Hello ! Nouveau chapitre !

Concernant la question posée dans les reviews (à savoir pourquoi Sirius ne demande pas un procès sous Veritaserum et pourquoi Harry ne négocierait pas pour lui : avouer son emplacement et obtenir en échange un procès juste), j'imagine qu'il y a plein de réponses valables. Déjà, la culpabilité de Sirius arrange bien le Ministère, surtout après autant d'années passées en prison. L'innocenter exigerait de reconnaître leur erreur, de l'indemniser et de se lancer dans la recherche de Queudver. Et objectivement, tous les faits accusent Sirius. Pour eux, c'est beaucoup plus simple qu'il soit coupable. De plus, le Ministère est en partie corrompu et la justice pas forcément digne de confiance (l'influence de Malefoy pose question, par exemple). Cela répond à la question en lien avec Harry. Puis, c'est un enfant. Comment pourrait-il avoir suffisamment confiance et prendre une si grande responsabilité, un risque si grand ? Tout le monde semble haïr Sirius, donner sa cachette serait une trahison à ses yeux, je pense. Je me dis aussi que le Veritaserum n'est peut-être pas autorisé lors des procès ? Est-il si fiable ? Un sorcier suffisamment puissant serait-il capable de contrer son effet (comme pour l'Impérium) ? Bref, pas mal d'hypothèses personnelles. En espérant qu'elles te satisferont ! En tout cas, merci pour les réflexions, c'est toujours intéressant d'y songer !

Et sur ce, je me tais ! Bonne lecture à tous !


Depuis leur dispute au Ministère début janvier, les choses s'étaient bien passées entre Tonks et Keith. Elle avait pressé Malefoy pour qu'il termine son rapport, avait réussit à assister à la dernière moitié du match de Keith à sa plus grande surprise et ils étaient sortis dîner pour célébrer la victoire de son équipe. Il s'était excusé de la façon dont il s'était comporté et elle s'était également excusé – elle n'était pas trop sûre de savoir pour quelle raison, mais elle avait sentit qu'il méritait une excuse – et avec l'avis de Fol-Oeil dans un coin de sa tête, elle avait fait ce qu'elle pouvait pour améliorer les choses entre eux.

Elle lui avait fait jurer de garder le secret et ensuite, doucement, sur plusieurs semaines, elle lui avait raconté ce qu'elle pouvait dire – et aussi certaines choses qu'elle ne devrait pas dire – sur sa formation. Elle lui avait parlé de l'affaire Greyback et du camp légendaire où il gardait ses victimes. Elle lui avait dit comment Greyback avait été discret dernièrement, un comportement qu'elle et Fol-Oeil n'arrivaient pas à comprendre. Elle lui avait raconté qu'elle travaillait aussi sous couverture sur l'affaire Potter-Black et que c'était la raison pour laquelle elle était si occupée dernièrement. Cependant, elle ne lui avait pas dit qu'elle travaillait pour Malefoy et qu'elle prétendait être trois personnes au lieu d'une, elle n'avait pas non plus évoqué l'identité de ces personnes.

En retour, il faisait l'effort de comprendre quand elle devait annuler un rendez-vous et également d'être plus sympathique avec ses amis. Sans surprise, lui et Melvin s'entendirent à merveille, réunis par leur amour du Quidditch, et Florence était moins têtue que Ben ou McKinnon, que Keith tolérait et qui était toléré en retour – à peine, dans le cas de McKinnon.

A la fin du mois de janvier, la vie était finalement devenue routinière – avec pour seule irrégularité les demandes de Malefoy souvent inopportunes de voir Tock ou Remus.

Keith était assis à côté de Melvin sur le canapé dans le salon de Tonks – il avait été inhabituellement silencieux aujourd'hui, mais Tonks s'imaginait qu'il finirait bien par lui dire ce qui le dérangeait. Lui et Melvin étaient en pleine lecture du Trimestriel de Quidditch – même si Melvin était supposé étudier pour le test de Filature et tapinois qu'ils auraient dans quatre jours. Florence et Tonks étaient affalées sur le sol, occupées avec leurs révisions.

« Quelles sont les sept façons de traquer quelqu'un ? demanda Tonks. J'ai la vision, le son et les sorts, mais- »

« L'odeur. » répondit immédiatement Florence.

Elle avait été à Serdaigle, après tout.

« Le toucher, les traces magiques et la Légilimancie. »

« C'est ça, dit Tonks, en les écrivant. Merci. »

« Filature et tapinois, c'est ça ? » dit Florence.

« Oui, confirma doucement Tonks. Et alors ? »

« F et T, expliqua Florence. Fixation, flair, fracas, Flitwick d'un côté et toucher, traces, télépathie de l'autre côté. »

« Télépathie ? » demanda Tonks en riant.

« Légilimancie. » répondit Florence en haussant les épaules.

Elle rejeta ses cheveux noirs par-dessus son épaule.

« Ne me demande pas pourquoi je sais que c'est inexact, mais ça marche, alors- »

« Attends, c'était quoi ça ? » demanda Melvin.

Florence et Tonks échangèrent un regard, se demandant sans un mot si ça valait le coup de répéter. Finalement, Tonks soupira, relaya l'information et Melvin acquiesça avant que son attention ne soit de nouveau attirée par le magazine.

« Donne un sortilège de localisation. » dit Florence.

Tonks grogna Filature et tapinois était son sujet le plus faible, que ce soit en théorie ou en pratique.

« Celui-là ... » dit vaguement Tonks, plissant les yeux en essayant de se souvenir.

« Très utile, merci, répondit Florence avec un sourire narquois. Avec ça, note maximale- »

« Tu passes trop de temps avec McKinnon. » grommela Tonks en essayant de lire ses notes du coin de l'œil.

« Réponds à la question, Nymphadora. » la provoqua Florence.

