-Attends…quoi ? Tu es en train de me dire que les dieux anciens m'ont ramené à mon époque et qu'ils…qu'ils vous ont laissé mon cadavre ?
J'hallucinais. C'étaient vraiment des enflures de leur avoir fait ça. Si je devais me retrouver en face d'eux, y a des plumes qui voleront. Foutus emplumés de dieux.
-Oui. Nous t'avons ramené avec nous au Caire et nous sommes rentrés dans le musée des antiquités de nuit, avec l'aide d'un Medjaï, Brahim je crois. Nous avons essayé d'utiliser tous les artefacts présents, toutes les prières pour te ramener mais la seule chose qui pouvait vraiment te ramener d'entre les morts était…
-Le livre des morts qui a disparut en même temps que Ahm-Shere. Je n'arrive pas à croire que les Dieux Anciens aient osés faire ça.
Je mis mes coudes sur la table, repliai mes bras et mis ma tête dans les mains, se rendant compte de tout ce qu'Alex venait de me dire. Si je ressentais un vide en moi depuis mon réveil, c'est parce qu'une partie de moi était restée là-bas, à cette époque.
Et comme si ce n'était pas déjà dur de m'avoir vu mourir, ils ont dû voyager avec mon corps sans vie pendant sept jours pour retourner au Caire. Je pleurais rien qu'en y pensant.
-Et..une fois que tout ça a échoué, qu'est-ce que vous avez fait ?
-Je n'ai jamais vu mon père dans une colère aussi noire. Il était prêt à briser tous les artefacts qu'on avait utilisé. Il a fallut toute la bonne volonté de ma mère ainsi que d'Ardeth et de Brahim pour le calmer. J'étais resté en retrait avec oncle Jon'. Papa avait crié qu'après tout ce que les Dieux t'avaient fait subir, la moindre des choses aurait été de te permettre de vivre.
-Et je pense qu'ils t'ont tout raconté ? Sur moi ? Sur comment j'ai débarqué dans leur vie.
-C'est oncle Jon' qui m'a tout expliqué. Papa et maman n'était pas très…réceptifs à la conversation, surtout si elle te concernait. Personne n'a comprit pourquoi tu n'as pas pu guérir de ta blessure à la tête.
Outch…ça m'apprendra à cacher des informations…
-C'est…c'était ma faute. Avouai-je. Quand on était en direction d'Ahm-Shere, en suivant tes indices, je me suis évanouie deux fois, une à la régénération complète d'Imhotep et l'autre à la résurrection de sa pétasse. A ma première inconscience, j'ai appris que Seth me poursuivait et qu'il avait ralentit ma capacité de guérison, par contre pour la deuxième…
-Il te l'a complètement enlevé. Devina Alex.
-Oui, et je l'ai caché à tout le monde pour ne pas qu'ils s'inquiètent. La préoccupation majeure à ce moment-là, c'était de te retrouver. Je sais que c'était une énorme erreur et…tout aurait pu être différent si j'en avais parlé.
-Et peut-être que ça n'aurait rien changé. Peut-être que malgré ça, Imhotep t'aurait quand même envoyé contre cette statue et causé ta blessure.
-Peut-être.
Je me sentais minable maintenant…minable de ne pas leur avoir dit que Seth m'avait eu.
-S'il te plait, continues. Lui demandai-je.
-A…à ce moment-là, les parents n'ont plus jamais été les même. Nous t'avons ramené à Londres et on t'a enterré dans le jardin du manoir. Celui où tu adorais aller pour bouquiner au printemps et en automne. Ardeth était là. Je pense qu'il aurait voulu que tu sois enterrée en Egypte. Il est ensuite repartit et ça a été la dernière fois que je l'ai vu de ma vie.
Je réprimais l'envie de demander un nouveau verre de bourbon, j'avais une boule dans la gorge en entendant Alex m'expliquer ce qu'il s'était passé. Je n'ose même pas imaginer l'état dans lequel s'était trouvé Ardeth. Qu'était-il devenu ?
-Et aussi, après l'enterrement, ma relation avec mes parents s'est grandement dégradé.
-Je m'en doutais un peu au vue de ta réaction et de ta réponse à la dernière question de la conférence.
-Tu y étais ?
-Au dernier rang. Je ne voulais pas prendre le risque que tu me vois.
