La lune est ma maison
De ses serres agrippées à la rambarde en bois laqué de son propre balcon, Severus se posa sans bruit. La neige nichée entre ses griffes le fit frissonner. On était fin novembre, la neige s'abattait déjà depuis quelques semaines sur les plaines écossaises. Ses plumes soyeuses dispersées sur son corps frêle d'oiseau s'insinuaient dans sa peau pâle, ses ailes et ses pattes délicates s'allongeaient laissant place à ses bras et ses cuisses. Les quelques plumes parsemant encore son corps se rétractaient. tandis que sa chevelure lui tombait de nouveau sur ses épaules.
Il prit une grande inspiration, son retour sur la terre ferme lui donnait la nausée plus qu'à l'accoutumé. posant pied à terre, il se saisit des habits qu'il avait caché à l'abri sous un morceau de toiture. Tout en glissant les minces lambeaux de tissus sur lui, il regarda par-dessus la balustrade. La sensation des courants d'air portant son corps poids plume lui manquait déjà.
Franchir la porte derrière lui sonnait le retour à la vie réelle. Ses escapades nocturnes au gré du vent était une façon de se libérer du poids de la journée. Cela lui permettait de veiller sur ses proches qu'il n'osait pas aborder de face. Chaque nuit il faisait sa ronde, avant de profiter des gigantesques courant aériens.
Quand Il pénétra dans sa chambre, il soupira, son statut d'espion le pesait de plus en plus. Dernièrement le lord était devenu de plus en plus suspicieux à son propos, au point où il essayait de le tester. Le serpents qu'il était profitait de la moindre de ses faiblesses, le peu d'amis qui lui restait étaient en danger.
Il glissa ses doigts sur un verre froid posé sur sa table basse, y versant un peu de vin. Tout en amenant le verre à ses lèvres, il continua de regarder par la fenêtre. Son reflet flottant par-dessus les minces étendues neigeuses, la large baie vitrée lui afficha ses propres traits, ses yeux noirs froids et ternes, sa chevelure noire aux épaules, son corps fin et longiforme. Il glissa son autre main dans ses cheveux, sa manche relevée révéla la marque des ténèbres. En y songeant, une réunion était prévue au manoir Malfoy le lendemain, les sévis du lord lui laissait toujours des séquelles. Surtout ses derniers mois, le maître était devenu de plus en plus violent. Il espérait toujours avoir un peu de répit.
La fraîcheur infiltrant sa gorge lui rappela douloureusement qu'à cause de ses choix, le clairon avait sonné trop de fois la mort de ses amis. Il souhaitait au fond de lui que le serpent n'aille pas jusqu'à s'en prendre à ses proches pour le faire craquer. Il le souhaitait, mais il savait qu'aucun de ses souhaits ne s'était encore réalisé jusqu'à présent. c'est pour cette raison qu'il limitait le plus possible de créer des liens. Il avait souvent cette sensation d'avoir été maudit et de maudire ceux qu'il touchait.
A ce propos là ça n'était pas totalement faux, les choix qu'il avait fait par le passé avaient engendrés ce qu'il était aujourd'hui. Une ombre solitaire, un animagus, il avait eu tout le temps qu'il fallait pour perfectionner sa transformation et ce sans se déclarer. Il n'avait pas choisi sa forme de corbeau, mais sa nécessité de s'échapper de la cage dans laquelle il était enfermé avait finalisé son désir d'être un volatile, la magie ayant fait le reste.
Il abandonna son verre sur la table marbrée de son salon, puis s'installa sur son lit, glissant peu à peu vers le sommeil. Il n'aimait pas dormir, la sensation d'être hanté venait le tourmenter jusque dans ses cauchemars. Cela faisait des années qu'il n'avait pas rêvé.
Le lendemain,
Dans sa volée de cape menant à sa salle de classe, il croisa plusieurs élèves. les jeunes gens se prélassaient agréablement adossés au mur face à son lieu de travail. Il marmonna en les voyant, c'était beau de voir que certains avaient le temps de prendre le temps de flemmarder. Il entra dans sa classe, il n'avait pas cours ce matin, severus devait préparer un grand nombre de potions. Cette mince contribution pour l'infirmerie était une façon de se racheter.
