Il était partout. Son odeur pénétrait ses narines. Son corps était collé au sien. Sa main enserrait toujours sa gorge. Sa voix était rauque à son oreille. Son souffle était chaud contre son cou. Elle ferma les yeux, se confortant dans cette multitude de sensations.

Elle n'arrivait pas à croire qu'il soit si près d'elle. Ce contact lui avait tant manqué. Il lui avait tant manqué. Ses mains, son odeur… Rien que cela suffisait à la rendre complètement dingue. Elle aurait pu mourir ainsi, dans l'étreinte - pourtant brusque - de son ex-mari. De l'homme qu'elle aimait corps et âme.

Il avait glissé un genou entre ses cuisses pour la maintenir en place et ne la lâchait plus. Elle était complètement immobilisée, au point d'en étouffer. Elle pensa qu'elle avait de la chance de ne pas être claustrophobe.

- Hein ? fit-il puisqu'elle ne répondait pas, en serrant sa gorge davantage. Tu pensais que j'allais rester là sans rien faire, alors que ce lourdaud obscène et rebutant posait ses sales pattes sur toi ?

Elle se sentit sursauter sans le contrôler, alors que sa respiration se faisait de plus en plus difficile. Elle attrapa son poignet, alors qu'elle commençait à manquer d'air.

Son ton froid et brusque la surprit plus qu'elle ne l'aurait pensé. Il était sérieux, sévère et il utilisait un ton qu'elle n'entendait que lors de leurs… petites scènes. Elle se sentit se recroqueviller sous sa prestance. Elle était à la fois heureuse d'être parvenue à ses fins, excitée par ses gestes et sa voix, mais aussi terrifiée par son attitude et par ce qu'il pourrait lui faire.

- Tu es à moi, grogna-t-il à son oreille.

- Non, réussit-elle à prononcer, bien qu'essoufflée. Tu as tout fait pour que cela ne soit plus le cas.

Elle entendit sa respiration s'accélérer à son oreille, avant qu'il ne desserre soudainement sa poigne sur son cou et pose son front contre le mur derrière elle.

Elle avait été honnête. Après leur divorce officiel, il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour qu'aucun de leurs liens - mis à part leur fils - ne les unisse. Plus de contrat, plus de bijoux, plus de patrimoine, plus de signatures, plus rien. Rien. Sans leur fils, Hermione aurait pu ne jamais connaître Drago sans que cela ne change quoi que ce soit à son quotidien. Du moins, officiellement.

Officieusement, elle savait que son cœur serait encore plus brisé qu'il ne l'était déjà. Disons que son fils faisait office de pansement pour arrêter l'hémorragie. Que sans lui, elle n'en serait pas là.

- Tu m'as provoqué, surenchérit-il sans se défaire d'elle.

- Oui, avoua-t-elle dans un souffle.

Cette révélation changea quelque chose dans la posture de Drago, elle le sentit. Sa respiration s'arrêta le temps de deux secondes, avant qu'il ne recule la tête pour lui faire face.

Il braqua son regard gris et froid dans le sien. Il semblait la sonder, cherchant le moindre signe de mensonge sur son visage. Mais elle ne mentait pas.

- Tu m'as provoqué, répéta-t-il comme une question cette fois-ci.

Elle mit du temps à répondre. Se plongeant au départ dans son regard, qu'elle ne parvenait à définir. Était-il plein de colère ou de désir ? Ou les deux ? Elle ne parvenait pas à savoir.

Finalement, elle hocha la tête, timidement. Bizarrement, sa confiance en elle et en ses pouvoirs de provocation redescendait violemment maintenant qu'il lui faisait face et la regardait ainsi.

Sa main, restée sur son cou, glissa jusqu'à son menton et il lui releva la tête pour qu'elle n'ait plus d'autre choix que de le regarder dans les yeux.

- Et pourquoi ça ? demanda-t-il d'un ton sévère et bas.

- Parce que tu me manques, répondit-elle sans attendre, l'idée de lui mentir ne lui ayant même pas traversé l'esprit.

Un rictus narquois étira les lèvres de Drago et Hermione se sentit particulièrement rabaissée par celui-ci. Elle se sentit rougir. Est-ce qu'il se moquait d'elle ? Est-ce qu'il se moquait du fait qu'elle ne parvienne déjà plus à vivre sans lui ? Elle se sentait presque honteuse. Il avait toujours le don de lui faire ressentir tant de choses. Positives, ou non.

- C'est toi qui as demandé à ce que nous divorcions, dit-il alors, son regard se faisant de plus en plus sombre. Pour Alioth.

