Me revoilà enfin ! Je vous souhaite une très bonne lecture et un grand merci d'avance pour les commentaires !


Remus bailla et se tourna, clignant des yeux tout en se réveillant. Il remarqua immédiatement qu'il n'était pas dans son lit et commença à paniquer, du moins jusqu'à avoir reconnu l'odeur de la pièce. Dora. Elle n'était pas dans la chambre avec lui, mais il se souvenait que c'était elle qui l'avait amené ici. Elle l'avait ramené chez elle – enfin, chez ses parents – la nuit passée. Andromeda leur avait fait à manger et les avait envoyé au lit.

Remus avait été trop fatigué pour contester et avait donc accepté que Dora l'installe dans la chambre d'ami. Il se souvenait s'être assis sur le lit et puis, plus rien. Il avait du s'endormir – ou s'évanouir de fatigue – aussitôt qu'il avait touché le matelas.

Une petite horloge sur la table de chevet disait qu'il était un peu plus de neuf heures et Remus soupira la moitié de la matinée était passée et il avait encore tant à faire il devait aller expliquer à Matt ce qu'il s'était passé avec Greyback, il devait trouver Dumbledore pour discuter de Harry, il devait voir Harry – qui était en sécurité, mais sûrement mort d'inquiétude pour Sirius – il devait voir Sirius parce que Sirius – contrairement à Harry – n'était pas en sécurité, mais ne semblait apparemment pas trop s'en soucier. Remus essayerait de lui transmettre des informations sur Harry à nouveau – il savait que Sirius voulait des nouvelles – et par chance, il serait capable de les lui donner sans avoir à crier pour dissiper les suspicions de Dumbledore.

Tant de choses à faire … pensa misérablement Remus qui n'avait aucune envie de sortir de ce lit chaud, mais qui savait qu'il n'avait pas le choix. Avant de faire quoi que ce soit, il devait rentrer à la maison et changer de robe cela faisait deux jours qu'il portait la même.

Il soupira et lança ses pieds sur le bord du lit. Et alors, quelque chose de petit et de roux se faufila de dessous le lit et enfonça des dents pointus et des griffes acérées dans son cheville. Il se jeta à nouveau sur le lit, plaçant ses pieds sous les couvertures pour se protéger. Son assaillant fila hors de la pièce avec un sifflement.

Je crois que je viens de rencontrer le chat de Dora, pensa-t-il, abasourdi, en examinant les marques de dents sur sa peau.

Remus entendit des bruits de pas – drôlement interrompus par le bruit d'une main sur le mur et il suspecta que Dora venait de trébucher – puis un coup sur la porte. Avant qu'il ne puisse répondre, cependant, la porte s'ouvrit sur Andromeda, et non Dora. Andy – qui devait être celle qui venait de trébucher – tenait une pile de vêtements et eut l'air surprise de le voir réveillé.

« Oh, dit-elle. Tu es debout. »

« Bonjour. » dit-il en lui souriant.

Elle lui rendit le sourire et déposa la pile de vêtements sur le bord du lit, avant de lui tendre une enveloppe.

« Merci ? » dit-il en arquant un sourcil.

« Ça expliquera les choses mieux que moi, je pense. » dit brusquement Andy en montrant l'enveloppe.

Il la retourna et vit l'écriture de Dora sur une des faces.

« Je t'offrirais bien un petit-déjeuner, mais je n'y suis pas autorisée, apparemment. »

« Je- quoi ? »

« Je n'en ai aucune idée, mais c'est probablement expliqué. » soupira-t-elle en montrant la lettre.

Elle se tourna comme pour partir, avant de s'arrêter et regarder Remus à nouveau. Remus sentit sa nervosité tout à coup.

« Remus, dit-elle, hésitante. Je- tu étais au Ministère hier, n'est-ce pas ? »

« Oui, j'ai vu Sirius. » dit-il en devinant sa question.

Les yeux d'Andy – gris, exactement comme ceux de Sirius – se remplirent de larmes.

« Je sais que tu peux- je ne devrais pas demander- tu comprends, n'est-ce pas ? Tu le connaissais aussi- mieux que moi, sûrement. Mais- peux-tu me dire- A-t-il changé ? » demanda-t-elle.

« Pas du tout. » répondit doucement Remus.

Andy ferma un moment les yeux, prit une grande inspiration et les rouvrit. Elle avait l'air … déterminé et Remus se rappela que même si Andy était plus douce que Narcissa ou Bellatrix, elle n'en demeurait pas moins une Black, une Serpentard et une femme redoutable.

« Merci. » dit-elle.

Elle lui adressa un sourire faible et s'en alla. Déconcerté, Remus ouvrit l'enveloppe.

Remus, disait la lettre.

Si tu ne l'as pas encore réalisé, je suis partie au travail. J'ai envoyé une lettre à Matt – tu es censé prendre le petit-déjeuner avec lui au Chaudron Baveur à neuf heures et demi. Par chance, Maman t'aura réveillé à temps et t'aura amené des vêtements de rechange.

Dumbledore est aussi passé. Il a besoin de toi au Ministère à midi pour rencontrer Pétunia – je ne connais pas son nom de famille, il ne l'a pas dit, mais il a dit que tu saurais qui c'était.

Je serais au Ministère jusqu'à treize heures à peu près, alors si tu as fini ton rendez-vous, on pourrait déjeuner ensemble ? Donne ta réponse à Maman – je vais la voir plus tard dans la matinée, apparemment – et elle me passera le message.

Dora.

Plusieurs choses devinrent plus claires qu'elles ne l'étaient quelques minutes plus tôt. Remus jeta un œil à l'horloge sur la table de chevet – il était presque vingt, ce qui lui laissait du temps – et jeta un œil aux vêtements qu'Andy lui avait laissé.

Il y avait un jean large qui avait du appartenir à Ted des années plus tôt – l'homme qu'il avait aperçu la veille au soir était un peu trop rond au niveau du ventre pour rentrer dans ce pantalon – et il y avait également une robe bleue marine qui avait certainement aussi du lui appartenir. Le dernier morceau était un tee-shirt et il y avait une note accrochée.

Remus,

J'étais censée te donner ça pour ton anniversaire, mais je ne le trouvais plus.

Personnellement, Remus pensait que la nouvelle robe et le morceau de chocolat de la taille d'un oreiller qu'il avait reçu pour son anniversaire le mois dernier étaient bien suffisants – ses cadeaux, ceux de Sirius et de Harry étaient bien plus que ce que Remus avait reçu lors de tous ces anniversaires depuis la mort de ses parents. Mieux vaut tard que jamais, pas vrai ?