Il mit à chauffer ses différents chaudrons, découpa, écrasa, pressa chaque ingrédients au fur et à mesure qu'il préparait ses potions. Pour finir, il versa l'intérieur de chaque chaudron dans de petites fioles, puis il les étiqueta. Depuis qu'il était devenu professeur, transmettre le pouvoir d'anéantir, de guérir, de contrôler était une revanche sur sa propre incapacité à pouvoir se défendre. Tout ce qu'il entreprenait lui rappelait à quel point ses mouvements étaient entravés par Voldemort et Dumbledore.
Levant le nez de ses potions, il regarda l'heure sur sa large horloge murale, il soupira lourdement. c'était bientôt l'heure. Il continua de brasser sa dernière potion. prenant soin de nettoyer son plan de travail. Ses mains tremblaient en voulant étiqueter les dernières fioles de guérison. Savoir se qui l'attendait après cette dernière tâche le rendait anxieux. Il n'avait pas le droit de perdre pied maintenant, il rangea par type les minces fioles dans un carton usé, se leva. Il referma les portes en bois grinçantes de son laboratoire derrière lui, puis il prit la direction de l'infirmerie.
Dans la grande aile médicale de Poudlard il retrouva l'infirmière, Pomfresh s'occupait d'un élève. Visiblement le gamin devait avoir eu un accident de balais, son genoux cassé et son balais en miettes a coter de son lit en disait long. Pomfresh était trop concentrée pour prêter attention à l'homme. Il déposa le carton sur son bureau ainsi qu'une note sur les potions a l'intention de l'infirmière. Ne voulant pas être en retard, il se retourna pour ses appartements.
Face à la cheminée il prit une longue respiration, puis saisissant dans sa poigne de la poudre de cheminette il dit sa destination.
" Manoir Malfoy"
Se sentant aspiré par le voyage, il atterrit dans la petite pièce destinée aux voyages du manoir. Il dépoussiéra ses épaules et son haut. Un charme d'aspiration ramassa tout le désordre causé par les cendres, la maison Malfoy était toujours d'un propre impeccable. Il se dirigea dans les couloirs du manoir, pour arriver dans le grand salon luxueux noir et or. La grande table destinée aux réunions trônant en plein milieu de la salle. On pouvait dire qu'elle avait bien servie, son bois vernis s'écaillait de jour en jour. Il s'installa à côté de Lucius, en bout de table.
Aucun des hommes assis autour de la table ne le regarda ni ne lui adressa la parole, tous était absorbés dans leurs propres craintes de se faire punir. Quelques minutes plus tard, Nagini s'immisça entre les pieds des mangemorts serpentant sur les dalles froides les faisant sursauter à mesure qu'elle avançait. Les pieds nus, Voldemort apparut dans le coin de la pièce.
Un sourire sur les lèvres, il traîna derrière un corps en lévitation. Il s'assit en bout de table, régnant sur les mangemorts de par sa position. Il déplaça le corps presque sans vie au-dessus de la table. Aucun visage ne broncha, pas même celui de Severus qui identifia l'homme comme étant Tom Terrence.
Severus eut un moment de crispations avant de reprendre son sérieux. Tom Terrence était un barman, plus précisément il était le barman du chaudron baveur. Il avait par le passé sympathisé avec lui jusqu'à devenir de bons amis. Suite aux événements meurtriers l'entourant Severus avait pris la décision de couper les ponts avec lui. Le voyant ainsi exclave du lord noir il se sentit coupable de nouveau, il avait cesser de le côtoyer pour le protéger et le pauvre homme se retrouvait là. Son regard marron le suppliait de l'épargner et ses sanglots convulsaient son corps déjà très mince, les minces perles sur son visage sale se mêlait au sang de la large blessure sur sa gorge.
Voldemort n'avait pas eu besoin de parler, son rire faisait déjà tressaillir toutes les personnes présentes dans la pièce. La réunion se destinait clairement à punir Severus, les yeux dans les pupilles vide de l'homme sur la table.
" Messieurs, je suppose qu'au moins l'un d'entre vous connait cette personne. "
Tous baissèrent la tête en signe de négation sauf Severus, il regarda en direction du lord. Implorant d'épargner la vie de l'homme de ses profondeurs noires. Le sourire du lord se transforma en rictus mauvais.
" Je ne me répéterai pas. Je vous ai fait venir pour obtenir des résultats et je n'en ai pas."
D'un mouvement de baguette, il tua l'homme sur la table. Le corps retombant lourdement sur la table. Les yeux sur le corps de son ami, Severus sentit la peur engourdir tout ses muscles. Il serra les dents, le dernier regard vivant de l'homme imprégnée encore dans sa rétine. Un mort de plus a ajouté sur la liste des personnes maudites par sa faute, Severus baissa la tête rien ne pouvait lui rendre la vie, rien ne pouvait leur rendre leurs vies.