« Ne m'appelle pas ... » marmonna sombrement Tonks.

Florence l'ignora.

« Bien. Le sortilège de Fausse plume. »

« Qui … ? »

« Permet de traquer un hibou sur des longues distances et fournir au lanceur du sort les coordonnées exactes de Transplanage au retour du hibou. » récita Tonks.

« Inconvénients ? »

« Même la plus simple des protections peut écarter le sort et le rendre inutile, dit Tonks. Voila pourquoi il est si peu utilisé. Incantation ? »

« Sequitur Pinnam, répliqua Florence. Comment doit-il être lancé ? »

« On commence avec la baguette sur la tête du hibou et on la descend dans son dos, entre les ailes, on s'arrête en bas de- Hey ! »

Dans un geste presque trop rapide pour Tonks ne le remarque, Florence avait attrapé les notes de Tonks et les avait caché derrière son dos.

« Tu trichais. »

« Pas du tout ! »

« On s'arrête en bas de quoi, alors ? » demanda Florence.

« Du … euh … le ... »

« C'est ce que je pensais. »

Tonks récupéra ses notes et tira la langue à Florence, qui riait.

« On s'arrête en bas de ses plumes sous-caudales, si ça t'intéresse. »

Tonks grimaça.

« Ok, maintenant, demande moi quelque chose. »

« Euh … Nomme un sort important de camouflage. »

« Le sortilège de Coussinage. » répondit Florence.

« Comment est-ce qu'on l'utilise ? »

« On le lance sur ses vêtements et sur l'arrière de ses chaussures pour étouffer tous les sons que l'on fait, dit-elle avec assurance. Comment trouves-tu quelqu'un qui a été Désillusionné ? »

« Tu peux être capable de l'entendre, tu peux voir un éclat de lumière où il se tient ou tu peux lancer quelque chose comme Homenum Revelio pour révéler sa présence. » dit Tonks.

« Bie- »

Florence glissa sa main dans sa poche et en sortit son Sidekick. Melvin avait fait pareil. Ils échangèrent un regard et murmurèrent les mots de passe – Keith plaça obligeamment ses mains sur ses oreilles, comme Tonks lui demandait de faire quand son Sidekick s'activait.

« C'est bizarre, dit Melvin. L'horloge ne fait que tourner. »

« Probablement un signal d'alarme si elle se trouve dans un endroit où elle ne peut pas parler … Est-ce que tu as une carte ? » demanda Florence en s'asseyant.

Tonks attrapa un plan dans la bibliothèque de Papa qui était dans un coin de la pièce et le ramena. Florence murmura quelques coordonnées et traça ce qui ressemblait à une carte de Londres, avant de lever les yeux sur Melvin.

« C'est l'Allée des Embrumes. » dit-elle doucement.

Cela semblait avoir du sens pour Melvin – contrairement à Tonks ou Keith, qui échangèrent un regard confus et dans le cas de Tonks, un regard inquiet.

« Lonsall ? » demanda Melvin.

Les Aurors Finch et Shacklebolt avaient été assignés à une autre affaire – sur laquelle Tonks ne savait pas grand chose – parce qu'en onze mois de cavale de Sirius, il n'avait fait absolument aucune tentative pour se rapprocher des Londubat.

« Sûrement. » répondit Florence en se levant.

Elle agita sa baguette et tous les livres et les parchemins se rangèrent parfaitement dans son sac à dos Tonks l'observa avec envie, n'ayant jamais été capable d'accomplir le moindre sort de rangement. Les affaires de Melvin n'avaient même pas eu le temps d'être sorties de son sac avant qu'il ne soit distrait par le magazine de Quidditch de Keith, alors il n'eut pas grand chose à ranger.

« Vous voulez que je vienne avec vous ? » proposa Tonks.

Keith manqua une respiration.

« Non. » dit Florence en regardant dans la direction de Keith.

Il venait de lâcher un soupir de soulagement.

« On va aller au Ministère et dire à quelqu'un où on va. Après on verra. »

« Merci de nous avoir invité, dit Melvin. Ça t'ennuie si on utilise la Cheminée ? »

« Bien sûr que non ! dit Tonks. Soyez prudents tous les deux et faites moi savoir quand vous aurez fini. »

« D'accord, dit Florence en l'étreignant, tandis que Melvin disparaissait par la Cheminée. Je te tiens au courant ! »

« Sois prudente ! » répéta Tonks, tandis que Florence disparaissait.

« Ils iront bien ? » demanda Keith en tapotant la place libre sur le canapé.

Tonks s'approcha et s'assit, avant de se blottir contre lui.

« Je l'espère, répondit-elle en glissant un bras autour de sa taille. J'espère que l'Auror Finch- »

« Nymphadora. » dit Keith, l'air inhabituellement sérieux.

Tonks avait abandonné l'idée de le corriger concernant son prénom en plus de toute autre chose, il savait maintenant qu'elle n'avait pas aimé la statuette qu'il lui avait acheté à Noël et elle ne voulait pas le blesser.

« Je me demandais si je pouvais te demander quelque chose. »

Tonks bougea un peu, de façon à pouvoir voir son visage.

« Quoi ? » demanda-t-elle.

« S'il te plaît, ne t'énerve pas et ne le prends pas mal, dit-il en levant les mains devant lui. Écoute juste et ensuite, tu pourras répondre, d'accord ? »

« D'accord. » dit-elle prudemment.

Keith déglutit et elle se demanda à quoi elle devait s'attendre. Avait-il des mauvaises nouvelles ? Sûrement, s'il pensait qu'elle allait s'énerver ou le prendre mal. Peut-être voulait-il rompre avec elle, ou peut-être-

« Je pense que tu devrais arrêter cette formation. »

Elle s'en trouva bouche bée.

