Le lendemain matin, on se réveilla à l'aube, toujours dans les bras de l'autre. On passa l'un après l'autre par la douche afin d'éviter qu'on réponde de nouveau à un besoin…physique. J'avais réussi à taire mes gémissements de plaisir durant la nuit, mais je ne pourrais pas le faire plus longtemps.

On laissa nos affaires dans la chambre et on sortit de l'hôtel. La ville était encore endormie, cela nous permit de nous balader sans être trop vu, et pour la première fois, Ardeth me tenait la main pendant notre balade.

Je savourais la tranquillité de cette ville, étant tellement différente de Paris, une ville qui ne dormait que rarement.

On marcha le long des berges du Nil, profitant du simple fait d'être ensemble de nouveau.

Certaines personnes nous regardaient lorsque l'on passait à proximité, mais on ne s'y attardait pas. On profitait simplement du moment présent et de la présence de l'autre.

-Mila.

-Oui ?

-Quand nous serons de retour au Caire, est-ce que tu accepterais de retourner vivre dans la maison de Terence ?

-Ardeth, rien ne me ferait plus plaisir que de vivre avec toi mais tu vas retourner dans ta tribu, ne devrais-je pas te suivre dans le désert ?

-Je veux aussi vivre avec toi Mila, mais la vie dans le désert est dure et peut-être fastidieux quand nous venons de l'extérieur. Je ne veux pas t'imposer ça, je sais que tu aimes vivre au Caire, je parlerais aux autres dirigeants Medjaï pour leur expliquer la situation pour que je sois plus présent à tes côtés. Je ne peux pas les abandonner définitivement mais je ne peux pas rester longtemps loin de toi, pas après tout ce qu'on a vécu. Je ne veux pas t'imposer une vie dans le désert, ni à toi, ni à nos futurs enfants. Je veux les voir grandir dans cette maison et qu'ils se fassent des souvenirs comme ceux que j'ai pu avoir durant mon enfance. Ils ne sont pas nombreux mais ils sont présents.

-Ardeth, jamais je ne te demanderai d'abandonner ton rôle de Medjaï, tu es né pour ça, c'est dans ton sang et dans ton âme. Je sais que je saurais m'habituer à la vie dans le désert, mais si tu souhaites absolument que je vive dans la maison de ton oncle, alors je vivrais dans cette maison. Mais j'ai une condition.

Il leva son sourcil, s'attendant à cette phrase et attendant la suite.

-Oui je retournerais de temps en temps à Londres pour aller voir les O'Connell mais je tiens à venir aussi plusieurs jours dans le désert, voir ta tribu. Je veux que nos futurs enfants connaissent aussi les traditions des tribus Medjaï.

Souriant à pleines dents, Ardeth m'embrassa et me colla à son torse tandis que je passais mes bras autour de son cou.

-Par contre, avant de parler d'enfants au pluriel, commençons déjà par avoir le premier. On verra ensuite pour les autres. Affirmais-je.

Concluant le deal par un nouveau baiser, on retourna vers l'hôtel quand le soleil fut un peu plus haut dans le ciel. Sur la place devant l'hôtel, se trouvait Alex jouant avec Horus qui volait au-dessus de lui sous la surveillance de ses parents et de son oncle. Je ne serais pas étonné qu'il demande un faucon à sa famille. Evy va nous maudire pour ça.

Le petit volatile nous vit et vola vers nous dans un cri.

-Salut mon grand.

Grâce à mes bandages aux mains, il put se poser dessus sans me faire mal avec ses serres. Tout comme sur le dirigeable d'Izzy, il jouait sur son équilibre pour ne pas me blesser. Immédiatement, je lui caressai la poitrine.

-Jonathan m'a dit que c'est toi qui l'as récupéré à Ahm-Shere quand l'Oasis disparaissait. Merci. Me dit mon homme.

-Il était hors de question de le laisser là-bas, il n'aurait pas pu survivre. Je suis heureuse qu'il puisse recommencer à voler malgré sa blessure.

Comme s'il comprenait ce que je disais, Horus cria de nouveau et baissa sa tête pour se frotter contre ma main qui le caressait.

-Vous avez super bien dressé Horus, Monsieur Ardeth.

-Merci Alex, c'est un travail qui demande du temps et une confiance aveugle.

-J'aimerai bien en avoir un comme Horus.

