Affronter sa peur

OOC : Bonjour à tous. Je vous présente un nouvel OS de la collection Défragmente-moi. Celui-ci prend place après les évènements de Reste avec moi, environ trois ans après. J'espère que vous apprécierez ! Bonne lecture.

Warning: scène suggestive.

« Tout avait une fin.

- Je t'aime, lui souffla Shiro, glissant une main dans ses cheveux.

Il devina le sourire de Lorraine contre son torse tandis qu'elle resserrait son emprise.

- ... Je t'aime aussi, Shiro. Et ne t'inquiète pas. Je t'attendrai à ton retour. »

Je t'attendrai...


Encore ?

... Encore ce rêve, hein ?

Oui. Une nouvelle fois...

Une nouvelle fois, Lorraine était ramenée trois ans en arrière.

La jeune fille se tenait debout aux portes d'Edge avec le groupe tout entier. Avec Tata Shelke, Tata Yuffie, Tonton Sonon, Denzel, Marlène ainsi que les autres membres d'ex-AVALANCHE...

Ils s'étaient réunis pour dire au revoir à Shiro.

C'était comme un film qui jouait et rejouait, tournant en boucle. Lorraine enlaçait celui qui était désormais son petit ami. Ils s'embrassaient et les deux adolescents s'avouèrent leurs sentiments. Ils se dirent « je t'aime » l'un à l'autre pour la toute première fois en face à face, peu importe que les autres les entendent.

C'était la première fois qu'elle disait « je t'aime » à un garçon. Elle avait ressenti tout ce qu'elle s'était attendue à ressentir en pareil moment. La joie, les papillons dans le ventre, ce sentiment chaud au cœur...

Et quand ce garçon s'éloigna à dos de Chocobo pour quitter Edge de manière définitive, Lorraine fondit en larmes dans les bras de Shelke.

Mais alors qu'elle se répétait que Shiro reviendrait un jour, qu'ils pourraient enfin être ensemble et que rien ne les séparerait plus en dépit des circonstances... Quelque chose se produisait.

Edge disparaissait. Les bras de Shelke la quittèrent.

Shiro n'existait plus.

Non... Elle se retrouvait dans son ancien appartement. Pas n'importe lequel.

Celui qu'elle avait partagé avec sa famille... sa première famille.

A chaque fois, elle croyait revivre le traumatisme de son enfance. Elle croyait savoir ce qui était sur le point d'arriver.

Elle pensait revoir... Revoir sa mère, revoir Mitsuko une dernière fois...

Une dernière fois avant qu'elles ne soient emportées par les ténèbres... avant qu'elle ne se cache dans le placard de sa chambre et qu'elle entende leurs cris d'agonie tandis qu'elle priait désespérément les dieux de la laisser vivre...

Mais de manière inattendue, ce n'était jamais le cas.

Non. Sa mère n'apparaissait pas. Mitsuko n'apparaissait pas. Et plus que tout, il n'y avait aucune présence de Nero le Sable ni des ténèbres qui l'avaient terrifiée.

Ce n'était pas le souvenir de son enfance. Ce n'était pas le souvenir du jour où sa vie s'était arrêtée.

Non.

Tout était vide. Lorraine se tenait au milieu du salon. La pièce était sombre, à peine éclairée par la lumière de la lampe.

Le bruit de la clé tournant dans la serrure...

Puis, elle entendait la porte d'entrée s'ouvrir avant de se refermer.

Ainsi que des pas familiers...

Et quand Lorraine se retournait pour faire face à la personne, elle se réveillait.


« Lorraine ? »

Lorraine ouvrit péniblement les yeux, encore dans le vague. Tout fut si confus.

Au début, elle avait l'impression qu'elle était encore coincée dans ce rêve. Lorraine détourna la tête, aveuglée par le soleil qui s'élevait à travers la fenêtre de sa cabine. Mais quand elle releva la tête et remarqua Tata Yuffie se tenir devant elle, un sachet de glace sur sa tête, la toisant avec inquiétude, la jeune fille prit conscience que c'était la réalité.

Comme à chaque fois, elle se réveillait avant le moment fatidique.

- ... Où suis-je ? demanda Lorraine d'une petite voix.

- Oh, euh... La Grande Yuffie avait le mal des transports. Alors, je suis allée me chercher un sachet de glace en attendant que ça passe, lui signala la Ninja, le timbre verdâtre. Et... tu t'agitais dans ton sommeil et j'ai hésité à te réveiller.

Oh...

Lorraine s'en souvenait, maintenant.

Ils avaient pris le bateau pour se rendre au Wutaï, comme ils le faisaient chaque année durant la période des vacances d'été.

- Tu faisais un cauchemar ? l'interrogea Tata Yuffie.

- ... Non, mentit Lorraine.

Tata Yuffie savait sûrement qu'elle mentait, mais Lorraine n'avait aucune envie d'évoquer ce rêve. Pas maintenant, en tout cas.

Cela risquait de lui faire plus mal qu'autre chose...

- Tu es sûre ? insista la Ninja. Parce que si tu désires en parler, tu sais qu'on est là pour en discuter...

Une nouvelle secousse traversa le bateau, faisant basculer Yuffie par terre. La Ninja se couvrit la bouche, à nouveau saisie de nausées.

Etrangement, elle ne fut pas la seule. A son tour, Lorraine se prit la tête dans les mains, soudainement prise de vertiges.

C'était bizarre. D'habitude, Lorraine ne souffrait pas du mal des transports.

En tout cas, Yuffie le remarqua. Immédiatement, elle se redressa et lui tendit son propre sachet de glace.

- Hé ! J'ignorais que tu avais le mal des transports. Tiens !

- ... ça ira, le refusa doucement Lorraine alors qu'elle se levait. Garde-le. Je vais aux toilettes.

Ce n'était pas vraiment le mal des transports, réalisa-t-elle.

Non... C'était comme si elle avait un nœud à l'estomac. Comme à chaque fois qu'elle était contrariée ou qu'elle avait peur de quelque chose...

- Lorraine, l'interpella doucement Yuffie.

Mais Lorraine avait déjà quitté la cabine. Elle se rendit aux toilettes les plus proches et, une fois qu'elle fut enfermée à l'intérieur, elle se laissa tomber devant le lavabo, relevant la tête vers le miroir pour faire face à son reflet.

Trois ans...

Trois ans depuis qu'elle avait vu Shiro pour la dernière fois.

Bien sûr, ils avaient gardé contact. Ils se parlaient tous les jours via messages instantanés ou via lettres portées par Pips, le Chocobo qui les avait liés durant des années. Ils s'envoyaient régulièrement des photos de l'un et de l'autre.