« S'il te plaît, écoute. » supplia-t-il.

Tonks ravala plusieurs réponses furieuses et fronça les sourcils en le regardant, les bras croisés sur sa poitrine. Mais elle garda le silence.

« Merci. Écoute, tout ce que tu m'as dit à propos de la formation, c'est super – j'ai l'impression de savoir ce qu'il se passe maintenant, tu vois ? Et je sais à quel point tu aimes ce que tu fais- »

« Alors pourquoi est-ce que tu demandes même- » commença-t-elle, se sentant en colère et blessée, mais plus qu'autre chose trahie.

« Parce que je m'inquiète pour toi. Tu as deux affaires en cours, des cours sur sept sujets différents et je sais que tu es fatiguée dernièrement- »

« Et pour ça, je devrais abandonner ? » demanda-t-elle platement.

« Écoute, la vie, c'est un équilibre et tu n'as pas été capable de ça- »

« Je suis équilibrée. » se défendit-elle.

« Nymphadora- »

« Ne m'appelle pas comme ça, s'écria-t-elle. Je sais que les choses sont folles ces temps-ci, mais je l'ai choisi. J'ai travaillé dur pour y entrer et même si j'apprécie- »

Le mot fut difficile à dire à haute voix.

« -ton inquiétude, c'est de mon futur dont on est en train de parler. Je ne vais sûrement pas abandonner- »

« Et notre futur ? » demanda-t-il avec douceur.

« Notre- en tant que couple ? »

Il acquiesça.

« C'est important, non ? »

« Bien sûr que c'est important ! » dit-elle en levant les mains devant elle.

Il tressaillait, surpris.

« C'est exactement pour ça que je t'ai tout raconté. Je veux que tu comprennes- Je pensais que tu avais compris. »

« Je comprends, dit-il. En partie. Et mieux que je le faisais avant … C'est juste que … je m'inquiète pour toi. Et si tu ne rentrais pas à la maison un jour- »

« C'est le risque du métier. » marmonna-t-elle.

« Exactement, dit-il. Ce n'est pas juste pour toi ou pour moi. »

« Non, admit-elle. Mais c'est quelque chose que j'ai accepté et que tu devrais accepter aussi- »

« Et du temps ensemble ? Continua-t-il. Je comprends que tu es occupée et que les choses se sont vraiment améliorées dernièrement, mais je ne veux pas être mis de côté. Je veux être ta priorité. Je mérite d'être ta priorité. »

« Tu le mérites, dit-elle, avant de grimacer car ce qu'elle allait dire allait forcément sonner affreux. Mais tu ne peux pas l'être avec tout ce qu'il se passe et je suis désolée que ça soit ainsi, mais- »

« Voilà pourquoi tu devrais arrêter. » persista-t-il.

« Je n'abandonnerais pas. » dit-elle, et il eut l'air furieux pour la première fois.

« Tu es tout pour moi – tu es la personne la plus importante de ma vie- »

Tonks le fixa, se sentant extrêmement mal à l'aise face à cette déclaration ses parents étaient sûrement plus importants pour lui qu'elle, non ? Elle espérait que c'était le cas.

« -mais pour toi, je suis juste une occupation quand tu n'es pas occupée par la formation et je suis un fardeau le reste du temps. »

« C'est vraiment n'importe quoi ! » s'exclama-t-elle.

Elle était si blessée qu'il puisse penser ça d'elle et savait qu'il ne lui restait que deux options elle pouvait pleurer ou elle pouvait hurler. Elle choisit la seconde option.

« Si c'était vrai, alors pourquoi je me serais emmerdée à te parler de la formation ? Pourquoi est-ce que je t'aurais présenté à mes amis ou- »

« D'accord, peut-être que tu vas un peu- »

« Loin ? Demanda-t-elle, furieuse. Tu crois ? »

« Écoute- »

« Non, toi, tu écoutes, dit-elle. Je suis heureuse de parler de ce que t'as dans la tête – même si je n'aime pas particulièrement ce que tu dis – mais je ne vais pas rester assise là et te laisser m'insulter et me dire que je me fiche de toi. »

Elle se leva et entreprit de quitter la pièce.

« Où vas-tu ? » demanda-t-il en se pressant derrière elle.

« Trouver une autre occupation. » répliqua-t-elle.

Elle savait que c'était bas, qu'il se sentait déjà terriblement coupable – un seul regard à son visage en était la preuve – et qu'elle se sentirait probablement affreuse plus tard pour lui avoir dit ça, mais à cet instant précis, elle était trop énervée pour s'en soucier.

Elle était aussi consciente qu'elle réagissait probablement avec excès, mais elle ne s'en souciait pas non plus. Elle agita sa baguette pour ouvrir la porte d'entrée et se dirigea vers le jardin de devant. Elle glissa, atterrit dans un mélange de boue et de neige, se releva et transplana.


Remus jeta un œil par-dessus son épaule pour vérifier que personne ne l'avait suivi en dehors du bâtiment principal. Ce n'était pas le cas – ce qui était remarquable, d'après lui, vu la façon dont Greentooth l'observait depuis la pleine lune – et c'était une bonne chose, car il avait passé toute la journée de la veille avec Sirius et Harry, et Greyback recommençait à le suspecter.

Ce qu'il ignore ne lui fera pas de mal, pensa-t-il avec espoir.

Puisque Remus était toujours plus amoché depuis la pleine lune, avec ses bras abîmés, son oreille écorché et ce qu'il soupçonnait être un claquage de la cuisse, il était plutôt soucieux de garder Greyback aussi satisfait que possible. C'était encore plus difficile car Matt s'était enfui aujourd'hui pour passer du temps chez lui avec ses parents et si Greyback l'apprenait, il serait sûrement furieux contre eux deux. Debbie, par chance, passait tant de temps dans sa chambre qu'elle ne serait pas complice et qu'il la laisserait plus ou moins tranquille.

