Salut à tout le monde ! J'ai adoré vos réactions au dernier chapitre, merci beaucoup d'ailleurs ! Alors je vous disais que j'adorais le dernier chapitre, mais en fait, c'est vraiment pas le seul que j'adore. Du coup, je vous souhaite une très bonne lecture. A très vite ! Et désolé d'avance pour la fin de ce chapitre ! (Mouhahaha)


« Il ne répond toujours pas, dit Dora en lâchant son Sidekick sur ses genoux. Tu penses que c'est mauvais, quoi qu'il se passe là-bas ? »

« Je ne sais pas. » dit Remus, mais il était sûr que c'était le cas.

Il n'avait pas menti quand il avait dit à Marlène et à Dora que le Square Grimmaurd était vide, à l'exception de Kreattur. Il savait aussi que Marlène n'était pas du genre à fuir ses engagements – comme le fait de veiller sur Dora – à moins qu'il y ait une très bonne raison. Et de ce que Remus connaissait de Marlène, ça ne pouvait être qu'à cause de Sirius.

Il ne savait pas où était Sirius ou si Harry était avec lui et il ne savait pas s'il avait réussi à s'échapper ou s'il avait été attrapé. Le pire, c'était que Remus ne pouvait rien faire pour lui – ou eux, si Harry était avec Sirius. Comme si ce n'était pas suffisant, il y avait également le fait que Greyback en avait après Dora. Contrairement à la situation de Sirius et de Harry, au moins là, Remus pouvait agir. Elle semblait rassurée de l'avoir à ses côtés et Remus se sentait mieux de savoir qu'elle était là et qu'elle était en sécurité.

Plus ou moins en sécurité après avoir entendu Greyback transplaner dans le jardin, ils s'installèrent sur le canapé et y restèrent toute la nuit, tous les deux trop inquiets pour s'endormir, mais jusque là, Greyback n'avait pas approché la maison.

Greyback avait passé la nuit dans le jardin de Remus et cela n'avait pas échappé à Remus qu'il avait choisi de s'asseoir à l'endroit exact où il avait mordu Remus voilà des années. Dora avait voulu partir aussitôt que Greyback était arrivé, mais Remus l'avait convaincu de rester là s'ils s'en allaient par la Cheminée, l'un d'eux serait seul dans la maison pendant quelques secondes et ça pourrait être fatal. Greyback entendrait également l'adresse où ils iraient et serait capable de les suivre. S'ils transplanaient, il serait également capable de les trouver – il avait réussi les suivre jusque-là et Remus était incapable de comprendre comprendre il avait fait – et ils n'avaient pas vraiment d'autres endroits où aller.

Et Marlène a dit qu'elle viendrait nous rejoindre, ajouta mentalement Remus. Par chance, elle emmènerait d'autres personnes avec elle et ils pourraient … arrêter Greyback ? Emmener Dora – et Remus, parce qu'il était impliqué aussi maintenant – dans un lieu sûr ? Il ne savait pas.

Il y eut une tape contre la fenêtre et Dora laissa échapper un cri. C'était seulement Stryx cependant, qui amenait la Gazette du Sorcier. Remus agita sa baguette en direction de la fenêtre qui s'ouvrit suffisamment longtemps pour laisser le temps à Strix d'entrer, avant de la refermer et de la verrouiller. Strix lâcha le journal sur les genoux de Remus et alla se poser sur le bras de canapé près de Dora à la recherche d'une caresse. Elle lui caressa vaguement les plumes, avant de se lever.

« Où tu vas ? » demanda Remus.

« Je vais attraper un livre, dit-elle en baillant. Ça va aller ? »

Remus acquiesça. Elle s'en alla et il déplia le journal. Son cœur s'arrêta. DES ENNUIS POUR SIRIUS BLACK disait le titre qui prenait quasiment la page entière. Remus se leva d'un coup, le journal serré dans son poing, et se rendit à l'évier pour se passer de l'eau sur le visage. Il regarda le journal de nouveau, mais le titre n'avait pas changé.

J'imagine que c'est vrai alors, pensa-t-il en s'effondrant sur une chaise autour de la table. Ses mains tremblaient alors qu'il étalait le journal pour le lire.

Sirius a été capturé par les Aurors sur le Chemin de Traverse la nuit dernière, mettant fin à quatorze mois de cavale. Black a désormais été placé en détention par le Ministère et placé dans un lieu sûr, mais inconnu. Harry Potter a également été retrouvé et emmené dans un lieu gardé secret pour sa propre sécurité.

Black a été repéré presque par hasard par l'un des Aurors du Ministère dans l'Allée des Embrumes. La magie noire qui émanait de lui a été suffisante pour déclencher le détecteur de magie noire que portait le dit-Auror. Une fois Black occupé ailleurs, elle a appelé ses collègues pour sécuriser l'Allée. Alors que Black et Potter retournaient sur la route principale, sa magie noire avait été dissimulé, mais par chance, il était toujours reconnaissable. Les Aurors mènent l'enquête dans le magasin en question pour déterminer quels sont les sortilèges utilisés par Black pour masquer-

Remus ne pouvait en lire plus. Il lâcha le journal comme si c'était un insecte venimeux et gluant et se leva pour passer de nouveau de l'eau sur son visage.

Il essuya ses yeux, avant de jurer, de sursauter et de se reculer de l'autre côté de la fenêtre se tenait Greyback. Il souriait en montrant toutes ses dents, un sourire qui promettait de la souffrance, et ses yeux étaient si brillants qu'ils avaient l'air fiévreux.

Remus s'immobilisa, la bouche ouverte. Greyback se contenta de l'observer.

« Remus ? »

Dora était de retour, tenant Caméléon humain.

« Qu'est-ce que tu regardes ? »

« Il était- »

Greyback avait disparu, mais était certainement toujours dans le coin Remus ne l'avait pas entendu transplaner.

« Greyback était là, dit Remus entre ses lèvres serrées. Juste derrière la fenêtre. »

Dora sortit sa baguette et regarda autour d'eux nerveusement comme si elle s'attendait à ce que Greyback sorte de derrière le canapé. Arrivé là, ça n'aurait même pas surpris Remus.

Ça devient ridicule, pensa-t-il en frissonnant. Ils étaient en sécurité dans la maison pour le moment, Greyback devenait plus courageux. Il avait été heureux de pouvoir jouer avec eux pendant quelques temps, mais Remus savait qu'il commençait à s'ennuyer. Une fois que cela arriverait vraiment, ce ne serait qu'une question de temps pour qu'il annule les sorts sur les fenêtres et les portes ou qu'il transplane à l'intérieur. Ou peut-être exploserait-il même un trou dans le mur de la maison et rentrerait par là.