Avec une certaine excitation, Remus le déplia.


Il y avait quelques mèches de gris dans ses cheveux châtains, mais à part ça, Andy n'avait pas changé du tout. Elle était toujours grande et elle avait toujours les mêmes pommettes hautes, les mêmes yeux.

Elle se tenait toujours comme une Sang-pur- et quand elle trébucha en passant la porte, Narcissa constata qu'elle était toujours aussi maladroite. La seule chose nouvelle, en réalité, c'était les petites rides causés par ses sourires aux coins de ses yeux et de sa bouche. Elle ne regarda pas un instant dans la direction de Narcissa, bien que Narcissa savait qu'Andy savait qu'elle était là.

Une jeune femme – sa fille Nymphadora, si Narcissa ne se trompait pas – la suivit à l'intérieur. Elle ressemblait beaucoup à Andy, avec ses mêmes yeux gris et son visage en forme de cœur, mais ses cheveux étaient de la même couleur que ceux de Ted, d'après les souvenirs de Narcissa et Nymphadora ne semblait pas avoir héritée de la taille d'Andy. Juste comme Andy l'avait fait, Nymphadora trébucha en passant la porte.

« Et pourtant, elles jurent jusqu'à en devenir bleues qu'elles ne se ressemblent pas. » fit remarquer Ted Tonks en passant la porte – sans trébucher – derrière sa femme et sa fille.

Son ventre était plus rond qu'il ne l'était la dernière fois que Narcissa l'avait vu et ses cheveux un peu plus fin, mais sa voix calme et son horrible goût vestimentaire étaient toujours les mêmes il portait une cravate à pois jaune et noir, une chemise blanche à rayures et un pantalon marron. Sa fille semblait avoir hérité de son sens de la mode elle portait une jupe rouge tartan, des collants noirs, de hautes bottes avec des boucles épaisses et un tee-shirt jaune éblouissant avec une girafe rose dessus.

« Devenir bleu, hein ? demanda Nymphadora en souriant à son père. Comme ça- ? »

« Nymphadora, non ! » s'écria Andy, s'avançant vers eux.

Ted et Nymphadora échangèrent un regard et – sagement, d'après l'avis de Narcissa – n'ajoutèrent rien et n'exécutèrent pas leur plan.

« Madame Ombrage. » dit Andy en adressant un sourire amical à Ombrage.

Elle tendit la main.

« Andromeda Tonks. Voici mon mari Ted et ma fille- »

« Tonks. » dit Nymphadora en devançant sa mère.

« -Nymphadora. »

Andy soupira et Narcissa n'était pas sûre de savoir si elle finissait la présentation ou si elle s'adressait à sa fille.

« Magnifique, dit Ombrage avec sa voix de fillette. Asseyez-vous, Mme Tonks. »

A la plus grande surprise de Narcissa, Andy s'assit juste à côté d'elle au lieu de choisir n'importe quel autre siège libre.

« Narcissa, dit Andy poliment. Lucius. »

Lucius – à deux chaises d'écart de Narcissa, près de Hydrus – hocha sèchement la tête dans sa direction.

« Et comment allez-vous, les garçons ? »

Hydrus retroussa la lèvre et regarda son père, qui affichait exactement la même expression. Le visage de Drago leur ressemblait, du moins jusqu'à ce que Narcissa lui donne un petit coup de coude en lui adressant un regard sévère. La méchanceté glissa facilement de son visage et – réalisant apparemment qu'il était autorisé à regarder un traître à son sang sans avoir l'air dégoûté – Drago remplaça cette expression pour un air pensif.

« Bien, merci. » dit-il avec une voix froide, mais poli.

« On est quoi ?! » s'exclama Nymphadora de l'autre côté d'Andy.

Ted lui dit quelque chose à voix basse, mais Narcissa entendit distinctement les mots 'adopter' et 'Potter'. Ombrage leur adressa un regard méprisant et se mit à lisser sa robe rose.

Augusta Londubat arriva peu de temps après et s'assit près de Ted en le saluant chaleureusement. C'était une très grande femme maigre, mais loin de sembler fragile. Elle avait de pires goûts que Ted et Nymphadora, avec son chapeau en forme de vautour et son sac à main vernis rouge. Son petit-fils, un garçon joufflu avec de grands yeux marrons et des cheveux blonds se pressait derrière elle.

Il s'appelait Neville – Narcissa n'aurait pas l'oublier même si elle avait essayé, pas lorsque ce petit garçon était celui que sa sœur avait plus ou moins rendu orphelin. Augusta n'avait pas non plus oublié tandis qu'elle parlait avec Ted et Nymphadora, elle ignora complètement Andy et ne jeta pas le moindre regard en direction de Narcissa. Narcissa ne pouvait pas l'en blâmer.

« Mère, je m'ennuie. » dit Drago en lui touchant le coude.

« Ce n'est pas correct de dire ça. » souffla Hydrus, s'attirant un regard de la part de Drago.

« Je ne te parlais pas, alors pourquoi tu- »

« -Auror comme mon Frank ! dit bruyamment Augusta. Tu dois être brillante alors, ma chère ! »

« Euh … bafouilla Nymphadora, tandis que le petit Neville était bouche bée en voyant ses cheveux devenir roses. Je me débrouille, j'imagine- »

« Tonks ? »

Un jeune homme, qui portait un plateau, s'arrêta en fixant Nymphadora, bien que les trois Tonks se soient retournés.

« Salut Alfred ! » lança nerveusement Nymphadora.

L'homme – Alfred – posa le plateau près d'Ombrage et enlaça fortement Nymphadora.

« Comment tu vas ? »

« Très bien, merci, dit Alfred avec enthousiasme. Toi ? »

« Hem hem. » dit Ombrage.

Alfred grimaça et alla se placer derrière elle. Ombrage écrivit quelque chose sur un morceau de parchemin et Alfred se mit à rougir.

« Et voilà, ma chère. » dit Dumbledore qui escortait une vieille femme voûtée dans la pièce.

Narcissa n'avait jamais vu cette femme, mais elle pensait qu'elle avait bien quatre-vingt dix ans. La femme observa le siège vide près de Neville et celui près de Lucius. Ensuite, elle prit place près de Lucius, avec une certaine arrogance.

Amélia Bones, Rufus Scrimgeour et Thomas Rattler firent également leur apparition et s'assirent à leur tour Bones s'assit près de Neville, Rattler près d'elle, tandis que Scrimgeour rejoignait Dumbledore, qui s'était assis près de la vieille femme.

