Il s'était passé trois mois depuis mon retour au Caire, on était fin février 1935. Alex venait de fêter ses huit ans depuis quelques jours, je lui avais envoyé une réplique d'un artefact trouvé dans une tombe par l'équipe de recherche du musée d'il y a presque cinq ans. Il a dû le recevoir à temps.
Durant ces trois derniers mois, j'avais retrouvé un poste au musée du Caire, nouvellement dirigé par Abdul et j'étais désormais à son poste, chef du pôle de la restauration des œuvres et je pouvais m'incruster dans une équipe de fouille lorsque fouille il y aura. Les travaux du terrain avaient commencé le mois dernier.
J'étais à mon bureau, regardant la liste des œuvres du musée à restaurer pour mettre les plus importantes ou les plus abîmés en priorité. Je devais regarder mes notes que j'ai prise en observant chacune de ses œuvres pour déterminer l'ordre de la liste. J'avais huit personnes sous mes ordres, soit quatre équipes de deux. Cela ne servait à rien d'être nombreux dans les équipes, on risquerait d'abîmer l'œuvre en nous marchant dessus, d'où le principe d'être deux par équipe.
-Mila ?
-Salut Samia, entre !
Après la prouesse qu'elle avait fait en prenant l'initiative de faire la comptabilité et de voir le manège de Genz, il fut décidé à l'unanimité de tous de la promouvoir au service de la comptabilité et non plus à l'accueil.
Elle entra dans mon bureau, avec un plateau contenant une théière et deux tasses. Cela sentait bon le thé à la fleur d'orchidée.
-Toujours dans ta liste d'œuvre à restaurer.
-Oui, avec le départ de Genz, on s'est rendu compte que beaucoup d'œuvres devaient être restaurées et ce depuis des mois. On a un travail monstre à rattraper. Une tasse de thé ne sera pas de refus pour avoir les idées claires.
-Je tombe à pic alors.
-Exactement.
Elle s'installa sur la chaise en face de mon bureau et me tendit une tasse une fois qu'elle eut posé le plateau.
-Des nouvelles de ton neveu concernant son cadeau ?
-Pas encore, mais le connaissant, il doit faire des pieds et des mains pour venir. Restes plus qu'à attendre les vacances scolaires. Alex préfère faire les choses lui-même plutôt que d'envoyer un télégramme. Il est comme ça. Je ne serais pas étonnée de voir la famille débarquer bientôt.
-Et son oncle ? Jonathan ?
-Lui par contre, m'a envoyé un télégramme, son projet avance bien, les fondations sont creusées et coulées, la construction commence tout juste.
-Un nightclub ? C'est un sacré projet.
-Je suis sûr que ça sera réussi. Il n'a jamais été aussi déterminé sur un projet depuis…que je le connais.
On but chacune notre tasse de thé avant que Samia nous resserve. Quelqu'un toqua à la porte, c'était Abdul.
-Monsieur le directeur ! Le saluais-je.
-Mila, tu n'as pas fini avec ça ?
-J'adore t'embêter avec ça Abdul, tu le sais.
-En tout cas, ça travaille dure ici. Nous dit-il en rigolant.
-Tu le sais bien que nous avons notre pause thé une fois par semaine ensemble Abdul, tu nous l'as même autorisé.
Il tira puérilement la langue à la réponse de Samia avant de me montrer un petit colis qu'il avait dans les mains.
-Ça vient d'arriver.
-Est-ce que c'est…
-Oui.
Je me levais afin de prendre le colis et l'ouvris immédiatement. J'enlevais la protection mise dedans et en sortir une plaque, bien protégée.
-La nouvelle plaque de ton bureau. Jamal va l'accrocher dans l'après-midi.
-Super, merci Abdul.
Cette plaque sera sur le mur, dans le couloir à côté de ma porte, indiquant ainsi mon bureau et mon rôle. J'aurais dû l'avoir il y a deux mois quand j'ai recommencé à travailler ici mais un évènement nous a contraint à refaire la plaque.