Bingo ! Derrière lui, ses parents firent une tête assez marrante tandis que Jonathan riait de la situation. Rick et Evy n'imaginent pas un faucon dans leur manoir à Londres. Un chien passerait encore, mais un faucon…

-On en reparlera Alex. Fit Rick.

-Mi', comment tu te sens aujourd'hui ?

-Mieux Evy, encore fatiguée mais mieux.

-Tu iras mieux au fil des jours, le temps de te remettre de tout ça. M'assura-t-elle.

On se prit toutes les deux dans les bras avant de regarder Alex poser plein de question à Ardeth concernant le dressage d'un faucon.

-Je te hais pour ça Mi'.

-Mais non, tu m'aimes de trop pour me haïr. Et tout ça c'est de ta faute.

Curieuse, elle me regarda, un sourcil levé.

-Si tu n'avais pas filé le gène Carnahan à ton fils, il n'aurait pas essayé de mettre le bracelet d'Anubis et on n'aurait peut-être pas eu besoin d'Horus pour faire le pigeon voyageur pour les chefs des tribus.

Avec un air renfrogné, Evy comprit que si Alex n'avait pas assouvi sa curiosité et donc attiré l'attention de Lock-Nah, il aurait pu éviter de se faire enlever et on aurait pu gérer le retour du Roi Scorpion avec les chefs à notre manière.

En gros, j'avais raison !

-De toute façon, on t'aime de trop pour t'en vouloir.

Je lui fis un petit bisou sur la joue en lui murmurant que je les aimais eux aussi avant d'aller vers Jonathan et Rick. Evy me suivit.

-Alors, quelle est la prochaine étape ? Nous demanda Jonathan.

-Retourner au Caire. Fis-je. Ardeth doit retourner dans sa tribu avant que les autres chefs le croient mort. On doit contacter Brahim pour lui dire qu'on l'a retrouvé et qu'il va bien.

-Tu veux que j'envoie un télégramme au musée du Caire ?

-S'il te plait Evy. Mais ne dis pas encore que je suis de retour, juste que vous l'avez retrouvé.

Acquiesçant de la tête, ma cousine par alliance rentra dans l'hôtel afin de demander à la réception d'envoyer un télégramme. En pensant à Brahim et au Musée du Caire, je me mis à espérer que le directeur Genz n'était plus sur place, c'est bien beau de rêver non ? J'essayais aussi d'imaginer ce que je pourrais faire lorsque je retournerai vivre dans cette ville, quel travail vais-je faire ? Est-ce que je pourrais retourner travailler au Musée ? Si oui, à quel poste ?

-Et pour toi Mila ? Qu'est-ce que tu comptes faire ?

-J'étais justement en train d'y penser Jon'.

Rick se mit à ma droite et passa son bras autour de mes épaules afin de me coller à lui puis il m'embrassa la tempe.

-Ce qui est sûr ma grande, c'est que ta vie est désormais ici. Avec Ardeth.

Tournant ma tête vers mon cousin, je le regardais dans les yeux.

-Tu as tout compris Rick. Mais ce n'est pas pour autant que je vous abandonne. Je reviendrais à Londres de temps en temps. Mais maintenant que je suis de retour, je ne me vois pas être loin de lui. Même avant toute l'histoire avec le bracelet d'Anubis, notre séparation commençait à devenir trop pesante, plus difficile à supporter. Il continuera son rôle de chef des tribus dans le désert mais on sera déjà plus proche que quand j'habitais à Londres. Ensuite, je vais voir si je peux retourner travailler au Musée du Caire. Avec l'expérience des fouilles de ses dix dernières années grâce au British Museum, je pense que Genz ne pourra pas me proposer le poste au nettoyage.

-C'est sûr, et tu connais Evelyn. S'il osait te dire ça, elle lui rentrerait dedans.

On ria tous les trois sur cette évidence. Nos regards se posèrent de nouveau sur Alex, observant Horus sous toutes les coutures et sous l'œil vigilant de mon homme.

Une chose était sûre, c'est qu'Ardeth fera un excellent père.

-Mila, quand on était à Londres, tu n'as pas réussi à rentrer dans la chambre du rez-de-chaussée…

Je me figeais à la phrase de mon cousin, repensant à ce qu'il s'était passé en 2019 dans cette même pièce.

-Je n'ai pas arrêté de penser à tout ce que tu nous as dit, sur ce que tu as vécu à ton époque avant de revenir ici. Et je pense avoir compris.