Et quand cela arriverait, les choses allaient être moches. Greyback n'allait pas négocier. Il y aura un combat – magique ou physique selon son état d'esprit. Peut-être que ce serait une combinaison des deux. Remus avait sauvé plusieurs fois Greyback en refusant de le dénoncer aux Aurors ou à Dumbledore. Il n'aimait pas ça, et c'était uniquement dans le but de protéger les personnes qui vivaient au camp, mais il l'avait fait.

Maintenant cependant, lui et Dora étant menacés, Greyback l'empêchant d'aller retrouver Sirius et Harry, Remus était tenté de faire tout ce qu'il en coûtait pour se débarrasser de lui. Et les choses rendues à l'état actuel, Remus ne pouvait imaginer autre chose que Greyback tué ou capturé.

Il faudrait qu'il soit capturé, pensa sinistrement Remus la mort de Greyback créerait plus de problèmes qu'elle n'en résoudrait. Même sa capture allait menacer tout le monde au camp. Il y avait peut-être une façon d'arranger ça, cependant …

L'heure suivante se passa dans un silence uniquement brisé par Dora qui fermait et rouvrait son Sidekick – c'était un tic nerveux qu'elle semblait avoir développé dans la nuit, pas inutile car il lui permettait de garder l'objet dans la main – ainsi que par les pages tournées Dora et Remus s'étaient tous deux plongés dans leurs livres respectifs, pas aussi attentifs qu'ils ne l'auraient habituellement cependant. Remus garda l'oreille dressé à l'écoute de Greyback et vérifiait régulièrement les portes, les fenêtres et les coins de la pièce, juste au cas où.

« Remus. » dit Dora, tandis qu'il tournait une page.

« Hmm ? »

« Il est toujours dehors ? »

Remus se leva et jeta un œil par la fenêtre.

« Oui. »

Il était retourné à sa place sous l'arbre et observait fixement la maison.

« Où ? »

« Juste sous l'arbre. » dit Remus en lui adressant un drôle de regard.

Ses yeux se baissèrent sur son Sidekick, qui était ouvert sur ses genoux. Remus arqua un sourcil et elle acquiesça. Remus aurait pu pleuré de soulagement.

« Au fond de mon jardin, où il est resté toute la nuit. » ajouta Remus, ne pouvant qu'entendre des murmures qui sortaient du Sidekick.

« Tu penses qu'il a sa baguette ? » demanda Dora.

C'est parfait. Donne-leur autant d'informations que possible sans que Greyback ne le remarque.

« Probablement, dit Remus. Il a transplané jusqu'ici, pas vrai ? »

« Ouais, j'suppose. Tu crois qu'on est en sécurité ici ? »

« Pour l'instant. Quand il décidera de rentrer, c'est là qu'on aura un problème et franchement, je suis surpris qu'il ait déjà attendu si longtemps. »

« Tu penses que les Aurors vont venir, Remus ? » demanda Dora d'une toute petite voix, visiblement stressée.

Elle faisait semblant son odeur était plutôt calme, mais Remus était sûr que Greyback serait excité à l'idée de lui faire peur.

« Je ne sais, dit-il en essayant d'avoir l'air misérable. Même s'ils viennent, ses sens sont si bons qu'ils n'auront aucune chance de l'attraper. »

Remus ne pensait pas que c'était vrai s'ils avaient réussi à attrapé Sirius, ils pourraient capturé Greyback. C'était plutôt qu'il avait besoin de les informer concernant ses sens aiguisés, comme un avertissement.

« Fais-le entrer dans la maison. »

La voix de Fol-Oeil était si basse que Remus pouvait difficilement l'entendre. Dora ne semblait même pas l'avoir entendu. Fol-Oeil ajouta quelque chose d'autre qui était même trop discret pour Remus, mais il ne pouvait pas vraiment demander à Fol-Oeil de répéter ou risque que Greyback ne comprenne. Remus murmura un mot inventé.

« Quoi ? » demanda Dora.

Remus sourit.

« Envoie un message quand il est à l'intérieur. On transplanera et on le capturera. » dit Fol-Oeil.

« Je disais qu'on allait s'en sortir. » dit Remus.

Il utilisa sa baguette pour écrire 'Fol-Oeil a dit de l'attirer à l'intérieur, de lui envoyer un message avec ton Sidekick. Après, il faudra le distraire suffisamment longtemps pour qu'ils le capturent'. Dora acquiesça, les yeux écarquillés et Remus agita sa baguette. L'écrit disparut en fumée.

« Espérons. » dit-il en poursuivant leur fausse conversation.

Ils se turent et Remus eut une idée soudaine.

« Pourquoi tu n'irais pas prendre une douche ? »

« Une- »

Dora leva un sourcil et il lui adressa un regard implorant. Elle acquiesça lentement.

« Oui, ça me fera du bien. Tu vas- »

« Ça ira. » dit-il.

Elle se leva, la main sur son Sidekick, et traversa la pièce. Ses cheveux raccourcirent pour exposer sa nuque et alors, comme si quelqu'un était derrière elle avec une plume et la cape d'invisibilité de James – Remus se demanda ce qu'il lui était arrivé – les mots 'Sois prudent' apparurent. Ensuite, sa peau reprit une couleur normale et elle disparut dans le couloir.

Remus patienta jusqu'à entendre l'eau couler, avant de se lever et d'agiter sa baguette en direction de la porte d'entrée, qui s'ouvrit. Greyback patientait sur le palier.

« Il était temps. » dit-il en lorgnant sur Remus.

Remus garda sa baguette levée c'était un avertissement, pas une menace. La baguette de Greyback était dans son poing, son bras le long de son corps, mais les jointures de ses doigts étaient blanches.

« Je dois avouer que je m'attendais à ce tu m'invites plus tôt. »

Remus était déconcerté par le fait que Greyback semblait savoir ce qu'il aurait fait, avant qu'il ne le sache lui-même. Cela devait être visible sur son visage ou dans son odeur, parce que Greyback laissa échapper un rire.

« Je vais poser ma baguette sur la table, dit Remus. Ensuite, tu vas faire la même chose. »

Greyback sembla y réfléchir, mais cela ne prit pas longtemps. Greyback était un sorcier compétent, mais ils savaient tous les deux qu'il serait chanceux s'il réussissait à battre Remus en duel. Ils savaient aussi que Greyback pouvait gagner facilement n'importe quelle confrontation physique et que Remus abandonnait donc le seul avantage qu'il avait. Greyback tourna sa baguette et la tendit à Remus, qui la prit.