« Sommes-nous tous présent ? » demanda Ombrage en leur souriant à tous.

« … stupide. C'est pas comme si les absents pouvaient dire quelque chose. » marmonna Drago, et Narcissa lui adressa un regard d'avertissement.

Par chance, cependant, Ombrage ne sembla pas l'avoir entendu. Mais Nymphadora ricana de l'autre côté d'Andy.

« Il nous manque quelqu'un- » commença Dumbledore, avant qu'Ombrage ne lui coupa la parole.

« Bien. Commençons. Mme Pettigrow, je vous en prie. »

Sûrement que non … Narcissa observa à nouveau la supposée Mme Pettigrow. Avec ses yeux pâles et globuleux, son nez pointue, elle pouvait être la mère de Peter Pettigrow … Mais la mère de Pettigrow était plus jeune que la mère de Narcissa – qui avait fêté ses soixante ans l'année passée – et la femme devant elle avait l'air d'avoir quatre-vingt dix ans.

« Comment ? demanda la femme – Mme Pettigrow – d'une voix couinante, en levant la main à son oreille. Parlez-plus fort ! »

« Je vous donnais la parole. » dit Ombrage en observant Pettigrow avec désapprobation.

Oh, dit Mme Pettigrow en se mettant debout. Et bien, je suis sûre que vous vous souvenez tous que j'ai perdu mon Peter- »

Alors, c'était elle. La mère de Peter Pettigrow. Narcissa pensa que le chagrin d'avoir 'perdu' son fils avait du la faire vieillir si prématurément. Lucius aurait dit c'était les mauvais gênes – elle était née-moldue, si Narcissa se rappelait bien. Comme par enchantement, Lucius croisa le regard de Narcissa.

« -à cause de ce monstre, Sirius Black. Je pense que ce serait normal que j'obtienne son fils pour remplacer celui qu'il m'a volé. »

Lucius se mit à tousser et Narcissa leva les yeux au ciel, mais elle aussi trouvait difficile de garder une expression impassible sur son visage. Elle avait peu de patience pour les mélodrames et encore moins quand elle savait qu'ils n'étaient même pas fondés.

« Mes excuses, dit Lucius lorsque tout le monde – excepté Pettigrow, qui avait reprit son discours – se tourna vers lui. J'ai avalé de travers. »

Oui, pensa Narcissa. Un rire. Malgré qu'il ne savait pas ce que son père avait trouvé amusant, Hydrus reconnut le sous-entendu légèrement moqueur dans le ton de son père et il ricana.

« -pas de doute concernant mes compétences parentales, dit Mme Pettigrow en reniflant. Mon père est la preuve de ma compétence de mère- »

Cette fois, Narcissa renifla il semblait alors que Mme Pettigrow était une mère plutôt horrible. Elle avait réussi à élever un fils qui avait fait tué deux de ses amis, enfermé un troisième, laissé un bambin orphelin et comploté pour tuer le quatrième. Il avait aussi simulé sa propre mort, passé des années à vivre comme l'animal de compagnie des Weasley – sa pensée pour Weasley ne fut plus aussi malveillante qu'elle aurait pu l'être, maintenant que Drago allait certainement vivre avec eux lui-même – pour ensuite les fuir et venir se cacher en tant qu'animal de compagnie dans la maison de Narcissa.

Elle aurait été hypocrite si elle jugeait Pettigrow pour jouer sur les deux plans pour survivre – elle faisait, planifiait de faire la même chose maintenant – mais elle, au moins, avait les intérêts de sa famille en tête. Pettigrow n'avait pensé qu'à lui et très franchement, elle pensait pas qu'il valait plus que les Potter ou Sirius.

Elle se fichait pas mal de Lupin – quelque chose chez lui ne lui plaisait pas, mais James Potter avait été un Auror et possédait un certain talent magique, même pour un traître à son sang. Et aussi sale que son sang ne fut, Lily Potter savait soigner et c'était une compétence admirable, peu importe qui la possédait c'était possible que Narcissa trouva la compétence encore plus admirable car elle ne possédait que très peu de compétence dans ce domaine.

Sirius, bien sûr, était un traître à son sang – et avait trahi sa propre famille – mais lui, comme James, avait été Auror et un sorcier plutôt talentueux. Bien que Bella avait réussi à 'élaguer l'arbre généalogique' comme elle adorait le dire, Narcissa aurait pu l'accepter. Elle aurait même pu l'encourager, du moins jusqu'à récemment – son opinion de Sirius était plutôt partagé en ce moment, particulièrement parce qu'il était (ou avait été) le tuteur du garçon sur lequel ses espérances reposaient. Les problèmes de familles devaient rester dans – et être gérés par – la famille. Et Pettigrow, qu'il fut proche de Sirius ou non, n'appartenait pas à la famille. Il n'avait aucun droit d'enfermer un Black.

« -courageux Gryffondor ! »

Mme Pettigrow laissa échapper un sanglot bruyant et un Dumbledore morose lui tapota l'épaule lorsqu'elle se rassit. Narcissa leva les yeux au ciel.


Tonks jeta un œil à son Sidekick et grogna ils étaient dans ce petit bureau étouffant depuis seulement vingt minutes et cela ressemblait déjà à vingt heures. Après que Mme Pettigrow eut parlé, ce fut le tour des Malefoy. Lucius s'était vanté de sa lignée et de comment lui et sa femme pourraient apporter à Harry une éducation parfaite. Narcissa avait parlé d'argent. Tonks trouva que cela sonnait affreusement comme un pot-de-vin pour Ombrage et les expressions dures sur les visages de Scrimgeour et de Bones lui fit voir qu'ils avaient pensé la même chose. Tonks s'en trouva soulagée si Scrimgeour et Bones n'aimaient pas les Malefoy, il était peu probable qu'il finisse avec eux.

Ensuite, ça avait été le tour de Maman et elle et Papa avaient brièvement parlé du fait qu'ils étaient capables d'offrir à Harry un foyer aimant et de réparer les dégâts qu'avaient pu faire l'étrange cousin de Maman. Tonks avait juste été soulagé qu'ils n'aient pas demandé à l'entendre elle venait juste d'entendre parler de ce dingue projet d'adoption de Maman et était encore en train de l'accepter. Augusta Londubat était la quatrième et dernière personne elle parla de grandes protections et d'avoir Neville et Harry au même endroit, d'une forte histoire de famille et le petit Neville avait dit qu'il aimerait bien un ami.