Chacun grandissait, jour après jour. Et quand elle se contemplait dans le miroir, quand elle voyait la petite fille qu'elle avait toujours été pour laisser place à cette adolescente de seize ans qu'elle ne connaissait pas, avec ses cheveux noirs qui poussaient et tombaient le long de son dos, sa taille s'agrandir et ses formes de femme apparaître, Lorraine avait l'impression qu'elle faisait face à une inconnue. A quelqu'un qui n'était pas elle.

Non.

Pas une inconnue. Lorraine avait l'impression de voir le reflet de Mitsuko prendre sa place. Car elle était le portrait craché de sa sœur quand elle avait seize ans.

Dire que Mitsuko aurait eu vingt-cinq ans aujourd'hui... Mais jamais elle ne grandirait. Jamais elle n'atteindrait cet âge, contrairement à Lorraine.

Non... Elle resterait toujours coincée à l'âge de seize ans lors de sa mort.

Est-ce que Shiro la reconnaîtrait quand il reviendrait ?

Les lèvres de Lorraine se mirent à trembler. Non. Elle ne devait pas penser à ça. Elle avait fait son deuil, maintenant. Elle leur avait fait ses adieux. Elle était passée à autre chose. Sa mère, sa sœur aînée... elles seraient heureuses de savoir qu'elle avait trouvé une nouvelle famille.

Une famille en la personne de ses nouveaux parents, de Tata Shelke, de Tata Yuffie, de Tonton Sonon...

De Shiro...

Elle allait au Wutaï. Elle passerait de superbes vacances là-bas avec sa famille.

Oui. Elle n'avait aucune raison d'être triste, n'est-ce pas ? Ni d'être en colère et encore moins d'avoir peur...

Alors, pourquoi se sentait-elle aussi mal ?

Pourquoi ce rêve ? Ce rêve qui revenait encore et encore ?

La jeune fille ferma les yeux, portant machinalement sa main à sa poche pour en ressortir son téléphone.

Elle cliqua sur le numéro de Shiro. Pendant un instant, elle eut envie de l'appeler. Juste pour entendre sa voix.

Finalement, elle lui envoya un message.

« Je pense à toi. »

Elle attendit, essayant de ne pas regarder son reflet.

Le message avait été vu. Mais Shiro ne lui envoya aucune réponse pour l'instant.

Lorraine baissa la tête et rangea son téléphone.

Il mettait... de plus en plus de temps à répondre à ses messages. C'était une certitude. Elle croyait qu'il s'agissait d'une période. Que cela passerait.

Il avait besoin de temps seul, hein ?

Lorraine resta enfermée dans les toilettes durant de longues heures, à se regarder, à atteindre que le nœud de son estomac passe.

Mais comme il ne disparaissait pas, Lorraine finit par sortir avant de regagner sa cabine.

« Lorraine ? Tu vas bien ? »

Yuffie était encore là, mais Lorraine se recoucha en silence, sans lui accorder un regard.

Non. Elle n'allait pas bien. Mais elle n'en connaissait pas la raison.

Pourquoi avait-elle mal ?


« Nous y voilà. Après avoir affronté le mal des transports du bateau, du train, des Chocobos... Nous sommes enfin arrivés sur les lieux de la Terre Promise ! »

Yuffie huma l'air avant de sourire, nostalgique. Autour d'eux, les gens allaient et venaient, portant des matériaux sous les bras pour dresser des stands. Le sourire de la Ninja s'agrandit en observant les Wutaïens s'atteler aux préparations de la meilleure période de l'année à ses yeux.

« Héhé, sentez-moi cet air Wutaïen, les filles ! » cria-t-elle alors qu'elle étendait les bras. « Humez-moi cet air pur mêlé aux odeurs de nourriture traditionnelle. Sentez-moi le yakisoba, reniflez le yakitori ! »

Derrière elles, Shelke et Lorraine s'échangèrent un regard. Yuffie se retourna vers elles, observant leurs réactions. Alors que Lorraine demeurait muette, Shelke se gratta simplement la nuque, l'air détaché.

- C'était plus les lanternes que je regardais.

- Oh oui ! approuva Yuffie avec enthousiasme, les mains jointes tandis que les étoiles étincelaient dans ses yeux. Un régal pour la vue et l'ouïe ! Contemplez ces lumières, écoutez cette musique !

Elle leva le poing vers le ciel, l'air déterminé.

- C'est décidé ! Cette année, nous serons les plus belles !

- Tu dis ça à chaque fois, soupira Shelke.

- C'est un évènement à ne pas rater dans sa vie !

- ... Comme chaque année, la corrigea doucement l'ancienne Tsviet.

- Le FESTIVAL D'ETE DU WUTAÏ !

Elle avait crié tellement fort que toute la ville devait l'avoir entendue. Peu importait ! Elle ne se retiendrait pas pour si peu ! Tout de suite, elle se plaça derrière Shelke et Lorraine pour les pousser de force vers sa maison.

- Et la préparation du festival commence par le choix du yukata, ricana Yuffie. Alors, mesdemoiselles, si vous souhaitez bien me suivre...

- Yuffie, je ne porterai pas—

- Tu porteras un yukata que tu le veuilles ou non ! Le yukata, c'est la vie ! Et j'en ai toute une panoplie pour vous deux ! On passera un super moment !

Oh oui.

Elle ferait tout en son pouvoir qu'elles s'éclatent, qu'elles s'amusent... Tandis qu'elle les poussait, Yuffie adressa un regard oblique en direction de Lorraine qui se laissa faire, comme une marionnette.

Mais quand elle remarqua que Yuffie l'observait en silence, Lorraine força un sourire avant d'acquiescer.

- J'ai hâte.


« Ouah, Lorraine ! Celui-là te va à ravir ! »

Oui. Elle avait vraiment bien choisi, nota-t-elle avec joie. Alors que Shelke s'était isolée dans une autre pièce pour essayer le sien, Yuffie détailla Lorraine sous toutes les coutures. Une couleur qui lui allait drôlement bien. Violet orné de motifs de tulipe. Absolument parfait pour elle ! Et ses cheveux étaient devenus si longs, contrairement aux siens ! Peut-être qu'un chignon mettrait davantage ses yeux en valeur...

Tandis que l'adolescente se détournait du miroir, Yuffie attrapa son propre yukata pour l'essayer. Noir recouvert de dessins en forme d'étoiles.

Le yukata de sa mère.

A chaque fois qu'elle le portait, on lui rappelait combien elle était son portrait craché. Du peu qu'elle se souvenait d'elle, elle se rappelait bien d'un souvenir impliquant sa mère vêtu en kimono pour les cérémonies officielles, en tant que femme du chef du Wutaï.