« Tu penses que c'est malin ? » demanda Remus en se reculant, au cas où Greyback déciderait de la récupérer.

« Tu es trop honnête pour m'attaquer sans provocation. » dit Greyback.

« Vraiment ? » demanda Remus en sachant que c'était vrai.

Greyback prit ses aises et s'installa sur le canapé que Dora et lui venaient de quitter, tandis que Remus plaçait leurs deux baguettes sur le plan de travail de la cuisine mieux valait les éloigner le plus possible de Greyback, même si cela voulait dire les éloigner de Remus également. Il fit délibérément tomber la bouilloire si Dora n'avait pas réalisé que Greyback était entré, il espérait qu'elle interpréterait le bruit comme un message.

« Assieds-toi. » dit Greyback en tapotant le canapé.

Remus reposa la bouilloire et opta pour le fauteuil.

« Maintenant. Tu te souviens ce que je t'ai dis par rapport au comportement suspect ? »

Remus lui lança un regard de pierre.

« Je suis un homme patient, Lupin- »

Remus renifla et la lèvre de Greyback se leva.

« -mais je n'ai plus de patience. Tu t'entiches des Aurors maintenant. Tu penses vraiment qu'ils peuvent te protéger ? »

Il y eut un bruit dans la salle de bain.

« Ou peut-être que c'est toi qui les protège. »

« Peut-être. » dit Remus.

« Je dirais bien que je suis désolé, dit Greyback. Sauf que je ne le suis pas. »

Greyback tira une autre baguette de sa robe élimée et la respiration de Remus s'arrêta.

« Je ne vais pas te tuer. » claironna Greyback en se levant.

Il tapota la tête de Remus – Remus s'écarta, mais il n'allait pas faire un scandale alors que Greyback pointa une baguette sur son visage.

« Je vais juste m'assurer que tu n'interfères pas. »

Il observa à nouveau Remus.

« Quel dommage que tu sois trop honnête pour avoir gardé ces deux baguettes, hein ? »

« Vas-y alors, dit Remus. Stupéfixe-moi. »

Il pensait que Fol-Oeil ne devait pas être loin. Il croyait Greyback quand il disait qu'il n'allait pas le tuer – Greyback ne se serait pas embêté à mentir à propos de ça – et Dora avait sa baguette et son Sidekick, alors elle serait en sécurité jusqu'à l'arrivée de Fol-Oeil. Même si Greyback la désarmait – ce à quoi Remus ne voulait pas penser – il voulait être capable de lui parler avant d'infliger de véritables dommages.

« Te stupéfixer ? dit Greyback en riant. Non, fils. Tu vas écouter. Tu vas l'entendre mourir en sachant que c'est ta faute. Tu vas- »

Plusieurs choses se passèrent à cet instant-là : l'eau de la salle de bain s'arrêta, les Aurors apparurent autour de la maison avec une synchronisation parfaite – tout ce que Remus avait entendu n'était qu'un seul pop bruyant, qui avait à peine résonné – et Remus arracha la baguette de la main de Greyback. Ça n'aurait jamais été possible si Greyback n'avait pas été distrait par tous les bruits. Greyback laissa échapper un hurlement de fureur et se jeta sur Remus qui avait réussi à lever la baguette à temps.

« Protego ! »

Greyback percuta le bouclier et rebondit. Il s'écrasa sur la table basse qui se brisa, avant se lever à nouveau, haletant, les yeux fous et les dents en évidence. Strix hulula, mal à l'aise.

Si un regard pouvait tuer, pensa Remus en tenant fermement sa baguette. La porte de la salle de bain cliqua et le parquet craqua. La tête de Remus se tourna dans cette direction et du coin de l'œil, il vit Greyback plonger. Il se tourna, mais il était trop lent-

« Stupéfix ! » s'écria Dora en apparaissant dans le couloir.

Greyback tomba sur le sol. La seconde d'après, la porte d'entrée de Remus sortit de ses gonds et Fol-Oeil débarqua, suivi par six autres Aurors.

« Incarcerous. » aboya-t-il sans sourciller.

Des cordes s'enroulèrent autour du corps immobile de Greyback. Remus se laissa tomber dans son fauteuil. Dora s'assit où elle se trouvait, dans le couloir, en laissant échapper un son entre le rire et le sanglot. Fol-Oeil ordonna aux autres Aurors de ressortir – l'un d'eux répara gentiment la porte de Remus au passage, tandis que deux autres attrapaient Greyback – et alla rejoindre Dora.

Remus jeta un œil autour de lui pour s'assurer que lui et Dora étaient distraits et il leva la baguette de Greyback, murmurant l'incantation qu'il avait trouvé dans l'après-midi. Greyback s'affaissa un peu plus, si cela était possible, et Remus sut que ça avait marcher Greyback ne se souviendrait pas de l'implication de Remus dans sa capture – il penserait qu'il avait été arrêté près de la maison de Marlène à Londres (puisque Greyback avait du y aller à un moment ou il n'aurait jamais pu savoir que Remus était impliqué et il n'aurait donc pas eu idée de visiter la maison de Remus) – et que Remus avait été appelé par les Aurors car il connaissait Greyback.

Greyback se souviendrait de Remus lui proposant de retirer la location du camp de son esprit et de lui acceptant la proposition – Remus avait véritablement effacé cette information pour les Aurors ne puissent pas trouver le camp. Non seulement cela protégeait le camp – ce qui avait constitué la plus grande inquiétude de Remus concernant l'arrestation de Greyback – mais cela laissait aussi la relation de Remus et de Greyback à un point neutre, ce qui voulait dire que Remus sera capable de retourner au camp.

Et puisque Remus savait que Voldemort allait revenir – grâce aux Horcruxes – il était crucial que que Remus n'altère pas complètement la relation qu'il avait avec Greyback et le clan. Il pouvait l'énerver – il le faisait régulièrement – mais il ne voulait pas détruire la relation déjà instable qu'il avait avec Greyback au-delà de la raison. L'avoir fait arrêté l'aurait probablement détruite.

« T'es blessé, Lupin ? » demanda Fol-Oeil en boitant vers lui, Dora sur ses talons.

« Non, je vais bien. » dit Remus.

