Le cauchemar était de retour, mon réveil dans mon cercueil revenait encore cette nuit. Comme la nuit précédente, je rêvais de ne pas avoir réussis à m'en sortir, avec en prime la voix de ma famille me disant que j'étais inutile, qu'à quoi bon avoir été bénis par les dieux anciens si ce n'était pour ne pas réussir à sortir une simple caisse de bois.
-Mila ! Mila, réveilles-toi !
Ardeth ? J'entendais sa voix me dire ça en même que je l'entendais me dire qu'il était mieux que je meurs de nouveau, seule, dans mon cercueil.
-Mila, c'est un cauchemar, réveilles-toi !
Je réussis à ouvrir les yeux et je vis que j'étais dans la maison de Terence, dans notre lit. Ardeth était assis à mes côtés, habillé d'un simple pantalon. Il me tenait par les épaules et avait un air soucieux.
J'essayais de reprendre mon souffle mais j'avais du mal. Immédiatement, Ardeth me prit dans ses bras et me colla à son torse.
-Ça va aller Mila ! Calme-toi, tu es là ! Tu es sortie de ton cercueil !
Il savait que j'avais de nouveau cauchemardé dessus. Il continuait de me rassurer, de me dire de caler ma respiration à la sienne. Je sentais sa poitrine bouger à chacune de ses inspirations et son cœur battre contre moi.
Après plusieurs minutes, je réussis à reprendre une respiration normale et remarqua que la nuit avait fait place au jour.
-C'est déjà le matin ?
-Depuis peu. Tu peux encore te rendormir.
Je fis un non de la tête, refusant de prendre le risque d'un autre cauchemar. Il ne chercha pas à me faire changer d'avis, comprenant mon refus. Il me dit qu'il va aller chercher ce qu'il faut pour le petit déjeuné au marché, que je pouvais traîner dans le lit si je le souhaitais.
Une fois seule, je décidais de me lever. Je pris une douche avant de descendre dans le salon, remarquant Horus endormit sur son perchoir. Cet oiseau était trop mignon. Malgré toute la bonne volonté que je mis pour faire le moins de bruit possible pour ne pas le réveiller, il finit par ouvrir les yeux et bouger ses ailes, comme pour me saluer.
-Bonjour toi ! Bien dormit ?
Il cria légèrement, comme pour me dire que oui. Assise sur le canapé, je regardais mes mains, toujours bandées. Doucement, je détachais les attaches qui maintenaient les bandes et les enleva. J'avais besoin de ne plus les avoir, de ne plus cacher mes blessures dues à ma résurrection.
Le contour de mes blessures était encore rouge et des croûtes étaient présentes, montrant la cicatrisation en cours. Ça va me faire bizarre, pendant neuf ans, j'ai été blessée mais je guérissais quasi instantanément, je vais devoir me réhabituer à une cicatrisation longue et laissant une marque.
Quelqu'un toqua à la porte, intriguée, j'ouvris la porte et vis Alex et Jonathan qui m'attendaient devant.
-Déjà levé vous deux ?
-On s'est levé aux aurores. Me dit mon neveu.
-On a croisé Ardeth au marché, Rick et Evy sont avec lui. Il nous a indiqué le chemin de la maison.
-Et bien entrez, bienvenue dans l'ancienne demeure du Docteur Terence.
-Et maintenant celle d'Ardeth et toi.
-Exactement.
Je vis Alex monter à l'étage afin de parcourir la maison pour la découvrir, avec Horus qui le suivait à la trace.
-Ça fait du bien de le voir comme ça. Me dit Jonathan.
-Oui, il a vécu des choses anormales pour un enfant de son âge, je ne sais pas comment il a fait pour garder cette étincelle.
-Il tient ça de ses parents, ça ne fait aucun doute.
Les deux parents ainsi que mon homme ne tardèrent pas à rentrer dans la maison, les mains pleines de fruits et de pain. On appela Alex pour qu'il nous rejoigne pour le petit déjeuné qu'on mangea dans le salon, à même le sol.