Ombrage resta silencieuse pendant un moment – elle écrivait des choses et Alfred lisait par-dessus son épaule, l'air soucieux. Scrimgeour et Dumbledore parlaient à voix basse. Alors, Ombrage leva les yeux et annonça qu'il était l'heure des questions. C'est à partir de là que les choses s'emballèrent.

Ce temps démarra doucement Bones demanda – et dut répéter sa question par deux fois – si Mme Pettigrow pensait honnêtement qu'elle pourrait gérer un jeune garçon à nouveau.

« Je suis plus inquiète sur sa capacité financière à gérer le garçon, dit Narcissa. Et par ses motivations, bien sûr. »

« Oh, comme si les tiennes étaient pures. » murmura Maman.

Tonks la regarda, surprise.

« Je veux ce qu'il y a de mieux pour le garçon. » dit Narcissa en arquant un sourcil et étrangement, Tonks la crut.

« Il grandirait dans une environnement sûr, s'empressa d'ajouter Lucius. Le Manoir est sécurisé contre les intrus- »

« C'est de ce qu'il y a à l'intérieur du Manoir que le garçon devrait se méfier. » dit Augusta.

Contrairement à Maman, elle ne s'était pas embêtée à baisser le ton.

« Êtes-vous en train d'insinuer que nous ferions du mal au garçon ? demanda Lucius avec une voix de velours, tandis que Narcissa s'agaçait. Je serais prudent avec ce que je sous-entends, Mme Londubat, particulièrement si j'avais du aller à Sainte-Mangouste il n'y a pas trois mois avec un petit-fils à moitié noyé ... »

« Vous savez seulement ça car le vôtre était également malade, répliqua Augusta. Rita Skeeter a écrit un excellent papier sur les causes possibles- »

« Je ne discriminerais pas comme ces deux-là- »

Mme Pettigrow désigna Lucius et Augusta, étirant la grande bouche d'Ombrage en un sourire.

« -si je m'occupais du garçon. »

« Ça veut dire que vous le faites le reste du temps ? » s'empressa de demander Narcissa, faisant rougir Mme Pettigrow.

« Le jeune Potter aurait des camarades déjà trouvés grâce à Hydrus et Drago. » ajouta doucement Lucius.

« Ou Neville. » dit Augusta.

Neville se mit à rougir.

« Nymphadora serait une grande sœur parfaite. » dit Maman.

Tonks tourna vivement les yeux vers elle elle était presque sûr qu'elle le battrait juste aux échecs, qu'elle lui achèterait des bonbons et qu'elle lui apprendrait à ensorceler les gens qu'il n'aimait pas.

« Il gagnera à être avec des enfants de son âge. » dit Lucius en montrant les cousins de Tonks.

« Et nous ferons de notre mieux pour ne pas favoriser l'un ou l'autre. » ajouta Narcissa.

Scrimgeour et Bones reniflèrent en entendant ça – Rattler fronça les sourcils – et Lucius foudroya sa femme du regard. Tonks se demanda si Narcissa avait réalisé que cela faisait deux fois maintenant qu'elle amenait sur le tapis des choses – l'argent et le favoritisme – qui allaient tourner Scrimgeour, Rattler et Bones contre elle.

« Chaque enfant a besoin d'un modèle. » dit Papa, surprenant Dora.

Elle avait imaginé que c'était l'idée de Maman, mais peut-être que Papa voulait Harry également. Ça devait être le cas, sinon il aurait laissé Maman parler.

« Et qui de mieux qu'une apprentie Auror ? »

« Oui, pour encourage le garçon à mettre sa vie en danger, asséna Lucius d'une manière cinglante. Il y a de meilleurs moyens pour assurer sa sécurité. »

« Et tu penses qu'il serait plus en sécurité avec vous- »

« Allons, Andy, dit Narcissa. Tu sais que ces charges n'ont pas été retenues contre nous. »

Tonks regarda sa tante à nouveau elle mijotait forcément quelque chose. Elle se demanda presque si Narcissa voulait accueillir Harry, parce qu'elle semblait vouloir rappeler à Bones, Rattler et Scrimgeour toutes les raisons pour ne pas laisser Harry avec les Malefoy. C'était stupide, cependant. D'après Maman, Narcissa n'avait un soupçon d'indépendance en elle, alors si Lucius voulait Harry – ce qui semblait évident – alors Narcissa le voudrait aussi. Peut-être que Maman s'était trompée en disant que Narcissa était maligne.

« Ça ne veut pas dire qu'elles étaient fausses ! dit Augusta. Tout le monde sait que toi et ta sœur- »

« Je veux le garçon ! dit sèchement Mme Pettigrow. Il m'appartient – ce ne serait que justice. J'ai perdu mon fils à cause de Black et maintenant, il va perdre son fils à cause de moi- »

« C'est Harry Potter, pas Harry Black, espèce de- » commença Maman avant d'être coupé.

La porte s'ouvrit pour révéler deux personnes, l'une d'elles étant la dernière personne que Tonks aurait pu imaginé avoir le moindre intérêt dans l'adoption de Harry Potter.

C'était Rogue, son ancien professeur de potions. Il n'avait pas du tout changé, de ses cheveux gras à son nez crochu, en passant par ses lèvres fines et son attitude de complet et profond dédain. La femme qui était avec lui était grande, fine et blonde et Tonks était sûre de ne l'avoir jamais vu. Était-ce la femme de Rogue peut-être ? Rogue ne portait pas d'alliance, mais la femme en avait une.

La femme de Rogue … En voilà une pensée dérangeante. Elle n'était pas la seule confuse par la présence de cette femme Alfred avait une expression légèrement maladive sur le visage et Tonks se demanda s'il s'était aussi posé la question de la femme de Rogue. Tous les autres – à l'exception de Dumbledore – avaient l'air confus, mais l'expression stupéfaite sur le visage de Lucius influença grandement la réflexion de Tonks elle ne pouvait pas être la femme de Rogue ou Lucius l'aurait reconnu. Narcissa avait juste l'air pensive.

« Ah ! dit Dumbledore, l'air ravi. Vous n'avez rencontré aucun problème pour arriver ici, je présume ? »

« Aucun, dit Rogue en regardant la femme. Assieds-toi. »

Mais elle ne s'assit pas. A la place, elle sortit un papier plié de son sac à main et le tendit à Dumbledore, qui le parcourut rapidement avant d'acquiescer et de le tendre à Ombrage. Le visage d'Ombrage devint lentement rouge et Alfred s'éloigna d'elle.

« Qu'est-ce que c'est ?! » cracha Ombrage, furieuse.

« Ce sont les formulaires confirmant que j'ai la garde du garçon. » dit la femme en pinçant les lèvres.