Remus vérifia ses poches pour s'assurer qu'il avait toujours la lettre de Malefoy – apparemment il voulait rencontrer Remus à la première heure le lendemain matin et puisqu'il avait si peu de délai, Remus ne pouvait se permettre de poster la lettre – et il se mit à tourner.

Il transplana sur son pallier, inspirant l'odeur calmante et familière de la maison. Il sortit sa baguette, tapota le verrou et la porte s'ouvrit.

Il entra à l'intérieur … et trouva Dora blottie sur son canapé, endormie. Remus ferma la porte aussi doucement que possible et marchait sur la pointe des pieds, autant qu'il le pouvait avec son claquage. Il se demanda ce qu'elle faisait là et – plus important – pourquoi elle sentait les pleurs. Il aurait aimé lui parler, mais il ne pouvait pas perdre de temps Greyback ou Greentooth pouvaient réaliser à n'importe quel moment qu'il avait disparu et ça aurait de sérieuses répercussions sur lui et sur Matt. Il était aussi un peu inquiet qu'elle se mette à pleurer …

Il s'approcha et tenta de placer la lettre dans sa main, mais ses doigts étaient trop détendus pour la tenir. Il plia doucement ses doigts et glissa la lettre entre eux, mais elle glissa à travers. Il laissa échapper un petit gémissement de frustration et était en train d'essayer de la glisser dans son autre main, quand elle s'étira.

« Merde. » murmura-t-il en se reculant pour ne pas lui faire peur.

Elle sursauta tout de même et lui adressa un regard larmoyant.

« Keith ? murmura-t-elle. Comment tu m'as trouvé ? »

« C'est Remus, en fait, dit Remus sur un ton d'excuse. J'ai une lettre pour toi. »

Elle cligna des yeux, se les frotta et Remus plaça la lettre dans sa main. Remus déplaça un peu son bandage pour jeta un œil à sa montre.

« Oh, c'est toi. » dit-elle.

Alors elle sursauta encore et ses cheveux devinrent roses vif que c'en était presque aveuglant, même si étrangement, Remus trouva cela presque accueillant après le camp gris.

« Je suis vraiment désolée, dit-elle, complètement réveillée à présent. Je ne pensais pas que tu serais- J'avais juste besoin d'un endroit- »

« Dora, dit-il avec fermeté. Détends-toi. Tu es plus que bienvenue ici. »

« Merci. » murmura-t-elle.

Remus regarda de nouveau sa montre, mais cette fois, elle le remarqua.

« Qu'est-ce qui est arrivé à tes bras ? demanda-t-elle en s'asseyant. Est-ce que Greyback- »

« Non. C'est un peu moi, mais la plupart des blessures ont été causé par une petite sauvage appelée Greentooth. »

« Ça n'a vraiment pas l'air terrible. » dit-elle en grimaçant.

Elle n'avait pas l'air particulièrement horrifiée par le fait qu'il s'était infligé lui-même une partie des blessures. Il était reconnaissant pour cela, mais son inquiétude fit gigoter Remus et il essaya de cacher ses bras derrière son dos.

« Ça aurait été bien pire si Greentooth n'avait pas été arrêté. » dit-il en haussant les épaules.

Devant ses yeux horrifiés, elle lâcha un rire triste et commença à sangloter. Remus se figea. Il voulait la réconforter, pour avoir une excuse pour ne pas retourner au camp, mais il voulait aussi s'éloigner le plus loin possible de ses larmes. Et à chaque seconde qui passait, cela semblait de plus en plus probable que Greyback allait découvrir qu'il était parti. Remus regarda de nouveau sa montre, grimaça et s'assit près d'elle.

« Hey, dit-il en tapotant son épaule de manière hésitante. Dora, je vais bien. Toujours en un morceau- »

« Ce n'est p-pas ça. » renifla-t-elle.

« Oh, dit Remus, perdu désormais. C'était quelque chose que j'ai- »

« Je suis trop stupide. » dit-elle.

Remus pria silencieusement pour obtenir de l'aide et surtout pour qu'elle arrête de pleurer, et il lui tapota l'épaule de nouveau.

« Dora, tu es une jeune femme très intelligente- »

« Arrête d-d'être gentil avec moi. » dit-elle, ce qui dérouta complètement Remus.

Il décida de garder la bouche fermée cette fois et se contenta de lui caresser le dos.

« T-tu as é-été attaqué au c-camp et tu d-détestes aller là-bas, mais tu n'es pas p-plains une seule fois et moi, je suis l-là à p-pleurer à propos de choses s-stupides c-comme les copains quand je n'ai a-absolument au-aucun droit de me plaindre à propos de rien- qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? »

« Tout va bien chez toi. » lui assura Remus.

A part le fait que tu pleures et que ça me rend très mal à l'aise.

« Tu as juste besoin de te calmer. »

« Pourquoi- »

Elle laissa échapper un hoquet et le regarda à travers ses yeux gris larmoyants, avec ses cheveux roses de gêne et verts de culpabilité.

« Pourquoi est-ce que je pleure toujours quand tu es là ? »

« Je ne sais vraiment pas. » répondit-il.

« Quand je suis a-avec quelqu'un d'autre, je me débrouille, mais avec toi, je- »

Il regarda sa montre – se sentant extrêmement malpoli en le faisant, il grimaça. Il était parti depuis dix minutes déjà.

« Tu dois partir ? » demanda-t-elle.

Il semblait qu'elle avait repéré le mouvement.

« J'en ai peur. » dit Remus en grimaçant de nouveau.

« C'est pas grave. » dit-elle en lui adressant un petit sourire, tout en essuyant le reste de ses larmes.

Remus laissa échapper un petit soupir de soulagement.

