Mes pas me menèrent devant la barrière qui nous empêchait d'aller plus loin, à l'entrée de la tombe.
-Mademoiselle ? Puis-je vous aider ? Me demanda un égyptien.
-Pourquoi ne pouvons nous pas visiter cette tombe ?
-Elle a subit un éboulement partiel il y a quelques mois. Des conservateurs sont en train de diriger des travaux afin de consolider les murs et de préserver la tombe.
Tandis qu'il m'expliquait le pourquoi de la fermeture, je relevais la manche de mon t-shirt, dévoilant mon tatouage et le caressa du bout du pouce alors que je regardais les marches du tombeau.
-C'est dommage, ça devait être une très belle tombe à visiter.
-Malgré ça, elle reste une très belle tombe. M'assura l'homme.
Je vis qu'il tiqua en voyant mon tatouage. Première personne qui réagissait à lui !
Alors que j'allais lui demander le pourquoi de sa réaction, ma sœur m'appelait et vint vers nous.
-Mila ! Qu'est-ce que tu fais ?
Il tiqua de nouveau à mon prénom. C''est qui ce mec ?
-Mila ?
-Désolé Célia, j'étais curieuse de cette tombe, pourquoi elle n'était pas ouverte. Je crois que c'est mon désir de devenir archéologue qui se réveille.
-Et bien, tu vas te réveiller dans le car, il nous attend pour repartir.
-Je te suis.
Je n'eus pas l'occasion de questionner cet homme car j'ai été obligé de suivre ma sœur. Dans le car, je triturais ma croix de Ankh, cette manie ne m'avait pas quitté depuis que j'ai remis mon collier autour de mon cou.
Est-ce que cet homme me connaissait ? Enfin, la moi du passé ? Je savais qu'il avait reconnu mon tatouage, est-ce qu'il était un descendant des Medjaï ? Est-ce que les Medjaï existent encore à cette époque ? Je n'ai vu aucun tatouage significatif sur son visage et je n'ai pas pu voir convenablement ses mains, elles étaient dans ses poches.
Il fallait que j'aille à Hamunaptra, je devais m'assurer que ses ruines étaient encore là. Si j'y vais, il y a de grande chance que des Medjaï arrivent, si ils existent toujours bien sûr.
On programma un tour de montgolfière pour un survol des sites antiques. Avec la hauteur, je pourrais avoir une vue parfaite sur une partie du désert du Sahara et donc peut-être sur l'ancienne cité des morts. Le réveil allait piquer demain matin si on veut assister au lever de soleil.
Je passais ma soirée à la piscine de l'hôtel, j'y suis descendu après le diner, après que ma sœur et ma mère soient reparties dans leurs chambres. Je réfléchissais aux prochains jours, je ne pourrais pas aller dans le désert toute seule, elles voudront absolument venir avec moi. Et si je découvre les ruines d'Hamunaptra et des Medjaï, je devrais leur dire la vérité.
Comment trouver les bons mots ? Comment leur expliquer que durant mon coma de sept semaines, j'ai été envoyé en 1925 par des Dieux Anciens Egyptiens et que j'y ai vécu neuf ans, j'ai fais la connaissance de personnes vraiment formidable et qui sont devenus ma famille et surtout, que j'ai trouvé l'amour là-bas, comment leur dire ça ? Et surtout, comment leur dire que je veux y retourner sans les faire souffrir ?
Je plongeais la tête sous l'eau afin de m'immerger totalement avant de sortir et d'empoigner mon peignoir. Je n'avais aucune réponse à mes questions…je verrais le moment venu je pense.
-Oh la vache c'est haut ! Cria Célia.
Je ne la comprenais pas, elle avait le vertige mais voulait absolument faire ce tour de montgolfière pour la vue. Elle était accrochée à la balustrade de la montgolfière de toutes ses forces.
-Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même Cé, c'est toi qui a tenu à venir alors que de base, tu ne montes même pas sur un escabeau trois marches.
-N'en rajoutes pas une couche Mila, je ne pouvais pas passer à côté d'une vue imprenable sur Louxor et ses environs. Maman, un peu de soutien ?
-Je suis d'accord avec ta sœur Célia.
-Mais…
Puis, ma sœur se mit à bouder dans son coin. C'était assez comique à voir. Elle pensait qu'on allait juste monter et rester en haut pendant dix minutes, le temps que le soleil se lève et qu'on allait redescendre. Et bah non, nous sommes montées en altitude trente minutes avant, le temps que le guide nous indique les différents emplacements et on y restera une demi-heure de plus pour que le soleil éclaire tout.
En gros, Célia avait un gros risque de s'évanouir avant qu'on se mette à redescendre sur la terre ferme. Elle n'aurait pas supporter le voyage avec Izzy et se serait écroulée en voyant Evy tomber par-dessus la balustrade.