Tonks se demanda qui était cette femme.

« Je crois que tout est en ordre ? »

« Ils sont moldus- »

« Dolorès, vous savez aussi bien que moi que nous respectons les lois moldus dans notre propre système légal. » dit aimablement Dumbledore.

Amélia et Rattler hochèrent tous deux la tête – prudemment cependant, car ils n'étaient pas sûrs de savoir avec quoi ils étaient d'accord – Scrimgeour observa l'échange avec des sourcils froncés.

« Et vous- vous êtes elle ? » demanda finalement Ombrage.

Elle reposa les papiers sur la table et lissa les plis avec ses doigts boudinés.

« Vous êtes Pétunia Dursel ? »

« Dursley. » répondit sèchement la femme.

Tonks se demanda si c'était la femme que Remus était censé rencontrer après.

« Une moldue ? » demanda Lucius en retroussant la lèvre.

Le cousin assis le plus près de lui imita son expression, tandis que Narcissa et l'autre cousin de Tonks restaient impassibles.

« C'est ce que l'on m'a dit. » répondit Mme Dursley de façon hautaine.

Papa se mit à sourire largement. Seulement, Mme Dursley sembla penser qu'il se moquait d'elle et elle lança un regard à la fois furieux et embarrassé dans sa direction. Ensuite, elle tourna ses yeux pâles vers Ombrage.

« Vous avez d'autres questions étranges ou je peux aller voir mon neveu maintenant ? »

Les yeux de Dumbledore brillèrent, il était définitivement en train d'essayer de dissimuler un sourire dans sa longue barbe. Ombrage relut le papier et avec un regard de profonde détestation – réciproque – vers Mme Dursley, elle leva les mains en l'air.

« Bien, dit-elle sans ambages. Cette réunion est reporté à quatorze heures. »

Elle plia le document et le tendit à un Rattler surpris.

« Vérifiez que tout soit en ordre, voulez-vous ? Je détesterais que Mme Dursley ne puisse pas récupérer son neveu. »

Menteuse, pensa Tonks. Ombrage voulait probablement que les documents soient vérifiées pour vérifier qu'il n'y ait pas de moyen d'empêcher Harry de retourner chez Mme Dursley. Avec un grand sourire de grenouille vers la femme en question, Ombrage se hâta vers la porte.

« Après vous, ma chère. »

« Merci. » répondit Mme Dursley en pinçant les lèvres.

Ses yeux se plissèrent en tombant sur Rogue.

« Rogue, tu viens ? »

Et alors, Tonks regarda avec le plus grand choc et un ébahissement le plus total Rogue – un homme qui avait dédié sa vie à effrayer les étudiants de Poudlard et qui était ami avec des gens comme les Malefoy – se lever et la suivre – une quadragénaire moldue – avec un air de détestation absolue sur le visage.

Au nom de Merlin et de son chapeau violet, que se passe-t-il ici ?


« Tante Pétunia ? » demanda Harry, sa tête se levant si rapidement qu'elle pensa que ses lunettes allaient s'envoler.

Son expression passa de choqué à confus, puis d'inquiet à impassible, avant qu'elle ne puisse même penser à définir son air.

« Qu'est-ce que tu fais là ? »

« Bonjour également. » lança-t-elle.

Il se leva et lui proposa la chaise où il était assis, avant de tirer trois autres chaises plus petites d'un coin du bureau. Elle réalisa alors que Rogue et la femme en rose étaient entrés avec elle.

« Bonjour. » dit-il, l'air de nouveau incertain.

« Potter. » dit Rogue et la femme en rose à l'unisson.

« Vous êtes un Auror ? » demanda Harry en regardant Rogue.

« Tu sais qui je suis. » répliqua Rogue.

« Je ne crois pas qu'on se soit déjà rencontré, Monsieur, dit Harry avec éloquence, en regardant du coin de l'œil la femme en rose. Nous n'avons pas eu beaucoup de visiteurs, vous voyez, parce qu'on était en fuite … Est-ce que l'on s'est rencontré quand j'étais bébé … ? Est-ce que vous avez connu mes parents ? »

Pétunia mourrait d'envie de lui dire de ne pas poser tant de questions, mais elle se souvint que ce n'était pas son problème. Elle n'avait rien à cacher – il en savait probablement plus sur son monde et ses parents qu'elle, désormais – et son comportement ne retomberait plus sur elle. C'était apparemment déconcertant pour Rogue, mais Pétunia se fichait de savoir que le garçon le rendait mal à l'aise.

« Il était un ami de ta mère. » dit Pétunia.

Elle se surprit elle-même à offrir cette information, mais elle se sentit mieux d'avoir partagé cette information avec quelqu'un – Lily n'était pas un sujet tabou ici – et elle appréciait le visage douloureux de Rogue.

« Vraiment ? » demanda Harry en soutenant le regard de Rogue.

Rogue fut le premier à détourner les yeux et Pétunia sentit un soupçon de pitié pour cette homme elle n'avait jamais été capable de regarder ces yeux pendant très longtemps non plus. Pas sans y voir Lily et sans se demander si sa petite sœur lui en voulait pour la façon dont elle et Vernon avaient traité le garçon.

« Il faudra m'en parler un jour, Monsieur. »

Rogue ne répondit rien. Harry ne semblait pas dissuadé par ce manque de réponse ou par le regard vicieux qu'il recevait au contraire, il semblait amusé.

Il avait l'air en forme, remarqua Pétunia, perturbée. Il était toujours mince, mais d'une façon saine, et il avait grandi de plusieurs centimètres. Elle pensait qu'il devait être plus grand que Dudley maintenant. C'était dérangeant, car en un an sous la protection d'un homme qui était prétendument mauvais et meurtrier, il avait l'air plus en forme qu'il ne l'avait jamais été lorsqu'il vivait chez elle. Elle savait qu'elle n'avait pas été la meilleure tutrice, qu'elle ne l'avait pas assez nourri, qu'elle ne l'avait pas assez aimé – du tout, d'ailleurs – mais le voir comme ça … C'était comme recevoir toutes les erreurs qu'elle avait faite avec lui en plein visage.

Elle et Vernon avaient fait tout ce qui étaient en leur pouvoir pour rendre sa vie misérable et il était là, leur crachant son bonheur dessus. Cela ennuya un peu Pétunia, mais elle sentit également une étrange chaleur dans sa poitrine.

« Est-ce que Patmol- je veux dire- est-ce que Sirius va bien ? »

« Comment je suis censée le savoir ? » demanda-t-elle.