Pendant que l'on mangeait, on discutait de ce qu'on allait faire maintenant. La famille O'Connell-Carnahan allait retourner à Londres et reprendre leur vie comme avant notre deuxième aventure. Alex allait reprendre le chemin de son ancienne école et quitter celle où il a été transféré après ma mort. Jonathan annonça à tous son désir de partir en Chine sans pour autant dire ce qu'il comptait faire, simplement qu'il nous enverrait une invitation quand tout sera terminé. Evy allait s'attaquer à son roman et reprendre aussi le chemin du British Museum. Avec l'assassinat du directeur Williams, du professeur Stephen et de la mort d'Hafez, le musée se retrouvait sans directeur et Evy avait été approchée par les gens de la fondation Bembridge pour reprendre la direction. Quant à Rick, il ne dirait jamais non à de nouvelles fouilles, du moment que ça n'inclut pas de momie. Je ne pus m'empêcher de pouffer en pensant à la future momie qu'ils pourchasseront en Chine d'ici douze ans. Quoi que, peut-être qu'avec mon retour, elle ne sera pas ressuscitée. Je verrais sur le moment si je leur dis ou pas.
Quant à moi, j'annonçais officiellement à tous que je vivrais désormais au Caire, que je viendrais à Londres pour leur rendre visite et qu'ils pouvaient venir quand ils le voulaient. Mais d'abord, je devrais les suivre à leur retour afin de récupérer mes affaires afin de les ramener ici, pendant ce temps, Ardeth retournera dans sa tribu pour reprendre le commandement. Une fois que je serais bien installée ici, je postulerais pour un poste au Musée du Caire.
Pendant que je parlais, je sentais le regard brûlant d'Ardeth sur moi. Il fallait qu'il arrête sinon, je risquais de lui sauter dessus et de traumatiser ma famille.
Nous partîmes pour Londres trois jours après, cette fois-ci, je ne disais pas non à l'avion. Plus tôt on arrivait à Londres, plus tôt je pouvais repartir pour faire ma vie au Caire. Sauf que pour le voyage de retour, je serais seule avec ma peur de l'avion.
Une fois arrivée en Angleterre, on alla directement avec Evy au British Museum afin de voir le directeur par intérim, le chef de la section paléontologie. Avec lui, on régla toutes les formalités pour mon départ et il me donna aussi une lettre de recommandation pour ma postulation au musée du Caire. Evy en profita aussi pour poser sa candidature pour devenir la directrice du British Museum qui sera étudier par tous les employés lors d'une grande réunion dans un mois. Elle n'était pas la seule sur cette opportunité.
De retour au Manoir, Jonathan et moi commencions à faire nos valises, l'un pour partir en Chine, l'autre pour l'Egypte. On laissa tout de même des affaires ici pour quand on reviendra ici. Première chose que je mis dans ma valise, ce fut ma clé de la maison du Docteur Terence. Je pris aussi plusieurs de mes livres et ma boite avec les photos qu'on a pu prendre depuis mon arrivée dans cette famille. Je pris aussi mon propre appareil photo argentique. J'aurais dû me renseigner sur le net à comment développer soi-même les photos dans une chambre noire avant de revenir ici, ça m'aurait bien servi.
Oh allez, je suis sûr que je trouverai le moyen d'apprendre à le faire là-bas. L'Egypte a des photographes, ce n'est pas le Moyen-Âge.
Je m'en sortais avec deux grosses valises et une plus petite avec un sac à dos. Je n'avais pas été celle qui possédait énormément de bien, j'avais toujours l'impression que j'avais une épée de Damoclès au-dessus de la tête, que je pouvais repartir à mon époque à tout moment et donc, je n'achetais pas grand-chose.
Rick avait appelé l'aéroport de Londres afin de réserver un billet pour moi ainsi qu'un pour Jonathan. On eut la chance qu'ils soient le même jour, à une heure d'intervalle, le lendemain. On en profita pour passer le reste de la journée en ville ainsi qu'au restaurant le soir.
Le lendemain, après une nuit quasi blanche à cause de mon cauchemar que j'ai caché aux autres, durant le chemin vers l'aéroport, Alex était littéralement sur moi dans la voiture. Une chance de ne pas s'être fait arrêter car là, on était dans l'illégalité. Une fois là-bas, on enregistra nos différents bagages qui partirent pour être mises en soute.
On resta tous ensemble jusqu'au moment où Jonathan et moi furent dans l'obligation de partir dans le hall d'embarquement. On enlaça fortement la petite famille en se promettant de se revoir assez rapidement avant de passer la sécurité.
On leur fit coucou aussi longtemps que possible jusqu'à ce qu'on soit hors de portée de vue. C'était mon avion qui partait le premier, je n'allais pas tarder à embarquer tandis que Jonathan embarquerait que plus tard.
-Parée pour le début de ta nouvelle vie ?
-Et toi ?