La voix écœurante du lord retentit, sortant Severus de sa léthargie,
" Severus, "
Voldemort se leva, contourna la large table, frôlant chaque mangemort à côté de lui de ses doigts fantomatiques. Arrivé à sa hauteur, il passa une main osseuse et glacée sur son épaule. Puis dans un rire, il remonta ses doigts pour serrer la mâchoire de severus fermement dans sa paume. Les pupilles fendues du seigneur des ténèbres le toisa, il relâcha sa mâchoire dans un rire.
" Tu passeras me voir après la réunion."
Severus baissa la tête, ses mains tremblèrent sous la table. Le corps de son ami toujours sur la table, il espérait que tout n'était qu'un cauchemar comme il en faisait chaques nuits.
La réunion continua, le lord leurs ordonna de recruter davantage. Il voulait aussi qu'un maximum d'aurores et de village moldus voient leurs pertes d'ici la fin de la semaine. Severus ne parvenait pas à se concentrer sur la réunion, les yeux sur le corps sans vie devant lui. Intérieurement il voulait se lever et détruire de ses propres mains l'immonde être décharné qu'était Voldemort. Il voulait lui faire payer tous les malheurs qui l'affublait depuis qu'il était devenu mangemort. Retourner sa veste, le tuer de ses propres mains pourvue que jamais plus il ne tue des innocents.
La fin de la réunion arriva, tous les mangemorts présents partirent ne laissant que Severus et Voldemort derrière eux. La terreur que ressentait Severus s'évapora, résigner face à l'homme. Voldemort ne passa pas par quatre chemins, à bonne hauteur de Severus il se permis dans un premier temps de le faire s'échouer sur le sol d'un coup de baguette. Puis dans un second temps il pointa sa baguette sur lui, il murmura des incantations inaudibles arrachant à Severus des hurlements étouffés de douleurs. La sensation qu'on lui brisait un à un chaque os était insoutenable. Ses muscles se débattaient pour amoindrir la sensation qui les déchiraient en vain. Plusieurs longues minutes à regarder le corps torturé, il fixa ses pupilles dans celles mi-close du potionniste au sol, un large sourire barrant son visage Voldemort décida qu'il avait compris la leçon.
" Je veux des résultats" lui dit-il lentement avant de se retirer, suivis de Nagini.
Une fois le serpent parti, Severus essaya de se mettre debout. Rejoignant avec difficulté la cheminée, plus vite il arriverait à quitter cet endroit, plus vite il oublierait. Une fois dans son salon, il chercha nerveusement une potion de soin. Le souffle court et la douleur traversant chacun de ses mouvements, il réussit finalement à mettre la main sur l'une d'entre elles. Elle lui glissa des doigts tant il tremblait, il souffla difficilement ses propres doigts lui était douloureux et ne lui répondaient plus. Il réussit tout de même à mettre la main sur une autre potion identique avant de s'effondrer la mâchoire crispée à chaque mouvement qu'il osait faire. Il prit le temps d'avaler une seconde potion calmante, elles ne faisaient plus effets sur lui, il en avait tellement bu qu'il en fallait maintenant trois quatre pour en ressentir les bienfaits. Il avait l'impression de faire un cauchemar éveillé, dans ce genre de situation la seule alternative qu'il avait été très simple . S'échapper.
Alors qu'il reprenait des forces, il se leva et ouvrit la baie vitrée. De ses doigts encore tremblants il déposa quelques habits sous le morceau d'ardoise, puis il s'assit sur la rambarde. Il ferma alors les yeux, ressentant le vent dans ses cheveux, sur ses cils. Son corps se modifia a mesure qu'il imaginait son animagus, la sensation de légèreté conquis tout son corps. Puis il rouvrit les yeux, balayant son corps du regard, il voulait oublier sa journée oublier qu'aujourd'hui encore il venait de perdre un ami. Il se laissa tomber du balcon comme si l'abîme sous lui l'attirait, avant qu'il ne heurte le sol il déploya ses ailes pour se laisser rattraper par les bras doux du vent comme un vieil ami.
