Une bonne année 2022 à tout le monde ! Et une très bonne lecture ! (Et non, je n'ai toujours pas abandonné cette traduction ! Lentement, mais sûrement !)
Lupin,
J'exige votre bilan sur la fiabilité des membres de mon équipe de recherches du Surrey et quelques heures de votre temps pour vous expliquer mes propres découvertes sur les membres de votre équipe. Je serais au Chaudron Baveur à 14 heures demain. S'il vous est possible d'arriver à l'heure.
Lucius Malefoy.
Tonks griffonna un rapide 'merci' à Remus – qui avait probablement du revenir à la maison pour trouver Strix et lui envoyer le message – tout en maudissant le hibou impoli de Malefoy et ses excellentes compétences de pistage. Strix adressa un regard froid à Canis – qui était lové sur l'oreiller de Tonks – avant de tendre sa patte pour qu'elle puisse attacher la lettre. Il hulula une fois et s'élança par la fenêtre pour rejoindre le ciel.
Elle ferma la fenêtre et le regarda disparaître dans les nuages – du moins jusqu'à ce qu'elle se souvienne qu'elle devait se préparer pour la formation. Elle échangea rapidement le pull et le jean de Matt – Lucius inspectait Matt aujourd'hui – avec son vieux jean et son tee-shirt des Bizarr'Sisters. Elle était en train de mettre ses chaussettes quand un coup à la fenêtre la fit sursauter.
Elle tomba de son lit et cogna son coude contre la table de nuit au passage. En marmonnant des injures dédiés à Canis, qui avait commencé à cracher, elle se leva pour ouvrir à Helga.
« Salut, ma fille. » dit-elle.
Helga – la chouette effraie de Keith – fit irruption dans la chambre pour aller se poser sur le dossier de la chaise de bureau de Tonks. Tonks avait arrêté d'y laisser ses vêtements après que Helga lui ait déchiré son pull des Harpies avec ses griffes acérées.
Tonks utilisa sa réflexion dans la fenêtre pour se choisir un visage pour ce soir des cheveux bleus, des yeux rouges et des tâches de rousseur. La transformation ne lui prit qu'une poignée de secondes – elle étudiait Caméléon humain dès qu'elle avait le moindre temps libre depuis Noël (bien qu'il n'y en ait pas eu beaucoup, avec la formation, Keith, ses trois vies pour les recherches et le fait de dire au-revoir à Tom et Charlie qui étaient partis pour la Roumanie l'avant-veille …) – mais apparemment, cela était trop long pour Helga. Elle n'aimait pas être ignoré. Elle se redressa, battant des ailes et hululant follement.
Même si Tonks n'était pas fan de Helga, elle ne souhaitait pas la voir manger Canis s'était levé, étiré et s'était approché pour s'asseoir au bord du lit de Tonks. Et même s'il était petit, Tonks n'avait aucun doute sur le fait que Canis serait le gagnant.
Elle soupira, prit la lettre et Helga hulula joyeusement, avant de s'installer un peu mieux. Canis était assis, sa queue battante, tandis que ses yeux passaient de Tonks à Helga.
Tu me manques beaucoup. Dur d'attendre jusqu'à demain. Je t'aime.
Keith.
Tonks fixa l'écriture brouillonne de Keith, sans savoir si elle se sentait choquée, horrifiée ou heureuse. Elle se laissa tomber sur son lit. Canis cracha et sortit en vitesse de la chambre.
« Foutu Malefoy. » marmonna-t-elle.
Grâce à lui, elle n'allait pas pouvoir aller au match de Quidditch de Keith. Ils avaient prévu d'aller dîner après, de se rattraper de ne s'être pas vu depuis Noël … Mais ça n'était plus possible.
Elle grogna et attrapa un bout de parchemin et une plume et rédigea une longue lettre d'excuses elle remplit près de dix centimètres – en écrivant raisonnablement petit – mais ne parvint pas à en dire plus elle ne pouvait évidemment pas donner la véritable raison, alors la majorité de la lettre consistait en une série d'excuses et de souhaits de réussite pour son match du lendemain. Elle la lui envoya avec Helga et soupira encore, regardant la lettre de Keith pour une autre raison Keith lui avait dit qu'il l'aimait.
Cela la rendit heureuse – qui n'aimait pas entendre qu'il était aimé ? - mais cela l'inquiétait également ils étaient ensemble depuis six mois, oui, mais elle ne pensait pas être capable de le lui dire en retour. S'attendait-il à ce qu'elle le fasse ? Allait-il être déçu qu'elle ne le dise pas ?