« C'était quand même sympa d'avoir de la compagnie pour quelques minutes. »

« M'en parle pas. » murmura Remus, en pensant que – malgré ses larmes – elle avait été la meilleure compagnie qu'il ait eu de toute la journée.

Matt était parti avant que Remus ne se réveille et Debbie n'avait pas quitté sa chambre. Il regarda sa montre de nouveau.

« Et voilà encore, dit Dora, exaspérée. Tes problèmes sont bien pires que les miens … Par Merlin, je dois te rendre fou ! »

Remus sourit, secoua la tête et elle lui rendit son sourire. Il ne pouvait qu'admirer la façon dont elle retrouvait son flegme la plupart des gens ne se remettait pas d'une crise de larmes aussi vite qu'elle – pour la deuxième fois.

« Juste …. je ne sais pas … donne-moi un coup de pied la prochaine fois ou quelque chose comme ça. »

« Je vais pas te donner de coup de pied, Dora, dit-il en secouant la tête, avant de sourire tristement. Cela dit, je vais peut-être recevoir un ou deux coups si je n'y retourne pas dans les minutes à venir. »

« C'est si terrible ? » demanda-t-elle.

Remus sentit une forte odeur de culpabilité, de fureur – sûrement envers Greyback – et d'irritation, qu'il suspectait être envers elle-même.

« J'aimerais dire que j'exagère, dit-il en faisant la grimace. Mais oui, c'est si terrible. Pire encore aujourd'hui. »

« Pourquoi ? » demanda-t-elle en penchant la tête.

« Matt n'est pas là. Il est rentré chez lui pour la journée, s'empressa-t-il de dire, en prévention des milliers de questions qu'elle semblait avoir. Ce qui est bien normal, vu que je vais et je viens régulièrement, mais il n'empêche que ce sont des heures désagréables. »

Il vérifia à nouveau sa montre.

« Pourquoi je suis toujours là ? »

Dora ne lui répondit pas – Remus ne s'y attendait pas vraiment d'ailleurs – et lui adressa un regard soucieux.

« Je pourrais me débrouiller pour que Matt vienne avec toi, si tu veux. » dit-elle soudainement.

Remus pencha la tête. Son apparence changea et tout à coup, un visage différent, mais toujours familier, le regardait. Le visage de Matt.

Remus était cruellement tenté d'accepter sa proposition s'il les faisait transplaner, elle n'aurait toujours aucune idée de la localisation du camp et ne serait pas capable de le retrouver, même accidentellement. Ça serait dangereux car elle était une Auror – une Auror en formation, du moins – alors il n'allait même pas aborder le sujet.

« Tu m'as laissé te pleurer dessus, dit-elle, essayant de le persuader. C'est le moins que je puisse faire. »

Remus jeta à nouveau un regard à sa montre.

« C'est un endroit plutôt affreux, mais si tu veux venir, je ne vais pas essayer de t'arrêter. »

Elle aurait probablement essayé de le suivre si ça avait été le cas et il avait un problème avec ça Sirius l'avait trouvé – il avait dit à Remus la veille qu'il avait utilisé un sort de localisation simple et capricieux qui était rattaché à Hedwige. Le sortilège de Fausse plume … ou quelque chose comme ça, si Remus se souvenait bien de ce qu'avait dit Sirius. C'était un sort qu'il avait appris en formation d'Auror, avait-il dit, ce qui signifiait que Dora l'avait sûrement aussi appris. Et si elle l'utilisait pour le trouver, ça pourrait marcher et elle pourrait accidentellement – parce qu'il doutait qu'elle le ferait volontairement – laisser échapper la localisation à Fol-Oeil, qui serait ensuite dans l'obligation d'enquêter.

« Tu ne m'arrêteras pas ? » demanda-t-elle, rayonnante.

« Non. Par contre, je te demande d'être prudente et de suivre mes instructions. »

Elle hocha la tête, acceptant facilement. Remus regarda encore sa montre.

« Si tu viens, tu dois te préparer, et rapidement. » dit-il.

Elle se précipita dans sa chambre pour se changer.


« C'est dans une forêt ? » murmura Tonks, pas certaine de ce à quoi elle s'attendait.

Remus ne lui avait jamais vraiment décrit le camp, mais elle s'était imaginé des bâtiments, pas juste de la neige et des arbres. C'était sinistre, cependant, ce à quoi elle s'était attendue en plus du vent, elle et Remus étaient les seuls à provoquer le moindre bruit et il commençait à faire sombre, rendant les environs ténébreux.

« Tu t'attendais à Poudlard ? » souffla Remus avec une voix amusée, tout en boitant à ses côtés.

« Non, je- Où est-ce que tu dors ? demanda-t-elle. T'as une cabane ou quelque chose comme ça ? »

« Tu verras assez vite. » dit-il.

Elle était surprise de constater à quelle vitesse il avait changé chez lui, il s'était montré raisonnablement détendu (une fois qu'elle avait arrêté de pleurer, du moins), mais désormais, ses épaules étaient raides et son ton était un peu plus dur que ce à quoi elle était habituée.

« Pourquoi tu boites ? » demanda-t-elle.

Elle avait remarqué qu'il marchait déjà avec précaution lorsqu'ils étaient sortis dans son jardin pour transplaner, mais sa démarche claudicante était plus accentué maintenant.

« Ma cuisse. » répondit-il.

Il grimaça.

« Greentooth aussi, ajouta-t-il, avant qu'elle n'ait pu demander. Maintenant, souviens-toi- »

Remus s'arrêta brusquement, se déplaçant très légèrement pour se placer devant elle. Tonks observa la lisière, mais se trouva incapable de distinguer quoi que ce soit.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » murmura-t-elle.

« On va voir si ces sortilèges marchent. » répondit-il dans un souffle.