En dépit des apparences, Yuffie espérait ainsi lui faire honneur.

Mais alors que les souvenirs de sa mère refaisaient surface, ses pensées dérivèrent irrémédiablement vers Lorraine. Yuffie se retourna vers l'adolescente, la dévisageant avec un sourire songeur.

Seize ans...

Huit ans depuis qu'elles se connaissaient. Huit ans depuis qu'elle était entrée dans sa vie. A chaque fois qu'elle la regardait, Yuffie ne pouvait pas s'empêcher de se revoir à son âge. Quand elle était une adolescente fougueuse et dynamique.

Aujourd'hui, elle allait sur ses trente ans.

Et toujours pas mariée, pensa-t-elle.

Même si elle avait parfois un pincement au cœur à ce constat, c'était le cadet de ses soucis. En effet, elle n'était pas à plaindre. Sa patrie avait regagné sa fierté d'antan, Sonon était revenu dans sa vie alors qu'elle croyait l'avoir perdu pour toujours, elle s'était trouvée une famille, notamment une fille de cœur.

Oui. Yuffie était sûre d'elle. Même si son père (ce vieil ivrogne) avait encore du mal à l'accepter, Lorraine était sa fille de cœur. Et elle espérait un jour qu'elle porte à son tour le kimono.

« ... Lorraine ? » lui demanda Yuffie d'une voix chaleureuse.

Lorraine se retourna vers elle, une expression éteinte sur son visage.

Oui... A seize ans, Yuffie avait davantage le moral et était bien plus enjouée qu'elle à son âge.

Elle savait clairement que quelque chose la tracassait. Mais Lorraine ne paraissait pas vouloir en parler. Elle avait essayé de lui lancer des perches, de l'inviter à s'ouvrir à elle... sans succès.

Peut-être devrait-elle réessayer ?

- Tu sais, si tu as des soucis...

- Je n'en ai pas.

- J'y suis ! Tu penses à Shiro ! Il te manque, n'est-ce pas ?

Lorraine baissa la tête en guise de réponse.

Bingo ! C'était pile la réaction qu'elle attendait.

- Hé ! Ne t'inquiète pas ! Il va bientôt rentrer, tu sais ! Son voyage ne durera pas éternellement, la rassura la Ninja. C'est trop mignon comment vous vous comportez !

Lorraine ne changea pas d'expression. Yuffie lui adressa un pouce en l'air, poursuivant sur sa voie pour lui redonner le sourire :

- Il va revenir pour toi. Après tout, tu es sa princesse ! Vous êtes super mignons ensembles !

- ... Alors qu'avant, vous faisiez tout pour nous empêcher de nous voir ?

Le silence tomba lourdement sur la pièce.

Sa répartie sèche eut pour Yuffie l'effet d'une gifle. Immédiatement, le sourire de la Ninja disparut, laissant les bras tomber le long de son corps.

Lorraine se raidit et détourna le regard, la culpabilité évidente sur son visage.

- Excuse-moi.

- ... Ce n'est pas grave.

Yuffie essaya d'empêcher les tremblements dans sa voix, encore choquée par la réponse de l'adolescente.

- Hé ! Prête à te faire exploser la panse à coups de gyozas et de yakitoris ? lui demanda Yuffie, prétextant changer de sujet.

- ... Oui, répondit Lorraine sans conviction.

Quelque chose n'allait pas. Jamais Lorraine ne lui parlerait ainsi dans d'autres circonstances.

- C'est moi, s'éleva une voix qui émana dans son dos.

Les portes coulissantes s'ouvrirent, laissant Sonon apparaître pour pénétrer à l'intérieur de la pièce. Yuffie se figea, ayant oublié qu'elle était en train d'essayer son yukata.

Raah ! La surprise était gâchée ! Furieuse, Yuffie se tourna abruptement vers lui.

- Qu'est-ce que tu fichais ?

Sonon la contempla de haut en bas, avant de se gratter la nuque, manifestement embarrassé.

Arg... Elle était si moche dans son yukata ?

A moins que... cela ne soit l'inverse ? pensa-t-elle avec espoir.

- Tu es encore allé picoler, hein ? Tu n'as pas pu t'en empêcher alors que le festival démarre demain, c'est ça ? s'énerva Yuffie, le pointant d'un doigt accusateur.

- Yuffie... tu ne perds vraiment pas de temps pour te méprendre sur mon compte.

Finalement, sans ajouter de commentaire sur sa tenue, Sonon répondit à la question de Yuffie.

- Je suis allé aider Maître Godo aux préparatifs du festival. Tout est désormais en place, dit-il avec satisfaction.

- Ah... soupira Yuffie en levant les yeux au ciel.

Bien sûr... Après toutes ces années séparées de son Maître, nul doute que Sonon comptait se racheter auprès de son valeureux Maître en contribuant tous les jours à la vie du Wutaï. Il n'en perdait aucune occasion.

- Il nous attend ce soir, d'ailleurs, expliqua Sonon.

- Ah non ! s'énerva Yuffie.

Pas question de rendre visite à son daron ! Elle avait autre chose à faire, après tout. Le sourire de Sonon s'effaça, avant de réapparaître, plus énigmatique que jamais.

- Je crois que ça va te plaire.

- Quoi ? Partager un repas avec ce vieil ivrogne en rédemption ? On avait prévu d'aller au Onsen ! s'exclama Yuffie, lasse. Tu n'aurais pas pu décliner ?

- Il y aura des invités, ce soir.

Les yeux de Yuffie s'écarquillèrent à la mention « d'invités ».

- ... Qui ?

- Tu verras, répondit simplement Sonon. Oh, ton yukata te va à ravir, Lorraine.

Lorraine lui adressa un timide signe de tête. Piquée au vif, Yuffie se tourna abruptement vers son ancien partenaire, les mains sur les hanches.

- Et le mien, alors ?

- Oups. Désolé, chef. Je croyais que tu attendrais demain pour que je te complimente, répliqua-t-il avec un clin d'œil.

Arg ! Il avait toujours, toujours le moyen de répartie !

Hmmm... un compliment ? Se pouvait-il... ?

- Au fait... tiens. J'en ai profité pour t'acheter ça.

Yuffie releva la tête. Sonon fouilla dans sa poche pour en ressortir un bracelet type Kumihimo en fils orné de nœuds rouges.

Un bracelet symbole de l'amitié.

- Pour me faire pardonner de mon retard, sourit Sonon alors qu'elle le recevait dans le creux de sa main.

