Bonjour à tous ! Je suis sûrement l'une des membres les plus irrégulières du site et pour ceux qui suivent l'histoire, je vous prie de m'excuser. Ce doit être assez désagréable ... Mais je ne vous oublie pas ! Bonne lecture et un grand merci pour les potentiels avis !
Tonks avait eu une matinée agitée. D'abord, évidemment, il y avait toute cette histoire avec Greyback. Ensuite, elle avait appris la capture de Sirius par McKinnon et avait été félicité et débriefé par Scrimgeour, pendant que Remus – qui s'était montré si calme lorsqu'ils avaient un loup-garou aux trousses – bafouillait des excuses à Scrimgeour en disant qu'il devait aller parler à Robards, avant de s'enfuir sans vraiment s'expliquer.
Fol-Oeil l'avait appelé dans son box au moment où Scrimgeour en avait fini avec elle et lui avait tout expliqué – l'informant principalement que Sirius était détenu dans un cachot que Greyback avait été emmené directement à Azkaban – avant de lui donner une lettre destinée à Tock.
Elle s'était entretenue avec Lucius dans l'atrium du Ministère et elle s'était rendue ensuite au Département de Justice Magique pour attendre Remus elle était fatiguée et le fiasco avec Greyback était terminé, mais Remus aurait toujours besoin de soutien avec Harry et Sirius et elle pensait qu'elle devait rester pour son bien. A défaut d'autre chose, elle voulait s'assurer qu'il allait bien, car il avait l'air très mal quand il était parti chercher Robards.
Ce n'était pas Remus qu'elle trouva d'abord, cependant. C'était Florence qui était entrée avec une Finch à l'air bouleversé, un Kingsley triste et morose et un Ben stupéfait. Florence se lança dans les bras de Tonks au moment elle l'aperçut. Tonks lui caressa le dos Florence tremblait et pleurait de manière incontrôlable et cela effrayait Tonks car – comme Remus – Florence était toujours imperturbable. Voir Florence pleurer était comme voir McKinnon pleurer ça n'arrivait jamais.
Mais c'était en train d'arriver. Finch hocha la tête en direction de Tonks au-dessus de l'épaule de Florence et s'éloigna en se frottant le visage. Kingsley dit quelque chose à Ben et partit après Finch. Ben s'approcha et entoura Tonks et Florence de ses longs bras.
« Melvin ? » murmura Tonks, mais elle pensait qu'elle savait déjà.
Les larmes s'étaient déjà formées dans ses yeux. Florence laissa échapper un sanglot bruyant et serra Tonks encore plus fortement. Les bras de Ben se mirent à trembler.
Ensuite, de la plus petite voix que Tonks ne l'avait jamais entendu utiliser, Florence reprit la parole.
« Mort. »
« Comment ? » demanda-t-elle, mais cela resta sans réponse.
Peut-être était-ce lors de la capture de Sirius la veille … Peut-être avait-il tué quelqu'un d'autre. Tonks serra Florence avec un bras et trouva la main de Ben. Ils restèrent là un moment, à pleurer ensemble, jusqu'à ce que des pas se firent entendre. Ce n'était pas Remus, et cela ne fit que rendre Tonks encore plus misérable car elle voulait simplement qu'il soit là – était-ce trop à demander à cet instant ? C'était McKinnon, qui avait des yeux enflés, incertains et se tenait débout, les épaules rentrées et la lèvre inférieure tremblante. Robards était près d'elle, avec une main sur son épaule. Le monde ne tournait définitivement plus rond.
Florence se détacha de Tonks et de Ben et se jeta dans les bras de McKinnon, qui sembla stupéfaite jusqu'à ce que ses yeux se posent sur elle et qu'elle rende son étreinte à Florence.
« Prewett ? » demanda McKinnon en regardant Robards avec des yeux paniqués.
« Est-ce que tu- »
Florence étouffa un sanglot.
« Est-ce que j'ai quoi ? » demanda McKinnon avec une voix rauque, inquiète.
Elles se trouvaient à plusieurs mètres de distance et Florence cachait une bonne partie de McKinnon, mais Tonks pouvait voir qu'elle était proche de l'hyperventilation.
« Est-ce que j'ai quoi, Prewett ? demanda McKinnon, la voix tremblante. Qu'est-ce que tu as entendu ? »
La main de Robards était blanche sur son épaule et Tonks se demanda ce qu'il s'était passé.
« Tu as entendu ? haleta Florence. M-Melvin est mort. Greyback l'a t-tué- »
Pas Sirius.
« Greyback ? dit Tonks dans un murmure étranglé. Non. »
« Il m'a suivi, pleura Florence. Il a du- »
Il a du la voir au Ministère et l'aura suivi jusqu'à chez Melvin – elle avait crié son adresse dans la Cheminée … Et il était seulement au Ministère car il suivait-
« Moi. » dit-elle.
C'était sa faute. Greyback avait du utilisé Melvin pour trouver la maison de Marlène et l'avait ensuite traqué de là jusqu'à chez Remus.
C'est ma faute. J'ai tué- Greyback a tué Melvin, mais c'était à cause de moi. La culpabilité, la colère et beaucoup d'autres émotions lui tombèrent d'un coup dessus. J'ai tué quelqu'un – J'ai tué mon ami.
Elle pouvait toujours entendre Florence pleurer et sentir les bras chauds de Ben autour d'elle, mais à part ça, elle n'avait pas conscience de ce qui se passait. Elle pensa avoir entendu McKinnon prononcer le prénom de Remus et cela lui fit lever la tête, mais il n'était pas là.