Il avait lancé plusieurs sortilèges de dissimulation sur son odeur – quelque chose qu'elle ne savait même pas possible – qui n'empêchaient pas de laisser son odeur sur les choses qu'elle toucherait, mais qui bloqueraient quiconque de la sentir directement. Ou du moins, ils l'espéraient.

« Si quoi que ce soit se passe mal, va-t-en d'ici. Tu comprends ? »

Tonks acquiesça. Remus reprit sa marche et Tonks le suivit, attentive à ne pas glisser dans la neige. Ils n'avaient fait que quelques pas de plus que trois silhouettes apparurent de nulle part, surprenant Tonks. L'une d'elles – une fille – se mit à rire en remarquant sa surprise.

« Lupin, Rosier. » annonça la silhouette la plus large.

Il était grand, avec des épaules carrés et des poils sur le visage, des cheveux gris et gras et un sourire pervers. Elle reconnut immédiatement Fenrir Greyback.

« On vous cherchait. » grogna-t-il doucement.

Tonks frissonna le vent soufflait dans son dos et elle pouvait sentir son souffle fétide de là où elle se trouvait.

« Greyback, répondit Remus. Greentooth. »

Tonks supposa qu'il s'agissait de la fille du milieu – sans doute quatre ou cinq ans plus jeune que Tonks – avec ses longs cheveux blonds et ses yeux bruns.

« Yellowpaw. »

Yellowpaw était une minuscule chose, avec des cheveux blonds très très longs et des yeux énormes. Au moment où Remus lui parla, cependant, son visage se crispa et elle grogna. Tonks ne put s'empêcher de la fixer.

« Tu t'es enfui ? demanda Greentooth, s'adressant à Tonks en faisant la moue. Je voulais jouer aux cartes et je n'arrivais pas à te trouver. »

« On ne s'est enfui nulle part, dit Remus, sèchement, avant que Tonks n'ai pu trouver la moindre chose à dire. Et nous serions enchantés de jouer aux cartes avec toi plus tard. »

Tonks fronça les sourcils en regardant Remus, se demandant pourquoi il la traitait si mal même si elle l'avait blessé, elle n'était qu'une petite fille.

« Alors où étiez-vous ? » demanda Greyback en les regardant avec méfiance.

Tonks essaya de ne pas frémir.

« On se promenait. » dit Remus.

Yellowpaw grogna à nouveau et Tonks lui lança un regard alarmé elle était franchement sauvage.

« Vous étiez en train de recruter, n'est-ce pas ? » gronda Greyback

Tonks eut l'impression qu'il était un peu inquiet.

« Recruter qui ? demanda Remus sur un ton frustré. Des écureuils ? Une hirondelle, peut-être ? »

« Ne fais pas le malin avec moi ... » le prévint Greyback, tandis que Greentooth et Yellowpaw lâchaient des grognements de colère.

« Terriblement désolé, dit Remus. Je vais essayer de garder la conversation à un niveau que vous pouvez comprendre. »

Greyback grogna et s'élança en avant avec une rapidité folle. Si rapide que Tonks se trouva trop stupéfaite pour penser à faire quoi que ce soit. Remus semblait s'y être attendu, cependant, et il leva sa baguette juste à temps. Greyback s'arrêta d'un coup, à quelques centimètres de Remus. Remus appuya sa baguette contre l'épaule de Greyback, le faisant reculer d'un pas.

« Et bien, dit Remus, tournant sa baguette entre ses doigts. Je crois que j'ai perdu l'envie de me promener. Matt ? »

Tonks acquiesça. Remus lui fit signe de le suivre et contourna Greyback et les filles. Essayant d'avoir l'impression de ne rien découvrir, Tonks lui emboîta le pas. Il ne boitait quasiment plus. Elle le soupçonna de faire tout ce qu'il pouvait pour ne pas que cela se remarque.

Tonks fut soulagée de ne pas être suivi Greyback l'effrayait et Remus lui faisait aussi peur quand Greyback était dans le coin. Elle craignait qu'il n'aille trop loin et qu'il s'en retrouve blessé.

« C'était quoi ça ? » souffla-t-elle lorsqu'elle pensa que les autres n'étaient plus à portée de voix.

« Je t'avais dit que les choses étaient différentes ici, dit-il en retrouvant sa voix habituelle. J'avais oublié que tu l'avais déjà rencontré, par contre. »

Sa voix était pleine de colère.

« Désolé. » marmonna-t-elle.

« Ce n'est pas de ta faute. » dit-il, visiblement embarrassé.

Il s'arrêta de marcher.

« C'est de la mien après réflexion, c'était stupide de ma part de t'emmener ici alors que ton odeur est familière pour lui. Je n'ai même pas penser à- »

« Remus, calme-toi, dit-elle. Il n'a rien remarqué là-bas- »

« Seulement grâce aux sorts de dissimulation, dit-il, agité. Il ne va peut-être pas sentir ton odeur sur toi, mais on va forcément toucher quelque chose ou l'odeur pourrait être prise dans un courant d'air- »

« Votre odorat est vraiment si puissant ? » demanda-t-elle.

« De tout ce que je viens de dire, c'est ça que tu retiens ? »

Elle lui adressa un sourire penaud et il secoua simplement la tête.

« Tu veux toujours venir ? » demanda-t-il.

« J'y suis déjà. » répliqua-t-elle avec un sourire.

« Alors, c'est parti, soupira-t-il, lui faisant signe de le suivre. On sera probablement plus en sécurité à l'intérieur. »

Il s'avéra finalement que Tonks avait eu raison de s'attendre à des bâtiments et elle sentit une vague de honte en repensant à sa question sur les cabanes au milieu d'un ensemble de maisons se trouvait un immense bâtiment.

« Pas de fenêtres ? » demanda-t-elle en l'observant.