Oh, par Merlin, pensa-t-elle, plaçant son bras sur son visage. Pourquoi tout doit être si difficile ? Elle fit de son mieux pour envoyer ses pensées au fin fond de son esprit elle était trop fatiguée pour y penser maintenant – trop fatiguée pour penser tout court, en fait – et elle se força à se lever. C'était si tentant de juste se recouvrir de couvertures et de s'endormir. Le sommeil lui manquait.
Mais si je dors maintenant, Fol-Oeil va débarquer pour m'emmener avec lui. Elle attrapa son sac à dos, qui contenait quelques vêtements de Remus pour demain, ainsi qu'une tenue pour Tock. C'est plus simple si j'y vais maintenant.
Avec un peu de chance, elle dormirait ce soir … Si Fol-Oeil la laissait faire elle resterait chez lui – prête pour une session de formation matinale – mais les dernières fois où elle était restée chez elle, il s'était faufilé dans sa chambre à une heure maudite et l'avait réveillé en lui criant 'Vigilance constante !'.
Maman avait parlé aux gobelins au travail et leur avait demandé de lui apprendre un sortilège Anti-transplanage, que Tonks avait depuis lors été incapable de retirer c'était une façon pas si subtile pour Maman de lui dire d'utiliser la porte plutôt que de transplaner directement dans la maison.
Maman l'appela depuis la cuisine alors qu'elle faisait route vers la porte d'entrée elle était assise à table, fixant un paquet parfaitement emballé, et tenait en main un petit morceau de parchemin chiffonné.
Andy, disait-il. Tonks l'avait lu – et se l'était fait lire – plusieurs fois.
Joyeux Noël.
Cissy.
Le paquet était arrivé le matin après Noël – Papa était en Irlande pour le travail et Maman était trop inquiète pour l'ouvrir sans qu'il soit là, bien que Tonks ait proposé de rester avec elle ou même de l'ouvrir pour elle. La pauvre Maman était convaincue qu'il y avait un message dissimulé dans la courte lettre et avait passé des heures à le lire et à relire cette fichue lettre. Papa devait rentré à la maison demain, par chance, et Tonks espérait qu'il pourrait ramener Maman à la raison Merlin savait qu'elle-même n'avait pas du tout réussi.
« Tu dors ici ce soir ? » demanda Maman.
Tonks secoua la tête.
« Chez Fol-Œil. »
Maman l'observa un moment, avant de se lever et de l'étreindre. Tonks lui rendit le câlin, un peu choquée.
« Tu vas bien ? »
« Tu as l'air fatigué, ma chérie. » dit Maman, les yeux posés sur son visage.
Tonks modifia son visage et Maman fronça les sourcils.
« S'ils te font trop travailler au Ministère, je n'ai aucun problème avec le fait d'aller leur parler- »
« Non, dit Tonks en posant la tête sur l'épaule de Maman. Ce n'est pas le Ministère, c'est d'autres … choses. »
« Quel genre ? » demanda malicieusement Maman, avant de la relâcher.
Comme prétendre être Remus, Matt et Tock. Elle accepterait le fardeau en un clignement de paupière, mais elle ne pouvait s'empêcher d'avoir hâte que Malefoy vire 'Remus' – et souhaiter cela la faisait se sentir incroyablement coupable – pour pouvoir retrouver un peu de temps pour elle l'enquête sur 'Remus' allait plus lentement qu'elle l'avait imaginé ou peut-être faisait-'il' du si bon travail que Malefoy avait décider de ne pas 'le' renvoyer. Elle ne pouvait bien sûr rien dire de tout ça à Maman Fol-Oeil, Remus et elle-même étaient les seuls à savoir à propos des recherches, et elle et Remus étaient les seuls à savoir qu'elle prétendait être lui et Matt.
« Juste … des trucs. » dit-elle lamentablement.
« Et bien, dit Maman. Si ces 'trucs' ne se calment pas, je te ferais avaler une potion d'Éternuement et tu resteras à la maison. »
« Tu me rendrais malade ? » demanda Tonks.
« S'il le faut. » assura Maman en croisant les bras.
Tonks se fit une note mentale de commencer à vérifier sa nourriture à la recherche de sorts ou de potions, comme Fol-Oeil pouvait le faire.
« Maintenant, va travailler, dors bien et on se voit demain soir après le match de Keith. »
L'estomac de Tonks se serra, se sentant de nouveau coupable par rapport à Keith, mais elle ne prit pas la peine de corriger Maman Maman pouvait bien croire qu'elle allait toujours le voir – c'était certainement plus simple de dire ça plutôt que d'annoncer qu'elle travaillait encore.
« Comment peux-tu être si autoritaire, mais ne pas être capable d'ouvrir un cadeau de ta sœur ? » se demanda Tonks, à haute voix.
Les yeux gris de Maman se plissèrent et Tonks put y reconnaître un signe de danger.