Je fis mon maximum pour ne pas cligner des yeux, retenant à fond les larmes qui apparaissaient et qui menaçaient de tomber.

-C'était dans cette pièce qu'Alex est mort, c'est ça ? C'est pour ça que tu n'as pas pu rentrer dans cette chambre ?

Une larme solitaire coula sur ma joue en repensant au dernier souffle de mon neveu. Même si cette vision allait me hanter jusqu'à ma propre mort, je devais me focaliser sur le Alex qui était devant moi, bien vivant et plein de vie.

-Je lui tenais la main quand ça s'est produit, jusqu'à son dernier battement. Je lui avais promis que je vous retrouverais tous, soit dans l'autre monde, soit dans cette époque et qu'il pouvait…partir en paix. Juste après lui avoir dit ça, son cœur s'est arrêté. Je crains que je ne pourrais jamais rentrer dans cette pièce de nouveau Rick.

-Tu n'auras pas besoin de le faire, après ce que tu viens de nous confirmer, je pense qu'on condamnera cette pièce, hors de question qu'on rentre dedans en sachant ce qu'il s'est passé réellement.

-Rick, techniquement, ça ne s'est pas encore produit, et avec mon retour dans cette époque, ça ne se produira peut-être pas.

-Peut-être que pour nous, c'est un futur possible, mais pour toi, ça fait partie de ton passé. Et on doit le prendre en compte. On condamnera cette pièce, je te le promets.

Essuyant la larme de ma joue, je pris mon cousin rapidement dans mes bras avant de reprendre une bonne contenance. Ardeth vit la scène et me questionna du regard, d'un simple mouvement de tête, je le rassurais et lui fis comprendre que tout allait bien. Satisfait, il murmura quelque chose à Alex et les deux se rapprochèrent de nous, Horus sur la main ganté d'Ardeth.

-Au fait Mila, tu ne nous as pas parlé de moi, qu'est-ce qu'il s'est passé pour moi dans le futur ?

-Désolé Jonathan, mais je ne te dirais rien, car ce sont des choix que tu dois prendre par toi-même et pas par ce que je te l'ai dit. Mais je peux t'assurer que tu vas réussir ce que tu penses entreprendre. Enfin, j'espère que tu as toujours la même chose en tête par rapport à ce que je sais.

Il se rapprocha de moi et me murmura dans l'oreille.

-Je pensais partir en Chine. J'ai revendu mon diamant.

Lui souriant, je lui assurais qu'il était sur la bonne voie et empêcha mon cousin d'en savoir plus. Autant garder la surprise jusqu'au bout. Je voulais que Jonathan puisse réussir à ouvrir son nightclub et qu'il reçoive le succès qu'il mérite. Je veux qu'il réussisse seul, pas avec mon aide. Il l'a fait une fois, il peut recommencer.

Evy revint peu de temps après, ayant envoyé le télégramme au musée du Caire. De suite, elle prit son fils dans ses bras, malgré les presque huit ans du bonhomme, elle ne voulait pas arrêter de le porter tant qu'elle le pouvait et qu'il n'était pas trop lourd, et je pense qu'après les dernières semaines qui se sont écoulées, les deux en ont besoin.

Ardeth reprit sa place à mes côtés, une de ses mains effleurant ma hanche avant de me coller à lui.

-Quand veux-tu repartir pour le Caire ?

-Le plus tôt possible, pour le bien des tribus Medjaï.

-Veux-tu déjà te séparer de moi ?

-Jamais.

-Hey ! Ne parlez pas en arabe quand on est là, c'est de la triche. Râla mon p'tit aventurier.

On ria tous de la phrase de mon neveu. Il fut décidé qu'on allait rassembler nos affaires et partir le plus vite possible pour le nord du pays. Après s'être renseigné à la réception de l'hôtel, nous avons réussi à réserver des billets de train pour un qui partait en début d'après-midi. On sera au Caire en fin de journée. On renvoya un autre télégramme au musée du Caire pour que l'information arrive à Brahim.

On déjeuna tous ensemble dans une de nos chambres d'hôtel avant de rendre les clés et d'aller à la gare où un train nous attendait. Ardeth fut la cible des regards et des interrogations au vue de sa tenue et du faucon qu'il avait avec lui. Même à cette époque, ce n'était pas courant de voir ça.