Dans les flots d'air qui le transportaient, il voulut aller plus vite. Se grisant de la vitesse dans ses plumes noir de jais, les mouvements rapides de ses ailes le l'éleva d'avantage dans le ciel étoilés. Puis dans un ultime battement, il se laissa descendre à toute vitesse repliant sur lui ses ailes. Avant de se heurter aux dalles froides de la cour intérieure, il plana ouvrant en grand son large plumage, frôlant de ses griffes quelques monticules de terre, perdant sur son passage quelques plumes brillantes. Ainsi, il avait la sensation de maîtriser sa vie, il pouvait se laisser tomber et peut-être ne jamais se relever. Ou au contraire, il pouvait s'évader dans les nuages oubliant ce qu'était la sensation d'avoir les pieds sur terre. Dans le ciel tout artefacts humains était inexistant, il avait pour seule compagnie la lune et ses enfants les étoiles.
Alors qu'il continuait ses acrobaties aériennes, il atterrit en douceur sur les moulures de la tour griffondore. Reprenant un peu d'énergie, il souffrait encore des douleurs infligées par le seigneur des ténèbres, il les ressentait même sous sa forme animagus. Sautillant le long du mur, il passa un regard curieux par la fenêtre encore allumée. Il aperçut une tête brune, son corps lâchement abandonné sur son matelas, Harry était là, mourant d'ennuis sous le regard inquisiteur du corbeau. Croisant le regard noir il se redressa, les yeux soudainement pétillants de joie, puis il ouvrit la petite fenêtre ronde. Severus croassa quand la fenêtre s'ouvrit, se secouant le plumage au contact brûlant de la pièce qui contrastait avec le froid hivernal de l'extérieur. Il rentra, se permettant de planer directement sur l'épaule du garçon, il s'ébouriffa les plumes évacuant ainsi tout le froid restant.
De sa main chaude Harry passa ses doigts sur le corps du corbeau dans une caresse. Severus n'appréciant pas tant de familiarité lui pinça légèrement les doigts, ce qui arracha un rire au survivant. Chaque soirs, il venait lui rendre visite, il ne le faisait pas pur plaisir, il avait bien sûr d'autre chat fouetter, il le faisait par devoirs. Le gamin avait perdu ses parents par sa faute, Severus essayait par sa présence de combler un manque. Une écoute journalière, prenant la place d'un journal intime. Enfin c'est ce qu'il se disait, pour se donner bonne conscience et ce depuis presque six ans.
Harry entrebâilla la fenêtre derrière lui, son ami le corbeau étant imprévisible il lui laissait toujours une porte de sortie.
" Cela me fait plaisir de te voir ce soir aussi"
Disant cela, il récupéra une élégante plume échouée sur le sol. La faisant serpenter dans ses doigts,
" Tu as passé une bonne journée ? Parce que la mienne était terriblement ennuyante "
Il s'installa contre le dossier de son lit,
" J'aimerais vraiment que tu puisses me répondre parfois. Ça m'éviterait de passer pour un fou." Dit-il en ricanant.
Pour seule réponse Severus croassa, lissant son doux plumage. Les réflexe animal allait avec la transformation.
" Tu sais quoi, j'y ai réfléchi. Tu te souviens je t'avais dit qu'à mes dix-sept ans je pourrais fuir Poudlard. Et bien je pense que j'irai en France. Qu'en penses- tu ? La France ou la Russie ?"
Severus sauta sur son épaule en battant des ailes, ébouriffant au passage le plus jeune.
" Mais bien sûr que tu viendras avec moi !" lui dit-il alors qu'il fermait les yeux pour éviter de recevoir une paire d'ailes dans les yeux.
Le gamin réfléchissait a partir déjà depuis quelques année, les tension entre lui et ses camardes l'agaçait. Severus sauta sur place, puis piqua en planant sur les jambes du survivant. la noirceur de son regard scrutant le jeune homme.
" Tu n'es pas d'accord ? c'est vrai que toi tu as peut-être une famille ici."
Harry voulut approcher sa main pour caresser la tête de l'animal. Le corbeau ne l'entendant pas de cette manière grimpais sur les doigts tendus dans sa direction, la sensation au moment de se poser lui arrachant dans un murmura un petit croassement, il sentit sa patte douloureusement engourdie.
" Tiens, tu t'es blessé ? A chaque fois que tu viens tu as toujours des blessures et le lendemain elle disparaît. tu es vraiment incroyable."
Il porta l'oiseau à hauteur de sa tête, examinant de plus près sa patte qui semblait enflée. Avant qu'il ne pus y toucher Severus se déplaça sur la tête de lit dans un mouvement de frayeur.