Moins d'une minute après cependant, il était présent. Elle savait à quel point il détestait les pleurs – elle avait remarqué le comportement étrange qu'il avait quand elle pleurait, même si elle ne lui en avait jamais parlé – mais il était là malgré tout, la laissant l'enlacer si fort qu'elle allait probablement lui faire des bleus et lui caressant le dos.
Il ne dit rien, mais Tonks n'attendait rien. Le choc d'apprendre que c'était Greyback commençait à disparaître petit à petit, tout comme le désir instantané de s'en vouloir. C'était en partie sa faute – elle et Remus avait créé l'anneau d'argent qui avait commencé tout ça – et cela faisait mal, comme un Cognard en plein estomac – mais si Greyback n'était pas un monstre et n'avait pas attaqué Matt pour commencer, il n'aurait jamais su que c'était le pull de Tonks.
Et au final, Greyback était celui qui avait traqué Melvin, et il avait fait des pieds et mains pour le trouver, parce que Melvin n'était pas présent au Ministère ce soir là. Elle était peut-être la raison pour laquelle Greyback avait cherché Melvin, mais elle n'était pas la raison pour laquelle Greyback l'avait tué.
Une partie de sa culpabilité se dénoua et se transforma en colère.
J'espère qu'il va pourrir à Azkaban, pensa-t-elle, enfouissant son visage contre l'épaule de Remus. Et je suis désolée, Melvin. Je suis si, si désolée.
Tonks était toujours dans la même optique deux heures plus tard, bien qu'elle ait arrêté de pleurer et qu'elle n'était plus dans les bras de Remus, même s'il n'était pas loin lui et McKinnon parlaient calmement à quelques mètres dans le couloir. McKinnon pleurait et Remus était pâle, mais avait l'air soulagé et avait posé une main sur son épaule.
Ben et Florence étaient réunis près de Tonks et pleuraient tous les deux par intermittence elle se sentait mal pour Melvin, mais Florence et Ben avaient partagé leurs mentors avec lui – puisque Shacklebolt et Finch faisaient presque tout ensemble – et ils l'avaient mieux connu que Tonks et McKinnon. Elle ne pouvait qu'imaginer ce qu'ils traversaient. Elle leur serra la main. Remus enlaça McKinnon – qui s'en alla, l'air un peu détendu – et se rapprocha. Il adressa un léger sourire triste à Tonks qui lui rendit, un peu tremblante.
« Ça ira si je vais rejoindre Harry quelques temps ? » demanda-t-il en l'observant prudemment.
Elle acquiesça et il s'en alla. Elle le regarda partir et se sentit si fatiguée que ses yeux restèrent fixés sur le coin du couloir par lequel il était parti, alors qu'il n'était plus visible. Seulement une minute après, cependant, Remus était de retour, l'air à la fois amusé et épuisé.
« Quoi ? » demanda-t-elle.
« Ton ami Charlie ... » dit-il.
Tonks prit un instant pour comprendre de qui il parlait, tant l'information n'avait rien à voir avec le Ministère.
« Son nom de famille, c'est Weasley, c'est ça ? »
« Quoi ? demanda-t-elle en clignant des yeux. Oui ... »
Tout ce qu'elle pouvait penser, c'était : pas Charlie aussi … Oh, s'il vous plaît, pas Charlie. Elle ne pensait pas être capable de s'en remettre si Charlie avait été mangé par un dragon ou quoi que ce soit du même genre. Ses yeux se remplirent de nouveau de larmes et Remus eut l'air stupéfait.
« Il va bien ? » demanda-t-elle.
« Je suis sûr qu'il va bien. » dit Remus, l'air si surpris qu'elle se détendit et laissa échapper un rire faible. J'ai besoin de ton aide avec quelque chose – avec deux choses, en fait – qui sont liées à lui, par contre. »
Sa main chaude retira doucement ses propres mains de celles de Florence et de Ben, mais il ne la lâcha pas après ça, comme elle s'y était attendue. Elle lui adressa un nouveau sourire un peu tremblant et il le lui retourna, tandis qu'il l'a menait dans le couloir jusqu'au bureau de Bones. Il tourna la poignée et ouvrit la porte. Trois têtes se relevèrent lorsqu'ils passèrent la porte – Tonks trébucha sur le pallier. Remus referma la porte.
« Tonks ! »
Ginny – qui était étalée sur le tapis, dessinant quelque chose sur un morceau de parchemin – leva la tête, cria et s'élança vers Tonks. Tonks lui offrit un câlin à un bras, car elle ne voulait pas lâcher la main de Remus.
« Salut, dit-elle instinctivement, avant de poursuivre plus doucement. Qu'est-ce que vous faites là ? »
« On est venu au travail avec Papa aujourd'hui- »
Ginny avait une trace d'encre sur la joue, il lui manquait un sourcil et ses cheveux étaient roussis et asymétriques, mais elle souriait largement.
« -et on a entendu que Harry- »
Elle rougit en disant son nom.
« -était là, alors on a pensé qu'on allait venir lui tenir compagnie. »
« La pièce n'était pas censée être gardée ? » demanda-t-elle en regardant Remus.
« La porte est ensorcelée pour réagir si la magie est utilisée pour ouvrir la porte. » expliqua-t-il en souriant légèrement.
« On a utilisé une pince à cheveux. » dit Ginny en rougissant de nouveau.