Dora croisa son regard. Elle ne sourit pas, ni ne parla, mais elle ne semblait pas en avoir besoin. Remus avait compris et il pensa qu'elle le comprenait aussi. Il alla retrouver sa baguette et celle de Greyback sur le plan de travail de la cuisine et aperçut le journal.

Sirius et Harry. Il se sentit honteux de devoir admettre qu'il n'avait pas beaucoup pensé à eux ces dernières heures. Il se demanda si Fol-Oeil savait ce qu'il se passait ou s'il devrait aller à Poudlard pour obtenir des nouvelles de Dumbledore. Peut-être que je pourrais même passer chez Marlène …

« A qui ça appartient ? » demanda Dora en fronçant les sourcils face aux trois baguettes que Remus tenait dans la main.

Remus rangea la sienne.

« Elles sont toutes les deux à Greyback. »

« Il en avait deux ? » demanda Fol-Oeil, troublé.

Il tendit la main et Remus les lui donna. Fol-Oeil les examina et les rangea en sûreté dans une poche de sa robe.

« On devrait y aller Scrimgeour va vouloir vous parler à tous les deux. »

« Je pense vraiment que je devrais- »

Fol-Oeil posa à la fois son œil magique et son œil véritable sur Remus.

« Le Ministère est bien l'endroit où tu veux être, mon gars, dit-il en adressant à Remus un regard éloquent. Crois-moi. »


« Toutes mes excuses, mes amis. » dit Albus en agitant sa baguette.

« L'audace des gens de nos jours ! » s'exclama le portrait de Phineas Nigellus.

Une toile de magie se fixa d'elle-même sur son portrait, ainsi que sur tous les autres ils seraient capables de parler à Albus, mais ils ne pourraient pas capable d'entendre ses réponses ou de le voir. Un très vieux sort lancé bien avant la direction d'Albus s'assurait du fait que les portraits ne discutaient pas de ce qu'ils voyaient ou entendaient dans le bureau, mais avec la conversation qu'il allait avoir …

Il vaut mieux être sûr.

L'un des bibelots argentés sur la table dans le coin du bureau d'Albus émit une lumière blanche. Fumseck leva la tête, curieux, mais il vivait dans ce bureau depuis trop longtemps pour être surpris.

« Entrez ! » lança-t-il.

La porte s'ouvrit et Severus entra.

« Vous vouliez me voir, Dumbledore ? » demanda-t-il en se laissant tomber sur une chaise de l'autre côté du bureau d'Albus.

« En effet, répondit Dumbledore. J'ai une tâche pour vous, Severus. »

« Magnifique. » dit Severus en ayant l'air de penser que c'était tout sauf magnifique.

Albus ne pouvait pas vraiment l'en blâmer la dernière chose qu'Albus lui avait demandé – en plus des requêtes habituelles, comme parler poliment aux autres membres de l'équipe éducative ou éviter de terroriser les étudiants (en particulier les premières années de Gryffondor et de Poufsouffle) – avait été de donner des leçons au jeune Drago Malefoy. Il ne pensait pas que Severus lui avait pardonné cette demande, ce qui était malheureux, en particulier à cause de la nouvelle demande qu'il allait faire.

« Avez-vous lu la Gazette aujourd'hui, Severus ? » demanda Albus, pour gagner du temps.

« Vous savez que je m'ennuie rarement avec ce torchon. » ricana Severus.

« Je dois admettre que les histoires sont parfois juteuses, mais ils ont d'excellents mots croisés- »

« Qu'est-ce qu'il y avait dans le journal ? » le coupa Severus.

« Sirius et Harry ont été attrapé hier soir. »

Severus pâlit.

« Le garçon va bien. » dit Albus.

« Et Black ? demanda Severus, nerveux. Il a reçu le Baiser ? »

« Êtes-vous inquiet, Severus ? demanda Albus. J'aurais pensé que vous, plus que d'autres, auriez été heureux de savoir que l'homme responsable de la mort de Lily Potter avait été appréhendé. »

Severus essaya de lui lancer un regard mauvais, qui tomba à l'eau car il avait toujours l'air anxieux. Dumbledore se questionna là-dessus – lui-même ne s'inquiétait pas beaucoup du bien-être de Sirius et Albus se savait pourtant bien plus clément que Severus.

« Non, dit-il finalement. Sirius est enfermé au Ministère. »

Severus renifla en entendant cela, bien qu'Albus ne comprit pas vraiment pourquoi.

« La tâche, Dumbledore ? » demanda impatiemment Severus, après un silence.

« Ah, dit Albus. Oui. J'ai reçu une lettre de Dolorès Ombrage. Elle veut Harry hors du Ministère et dans une maison convenable d'ici demain matin- »

« Absolument pas ! gronda Severus en sautant sur ses pieds. Je ne prends pas le garçon ! Il peut retourner chez sa tante- »

« Asseyez-vous, Severus, dit Albus, amusé. Je ne vous demanderais jamais d'adopter le garçon – pour votre bien et le sien. »

Severus hésita et se rassit.

« J'ai prévu de ramener Harry à Pétunia et Vernon- »

« Qu'est-ce que je fais là alors ? »

« Je vais passer la majorité de mon temps au Ministère jusqu'à ce que cette histoire de garde soit bouclée, soupira Albus. Je ne voudrais pas que Dolorès Ombrage donne le garçon à la première famille sorcière qui montrerait un intérêt. »

« Il y a sûrement des lois qui interdisent- »

« Il y en a si l'enfant en question a des parents ou un tuteur. Actuellement, Harry Potter n'en a pas. Pas légalement, admit Albus, quand la bouche de Severus s'ouvrit. Ce qui veut dire que le Ministère peut faire ce qu'il veut et que Sirius peut réaffirmer le souhait de James et Lily qui était que Harry vive avec lui. Au Ministère ou à Sirius d'obtenir le contrôle légal de Harry ... »

« Alors qu'allez-vous faire ? » demanda Severus, l'air inquiet.

Albus sortit une masse de documents de son tiroir.

« Un faux ?! Vous allez falsifier- »

« Pétunia est une mieux tutrice pour le garçon que n'importe quelle personne que le Ministère trouverait- »

Idéalement, Albus aurait donné le garçon à Remus – il pensait qu'ils aimeraient tous les deux cela – mais le Ministère ne l'autoriserait jamais.