Durant notre trajet à travers le pays, je leur racontais ma rencontre avec les dieux anciens un peu plus en détail tandis qu'Evy prenait des notes et qu'Alex buvait littéralement mes paroles. On commençait aussi à discuter du premier livre d'Evy. Elle venait de décider de tous nous concerter avant de publier le livre et les prochains. Elle ne voulait pas risquer une mauvaise entente comme celle que j'ai pu constater dans mon passé. Rick essaya aussi de me faire cracher le morceau sur l'avenir de Jonathan mais mes lèvres restèrent scellées.

On arriva au Caire à la tombée de la nuit. On prit nos sacs et on sortit de suite. J'étais derrière les autres, avec Alex qui me tenait par la main. Ardeth et Rick était en tête.

-Ardeth !

-Brahim.

Les deux Medjaï se saluèrent puis Rick salua aussi notre ami. Avec la présence de la famille O'Connell, Brahim décida de parler en anglais et pas en arabe.

-Je suis heureux de te savoir en vie et de retour mon ami.

Ardeth baissa la tête, lui faisant un signe de reconnaissance par ce geste.

-Rick O'Connell, merci de nous l'avoir ramené. Les Medjaï vous seront à jamais reconnaissant.

-J'aimerais vous dire que c'était normal, mais ce n'est pas moi qu'il faut remercier.

Ardeth et mon cousin se tournèrent vers nous et Evy et Jonathan me laissèrent passer afin de je me mettes aux côtés d'Ardeth qui me tendait sa main. Je ne vous cache pas que la tête ébahit de Brahim était mythique.

-Mademoiselle Mercier ?

-Bonsoir Brahim.

-Comment est-ce possible ?

-Disons que c'est une sacrée aventure qui s'est terminée par une visite forcée chez les dieux anciens. Et de nombreux blasphèmes. Avouais-je. Mais le principal, c'est que je suis de retour, et pour de bon.

-C'est un récit que j'ai hâte d'entendre. Je suis heureux de vous savoir de retour.

-Moi aussi Brahim, moi aussi.

Ardeth m'embrassa doucement sur la tempe et on suivit Brahim dans les rues du Caire.

-J'ai réussis à vous trouver la clé de la petite maison que mademoiselle Mercier-O'Connell a utilisé à son arrivée dans notre époque. Elle est inhabitée depuis des années. Et j'ai aussi la clé de ta maison Ardeth.

-Merci mon ami.

Il nous confia les clés des maisons, celle de Terence à Ardeth et mon ancienne maison à Evy et nous amena vers la seconde. Elle était certes petite, mais suffisante pour accueillir la famille Carnahan-O'Connell temporairement. Une fois que ma famille fut entrée à l'intérieur, Brahim, Ardeth et moi nous dirigions vers la maison des Bay.

Une fois devant, Brahim nous salua et nous annonça qu'il allait chevaucher de nuit afin d'atteindre la tribu principale d'Ardeth afin de prévenir son remplaçant temporaire que mon homme était en vie et de retour. Il me remercia de nouveau avant de nous laisser seuls et de partir chercher son cheval.

Rapidement, on entra dans la maison et ferma la porte à clé derrière nous.

Nous étions de nouveaux seuls, dans cette petite maison. Un grand retour en arrière pour nous. La dernière fois que nous nous sommes retrouvés dedans, c'était bien avant toute cette histoire avec le Roi Scorpion, il y a plusieurs mois.

Je déposais un de mes sacs sur le sol du salon et m'affala sur le canapé.

-Cette maison m'avait manqué ! Avouais-je. Tout comme le propriétaire, d'ailleurs.

-N'as-tu aucun regret d'avoir quitté ton époque pour revenir ici ?

Il venait de poser mon dernier sac et mit Horus sur son perchoir avant de s'accroupir pour se mettre en face de moi.

-Ardeth, rentres-toi bien ça dans le crâne. Je n'ai aucun regret d'avoir quitté mon époque. Une fois que j'ai compris que tout ce que j'avais vécu était réel, je n'avais plus ma place là-bas, car elle était ici. Ma mère l'a compris quand je lui ai tout raconté et elle m'a soutenue jusqu'à la fin.

-Et ta sœur ?

-Elle a eu du mal à se faire à l'idée que je veuille tout quitter pour vous retrouver. Elle a fini par comprendre et m'a rejoint quand je venais d'avaler les baies de belladone. Elle avait passé les derniers jours à bouder dans sa chambre d'hôtel alors que ma mère aurait préféré qu'on passe nos derniers moments ensemble, toutes les trois.