« Désolé, dit Ron, avant de poursuivre. Tu a pleuré ? »
« Euh … non, dit Tonks. Je suis juste fatiguée, c'est tout. »
« Oh. »
Ron avait l'air penaud sur sa grande chaise de bureau. Ron était toujours mal à l'aise quand Tonks était là à la deuxième visite de Tonks au Terrier, Fred et George lui avaient dit qu'elle lui plaisait. Tonks n'avait jamais su si c'était vrai ou non – connaissant Fred et George, c'était probablement un mensonge pour embêter leur petit frère – mais Ron avait quand même été mortifié, le pauvre garçon. Comme Ginny, ses cheveux étaient noircis par endroit et il avait un peu de suie sur le nez.
La troisième personne dans la pièce n'était autre que Harry Potter, qui était assis sur le bord du bureau, à l'opposé de Ron. Il avait de la suie sur le visage également, mais ses cheveux étaient trop sombres pour qu'elle puisse voir s'ils avaient été un peu brûlés. Il regardait Tonks avec curiosité et ses yeux se posèrent sur les mains de Tonks et de Remus. Les doigts de Remus tremblèrent comme s'il allait la lâcher, mais Tonks les serra doucement et il fit de même. Un sourire malicieux apparut sur le visage de Harry, mais il disparut aussi vite, remplacé par un froncement de sourcil inquiet. Cette expression disparut également et il sourit encore, avant de descendre du bureau pour tendre la main à Tonks.
« Je suis Harry. » dit-il, comme si elle ne savait pas ça.
« Tonks. » dit-elle, perplexe.
Il lui avait offert sa main gauche pour qu'elle puisse la serrer sans avoir à lâcher la main de Remus et elle se demanda s'il l'avait fait exprès ou si ce n'était qu'une coïncidence. Elle se reprit, jeta un œil vers Ron et Ginny, avant de se tourner vers Remus.
« J'imagine que je suis là pour les ramener à M. Weasley ? »
Ils étaient chanceux non seulement d'avoir pu rester aussi longtemps, mais également de ne pas avoir été découvert s'ils avaient été trouvé par quelqu'un d'autre que Remus, ils auraient eu de sérieux problèmes et M. Weasley aurait probablement été inquiété. Cela dit, si un garçon de dix ans et sa sœur de huit ans étaient capable d'entrer à l'idée d'une pince à cheveux, cela montrait comme Harry était mal protégé … Enfin, la plupart des personnes qui lui en voulaient auraient utilisé une baguette.
« Je pense que tu sais où le trouver. » dit Remus en souriant.
« Service des détournement de l'artisanat moldu. » dit Tonks.
Elle lâcha Remus et pencha sa tête vers la porte.
« Allez, tous les deux. »
Ginny fit la moue, mais elle finit par esquisser un sourire et décocher un au revoir à Harry, en rougissant furieusement pendant tout ce temps là.
« J'suppose qu'on se reverra à l'école ? » dit Ron, l'air incertain.
« Carrément, dit Harry, tout sourire, ce qui fit sourire Ron en retour. Peut-être plus vite si les choses se passent bien. »
« J'espère. » dit Ron.
« Merci, dit Harry, dont les yeux perdirent leur éclat pendant un instant. Moi aussi. »
« Je veux dire, si quelque chose se passe ... » commença Ron.
Tonks grimaça elle savait que Ron n'était pas vraiment très subtil et elle espéra qu'il n'était pas sur le point de briser l'amitié que lui et Harry semblaient avoir débuté.
« … Et bien, dit Ron en souriant largement. Il n'y a déjà pas beaucoup de supporters des Canons, alors on a vraiment besoin de tout le monde. »
Harry et Ginny se mirent à rire et même Remus laissa échapper un son qui ressemblait à un rire étouffé. Visiblement, Tonks avait loupé une information. Il rejoignit Ginny près de la port et Tonks l'ouvrit. Remus alla s'asseoir sur la chaise que Ron avait laissé libre.
« Hey. » dit Harry, l'air timide tout à coup.
Tonks et les deux Weasley le regardèrent.
« Merci pour … tout. Venir me voir, je veux dire. C'était … Je- merci. »
Tonks fut prise de court et touchée par sa sincérité, tout comme Ginny et Ron, semblait-il Ginny rayonnait et passa à un niveau encore plus élevé de rouge et les oreilles de Ron devinrent assorties au visage de sa sœur. Son sourire n'était pas aussi large, mais il semblait aussi heureux.
« C'était sympa de te rencontrer, Tonks ! » ajouta Harry, tandis qu'elle poussait les deux enfants en dehors du bureau.
Elle lui rendit un sourire par-dessus son épaule et ferma la porte. Par chance, personne ne lui accorda beaucoup d'attention, ni à Ginny ou Ron, et ils ne cherchèrent pas s'enfuir ou à se cacher d'elle. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'ils le fassent, mais elle était contente malgré tout.
« Je t'avais dit que c'était une bonne idée. » dit Ginny en souriant à Ron.
« Ouais. » dit-il avec un grand sourire.
« Bonne idée ou pas, dit Tonks, amusé. Ça serait probablement une meilleure idée encore de garder ça pour vous. »
Ils acquiescèrent tous les deux de façon solennel, mais ils semblaient toujours incroyablement fiers d'eux-même.
« Vous êtes prêt, Dumbledore ? » demanda Alastor.