- Touchante attention.

- A tes ordres, chef, répondit simplement le Ninja alors qu'il quittait la pièce, refermant les portes coulissantes derrière lui.

Yuffie contempla le bracelet en silence, ouvrant la bouche pour dire quelque chose avant de se raviser.

Je voulais savoir si... tu étais toujours tenté de venir habiter avec moi au Wutaï, quand tout cela sera terminé.

Je veux me marier avec toi et créer quelque chose avec toi, mais je ne veux pas te forcer si cela ne te rend pas heureux.

C'était il y a trois ans...

D'une certaine façon, il avait tenu leur promesse. Ils étaient rentrés ensemble au Wutaï. Et ils vivaient dans la même maison. Après tout, Yuffie lui avait proposé un toit quand il reviendrait.

Ils y vivaient tous les trois, avec Shelke. Lorraine venait seulement pour les vacances. Mais depuis qu'ils étaient rentrés, Yuffie avait l'impression qu'ils étaient revenus au point de départ. Ils étaient colocataires, ils étaient amis...

Mais rien de plus.

Sonon n'était pas prêt. Il avait été clair et Yuffie avait respecté sa volonté. Néanmoins, elle ne pouvait pas s'empêcher de se demander quand il le serait et s'il le serait un jour... Ce n'était pas faute d'essayer de retrouver ce qu'ils partageaient avant.

Elle aimerait vraiment... vraiment retrouver cette relation.

A moins qu'elle ne continue de s'accrocher à quelque chose qui n'était plus qu'une ombre, pensa-t-elle avec amertume.

Mais ce n'était pas l'essentiel.

Reprenant son sourire, Yuffie enfila le bracelet autour de son poignet et reporta son attention sur Lorraine.

- Alors, ce yukata ?


Non...

Non, elle en avait assez.

Pas encore...

A nouveau, elle se tenait aux portes d'Edge dans son corps d'adolescente de treize ans. Alors qu'elle voyait Shiro s'éloigner après qu'ils se soient dit « je t'aime » pour la première fois, Lorraine tendit le bras vers lui.

Pendant un instant, elle voulut crier. Elle voulut lui crier de revenir. De rester. De rester avec elle.

Puis, le décor de son ancien salon réapparut autour d'elle.

Frappée par la peur, se recroquevillant sur elle-même, Lorraine attendit.

Elle connaissait déjà la fin de son rêve...

Elle en connaissait déjà l'issue.

Mais cela n'empêchait pas qu'elle soit terrifiée.

La clé tourna dans la serrure.

La porte d'entrée s'ouvrit avant de se refermer.

Lorraine se retourna pour faire face à celui qui hantait ses rêves.


« Lorraine ! »

Lorraine s'était réveillée en sursaut, allongée sur son propre futon. Une nouvelle fois, elle s'était assoupie. La respiration rapide et sifflante, elle n'arrivait pas à retrouver ses esprits et alors qu'elle s'agitait dans les bras de Shelke, elle n'entendit rien, ne vit rien...

Juste le salon.

Juste cette silhouette qui entrait dans son ancien appartement, tel un voleur.

- Lorraine...

Une fois qu'elle eut retrouvé ses esprits, qu'elle réalisa qu'elle était à l'abri, Lorraine releva le menton vers Shelke qui la toisait avec inquiétude. Derrière elle, Yuffie et Sonon avaient assisté à la scène et la fixaient avec la même expression.

- ... Tout va bien, prétexta Lorraine alors qu'elle se dégageait des bras de Shelke.

- Non. Cela ne va pas bien ! cria Yuffie. Pourquoi tu nous mens ?

La Ninja s'était relevée d'un bond pour se placer à côté d'elle.

- Pourquoi tu nous mens ? Dis-nous ce qui se passe !

- Je t'ai dit qu'il n'y a rien ! cria Lorraine alors qu'elle se relevait pour foncer droit vers la porte principale et sortir de la maison.

- Lorraine !

Non...

Lorraine désirait... elle désirait seulement être seule. Elle ne voulait voir personne.

Elle voulait juste...

Une fois à l'extérieur, Lorraine ne regarda pas où elle allait et se prit le pied dans une racine. Pour prévenir sa chute, elle se raccrocha à un arbre et se laissa tomber dessus.

Pourquoi...

Qu'est-ce qui lui arrivait ?

- Lorraine.

La jeune fille jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Sonon se tenait derrière elle, les bras croisés sur sa poitrine, la considérant avec prévenance et attention. Il s'approcha lentement d'elle, posant doucement une main sur son épaule.

- Lorraine... on ne veut pas t'embêter. On s'inquiète seulement pour toi. On s'inquiète tous pour toi.

Oui... elle savait qu'ils les inquiétaient.

- S'il te plaît, si tu as un problème... dis-le-nous. On peut t'aider.

Pouvaient-ils ? Pouvaient-ils réellement l'aider ?

- Je veux...

Lorraine n'arrivait pas à terminer sa phrase.

- Je veux seulement...

Personne ne pouvait comprendre.

Le silence tomba.

La jeune fille secoua la tête et se contenta de laisser son dos glisser le dos de l'arme, ravalant ses larmes tandis que Sonon se penchait sur elle, bientôt rejoint par Yuffie et Shelke qui entourèrent l'adolescente.

Elle souhaita d'abord les rejeter...

Mais en fin de compte, elle n'en fit rien. Car durant un instant, même durant un bref instant, cette présence lui fit du bien, au point qu'elle en oublia presque le cauchemar qu'elle venait de revivre.

- On trouvera une solution, la rassura Sonon, le ton doux.

On trouvera une solution...

Etait-ce vrai ? Existait-il réellement une solution à son problème ? Lorraine se laissa tomber dans les bras de Shelke qui la serra fortement contre elle.

Ils étaient là. Ils étaient tous là, essayait-elle de lui dire avec des actes et non avec des mots.


« Préparez-vous à une soirée chiante, les gars ! »

Alors que le groupe marchait en direction de la maison de Maître Godo, Sonon fusilla du regard Yuffie qui ne cessait de rechigner.

« Quoi ? Je dis juste qu'on aurait pu passer la soirée à la maison, chez moi, avec un bol de nouilles et des animés ! On serait parfaitement détendus pour le festival de demain ! » geignit Yuffie alors qu'elle tendait une fève Da-Chao à Lorraine, qui la refusa poliment.

Sonon se frappa le visage.

- Tu ne sais même pas qui sont les invités.

- Probablement de vieux schnocks soi-disant sages à la barbe blanche et longue qui vont nous assommer avec leurs discours philosophiques sur la vie et qui—

Mais avant même qu'ils n'atteignent l'entrée, les portes principales s'ouvrirent devant eux.