« Bon, je suis partie. On se voit demain, je t'aime ! »
Et elle se faufila en-dehors de la pièce et quitta la maison.
« Je ne peux pas- » s'écria Florence, luttant contre Tonks. Tonks, lâche-moi. »
« Bien essayé. » dit joyeusement Tonks.
« Je suis sérieuse ! » cria Florence.
Les autres élèves – qui étaient proches et étaient occupés avec leurs propres adversaires – levèrent la tête.
« Lâche-moi. »
Un peu surprise et un peu découragée par le regard des autres, Tonks relâcha Florence. Florence s'assit sur le sol en tremblant et Tonks fut alarmée de voir à quel point elle était pâle. Tonks l'aida à se rendre dans un coin de la pièce, là où elles ne gêneraient personne, et s'accroupit près d'elle. Le visage de Florence était crispé et elle serrait ses bras autour d'elle.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda Tonks, inquiète.
Elle leva les yeux à la recherche de Fol-Oeil, en espérant qu'il puisse l'aider, mais il suivait un autre Auror en dehors de la pièce, avec un air irrité.
« Tu te sens malade ? »
« Tu crois quoi ? » s'écria Florence.
« Ça a commencé quand ? » demanda Tonks, en refusant d'abandonner elle était aussi souvent désagréable quand elle était malade.
« Je me suis sentie mal toute la journée, dit Florence qui frissonnait. Ça empire, par contre ... »
Tonks plaça une main sur son front qui était humide et plutôt chaud.
« Tu veux aller voir un guérisseur ou quelque chose comme ça ? »
« Non, dit Florence. Je pense que je dois sûrement être fatiguée. »
« Ça peut être la même chose que Ben. » dit Tonks.
Ils ne l'avait pas vu depuis plusieurs jours, mais Shacklebolt avait dit à Finch qui avait dit à Florence et Melvin qui avaient dit à Tonks qu'il était très malade.
« J'espère vraiment que non, grogna Florence. Tu sais si Ben se sentait comme s'il avait été piétiné par un Hippogriffe ? »
« Non, je ne sais pas. » dit Tonks, en dissimulant un rire en entendant la réponse dramatique de Florence.
Florence sembla l'entendre, car ses yeux se plissèrent.
« Tu veux que je te ramène chez toi ? »
« Je suis malade, pas infirme, marmonna Florence. Mais merci pour la proposition. »
Tonks sourit et se recula, tandis que Florence se levait – ce qui sembla lui demander beaucoup d'efforts – et s'en alla vers l'Auror Finch. Après un échange rapide, Florence s'éloigna en se tenant la tête.
Tonks rejoignit Edwards et McKinnon – elle avait réussi à se débarrasser de la première avec quelques efforts – Edwards était très grande et plutôt bien bâtie – mais elle n'avait eu aucune chance avec McKinnon.
« Alors qui t'as appris à te battre ? » demanda Tonks à Marlène, tandis qu'elles récupéraient leurs sacs dans le coin de la pièce.
« J'avais un grand frère. » répondit McKinnon avec un sourire faible et distant sur les lèvres.
Tonks la fixa McKinnon ne parlait jamais de sa famille. La raison à cela, cependant, était maintenant relativement évidente il n'avait pas échappé à Tonks que McKinnon avait parlé au passé.
« Et quelques amis plutôt exubérants. J'ai aussi joué au Quidditch et fais quelques autres … travaux … quand j'avais ton âge. »
Tonks sut qu'elle ferait mieux de ne rien demander à propos de ça – elle savait qu'elle n'obtiendrait aucun détail – mais elle savait aussi que ça avait un lien avec la guerre et que Remus était impliqué dans ces histoires. Elle se demanda vaguement comment il allait, et s'il avait déjà reçu sa lettre de 'remerciement'.
Tonks et McKinnon quittèrent la salle de Combat défensif et offensif ensemble Fol-Oeil n'était toujours pas de retour, alors Tonks déduit qu'il l'attendait à l'étage. Les escaliers qui menaient jusqu'à la sortie et le placard à balais étaient bondés comme toujours, mais étrangement, la foule ne semblait pas bouger.
« Augustus ? Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda McKinnon, en claquant des doigts pour attirer l'attention d'un des Aurors.
« Il a sorti sa baguette ! » dit quelqu'un avec impatience Tonks pensa ça devait être Lori Patel.
« Maugrey va le détruire ! » dit Michael Brown, rayonnant.
« Excusez-moi ! Désolé, Trixia, excuse-moi. »
La foule remua un peu et se partagea en deux pour laisser Melvin passer.
« Tonks! dit-il, quand il la vit. Je crois qu'il faut que tu vois ça- »
« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda vivement Marlène.
« Son- Désolé, ton copain est là. » dit Melvin.