« Non, soupira Albus. Je peux dire que je ne le suis pas. »
Alastor rit tristement et jeta un œil par la fenêtre de la porte. Apparemment, il pensa que c'était sûr, car il recula, tapota la porte avec sa baguette et fit signe à Albus de le suivre à l'intérieur. Alastor ne jeta pas le moindre regard à l'homme sur le petit lit du coin il se hâta de verrouiller la porte et de vérifier qu'il n'y ait aucun piège dans la pièce.
Albus, en revanche, observa Sirius qui s'était tourné vers eux lorsqu'ils étaient entrés. Ses yeux avaient brillé en les voyant – tous les deux, s'il ne faisait pas erreur – mais il effaça rapidement son expression et son visage devint illisible. Il ne ressemblait pas à l'image qu'Albus avait anticipé. Albus s'était attendu à voir un homme maigre avec des yeux enflés, une peau cireuse, un visage mal rasé, voir barbu, et de longs cheveux emmêlés. C'était à cela qu'il ressemblait sur les photographies de la Gazette et comme cela qu'il était décrit.
Il avait l'air … normal. Comme une version plus âgé du beau garçon amical qu'Albus avait regardé grandir jusqu'à devenir un membre de l'Ordre … avant de devenir un traître. Sirius était peut-être plus mince qu'il ne l'avait été, mais ses épaules étaient toujours larges et il n'était pas du tout émacié. Sa peau était … et bien, normale. Il avait une barbe de trois jours, mais il était dans cette cellule depuis une journée maintenant, et ses cheveux étaient noirs, en broussaille et longs jusqu'aux épaules, de la même façon qu'à l'époque de l'Ordre. Ce qui surprit le plus Albus, ce fut ses yeux.
Ils n'étaient pas embrumés ou enflés, comme l'étaient les yeux de ceux qui avaient passé du temps à Azkaban Mondingus Fletcher – un membre de l'Ordre autrefois apprécié qui était devenu un criminel – y avait passé plusieurs – courtes – peines et ses yeux en portaient toujours les traces. Ceux de Sirius, en revanche, étaient gris clairs, alertes. Si Albus ne l'avait pas su, il n'aurait pas cru que l'homme devant lui avait déjà vu Azkaban, encore moins qu'il y avait passé un quart de sa vie.
Ce n'était juste – pas bien. Il aurait du souffrir pour ce qu'il avait fait – pour la façon dont il les avait trahi – à Azkaban et emporté ses démons avec lui ! Autant qu'Albus pouvait le voir, les dit-démons avaient été abandonné dans la mer du Nord lorsque Sirius s'était échappé de la prison et il ne semblait pas les avoir vu ou entendu depuis.
Il jeta un œil vers Alastair, se demandant ce qu'il faisait – ou avait fait et s'il était déjà venu voir Sirius. Alastor ne regardait pas le visage de Sirius, cependant. Il fronçait les sourcils en regardant son torse. Sirius baissa les yeux et jura.
« Qu'est-ce que tu t'es fait, Black ? »
« Fait, Alastor ? » dit calmement Albus.
« Côté cassé. » répondit Alastor en fronçant les sourcils vers Sirius.
« Juste une ? » demanda Sirius, l'air soulagé.
Sa voix n'était plus si rauque cette fois. Albus trouva cela décevant.
« Et bien, c'est déjà ça au moins. Je pensais qu'il y en avait deux. »
Albus fixa le jeune sorcier, en patientant. Sirius hésita.
« C'était les Détraqueurs. »
« Les Détraqueurs ne laissent pas de traces phys- »
« Je me suis évanoui, d'accord ? s'écria Sirius, l'air embarrassé. J'étais près de la table et la seconde d'après, j'étais par terre et ... »
Il fit un geste vers ses côtes.
Albus ne savait pas s'il devait le croire. Il pensait que Sirius mentait – Sirius n'avait jamais été un bon menteur quand il était jeune, ce qui expliquait pourquoi c'était toujours James et Remus qui s'occupaient de gérer les professeurs quand les quatre avaient des problèmes – mais Albus avait été incapable de voir les mensonges, la traîtrise de Sirius pendant les mois précédents Halloween. Il ne connaissait visiblement pas aussi bien Sirius qu'il ne le croyait.
« Ça fait mal ? » demanda Alastor.
La trahison de Sirius avait frappé aussi fort Alastor que les autres, bien qu'il était facile de l'oublier Alastor avait formé Sirius pour être un Auror, avait passé des heures à lui enseigner comment rester en vie, comment se battre. Alastor l'avait aimé comme un fils – ou comme un petit-fils, peut-être – tout comme James, qu'il avait aussi formé – et il avait été dévasté quand il avait entendu la nouvelle.
« Un peu. » dit Sirius en haussant les épaules.
« Bien. »
Sirius se mit à rire et Albus et Alastor échangèrent un regard mal à l'aise. Sirius alla s'asseoir sur la chaise qui faisait face à la porte et leur fit signe de s'asseoir. Albus s'exécuta et après avoir vérifié que la chaise ne comportait pas de piège, Alastor fit de même.
« Je sais que vous aimez le thé, Monsieur le Directeur, dit Sirius. Mais j'ai bien peur de n'avoir rien à offrir. »
« Tu ne comptes pas m'offrir quelque chose aussi, Black ? » grogna Alastor en croisant les bras.
Sirius arqua un sourcil.
« Même si tu me faisais confiance, tu n'accepterais pas de boisson si je t'en proposais. »
« Hmph ! » répondit Alastor.
« Pourquoi, Sirius ? » demanda Albus, car il ne pouvait pas s'en empêcher.
« Parce que c'est un vieux croûton paranoïaque. » dit Sirius, affectueusement.