-Tu as eu raison, j'aurais été capable d'avoir une attaque. Merci d'avoir préservé mon vieux cœur de 92 ans.
On ria nerveusement avant qu'Alex ne souffle un bon coup pour continuer son récit.
-Les parents n'étaient plus que l'ombre d'eux-mêmes, maman s'est réfugiée dans l'écriture de ses bouquins, parlant de nos aventures avec Imhotep, papa essayait d'oublier tout ça en tentant de devenir le parfait londonien mais s'était dur et source de conflit avec maman.
-Et toi ?
-Ils m'ont rapidement envoyé dans une écolé privée où je revenais au manoir seulement le week-end et pendant les vacances. J'ai décidé d'arrêter mes études à mes vingt ans pour me faire un nom, je ne voulais plus être reconnu comme « le fils de Rick O'Connell ».
-C'était quoi ton élément déclencheur ?
Il but la dernière gorgée de son soda et posa le verre mais le fit tourner dans sa main.
-Les parents ont décidé de déménager pour OxfordShire. Je ne l'ai jamais accepté. Ca signifiait te laisser tomber, t'oublier. C'était ce qu'ils faisaient, dès que j'osais prononcer ton nom, ils perdaient leur calme. Ils ont vendu le manoir alors que je voulais qu'on le garde. Je n'avais pas assez d'argent à l'époque pour leur racheter. Dès que j'ai pus, je l'ai fais. Mais j'ai dû attendre de trouver l'empereur et d'avoir l'argent de la découverte. Et bien sûr, batailler avec les nouveaux propriétaires. Je n'avais qu'une seule peur, c'était qu'ils aient détruits ta tombe.
-Et ?
-Et heureusement, les parents n'avaient pas entretenu le jardin pendant des années et ce n'était pas l'objectif premier des propriétaires. Ta tombe avait été caché par des arbustes et les hautes herbes.
-Ca me fait bizarre de t'entendre parler de ma tombe comme ça.
-Surtout vu que tu es en face de moi, bien vivante.
Je zieutai rapidement l'heure, 21 heures, le bar ne fermait que dans cinq heures, des clients arrivèrent. Je ne voulais pas sortir d'ici sans tout savoir mais je devais prendre en compte l'âge d'Alex.
-Alex, est-ce que tu veux qu'on reprenne demain ? Je ne veux pas te fatiguer plus que ça.
-Toujours tata-poule à ce que je vois. Je vais bien ! Et ça me fait du bien de parler de tout ça. Alors on continue.
-Bien monsieur ! N'empêche, j'ai une question qui me turlupine.
-Vas-y.
-Quand tu as trouvé la tombe de l'empereur en 49, est-ce qu'il s'est passé quelque chose de bizarre ?
-Je vois ce que tu veux dire, tu parles de momie n'est-ce pas ?
Je lui fis des oui de la tête assez rapidement avec un petit bruit en continue, impatiente de savoir.
-Et bien, oui, il y a eu une résurrection de momie. Celle de l'empereur.
J'explosais de rire à cet aveu, je n'arrivai pas à le croire !
-Vous attirez vraiment les momies comme des mouches !
-C'est ce qu'oncle Jon' nous a dit.
-Ca doit être le sang des O'Connell tout ça.
-Plutôt des Carnahan.
-Expliques toi Alex.
-Disons que quand on eut terminé avec notre momie de Shanghai, Jonathan partit au Pérou, il y avait aussi des momies là-bas.
Je riais de nouveau, Alex m'assura que contrairement aux précédentes, celles du Pérou restèrent mortes.
Alex m'expliqua aussi que l'homme qui a financé ses recherches cherchait seulement à ramener l'empereur d'entre les morts, que malgré le fait qu'ils étaient en froid, ses parents avaient fait le déplacement jusqu'en Chine pour sa découverte et qu'ensemble, ils l'avaient renvoyé dans la tombe. Malheureusement, cette aventure n'aida pas à l'arrangement de leurs liens familiaux. Peu de temps après, Alex rompit tout contact avec ses parents de manière définitive et qu'il apprit leurs décès seulement dans le journal.
Ca me déchirait le cœur d'entendre ça. Eux qui étaient si complice quand il était petit..
J'avais tout gâché….
Je sortis de ma lamentation interne en voyant Alex bailler. Regardant l'heure, je vis qu'il était déjà 22h passée, le temps passait à une vitesse. Je lui prévins que j'allais payer les boissons et que j'allais le ramener à son hôtel.