Godo, son très cher père, les attendait déjà. Il les toisa avec sérieux et hauteur qui donna envie à Yuffie de lever les yeux au ciel. Sonon, Lorraine et Shelke s'inclinèrent par respect et, quand bien même cela lui coûtait de faire ça, elle décida de les imiter pour ne pas causer de drame. Surtout que Sonon ne la quittait pas des yeux.

Oui. Toujours à prendre le parti de son Maître adoré. Sur ce point, rien ne changeait.

- Bienvenus, déclara Godo.

- Bon, vieil ivrogne ! J'imagine que tu ne nous as pas fait venir ici pour rien. Où sont les autres ancêtres ?

- ... Yuffie, soupira Sonon.

Puis, la voix s'éleva.

- Toujours la même depuis le temps, non ? Tu as toujours la langue bien pendue.

Yuffie eut l'impression que son cœur s'arrêta quand elle se retourna pour faire face à la personne qui se tenait devant elle.

Non... ce n'était pas possible...

Ça ne pouvait pas être elle...

Ces cheveux noirs coupés au carré, ces lunettes...

- Nayo... balbutia Yuffie.

Elle paraissait plus fatiguée qu'autrefois et l'âge avait marqué ses traits, mais c'était bel et bien elle.

Pas possible... la chute du Plateau du secteur 7...

Elle avait cru... elle avait cru.

A sa vue, la vue de la Ninja s'embua.

- Nayo ! répéta Yuffie alors que Nayo venait à sa rencontre pour l'étreindre.

La Ninja rendit son geste avec enthousiasme. Derrière elles, Sonon les contemplait avec un sourire attendri.

C'était donc ça, la surprise... les invités...

- J'ai cru que tu étais morte ! Je croyais que tu avais péri !

- Héhé, non. Ne t'inquiète pas. Nous étions plus solides que ça, avec l'ex-AVALANCHE, lui répondit doucement Nayo. On avait déjà déserté avant que cela n'arrive. Je croyais la même chose que vous. Je croyais que vous aviez péri...

Yuffie échangea un regard avec Sonon. Quand bien même ce fut suffisamment discret pour qu'on ne le remarque pas, Yuffie vit bien un frisson traverser son échine.

Elle savait très bien à qui il pensait.

- Je suis si contente, déclara Yuffie, la voix tremblante. Je suis si contente de te revoir...

- Moi aussi. Ce n'est pas la seule surprise.

Puis, par-dessus l'épaule de Nayo, Yuffie les vit apparaître tour à tour, aux côtés de Godo.

A nouveau, le cœur de la Ninja s'emballa.

Les autres...

Polk... Billy Bob... Zhijie...

- Hey ! s'exclama Zhijie qui leur adressa un geste de la main.

Sonon lui rendit un sourire ravi. Encore une fois, les épaules de Yuffie se mirent à trembler.

- Tata Yuffie...

- Tu ne nous présentes pas ? demanda Nayo.

Yuffie fut incapable de répondre.

Elle avait déjà explosé en sanglots.


« Les années ont vraiment passé », remarqua Nayo alors qu'ils étaient tous ensemble réunis autour de la table, mangeant et buvant tout en échangeant les anecdotes.

Ils rattrapaient tous ensemble le temps perdu. Cela faisait... combien de temps ? Treize ans ?

Oui. Treize ans...

Et Yuffie avait l'impression qu'ils s'étaient quittés la veille. Que la chute du plateau, que la mission à Midgar concernant la Matéria Ultime, tout cela ne s'était jamais produit...

Ou plutôt, qu'il ne s'agissait que d'un mauvais souvenir.

Yuffie avait l'impression de rêver.

- Alors, demanda Polk à Shelke, tu joues à Fort Condor ?

Shelke avala une bouchée de riz avant de se tourner vers lui, perplexe :

- Non. Qu'est-ce que c'est ?

- ça existe encore, ce machin ? s'énerva Yuffie.

- Disons qu'il y a une nouvelle version post-Shinra qui a été mise à jour ? précisa Polk avant de lui montrer. Tu joues, Shelke ?

- ... Pourquoi pas ?

- Attention, elle est très douée en informatique ! Elle va te hacker ton personnage, ricana Yuffie.

Shelke fronça les sourcils à la vue de l'introduction du jeu.

- Déjà, bonjour les erreurs de code.

Héhé, trop tard, pensa Yuffie.

- Ta fille de cœur est mignonne, remarqua Nayo en jetant un œil à Lorraine.

L'adolescente mangeait et écoutait, mais Yuffie remarqua qu'elle ne prenait pas part aux discussions. Pas vraiment. Elle gardait les yeux rivés sur son téléphone, comme si elle attendait un message.

Probablement de la part de Shiro.

Yuffie jeta un œil à son père qui était en pleine discussion avec Billy Bob. Elle poussa un léger soupir. Même si Godo avait accepté Lorraine, ce n'était pas pour autant qu'il la considère réellement comme la fille de Yuffie. Pour lui, seuls les liens du sang comptaient. Même s'il s'était amélioré, son daron avait encore une vision étriquée des choses.

- Oui. Elle nous apporte tout, répondit Yuffie avec fierté. Hé, ma puce ? Tu veux jouer à Fort Condor ?

- Pas de téléphone à table, fit Godo.

- Hé, calme ! C'est la fête ! s'énerva Yuffie alors qu'elle prenait une nouvelle gorgée de bière. Ce n'est pas tous les jours que des amis reviennent d'entre les morts !

Oh que non...

Du coin de l'œil, elle remarqua Sonon et Zhijie quitter la table, leurs verres à la main, avant de se diriger vers la porte pour s'éclipser.

« Je te montrerai comment on trinque, au Wutaï. »

« J'ai hâte. »

Elle se souvenait très bien de leur dernier échange. Voilà Sonon qui honorait une nouvelle promesse...

C'était bien. C'était très bien...

- Vous n'êtes toujours pas ensemble avec Sonon ? demanda Nayo en souriant.

Raah, et Nayo qui remuait le couteau dans la plaie. Yuffie prit une moue boudeuse, essayant de cacher tant bien que mal la jalousie qui la rongeait au corps.

Non... Elle n'allait pas repenser à ça...

- Tu sais quoi ? Je vais peut-être jouer à cette nouvelle version de Fort Condor, moi aussi ! s'exclama Yuffie avec un peu trop d'enthousiasme. Moi et Lorraine contre Polk et Shelke, ça vous va ? On va tous vous exploser !

Oui...

C'était un jour de fête, après tout !


