Après plusieurs minutes de câlin par toute la famille O'Connell et Carnahan, ils nous laissèrent, Ardeth et moi dans la chambre. Alex avait embarqué Horus, fasciné par le faucon.

Nous étions plus que tous les deux dans la chambre. J'allais dans la petite salle de bain et regarda l'état de ma coupe de cheveux.

Un désastre.

Nos ébats dans le désert avaient été tellement…puissants, assez bestiaux même que mes cheveux avaient morflés. Ils étaient pleins de nœuds et il y avait aussi du sable accroché dedans. Difficilement, j'enlevais mon élastique et entrepris de démêler tout ça, armée de ma brosse.

Dans le miroir, je vis Ardeth arriver dans la salle de bain, me regardant avec un sourire en coin. Ce sourire, je fondais à chaque fois qu'il me regardait comme ça.

-Tu es fier de toi ? C'est ton œuvre ! L'accusais-je en montrant mon désastre capillaire.

-Aux dernières nouvelles, ça ne t'a pas déplu au vu de la réaction de ton corps sur le sable. Et de tes cris.

Puérilement, je lui tirais la langue et continuais mon démêlage. J'avais limite envie de me faire la boule à zéro en voyant cette galère. Mais j'aimais trop mes cheveux pour faire ça, il va me falloir de la patience.

Mon homme secoua sa tête, de désespoir je pense, puis posa ses mains sur mes épaules afin de me guider jusque dans la chambre et me força à m'assoir sur mon lit, face au mur et il se mit debout derrière moi. Il me prit ma brosse de mes mains et, avec douceur, se mit à démêler chaque mèche.

Je fermais les yeux à la sensation de ses doigts dans mes cheveux, me détendant à chaque coup de brosse. De temps en temps, une de ses mains descendaient sur une épaule qu'il caressa, sur ma nuque, puis remontait pour s'acquitter de sa tâche, cela me procurait des frissons que bien sûr, il remarqua. Cela ne le détourna pas de son but de démêler ma tignasse.

Mes yeux descendirent sur les bandages que j'avais au niveau de mes mains. Il est vrai qu'Isis avait permis à mon corps de guérir du début de la décomposition, mais ce n'est pas pour autant que j'allais toujours guérir de tout. Au moins, j'ai toujours la faculté de comprendre l'arabe, cela me permettra de comprendre mon homme sans pour autant apprendre la langue, je ne sais pas encore pour l'ancien Egyptien mais pour ça, je suis prête à l'apprendre s'il le faut.

Je sentis le démêlage s'arrêter.

-Tu as mal à tes mains ?

Je levais ma tête et vis qu'il me regardait avec un air soucieux. Je lui souris.

-J'ai connu pire lors de nos aventures. C'est une douleur qui est supportable.

Satisfait de cette réponse, il reprit avec attention sa tâche jusqu'à ce que mes cheveux soient lisses et sans plus aucun nœud. Il me déposa un léger baiser sur mon épaule et s'assit sur le lit, à mes côtés mais dos au mur.

Je vis son regard posé sur mon cou, où on pouvait voir la marque de ses mains, signe de son étranglement plus tôt. Son regard devint triste, repensant à ce qu'il avait fait, à sa réaction.

-Ardeth, ne penses plus à ça.

-Je t'ai blessé, alors que je m'étais juré de ne jamais le faire.

Décidée, je me redressais afin de m'installer sur ses genoux, mes jambes de chaque côté des siennes et je passai mes bras autour de mon cou, le forçant à me regarder dans les yeux.

-Je ne t'en veux pas pour ce que tu as fait, je ne t'en voudrais jamais. Tu n'étais pas toi-même à ce moment-là, tu étais perdu. Nous avons tous été les instruments des Dieux Anciens et nous en avons tous payé le prix. Mais maintenant, nous sommes de nouveau ensemble, je suis de retour auprès de vous et je comprends ta réaction de tout à l'heure. Je suis arrivée derrière toi bien vivante alors que quelques semaines auparavant, je suis morte dans tes bras.

Durant mon petit discours, j'avais une main qui caressait la peau de son cou et remontait dans ses cheveux pour ensuite redescendre, faisant le même chemin en continue. Je sentais ses mains se poser sur mes hanches et passer sous ma chemise, caressant ma peau nue sous ses doigts.

Doucement, je me redressais sur mes genoux et le prit dans mes bras, sa tête sous la mienne, contre ma poitrine. Je fermais les yeux et respirais à fond son odeur qui m'avait tellement manqué. J'avais réussi à tout leur raconter, à ma famille et à lui, mais comment aborder le sujet de notre enfant que j'ai perdu ? Comment lui dire une telle chose ? Je le sentais trembler sous moi.