-Au moins, ta sœur a compris, trop tard certes, mais tu as pu partir en paix, en sachant qu'elle connaissait la vérité.

Doucement, Ardeth me prit mes mains dans les siennes et caressa le dos avec ses pouces. Il se redressa légèrement alors que je me penchais vers lui afin que nos fronts soient collés ensemble.

-Mon amour. Souffla-t-il. Je t'aime tellement.

Souriant à cette phrase, je l'obligeais à me lâcher les mains afin que je puisse passer mes bras autour de sa tête. Immédiatement, je me mis à lui caresser le cou en remontant vers l'arrière de sa tête. Je sentais son souffle contre moi. Doucement, il se mit à passer à son tour ses bras autour de moi, autour de ma taille et me tira un peu vers lui. Sa bouche se mit à déposer de légers baisers sur chacune de mes joues, avant d'aller sur le nez, puis le menton, avant de trouver mes lèvres pour un doux baiser.

Savourant ce geste et la sensation de ses lèvres sur les miennes, je ne répondis que légèrement, le laissant un peu mariner. Cela ne m'empêcha pas d'entourer sa taille de mes jambes pour le coincer contre moi.

Apparemment, mon homme n'était pas de cet avis car il se redressa et me porta sans rompre le baiser. Je le laissais faire ce dont il voulait, m'agrippant à lui tel un koala sur un arbre. Il nous fit aller à l'étage et nous fit basculer sur notre lit, qui avait été le témoin de nos nombreux ébats et qui n'a pas fini d'en voir d'autre.

Sans séparer nos lèvres, nos mains se baladaient sur le corps de l'autre, le déshabillant doucement. Malgré le feu de l'action, on se mit tout de même sous les draps, alors qu'Ardeth commençait à cajoler ma poitrine, je réussis à nous faire basculer pour me retrouver au-dessus.

-Attendez un peu, Monsieur Bay. La nuit dernière, j'ai été au centre de l'attention de vos mains expertes et de cette langue…

Je l'embrassais furieusement, caressant sa langue de la mienne tandis que mes mains caressaient son torse.

-…et aussi de cette bouche…

Puis je l'embrassais de nouveau, plus doucement, avant d'emprisonner sa lèvre inférieure entre mes dents. Il ria de mes actions alors que ses mains venaient d'empoigner mon fessier qu'il caressa amoureusement.

-…alors cette fois-ci, c'est vous qui allez subir, Monsieur Bay.

Je relâchais sa lèvre et lui déposa de multiples baisers rapides sur sa bouche, ne lui laissant pas le temps de répondre, puis je descendis sur son menton, son cou, son torse. Je m'attardais sur ses pectoraux et plus précisément sur ses tétons que je léchais, mordillais, aspirais entre mes lèvres alors que mes mains étaient plus basses, alternant entre ses abdos et sa virilité que je sentais durcir de plus en plus contre mon ventre, à chaque coup de langue que je lui donnais.

Je me mis à descendre encore plus bas, dessinant le contour de chacun de ses abdos de ma langue, grignotant un peu sa peau au passage, lui laissant une marque rouge. Ses mains se baladaient désormais sur mon dos, mes épaules puis dans mes cheveux.

Levant un regard vers lui, je vis qu'il avait les yeux à moitié fermés, savourant ce que je lui faisais. Je continuais ma descente pour arriver vers son membre, turgescent.

Voulant le « torturer » légèrement, je me mis à déposer des baisers tout autour de son pénis, sans jamais le toucher. Par contre, je soufflais doucement dessus pour voir sa réaction. Ses mains restèrent sur mes épaules, serrant ma peau à chacun de mes baisers et son bassin bougeait, voulant aller à ma rencontre.

-La patience est une vertu mon cher Medjaï.

-C'est plutôt de la torture ce que tu me fais.

-Disons que cette délicieuse torture…

Je déposais un baiser sur le bas de sa verge.

-…est seulement…

Encore un, mais plus haut.

-…une compensation…

Un autre.

-…sur ce que tu me fais…

Un autre.

-…à chaque fois.