-Je crois que c'est la première fois de ma vie que j'ai un projet sérieux en tête que je vais réaliser.
-Et crois moi Jonathan, si tu te débrouilles comme ce qui est prévu, tu réussiras avec brio et ton projet aura un succès fou.
Il me sourit, heureux d'entendre ça. On se prit dans les bras afin de se dire au revoir lorsque les passagers de mon vol furent appelés.
-Tu t'en sortiras seule dans l'avion ?
-Je n'ai pas trop le choix, je ne peux pas perdre plus de temps en y allant en bateau. Ce n'est rien quatre jours mais je préfère trois heures d'avion et arriver là-bas le plus vite possible.
Il me prit une nouvelle fois dans ses bras avant de me murmurer de profiter de cette seconde vie qu'on m'accordait avant de me pousser gentiment vers l'embarquement. Je l'embrassais amicalement une dernière fois en lui disant qu'il allait me manquer et que j'attendais son invitation pour l'inauguration de son nightclub avant de partir.
Je venais de lui confirmer que ce qu'il voulait créer allait fonctionner et que c'était bien le nightclub qu'il avait en tête. J'entendis un « YES » derrière moi qui me fit rire avant de donner mon billet d'avion et ma pièce d'identité à l'hôtesse de l'air.
Lorsque je fus installée sur mon fauteuil, je sortis de mon sac à dos un tissu noir. Le turban d'Ardeth. Il l'avait mis dans mon sac sans que je le sache et je l'avais vu que ce matin dans ma chambre au manoir. Il m'avait laissé une note, qu'il espérait que le fait que j'ai quelque chose à lui m'aide et m'apaise. J'aurais voulu remarquer sa présence hier soir, ça aurait peut-être atténué le cauchemar. Je mis son turban autour de mon cou et respira à fond l'odeur qu'il en dégageait durant toute la phase de décollage. Fermant les yeux, je l'imaginais à mes côtés, me tenant les mains et me parlant. Je m'endormis assez rapidement, rattrapée par ma nuit blanche.
Ce fut l'hôtesse de l'air qui me réveilla juste avant l'atterrissage. J'aurais préféré qu'elle me réveille après…
Une fois l'avion posé et qu'on ait tous débarqué et récupéré nos bagages, je me mis en marche vers la sortie de l'aéroport, galérant un peu avec mes bagages toute seule.
-Mila ?
En me retournant, je vis mon ancien collègue de travail du musée du Caire.
-Abdul ? Comment vas-tu ?
-Très bien, et toi ? Tu donnes l'impression de déménager.
-C'est le cas, j'ai quitté Londres et je viens vivre définitivement ici.
-Londres ne vaut pas le Caire, n'est-ce pas ?
-Tu as tout compris.
-Un peu d'aide ?
-Volontiers, je crois que je n'arriverais pas à m'en sortir seule.
Il prit mes deux grosses valises et me conduisit jusqu'à sa voiture. Il me fit le taxi jusqu'à ma maison et me donna les dernières nouvelles du musée. Avec les dernières fouilles en partenariat avec le British Museum, celui du Caire avait obtenu suffisamment d'argent pour pouvoir acheter la parcelle de terrain qui le longeait et qui était inhabitée et inutilisée. Elle allait devenir le terrain de l'extension du musée.
Ce terrain, je l'avais toujours connu, le Docteur Terence voulait l'acheter depuis un petit temps quand je suis arrivée dans cette époque mais le musée manquait de subvention. Et le partenariat avec le musée Anglais était tellement récent que ce n'avait pas été possible d'acheter la parcelle. Puis il y a eu toute l'histoire avec Imhotep et l'arrivée du conservateur Genz.
-Abdul, comment ça se fait que le partenariat ne vous profite que maintenant ? Il est là depuis neuf ans.
-A la mort du Docteur Bay et à l'arrivée du conservateur Genz, nous avons pensé que ce projet avait été arrêté. Nous avons essayé d'en discuter avec lui mais il ne répondait toujours par licencier plus de personnel. Il nous disait que le partenariat ne rapportait pas assez donc il devait y avoir des licenciements pour pouvoir renflouer les caisses du musée.
-Et quel a été l'élément déclencheur pour le partenariat ?
-Le départ de Genz. Me répondit Abdul avec un grand sourire.
Wait, what ?
-Quoi ? il est parti ?