-Dire que pendant des années, on t'a connu comme Mila Mercier puis Mercier-O'Connell. On va encore devoir changer.
-Râles pas Samia, tu m'appelles seulement que par mon prénom, non ?
-Oui mais ça me fait bizarre de me dire que maintenant, tu es mariée. Nous avons de nouveau un Bay entre les murs de ce musée.
Souriant, je regardais la plaque que j'avais entre les mains et la posa délicatement sur mon bureau et tritura mon alliance.
« Mila Bay – Directrice de la restauration des œuvres »
Je m'étais mariée il y a un mois et demi, mi-janvier, selon les traditions Medjaï. Un chef d'une des tribus a présidé le mariage, secondé par la mère d'Ardeth. Etant une société secrète, les Medjaï avaient fait une exception en invitant les O'Connell et Jonathan au mariage. Ils avaient tous fait le déplacement même si Jonathan était rapidement reparti en Chine. Personne d'autre n'avait été invité. Pour tous, Ardeth voyage beaucoup pour son travail, c'est pour ça qu'il n'était pas souvent là. Je ne disais rien d'autre sur lui.
Je n'arrivais toujours pas à croire que je m'étais mariée à l'homme de ma vie. Cela me semblait irréel. En me mariant, j'ai décidé d'être juste Mila Bay, et pas Mila Mercier-O'Connell-Bay. Trop long pour les papiers. Ce n'était pas pour autant que j'abandonnais mon passé. Au contraire, je voulais l'exposer d'une certaine manière.
En parallèle de l'écriture du premier tome de Dash et Scarlett, Evy écrivait avec moi un livre sur mon expérience et sur celle d'Héria. Un mix des deux. Mon histoire mais avec la timeline d'Héria. Si on arrivait à sortir ce livre, peut-être qu'il se retrouvera un jour dans la bibliothèque de ma mère et qu'elle saura que j'ai réussis, que je suis bien repartie dans le passé.
-Mila ? Youhou ?
-Oh pardon Samia, j'étais perdue dans mes pensées.
-Je vois ça. Je te laisse ta tasse de thé et à ta liste de restauration.
-Merci, à plus tard !
Je remarquais qu'Abdul était lui aussi partit pendant que j'étais dans mes pensées. Me réinstallant à mon bureau, je vis une photo d'Ardeth et moi à notre mariage, prise dans le désert pour ne pas montrer le village. Il avait été impossible pour nous de dire non à Alex pour une photo qu'il nous a envoyé une fois développée.
Je fis tourner mon alliance autour de mon doigt. Ardeth avait tenu à ce que je l'ai alors que pour la tradition Medjaï, un simple bracelet aurait suffi, mais il voulait que j'ai cette bague. Quant à lui, il avait un tatouage sur la poitrine, sur le pectoral gauche, indiquant son union avec une femme, il était en partie visible quand il était habillé afin que tous puissent le voir.
Trêve de pensées, il fallait que je retourne au travail.
Il me fallut deux bonnes heures afin de faire la liste des prochaines œuvres à restaurer et lesquelles à faire en priorité. Je la déposais à l'entrée du laboratoire de restauration et prévins mon équipe afin de faire un topo dessus.
Une fois qu'on eut tous terminés, je vis que c'était l'heure pour moi de partir. Je retournais rapidement à mon bureau où la plaque trônait fièrement dans le couloir, récupéra mon sac à main ainsi que mon panier et partis de suite au marché des épices avant de rentrer chez moi. J'avais repris mon habitude d'aller voir Ahmed une fois par semaine pour faire le plein de fleurs pour le thé et maintenant que je savais que j'étais là de manière définitive, j'en profitais pour acheter plus de chose. Ardeth m'avait donné carte blanche pour la maison et j'avais pris plusieurs objets de décoration, fabriqués main et qui était en harmonie avec la décoration faite par le Docteur Terence.