Son large sourire s'affadit.
« Ce n'est pas ce que vous vouliez dire, n'est-ce pas ? »
Albus secoua la tête et Sirius soupira.
« Je pourrais vous demander la même chose. »
« Pardon ? » demanda Albus.
« Vous me demandez pourquoi j'ai trahi Lily et James, dit Sirius, l'air blessé. Je vous demande pourquoi vous croyez que je l'ai fait. »
« Tu étais le Gardien du Secret. » dit Albus.
Il garda sa colère bien cachée – ça ne servirait à rien de crier – mais il laissa échapper un peu de fureur dans son ton.
« Non, je ne l'étais pas. » dit Sirius.
Alastor leva les yeux au ciel – ses deux yeux.
« James m'a dit- »
« James a menti, dit Sirius sur un ton fatigué. On pensait qu'on était malin, à échanger. On pensait que le bluff- »
« Si tu n'étais pas le Gardien du Secret, qui l'était ? » grogna Alastor.
« Si vous voulez cette réponse, il faudra venir à mon procès. » dit Sirius en soupirant à nouveau.
« Tu ne nous fais pas confiance, Sirius ? »
« Plus autant qu'avant, monsieur, dit tristement Sirius. Vous- vous avez fait des erreurs que je ne vous ai pas encore pardonné, je le crains. »
Albus lui adressa un regard inquisiteur.
« Tu ne m'as pas demandé de procès la première fois- »
Il y avait quelque chose d'amer sans sa voix. Une certaine culpabilité depuis longtemps enterrée refit surface et Albus s'empressa de la dissimuler Sirius méritait ce qu'il avait reçu.
« -et les Dursley ? Vous êtes un sorcier brillant, Monsieur, mais ce n'était pas votre meilleur plan. »
« C'était pour la sécurité du garçon. » dit Albus.
Mais il ne put repousser la culpabilité associée à cela, pas lorsque le commentaire de Sirius était si proche des propres pensées d'Albus.
« Bien sûr. » dit Sirius.
Albus savait que Sirius le croyait, mais son ton condamnait Albus de la même façon.
« Qu'est-ce qui t'as décidé à le prendre ? » demanda doucement Alastor.
« Quoi ? » dit Sirius en regardant son ancien mentor.
« Le garçon, Black. »
Alastor tapa impatiemment sa jambe de bois sur le sol de la cellule.
« J'ai promis à Lily et James que je prendrais soin de lui s'ils- »
Sirius s'éclaircit la gorge et fixa ses mains pendant un moment. Albus se demanda – sans cacher sa curiosité – à quoi il pensait. Sirius releva la tête, la mâchoire serrée.
« Je voulais m'occuper de lui et pas eux. »
« As-tu déjà pensé à ce que Harry voulait, Sirius ? » demanda froidement Albus.
« Je n'ai pas eu besoin. Il m'a demandé – en fait, il m'a pratiquement supplié de ne pas partir sans lui. » dit Sirius, plutôt sèchement.
« Et tu l'as emmené ? Juste comme ça ? » demanda Albus en essayant et en échouant – pour la centième fois – de trouver du sens dans cet étrange homme qu'était Sirius Black.
« Juste comme ça, confirma Sirius en souriant. Et vous savez quoi ? »
« Quoi ? » demanda prudemment Alastor.
« En plus d'avoir choisi le compartiment de James dans le Poudlard Express en première année, c'était la meilleure des putains de choses que j'ai jamais fait. »
Après avoir ramené Ron et Ginny à M. Weasley, Tonks s'était retiré dans le bureau de Fol-Oeil pour profiter d'un peu de calme et de silence. Comme Bones, Rattler, Scrimgeour et plusieurs autres Aurors gradés et membres du Département de la Justice Magique, Fol-Oeil avait un bureau avec quatre murs et une porte, et pas seulement un box dans le Bureau des Aurors. Fol-Oeil n'était pas là, mais elle s'était dit que ça le dérangerait pas si elle restait un peu.
Elle se blottit dans le canapé et prit le temps de penser à certaines choses – à Melvin surtout, même si la capture de Sirius figurait en haute place dans son esprit elle supposa que son boulot en tant que Tock était terminé maintenant – Lucius l'avait suggéré ce matin quand ils avaient parlé – et elle se demanda ce qu'elle allait faire de tout son temps libre. Elle sourit en imaginant toutes les possibilités peut-être pourrait-elle aller voir Tom et Charlie – elle avait seulement reçu deux lettres de leur part en quatre mois – ou peut-être pourrait-elle retourner à la station avec Papa, comme elle le faisait quand elle était plus jeune.
Maman travaillait en horaires de journée et donc, Tonks la voyait beaucoup à la maison, mais comme Tonks, Papa travaillait à des heures étranges et elle ne l'avait pas beaucoup vu ces dernières semaines. Ou peut-être …
« Qu'est-ce-qui-se-passe ? » demanda-t-elle, tandis que quelqu'un la secouait.
C'était Fol-Oeil et il avait l'air fatigué.
« Vigilance constante. » dit-il sans conviction.
« Tu vas bien ? demanda-t-elle en se frottant les yeux. Tu as l'air … éteint. »
« Black. » dit-il, avant de boiter pour aller s'effondrer sur sa chaise.
Il passa ses mains dans ses cheveux grisonnants avant de croiser ses mains sur le bureau et de relever la tête.
« Alors ça explique mon état, mais qu'est-ce que tu fais encore ici ? » demanda-t-il.