M'écartant légèrement, je le regardais et vis qu'il commençait à pleurer, je ne l'avais jamais vu pleurer, même à la mort de son oncle. Cela me fit mal au cœur.

-Mon amour…soufflais-je.

Il me serra un peu plus contre lui, plaquant sa tête contre ma poitrine, sentant mon cœur à chaque battement. J'embrassais le haut de son crâne tout en caressant ses cheveux.

-Comment as-tu su où me trouver ?

-Les Medjaï de mon époque se sont renseignés, leurs aînés leur ont dit qu'après ma mort, tu es parti des tribus pour ne jamais revenir, que tu es allé à Hamunaptra car vu que tout avait commencé dans cette cité, cela devait se finir là-bas. Tu t'es laissé mourir et les chefs des autres tribus t'ont trouvé plusieurs semaines après ta mort. Tu as été enterré là-bas, je suis allée sur ta tombe.

Je le forçais à me regarder dans les yeux, essuyant les larmes de ses joues.

-Maintenant que je suis de retour, tu vas de reprendre en main, tu vas retrouver ta joie de vivre et retourner dans ta tribu. Il est hors de question que ce que j'ai vu se réalise encore. J'ai bien cru arriver trop tard aujourd'hui.

-Et toi ? Que feras-tu ?

-Je n'ai pas encore réfléchis à tout ça, mais…je pense que désormais, ma vie sera dans ce pays, en Egypte. Je pourrais retourner à Londres pour revoir les O'Connell mais je refuse d'être trop loin de toi maintenant que je t'ai retrouvé.

-Je refuse aussi de te voir loin de moi.

On se sourit à cette évidence puis on s'embrassa doucement, savourant la présence de l'autre.

Nous restions dans les bras de l'autre pour le reste de l'après-midi qui était bien entamée. Evy passa rapidement pour nous déposer un repas pour nous deux, comprenant qu'on avait besoin d'être seuls.

On s'endormit tous les deux, peu de temps après le dîner, allongés dans mon lit. J'étais dans ses bras et lui était derrière moi.


Je me suis réveillée en sursaut en pleine nuit, cauchemardant de ma résurrection dans mon cercueil et que cette fois-ci, je n'arrivais pas à en sortir, que je mourrais de nouveau dedans, sans que personne ne sache que j'étais de retour.

En ouvrant les yeux, je vis que j'étais bien dans ma chambre d'hôtel, bien vivante, dans les bras de mon Medjaï. Je ne l'avais pas réveillé malgré mon sursaut et heureusement, il semblait dormir paisiblement.

Doucement, je soulevais son bras qui m'entourait et me levais sans le réveiller pour ensuite aller dans ma salle de bain. Fermant silencieusement la porte derrière moi, j'ouvris le robinet de l'évier et me passai de l'eau sur le visage.

-Reprends tes esprits ma vieille, tu es de retour, tu n'es pas dans ton cercueil. Murmurais-je.

Je pris de longues inspirations, essayant de calmer les battements de mon cœur qui était toujours en train de s'emballer. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que je vais faire ce cauchemar pendant de nombreuses nuits.

Retournant dans la chambre, je vis que la nuit était encore bien présente. Je me mis à la fenêtre et observa la ville endormie. La lune éclairait de sa lumière les maisons et le désert qui était si proche de nous.

Comme à mon habitude, je pris ma croix dans la main et la tritura, repensant à mon cauchemar.

Ardeth bougea dans son sommeil, s'étalant un peu plus dans le lit. Le drap bougea légèrement sous son mouvement. Je pouvais voir qu'il avait un visage paisible. Il fallait que j'arrive à trouver le sommeil. Toujours doucement, je me remis dans le lit, sous le drap et essaya de me réinstaller au mieux dans ses bras sans le réveiller.

-Mauvais rêve ?

Maudit soient ses instincts de Medjaï. Il ouvrit doucement les yeux et me regarda, attendant une réponse.

-Tu es réveillé depuis longtemps ?

-Depuis que tu t'es levée. Avoua-t-il.

Me réinstallant bien dans le lit et dans ses bras, je me mis sur sa poitrine, contre son cœur que je sentais battre au travers de sa tenue. Nous nous étions couchés sans même nous changer. Ses bras s'enroulèrent autour de moi, dans une étreinte chaleureuse et protectrice.

-Mila ?

-C'est juste que…

Je le serrais un peu plus contre moi, profitant de la chaleur de son corps pour me rassurer.