« Keith ? » l'interrogea bêtement Tonks.
Melvin était trop poli pour dire quoi que ce soit et se contenta d'acquiescer, mais McKinnon leva les yeux au ciel.
« Tu veux qu'il parle de qui ? C'est le seul, non ? »
« Au nom de Godric, il fait quoi ici ? »
Ensuite, inquiète que quelque chose se passe mal, Tonks commença à se faufiler à travers la foule. Melvin était en train de dire quelque chose à McKinnon à voix basse.
« Excusez-moi, désolé, excusez-moi- BOUGEZ ! »
Edwards s'écarta du passage, mais la plupart des autres restaient au milieu du chemin.
« Parva Digitum Omnia. » murmura-elle en agitant sa baguette.
La foule – elle-même, McKinnon et Melvin compris, malheureusement, en raison de son sortilège imprécis – vacilla et s'effondra d'un seul tenant, dans un cri retentissant. Tonks se refit rapidement pousser les doigts de pieds et s'élança rapidement par-dessus les Aurors et les apprentis.
« Désolé. » dit-elle, grimaçant en voyant que Scrimgeour avait aussi été touché par le sort.
Elle pouvait entendre de grands cris dans le hall l'une des voix était certainement celle de Fol-Oeil et si Melvin avait raison, l'autre appartenait à Keith. Elle ne croyait pas l'avoir déjà entendu hurler.
« -droit de m'empêcher de passer- »
« J'ai tous les droits, gamin ! Tu- »
Tonks poussa les portes à moitié ouvertes et trébucha au passage. Keith – et c'était bien lui – rangea sa baguette et courut pour l'aider à se relever. Fol-Oeil les regarda en fronçant les sourcils.
« Salut, dit-elle, hébétée. Qu'est-ce que tu fais là ? »
« Il entre par effraction. » grogna Fol-Oeil.
« Je suis venu te voir, dit Keith, en adressant à Fol-Oeil un regard énervé. Et j'ai été intercepté par Maugrey- »
« Auror Maugrey. » s'écria Fol-Oeil.
Tonks lui lança un regard dur.
« -et si je ne l'avais pas intercepté- »
« J'étais seulement- »
« Taisez-vous ! cria Tonks. Parlez l'un après l'autre- »
« Je vais commencer, dit instantanément Keith. Alors- »
« Pas ici ! » dit Tonks.
Elle attrapa la main de Keith, le bras de Maugrey et les mena en dehors du hall jusqu'au box de Fol-Oeil.
« Vous avez remarqué que vous vous donniez en spectacle tous les deux ? »
« Il se donnait en spectacle ! dit Keith en désignant Fol-Oeil, qui croisa les bras et ne répondit rien. Je suis venu te voir- »
« Pourquoi ? »
« Pour ça, dit Keith en sortant la note qu'elle lui avait envoyé dans l'après-midi. Tu ne m'as même pas donné de raison, tu as juste dit que tu ne pouvais pas faire quelque chose qui était prévu depuis des jours. »
Tonks soupira.
« Et ensuite ? »
Keith eut l'air troublé par le changement de sujet.
« Ensuite, j'ai essayé de descendre pour te voir, mais un Auror m'a dit que je ne pouvais pas, alors je lui ai demandé d'aller te chercher, mais elle est revenue avec lui et il ne voulait pas me laisser te parler. Il a refusé de prendre un message pour toi. »
« Bien sûr qu'il a refusé, dit-elle, incapable de comprendre en quoi c'était un problème. J'étais en cours. »
« Je suis ton copain ! »
« Je suis son professeur. » grogna Fol-Oeil.
Il fronça les sourcils soudainement, sortit son Sidekick, avant de renifler et de le ranger à nouveau dans sa poche.
« Il aurait pu me laisser te parler. » dit Keith en adressant un nouveau regard mauvais à Fol-Oeil.
« J'étais en plein milieu d'une leçon ! Si tu veux parler, d'accord, mais je ne t'appellerais pas en plein milieu d'un match de Quidditch juste parce que je veux te parler- »
« Je te répondrais. » dit-il, l'air blessé.
Fol-Oeil laissa échapper un drôle de bruit.
« Écoute, Fol-Oeil était probablement grognon- »
Fol-Oeil grogna et Tonks leva les yeux au ciel.
« -et peut-être un peu brusque, mais je ne crois pas qu'il avait tort de te demander d'attendre- »
« Il ne m'a jamais demandé d'attendre ! Il m'a demandé de partir ! »
Tonks adressa un regard exaspéré à Fol-Oeil, mais il ne semblait pas s'en soucier.
« J'ai dit que je t'informerais de son passage, dit Fol-Oeil. Et que je te laisserais le choix de prendre contact. »
« J'ai tous les droits d'être ici. » dit Keith avec colère.