Puis, de la base de son sexe à son sommet, je fis parcourir ma langue avant de prendre en bouche le haut de sa verge et de caresser le reste de haut de bas de ma main. Je l'entendis jurer en arabe. Depuis notre première fois, je n'avais que peu expérimenté la fellation, Ardeth avait toujours préféré me donner du plaisir plutôt que l'inverse, trouvant que cette méthode pouvait être dégradante pour la femme. Durant ces neuf ans, il avait toujours fait passer mon plaisir avant le sien.

Je m'appliquais sur ma tâche, m'occupant de sa virilité comme si je dégustais une sucette, alternant aussi avec des coups de langue et des baiser alors que je sentais ses mains passer dans mes cheveux pour ensuite repartir sur mes épaules.

Je le faisais languir le plus possible, m'arrêtant pour embrasser ses abdos ou ses cuisses quand je le sentais trembler, signe de sa proche jouissance pour reprendre encore plus lentement, voulant faire durer le moment à son plus grand malheur.

Je l'entendais gémir mon prénom régulièrement, pour une fois que c'était lui qui gémissait à ma torture.

Je décidais de stopper ça et de remonter vers son visage, toujours en embrassant son corps alors qu'une de mes mains entourait sa virilité, continuant de le caresser.

Ardeth m'attrapa par les épaules et m'embrassa passionnément.

-Tu es vraiment impossible.

-Tu sais maintenant ce que ça fait. Et sache une chose mon cher Medjaï, c'est que te faire ça ne m'a pas déplu, c'est tout le contraire même. Donc attends-toi à ce que je te le fasse plus régulièrement.

Il me fit son sourire en coin qui me faisait craquer avant de reprendre possession de mes lèvres. J'en profitais pour bien me mettre sur lui, mes jambes de chaque côté de son bassin avant de diriger son sexe vers le mien afin de m'empaler dessus.

Stoppant le baiser, on gémit tous les deux à cette sensation, fermant les yeux. Doucement, je commençais à bouger mon bassin, ondulant sur lui tandis qu'il se mit lui aussi à bouger, son bassin allant à la rencontre du mien.

Je me redressais à l'aide de mes bras afin d'être bien assise sur lui, ses mains étaient sur mes hanches, accompagnant mes mouvements en rythme avec son bassin. A chaque fois que je sentais mes mains faire une pression sur ma peau, je ralentissais, continuant doucement de le faire languir.

Je pense que j'ai dû le faire atteindre ses limites dans la patience car je me suis rapidement retrouvée entre son corps et le lit, sur le dos.

-Je vois que tu veux jouer.

Il sortit de moi et me retourna sur le ventre, comme une crêpe sur une poêle et s'allongea de tout son long sur mon corps, je sentais sa virilité contre mes fesses. Qu'est-ce qu'il avait en tête ?

Il m'embrassa sur la joue avant de me murmurer à l'oreille.

-Je crois que tu ne diras pas non à un peu de nouveauté au vu de ce que tu viens de me dire.

-Tu sais que je suis prête à tout tenter avec toi.

Disons que depuis neuf ans qu'on couche ensemble, hormis le célèbre missionnaire, moi sur lui ou dans la douche, on n'a jamais vraiment innové en position. Apparemment, il y a un début à tout.

Il m'embrassa entre les omoplates avant de me pénétrer dans cette position, ça me rappelait notre étreinte dans la douche au manoir, avant notre départ pour l'Egypte. C'était à son tour de me faire languir, il était lent dans ses mouvements. J'avais plaqué ma tête dans l'oreiller, étouffant mes gémissements et mes plaintes.

On récolte ce que l'on sème non ?

Doucement, je sentais un bras d'Ardeth passer entre mon corps et le matelas pour me soulever. L'aidant de mes avant-bras, je me suis retrouvée à quatre pattes avant d'être redressée pour être collée à son torse. Nous étions tous les deux à genoux sur le lit, lui derrière moi. Ses coups de reins s'intensifiaient alors ses dents grignotaient mon cou. Je posais une main sur celle se trouvant sur mon ventre, entrelassant nos doigts tandis que l'autre était sur sa nuque, m'aidant à tenir dans cette position. Je sentais mes jambes trembler au fur et à mesure que ses vas et viens se firent plus puissants.

Quand la jouissance nous prit en même temps, on s'écroulait tous les deux sur le lit, en sueur, reprenant notre souffle. Ardeth bougea pour ne pas m'écraser et se mit à ses côtés et immédiatement, je me mis dans les bras et ce fut dans cette position et dans cet état qu'on s'endormit.