Remus lui adressa un sourire serré et la mena jusqu'à la porte. Deux hommes les reniflèrent – Tonks et Remus retinrent tous deux leur respiration – mais après un regard suspicieux et un dernier reniflement, ils furent autorisés à entrer.

Un large groupe de personnes se pressait autour de la porte, retirant des pulls humides et chaussures boueuses Tonks supposa qu'ils venaient juste d'entrer. Tonks et Remus se faufilèrent parmi eux et Tonks rentra dans plusieurs d'entre eux – la plupart se tournèrent et lui crièrent ou lui grognèrent dessus – avant qu'ils aient pu trouver un peu d'espace libre.

L'intérieur était plus grand qu'elle l'avait imaginé et elle se demanda si la magie n'avait pas été utilisé pour agrandir la pièce. La pièce lui rappelait un peu Poudlard, avec de longues tables et un bavardage constant, même si elle pouvait dire tout de suite que c'était un endroit bien plus sinistre que Poudlard ne l'avait jamais été.

« Ce sont des portes ? » murmura-elle, bien consciente d'être entourée par des gens à l'ouïe très fine.

« Tu as le numéro soixante-quatre. » dit Remus.

C'est alors que Tonks remarqua que chaque encadrement de porte portait un numéro. Le soixante-quatre se trouvait à l'exact opposé de la porte d'entrée qu'ils venaient de passer. Ils traversèrent tous les deux la pièce – Tonks percuta encore d'autres personnes et trébucha contre le pied d'un trône très laid – et entrèrent dans la chambre. Tonks se retourna pour fermer la porte … et découvrit qu'il n'y en avait pas.

Remus s'était dirigé directement vers un gros sac et en retira l'un des pulls de Matt. Même s'il se trouvait à l'autre bout de la chambre, il n'avait besoin que d'un pas pour pouvoir le lui tendre.

« Où est la porte ? demanda-t-elle en acceptant le pull. Vous n'avez aucune intimité ou- »

« Je t'ai dit que les choses étaient différentes ici. » répéta Remus, bien plus sinistre qu'avant.

« Mais- mais la vie privée est un droit humain de base- » commença-t-elle.

« Nous ne sommes pas humains. » répondit amèrement Remus.

Tonks ouvrit la bouche pour argumenter et découvrit que techniquement, elle ne pouvait pas.

« Tu crois vraiment ça ? »

« Nous sommes des loups-gar- »

« Tu penses vraiment que tu n'es pas humain ? » dit-elle.

Remus avait l'air un peu surpris par la question.

« Je ne sais pas. » dit-il après un moment, avant de lui lancer un regard curieux.

Tonks se demanda à quoi il pensait, mais il secoua la tête.

« Mets-là. » dit-il en montrant le pull.

Tonks retira celui qu'elle avait métamorphosé chez Remus et le remplaça par celui de Matt. Le nez de Remus se plissa et il hocha la tête.

« Beaucoup mieux. »

Tonks métamorphosa son ancien pull en un anneau d'argent et entreprit de l'enfiler à son doigt. Remus se mit à rire.

« Quoi ? demanda-t-elle. Personne ne va remarquer ça. »

Remus fit la grimace et attrapa l'anneau. Il le garda quelques secondes et le replaça dans la main de Tonks. Ensuite, il lui montra sa paume, qui portait une brûlure rouge en forme d'anneau.

« Oh. » dit-elle.

« Oui. » dit-il, l'air un peu souffrant, mais plus amusé encore.

« Tu n'avais pas besoin de te brûler, dit-elle, exaspérée. En quoi je devrais le transformer ? »

« Tu sais quoi ? dit Remus. Laisse le comme ça. On le mettra sur la stupide chaise de Greyback. Quand il s'assoira, il se brûlera le c- »

« Tu es sérieux ? » demanda-t-elle.

« Sûrement pas, dit Remus avec un petit sourire satisfait qui donnait à Tonks l'impression qu'elle manquait quelque chose. Mais je crois que c'est une bonne idée. »

Il la persuada assez facilement et ils quittèrent la chambre de Matt en parlant à voix basse Remus lui expliqua qu'il comptait faire disparaître la fourrure de Greyback à la prochaine pleine lune. Remus lança même un sort sur l'anneau pour le débarrasser de leurs odeurs Remus le sentit et expliqua qu'il portait l'odeur de plusieurs personnes (sûrement ceux dans qui elle était rentrée) et il le fit léviter jusqu'au trône. Tonks jeta un coup d'œil rapidement autour d'eux, mais personne ne leur accordait la moindre attention.

Ils se rendirent ensuite dans sa chambre – numéro trente-sept – pour que Remus puisse aussi changer de pull et mettre quelques gouttes de Dictame sur sa main. Ensuite, avec une grimace, Remus les mena de nouveau dans la pièce principale.

« On ne peut pas rester dans ta chambre ? » demanda Tonks.

« C'est trop suspect. » dit Remus en levant les yeux au ciel, pour bien montrer ce qu'il pensait de ça.

Ils choisirent un coin au bout du banc, à gauche de la pièce (puisque c'était tout proche des chambres de Remus et de Matt) et aussi parce qu'ils y seraient suffisamment éloignés des autres.

« Greyback vous laisse faire certaines choses ? » demanda-t-elle.

« Respirer, répondit Remus. S'il est de bonne humeur, du moins. »

Il n'avait pas l'air de plaisanter.

« Wow. » dit-elle.

« Tu as vu comment il était, soupira Remus. Il me hait. »

Il n'avait pas l'air particulièrement bouleversé à ce propos, ce qui ne la surprit pas quelqu'un comme Remus n'avait pas à se préoccuper de ce qu'un monstre comme Greyback pouvait bien penser de lui.

« C'est pas seulement ça, pas vrai ? » demanda-t-elle.