« En fait- » commença Tonks en grimaçant.
« Je ne peux pas croire que tu te ranges de son côté ! »
« Keith, je veux juste- »
Keith secoua la tête.
« Je t'enverrais un hibou, ok ? » dit-il, l'air blessé, avant de partir.
« Ok. » dit-elle doucement.
Elle voulait lui courir après, mais elle savait que ça ne ferait sûrement qu'empirer les choses il voulait qu'elle s'excuse et même si elle était désolée qu'il soit blessé, elle ne pouvait rien changer. Ses cheveux – qui étaient oranges jusque-là – devinrent bleu pâle et elle se laissa tomber sur la chaise de bureau de Fol-Oeil, très fatiguée tout à coup. Fol-Oeil lui adressa un regard gêné, comme s'il s'attendait à ce qu'elle lui crie dessus. Elle aurait bien voulu, mais son côté rationnel lui disait que ça ne changerait rien et qu'elle se sentirait même encore plus après ça.
« Il faut être une personne spéciale pour fréquenter un apprenti. » dit Fol-Oeil après un long silence.
« Quoi ? » coassa-t-elle en le regardant.
« Être en couple est déjà difficile pour les gens normaux, dit-il maladroitement. Nous ne sommes pas des gens normaux. Nous faisons beaucoup d'heures, nous étudions des branches techniques de la magie avec lesquels la plupart des gens ont des difficultés, nous sommes toujours en danger. Ce n'est pas évident à gérer pour un partenaire. »
« Ça me soulage beaucoup. » marmonna-t-elle, en levant les yeux au ciel.
Fol-Oeil boita jusqu'à la chaise vide derrière la porte et s'y assit.
« C'était pas le but, dit-il avec le grognement le plus doux qu'elle ait jamais entendu. C'était supposé te faire entendre raison. »
« Alors … quoi ? Keith n'est pas spécial ? » demanda-t-elle âprement.
« C'est pas ce que je voulais dire. » dit Fol-Oeil, l'air fatigué.
Il ouvrit sa flasque, renifla l'intérieur et prit une gorgée.
« Il joue au Quidditch ? »
« Oui. » répondit Tonks, hésitante.
« Mais pas professionnellement ? Et il ne travaille pas ? »
« Il entraîne une équipe de jeunes- »
« Ça compte pas, dit Fol-Oeil. Ce que je veux dire, c'est qu'il a beaucoup de temps et pas toi. J'ai eu quelques apprentis en mon temps et ceux pour qui leur relation a duré étaient avec des gens qui se formaient aussi pour quelque chose. De cette façon, l'autre personne avait une occupation quand les choses s'animaient- »
« Comme quoi ? » demanda Tonks.
Fol-Oeil leva un main pleine de cicatrices et commença à compter sur ses doigts.
« J'ai eu une fille qui fréquentait un joueur professionnel de Quidditch, deux garçons qui étaient avec des guérisseuses et une fille qui était avec un garçon du Département des Mystères. Et il y avait un autre garçon qui avait … ils n'ont jamais dit qu'ils se fréquentaient, mais c'était évident pour n'importe qui d'autre … elle était impliquée dans l'effort de guerre. »
« Alors … Quoi ? Keith et moi, ça ne durera pas à moins qu'il devienne guérisseur ? demanda-t-elle platement. C'est des conneries- »
« En ce moment, il a trop de temps et pas assez de maturité pour fréquenter une apprentie. Il te voit comme une personne normale et tu n'es pas normale. Tu es une apprentie. Tu n'es ni meilleure, ni pire, mais tu es différente et plus vite il réalise ça et décide soit de vivre avec, soit non, mieux ce sera pour vous deux. »
Tonks ne pouvait le contredire sur le fait qu'elle était différente et même si elle n'aimait pas le reste de sa tirade, elle suspectait qu'il ait raison.
« Tu pourrais rendre les choses plus simples pour lui, tu sais, dit-elle. Peut-être que si tu étais gentil- »
« Je suis méchant avec tout le monde. » dit Fol-Oeil en plaçant son Sidekick sur son bureau.
« Pas avec moi. » dit Tonks, et la bouche de Fol-Oeil se tordit.
« Avec tous les partenaires, alors. »
« Tous ? » demanda Tonks misérablement.
« Sauf deux. » avoua Fol-Oeil.
« Pourquoi ? » demanda-t-elle, avec un léger sourire.
« Elles étaient spéciales. » dit-il calmement.
« C'était qui ? » l'interrogea-t-elle.
« L'une était guérisseuse … Je pense t'avoir déjà parlé d'Evans. »
Tonks acquiesça.
« Je ne crois pas que l'autre aimerait que je donne son nom. »
« Pourquoi pas ? »
Fol-Oeil se contenta de secouer la tête et de regarder son Sidekick.
