement l'épaule de Remus.
Remus supposa – vu la grimace de Matt – qu'il faisait la même chose à Matt.
« Oui. » dit Matt.
Greyback grogna et Matt grimaça à nouveau.
« Ça et c'est affreusement difficile d'avoir l'air suspect si tu restes près de nous. » ajouta Remus, en ironisant à la manière de Sirius.
Par chance, Greyback sembla comprendre qu'il était moqué – et qu'il n'avait aucune chance de gagner un concours d'éloquence avec n'importe lequel d'entre eux – et s'en alla, après leur avoir serré une dernière fois l'épaule en guise d'avertissement. Remus savait qu'ils paieraient pour ça plus tard, mais il n'y accordait pas beaucoup d'importance.
« Encore deux mois. » murmura Matt, en frottant l'endroit où Greyback avait touché son pull.
Remus grogna et s'appuya contre le dossier de son siège, le verre toujours pressé contre sa joue.