« J'sais pas, murmura-t-il. Désolé. »

Il fixa ses mains pendant un long moment, son visage à nouveau illisible. Quand il releva la tête, Pétunia ne put croiser son regard correctement elle garda ses yeux fixés sur son nez en espérant qu'il ne le remarque pas.

« Alors tu as- je veux dire, tu es là pour m'emmener ailleurs ? »

Il n'échappa pas à Pétunia que le garçon avait dit 'ailleurs' et pas 'à la maison' et que sa mâchoire était serrée, à la façon de son père.

« Je pense que c'est moi si je lui parle seul. » dit Pétunia.

La femme en rose fronça les sourcils, mais ne protesta pas. Elle s'en alla et Rogue la suivit. La porte se referma et Harry et Pétunia restèrent silencieux.

« Alors ? » demanda Harry doucement.

« Non. »

« Tu- tu ne vas pas- »

« Je ne te ramène pas à la maison avec moi. » lui dit Pétunia.

Harry eut l'air surpris, perturbé et soulagé dans le même instant. Soulagé. Étions-nous vraiment si terrible avec toi ? Ce n'était pas vraiment une question qui attendait une réponse.

Harry prit encore quelques instants pour avaler sa réponse.

« Alors pourquoi tu es là ? »

« Ce n'est pas une visite volontaire, je peux te l'assurer. » dit-elle.

Une partie de la frustration qu'elle ressentait à propos de toute cette histoire de garde – et du besoin de Rogue et de Dumbledore de l'impliquer – s'était fait sentir dans son ton.

« Désolé. » dit Harry, l'air de véritablement le penser.

« Ça va. » dit Pétunia en se surprenant elle-même.

Elle ne le pensait pas vraiment – ça n'allait pas – et même si elle aimait blâmer le garçon – et Lily – pour ça, ça ne semblait pas correct que Harry s'excuse. Il eut aussi l'air surpris qu'elle dise cela et ils retrouvèrent leur silence.

« Comment tu … vas ? » demanda-t-elle finalement.

Elle vit les yeux de Harry briller – à la façon de Lily quand elle allait dire quelque chose de cinglant ou de sarcastique – et elle se prépara. Elle pouvait presque le voir ravaler ce qu'il avait été sur le point de dire et soupçonna que ça aurait ressemblé à 'qu'est-ce que tu crois ?'.

« Bien. » dit-il un peu brusquement.

« Vraiment ? » insista Pétunia, pas sûre de savoir pourquoi elle montrait désormais un intérêt aux sentiments de son neveu.

Peut-être que c'était car, dans seulement quelques heures, elle ne le verrait plus jamais. Elle ne serait plus que sa tante par le sang et rien d'autre.

« Bien sûr. » dit-il, comme s'il la défiait de dire le contraire.

Elle supposa qu'elle avait abandonné le droit d'obtenir des réponses honnêtes à des questions personnelles voilà des années, quand elle l'avait installé dans le placard sous l'escalier.

« Tu étais heureux ? » demanda-t-elle.

« Où ? » demanda-t-il prudemment.

Ses yeux étaient prudents, curieux, mais pour Pétunia, ils étaient aussi plein du jugement de Lily.

Avec nous. Cela n'avait pas non plus besoin d'une réponse et Pétunia ne pensait pas qu'elle voulait même entendre sa réponse. Elle n'avait pas pensé que revoir le garçon aurait été si difficile, la remettrait en question. Elle avait pensé avoir fait la paix avec ses décisions depuis longtemps.

« Avec lui. Ton parrain. »

« Oh. » dit Harry.

Un coin de sa bouche s'était levé et ses yeux parcoururent son petit bureau/prison sans se fixer vraiment.

« Et bien ? » dit-elle, un peu durement.

Harry se mit à sourire alors, apparemment rassuré par le retour de son habituelle attitude impatiente et irritée envers lui.

« Ouais, dit-il. J'étais heureux. »

Pétunia acquiesça et se leva, serrant son sac à main contre sa poitrine. Elle ne pouvait assurer sa liberté jusqu'à ce que tout le monde ait validé et officialisé les formulaires qu'elle avait donné. Elle avait plusieurs heures à tuer, mais elle ne comptait pas les passer. Elle doutait que Harry souhaite sa présence et même si elle n'était plus complètement hostile à son égard désormais, ses sentiments partagés n'avaient pas changé au point de l'aimer et de vouloir le protéger.

Elle jeta un dernier regard au fils de sa sœur et sortit.


Le sac à main de Pétunia Dursley contenait un mouchoir brodé, du parfum, un porte monnaie plein d'argent moldu et de cartes, une copie des papiers qu'elle avait donné plus tôt à Ombrage, un petit miroir, un calepin, des clés attachés à un porte-clés de chez Grunnings, un article plié qui venait d'un tabloïd et un crayon en bois avec inscrit le nom 'Dudley Dursley'.

« Vos clés et le crayon doivent restés là. » dit Rufus.

« Mais- »

« Ce sont de potentielles armes, Madame. » dit-il.

Elle soupira, mais ne les replaça pas dans son sac.

« Le Professeur Dumbledore va entrer- »

« Non. » dit-elle.

Dumbledore n'en fut pas surpris.

« J'en ai assez que l'on s'immisce dans mes affaires. Je vais y aller seule, dire ce que j'ai à dire et je rentre chez moi. »

Albus échangea un regard avec Rufus, qui haussa les épaules et ouvrit la porte.

« Allez-y alors. S'il essaye de vous tuer, n'hésitez pas à appeler. »

Pétunia lui adressa un regard mauvais – elle n'avait visiblement pas apprécié son humour morbide – et pénétra dans la cellule, son sac à la main.


« Je ne peux trouver aucune faille là-dedans. » annonça Giovanna Zabini.

Elle était l'avocate de Lucius et il avait insisté pour qu'elle vienne vérifier les formulaires de Mme Dursley avec Bones et Rattler. Narcissa pensait que ce n'était pas nécessaire, mais elle ne voulait pas du fils Potter et elle n'aimait pas particulièrement Zabini.

« Moi non plus. » dit Podmore, qui avait été invité par Bones.

Narcissa se demanda s'il l'avait vraiment lu elle avait l'impression qu'il avait passé son temps à lorgner sur Zabini, qui ne pouvait pas être décrite autrement que séduisante.

« Rien ? » demanda douloureusement Ombrage.

Zabini secoua la tête, l'air désolé, mais Narcissa doutait que ce soit sincère. Zabini travaillait pour – ou avec – Lucius depuis dix ans maintenant et la seule fois où Narcissa l'avait vu être sincère, c'était lorsqu'elle insultait quelqu'un ou qu'elle récitait une loi.