- Je sais, chuchota-t-elle en sentant ses larmes venir chatouiller le bord de ses paupières.

Elle se sentait mal désormais. Pourquoi avait-elle fait une telle chose ? Il avait raison, comme toujours. Elle avait demandé à ce qu'ils se séparent et voilà qu'elle revenait courir après lui pour le mettre en rogne. Elle se sentait si honteuse, si petite sous son regard ardent. Elle cligna des yeux et une larme s'en échappa, coulant jusqu'aux doigts de Drago, toujours posés sur son menton.

Il la suivit du regard, avant de le braquer à nouveau dans celui d'Hermione.

- Tu regrettes, affirma-t-il en la lâchant soudainement et en s'éloignant d'un pas.

Elle se sentit si faible, si petite et frêle ainsi. Il ne la touchait plus, ne la tenait plus. Elle était de nouveau seule.

Elle baissa la tête, honteuse. Elle ne voulait pas répondre à sa question. En partie parce qu'elle ne voulait pas l'entendre rire et se moquer d'elle, d'une autre parce qu'elle n'arrivait pas à se l'avouer. Elle ne pouvait pas se l'avouer.

Qu'est-ce que cela changerait qu'elle regrette après tout ?

S'ils en étaient arrivés là, Hermione savait que c'était pour une bonne raison. Revenir en arrière serait comme reprendre à zéro, sans retirer les points négatifs. Ils finiraient toujours par en revenir là. Au divorce, au déchirement de leur couple, aux pleurs, aux larmes et aux cris.

- Réponds, claqua-t-il avec impatience.

C'était un ordre, pas une demande. Il n'avait pas été aussi sévère avec elle depuis des mois. Il était froid et distant, et Hermione n'arrivait pas à savoir s'il l'était vraiment ou bien s'il l'était pour se défendre et cacher ce qu'il ressentait vraiment. Il le faisait si souvent.

- Est-ce que tu regrettes ou est-ce que tu es juste en manque, Hermione ? demanda-t-il ensuite durement.

En entendant cela, elle ne put s'empêcher de relever brusquement la tête vers lui, oubliant presque qu'elle pleurait et qu'elle ne voulait rien lui avouer.

- Non ! s'exclama-t-elle en secouant la tête. Ce n'est pas ça, c'est loin d'être ça !

Elle n'arrivait pas à croire qu'il puisse penser une telle chose.

- Alors qu'est-ce que c'est ? répliqua-t-il avec verve.

- Je-

- Hermione ? Tout va bien ?

Merde.

Merde, merde, merde.

Elle vit le regard de Drago se faire encore plus noir qu'il ne l'était déjà. Ce n'était vraiment pas bon signe.

Elle avait oublié Henri. Ou André. Elle écarquilla les yeux et allait se retourner vers la porte pour dire quelque chose, mais elle n'eut pas le temps de le faire puisque Drago attrapa son bras et les fit soudainement transplaner.

Elle s'accrocha à lui aussi fort que possible, terrifiée à l'idée d'être désartibulée. Cet idiot semblait avoir oublié les risques d'une telle manœuvre !

Ils réapparurent dans le séjour du manoir, qu'Hermione reconnut immédiatement. Après tout, elle y avait vécu très longtemps. Aussitôt fut-elle arrivée qu'il la poussa sur le canapé. Elle retomba sur ses fesses et baissa la tête avec soumission en revenant à la réalité. Ils étaient de nouveau seuls.

Son regard n'avait pas changé. Il la fixait toujours aussi intensément, aussi froidement. Elle ne savait plus où se mettre tout d'un coup. Elle aurait voulu l'engueuler pour le risque qu'il venait de lui faire courir en transplanant ainsi, mais ravala sa remarque sous son regard. Elle baissa les yeux sur ses mains et commença à jouer avec ses doigts.

- Qu'est-ce que c'est, Hermione ? répéta-t-il froidement, lui faisant toujours face.

Elle ne répondit pas. Elle se sentait mal. Elle voulait rentrer chez elle et éviter cette confrontation. Elle avait honte. Peur qu'il la rejette et lui rie au nez. Parce qu'elle le méritait n'est-ce pas ? Elle méritait qu'il se moque d'elle après qu'elle ait tenté de le rendre jaloux, simplement parce qu'elle ne supportait plus son absence au quotidien.

Elle l'entendit renifler dans ce qu'elle interpréta être du dédain. Il se rendit ensuite jusqu'au guéridon du canapé, pour se servir ce qu'elle supposa être du whisky.

- Ne me fais pas répéter une nouvelle fois, Hermione, gronda-t-il dans son dos.