-J'ai…j'ai rêvé que j'étais de retour dans…dans mon cercueil. Mais que je…je n'arrivais pas à m'en sortir et que je mourrais de nouveau.

Il me serra à son tour un peu plus contre lui et m'embrassa sur la tempe, sentant mes tremblements.

-Mais c'est qu'un rêve Mila, tu es là, tu es en vie, tu es sortie de ton cercueil.

-Je le sais, mais malheureusement, nous n'avons aucun contrôle de nos rêves et de nos cauchemars.

Je levais ma tête et le regarda dans les yeux, ma main gauche monta vers son visage et caressa son visage. Mes doigts survolèrent ses tatouages faciaux puis ses lèvres. Je fis plusieurs fois ce petit manège, ne me lassant pas de ce visage, si parfait à mes yeux et qui m'avait tellement manqué depuis que j'ai su que tout ça avait été bien réel.

Doucement, il prit ma main dans la sienne et la porta à sa bouche qu'il embrassa au travers des bandages.

-Je t'aiderais à combattre tes peurs mon étoile.

-Je le sais mon Medjaï. Et avec toi, je ne pourrais qu'aller mieux.

A la force de ses bras, il me tira vers lui pour me rapprocher au plus près de son visage et m'embrassa tendrement. On ferma les yeux à cette sensation.

Délicatement, il nous fit basculer afin que je me retrouve sous lui, sans rompre le baiser. Nos mains caressant le corps de l'autre, nos torses collés ensemble. Nous faisions ça, pas dans l'optique de faire l'amour, mais seulement de sentir le corps de l'autre, la vie de l'autre.

Une de ses mains descendit vers mon ventre et immédiatement, je me raidis à ce contact, ce qu'il sentit immédiatement. Il se stoppa et me regarda.

Je ne pensais pas réagir comme ça, maintenant, il va se poser des questions sur ma réaction. Je ne pourrais pas éviter le sujet plus longtemps.

-Mila ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Ardeth…Est-ce qu'on peut parler de ça une fois le soleil levé ? Le suppliais-je.

-Je ne pourrais trouver le sommeil après avoir sentis ta réaction à mon toucher, je sais que tu es chatouilleuse, mais jamais tu n'as réagi ainsi.

Il colla son front contre le mien alors que je fermai mes yeux.

-Je t'en supplies mon amour, tu sais que rien ne changera mes sentiments pour toi.

Je sais que je n'y suis pour rien de la perte de notre enfant, tout ça est la faute des Dieux Anciens, mais je ne pouvais m'empêcher de me sentir coupable. Une mère est censé protéger son enfant non ? Même si j'ignorais que c'était aussi son bébé, j'aurais dû le protéger.

-Quand…le jour où j'ai pu sortir de l'hôpital, un médecin est venu me voir pour me dire qu'il y avait des résultats bizarres pour mes analyses de sang.

Toujours au-dessus de moi, sans m'écraser, Ardeth m'intima du regard de continuer.

-On ignorait comme ça a pu se produire mais…on a découvert que j'étais enceinte à ma sortie de l'hôpital.

Je n'osais le regarder, de peur de ce que je pouvais voir dans ses yeux.

-On a longuement cru que j'ai été abusée par un membre du personnel hospitalier durant mon coma étant donné que j'ai été admise là-bas…vierge.

Il savait qu'avant lui, je ne m'étais donné à aucun autre homme. Doucement, il entrelaça sa main à la mienne, m'encourageant silencieusement à continuer mon explication.

-Pendant plusieurs semaines, ils ont cherché à savoir qui avait pu me faire ça, et je ne cherchais pas plus loin étant donné que j'étais persuadée d'avoir rêvé vos existences. Jusqu'au jour où j'ai réalisé que tout avait été vrai après avoir revu Alex.

-Et qu'as-tu compris ce jour-là ? Me demanda mon homme, commençant à comprendre.

-Que cet enfant était le nôtre Ardeth. Une partie de moi et une partie de toi. Je suis tombée enceinte à notre dernière étreinte avant toute l'histoire du bracelet d'Anubis. Moi qui pensais que je n'allais jamais tomber enceinte au vu du fait que mon cycle avait été arrêté, les Dieux Anciens m'ont fait cette blague tout en permettant à notre enfant de me suivre en 2019.

Sa main serra la mienne durant toute mon explication. J'osais lever les yeux sur lui et vit qu'il semblait…ébahit.

-Était ?

Oui, il avait remarqué que j'avais employé le passé sur l'existence de notre enfant. Repensant à cette perte, je me mis à pleurer.