« Excellent, dit joyeusement Dumbledore. Dois-je aller chercher Pétunia ? »

« Allez. » dit Ombrage.

Dumbledore se leva, rayonnant, et sortit de la pièce.

« Allons chercher les garçons. » dit Lucius, l'air défait.

Narcissa lui prit la main et suivit Dumbledore dans le couloir.

« Où est-ce que ta sœur les a emmené ? »

« Déjeuner. » dit Narcissa.

Ils avaient réussi à tenir jusqu'à treize heures, mais à ce moment là, Drago avait commencé à se plaindre de s'ennuyer et d'avoir faim et Andy – qui s'était justement levé pour aller manger – avait proposé de les prendre avec elle. Narcissa aurait aimé pouvoir les rejoindre ça aurait été certainement plus appréciable que de passer une heure de plus enfermée avec Ombrage, pendant que Zabini, Podmore et l'équipe du Département de la Justice Magique débattaient de lois.

« Je suis affreusement désolée de ne pas être d'une plus grande aide pour toi, Lucius. » dit Zabini.

Narcissa leva les yeux au ciel en direction de l'autre femme.

« Harry Potter aurait été chanceux de vivre avec vous et vos fils. »

« Qu'est-ce tu sais des enfants et de leur bien-être ? » ricana Narcissa.

« Mon fils- »

« Tu as un fils ? » demanda Narcissa, surprise.

« Blaise. Il est quelques mois plus jeune que ton aîné, dit Zabini. Et j'en sais assez sur les enfants pour savoir qu'il est mieux avec son père. »

« Impressionnant. » dit sèchement Narcissa, avant de cligner des yeux.

Son propre choc se reflétait sur le visage de Lucius, mais il le cachait mieux.

« Son père est en vie ? »

« Évidemment, ou Blaise ne vivrait pas avec lui, n'est-ce pas ? »

« Tu sais que ce n'est pas ce que je voulais dire. » soupira Narcissa.

« Vraiment ? railla Zabini. Que c'est fascinant j'étais plus certaine de n'en avoir aucune idée. »

« Alors peut-être que tu n'es pas aussi intelligente que tu aimes le penser. » dit Narcissa, satisfaite d'avoir réussi à tourner la conversation à son avantage.

« Non, dit Zabini. Je le suis. »

Narcissa renifla, mais n'ajouta rien il n'y avait aucune réponse à offrir à une réponse pareille et elle soupçonnait Zabini de le savoir.

« Mère ! »

C'était Hydrus et il avait l'air profondément soulagé. Andy et Ted avaient tous deux l'air plutôt irrités et Narcissa imaginait que Hydrus les avait insulté à la façon de Lucius pendant tout le repas.

« Père ! »

« Je vous laisse à vos enfants. » dit Zabini avec un sourire condescendant.

Elle avait été plusieurs fois assez clair avec Narcissa sur le fait qu'elle ne trouvait pas que l'éducation des enfants était une façon correcte de passer son temps, en tant que femme.

« Je dois retourner à mon travail. »

Et voilà. Narcissa lança un regard venimeux dans la direction de cette femme, tandis qu'elle embrassait Lucius sur les deux joues, avant de s'en aller, ses talons claquant contre le sol.

Hydrus parlait bruyamment à Lucius de l'horrible déjeuner. Drago, en revanche, n'était pas avec lui il parlait timidement, mais joyeusement, à Nymphadora et Lupin – qui était sûrement là pour aider avec Potter – à propos de Merlin savait quoi. Peut-être du tee-shirt ridicule de Lupin Narcissa ne l'avait jamais vu qu'en pull et en robe miteuse, alors elle ne pouvait imaginer qu'il possédait un tee-shirt des 'Stumpp Silver'.

Il était d'une affreuse couleur violette avec un loup-garou sauvage sur le devant, ainsi qu'une liste de dates et d'endroits de concert – Stumpp Silver était un groupe de heavy métal. Lupin semblait vouloir le cacher en fermant les pans de sa robe, mais sans grand succès. La lèvre de Narcissa se retroussa.

« Si vous êtes là, dit Ted. Alors j'imagine que Potter retourne chez sa tante ? »

« La moldue. » dit Lucius avec dédain.

« Je peux penser à des endroits bien pires pour lui. » dit Nymphadora en lançant un regard éloquent à Lucius.

« Tout comme moi. » répondit Lucius en regardant Lupin, qui rougit et baissa les yeux.

Narcissa pensait que c'était étrange la dernière fois que Lucius avait insulté Lupin, l'homme avait été furieux et avait causé un scandale au Chaudron Baveur. Aujourd'hui, Lupin semblait seulement résigné.

Nymphadora, à l'opposé, se grandit de façon impressionnante – et littéralement. Elle prit plusieurs centimètres – Lucius devait lever les yeux pour la regarder – et ses cheveux prirent une teinte rouge tomate. Drago s'éloigna d'elle pour se rapprocher de Narcissa. Elle plaça une main sur son épaule et pensa vaguement qu'il faudrait l'encourager à être un peu plus courageux.

« Comment oses- » commença bruyamment Nymphadora, malgré les tentatives de Lupin pour lui dire que ce n'était rien.

« Nymphadora ! » cria une voix.

Elle était bien trop grave pour être celle d'Andy et trop rocailleuse pour appartenir à Ted de plus, les deux Tonks avaient semblé satisfaits de voir leur fille crier sur Lucius. Narcissa supposa que c'était une vengeance pour le comportement de Hydrus pendant le déjeuner.

« Attends, Fol-Oeil. » s'écria-t-elle.

Drago s'affaissa un peu plus en voyant le vieil Auror se rapprocher.

« Je suis occupée à faire rentrer des manières dans la tête de mon abruti d'oncle prétentieux. Toi. » ajouta-t-elle finalement en se retournant vers Lucius qui ne semblait pas savoir s'il se sentait insulté ou amusé.

« J'ai besoin de toi en bas, dit Maugrey en agrippant sa manche. Maintenant. »

Narcissa ne connaissait pas assez bien l'Auror Maugrey pour reconnaître son humeur au ton de sa voix, mais quelque chose fit que Nymphadora se tendit.

« Bien. » dit-elle en haussant l'épaule pour qu'il la lâche.