« -même si elle l'accepte par devoir et non par amour. Personne ne peut contredire le fait qu'un membre de sa famille n'a aucun droit sur lui et les documents légaux du monde moldu sont respectés dans notre monde. J'aurais du lui faire signer ces documents depuis des années, quand elle a prit le garçon en charge la première fois, mais avec tout ce qu'il se passait … Je n'ai jamais imaginé que quelque chose comme ça puisse arriver ... »

« C'est vraiment le meilleur endroit pour le gosse ? »

« Il sera en sécurité. » dit sinistrement Albus.

L'année passée lui avait ouvert les yeux sur l'enfance de Harry le garçon ne semblait pas très attaché aux membres de sa famille, et c'était réciproque. Albus avait espéré donner à Harry une enfance heureuse et il semblait qu'il avait échoué, mais il avait réussi à protéger Harry du monde sorcier et de sa célébrité – jusqu'à ce que Sirius débarque dans leurs vies et ruine cela.

Désormais, Dumbledore savait qu'il n'y avait rien d'autre que la sécurité qui attendait Harry chez les Dursley. Il se sentait absolument déchiré à l'idée de forcer le garçon à retourner dans une maison où il n'avait jamais été particulièrement heureux et où l'amour familial était enterré si profondément qu'il n'atteignait plus jamais la surface. Ce n'était pas juste pour le garçon qui avait déjà perdu tant, qui avait traversé tant d'épreuves, mais cela et un repos hebdomadaire était la meilleure chose qu'Albus pouvait lui offrir jusqu'à ce qu'il commence Poudlard.

« Plus en sécurité que dans une famille sorcière ? demanda Severus, dubitatif. Il a été exposé- »

« Il restera avec Remus pendant les week-ends – sans que le Ministère le sache, bien sûr, dit Albus. Et oui une fois Voldemort de retour, Harry ne trouvera pas d'endroit plus sûr que chez sa tante et son oncle, derrière les protections. »

« Elles ont été détruites quand Black- »

« Elles peuvent être recréées. »

Albus avait bien prévu de le faire et il se débrouillerait également pour empêcher Sirius d'y entrer, bien que ça n'aurait probablement aucun intérêt maintenant que le Ministère l'avait en sa possession, Sirius allait soit recevoir le Baiser du Détraqueur, soit être enfermé. Il était donc improbable qu'il puisse essayer de retrouver Harry.

« Je ne vois toujours pas où j'interviens, Monsieur le Directeur. »

« Pétunia va avoir besoin qu'on lui explique la situation. Elle sera réticente à reprendre le garçon et nous ne pouvons pas laisser le Ministère voir ça. Elle doit remplir ces papiers- »

Albus glissa les formulaires vers Severus.

« -et ensuite, vous irez tous deux à cette adresse. »

Il tendit une carte appartenant à un Cracmol qui était avocat et qui était un bon ami à lui. Il serait prêt à aider, Albus le savait, et il ne dirait rien.

« Vous me rejoindrez ensuite au Ministère pour arranger cette affaire. »

« Vous voulez que moi, j'y aille ? demanda Severus en repoussant la carte. Je comprends que vous soyez occupés, mais pourquoi moi ? Pourquoi pas Minerva ou votre précieux Lupin ou même McKinnon- »

« Pétunia vous connaît. » dit Albus il avait anticipé cette question.

« Je suis le garçon qui a volé sa sœur. » cracha Severus.

« Elle vous connaît, répéta Albus. Pétunia serait bien plus encline à accepter ça si ça vient de quelqu'un de familier et si rien ne la convint, elle saura que vous avez les intérêts du fils de Lily à cœur. »

Severus n'avait pas l'air heureux à propos de ça, mais Albus ne s'attendait pas à ce qu'il le soit. Il le foudroyait intensément du regard, réfléchissant fortement. Albus glissa une confiserie dans sa bouche et la suçota tout en patientant. Une minute.

Deux.

Quand Severus leva la tête, il avait si furieux qu'Albus sut qu'il était d'accord. Il rassembla tous les papiers dans ses mains sans un mot et s'apprêta à partir.

« Merci, mon garçon. » dit Albus en souriant à son dos.

« J'espère que vous allez vous étouffer avec ce bonbon au citron. » le railla Severus, avant de partir.


Pétunia,

Si tu ne veux pas lire ça maintenant, s'il te plaît, ne le jette pas. Il y a des choses que tu dois savoir.

Harry et moi avons été capturé par le Ministère. Je ne sais pas ce qu'il va m'arriver, mais je peux faire des hypothèses concernant Harry. Il y aura une bataille pour sa garde, une bataille dans laquelle Dumbledore voudrait certainement vous intégrer. Je sais que tu détestes notre monde et je m'excuse donc par avance pour tout ceci.

Je sais que tu ne veux pas de Harry et je sais que tu ne nous dois rien, mais je dois te demander de le reprendre malgré tout. Crois-moi quand je dis que je ne le demanderais pas si j'avais pu pensé à une meilleure option. Je promets de revenir le chercher. Si j'obtiens un procès, ça arrivera vite. Si les choses ne se passent pas comme ça, ça pourrait être un peu plus long.

Le livre contient un chapitre sur le lien entre les lois moldues et les lois sorcières. Si tu reprends Harry, le lire ne serait pas une mauvaise idée.

Sirius Black

Pétunia l'avait relu tant de fois que le parchemin s'était complètement adoucie. Elle avait reçu le hibou le matin même – par chance, Vernon était au travail et Dudley à l'école – et n'avait pas réussi à faire partir l'horrible créature à moins de prendre le paquet et le message qu'elle portait.

Le message et le paquet – qui d'après le message contenait un livre – avaient été directement jeté dans le placard sous l'escalier et caché sous le minuscule lit qui était toujours là. Elle était partie nettoyer la cuisine, mais finalement, sa curiosité l'avait emporté et elle était retournée chercher la note.

Globalement, il la troubla. Elle savait que Sirius Black avait une mauvaise réputation, mais puisqu'elle savait qu'il n'avait pas vraiment kidnappé le garçon, elle imaginait que la plupart de ses crimes étaient exagérées. Il semblait cependant que le reste du monde ne l'avait pas compris – Pétunia supposa que personne n'avait pas sa capacité à déceler mensonges et vérités – et donc Sirius avait été arrêté, et Harry était avec lui, ce qui était malheureux. Elle n'avait pas beaucoup d'intérêt pour le garçon, mais elle ne lui souhaitait rien de mal, particulièrement depuis que ce n'était plus à elle de s'en occuper.