« Tu devrais probablement l'ouvrir. »
Fol-Oeil lui adressa un regard mécontent et marmonna la phrase d'ouverture.
« AUROR MAUGREY ! » beugla Scrimgeour.
« Scrimgeour ? Grommela Maugrey. En quoi puis-je t'aider ? »
« Trouve ton apprentie et amène-la dans le placard à balais. » dit Scrimgeour dont la voix s'était adoucie maintenant que Maugrey avait répondu.
Tonks s'enfonça dans sa chaise et Fol-Oeil lui adressa un regard perplexe.
« Il y a ici vingt personnes qui ont besoin d'un coup de main. »
« Tu ne peux pas réparer ce qu'elle a fait ? » demanda Fol-Oeil.
« Je suis sûr que nous pourrions, mais comme tu le sais, Maugrey, la métamorphose humaine et quelque chose avec lequel on ne doit pas jouer. Et j'aimerais autant rentrer à la maison à une heure raisonnable. »
« Plus important encore, dit bruyamment Fol-Oeil. Comment a-t-elle pu lancer son sort ? »
« Nous ne nous attendions pas- »
« VIGILANCE CONSTANTE ! hurla Fol-Oeil, avant de reprendre une voix normale. Nous arrivons. »
Lunard gémit et s'étira sur son lit, attendant que ce qui restait de douleur diminue. Ce qui arriva, le brûlant avant de se dissiper, mais il se sentit finalement capable de bouger. Il sortit du lit et se dirigea vers la salle de bain, où Remus avait pensé à laisser un bol d'eau se transformer le laissait assoiffé.
Lunard utilisa le peu d'espace pour s'étirer à nouveau, ce qui diminua encore la douleur qui restait, avant de chercher des yeux son compagnon de meute, mais il n'était pas là. Il gémit, avant de grogner. Peut-être que son ami avait encore prévu de le quitter. Peut-être que Lunard allait devoir encore être seul. La queue de Lunard tomba entre ses jambes et il se faufila sous le lit, s'y pelotonnant.
Lunard avait tout juste commencé à mordre ses propres mollets – en raison à la fois de son ennui et de sa colère à l'encontre de son ami qui l'avait abandonné – quand deux grandes pattes grises et brunes apparurent au pas de la porte. Lunard inclina ses oreilles en arrières et se mit à grogner.
L'odeur de l'animal emplissait la pièce. Remus n'aimait pas cette odeur, et Lunard non plus, bien que Lunard ait plus de respect pour cet alpha que Remus. Les alphas – même les mauvais – devaient être suivis. L'alpha regarda sous le lit et souffla en direction de Lunard, avant de montrer les dents Sors ou c'est moi qui te sortirais de là.
Lunard se tortilla un peu et l'alpha inspecta les dommages qu'il s'était fait aux pattes. Lunard fit de même, constatant les blessures dont Remus était responsable l'une des oreilles de l'alpha, sa queue et l'une de ses épaules étaient dégarnies. Ils s'observèrent un long moment, avant que l'alpha ne souffle à nouveau et Lunard détourna les yeux.
Un autre souffle – suivi celui-ci par un aboiement – et Lunard sut qu'il devait suivre. L'alpha le mena jusqu'à la grande pièce où Remus passait la plupart de son temps et dehors, où Remus allait et venait. D'autres loups étaient présents, mais pas l'ami de Lunard.
Il rentra dans un autre loup noir et la sentit trop tard elle se tourna et le rembarra. Il renifla dans sa direction et s'en alla inspecter un autre loup, dont la fourrure était brune et la taille ressemblante. Cette fois, il prit soin de le sentir d'abord. C'était un compagnon – le jeune garçon avec qui Remus passait du temps – mais ce n'était pas celui que Lunard cherchait. Il donna un léger coup de museau dans le flanc du louveteau.
Le loup sursauta et lui grogna dessus. Lunard gémit et les oreilles du jeune loup se redressèrent. Il trotta vers lui, battant la queue, pour aller lécher l'oreille de Lunard. Lunard sortit la langue et s'assit patiemment, tandis que le louveteau inspectait ses pattes blessées, avant de lui-même inspecter la douloureuse coupure sur le dos du jeune loup.
Ils s'assirent tous deux dans la neige sous un arbre – pressé l'un contre l'autre pour se réchauffer – et observèrent le reste de leur clan socialiser. Les jeunes loups s'ébattaient dans la neige et suivaient l'alpha, tandis que les loups les plus âgés avaient déjà tué un lièvre et se disputaient la carcasse. Plusieurs loups âgés dormaient, une louve à la fourrure dorée alerte et observatrice parmi eux.