-Regardez ! Le soleil commence à se lever ! Fit ma mère.
Avec les autres passagers du ballon, on regarda dans la direction de l'Est et le ciel commençait à prendre des teintes orangées. Plus le soleil montait dans le ciel, plus ce qui nous entourait était éclairé par sa lumière.
J'entendais Célia appuyer sans relâcher sur le bouton de son appareil photo, prenant toutes les phases du lever de soleil, son vertige semblait avoir disparu. De mon côté, mes yeux ne quittaient pas l'étendu de sable que l'apercevait au loin. Je ne pouvais pas vraiment savoir où se trouvait la cité des morts vu que la première fois, j'avais suivit Rick et la deuxième fois, j'étais attachée sur les ailes d'un avion et que je suis pas préoccupée du chemin emprunté. Ce que je me rappelais, c'est qu'elle était au pied d'une grande dune de sable. Et de mon perchoir, je voyais qu'un tas de dunes au loin.
Alors que le soleil était désormais haut dans le ciel, je ne vis rien. Et merde…soit j'étais trop loin, soit je ne pouvais plus la voir étant donnée qu'elle a été détruite puis fouillée.
Je devrais aller dans le désert, je n'avais pas le choix.
Alors que la montgolfière commençait à descendre, je demandais à ma mère si je pouvais louer un quad pour faire une balade dans le désert. J'ai vu qu'on pouvait en louer plusieurs, sans accompagnant mais avec un système GPS pour ne pas se perdre dans le désert. Malheureusement, les deux voulaient me suivre.
En descendant de la montgolfière, on se dirigea vers l'entrepôt de location de quad. Ils nous demandèrent nos pièces d'identités pour les papiers et aussi pour vérifier que ma sœur avait plus de 16 ans. Une fois qu'on eut terminée de remplir les papiers, on se mit sur les quad et on se mit en route.
Je laissais ma mère nous guider un peu dans le désert mais quand je vis qu'on n'allait pas dans la bonne direction, pas en direction des dunes, je passais doucement en tête du « convoi » et les emmena en plein milieu du désert. On avait des bouteilles d'eaux et un casse-croute en stock, on pouvait tenir facilement quelques heures dans cette grande étendue de sable.
-On est-ce qu'on va ? Nous demanda notre mère.
-Là où le vent nous portera je pense. Fit Célia.
-J'ai cru voir un truc de la montgolfière. J'aimerai aller voir si ça ne vous dérange pas.
-On te suit !
Et bien je crois que je n'ai pas le choix, je vais me les trimballer jusqu'à destination. Nous avions trois heures de carburant si on roulait non-stop, ça devrait le faire. En tout cas, ça ira plus rapidement qu'à dos de chameau.
Plus rapidement, ça c'est sûr, en moins de trente minutes, j'avais reconnu le chemin qu'on avait emprunté lors de notre première expédition. On y était presque ! Je sentais mon cœur s'accélérer au fur et à mesure qu'on se rapprochait de la destination.
Six minutes après exactement, je stoppais mon quad au même endroit où on s'est arrêté avant la course de qui arrivera le premier à Hamunaptra. Un pincement au cœur me prit en repensant à Bernard, Isaac et David.
J'arrêtais le moteur et descendis du quad tout en enlevant le casque de protection que j'avais. Je m'avançais doucement, un peu plus en avant de ma mère et de ma sœur et je regardais au loin. Entre les dunes, je pouvais apercevoir les traces de fouilles fait par les hommes d'Hafez et de Meela.
-Mi', où est-ce qu'on est ?
-A un endroit qui ne quitte pas mes pensées depuis que je suis revenue Londres. Avouais-je.
-Mila, de quoi est-ce que tu parles ? S'inquiéta ma mère.
J'entendis ensuite ma mère et ma sœur crier de peur. Je ne bougeais pas en sentant le canon d'une arme contre ma tête.
Bingo !
Il ne m'a pas fallut longtemps pour les trouver. Il me dit des choses en arabes mais n'ayant plus la bénédiction des Dieux Anciens, je ne compris pas un mot de ce que l'homme me disait. Doucement et en gardant mon calme, je levais mes bras afin de les mettre en évidence alors que j'entendis ma famille paniquer à vitesse grand V.
L'homme continuait de me parler en arabe mais impossible de savoir ce qu'il me disait.
-Ecoutez, parlez français car je ne comprends rien de ce que vous me dites. Demandais-je calmement.
Je tournais légèrement la tête pour avoir qu'il y avait cinq autres Medjaï qui nous entouraient et nous pointaient de leurs armes. Ils avaient les mêmes tenues qu'il y a 80 ans.
-Pourquoi êtes vous ici ?
-Je suis à la recherche de réponse à mes questions.
-Vous ne les trouverez pas ici. Partez avant que l'on n'utilise la force. Me répondit le Medjaï.