Seulement, peut-être que ça va être de nouveau le cas. La mention de Sirius à propos de la garde était ridicule le garçon devrait être avec lui, était à lui. Il voulait le récupérer, contrairement à Pétunia. Ce n'était pas compliqué et elle n'avait aucune envie d'être impliqué dans d'étranges affaires à propos de quelque chose de si ridicule-

La sonnette retentit et Pétunia sursauta. Elle replaça la lettre dans le placard sous l'escalier en se rendant dans l'entrée. Elle n'avait pas vraiment envie de répondre à la porte. Elle avait l'horrible impression que ce serait Dumbledore ou un autre monstre, venu pour l'emmener au tribunal.

Aucune manière, ces gens-là, pensa-t-elle férocement. Elle ouvrit la porte et se figea.

« Pétunia. » dit le fils Rogue – un homme maintenant.

Il avait remplacé son horrible blouse pour une robe noire, mais ses cheveux gras, son nez crochu et ses yeux noirs étaient toujours les mêmes. Il tenait une pile de papiers.

« Toi. » réussit-elle à dire.

« Je peux entrer ? demanda-t-il en regardant dans la maison. Je doute que tu veilles que tes voisins me voient ici. »

Il lui adressa un sourire mauvais.

« Ils pourraient poser des questions. »

Oui. Les voisins. Pétunia se secoua.

« Entre, alors. » s'écria-t-elle, laissant Rogue s'exécuter.

« Est-ce qu'il y a un endroit où l'on peut parler ? »

« Le salon. » dit-elle à contrecœur.

Elle n'arrivait pas à savoir si elle était contente que Vernon ne soit pas là pour voir ça ou si elle aurait voulu qu'il soit là pour la soutenir. Rogue s'assit et Pétunia ferma les rideaux avant de s'asseoir en face de lui.

« Que veux-tu ? » demanda-t-elle, lorsqu'il ne dit rien.

Il lança un sourire narquois, comme si elle venait de lui prouver qu'il avait raison.

« Sirius Black a été arrêté. »

« Je suppose que c'est une bonne nouvelle, non ? demanda-t-elle férocement. Qu'est-ce que c'est ? »

Rogue lâcha les papiers sur la table basse et les poussa vers elle.

« Des papiers d'adoption. » dit-elle en fronçant les sourcils dans sa direction.

« Le Ministère de la Magie- »

« Ne dis pas ce mot ! »

« Le Ministère, dit Rogue, s'arrêtant quelques secondes pour que son esprit remplisse les blancs. Travaille – pendant que nous parlons – à envoyer Potter vivre avec une famille sor- non-moldue. Dumbledore est opposé à ça, pour des raisons qui ne t'intéresse pas. »

« Ils sont datés de novembre, il y a neuf ans. » dit-elle en regardant les formulaires.

« Le Ministère n'oserait pas enlever Potter à ses tuteurs légaux, même s'ils sont moldus. »

« Tu imagines que je veux reprendre le garçon. »

« J'imagine que tu veux que le garçon soit en sécurité, s'écria Rogue. Bien que je ne t'accorde là plus de crédit que tu en mérites. »

Il laissa son commentaire planer.

« Remplis ça. Ensuite, nous allons chez l'avocat de Dumbledore, puis au Ministère. Tu pourras avoir le go- garçon à la maison ce soir. »

« Non. » dit Pétunia, prenant sa décision.

Ce n'était pas une décision concernant ce qu'elle allait faire, mais c'était une décision sur le fait qu'elle avait besoin de plus de temps pour réfléchir.

« Non ? » demanda-t-il, incrédule.

« Tu m'as entendu, dit-elle sèchement. J'ai déjà des projets pour la journée. »

« Déprogramme-les. » lui dit-il.

« Non. Je suis libre demain. Tu peux revenir à ce moment-là. »

« C'est ton neveu- »

« Je sais ce qui est en jeu. » dit-elle.

Rogue l'observa un long moment et soupira.

« Je serais là à neuf heures demain matin, dit-il platement. A ce moment-là, tu auras rempli ces papiers et tu seras prête pour aller chez l'avocat. Suis-je clair ? »

« Neuf heures et demi. »

« J'ai dit neuf- »

« Je dois emmener Duddy- »

Pétunia s'éclaircit la gorge.

« -Dudley à l'école. Neuf heures et demi. »

« Neuf heures et demi, cracha-t-il. En attendant, travaille là-dessus. »

Il n'attendit pas qu'elle le raccompagne il disparut simplement avec un pop, sous ses yeux.

Pétunia se servit une tasse de thé et commença à le boire en lisant à nouveau le message de Sirius et le chapitre du livre qu'il avait recommandé. Malgré elle, elle était intéressée et elle avait un plan dans la tête dès qu'elle eut fini son thé elle doutait assez que ce fut le plan que Sirius s'était imaginé quand il lui avait envoyé le livre, mais Pétunia se fichait pas mal de ce qu'il avait prévu, car ni lui, ni Harry ne serait plus un problème après ça.

Elle avait trouvé elle-même une sortie de secours, et une solution qui n'impliquait pas de reprendre Harry. Sirius devrait trouver un autre endroit pour le garçon dans l'attente de son procès ou quoi que ce soit sa situation. Dumbledore et Rogue seraient furieux quand elle refuserait de respecter leur plan, mais elle s'en fichait. Ils ne la forceraient pas à jouer le jeu. Tout ce dont elle avait besoin, c'était que son propre avocat lance la procédure et elle serait ensuite capable de s'en sortir. Elle serait libre.

Elle décrocha le téléphone et composa le numéro de Richard Polkiss. Il y eut plusieurs sonneries et elle l'entendit décrocher.

« Cabinet Polkiss- »

« Richard, dit-elle avant qu'il ne puisse continuer. C'est Pétunia Dursley. »

« Mme Dursley ? Vous voulez parler à Helen ? Le numéro de notre maison- »

« Non, dit-elle. Je voulais vous parler. »

« A propos de ? » demanda-t-il.

Elle savait d'après son ton qu'elle avait toute son attention.

« J'ai parlé à Elizabeth Hill – la mère de Gordon ? dit sèchement Pétunia. Elle m'a dit quelque chose de très intéressant à propos de t- »

« Je vois, dit Richard, sa voix grimpant d'un octave. Je … euh … merci de m'appeler directement. Helen ne devrait pas- ne peut pas croire que Liz ait dit- »

Il se tut une seconde et sembla se reprendre.

« Est-ce que je peux vous aider avec quelque chose ? »

« Pour tout dire, il y a bien quelque chose. »


« McKinnon ! »

Marlène se figea et essaya d'avoir l'air calme. Sa baguette et le badge de Gawain semblaient la brûler à travers sa poche cependant, et elle se sentait fiévreuse, victime d'un étrange mélange de peur et de fureur.