Quand elle repéra Lunard et le jeune loup, elle se redressa et les rejoignit. Lunard hérissa les poils et lui et le louveteau se levèrent, prêts, mais ils n'avaient pas à s'inquiéter. Lunard avait reconnu son odeur. C'était la louve plus âgée dont Remus et le jeune loup prenaient soin. Même transformée en louve, elle sentait toujours le monde extérieur elle n'était arrivée que ce matin. Il la salua et elle lui répondit timidement, avant de faire pareil avec le jeune loup.
Les trois s'installèrent de nouveau et le temps passa calmement, du moins jusqu'au retour de l'alpha. Lunard pensait qu'il venait voir comment allait la plus âgée l'alpha lui aboya dessus et renifla ses oreilles – elle avait l'air effrayé – avant de reculer et de se placer devant Lunard.
Lunard souffla dans sa direction et plaqua ses oreilles vers l'arrière – va-t-en – mais l'alpha ignora le message silencieux. L'alpha se jeta sur lui et Lunard cria lorsqu'une douleur lui traversa l'oreille. La morsure de l'alpha n'était pas joueuse comme pouvaient l'être les morsures de ses compagnons, ou même un avertissement. C'était une déclaration – je peux faire ce que je veux – et Lunard n'aimait pas ça. Quand bien même, Lunard savait qu'il ne fallait pas riposter Remus aurait sans doute eu une chance avec sa baguette ou ses mots, mais ni Remus, ni Lunard n'avait de chance de gagner un combat physique.
Lunard gémit et pressa son oreille dans la neige pour calmer la douleur. L'alpha laissa échapper un drôle de bruit, entre le grognement et le sifflement. Avant de le refaire à nouveau. Remus aurait appelé ça un rire. Lunard se recula et l'alpha s'éloigna.
Les jeunes loups qui le suivaient, cependant, ne reculèrent pas. Le plus âgé leur adressa un regard avant de s'approcher pour lécher l'oreille blessé de Lunard, le surprenant. Le louveteau grogna et se pressa contre Lunard et la louve plus âgée.
Les jeunes loups aboyèrent et soufflèrent, avant de s'avancer l'alpha avait montré qu'il n'avait aucun respect pour Lunard, le louveteau et la louve plus âgée, et les jeunes semblaient vouloir s'imposer à leur tour. Lunard se redressa – leurs têtes n'atteignaient alors que le bas de son torse – mais ils étaient six. Le jeune loup était aussi plus grand qu'eux – ils arrivaient à son épaule – et après un moment d'hésitation, la louve se redressa également.
Les jeunes loups regardèrent tous leur petit leader elle avait une fourrure fauve et était connue par Remus sous le nom de Greentooth. Pour Lunard, elle était la seconde après l'alpha. Elle renifla et un louveteau gris et chétif, un énorme avec une fourrure sombre et un autre, plus petit et roux, sortirent du groupe et s'avancèrent vers le jeune loup, qui eut l'air agacé mais resta bien droit.
La seconde envoya les deux autres en direction de la louve âgée. Il ne restait plus qu'elle face à Lunard. Elle montra les dents et entreprit de lui tourner autour. Lunard serra les dents, l'avertissant de rester à distance.
La seconde n'écouta pas et Lunard se résigna au combat. Il montra les dents et se mit à tourner également, la gardant à distance à tout moment, avec au moins deux mètres entre eux.
Lunard n'était pas conscient de grand chose d'autre – il entendit les autres grogner autour de lui, mais ne savait pas qui grognait – et il était difficile de dire depuis combien de temps lui et la seconde se tournaient autour – les aptitudes de Lunard quant à la mesure du temps n'étaient vraiment pas aussi bonnes que celles de Remus – mais finalement, la seconde perdit patience et plongea.
Malgré ça, Lunard fut le premier à causer des dégâts ses dents s'enfoncèrent dans la patte de la seconde et elle laissa échapper un cri. Cela ne la calma pas pour longtemps cependant elle lui attrapa la queue, puis la patte arrière.
Après ça, ce ne fut plus qu'un mélange de crocs, de sang et de grondement, mais il était évident aux yeux de Lunard qu'il était en train de perdre. Lunard avait plus d'expérience en tant que loup, mais il ne s'était jamais battu pour tuer. La seconde avait cette expérience là et avait probablement appris à se battre auprès de l'alpha.
Après quelques morsures douloureuses – mais pas si efficaces, la seconde réussit à enfoncer ses crocs dans la patte déjà blessé de Lunard. Il s'écroula. La seconde s'avança au-dessus de lui.
Le jeune loup était occupé avec les trois louveteaux de la seconde et la louve âgée avait été soumise par les louveteaux à qui elle avait fait face. Personne ne viendrait l'aider.
