Cette nuit là, je ne fis aucun rêve, aucun cauchemar, le noir complet. Je me suis réveillée dès l'aube pour préparer mes affaires et être le plus tôt possible au port du Caire. Je rangeais ma petite maison et mit dans une coffre en osier toutes mes recherches sur ma venue. L'avantage d'habiter ici et à cette période, c'est que je n'avais aucun risque de cambriolage, je pouvais tout laisser comme ça. Je demandais juste à mon voisin de déposer ma clef au Docteur Terence. Une fois prête, je pris mon sac d'affaire et partit vers le port.
Je n'attendis pas longtemps avant de voir Evy et Jon', prêts eux aussi pour le départ. Contrairement à moi, Evy avait un sac et deux petites valises et son frère deux gros sacs. Je les rejoignis.
-Bonjour vous deux.
-Bonjour Mila ! Me répondit Evy.
Jonathan quant à lui, me fit un signe de la tête avec des yeux charmeurs. Continues comme ça mon gars, ce n'est pas comme ça que tu me charmeras, tu n'es pas mon type. On se dirigea tous les trois vers la plateforme du bateau.
-Parce que tu penses vraiment qu'il va venir Jonathan ?
-Oui, c'est certain. Je suis né sous une bonne étoile. Il est un peu rustre mais je connais ces types là. Ils n'ont qu'une parole.
-Et bien moi je trouve qu'il est dégoûtant, grossier. C'est un parfait scélérat. Je le trouve abominable !
-C'est quelqu'un que je connais ? Fit une voix derrière nous.
On se retourna tous les trois et je vis l'homme qu'ils ont sortis de prison hier avec un gros sac à dos, métamorphosé. Il était bien habillé, propre, cheveux coupés et ordonné. Un autre homme quoi. Evy semblait ne plus savoir quoi dire et semblait aussi étonné par le changement. Elle en posa même ses valises.
Je sens que ces deux là vont finir ensemble à la fin de votre aventure ! J'en mettrais ma main à couper.
-Oh…bonjour. Fit-elle.
-Héhé, quelle belle journée pour partir à l'aventure, hein O'Connell ? Dit Jonathan en lui tapotant le torse.
-Oui, exceptionnelle. Répondit l'ancien détenu en sortant quelque chose de sa poche de veste. Son porte feuille, pourquoi ?
-Oh non, je ne volerais jamais…mon associé, associé. Assura Jonathan.
Il a cru qu'il voulait lui chourer son porte-feuille ? Pourquoi pense-t-il a une telle chose ? O'Connell ria un petit peu.
-Ca me fait penser, vous ne m'en voulez pas pour le… ?
Il ne savait pas trop comment le dire et fit le geste d'un coup de poing. Il l'a cogné et j'ai loupé ça ? Merde !
-Oh non, non, ça m'arrive tout le temps.
J'ai de la chance alors, je pourrais revoir la scène. Mila…ce n'est pas bien de dire ça !
-Monsieur O'Connell, regardez moi dans les yeux et garantissez moi que tout cela n'est pas une belle entourloupe. Parce que si c'est le cas, je vous garantis de suite…
-Vous ne me croyez pas ? S'étonna O'Connell. Mademoiselle, écoutez moi bien. Mon détachement au grand complet y croyait tellement que sans ordre, il a traversé toute la Lybie et le désert égyptien pour trouver cette cité et quand nous avons fini par y arriver, il n'y avait que du sang et du sable. Donnez-moi vos valises.
Il clôtura la conversation en se baissant et en prenant les deux valises d'Evy pour les amener à la cale du bateau. Il donnait envie d'aller à Hamunaptra vu comment il en parlait.
C'était ironique ! En tout cas, Evy ne le lâchait pas du regard.
-Hey, fit Jonathan. Ouais tu as raison. Dégoutant, grossier, le parfait scélérat, il n'a rien pour lui.
Elle lui jeta un regard en coin en mode : « Me cherche pas ok ! » même son frère avait comprit qu'elle avait craqué pour O'Connell.
-Je vous souhaite bien le bonjour. Fit un homme qui arriva juste à côté.
Oh mon dieu, l'odeur ! Mes pauvres petits naseaux ! Ce mec ne connaît pas la douche ou quoi ?