« Tonks. » dit Marlène en se relaxant un peu, quand elle repéra l'origine de la voix.

Elle s'approcha de Tonks qui attendait avec Lupin devant le bureau de Scrimgeour. Ils avaient tous les deux l'air fatigué et dans un sale état et Marlène se souvint de Greyback elle n'y avait plus pensé après avoir parlé à Greyback des inquiétudes de Tonks.

« Est-ce que Greyback- »

« Il a été capturé. » dit Tonks d'une voix fatiguée.

Lupin lui serra l'épaule. Elle lui sourit et reporta son attention sur Marlène.

« Et toi ? Où tu vas si vite ? »

« Tu n'as pas lu le journal ? » demanda Marlène.

« Non. » dit Tonks en fronçant les sourcils.

Marlène remarqua que Lupin s'était tendu. Elle croisa son regard et il inclina la tête.

« Et tu ne t'es pas demandé pourquoi tout le monde s'agitait ? » demanda Marlène en montrant l'animation qui régnait autour d'eux.

Il y avait des journalistes partout et des Aurors qui couraient comme si des chimères les poursuivaient.

« Je pensais que c'était à cause de Greyback, dit Tonks en fronçant les sourcils. Qu'est-ce qui se passe ? »

« Ils ont attrapé Sirius. » dit Marlène en gardant sa voix et son expression aussi neutre que possible.

Tonks ouvrit la bouche, mais Lupin n'eut pas l'air surpris, bien que son expression se durcit un peu.

« Tu rigoles ! » s'exclama Tonks.

Elle se tourna et enlaça Lupin.

« Remus, c'est merveilleux ! D'abord Greyback et maintenant Sirius- »

« Harry est ici aussi ? » demanda Lupin, l'air troublé.

« On les a tous les deux. » dit Marlène, après un moment d'hésitation.

Personne n'était supposé dire quoi que ce soit, mais c'était Lupin. Elle pouvait faire confiance à Lupin.

« Il est avec Amélia et Dumbledore. »

La tête de Lupin se leva brusquement. Tonks le regardait avec une expression misérable.

La porte du bureau de Scrimgeour s'ouvrit largement et l'homme apparut dans l'encadrement. Un autre Auror passa près de lui, l'air sinistre.

« Apprentie Tonks ! Et M. Lupin, je présume ? »

« Oui, monsieur. » dit Lupin en lui serrant la main.

Scrimgeour le dévisagea un moment, comme s'il essayait de déterminer s'ils s'étaient déjà rencontré, mais Lupin était trop occupé à regarder en direction du bureau d'Amélia pour le remarquer.

« Félicitations, dit Scrimgeour en adressant le commentaire davantage à Tonks qu'à Lupin. Les événements de ce matin constituent un départ prometteur pour une carrière d'Auror, je dois le dire. »

Tonks rayonna et quelque chose dans la poitrine de Marlène se serra un peu il lui avait dit la même chose à propos de sa capture de Sirius sur le Chemin de Traverse et elle était à quelques minutes de tout foutre en l'air.

« Entrez, tous les deux. »

Tonks entra, l'air satisfaite.

« Auror Scrimgeour. » dit Marlène, avant que Lupin ne puisse suivre.

Scrimgeour sembla remarquer Marlène pour la première fois. Elle lui adressa un sourire charmeur.

« Monsieur, je peux vous emprunter Lupin pour quelques minutes ? »

« Et bien … dit Scrimgeour en fronçant les sourcils, avant de soupirer. Quelques minutes, McKinnon. »

Marlène soupçonna que c'était son succès de la veille qui l'avait fait accepté.

« Moins si vous pouvez. »

Il ferma la porte et Marlène ne put entendre le moindre mot les bureaux étaient généralement enchantés pour ne laisser passer aucun bruit.

« Tu te souviens de la conversation qu'on a eu à Sainte-Mangouste ? » dit-elle, avant que Lupin puisse lui demander de quoi elle voulait parler.

Il fronça les sourcils un moment, avant de les lever largement.

« A propos de Si- de lui ? »

Lupin renifla une fois et fronça de nouveau les sourcils.

« Tu veux que tu- »

« J'y vais maintenant, dit-elle doucement. Je vais finir le travail. »

« Tu vas tuer- »

« Moins fort ! » siffla-t-elle, bien qu'il ne l'avait pas vraiment dit très fort.

« Ici ? souffla-t-il. Maintenant ? Marlène- »

« T'es avec moi ou non ? »

Lupin sembla se figer. Il réfléchissait visiblement à ses options.

« Je- »

« Oui ou non ? »

« Marlène- »

« Vous avez fini ? » demanda Scrimgeour en ouvrant la porte de son bureau à nouveau.

Lupin semblait avoir oublié comment parler.

« Oui, monsieur, dit Marlène en souriant à l'Auror. Merci. »

Elle se tourna et partit, se dirigeant droit vers les ascenseurs. Elle entendit Remus bafouiller quelque chose à Scrimgeour, mais puisque personne ne la suivit, elle supposa qu'il ne l'avait pas vendu.

Elle prit l'ascenseur jusqu'à niveau neuf et passa la porte de gauche, près de celle qui menait au Département des Mystères. Elle emprunta les escaliers pour descendre jusqu'au dixième niveau et marcha calmement, mais rapidement le long d'un couloir étroit avant d'atteindre un mur qui n'était pas vraiment un mur. Elle passa à travers et frissonna deux Détraqueurs se tenaient – enfin, flottaient – devant un ascenseur. L'un d'eux s'avança, une main squelettique tendue en avant et Marlène sortit le badge de Gawain de la poche de sa robe. Ça n'aurait jamais marché si des Aurors avaient été présents, mais Marlène savait que ça ne serait pas le cas. Le Détraqueur s'arrêta et s'écarta.

De mauvais souvenirs apparurent dans son esprit, mais ils étaient flous, noyés dans d'autres pensées. Elle était sur le point de devenir une meurtrière. Ce n'était pas une pensée joyeuse, mais ce n'était pas une mauvaise non plus – Sirius comptait-il même comme un humain ? – et donc les Détraqueurs la laissèrent seule. Elle entra dans l'ascenseur et fit glisser le panneau qui dissimulait dix boutons colorés. Elle appuya sur le blanc et l'ascenseur entra en mouvement, recula et tomba brusquement. Si elle avait pressé un autre bouton, une alarme se serait déclenchée.