Elle frissonna. Il s'était penché pour être le plus proche d'elle possible. Elle sentait son souffle sur son oreille.

- Je regrette, avoua-t-elle en sanglotant et en posant sa tête dans ses mains. Je regrette depuis le jour où nous avons signé ces foutus papiers.

- Même pour Alioth ? répondit-il froidement, comme si tout ce qu'elle venait de lui dire était vain.

- Oui, affirma-t-elle en essuyant ses larmes sans succès. Je sais qu'il est malheureux de nous voir séparés ainsi.

- Tu disais toi-même qu'il s'y ferait.

- J'avais tort, murmura-t-elle en passant sa main sur son visage.

Il ne répondit pas et cela ne fit qu'accentuer son mal-être. Elle se sentait si ridicule de pleurer ainsi devant lui, sans même qu'il ne fasse quoi que ce soit pour la consoler. Elle voulait partir. Elle voulait rentrer chez elle et se blottir dans son lit jusqu'à la fin des temps.

Elle se leva soudainement, décidant que ce serait le moment ou jamais de s'en aller. Si elle restait plus longtemps, elle ne parviendrait pas à partir. Elle ne prit même pas la peine de le regarder et commença à se diriger vers la cheminée. Elle avait trop honte.

A peine eut-elle fait trois pas qu'elle se fit plaquer contre un mur, Drago l'entourant à nouveau de toute sa grandeur. Il avait attrapé son visage entre ses paumes et posa son front contre le sien.

- Répète-le, lui demanda-t-il, la suppliant presque.

Elle cligna des yeux, confuse et prise par surprise.

- Répète-moi que tu regrettes, continua-t-il le regard alarmé, presque inquiet.

- Drago, tu-

- Je t'en prie, chuchota-t-il en caressant ses joues avec ses pouces.

Elle n'avait jamais vu un tel éclat dans son regard. Il avait perdu toute sa froideur, toute sa moquerie et son arrogance. Il lui sembla faible pour la première fois.

- Je regrette, murmura-t-elle alors que ses yeux s'humidifiaient à nouveau.

Il ferma les yeux, d'un air soulagé, comme si elle ne l'avait pas déjà dit auparavant.

Puis ses lèvres furent sur les siennes. Il la dévorait, la savourait, sans jamais s'éloigner.

Hermione crut défaillir de pouvoir le goûter à nouveau. Elle qui avait pensé ne plus jamais pouvoir faire une telle chose…

Elle passa ses bras derrière son cou et approfondit le baiser comme si sa vie en dépendait. Elle ne pensait plus aux regards froids qu'il lui avait lancés ni à son indifférence et sa sévérité. Il n'y avait que ses lèvres. Ces lèvres qui l'embrassaient jusqu'à ce que le souffle leur manque.

- Salazar, pourquoi a-t-il fallu en arriver là pour que tu me le dises enfin, Hermione, murmura-t-il près de son oreille en embrassant son cou.

- Tu aurais pu le faire aussi, je te signale, répliqua-t-elle en gémissant légèrement lorsqu'il passa son genou entre ses jambes.

- Et risquer de passer pour un idiot alors que tu m'avais bien fait comprendre que nous devions prendre nos distances dans l'intérêt d'Alioth ? Jamais de la vie, Granger.

Elle n'eut pas le temps de répliquer quoi que ce soit, qu'il les faisait à nouveau transplaner. Ils atterrirent dans sa chambre et il la fit tomber sur le lit.

Cependant, cette fois, elle ne se retint pas.

- Arrête de faire ça ! s'exclama-t-elle en lui frappant le bras. C'est la deuxième fois que je risque de me désartibuler à cause de-

- La ferme, Granger, grogna-t-il avant d'écraser ses lèvres sur les siennes.

Sa remarque mourut sur ses lèvres, mais cela ne l'empêcha pas de passer ses bras autour de son cou lorsqu'il s'approcha d'elle. Elle passa ses jambes derrière ses fesses pour le rapprocher d'elle au maximum.

Sa colère passée, son corps réclamait celui de Drago de manière obsessive et indécente. Elle voulait qu'il la dévore, qu'il s'occupe d'elle comme jamais il ne l'avait fait, qu'il la fasse imploser…

Il dut sentir qu'elle était excitée et particulièrement impatiente, car il se recula légèrement de ses lèvres, dans ce qui semblait être un élan de lucidité.

- Est-ce que tu es sûre que c'est ce que tu veux, Hermione ? demanda-t-il sérieusement en posant sa main sur sa joue. Car si tu t'abandonnes à moi ce soir, je ne te laisserai plus jamais t'en aller.