" je n'y toucherais pas j'ai compris." ricana Harry.
" Mais depuis le temps tu peux me faire confiance, depuis que je suis arrivé à Poudlard tu es bien le seul à ne m'avoir jamais trahis tu sais que tu peux me faire confiance !"
Severus le regarda de côté, Harry ne savait pas qu'il était un animagus et encore moins son professeur de potion. Il serait sous sa forme humaine le plus jeune aurait déjà fui les lieux.
" D'ailleurs je voulais t'annoncer ! officiellement Hermione et Ron sortent ensemble maintenant, sans grande surprises ils me fuient comme la peste. Je suppose qu'ils doivent se cacher pour se bécoter. Non pas que cela me dérange ! J'ai un peu peur du prochain cour de potion, sans Hermione je fait pâle figure face à rogue je vais surement écoper d'une heure de retenue pour ma 'capacité tacite à ne retenir que ce qui est inutile' " Lui dit-il en rigolant,
Le corbeau s'étira de toute sa hauteur, Harry aurait juré avoir vu un éclat de dédain dans ses yeux.
" Parfois tu me fais penser a lui" dit-il un rire cristallin sortant de ses lèvres.
" je sais pas si rogue te ressemble ou si c'est toi qui lui ressemble. Dans tous les cas, je préfère nettement te parler a toi, sa répartie me surpasse"
Harry chercha un instant dans sa table de chevet, puis il en sortit une petite perle brillante.
" Tiens, je sais que tu aimes ce qui brille. Je te l'offre je l'ai trouvé par terre."
Severus savait qu'il mentait, c'était lui qui échouait les perles sur le sol de sa classe quand le garçon lui en donnait. Harry n'avait qu'à les ramasser, ils jouaient au jeu du chat et de la souris en soit.
" Je ne sais pas pourquoi mais en cours de potion il y a toujours des perles" dit-il en rigolant.
L'instinct de corbeau de Severus lui criait de voler la perles, au lieu de ça il s'approcha en sautillant sur le jean du survivant. Puis à bonne hauteur de la perle, il laissa le garçon le couvrir de papouilles, avant de récupérer la perle dans son bec.
" tu es le premier corbeau noir avec une seule plume blanche que j'ai jamais croiser."
Harry passa sa main sur la tête de l'animal, de sa tête à son cou une longue plume blanche bleutée le différenciait de tous les autres corbeaux. Severus ferma un instant les yeux, de fatigue il commençait a béné. Il n'avait pas envie de retourner dans son logement comme chaque soir d'ailleurs, les cauchemars l'attendait.
" Ce que j'aime avec toi, c'est que tu ne juge pas ma manière d'être. Tu connais le moindre de mes secrets et pourtant, tu reviens chaque jour. Mes amis en savent moins que toi et ils ne leurs en faut pas plus pour me juger. Tout le monde pense que je suis .. comment dire… un peu comme malfoy, fier d'être 'le survivant' et cela altère mon lien avec les autres péniblement. Mais toi tu reviens toujours, à minuit quand la lune tappe le plus haut dans le ciel."
Severus enfonça sa tête dans sa poitrine, ses yeux noirâtres toujours sur le garçon et la fameuse perle scintillante dans son bec. Il comprenait un peu ce que ressentait le garçon, la marque sur son bras était aussi un répulsif à être humain sans parler de son désirs d'éloignement.
" Tu es fatigué on dirait, tu veux dormir ici ? ou peut-être a tu des oisillons à recouvrir."
Tout en parlant, Harry passait distraitement sa main sur le corps presque endormi du corbeau. Le potionniste ne se cachait pas, il aimait beaucoup cela. Mais il n'était pas là pour se faire choyer, alors il se redressa, étira ses ailes et plana devant la fenêtre. La perle dans son bec l'empêchait de croasser pour dire bonne nuit au jeune homme assoupi sur son lit. D'un battement d'aile il quitta la pièce par la petite lucarne, rejoignant son appartement.
Une fois posé sur la rambarde, il se transforma sous sa forme humaine. Sa nudité au contact de l'air frais lui arracha un frisson. Il récupéra la perle, ses habits et il rentra dans son salon, comme chaque soir il se servit un verre de vin. Puis il s'installa dans son lit, la fraîcheur des draps annonçait une nuit décousue de mauvais rêve.
Et voilà j'espère que ce premier chapitre vous aura plu !
Un grand merci de la part de moi même !
A bientôt !