Heureusement pour lui, il n'était pas loin, à seulement deux rues du bar et de la Sorbonne. On marcha à son rythme. Durant notre trajet, il me raconta que durant la quête pour renvoyer l'empereur dans sa tombe, il avait rencontré une femme et sa mère. Toutes deux immortelles, la mère était celle qui avait maudit l'empereur. Elles avaient sacrifié leur immortalité pour le vaincre et que depuis, Alex avait épousé la fille, Lin Yuan. J'étais heureuse pour lui. Il avait trouvé l'amour, même si elle avait essayé de le tuer au début.
Arrivé à l'hôtel, de luxe soit dit en passant, un des employé prit le relais pour ramener Alex dans sa chambre. Juste avant, mon p'tit aventurier me donna son numéro de portable et je lui donnai le mien. Il m'assura qu'il m'appellera demain dans la matinée.
Après l'avoir embrassé et dit bonne nuit, je rentrais chez moi après avoir envoyé un message à ma mère pour lui dire que j'étais sur le chemin du retour. Je savais qu'elle restait debout jusqu'à ce qu'on rentre quand on était de sortie le soir. Gare à nous si on osait découché sans prévenir au préalable.
En moins de vingt minutes, j'étais chez moi. J'expliquais à ma mère qu'avec d'autres personnes qui ont assistés à la conférence, nous avons discuté de tout ça autour d'un verre dans un bar et qu'à notre plus grande surprise, nous avons pu avoir la chance de discuter avec l'archéologue en question et qu'on n'avait pas vu l'heure passée. Elle était contente que je l'ai tenu au courant et que maintenant, elle pouvait aller dormir.
Je pris une douche rapide et aussi silencieusement que possible et me fit un petit sandwich avec ce que je pouvais trouver dans le frigo et alla le manger dans ma chambre. Je n'arrêtais pas de repenser à tout ce qu'Alex m'a dit ce soir.
J'ai été renvoyée à mon époque après avoir bien vécue plusieurs années dans les années 20/30. Et le pire, c'est que ma famille de là-bas ne savait même pas que je suis repartie en 2019 vu que pour eux, je suis morte dans les bras de l'homme que j'ai aimé, l'homme que j'aime…
-Fais chier.
Je me dépêchai de fermer ma porte de chambre à clé pour être sûr de ne pas être dérangé et je m'écroulais sur mon lit, la tête dans l'oreiller et pleura toutes les larmes de mon corps.
Tout était vrai, tout ce que j'ai vécu, tous ce que j'ai ressentis, la joie, la peur, la douleur, l'amour.
Pourquoi est-ce qu'ils ne m'ont pas laissé là-bas ?
-L'incantation. Il faut que la retente !
Immédiatement, je le redressai et me levai de mon lit. Dans mon bureau, je pris immédiatement une feuille et un gros feutre. J'essayai de refaire les dessins de mon tatouage sur le feutre et le posa sur mon lit. Je me mis à genou, les paumes des mains vers le ciel et fermai les yeux.
-Seigneurs Thot, Maât, Nephtys et Isis, vous qui m'avez auparavant béni par vos dons, vous qui m'avez renvoyé à mon époque, je vous en conjure ! Apparaissez-moi de nouveau. S'il vous plait. S'il vous plait…s'il vous plait.
Ouvrant délicatement les yeux, je vis que rien n'avait bougé, aucune apparition. Peut-être que la perte de foi des hommes leur a diminué leurs pouvoirs.
J'étais seule avec ma mémoire, dans une époque où j'avais du mal à me réhabituer.
Non…pas seule. Même si il était désormais vieux, j'avais encore Alex. Je devais en profiter un maximum avant qu'il ne s'en aille définitivement. Je ne dormis quasiment pas de la nuit. J'essayais de me rappeler un maximum le visage d'Ardeth. J'avais retrouvé une vieille photo de Rick et d'Evy sur le net et je demanderai à Alex si je pouvais en avoir une de lui et de Jonathan mais aucune chance d'en trouver une d'Ardeth. Je ne pourrais plus le revoir et je n'avais rien pour me rappeler de lui.