En parlant de lui, depuis mon emménagement définitif dans sa maison, j'allais sur sa tombe toutes les deux semaines, lui déposant des fleurs pour lui et pour sa femme. Je lui racontais les derniers potins du musée, de nos vies, comme s'il était un journal intime. Ça me faisait du bien d'aller sur sa tombe.
Une fois de retour à la maison, je remarquais qu'un cimeterre était posé sur le coffre d'arme de l'entrée. Il était là.
-Ardeth ?
Mais je n'eus aucune réponse. Tendant l'oreille, je pouvais entendre le bruit de la douche en fonctionnement. Il venait tout juste de rentrer. A chaque fois qu'il était de retour des tribus, il commençait par prendre une douche.
De suite, je posais mon sac dans la cuisine, enlevais mes chaussures et montais à l'étage. Regardant dans l'ouverture de la porte, je confirmais la présence de mon mari sous la douche, je reconnaîtrais ce fessier entre mille.
Doucement, je me déshabillais dans la chambre et allais dans la salle de bain.
-Ais-je le droit de prendre une douche moi aussi ?
Il se retourna et sourit en voyant ma tenue, ou plutôt mon absence de tenue.
-Bien sûr, ma bien aimée femme.
Femme, j'adorais quand il m'appelait comme ça. Je me mis sous l'eau chaude avec lui et immédiatement, il m'arracha un baiser dont je répondis sans plus attendre. Je ne savais pas si c'était le fait de vivre définitivement ici ou le simple fait de savoir qu'on était marié, mais le sexe était beaucoup intense désormais, plus puissant ! A chaque fois qu'il revenait des tribus, on finissait toujours par le sport horizontal. Parfois on atteignait le lit ou le canapé, parfois non.
Des bêtes en rut, je sais ! Mais le sexe est tellement génial avec lui.
Stoppant notre baiser, on se mit front contre front sous l'eau de la douche qui coulait encore. Presque deux semaines sans le voir, il m'avait tellement manqué.
-Bienvenue à la maison, mon très cher mari.
Doucement, je séparais nos fronts afin de pouvoir embrasser la peau de son pectoral, au niveau de son tatouage, indiquant qu'il était un Medjaï marié. Tandis que je déposais des baiser sur son torse, ses mains se baladèrent sur mon dos, puis mes bras, se mettant à me savonner. Rapidement, je le suivis et on se mit à laver le corps de l'autre, dans les moindres recoins, lui volant de temps en temps un baiser.
-Comment se porte la tribu ?
-Très bien. Ma mère a hâte de te revoir.
-J'ai hâte aussi. J'ai pu avoir quelques jours avec le musée, je pourrais venir quatre jours dans deux semaines.
-Parfait !
Puis il arrêta l'eau, une fois qu'on fut propre et rincé puis sortit de la douche et me tendit une serviette que je m'empressais d'attraper.
Le reste de la soirée se passa calmement, on se prépara à dîner et on s'endormit dans les bras l'un de l'autre. J'arrivais désormais à avoir des nuits paisibles, les cauchemars ayant disparu depuis Noël.
Trois jours après le retour de mon mari, j'étais de nouveau dans le musée, supervisant le début des restaurations. Les personnes de mon équipe étaient très méticuleuses, cela faisait plaisir de voir des personnes aussi impliquées. Abdul s'en était chargé.
Concernant le terrain que le musée avait acheté, les travaux n'allaient pas tarder à commencer, le terrain était en train d'être défriché et allaient être creusé d'ici deux semaines. On va devoir faire un sous-sol, un rez-de chaussé et deux étages. On aura de la place afin de mettre plus d'expositions, un musée mieux organisé car actuellement, c'est un peu entassé partout, les différentes dynasties égyptiennes sont mélangées dans une seule et même salle. Merci monsieur Genz ! Les travaux allaient nous prendre plusieurs mois donc on devait faire avec. On avait une réunion demain avec la direction et tous les chefs de pôle pour essayer d'optimiser au max d'espace du musée tout en ayant de la cohérence dans la présentation de nos œuvres et des expositions.