Il monta sur le bateau via la passerelle tandis qu'Evy lui demandait ce qu'il foutait là. Il parlait de protéger ses intérêts. En demandant de quoi il parlait, j'appris que pour sauver O'Connell de la pendaison, elle avait négocié avec le gardien de la prison. Il empocherai 25% des bénéfices de ce qu'on trouvera. A leurs têtes, les Carnahan pensaient qu'il allait rester sagement au Caire, pas de bol !
-On y va Mila ? Me demanda Evy.
-C'est parti !
On montait chacun notre tour sur le bateau via la passerelle, une fois à bord, on nous indiqua la cabine qu'Evy et moi allions partager durant nos deux jours de navigation. J'y posais mon sac et de suite, je retournais sur le pont, à l'avant, afin de ne rien louper de la vue. Je me frayais un chemin parmi les personnes présentes, il y en avait un paquet. Beaucoup d'ouvrier Egyptien. J'étais obligé de jouer doucement des coudes pour pouvoir passer tout en disant « excusez-moi ».
-Faites attention ! Jeune impertinente !
C'était un homme, assez maigrichon, avec un monocle et un fez.
-Veuillez m'excusez Monsieur, j'essayais juste d'atteindre l'avant du bateau. Je ne voulais pas vous importuner.
La politesse avant tout Mila. Je m'excusais une dernière fois et j'essayais de m'éloigner de lui quand il m'arrêta en m'empoignant le bras, pile au niveau du tatouage caché sous ma manche et qui était encore douloureux.
-Est-ce une raison pour nous donner des coups ainsi ?
-Je me suis excusée auprès de vous Monsieur, trois fois pour être exact. Précisais-je.
Il commençait à me courir sur le haricot ce mec là, trois hommes regardaient la scène un peu plus loin, tout comme O'Connell.
-Que fais une femme, une enfant même sur un bateau dans ce genre à part me déranger et me faire perdre mon temps ?
Et vas-y qu'il pète plus haut que son cul ! Je vais me le faire !
-Comme je vous l'ai déjà dit, je me suis excusée auprès de vous et ainsi qu'aux autres personnes que j'ai importuné en passant. Vous avez vous-même choisit de perdre votre temps en m'importunant moi alors que vous auriez pu passer à autre chose. Mais peut-être que pour vous j'ai cogné un peu trop fort et que j'ai froissé votre égo en plus de votre chemise. La pauvre enfant de vingt-deux ans que je suis s'excuse pour la quatrième fois. Maintenant que je vous ai montré mes crocs, veuillez relâcher mon bras avant que je ne vous mordre.
-Espèce de petite…Ragea-t-il en levant le bras.
Il allait pour me gifler quand il fut arrêter par un de ses hommes qui étaient derrière. Un grand blond.
-Cela suffit Docteur Chamberlain. Nous ne sommes pas là pour ça.
Les deux autres n'avaient pas bougé par contre, je vis que Monsieur O'Connell avait posé sa main sur un de ses flingues dans son holster.
-Merci monsieur. Dis-je en partant.
Je m'éloignais rapidement de ces hommes et alla sans problèmes à l'avant du bateau où je trouvais une chaise disponible. De suite, je m'installa dessus et profita de la vue. Le bateau partit rapidement du port. Je cru même apercevoir le Docteur Terence nous regarder nous en aller mais je n'étais pas sûr.
Je restais sur ma chaise jusqu'à la tombé de la nuit où je rejoignis notre chambre, qui était vide, pour prendre des petits gâteaux égyptiens que j'avais pris afin d'en faire mon repas. En sortant, je vis un homme d'équipage qui nous proposait une tasse de thé au jasmin. Une tuerie ce truc là.
Sur le ponton, je vis Jonathan attablé en pleine partie de poker avec le mec qui m'a protégé de l'autre tête de fez ainsi que ses deux amis. Je ne le sentais pas, Jonathan avait toujours le chic pour mettre les pieds dans le plat. Tête de fez, pardon, docteur Chamberlain, était à une table derrière, le nez plongé dans ses bouquins.
Je me rapprochais afin d'observer la partie.