« Quelle chance avions-nous de nous recroiser... ? »

Profitant de l'air frais, Zhijie et Sonon s'assirent sous le porche, prenant place sur les marches de l'escalier conduisant au domaine de Godo. Leurs verres à la main, les deux hommes levèrent la tête pour observer le ciel étoilé.

Un ciel d'été... Les meilleurs sur Gaïa.

- Quelle chance avions-nous de nous revoir pour boire ensemble ? sourit Zhijie alors qu'il prenait une gorgée.

- Une chance sur mille, je crois, approuva Sonon avec nostalgie.

Lui qui croyait que Zhijie et les autres étaient morts à Midgar...

Peut-être que Zhijie avait pensé la même chose de son côté...

Même lui avait cru mourir à plusieurs reprises...

- Qu'avez-vous fait ? Après la chute du plateau ? demanda Sonon après un temps de silence.

- Oh. On est retournés au QG. On y est restés jusqu'à la chute du Météore.

Zhijie posa son verre à côté de lui, croisant les bras sur sa poitrine.

- ... J'ai contracté le Geostigmate... même si j'ai guéri par la suite, j'ai longtemps attendu mon dernier jour. Alors, je me suis mis à boire. Sans toi. Désolé, je ne t'ai pas attendu.

Sonon émit un faible rire sans joie. Marquant un temps, il lui adressa un sourire triste et compatissant.

- Il n'y a pas de problème. Mais... je comprends ce que tu veux dire. Moi-même, j'ai longtemps attendu mon dernier jour.

A Deepground, puis à l'extérieur de Deepground...

Oui.

Le fait qu'ils aient survécu tous les deux relevaient du miracle.

- Et ensuite, bah... j'ai trouvé un job en tant que courtier. Pas très passionnant mais bon... en attendant une nouvelle crise, c'est pratique pour passer le temps.

- Je vois ce que tu veux dire.

La crise des chiens de l'Enfer...

Charon... L'éveil d'Omega.

Le regard de Sonon s'assombrit alors qu'il se remémorait les souvenirs de cette période. Même s'il s'en était sorti, cela ne signifiait pas que les autres avaient eu autant de chance.

- J'ai beaucoup pensé à toi, remarqua Zhijie. Tu m'avais promis de me faire visiter le Wutaï. Il s'agit du pays de mes origines, mais je n'y ai jamais vécu.

- Je m'en souviens.

- Tu as beaucoup de choses à te faire pardonner, déclara Zhijie en lui adressant un clin d'œil malicieux.

Sonon se raidit légèrement.

Oui... Zhijie évoquait sûrement les promesses qu'il n'avait pas tenu. Mais Sonon le prenait sérieusement. Et il avait raison.

Il avait énormément de choses à se faire pardonner... Par rapport à toutes ces personnes qu'il avait tué à Deepground, par rapport à la Planète, par rapport au Wutaï, par rapport à Yuffie...

- Alors, pour commencer, sourit Zhijie alors qu'il se décalait pour se rapprocher de Sonon, que dis-tu de faire un tour avec moi demain au festival ? On fera la tournée des bars.

Sonon marqua un temps de silence, ne sachant quoi répondre.

Ce sourire que lui adressait Zhijie ne laissait aucun doute sur ses intentions.

- Comme un rendez-vous, hein ? demanda Sonon.

- Hm, acquiesça Zhijie. A moins que tu n'aies déjà quelqu'un ? Ou que tu ne sois pas comme ça ?

Autrefois, Sonon aurait sûrement répondu que non. Encore plus si on lui avait posé la question au Wutaï.

Mais aujourd'hui...

Est-ce que je suffirais comme raison ? Pour te convaincre de revenir ?

- ... Je suis comme ça, admit Sonon, le ton éteint. Je n'ai pas envie de le cacher.

- Il y a eu quelqu'un ? demanda Zhijie alors qu'il s'accoudait sur son genou.

- Il y a eu quelqu'un, soupira Sonon. D'une certaine manière.

Quelqu'un qui lui avait ruiné la vie et qui méritait de faire face aux conséquences de ses actes...

Mais quelqu'un qui lui manquait, malgré tout.

- Je vois, fit Zhijie. Trop tôt ?

- Oui. Je ne suis pas prêt. J'ai seulement besoin de me recentrer sur moi-même.

- Je peux attendre, alors.

Zhijie reprit son verre et trinqua avec Sonon.

- Tu as peur ?

Sonon hocha la tête.

- Alors, affronte cette peur. Peu importe s'il s'agit de moi ou de quelqu'un d'autre... ne laisse pas cette peur te dominer.

- Même quand on a peur de soi-même ?

Il n'élabora pas.

Zhijie ne comprendrait pas. Et même si, autrefois, Sonon aurait admit avoir ressenti une légère attirance à son égard, ils avaient tous les deux changé.

- Encore plus, sourit Zhijie, sûr de lui. Il n'y a aucune raison que tu aies peur de toi-même. C'est toi le Maître. Personne d'autre.

Peur de soi-même...

Sonon prit à son tour une gorgée, pensif.

Alors que Zhijie continuait de parler, Sonon remarqua du coin de l'œil quelqu'un qui les observait, cachée dans l'ombre.

Lorraine les écoutait silencieusement.

Sonon fronça les sourcils.

Peut-être que ce conseil lui était également applicable... ?

On trouvera une solution...


« ... Tu nous as entendus ? »

Ils s'étaient éloignés de la maison de Godo. Sonon l'avait prise à part, dans l'espoir notamment de discuter avec elle.

Lorraine baissa la tête, le regard sombre.

- ... Est-ce la raison pour laquelle tu ne vas pas bien ? demanda Sonon.

Il ne chercha pas à la brusquer. Non. Il lui montrait simplement qu'il était présent pour elle. Qu'elle n'avait pas à cacher ses émotions devant lui, Yuffie ou Shelke.

- Moi aussi, répondit-elle, le ton bas.

- Hein ?

- ... Moi aussi, j'ai peur de moi-même.

Sonon fronça les sourcils.

De quoi parlait-elle ?

- Tu n'as aucune raison d'avoir peur de toi-même, répondit Sonon, répétant inconsciemment les mots de Zhijie.

Lui avait été enfermé à Deepground durant trois ans...

Il possédait également les ténèbres en lui...

Il avait plus de raison d'avoir peur de lui-même que Lorraine. Mais elle... il ne voyait pas la raison pour laquelle elle serait effrayée par elle-même.

- Et même si c'est le cas, même si... tu as peur d'avoir fait quelque chose de mal, tu ne dois pas laisser cette peur te dévorer, déclara Sonon.