Bref, on avait un énorme boulot à accomplir. J'étais en train de monter les escaliers pour quitter le sous-sol afin de rejoindre mon bureau, les yeux plongés dans mes notes lorsqu'on m'appela.
-Chef Bay ?
C'était Brahim, il avait retrouvé son travail comme agent de la sécurité au musée suite à la nomination d'Abdul et depuis mon mariage avec Ardeth, m'appelait comme ça quand nous étions seuls ou en présence de d'autre Medjaï. Sinon, c'était Madame Bay.
-Brahim, je t'ai déjà dit de m'appeler Mila, comme avant.
-Je suis désolé, mais vous êtes devenue la femme du chef des tribus. Je dois désormais vous parler avec le respect qui vous est dû selon nos traditions.
-Et je suppose que je ne peux pas de faire changer d'avis ?
-Exactement.
-Bien. Soufflais-je. Que se passe-t-il ?
-Il y a des représentants du British Museum qui sont arrivés, le directeur vous demande de les rejoindre à votre bureau. Ils veulent parler de votre programme de restauration.
-Du British Museum ? Ce n'était pas prévu qu'ils viennent.
Curieuse, je remerciais Brahim du message et accélérait le pas afin de retourner à mon bureau. Dans le couloir, je vis Abdul sortir de mon cher sanctuaire de travail et refermer la porte derrière lui.
-Abdul ? C'est quoi cette histoire ? Pourquoi n'avons-nous pas été mis au courant ?
-Oh, désolé, on n'a oublié de te prévenir ?
-Comment ça « oublié » ?
Mais il ne répondit pas et s'en alla. Je l'appelais mais il m'ignorait royalement. Sans savoir quoi dire d'autre, j'ouvris la porte de mon bureau, ne croyant pas qu'Abdul ait osé laisser nos partenaires de travail seuls dans mon bureau.
J'eus à peine le temps d'ouvrir suffisamment la porte afin de rentrer qu'une tornade blonde me fonça dessus et s'agrippa à ma taille.
-TANTE MILA !
C'était Alex. Il était collé à moi tandis qu'Evy et Rick étaient assis sur les chaises en face de mon bureau.
-Alex ? Mais…qu'est-ce que vous faites là ?
Je n'arrivais pas à trouver mes mots, littéralement sur le cul de les savoir ici sans m'avoir prévenu.
-Merci pour le cadeau, je l'adore !
Je m'accroupis afin d'être à sa hauteur et le pris dans mes bras après lui avoir fait un énorme bisou.
-Il n'y a pas de quoi mon grand, contente qu'il t'ait plu.
En me redressant, je remarquais que mon p'tit aventurier avait pris quelques centimètres depuis mon mariage.
-Evy ! Faut que tu arrêtes de nourrir ton fils comme ça, il a encore grandi.
Ma cousine ria et me prit dans ses bras à son tour.
-Crois-moi Mi', j'aimerai que mon fils reste petit mais on ne peut pas aller contre la nature.
-Tu m'étonnes. Salut Rick.
-Alors comme ça, on a sa propre plaque, Mila Bay ?
-Elle est toute neuve !
-Tu peux être fière de toi Mi'.
-Je le suis Rick.
-Alors, comment se passe la vie d'une jeune mariée ?
-Plus tard Evy, d'abord, expliques moi pourquoi vous m'avez été annoncé comme les « représentants » du British Museum et pourquoi Abdul dit qu'ils ont oublié de me prévenir ?
-Disons que c'est…une collaboration…entre nos deux musées.
-Evyyyyy ?
Elle pouvait arrêter de tourner autour du pot ?
-On comptait venir semaine prochaine pour les vacances scolaires mais disons que le fait que la nouvelle directrice du British Museum devait venir pour parler du partenariat et des différents projets. On a donc décidé de faire venir Alex avec nous.
-La nouvelle directrice ?
Ça faisait tilt dans ma tête.
-OH MON DIEU ! C'EST TOI ?