« Je suis une Auror. » dit-elle en baillant.
Il ne la corrigea pas en lui disant qu'elle était seulement une apprentie.
« Moi aussi et si ça ne tenait qu'à moi, je serais emmitouflé dans mes couvertures à la maison. »
Tonks se mit à rire et dissimula un autre bâillement elle avait dormi au moins six heures – l'horloge sur le bureau de Fol-Oeil affichait presque sept heures – et elle avait l'impression de ne pas avoir dormi du tout. L'expression tendu de Fol-Oeil s'adoucit.
« Rentre à la maison. »
« Je vais bien. » dit-elle en refusant sa proposition.
« Jamais dit que tu n'allais pas bien, dit-il en levant le sourcil au-dessus de son œil bleu. Mais il n'y a pas de cours avant demain matin – la session de ce soir a été annulé. »
« Pourquoi ? » demanda-t-elle, bien qu'elle l'avait complètement oublié.
Quelque chose d'aussi normal qu'un cours ne semblait pas possible aujourd'hui.
« Finch était censée s'en occuper, mais elle est ... »
« Melvin. »
Fol-Oeil acquiesça, sa bouche s'étirant en une ligne sinistre. Tonks déglutit difficilement et fixa ses mains jusqu'à s'assurer qu'elle n'allait pas se remettre à pleurer.
« Tu as entendu, alors ? »
« J'ai entendu. » dit-elle, et fut obligée de tapoter ses yeux malgré tout.
« Rentre à la maison, Nymphadora. Passe une bonne nuit et on se voit demain matin. »
« Ne m'appelle pas Nymphadora. » dit-elle, irritée, tout en se levant et en allant attraper son sac à dos.
Elle regarda son mentor à nouveau et malgré toute son expérience et le fait qu'il était un adversaire incroyable, à cet instant, elle ne vit qu'un vieil homme fatigué et triste. Son irritation disparut.
« J'imagine que ça a du être dur de le revoir. » dit-elle, hésitante.
Fol-Oeil hocha la tête.
« Je suppose qu'il a beaucoup changé. Ça doit être- »
« 'N'a pas changé du tout, grogna Fol-Oeil. Il a grandi un peu, peut-être, mais en dehors de ça, il est toujours le même. Exactement le même. »
L'inclinaison malheureuse de sa bouche se fit plus prononcé et il ne rajouta rien, alors Tonks laissa tomber.
« J'y vais, dit-elle en manquant de tomber sur le chemin pour sortir du bureau. Assure-toi de bien dormir cette nuit toi aussi, d'accord ? »
« Bonne nuit, Nymphadora. » dit Fol-Oeil, l'air amusé.
« Bonne nuit, Monsieur. » dit-elle.
Elle vit son regard noir lorsqu'elle referma la porte derrière elle.
Remus et Dumbledore étaient en train de parler dans le couloir, mais elle ne les vit pas jusqu'à moment où elle rentra – littéralement – dans son ancien directeur.
« Miss Tonks. » dit-il en la stabilisant, tandis que Remus lui adressait un sourire fatigué.
Il avait l'air d'avoir du mal à tenir debout. Dumbledore, à l'opposé, avait l'air comme d'habitude, joyeux, bien que ses yeux ne pétillaient pas et que son sourire était un peu distrait.
« En route pour la maison, ma chère ? »
« Ouais, dit-elle. Désolé pour- »
« Il n'y a pas de mal. » dit-il en souriant aimablement.
« Vous êtes là pour voir Sirius ? » demanda-t-elle en observant attentivement son visage.
Dumbledore était plus difficile à lire que la plupart des gens. Son sourire disparut cependant et il n'essaya pas de le cacher. En vérité, il soupira, mais Remus répondit plus vite que lui.
« On en vient. »
« Je pensais que tu étais avec Harry. » dit-elle en le regardant.
« Rattler est venu me chercher. » dit Remus.
« Comment ça s'est passé ? » demanda-t-elle, hésitante.
« Je crois bien que je lui ai crié dessus. » dit Remus, l'air misérable.
Dumbledore posa une main sur son épaule.
« Qu'as-tu dit ? » demanda-t-elle.
« Beaucoup de choses. » répondit Remus.
Et sa colère éclata.
« Je lui ai demandé comment il pouvait être si calme alors qu'il était assis dans une cellule entourée de Détraqueurs, à être interrogé – tu aurais du le voir, c'est comme s'il ne savait même pas qu'ils étaient là ! Et tu sais ce qu'il a dit ? Il a dit 'Ça ira, Lunard, ne t'en fais pas pour moi' – Cet abruti ! »
Tonks et Dumbledore échangèrent un regard inquiet Remus avait l'air proche des larmes, mais semblait aussi impuissant et frustré.
« Et alors, poursuivit-il. Je lui ai demandé pourquoi j'en aurais quelque chose à faire de ce qui pourrait lui arriver et tu sais quoi ? Il avait l'air blessé. Blessé. Comme si je l'avais offensé ! Et alors, il a demandé comment allait Harry et je lui ai dis qu'il allait très bien sans lui et Sirius a juste acquiescé et dit merci, dit que personne ne lui avait rien dit. Il a dit merci ! Et ensuite, alors qu'on partait- »
« Remus- »
« Non ! » cria Remus.
Dumbledore ferma la bouche.