Les murs de pierres noires passèrent rapidement devant ses yeux et il commença à faire de plus en plus froid et de plus en plus sombre, jusqu'au moment où l'ascenseur s'arrêta. Alors, elle fut aveuglée par une lumière blanche. Elle sortit et fut immédiatement accueilli par deux Détraqueurs, mais elle montra de nouveau le badge et ils se reculèrent.

« Emmenez-moi à Sirius Black. » dit-elle, satisfaite de ne pas entendre sa voix trembler.


Sirius avait froid. Il avait une température corporelle un peu plus haute que la normale grâce à Patmol, mais ce n'était le type de froid corrigé par de la chaleur corporelle. Non, c'était un froid de Détraqueur. Le froid d'Azkaban, même si heureusement, il n'y avait pas le vent.

Sa cellule faisait sept pas sur sept, avec une porte unique et lourde, pas de fenêtres, ni autres ouvertures. La porte comportait un petit trou – pour que les Aurors puissent s'assurer de sa présence sans avoir à ouvrir la porte – et la poignée était à l'extérieur. Deux Détraqueurs se tenaient de chaque côté de la porte, à l'extérieur également. C'était déjà quelque chose au moins, qu'il n'ait pas à partager sa cellule avec eux.

Tout était blanc dans la cellule – les murs, le sol, le lit, les chaises et la table (tous les objets étaient fixés au sol avec un Sortilège de Glu perpétuel) – ce qui était un décor parfait pour les souvenirs horribles provoqués par les Détraqueurs. Malgré ça, il choisirait toujours ce blanc cru plutôt que le gris d'Azkaban.

La porte de Sirius s'ouvrit et se referma. Il regardait le mur – se demandant si Harry était en sécurité et espérant que quelqu'un avait appelait Remus ou Dumbledore pour le réconforter – se sentant absolument misérable à cause des Détraqueurs et encore moins d'humeur à parler à quelqu'un. Peut-être que s'il prétendait qu'il dormait-

« Je sais que tu es réveillé. »

Sirius roula si rapidement sur le côté qu'il tomba de la petite chose qui lui servait de lit. Un sourire passa sur le visage de Marlène, avant qu'elle n'ait pu s'en empêcher visiblement. Il avait disparu l'instant d'après.

« Tu t'es réveillée près de moi assez souvent pour voir la différence. » dit Sirius en se frottant l'épaule.

Elle eut l'air d'avoir été frappé. Il se releva et s'assit au bout du lit, en la regardant. Elle lui retourna le regard.

« Pourquoi tu es seule ? T'es juste une apprentie- »

« Les Détraqueurs sont aveugles. » dit-elle en jetant quelque chose de doré à Sirius.

L'objet atterrit sur le lit et il l'attrapa. Il était rond, plutôt lourd, avec l'emblème et la devise du Département de la Justice Magique. Il y avait aussi un nom : Auror Gawain Robards. Sirius sentit son cœur se serrer et il leva la tête vers Marlène, mais elle se tenait toujours debout près de la porte, l'air calme.

« Du vol ? demanda-t-il avec un rire tremblant. Les Aurors ne sont pas supposés être de bonnes personnes ? »

« C'est toi qui dis ça, répliqua-t-elle, avant de continuer avec une voix plus douce. En plus, ça ne sera pas la pire des choses que je ferais aujourd'hui. »

Elle le regarda avec une espèce de curiosité horrible et détachée.

« Tu vas me supplier ? »

Sirius secoua la tête. Elle n'eut pas l'air surprise.

« Tu sais que tu le mérites, n'est-ce pas ? »

Oui, je le mérite. Il savait qu'elle n'allait pas vraiment le tuer – elle lui jetterait probablement juste un sort et ça, il le méritait certainement. Je les ai fait choisir Peter, je-

« Tais-toi. » murmura Sirius, avant de soupirer.

C'était comme souffrir de la Potion du Détraqueur à nouveau – il se mit à rire il pouvait gérer – même soigner ses effets – de la même façon !

« Tu es vraiment fou, pas vrai ? » demanda Marlène, le regarda d'une façon qui ressemblait à de la pitié.

« Pas du tout. » dit-il.

Son regard était définitivement empli de pitié.

« Au revoir, Sirius. » dit-elle en sortant sa baguette.

Sirius se leva doucement – il ne voulait pas la surprendre, de peur qu'elle l'attaque – et il se déplaça dans la cellule jusqu'à se retrouver derrière la table. Ça pourrait lui offrir une sorte de protection. Peut-être.

« C'est une erreur. » lui dit-il, les yeux fixés sur sa baguette.

Elle n'était pas encore pointée vers lui, mais quand ça arriverait, il faudrait qu'il soit prêt il lui sauterait dessus et il la ligoterait. Et ensuite … s'échapper ? Avec une baguette et un badge d'Auror, il pourrait aller où il voudrait.

Mais je veux un procès, pensa-t-il tristement. Et je n'aurais pas ça si je continue à fuir. Il resterait donc. Il offrirait Marlène au prochain Auror à venir. Elle perdrait son travail, mais elle le perdrait si elle arrivait à ses fins de toute façon. Et il pourrait utiliser le fait de ne pas avoir essayer de s'enfuir comme un signe de bonne foi.

« Vraiment ? » demanda-t-elle avec une voix dure.

« Oui, dit-il. Et je peux le prouver. »

Il se transformerait et alors, même si elle doutait toujours, elle écouterait.

« Je vais te montrer- »

« Me montrer ? » lança-t-elle.

Sirius fit un pas pour s'éloigner de la table, de façon à ne pas se cogner lorsqu'il se transformerait.

« Ne bouge pas ! » dit-elle.

Il leva les mains pour la calmer.

« Je vais juste- »

« Je t'ai dis de ne pas bouger. »

Sa baguette était directement pointée sur son torse désormais et il savait que s'il recommençait à bouger, elle allait paniquer et l'attaquer. Il laissa échapper un grognement impuissant et sa main frémit sa baguette visait son visage à présent. Il la regarda prudemment et – même si sa baguette ne bougea pas – son expression s'adoucit.

« Je suis désolée qu'on en soit arrivé là. »

Elle va me jeter un sort, pensa-t-il sinistrement, avant de se préparer. Ensuite sa conscience va la rattraper, elle se sentira mal et on aura une chance de parler-

« Avada Kedavra. » murmura-t-elle.

Sirius ne put que regarder – fasciné et trop surpris pour bouger – la lumière verte projetée par sa baguette.