Il y avait quelque chose d'autre entre eux, quelque chose qu'elle n'arrivait pas à décrire.

« J'ai peur de ne pas- »

« Il a peur de toi. » dit-elle.

L'utilisation du mot par Remus l'avait fait réaliser que c'était ça.

« N'est-ce pas ? »

Remus n'avait pas l'air surpris par la découverte de Tonks. Remus pencha lentement la tête.

« Pourquoi ? demanda-t-elle, avant de se rendre compte que ce n'était pas très adroit de sa part. Pas que tu ne sois pas … euh … effrayant, juste que tu- »

« Matt, dit Remus, plaçant tant d'emphase dans ce prénom que Tonks ne put s'empêcher de sourire. Pour commencer, je suis très effrayant- »

« C'est ce que je disais. » répondit Tonks, en ricanant.

« Très bien, répliqua-t-il en souriant largement, la faisant rire. Et ensuite, même si je serais très heureux de tout t'expliquer, ce n'est pas le bon endroit pour le faire. »

« C'est pour ça que Greyback a été si discret ces derniers temps, pas vrai ? le pressa-t-elle à voix basse. Personne ne l'a vu à Londres – ou même nulle part d'autre – depuis un mois maintenant. »

Et voilà juste un peu plus d'un mois que Remus avait du précipiter son départ pour sauver Matt.

« Avec Fol-Oeil, on a essayé de comprendre pourquoi- comment on a pu être si bête ? C'est à cause de toi- »

« C'est possible que j'ai contribué. » admit-il.

Tonks se pencha en avant, impressionnée.

« Et bien, bordel, dit-elle en lui adressant un sourire en coin. Ça veut dire que l'affaire ne va pas beaucoup avancer dans les semaines à venir. »

« Désolé pour ça. »

Remus ouvrit la bouche, comme s'il s'apprêtait à ajouter quelque chose d'autre. Il sembla ensuite préférer se retenir. Au moment où Tonks soupirait et se préparait à demander des explications, il reprit la parole.

« Peut-être que tu pourrais utiliser ce temps pour t'occuper de tes problèmes de petit ami. »

Il l'avait dit doucement, lui offrant l'opportunité parfaite pour en parler si elle le souhaitait, tout en lui faisant savoir qu'elle n'avait pas à en parler si elle ne le voulait pas. Quelque chose dans la poitrine de Tonks s'effondra à ce souvenir.

« Peut-être. » confirma-t-elle avec un air triste.

Remus lui lança un regard compatissant.

« Je- non. Je devrais arrêter de t'ensevelir sous mes problèmes. Tu as assez de soucis comme ça. »

« C'est assez rafraîchissant d'entendre des problèmes que je peux aider à régler, dit-il avec un sourire triste. Mais si tu ne veux pas en parler, je ne vais pas insister. »

« Merci. » dit-elle.

« Comment se passe la formation ? » demanda-t-il, estimant que c'était un sujet plus léger.

Ça ne l'était pas, après ce que Keith lui avait dit sur son souhait de la voir abandonner, mais elle appréciait quand même l'effort de Remus.

« Ça se passe bien, dit-elle finalement. J'ai un examen de Filature et tapinois dans quatre jours, qui m'inquiète un peu- »

« Tu connais le sort de la plume factice ? »

« De Fausse plume, oui. Pourquoi ? »

Remus se contenta de sourire et de secouer la tête.

« Comment va Fol-Oeil ? »

« Bien. » dit-elle.

Elle se lança alors dans une description du dernier piège du jardin de Fol-Oeil des gnomes moldus qui l'avaient attaqué avec des petits marteaux et qui l'avaient fait trébuché avec leur cannes à pêche.

« Je suis sûre qu'il n'arrête pas d'en racheter d'autres, parce qu'ils sont irréparables au moment où j'en ai fini avec eux. Pourtant, à chaque fois que j'y retourne, il y en a dix de plus ! »

Remus se mit à rire.

« Et les recherches ? demanda-t-il. Comment ça se passe ? »

« Pas de traces de Sirius et de Harry, mais tu es presque viré. » dit-elle sur un ton désolé.

Remus ne semblait pas particulièrement perturbé à cette idée, mais elle supposait qu'il avait eu un bon moment pour s'y faire et qu'il avait eu un avant-goût de la vie sans les recherches en vivant ici.

« A la fin de la semaine, je pense que Malefoy aura viré- »

Elle se tut, car pour une raison étrange, elle était la seule à parler dans la pièce. Remus s'était figé.

Un porte claqua et Tonks se demanda si Greyback était revenu. Il n'était pas à côté de la porte, mais Greentooth et Yellowpaw, tout comme plusieurs autres jeunes du même âge, étaient positionnés en face d'elle, comme des gardes du corps.

« Qu'est-ce que- » commença-t-elle dans un murmure, mais Remus secoua la tête et elle se tut.

Ses yeux étaient fixés sur Greyback, que Tonks pouvait maintenant voir debout devant son trône. Dans sa main se trouvait l'anneau d'argent.

« Elle est là. » annonça-t-il.

Tonks n'avait pas besoin de regarder Remus pour savoir qu'il était aussi horrifié qu'elle.

« Je pensais que tu avais enlevé mon odeur. » souffla-t-elle, sans le regarder.

« Je l'ai fait, souffla Remus en retour. Je ne sais pas comment- »

Greyback porta l'anneau à son nez et inspira profondément. Tonks était sûre que ses doigts étaient en train de brûler, mais il n'avait pas l'air de s'en soucier.

« Approche-toi, ma belle, dit Greyback. Je sais que tu es là. »

Tonks était absolument immobile. Le silence tomba à nouveau.

« Tu veux jouer ? demanda Greyback. Greentooth ! Personne n'entre, ni ne sort, tant qu'elle n'est pas découverte. »

Près d'elle, Remus jura.