Voyons si j'ai toujours mes compétences en combat. Je me retournais rapidement, empoigna l'arme que je tirais vers moi afin de le rapprocher pour lui mettre un coup de poing dans la tête, récupéra l'arme qu'il lâcha et l'envoya au loin, attrapa son bras pour le retourner et le mettre au sol. Je le mis au sol et je m'accroupis afin de mettre mon genou contre sa gorge pour le maintenir au sol. Super, je n'avais rien perdu !
Bien sûr, les autres Medjaï me pointèrent de leurs armes mais au moins, ils délaissaient ma mère et ma sœur. Je n'osais pas les regarder, de peur de ce que je pouvais voir dans leurs yeux.
-Je suis un étranger qui voyage depuis l'Est à la recherche de celui qui est perdu.
Le Medjaï sous moi me regardait avec des grands yeux, ignorant d'où je tenais cette phrase. Une femme comme moi n'est pas sensé connaître leur phrase secrète. J'accentuais la pression de mon genou sur sa gorge.
-Je crois que vous avez une réponse pour ça, non ?
-Et je…je suis un étranger qui voyage…depuis l'Ouest et je suis l'homme que tu cherches. Me répondit-il.
Je fis un signe de la tête, contente qu'il m'ait répondu.
-Maintenant on se calme. Je ne suis pas là pour la créature ni pour le livre des morts ou des vivants. Et même si je les voulais, j'ignore où le livre des vivants a été emmené mais par contre, je sais une chose, le livre des morts a été enterré avec Ahm-Shere, de même que la clé et la créature il y a 85 ans. Fis-je.
-Mila, de quoi tu parles ? S'inquiéta ma mère.
-Alors pourquoi êtes vous là ? Et qui êtes vous ? Me demanda le Medjaï à terre.
-Les Medjaï étaient plus difficile à mettre à terre autrefois, vous vous ramollissez.
Un des siens m'engueula dans sa langue et se rapprocha de nous, toujours en me pointant de son arme.
-Arrêtez d'être susceptible, je ne dis que la vérité. Par contre, si vous voulez vraiment savoir qui je suis, ceci devrait vous intéresser.
Sans relâcher la pression de mon genou que j'avais sur le Medjaï à terre, je relevais la manche de mon t-shirt pour dévoiler mon tatouage et leur montra.
-Si mes soupçons sont exactes, votre ami de la Vallée des Reines l'a vu et vous en a parlé. Il a dû aussi vous dire mon prénom : Mila. Ca vous convient pour le moment ?
Le Medjaï sous moi avait les yeux écarquillés en voyant mon tatouage. Doucement, j'enlevais mon genou de sa gorge et me redressa.
-Vous êtes porteuse de la marque des Dieux Anciens.
-Je l'ai été. Je me la suis retatouée.
Je tendis mon bras vers l'homme à terre pour l'aider à le relever. On se mit face à face.
-C'est impossible, la porteuse de la marque des dieux a été tuée à Ahm-Shere il y a 85 ans.
-Je le sais, je l'ai sentis passer.
-Mila, comment ça tu es morte ? De quoi est-ce qu'il parle ?
-Plus tard maman ! Quand à vous, répondez à ma question, qu'est devenu Ardeth Bay ? Le chef des douze tribus de cette époque. Vous êtes trop jeune pour l'avoir connu mais vos parents ont dû en entendre parler.
Il fallait que je le sache, j'avais besoin de le savoir.
-Très peu de personne ont été au courant de ce qu'il lui est vraiment arrivé. Un jour, il a été annoncé qu'il était mort.
-Quand ?
-En début d'année 1935.
J'eus un nœud à l'estomac en entendant la date. Je suis morte en septembre 1934 et donc il est mort à peine quelque mois après.
Est-ce qu'il a été tué ? C'est-il laissé mourir ?
-Comment est-il…mort ?
Ce dernier mort avait eu du mal à sortir de ma bouche. Je savais que depuis 85 ans, il était mort mais je ne pensais pas…aussi tôt après ma mort.
-Je ne sais pas, personne ici ne le sais.
-Alors renseignez-vous. Je dois savoir. Je suis à Louxor pendant encore 10 jours et après on repart en France. Je ne repars pas tant que je ne le sais pas.
-Pourquoi tenez-vous vraiment à le savoir ?
A cette question, je regardais ma famille qui était dans les bras l'une de l'autre, nous regardant comme si on était des aliens, puis je reportais mon regard sur le Medjaï en face de moi.
-Car je veux trouver un moyen de changer les choses. Et je ne pourrais le faire que si j'ai toutes les cartes en main.
-Et vous les aurez si on vous dit comment le chef Bay nous a quitté ?
-Pas toutes, il me reste à trouver la dernière carte et pas la plus facile.
-Qui est ?
-Trouver le moyen de contacter les Dieux Anciens.