-Ah Mila, veux-tu rester là à nous regarder, ou veux-tu te joindre à nous pour une partie ? Me demanda Jonathan.
Les quatre hommes me regardèrent, attendant ma réponse.
-Cela aurait été avec joie mais je ne sais pas si vous êtes prêt à faire une partie avec une femme.
-Ne dites pas de bêtises voyons, rejoignez-nous.
-Laissez moi aller chercher mon argent.
Je fis l'aller-retour en express jusqu'à ma chambre où je pris mon argent, pas la totalité bien sûr, qui était dans mon sac. En chemin, je finis ma tasse de thé que je reposais sur le buffet où je l'avais prise. Une fois revenue vers les quatre hommes, je vis que le docteur Chamberlain nous regardait. Je m'installais à la gauche de Jonathan et à la droite d'un homme à lunettes.
-Mila, je te présente les messieurs Isaac Henderson, David Daniels et Bernard Burns. Me dit Jonathan en me les montrant de gauche à droite.
-Enchanté Messieurs. Monsieur Henderson, encore merci pour tout à l'heure.
-De rien Mademoiselle.
Daniels coupa le jeu qu'il donna à Henderson pour qu'il distribue les cartes à chaque participant. Je pris mes cinq cartes en main. Pas folichon.
On commença la partie.
Au bout d'une trentaine de minutes, on avait déjà fait plusieurs parties et je n'avais pas perdu trop d'argent, je savais quand me coucher car j'avais remarqué quelques tics venant de nos amis Américains quand ils avaient un bon jeu. Cela me permettait de garder mon argent sans trop en perdre.
-Daniels tapotait la table avec trois doigts.
-Burns se réinstallait sur sa chaise.
-Henderson mangeait quelque chose ou buvait un verre.
-Jonathan se met à renifler assez fortement.
Daniels venait de mélanger les cartes pour une prochaine partie et posa le jeu sur la table, attendant que Burns finisse de nettoyer ses lunettes.
-Arrêtes de jouer avec tes lunettes et coupes les cartes tu veux Burns.
-Si je pose mes lunettes, je ne vois pas les cartes, je suis désolé Daniels.
La porte s'ouvrit derrière nous et O'Connell sortit du coin des cabines.
-O'Connell, asseyez-vous, asseyez-vous.
-Arf, je joue toujours avec ma vie, jamais avec mon argent. Affirma l'ancien détenu.
-Jamais ? S'étonna Daniels qui avait reprit le jeu en main. Que diriez vous si je pariais 500 dollars qu'on trouvera Hamunaptra avant vous ? Proposa-t-il en distribuant les cartes.
What ? Ils cherchent eux aussi la cité ? Comment savent-ils qu'on y va ?
Pourquoi je me pose une telle question, la réponse est bien évidemment à cause de l'homme à ma droite.
-Vous êtes à la recherche d'Hamunaptra ? Demanda O'Connell.
-Un peu qu'on la cherche. Affirma Henderson.
-Qui vous a dit qu'on la cherchait aussi ?
-Lui ! Firent les trois Américains en indiquant Jonathan.
Je le savais ! Il eut un regard voir venant de moi et sentit le regard de O'Connell sur lui. Il ne savait plus trop où se mettre. O'Connell accepta le pari et fut étonné que les Américains avaient eux aussi, quelqu'un qui y était allé et qui allait leur montré le chemin. Alors que Jonathan allait encore faire une boulette sur le fait qu'O'Connell qui était lui aussi allé, je lui envoya un coup dans la jambe tandis qu'il se prit malencontreusement le sac d'O'Connell sur sa tête quand ce dernier le remit sur son épaule avant de partir. Il comprit heureusement très vite et changea de sujet en commençant la partie.
Mais quel boulet ce mec !
-Ne dépensez pas tout votre argent dans cette partie si vous deviez perdre ce pari. Dit-je en faisant un petit sourire.
-Vous semblez bien confiante Miss… ?
-Mercier, Monsieur Burns. Je rajoute quelque chose à votre pari, si votre équipe arrive avant la notre à Hamunaptra, je vous rajoute cinquante dollars à chacun.
-Vous faites partie de l'équipe d'O'Connell ?