-Disons qu'il a disparu du jour au lendemain. Quand la personne de la comptabilité s'est retrouvée malade pendant une quinzaine de jours, Samia de l'accueil a décidé de la faire à sa place, pour l'avancer et pour empêcher des factures impayées. Et c'est là qu'elle a remarqué que l'argent du partenariat arrivait bien sur le compte du musée mais repartait immédiatement.
-Laisses moi deviner ? Le porte-monnaie de Genz ? Il faisait ça pour s'enrichir ?
-Oui, avec la comptable comme complice, ils sont frères et sœurs. Quand Samia a découvert ça, elle nous a prévenu et nous avons prévenu la police. Genz s'est enfuit en la voyant arriver un matin au musée.
-Et c'était quand ?
-I peine deux mois.
Soit pendant ma mort. Putain le pied que ce bureaucrate soit parti.
-Et qui dirige le musée maintenant ?
-Un peu tout le monde, mais comme pour le British Museum, nous allons voter pour notre prochain directeur, on veut que ça soit quelqu'un de l'intérieur, qui connaisse notre manière de fonctionner et qui dédiera son travail pour l'histoire et la culture de son pays.
Je souris à cette phrase, Abdul était en train de parler d'une personne comme lui. Il fera un bon directeur, il avait été formé par le Docteur Terence et m'a formé moi.
-Je suis sûr que vous trouverez le bon directeur Abdul. Et je compte sur toi pour me tenir au courant de tout ça.
On arriva rapidement au niveau de ma petite maison qu'il reconnut très facilement. On sortit de la voiture et m'aida à enlever les valises de son coffre. Immédiatement, je pris la clé de la maison et sortit aussi une enveloppe de mon sac.
-Tu vis dans l'ancienne maison du Docteur Bay ?
-Oui, j'ai rencontré un membre de sa famille qui n'est pas souvent en ville mais qui ne pouvait pas se séparer de cette maison. Il me l'a confié.
-Le docteur Bay t'a toujours apprécié, tu étais comme sa fille.
Je souris à Abdul et lui tendis l'enveloppe que je venais de prendre. Il la prit dans ses mais, m'interrogeant du regard.
-C'est une lettre de recommandation du British Museum. Quand le nouveau directeur sera nommé, donnes lui ça s'il te plait, je suis à la recherche d'un travail.
-Avec plaisir.
Sur cette phrase, il remonta dans sa voiture et repartit. Armée de ma clé, j'ouvris la porte de la maison et mit mes bagages dans l'entrée avant de refermer la porte derrière moi.
Ça y est.
J'étais chez moi.
Brahim toqua à la maison deux jours après, ayant appris que j'étais de retour grâce à Abdul. Il avait retrouvé son poste au Musée à sa propre demande. Il me demanda de le suivre pour que je puisse être présentée à la tribu où se trouvait Ardeth.
Sans hésitation, je le suivis et monta sur le deuxième cheval qu'il avait amené. On partit au galop une fois sortit des rues du Caire en direction du désert où mon cheval suivit aveuglément celui de Brahim.
Au bout d'une bonne heure à galoper sous un soleil qui n'était ni trop chaud, ni trop froid, on arriva au niveau d'un village, proche d'une petite oasis.
-Bienvenue Mademoiselle Mercier-O'Connell, dans la tribu Medjaï qui a vu naître Ardeth.
J'étais ébahis par la beauté extérieur de ce village, malgré le fait qu'il était en plein désert, il avait réussi à construire quelque chose de magnifique.
On alla au pas à l'entrée du village où Brahim m'indiqua de descendre. On attacha les rênes de nos chevaux et je le suivis entre les tentes, sous les regards curieux des femmes et des enfants présents.
-Brahim ! Mila !
Ardeth arriva devant nous, suivit par plusieurs hommes qui étaient derrière lui. Il salua mon escorte avant de m'embrasser simplement mais amoureusement devant tout le monde.
-Je suis heureux que tu sois là.
-Merci pour l'invitation, j'avais hâte de voir ta tribu, de la rencontrer.
Il me sourit avant de me montrer que toute sa tribu était rassemblée derrière moi, attendant une explication de leur chef.
-Medjaï, voici Mila Mercier-O'Connell, la protégée de mon défunt oncle et l'envoyée des Dieux qui nous aidé par deux fois à renvoyer la créature dans l'au-delà…
Je vis des enfants avoir les yeux grands ouverts ainsi que la bouche en entendant ce qu'Ardeth venait d'annoncer.
-…Et c'est aussi la femme avec qui je vais partager ma vie, celle dont j'aimerai plus que tout m'unir.