J'en pleurai toute la nuit. Le lendemain matin, j'entendis ma mère et ma sœur se réveiller. Quand je fus sûr qu'elles préparèrent le petit déjeuné, je déverrouillai ma porte et me dépêcha d'aller dans la salle de bain sans me faire voir. C'était sans compter sur l'instinct maternelle de ma mère, qui était tellement inquiète pour moi depuis mon réveil qu'elle entendait limite quand j'avais le ventre qui gargouillait.
-Mi' ? Ca va ?
-Ca va maman, juste l'envie pressante post-nuit.
Dans la salle de bain, je vis mon reflet dans le miroir. Malgré tout ce que j'avais pleuré, je n'avais pas trop les yeux rouges. Heureusement, je n'aurais pas besoin de me justifier pour ça. Je me passais un coup d'eau sur le visage et tira la chasse d'eau pour parfaire mon mensonge puis sortis de la pièce pour rejoindre ma famille pour le petit déjeuner.
On mangea sans trop se presser, surtout pour ma mère et moi. Célia, qui était une habituée des réveils en retard, engloutie son petit déjeuner et fonça dans sa chambre pour ensuite aller dans la salle de bain.
-Journée « je sèche les cours » ? Me demanda ma mère.
-Je le pense oui. Ca gène ?
-Pas le moins du monde. Me dit-elle en m'embrassant sur le front. Par contre, je crois que ton téléphone sonne.
-Qué ?
Arrêtant de mâcher ma tartine, je tendis l'oreille et je reconnus la sonnerie de mon portable. Comme si j'avais le diable au corps, je courus comme une dingue dans ma chambre et sauta sur mon lit, chopant mon téléphone en rebondissant sur mon matelas.
« Appel entrant : P'tit aventurier »
-Alex ? Demandai-je en décrochant.
-Bonjour Mila.
-J'avais peur d'avoir imaginé la soirée d'hier.
-Crois moi, c'était pareil, je n'étais pas sûr jusqu'à ce que tu décroches.
Je me levai de mon lit, le téléphone toujours à mon oreille et fermai la porte de ma chambre.
-Tante Mila, j'ai…j'ai une proposition à te faire.
-Dis-moi.
-Je voudrais te proposer de m'accompagner en Angleterre, au manoir. J'aimerai te présenter ma femme et aussi, finir de te raconter tout ce que tu as loupé, et que tu me racontes tes sept dernières semaines. Mais il faudra que tu loupes les cours, penses-tu que ta mère sera d'accord ? Ou même toi ?
-Tu sais Alex, je participe aux cours pour la forme, pour avoir une occupation, mais ayant loupé un semestre entier à cause de mon père, je vais devoir redoubler mon année. Je peux me permettre de te suivre mais…niveau billet je…
-Henry s'est déjà chargé de tout. Si tu es d'accord, le train part à 15h cet après midi. On prend l'eurostar.
-Donc départ à gare du Nord ?
-Exactement.
-Je vais en parler à ma mère mais je pense que ça ne posera pas de problème. Je te rappelle ?
-Envoie moi un message, je fais une téléconférence le reste de la matinée. Et si besoin, je t'attends à la gare à 14h.
-D'accord, à tout à l'heure Alex.
Puis on raccrocha chacun de notre côté. Excitée comme une puce, j'allais de suite voir ma mère qui devina que je venais d'apprendre une bonne nouvelle au vue du sourire que j'avais. Je lui annonçais juste que le groupe avec lequel j'ai discuté hier avait l'opportunité de suivre le professeur de la conférence en Angleterre pour plusieurs jours. Qu'il allait nous montrer des trouvailles qui était dans les entrepôts du British Museum et qu'on pourrait aussi avoir une formation spécifique.
Elle fut étonnée de la nouvelle mais me dit finalement que discuter toute une après midi et soirée avec d'autre personne pouvait avoir des avantages, et qu'elle m'aurait dit non si je ne devais pas retaper mon année. Et qu'elle n'avait qu'une condition, que je lui donne régulièrement des nouvelles.
Comprenant qu'elle acceptait, je la pris dans mes bras et alla faire chier ma petite sœur dans la salle de bain, vu qu'elle était en retard, elle n'avait pas fermé à clé. Elle cria de surprise en voyant la porte s'ouvrir et essaya de cacher son corps avec le rideau de douche.
-Mi' ! Ca ne peut pas attendre que je sorte de la douche ?
-Désolé, c'était trop tentant ! Tu sais que j'adore t'embêter !