-Exactement Monsieur Daniels.
-Je tiens le pari, si vous gagnez, 500 dollars pour O'Connell et on vous donnera chacun cinquante dollars. Fit Monsieur Henderson en me tendant sa main.
Je lui serra pour conclure notre pari, il me fit même un clin d'œil. Ce mec est assez bel homme, de même que Monsieur Burns. Les deux autres hommes me serrèrent eux aussi la main pour sceller notre accord.
-Si cela ne vous dérange pas messieurs, je vais vous laisser entre homme et je vais m'éclipser.
Je récupérais mes billets et repartie en direction de la cabine quand je vis plusieurs hommes en noir monter sur le bateau. Ils étaient comme celui que j'ai vu dans le bureau du Docteur Terence il y a quelques mois. Ils étaient armés. De suite, je me planquais et fit demi-tour silencieusement pour retourner au niveau de la table de poker.
-Les gars…Les gars…chuchotais-je.
Ils stoppèrent leur partie de poker et me regardèrent d'un œil interrogatif.
-Des hommes en noir viennent de monter sur le bateau. Et ils sont armés.
Cela leur suffisait, en moins de cinq secondes, ils avaient récupéré leur argent et laissé tout le reste en place puis, sortirent immédiatement leurs flingues. Jonathan, quant à lui, partit en courant chercher sa sœur.
-Mademoiselle Mercier, savez-vous vous servir d'un pistolet ? Me demanda Burns.
-Non. J'en n'ai jamais eu en main.
De suite, Henderson qui en avait déjà un dans chaque main, en sortit un troisième qu'il me donna.
-6 balles dans le chargeur, visez puis tirez.
Il me laissa pas le choix de dire non qu'il me mit derrière eux, à côté du Docteur Chamberlain, puis commencèrent à tirer. Les hommes en noir étaient arrivés. Daniels fit tomber une table afin de créer un rempart.
J'entendis des coups de feux de partout, d'ici et dans les cabines. Il y avait même un début d'incendie. Il fallait que je trouve Evy.
J'attendis une accalmie dans les coups de feu et vit une possibilité de passer à gauche des cabines. Du côté de l'emplacement de la passerelle. Une fois que ce fut possible, je sortis de derrière la table et couru par là.
-Mademoiselle Mercier ! Revenez ! Me cria Mr Burns.
Mais je ne l'écoutais pas, je fonçais sans m'arrêter vers le côté des cabines où le feu étaient plus important. J'eu la chance de tomber devant aucun ennemis et de ne pas être touchée par des balles. Je tombais nez-à-nez avec O'Connell qui venait de jeter Evy à l'eau.
-O'Connell ! L'appelais-je.
-Vous êtes là. Faut qu'on se casse d'ici.
-Je suis d'accord.
-Sautez ! M'ordonna-t-il.
Je ne chercha pas à comprendre et sauta par-dessus bord et plongea dans le Nil. Rapidement, je rejoignis la rive avec Evy, O'Connell et le gardien de prison nous suivaient de près et Jonathan était un peu plus loin.
-On a tout perdu. Notre matériel, nos équipements, toutes mes robes. Fit Evy.
Je crois qu'il y a plus important que des robes dans la vie, non ? Je me retournais et vit le bateau, en flamme, qui sombrait progressivement dans l'eau. Le reste des passagers étaient sur l'autre rive.
-O'CONNELL ! HEY !
Le concerné se retourna en entendant quelqu'un l'appeler.
-J'AI COMME L'IMPRESSION QUE C'EST NOUS QUI AVONS LES CHEVAUX !
-HEY BENI, J'AI COMME L'IMPRESSION QUE TOI ET TES POTES ÊTES DU MAUVAIS CÔTÉ DU FLEUVE !
De là, je pouvais voir que ce Béni avait la rager car il donna un coup de pied dans l'eau. Je ne suis pas sur que le fleuve ait eu mal. C'était bon pour notre pari ça, si ils étaient pas du bon côté, ils allaient perdre du temps pour revenir, non ?
-Venez, il y a un village pas trop loin ! Nous indiqua O'Connell.
Si il y a des personnes qui lisent cette fiction, une petite review serait la bienvenue ;)