-Oui, était…le jour du procès de mon père, j'ai fait une fausse-couche. Ardeth, j'ai perdu notre enfant, je n'ai pas réussi à le protéger.

Immédiatement, Ardeth me reprit dans ses bras et nous fit basculer sur le côté, afin qu'il puisse me tenir pendant ma crise de larme sans m'écraser. Je le dis et je le redis, j'en ai marre d'être une pleureuse.

-Mila, ma tendre étoile, mon amour, ne t'en veux pas pour avoir perdu notre enfant. Si tu l'as perdu, c'est qu'il n'était pas possible pour toi de l'avoir. Comme tu me l'as dit plus tôt, ne t'en veux pas car je ne t'en veux pas.

Il fut patient, attendant que les larmes de mes yeux se tarissent avant de m'embrasser sur les joues, sur les tempes, sur la bouche. Je l'attrapais par les épaules et le colla contre moi, ne voulant le séparer de moi.

-Nous n'avions jamais parlé d'enfant ensemble Mila, mais je ne vois personne d'autre que toi pour être la mère de mes enfants. Si tu le souhaites bien sûr.

-Je veux des enfants Ardeth, je veux TES enfants. Je veux pouvoir les porter, les élever, les voir grandir et s'épanouir dans la vie. Je veux pouvoir être une mère.

Me remettant sur le dos, Ardeth se baissa afin de mettre sa tête au niveau de mon ventre, qui avait autrefois porté le fruit de notre amour. Doucement, il défit les boutons de ma chemise pour libérer la peau de cet endroit de mon corps et, avec cette délicatesse qu'il n'avait qu'avec moi, embrassa mon ventre, me procurant des frissons à la simple sensation de ses lèvres sur ma peau, nue de tout vêtement.

-Alors nous en aurons. Je te le promets mon amour.

Je passais mes mains dans ses cheveux, caressant son crâne tandis qu'il continuait d'embrasser mon ventre. Une chaleur se fit ressentir en moi, ma respiration commençait à s'accélérer et je passais une jambe autour de son corps, sur le haut de son dos.

Il comprit que je n'avais envie que d'une seule chose, sentir son corps nu contre le mien. Il descendit plus bas et m'enleva mon pantalon ainsi que ma culotte, pendant ce temps, j'enlevais les boutons de ma chemise et m'en débarrassa sur le sol, ainsi que de mon soutien-gorge. J'étais nue tandis qu'il était encore habillé.

S'installant entre mes cuisses, Ardeth embrassa ma féminité plusieurs fois avant de passer sa langue dessus, m'arrachant un gémissement. Il fallait que je fasse attention, les murs ne devaient pas être épais dans cet hôtel, autant éviter que les autres visiteurs ne m'entendent, surtout la famille.

S'appliquant scrupuleusement à la tâche, Ardeth avait une main sur chacune de mes cuisses, les caressant en rythme avec sa langue.

Mes mains ne quittaient pas ses cheveux, les caressant aussi en rythme avec ce qu'il me procurait. A son tour d'être décoiffé.

Je n'arrêtais pas de gémir son nom, le murmurant à chaque coup de langue, bougeant mon bassin à la rencontre de sa bouche. Le plaisir grandissait dans mon bas-ventre à chaque fois que sa langue touchait ma féminité.

La pression de mes doigts sur ses cheveux s'accentuait de plus en plus, je finis par les lâcher pour attraper un oreiller que je me plaquais sur le visage afin d'assourdir mon cri de plaisir quand la jouissance me prit.

Fermant les yeux pour savourer ce plaisir, je ne remarquais pas Ardeth remonter vers mon visage. Je me rendis compte qu'il avait quitté mon intimité lorsqu'il ôta l'oreiller que j'avais sur la tête qu'il envoya sur le sol.

-Satisfaite ?

-Tu réussis toujours à me faire voir des étoiles.

-Es-tu rassasiée ?

Mordant ma lèvre inférieure, je lui attrapai le tissu supérieur de sa tenue de Medjaï et commença à le lui ôter. Il leva un sourcil et me fit un sourire en coin.

-Je ne serais jamais rassasiée de ton corps, mon cher amour.

Se redressant, il se déshabillant totalement sous mes yeux gourmands. Je pouvais me rendre compte de la chance que j'avais d'être ici, dans ses bras et à cette époque.

Pendant plus d'une heure, Ardeth me fit tendrement l'amour, contrastant avec ce qu'il s'était passé à Hamunaptra. Cette nuit, j'avais retrouvé toutes les sensations qui me manquait.

J'étais enfin vivante et entière.