-Bon, qu'est-ce qu'il se passe ?
-Juste pour te dire que tu vas être débarrassée de moi pendant plusieurs jours, je pars à Londres !
-WHAT ?
-Et oui, merci la conférence ! Je suis invité par l'équipe du professeur que j'ai rencontré hier. Tous le groupe est invité. Et toc !
-Et moi je me tape les révisions des BAC ! Râla la petite sœur.
-Retapes ton année et tu pourras faire comme moi.
-Alors là non. Si c'est pour être avec les jeunes remplis d'hormones de 1ère, non merci.
-Tu sais qu'ils ont qu'un an de moins que toi ?
-Mais tellement crétins !
-Je vais te donner une bonne raison de râler moi.
Savourant ma future connerie en me rendant compte que l'eau continuait de couler dans la douche pendant qu'on discutait, j'appuyais sur le bouton de la chasse d'eau et partit aussitôt.
-MILA ! Cria Célia sous l'arrivée d'eau froide.
Riant toujours de ma connerie, je retournai dans ma chambre et sortit de mon armoire ma valise, pas trop grande ni trop petite, et commença à la remplir. Deux trois pantalons, sous-vêtements, T-Shirt, un long pull, ma trousse de toilette, une serviette et un gant de toilette, deux livres, un carnet de note, mon chargeur de téléphone et d'ordinateur ainsi que mon passeport. Je pris aussi les livres d'Evy que je mis dans mon sac à dos avec mon porte-monnaie, mon Ipod, mes écouteurs et mon ordinateur. J'en profitais aussi pour envoyer un SMS à Alex, confirmant ma venue.
J'avais lu les trois livres de Dash et Scarlett, le premier livre était une copie conforme de ce qu'on avait vécu, le côté « pouvoir des dieux » enlevé mais le reste était vraiment ce qu'on avait vécu. Son deuxième livre, sur la quête d' l'oasis, commençait lors de notre visite au temple où on a trouvé le coffret d'Anubis, il se terminait sur la mort de la soeur de Dash, en gros la mienne mais en sacrifice pour secourir son frère du Roi Scorpion. Pour le troisième livre, cela racontait leur action en Chine à la découverte de l'Empereur et leur aide auprès de leur fils pour le renvoyer dans l'autre monde. En me renseignant sur ce troisième livre, j'appris qu'il a été le point de rupture de la famille O'Connell, leur relation était déjà sur le fil mais Alex avait accusé sa mère de se faire du profit sur sa propre découverte. Il faudrait que je le questionne là-dessus.
Je vis ma croix de Ankh sur mon bureau, devais-je la mettre ou la laisser ? Alex m'avait toujours connu avec mais elle m'a été offerte par mon ex copain. Au cas où, je la pris avec moi mais la laissa dans la poche. Je passais ma matinée à marquer dans mon carnet de note tout ce qu'Alex m'a raconté hier soir. Je me stoppai vers midi trente pour manger avec ma mère puis, je pris ma valise et mon sac à dos et partit vers la gare du Nord.
Je détestais cette gare, ça fourmillait de gens, irrespectueux, qui n'hésitaient jamais à nous pousser pour avancer plus vite, quitte à nous faire limite tomber. Et les pickpockets…mon dieu…y en avait à foison.
Cherchant des yeux l'endroit pour passer la sécurité pour accéder aux quais de l'eurostar, je vis l'assistant d'Alex.
-Mr Coleman ! L'appelai-je.
-Vous êtes la femme d'hier soir ? Mila…Mercier ? Dit-il en regardant sur un papier.
-Oui c'est moi.
-Je ne sais pas qui vous êtes exactement pour le professeur O'Connell mais je peux vous dire qu'il a insisté pour que vous ayez un billet pour aujourd'hui.
-Disons que c'est une histoire assez, incroyable.
-Le professeur vous attend de l'autre côté de la sécurité, je ne l'ai pas encore passé, je vous attendais.
-Merci à vous.
Il me tendit mon billet à mon nom, comment ils avaient fait ça en moins d'une demi-journée ? Et…catégorie Business premier. En gros, la première classe.
-Whaou. Murmurai-je.
Je suivis Mr Coleman à la trace, passant ainsi la sécurité. De l'autre côté, on se fit escorter vers une salle à part où je retrouvai Alex. Il fut heureux et soulagé de me voir arriver.