« Alors qu'on partait, il a dit 'c'était bien te voir, Lunard'. Après tout ce qui s'est passé – après être passé à l'ennemi, avoir kidnappé Harry et après malgré le fait que je ne sois jamais allé le voir à Azkaban, j'aurais pensé que mon opinion le concernant était assez claire, mais non ! C'est bien de me voir ! »
Remus s'arrêta de parler. Sa poitrine se soulevait incessamment, ses yeux étaient brillants et il avait l'air extrêmement embarrassé. Tonks tendit le bras et lui prit la main. Remus la regarda et la colère disparut de son visage. Il avait juste l'air triste et impuissant désormais.
« Dumbledore, vous avez fini ? » demanda un Scrimgeour irrité, qui venait de sortir la tête de son bureau au bout du couloir.
« Un moment, Rufus. » dit faiblement Dumbledore.
Scrimgeour souffla et retourna à l'intérieur.
« Je pense que je vous laisse entre de bonnes mains. » dit Dumbledore en tapotant l'épaule de Remus.
Les épaules de Remus s'affaissèrent.
« Je vous vois demain, Remus, et vous également si vous êtes dans le coin, Miss Tonks. »
« Bonne nuit, Professeur. » dit Remus, fatigué.
« Bonne nuit. » répéta Tonks.
Dumbledore s'éloigna, sa robe jaune et violette traînant derrière lui.
« Je devrais te laisser rentrer chez toi. » soupira Remus en regardant Tonks.
« Où tu vas aller ? » demanda-t-elle en arquant un sourcil.
« Chez Matt, sûrement, dit-il. Je dois lui raconter ce qui s'est passé avec Greyback – je ne sais pas si- »
« Ça peut attendre. » déclara fermement Tonks.
Remus la fixa comme s'il ne comprenait pas.
« Tu as une mine affreuse, Remus. Tu n'as pas dormi, on a passé la nuit dernière à être harceler par un dingue et toute la matinée à essayer de l'attraper et à répondre à des questions, Sirius a finalement été arrêté, tu as essayé d'aider avec Harry, tu m'as aidé quand j'ai appris pour Melv- »
Tonks prit une grande inspiration.
« Tu as mangé ? »
« Je- »
Remus fronça les sourcils.
« Euh … Et bien, Harry a partagé ses biscuits- »
Tonks soupira et tira Remus jusqu'à l'ascenseur.
« Où est-ce qu'on va ? » demanda-t-il, tout en se laissant emporter.
« A la maison. » dit-elle.
Elle – et Remus – avaient tous deux besoin d'un bon peu de maternage.
Narcissa frappa à la porte du bureau de Severus et recula d'un pas pour attendre. Un instant plus tard, la porte grinça et s'ouvrit, un œil sombre se glissant dans l'ouverture.
« Oui ? »
« Severus, dit-elle en souriant doucement. Tu attendais quelqu'un d'autre ? »
« En fait, oui, dit-il sur un ton irrité, en s'écartant pour la laisser entrer dans le bureau obscur. J'avais crains que ça ne soit le directeur. »
Narcissa arqua un sourcil.
« Il est très … exigeant ces derniers temps. »
Severus ne lui offrit pas plus d'explication que cela, tant qu'il la menait par un passage sur le côté. Il n'était sûrement pas à cet endroit la dernière fois qu'elle était venue et il lui apparut qu'il était habituellement caché.
Les appartements de Severus étaient plus simples qu'elle ne se l'était imaginé. Les murs étaient en pierre grise comme le reste des donjons, bien que dans le bureau de Severus, ils soient tous complètement recouverts d'étagères avec des livres et des ingrédients pour potion. Un petit feu craquant était la seule source de lumière et permettait à Narcissa de voir un petit lit dans le coin de la pièce, un bureau et une armoire dans un autre coin et cette bannière de Serpentard pour unique décoration. Narcissa pouvait compter deux portes – trois si elle comptait celle qu'ils venaient de passer – mais toutes étaient fermées.
Severus alla s'asseoir à son bureau et Narcissa fit apparaître une chaise pour elle-même. Elle s'assit et croisa les mains, tandis que Severus agita sa baguette en direction des torches sur les murs. Elles s'allumèrent et éclairèrent considérablement la pièce.
« Alors. » dit Severus en se tournant vers elle.
Ensuite, il s'arrêta et pencha la tête, comme s'il la voyait pour la première fois.
« Tu portes du rouge ? » bredouilla-t-il.
« Oui. » dit-elle.
Severus cligna des yeux et elle se demanda s'il s'était attendu à une réponse défensive Lucius s'était certainement attendu – elle s'était disputée avec lui pendant cinq minutes à propos de ça, jusqu'à ce qu'il lance qu'au moins, sa robe n'avait pas de doré, avant de s'en aller bouder dans son bureau. Hydrus avait débarqué et lui avait dit qu'elle ne pouvait pas sortir comme ça, parce que : qu'est-ce que les gens allaient penser ?
Narcissa lui avait souri à son doux garçon, oh si Serpentard, et elle lui avait assuré que c'était seulement car elle devait faire sensation – elle ne lui avait pas qu'elle avait besoin de faire sensation auprès de son frère. Elle s'était attendue à ce que Drago soit horrifié parce qu'elle portait la couleur des Gryffondors ou qu'il lui demande peut-être pourquoi elle était habillée comme ça. Tout ce que Drago avait dit, cependant, c'était qu'elle était belle en rouge.
« Je vois. » dit Severus.
Il secoua la tête et son expression se fit un peu plus sérieuse.
« J'imagine que ça a quelque chose à voir avec Potter. »
« Ce n'est pas toujours le cas ? » soupira-t-elle.