Maugrey lui fit signe de le suivre, mais elle ne le fit pas. Au lieu de ça, elle leva sa baguette et dit « Parva Digitum » avant que quiconque ne puisse parler. Lucius ne sembla pas affecté. Ensuite, une drôle d'expression traversa son visage et il tomba par terre. Hydrus et Drago ouvrirent la bouche et fixèrent leur cousine. Narcissa pointa sa baguette sur sa nièce et celle de Lupin se retrouva pointée – défensivement – vers Narcissa, parce que Nymphadora avait baissé la sienne. Narcissa croisa le regard de Lupin et ils abaissèrent tous deux leur baguette.

« Je te ferais virer du programme des Aurors ! » gronda Lucius, le visage rouge.

Il essaya de se lever, échoua et abandonna. Andy ricana et Narcissa lui lança un regard exaspéré.

« Famille ou pas, que- »

« Dénonce-moi alors, s'exclama-t-elle. Mais c'est mon travail de défendre les gens contre les agressions – physiques ou verbales. Alors je pense que mes actions étaient parfaitement justifiées, même si elles ne sont pas orthodoxes. »

Lucius ouvrit la bouche.

« Je me contenterais de me taire si j'étais toi, lui conseilla Nymphadora. Tu as déjà menacé un Auror et je pourrais t'arrêter pour- »

« Tu es une apprentie. » railla Lucius depuis le sol.

Narcissa se demanda ce que sa nièce lui avait fait, car il ne semblait pas souffrir.

« Tu as besoin qu'un autre Auror soit présent- »

« Pratique, n'est-ce pas ? » grogna Maugrey, faisant sursauter Narcissa.

Elle l'avait oublié. Et vu la façon dont pâlit Lucius, lui aussi.

« Les charges ne tiendront pas, mesdemoiselles, mais ce serait très embarrassant pour toi et nous sommes justement en route pour les cachots ... »

Lucius ferma la bouche, mais ses yeux étaient toujours aussi tranchants.

« C'est ce que je pensais. Allons-y, Ny- »

« Si tu finis cette phrase, je te lance aussi un sort. » le prévint Nymphadora.

Maugrey se mit à rire et jeta un œil à un objet doré avant de pâlir et de montrer l'ascenseur de la tête.

Lupin hésita, avant de se hâter derrière eux.

« Fol-Oeil, tu as parlé des cachots ?! » dit-il, inquiet.

« Comment elle a pu osé jeté un sort à Père ! » dit Drago avec colère, en foudroyant le dos de Nymphadora du regard.

Hydrus avait aussi l'air bouleversé et essayait d'aider Lucius à se relever, mais Lucius vacilla et retomba à nouveau.

« Sale traître à son- »

« Ne finis pas cette phrase si tu sais ce qui est bon pour toi. » le prévint Narcissa.

Drago lui adressa un regard boudeur.

« C'était une mauvaise chose à faire, mais ça n'avait pas de rapport avec le fait que votre tante a épousé un né-moldu. » dit Narcissa, consciente et mal à l'aise à cause du regard stupéfait d'Andy.

« Tu veux dire un sang-de-bourbe. » corrigea Hydrus, faisant bouder Drago.

« Pourquoi lui, il peut dire sang-de- »

« On parlera de ça à la maison. » dit Narcissa, pas vraiment prête à tenir ce genre de conversation.

Hydrus lança un regard joyeux à son frère et Drago lui adressa un regard noir. Ignorant les ricanements de sa sœur et le sourire amusé de Ted, Narcissa tourna son attention vers son mari et essaya de rejoindre ses efforts pour défaire ce que sa nièce rebelle avait fait.


Tonks, Remus et Fol-Oeil sortirent de l'ascenseur au niveau des cachots pour tomber sur Scrimgeour, Shacklebolt, Ben, McDuff, Wright, Patel, Robards, McKinnon et un guérisseur vêtu de vert qui étaient rassemblés dans le hall. Elle pouvait entendre un homme crier et un bruit de coups. Elle pouvait aussi sentir les Détraqueurs – et les voir, glissant tout près – mais elle essaya de les ignorer.

« C'est tout ce que tu as trouvé ? » lança Scrimgeour, ne semblant pas réaliser ou se fichant que Remus ne soit pas un Auror.

« C'est ça. » dit Fol-Oeil.

« Que se passe-t-il ? » demanda Tonks en s'approchant de McKinnon et de Ben.

« Sirius a … Et bien, on est pas sûr, dit McKinnon, les yeux fixés sur la porte au bout du couloir. Scrimgeour pense qu'il est devenu fou il n'arrête pas de crier sur les Aurors et de taper à la porte. Ça fait des heures apparemment. »

Cela expliquait certainement le bruit.

« -sûr dans quel état il est, dit Scrimgeour, et Tonks se mit à l'écouter. On ne voulait pas risquer de se précipiter à l'intérieur, c'est pour quoi vous avez tous été appelé ici. »

Wright et Patel échangèrent des murmures nerveux, mais Tonks ne put comprendre ce qu'ils disaient.

« Vous n'attaquerez pas Black s'il ne vous attaque pas d'abord. »

« T'entends ça ? » marmonna Robards.

Il reçut un regard noir de la part de McKinnon. Tonks se demanda de quoi il parlait.

« Si c'est sûr, alors Shacklebolt, Maugrey et moi irons voir ce qu'il veut … si non … Black ne doit, sous aucun prétexte, quitter cette cell- »

« -veux parler ! Tonks entendit Sirius crier. Je ne vais pas vous attaquer, bordel, alors venez juste et- »

« On y va d'abord, dit Scrimgeour, en faisant signe à Shacklebolt, Fol-Oeil et McDuff. Vous surveillez les apprentis, évitez les problèmes. »

Maugrey acquiesça.

« Vous aussi. » ajouta Scrimgeour en désignant Remus et le guérisseur.

Ils s'approchèrent en groupe, les baguettes levées et prêtes, avec trois Détraqueurs devant eux. Tonks s'était agrandie pour pouvoir voir par-dessus les épaules des autres. Cela faisait d'elle une cible, mais au moins, elle savait ce qu'il se passait.

« Éloigne-toi de la porte, Black. » dit Scrimgeour.

Et à travers la petite fenêtre à barreaux, Tonks vit Sirius s'éloigner. Il souriait largement comme s'il était fou et elle sentit un soupçon d'inconfort. Scrimgeour tapa la porte avec sa baguette et l'ouvrit.

Les trois autres Aurors entrèrent, formant un cercle autour de Sirius, qui ne sembla pas perturbé le moins du monde. Il avait l'air d'être prêt à exploser de joie, ce qui était étrange, étant donné sa situation et sa proximité avec les Détraqueurs.

« Qu'est-ce que tu veux ? » demanda McDuff, prudente.

Sirius se contenta de lui sourire largement et de lui tendre un morceau de papier.