- Tu le crois ? Tu crois que je devrais l'affronter ? Ma peur ?

Enfin, Lorraine avait relevé le regard vers lui.

- ... C'est la meilleure façon de faire.

- Mais... j'ai peur.

Lorraine se recroquevilla sur elle-même.

- ... J'ai besoin d'aide.

Doucement, Sonon se rapprocha d'elle. Il entoura ses épaules de ses bras pour la serrer contre lui, enfouissant sa tête dans les cheveux de l'adolescente.

- Je serais là. On sera là pour t'aider, lui adressa-t-il avec sincérité et gentillesse.

Lorraine hésita, mais finalement, elle se laissa aller contre lui, fermant les yeux.

- Merci, chuchota-t-elle. Je vais essayer...

Je vais essayer.


Affronter sa peur...

Affronter sa peur... peu importe de quelle peur il s'agissait...

Lorraine le savait. Alors qu'ils quittaient le domicile de Godo, Nayo et Zhijie les accompagnant, la jeune fille essaya de se préparer à la nuit douloureuse à venir.

Sonon avait raison.

Elle devait affronter son cauchemar. Elle sentit la main de Sonon sur son épaule. Quand elle releva la tête vers lui, ce dernier lui adressa un signe de tête rassurant.

Il était à ses côtés.


Le voilà.

Le même cauchemar...

Lorraine, trois ans plus tôt, aux portes d'Edge, se séparant de Shiro après leur premier « je t'aime »...

A nouveau, Lorraine essaya de l'appeler. De lui dire de revenir. Elle avait peur d'être seule. D'affronter seule ce qui allait venir.

Peu importe de quoi il s'agissait.

Mais Shiro ne se retournait pas. Il continuait de s'éloigner.

Puis, le décor changea.

Lorraine put seulement fermer les yeux, inspirant et expirant. Comme Yuffie le lui avait appris, elle se préparait comme elle pouvait à ce qui était sur le point de se produire.

Elle devait seulement... se calmer.

Elle ne devait pas laisser cette chose la dévorer.

Quand elle rouvrit les yeux, elle était à nouveau dans le salon.

Le même emplacement, la même pièce...

En silence, elle attendit, son cœur s'accélérant dans la poitrine.

Elle essaya de se dire qu'elle n'était pas seule.

Elle pensa à Sonon, à Yuffie et Shelke.

Ils étaient tous présents pour elle. Ils étaient tous prêts à l'aider. Elle ne devait pas oublier cela.

Enfin, elle l'entendit.

Elle entendit la clé.

La porte qui s'ouvrait et se refermait dans un claquement sec.

Et les pas... les pas qui se rapprochaient.

Lorraine inspira encore.

Elle ne devait pas se réveiller. Pas cette fois.

C'était l'instant ou jamais.

Lentement, elle se retourna vers l'entrée.

Puis, ses yeux rencontrèrent les siens.

Lorraine se tenait debout, droite.

Elle était prête à affronter son père.


« ... ma fille. »

Jin Satsu se tenait telle quelle, de la même manière que présenté dans ses souvenirs. Lorraine nota qu'il portait les mêmes habits que le jour où Nero le Sable était venu massacrer sa famille.

Lorraine frémit. Le fait qu'il l'appelle « sa fille » lui soulevait l'estomac.

« ... Quoique... qui se trouve en face de moi ? Lorraine... Ou Mitsuko ? Difficile de savoir avec cette apparence. Tu n'as jamais vraiment eu d'identité, ma fille. »

Lorraine serra les poings.

Elle ne devait pas laisser cette peur la dévorer.

- Je ne suis pas ta fille.

- Je suis ton père, rétorqua-t-il avec un sourire dépourvu de chaleur. Tu ne peux pas me renier. Une Satsu reste une Satsu.

Lorraine déglutit.

- Le même sang coule dans nos veines... tu ne peux pas le renier, Lorraine.

L'adolescente ne devait pas... elle ne devait pas laisser ses mots l'atteindre.

Oui. Quand bien même elle avait essayé de le nier, elle ne pouvait pas changer l'histoire. Lorraine était la fille de Jin Satsu.

Du moins, par le sang.

- ... C'est la seule chose qu'on a en commun, admit Lorraine, la voix tremblante. Le sang. Je ne peux pas te renier. Mais c'est tout ce qu'on partage, Jin Satsu.

Le sourire de Jin Satsu s'effaça.

- ... Tu ne m'appelles même plus « papa ».

- J'ai un autre père, maintenant. Je ne peux pas te renier, mais je peux t'oublier.

La réponse fut bien plus rapide qu'elle ne l'avait anticipé.

- Oui. Bien sûr. Un parfait inconnu, un fermier de Chocobos, pauvre... qui ne peut rien t'offrir. Qui ne porte aucun nom connu. Satsu était un nom célèbre. Tu aurais pu redorer son blason, faire en sorte que personne n'oublie notre famille mais tu as préféré t'en écarter.

Lorraine se mordit la lèvre.

Elle ne pouvait pas nier qu'elle avait eu énormément de difficultés à appeler Tony « papa ». Elle avait fini par le faire, d'abord pour faire plaisir, puis par véritable attachement.

- L'amour est né, dit Lorraine.

- C'est moi, ton seul père.

- Tony sera toujours un meilleur père que toi.

Le visage de Jin Satsu se décomposa. Il effectua un pas vers elle, et Lorraine recula par réflexe.

- Ne t'ai-je pas offert l'amour d'un père ? Je t'ai fait naître, Lorraine. Je t'ai nourrie, je t'ai donnée un toit, je t'ai élevée, je t'ai protégée durant la chute du Météore. Je t'ai même protégée face à Nero le Sable ! Autrement, tu serais morte comme moi. Et tu oses me dire que je n'ai pas été un bon père ?

Oui.

Autrefois, elle le plaçait sur un piédestal. Elle avait toujours été proche de Jin Satsu. Elle l'avait toujours perçu comme son protecteur.

C'était pour cela qu'elle avait longtemps refusé Tony.

- Un père ne peut prétendre aimer ses enfants quand il inflige de telles souffrances à d'autres enfants.

C'était dit.

Voilà. Elle lui avait révélé ce qu'elle avait sur le cœur.

L'expression de Jin Satsu changea. Celui qui avait été son père la toisa avec froideur.

- J'ai su ce que tu as fait subir à Shiro, poursuivit Lorraine avec détachement.

- Il ne s'agissait pas d'un enfant.

Lorraine tiqua face à sa réponse. Jin Satsu marcha en cercles, sans cesser de se rapprocher d'elle.