Le museau rouge sang de la seconde, ses crocs brillants passèrent devant les yeux de Lunard et tout devint noir.
« Ouvre-toi. » dit Patmol en jetant le médaillon contre le mur de la salle d'entraînement.
Il le heurta avec un bruit sourd – le sortilège de Coussinage avait disparu quand Harry avait fait explosé sa potion et Patmol ne l'avait pas encore remis en place – et rebondit sur le sol. Patmol le fit revenir dans sa main et le jeta à nouveau.
« Ouvre-toi. »
Harry était allongé sur le sol, espérant que sa forme d'Animagus allait lui venir spontanément il était découragé par ses deux échecs avec la potion et était réticent à l'idée de recommencer une troisième fois. Il ferma rapidement les yeux regarder Patmol se mettre en colère contre le médaillon n'allait pas l'aider.
« Ouvre-toi, stupide- »
Patmol lâcha le médaillon et sauta dessus plusieurs fois. Harry réalisa qu'il avait ouvert ses yeux et les referma. Tout devint calme et le resta pendant un moment. Déconcerté, Harry ouvrit un œil et vit Patmol essayer de forcer l'ouverture du médaillon Patmol avait déjà essayé plusieurs fois.
« D'accord, dit Patmol. Je vais arrêter avant de devenir fou. »
Il jeta le médaillon par terre et quitta la pièce, marmonnant dans sa barbe à propos de choses qu'il devait préparer et du médaillon qu'il détestait.
Il était de retour quelques minutes plus tard, un sac à dos dans la main.
« Je pensais que t'étais parti. » dit Harry en roulant sur le côté.
Patmol se mit à sourire largement.
« Tu as vu quelque chose ? »
« Tout est noir, dit Harry tristement. Peut-être que je suis un grand chien noir comme toi. »
Patmol aboya un rire et se pencha pour lui ébouriffer les cheveux.
« Ou peut-être que t'es aussi myope dans ta tête que tu l'es en dehors. »
Harry lui adressa un regard mauvais.
« Pourquoi tu ne commencerais pas l'étape une pendant que je suis parti, suggéra Patmol. C'est un meilleur moyen de passer son temps que de méditer, je te le promets. »
« Peut-être, répondit Harry à contrecœur. Tu penses que tu seras parti longtemps ? »
« J'sais pas. Longtemps si je me perds. » plaisanta Patmol.
« Je pensais que tu avais dit que le sort de localisation marchait. » dit Harry en fronçant les sourcils.
« Je l'ai dis, dit Patmol en faisant la grimace. Je pense … C'est juste un petit sort de rien du tout. »
Patmol jeta un œil par la fenêtre.
« Il faut que j'y aille. »
Il appela Kreattur pour lui demander d'emmener le médaillon.
« Étape une, gamin. » dit-il avant de quitter la pièce.
« D'accord, dit Harry. Sois prudent ! »
Sans grande conviction que cet ajout soit utile.
Tout était noir, parce qu'une énorme masse de poils bruns venait juste de foncer sur la seconde, la plaquant au sol. Lunard se redressa aussi vite qu'il pouvait, prêt à se battre à nouveau, même si ça ne semblait pas nécessaire ; la seconde se débattait, plaquée au sol par les pattes de l'ami de Lunard. Pour la première fois, Lunard vit dans son expression un air apeuré.
Patmol renifla dans sa direction et claqua des crocs à quelques centimètres de son museau. Elle tressaillit et à la seconde où Patmol la relâcha, elle s'éloigna en rampant, les oreilles plates et la queue basse. Ses compagnons arrêtèrent de harceler le jeune loup et la louve plus âgée pour jeter un œil à la nouvelle menace. Les poils de Patmol se hérissèrent et il gronda. Après cela, ils s'empressèrent de suivre la seconde.
L'une des pattes de Patmol était en sang, mais à part cela, il semblait aussi joyeux qu'à l'accoutumée. Il salua Lunard avec un aboiement bruyant, tandis que sa queue battait vigoureusement. Lunard laissa échapper un soupir pour toute réponse et Patmol trotta en avant, avec le museau qui tressaillait. Il gémit en voyant les pattes avant de Lunard – Lunard n'avait pas l'air très heureux non plus, mais Remus pourrait gérer cela plus tard – et ensuite, sa tête hirsute se redressa brusquement il venait de remarquer la louve et le jeune loup. Tous les deux le regardaient avec une curiosité prudente.
Avant que Lunard ne puisse aboyer ou faire quoi que ce soit pour leur dire que Patmol était un ami, Patmol bondit pour se présenter lui-même.
Lunard laissa échapper un petit son amusé et boita jusqu'à eux pour rejoindre ses compagnons, franchement heureux – pour la première fois – de ne pas être resté sous le lit de Remus pendant toute la nuit.