Elle me fit un immense sourire, confirmant tout ça ! De suite, je l'ais prise dans mes bras, la félicitant pour sa nouvelle nomination. Elle le méritait et le British Museum allait bien pouvoir se développer avec son expérience.
-Bon, je vais vous laisser parler de ça entre femme, Alex et moi, on va se balader dans le musée. Je pense que vous voudrez parler de trucs pour le musée strictement confidentiel.
On n'eut pas le temps de répondre que mon cousin et mon neveu étaient déjà en dehors de la pièce. Sacré Rick ! Il adorait sa femme, mais il savait qu'on avait des potins à rattraper et il ne voulait pas prendre le risque d'entendre des choses…intimes.
De suite, Evy s'installa sur une chaise et me fit m'assoir en face d'elle.
-Allez, racontes moi tout depuis ton mariage.
Ma cousine est une commère !
Evy, Rick et Alex étaient restés presque dix jours au Caire, on avait eu plusieurs réunions entre ma cousine et le musée du Caire pour l'amélioration de nos musées respectifs.
D'ici deux mois, une expédition Londonienne allait intervenir à la Vallée des Rois pour essayer de trouver une nouvelle tombe et une équipe Egyptienne allait les accompagner. Je les rejoindrais que s'il y a découverte d'une entrée de tombe. Au vu du nombre d'œuvres à restaurer en urgence, je ne devais pas quitter le musée pour un temps aussi long qu'une fouille.
-Je n'arrive pas à croire qu'il y ait autant de monde ! S'étonna Rick.
-Jonathan a vraiment réussi son projet. Fit Evy. Tu le savais Mi', n'est-ce pas ?
Avec un grand sourire, je confirmais à ma cousine que oui, je savais que Jonathan allait réussir avec son nightclub. Après plus d'un an de travaux, on était enfin à l'inauguration du « Imhoteps ». Il y avait énormément de monde qui étaient présents pour la première ouverture. Le ruban rouge avait été découpé il y a trente minutes et on était rentré à l'intérieur où on pouvait voir une scène de danse, un bar, des tables et des chaises et une piste de danse, il y avait aussi un coin VIP un peu plus loin.
-Aaaah, les voilà !
Voilà l'homme à l'honneur, Jonathan venait de se frayer un chemin dans la foule et nous avait rejoint près du bar où on s'était installé. Il avait un smoking argenté, brillant de mille feux. De suite, Evy et Rick le félicitèrent de son projet qui avait clairement bien abouti, quant à moi, je lui fis un clin d'œil qu'il comprit.
-Je suis content de vous savoir là !
-Tu plaisantes Jonathan ? On n'aurait loupé ça pour rien au monde. Affirma Evy.
-Dites-moi ce que vous voulez boire, c'est la maison qui offre !
Rick commanda un bourbon et Evy un martini. L'aîné Carnahan se tourna vers moi.
-Jus de fruit, je suppose ?
-Exactement Jon'.
-Et bien c'est parti. Répondit-il en passant derrière le bar.
Rapidement, il nous servit nos verres qu'on leva pour trinquer.
-À ta réussite Jonathan dont je n'avais jamais douté ! Fis-je.
-Et à ce cher Imhotep, puisses-t-il rester à jamais dans la tombe, tant qu'il m'apporte la fortune. Nous dit le propriétaire des lieux.
-Ca tu l'as dit ! Dit Rick.
-A la sortie de ton premier livre Evy, l'aventure de Dash et Scarlett est enfin dans les librairies. Et espérerons nous avoir l'aventure d'Héria qui suivra bientôt.
-Il est en bonne voie, il ne me reste pas grand-chose à écrire. Et ensuite, je l'envoie à mon éditeur dès que Mila l'aura validé.
On trinqua une nouvelle fois pour cette bonne nouvelle, le livre des premières aventures de Dash et Scarlett était sorti il y a deux mois. J'avais eu le privilège d'avoir le premier exemplaire et dédicacé par l'auteure, pratique quand on la connaît.