Immédiatement, je le regardais, étonnée qu'il dise aussi rapidement et devant toute sa tribu son désir de m'épouser avant de sourire en voyant le sien ainsi que les étincelles qui étaient dans ses yeux.
-Mon cher aimé, si tu veux de moi, alors ce sera avec un immense plaisir.
Sous les cris de joie de la tribu, Ardeth m'embrassa tellement passionnément qu'il m'en retourna le cerveau, scellant ainsi cette promesse d'un futur mariage.
Pendant plusieurs heures, nous sommes restés dans la tente où se rassemblaient les chefs des différentes tribus, mais aujourd'hui, il y avait que les hommes de celle-ci qui avaient survécu à la bataille contre les guerriers d'Anubis. Ils n'étaient malheureusement pas nombreux. A peine une vingtaine alors que cette tribu abrite des milliers de personnes, hommes, femmes et enfants. Beaucoup de femmes se sont retrouvées veuves à cause de cette bataille, mais certaines étaient venues me voir, m'assurant qu'elles avaient certes, pleurées leurs époux, mais elles avaient aussi célébré leurs sacrifices pour permettre de stopper l'armée d'Anubis, ils sont morts en faisant leurs devoirs et pour tous, il n'y avait pas de plus grand honneur.
Pendant tout ce temps passé dans cette tente, j'ai raconté à leur demande mon histoire, comment j'ai réussi à revenir dans cette époque. Ils me remercièrent de leur avoir ramené leur chef avant que tous repartir à leurs tentes et leurs familles.
Une femme resta dans la tente et, sous l'œil heureux de mon homme, me prit la main dans les siennes et me l'embrassa, me murmurant des merci en arabe. Lorsqu'elle leva les yeux sur moi, je reconnu ce regard. C'était le même que celui d'Ardeth. C'était sa mère.
-Merci d'avoir sauvé mon fils.
-Vous n'avez pas à me remercier, j'ai tout fait pour revenir ici. Je ne comptais pas le laisser. Votre fils…votre fils est toute ma vie désormais.
Elle posa sa main contre ma joue, me remerciant de nouveau avant de dire à son fils de bien me chérir, puis elle partit, nous laissant seul.
-On y va ? Me demanda-t-il.
Prenant la main d'Ardeth qu'il me tendait dans la mienne, je le suivis dans le village pour arriver à une tente à l'écart plus petite mais néanmoins plus grande que les autres, il était facile de deviner que c'était celle du chef, la sienne.
-Ta tribu est magnifique Ardeth. On ressent la joie de vivre dans chaque recoin.
-Je suis heureux qu'elle te plaise, après tout, elle deviendra aussi la tienne.
Oui, quand on sera marié selon leurs coutumes. Je le vis enlever une bonne partie de sa tenue pour être seulement en pantalon. J'en profitais pour me mettre à l'aise en enlevant mes chaussures et chaussettes. Il se rapprocha de moi pour me prendre dans ses bras.
-Comment c'est passé le vol de retour ?
-Assez bien, le tissu de ton turban m'a bien aidé, j'ai dormi durant tout le vol.
-Et… à Londres ?
Je savais de quoi il parlait.
-J'ai trouvé ton tissu que le lendemain de notre arrivée à Londres, je ne l'avais pas vu avant. Ça aurait pu m'aider pour la nuit.
-Toujours ton cauchemar ?
-Toujours. Il change à chaque nuit, mais la finalité reste la même. Je meurs dans mon cercueil.
Il m'embrassa sur le front avant de se baisser pour me porter en mode princesse pour me déposer sur le lit avant de se mettre à mes côtés.
-J'aurais dû te prévenir que je t'avais déposé ça. Ça t'aurais éviter une nuit de cauchemar.
-Ne t'en veux pas Ardeth, j'aurais peut-être fait un cauchemar malgré ça.
Il s'installa dans le lit et fit en sorte que je repose sur sa poitrine, l'oreille sur son cœur.
-Je serais toujours là pour toi Mila, toujours.
Je me redressais légèrement afin de l'embrasser doucement, lui murmurant que je n'avais aucun doute là-dessus avant d'embrasser la peau au-dessus de son cœur. Je me réinstallais sur lui et m'endormis sous les caresses de sa main sur mon épaule.
Après ce chapitre, il ne restera plus que 5 chapitres avant que cette fiction ne passe en complète. Merci aux lecteurs de l'avoir lu même si vous n'avez pas laissé de reviews. Mais j'espère que vous laisserez quand même une trace de votre passage.