-Pourquoi cette tête, je t'avais dis que je venais non ?
-Je t'avoues qu'avec mon âge, je préfère voir les choses de mes propres yeux plutôt de croire que je deviens sénile.
-Tu t'en sors bien pour un papi de 92 ans.
Je le pris dans mes bras pour l'embrasser amicalement puis il me dit qu'on pouvait déjà accéder au train si on voulait s'installer confortablement. Une fois à l'intérieur, on avait une bonne partie du wagon pour nous, l'avantage qu'il ne soit pas complet.
Alex me demanda de m'installer an face de lui et son assistant comprit qu'on voulait un peu d'intimité, il se mit donc trois rangs plus loin.
En attendant le départ et pendant la demi-heure qui le suivit, Alex me raconta la fin de son histoire. Une fois qu'ils eurent renvoyé l'empereur dans sa tombe, il rentra plus tard à Londres, accompagné de Lin qu'il a très vite épousé et sans témoin. Juste eux et la mairie. Ils avaient juste envoyé une carte postale à ses parents pour leur annoncer la nouvelle. Au vue de l'âge avancé de sa femme au moment de leur rencontre, plus de vingt siècle tout de même, merci l'immortalité, et de tout ce qu'elle avait vécu, il lui raconta notre histoire. Elle avait essayé de calmer la situation entre eux et de les réconcilier mais sans succès. Il détesta aussi sa mère pour l'écriture et la parution du troisième livre. Il avait accepté les deux premiers livres vu que ça lui permettait de me faire « revivre » mais pour le troisième livre, vu que je n'étais pas dans l'histoire, ce n'était pour lui que du profit pour sa mère. Il l'avait même attaqué en justice pour ça. Ce qui n'arrangea rien à leur relation déjà chaotique.
-Je suis désolée Alex. Lui dis-je, les larmes aux yeux.
-Pourquoi es-tu désolée ?
-Tout ça, l'éloignement que tu as eu avec tes parents, votre relation détruite, tout ça ne serait jamais arrivé si j'avais parlé du fait que Seth m'ait enlevé mon pouvoir de guérison. Tout est partit de là.
-Tante Mila. Ce n'est en rien ta faute. Tout ça, c'est la faute des Dieux Anciens et d'Imhotep. Même si on avait été mit au courant de ça, tu n'aurais peut-être pas échappé à ta blessure à la tête. Je te l'ai dis hier et je te le redis aujourd'hui, tu n'y es pour rien ! M'assura mon p'tit aventurier.
Je lui fis un petit sourire, pas convaincu pour autant. Il en faudrait plus pour m'enlever cette boule que j'ai à l'estomac.
-Je te demanderai bien ce que tu as fait pendant ces dernières sept semaines mais je pense que Lin voudra aussi l'entendre. Me dit-il, changeant ainsi de sujet.
-Pas de soucis.
Je le vis sortir son carnet avec un bloc note et s'excuser car il devait préparer sa dernière conférence qui aura lieu dans trois jours. Je lui dis qu'il y avait aucun soucis et que j'en profiterai pour saisir aussi mes notes de sa conférence sur mon pc. Je branchai mes écouteurs à mon téléphone et, une fois la page word ouverte, je lançai la lecture de l'enregistrement audio et notais tout ce que j'entendais à vitesse grand V en abrégé. Je noterai plus proprement plus tard, quand j'aurai tout entendu. J'ai une heure et demi de conférence à taper, je ne pourrais pas tout faire dans ce train, même si on avait grosso-modo deux heures de trajet au total.
On nous servit une boisson et une collation, l'avantage de la première classe. J'en profitais pour me connecter au WI-FI du train afin de vérifier mes mails et en envoya un à la fac en disant que je serai absente pendant plusieurs jours.
Sur le reste du trajet, on discuta avec Alex de ses autres trouvailles, moins importantes que l'empereur mais toutes aussi bien pour sa carrière.
Une fois arrivés à Londres, à la gare de Saint-Pancras, Mr Coleman nous appela un taxi, un pour nous et un pour lui, il prenait une autre destination. On mit une vingtaine de minutes pour rejoindre notre destination finale.
Je croyais ne plus jamais le revoir, c'était le Manoir O'Connell. Il est vrai qu'Alex m'a dit qu'il l'avait racheté mais je ne pensais pas que j'allais y retourner.