« Bien sûr, confirma-t-il. En dehors de Potter, cependant, je n'ai pas d'idée. »
« Aucune ? » demanda-t-elle en affichant un sourire narquois.
« J'ai des hypothèses, admit-il. Mais je préfère ne pas perdre mon temps, alors si tu peux en venir à l'objectif de ta visite ... »
« Tu as entendu qu'il avait été capturé. » dit-elle prudemment.
Le visage de Severus resta le même.
« C'est ce que je pensais. Alors tu dois savoir que le Département de Régulation et de Contrôle des Enfants Sorciers cherche à placer Harry Potter dans un nouveau foyer stable aussitôt que possible. »
« Demain soir, d'après ce que j'ai entendu. » dit sèchement Severus.
« Dumbledore te l'a dit. » dit-elle.
« Entre autres choses. » dit-il, irrité.
Elle ignora son attitude.
« Alors tu dois probablement être au courant qu'il y a une réunion demain, pendant laquelle le Ministère va rencontrer … des potentiels tuteurs pour le garçon. »
Severus grogna.
« Je suppose que je sais ce que va faire Lucius demain. » dit Severus, faisant sourire Narcissa.
« En effet. »
Elle attendit que Severus reprenne la parole, mais il resta silencieux.
« Tu vois pourquoi je suis venue. » poussa Narcissa.
« En effet. » dit-il en se penchant contre le dossier de sa chaise.
Ses yeux noirs croisèrent les siens et elle dut faire un effort pour soutenir son regard. Elle ne savait pas ce qu'il cherchait, mais elle n'avait pas prévu de détourner les yeux, de le laisser penser qu'elle était faible.
« Que penses-tu de cela ? » demanda-t-il finalement.
« Comme mon mari, bien sûr. » dit-elle sur un ton hautain.
« Si c'était vrai, tu ne serais pas là. » la railla-t-il.
« Je sais. »
Narcissa avait toujours eu ses propres projets, mais ces projets correspondaient habituellement à ceux de Lucius. Elle se demandait quand cela avait changé.
Probablement au moment où il t'a dit que ton fils serait un Gryffondor, pensa-t-elle sombrement.
« Et bien ? » demanda Severus.
« Je ne le veux pas. » murmura-t-elle.
« Lucius ou- »
« Le garçon, Severus. » dit-elle impatiemment.
« Je ne peux pas te blâmer, ricana-t-il. Le garçon est la réincarnation de son abruti de père et seul Merlin sait ce que Black lui a mit dans la tête- »
Narcissa le laissa tempêter. Ses raisons pour ne pas vouloir de Potter n'étaient pas basées sur sa personnalité ou son héritage. Elle se demanda si Lucius avait oublié que la mère du garçon était une sang-de-b- née de moldus. C'était le genre de choses que Lucius aurait du remarquer dans une situation comme celle-ci, seulement pour s'en apercevoir après et s'en trouver horrifié. Ses raisons n'étaient même pas basées sur ses émotions, même si elle craignait que si elle adoptait le garçon comme Lucius le souhaitait, elle s'attacherait à lui et que cet attachement compliquerait encore plus les choses. Non, les raisons de Narcissa avaient plus à voir avec le bien-être de sa famille.
« -dire ce qu'ils veulent sur la lignée de Lily, continua Severus. Mais personne ne peut nier qu'elle était quelqu'un de bien. Potter, par contre- »
Purement et simplement, elle n'était pas sûre de vouloir que le Seigneur des Ténèbres revienne. Lucius et Bellatrix parlaient toujours du bonheur que c'était quand il était au pouvoir durant la guerre, de combien ils étaient heureux et respectés par leurs compagnons. Ça ne correspondait pas vraiment aux souvenirs de Narcissa, cependant. Elle se souvenait que Lucius et Bella n'étaient jamais à la maison, car ils étaient toujours occupés à servir leur Seigneur et elle se souvenait de l'inquiétude qu'elle avait de les voir finir à Azkaban. Ou qu'ils échouent dans une tâche et soient tués par le Seigneur des Ténèbres lui-même. Elle se rappelait de sa peur, pour leurs vies, pour la sienne, pour celle de Hydrus et Drago.
« -jamais eu d'importance pour Dumbledore, mais maintenant qu'il est aussi sénile que brillant, avec plus d'inclinaison pour la sénilité chaque jour qui passe- »
Garder le fils Potter et le Seigneur des Ténèbres dans des camps opposés représentait la meilleure chance pour sa famille, même si elle était la seule à le réaliser. Lucius pouvait de nouveau servir le Seigneur des Ténèbres et en même temps, avoir Drago à Gryffondor les aiderait à se rapprocher du 'bon côté'. Les compétences qu'il apprenait auprès de Severus l'aideraient encore davantage. Pour Narcissa, il était question de ne garder qu'un doigt sur un Portoloin symbolique. Prendre Potter voudrait dire mettre sa main entière sur le Portoloin et il était trop tôt pour faire quelque chose d'aussi radical.
« -vas-tu faire ? » demanda Severus.
Narcissa essaya d'avoir l'air de celle qui avait tout écouté depuis le début.
« Si je le savais, je ne serais pas là. » dit-elle.
Severus grogna de nouveau.
« Pendant des années, dit-il, presque instinctivement. J'ai pensé que ce serait soit Dumbledore, soit le Seigneur des Ténèbres qui serait responsable de ma mort. C'était une réflexion bien prématurée. Finalement, j'imagine que ce sera toi. »