-Et aussi, trinquons à l'agrandissement de la famille, au futur bébé Bay qui pointera le bout de son nez d'ici…
-Trois mois et demi Evy. Lui répondis-je en caressant mon ventre rond.
Et on trinqua de nouveau avant de boire nos verres.
J'attaquais bientôt le troisième trimestre de ma grossesse. Une grossesse longuement désirée avec Ardeth qui s'est un peu fait attendre, même si j'ai mis moins d'un an après notre mariage pour tomber enceinte. Mais avec ma mort et ma résurrection, sans parler de ma fausse-couche dont toute la famille était désormais au courant, on avait hâte d'agrandir la famille pour mettre définitivement tout ça derrière nous.
-En parlant du bébé, c'est Ardeth qui garde Alex ?
-Lui et toute la tribu. Confirmais-je.
Ne pouvant s'éloigner de la tribu pour une inauguration dans un pays aussi éloigné, Ardeth devait rester en Egypte, et vu que c'était pour un nightclub, Alex ne pouvait pas y assister, étant encore mineure. Il a demandé s'il pouvait aller en Egypte, dans la tribu principale de mon mari. Après en avoir discuté avec les chefs des autres tribus, il eut l'autorisation.
Il restera dans la tribu, sous la garde de mon mari et de ma chère belle-mère, qui était sur un petit nuage à l'idée de devenir grand-mère.
Jonathan nous resservit en voyant nos verres vides et porta de nouveau un toast.
-A nous tous, à la famille Carnahan, O'Connell, Mercier et Bay. Que malgré les épreuves, on les a toutes surmontées, et en famille.
Tout le monde souriait à cette évidence, trinquant de nouveau.
-Maman ! Papa !
-Salut mon grand !
Alex fonça dans les bras de ses parents, heureux de les revoir. Avec le voyage, nous nous étions absentés presque deux semaines, profitant ainsi de Jonathan qu'on n'avait pas l'occasion de voir. L'aîné Carnahan nous avait promis de venir en Egypte une fois que j'aurais accouché et qu'il prendra aussi des jours quand les O'Connell voudront aller le voir avec Alex. L'avantage d'être le patron.
Derrière mon neveu se trouvait mon mari que j'allais voir immédiatement. On se prit dans les bras, échangeant un baiser brûlant.
-Tout s'est bien passé là-bas ?
-Très bien. Ça faisait du bien de le voir. Il a réussi avec brio.
-Et le bébé ?
-Il a beaucoup gigoté, il n'a pas dû aimer la musique du nightclub, un peu trop forte pour lui.
Ardeth sourit et se baissa pour embrasser mon ventre. On avait hâte de savoir si c'était une fille ou un garçon. On devait attendre la naissance, mais une chose était sûre, que peu importe le sexe, ce bébé allait être aimé et choyé comme pas possible.
Reconnaissant la voix de son père, le bébé bougea sous la paume de sa main, comme pour le saluer.
-Et avec Alex ?
-Rien à dire, il s'est donné à fond pour ne pas avoir l'impression d'être un étranger aux yeux des autres. Il rendait service dès qu'il le pouvait.
-Et je vois qu'il a même revêtit la tenue traditionnelle. Il n'a pas encore dix ans que tu veux déjà en faire un Medjaï ?
-C'était à sa demande. Il est le fils d'un Medjaï, même si O'Connell n'a pas suivi notre voie.
On s'embrassa de nouveau avant de regarder la petite famille, Alex racontant à vitesse grand V ce qu'il avait fait durant ses deux semaines, tout en montrant sa tenue. Ma belle-mère nous rejoignit et prit de nos nouvelles. Malgré le stéréotype que l'on a sur les belles-mères, la mienne était une crème, celle que tous aimeraient avoir.
Posant mes mains sur mon ventre à un nouveau coup du bébé, je me disais que j'avais vraiment de la chance d'avoir réussi à revenir dans cette époque. J'étais comblé à un niveau que je ne croyais pas capable, et je pense que je le serais encore plus une fois que j'aurais mon bébé dans les bras.