- C'était seulement un rat. Un rat de laboratoire. Tu as renié ta propre famille, ton propre père, pour un rat. N'as-tu pas honte de toi ? Tu as tout abandonné pour un rat, sachant que son oncle a tué ta famille.

Cette attaque fut plus violente à endurer que Lorraine ne l'avait anticipé. La vue de l'adolescente se brouilla, prête à céder aux larmes.

Non. Elle ne devait pas perdre la face.

- J'ai profondément honte de toi, déclara Jin Satsu. Ta mère, ta sœur... si tu savais comme tu les déçois.

Cette fois, une larme roula sur la joue de Lorraine.

- Quand je pense que Mitsuko a perdu la vie en essayant de te protéger... Avec Nero le Sable, tu es la responsable de sa mort.

Non... elle ne devait pas l'écouter.

Elle avait fait la paix avec elle-même par rapport à Mitsuko. Elle ne se sentait plus coupable.

- Nero le Sable a déjà payé. Il est sûrement en train de brûler dans les feux de l'enfer à l'heure actuelle, déclara Lorraine avec calme en dépit des larmes. Et s'il y a une justice, tu devrais l'avoir déjà croisé.

Elle secoua la tête.

- On sait, toi comme moi, que s'il y a un responsable de la mort de notre famille ici... c'est toi. C'est... C'est moi qui aie profondément honte de toi.

Jin Satsu ne changea pas d'expression.

- Et c'est Shiro que j'aime, pas son oncle. Il n'est pas responsable des actions de Nero le Sable. Oui, je l'aime. Vas-tu encore me répéter combien tu as honte de moi? lui adressa Lorraine avec insolence, se sentant pousser des ailes.

Cela arracha un gloussement à son interlocuteur.

- Sauf que tu as beau l'aimer, la réalité vous rattrapera toujours. L'amour ne peut pas tout surmonter. La preuve. Il est déjà en train de t'oublier, de mettre de la distance par rapport à toi... votre passif est trop important. Quand il pose ses yeux sur toi, c'est moi qu'il voie. Et quand tu poses tes yeux sur lui, c'est Nero le Sable que tu vois. Tu le sais déjà, au fond de toi.

Lorraine ferma les yeux.

Elle ne voulait pas le voir... elle ne voulait plus l'écouter...

Dans l'obscurité, elle entendit la voix de celui qui avait été son père lui chuchoter, le ton sinistre:

- Tu as mon sang, Lorraine. N'oublie jamais que tu auras toujours, toujours, une partie de moi.

- ... J'en doute.

Le décor était déjà en train de disparaître...

Peu importe. Elle n'avait plus rien à dire à cet homme qui prétendait être son père.

- ... Je doute fortement devenir comme toi.

Non.

Jamais... jamais elle ne deviendrait comme lui, n'est-ce pas ?


Quand elle se réveilla, elle n'eut pas besoin d'appeler que des bras l'avaient déjà entouré.

Sonon se tenait près d'elle. Il avait tenu parole. Il avait promis qu'il serait là. Qu'elle ne serait pas seule à affronter sa peur.

Pourtant, en dépit de ce réconfort, elle ne se sentait pas pour autant libérée d'un poids. Lorraine laissa la pression retomber et se mit à sangloter dans ses bras, mouillant sa chemise.

« Je ne veux pas être comme lui ! » cria-t-elle désespérément. « Je ne suis pas comme lui ! »

Sonon acquiesça, resserrant son étreinte.

- Sssh... Lorraine.

- Je ne suis pas comme Jin Satsu ! hurla-t-elle, les larmes chaudes roulant le long de sa joue. Je ne veux pas que Shiro parte ! Je... je l'aime ! Je ne veux pas qu'on se sépare ! Je ne veux pas... !

Mais peut-être qu'il avait raison...

La réalité les rattraperait toujours...

Comment est-ce que leur relation pouvait survivre à tout ça ?

- ... Je ne peux pas prédire l'avenir, lui chuchota Sonon, le timbre triste. Je ne saurais dire ce qui se passera entre toi et Shiro dans le futur. Mais je peux seulement t'assurer d'une chose : tu n'es pas comme Jin Satsu. Tu ne seras jamais comme lui.

Lorraine ferma les yeux, rendant l'étreinte de Sonon.

- ... Shiro t'aime, lui assura le Ninja. C'est la seule chose que je peux te dire.

La jeune fille renifla, se laissant tomber contre celui qu'elle considérait comme son oncle.

- Je suis si fier de toi, Lorraine.

- ... Merci, Tonton Sonon.

Elle hoqueta.

- Est-ce que... tu pourrais rester avec moi jusqu'à ce que je me rendorme ?

Face à sa demande, Lorraine devina le sourire de Sonon sur ses lèvres.

- Je ne te lâcherai pas.


Affronter sa peur...

Sonon resta longtemps avec Lorraine. Il avait attendu que Lorraine se rendorme, avant de la border et de quitter sa chambre à pas de loups.

Comme avec Melphie, autrefois... Quand elle faisait un cauchemar, il restait des heures avec elle.

Alors qu'il rejoignait sa chambre, il fut surpris de voir la lumière allumée dans le salon. Sonon se retourna et remarqua Yuffie assise sur le canapé, recroquevillée sur elle-même.

Elle releva le regard vers lui, une inquiétude évidente dans son regard.

Sonon lui adressa un sourire réconfortant.

« Ne t'inquiète pas. Elle ira bien mieux à partir de maintenant. »

Oui...

Lorraine avait affronté ses démons.

Maintenant, elle pourrait guérir.

- ... Merci, le gratifia Yuffie alors qu'elle se levait du canapé pour se diriger vers lui, sans détacher ses yeux du Ninja.

Un timide sourire apparut sur ses lèvres.

- Tu sais... le festival lui fera du bien. Mon daron m'a surpris, ce soir. Le vieil ivrogne m'a proposée d'emmener Lorraine faire le tour des stands avant l'ouverture.

Sonon acquiesça, ne cachant pas sa joie.

- Tu vois. Mon Maître peut encore te surprendre.

- Il le faisait avec moi quand j'étais petite, admit-elle à contrecœur.

C'était une bonne nouvelle.

Mais après tout, Lorraine faisait partie de la famille. De leur famille.

Le silence retomba. Sonon remarqua que Yuffie portait encore le bracelet qu'il lui avait acheté plus tôt dans la journée.

La Ninja se recoiffa, manifestement mal à l'aise.

- ... Tu étais très belle dans ton yukata, lui adressa Sonon.

- Merci, répondit-elle, une rougeur évidente sur ses joues.

Elle plaça les mains dans son dos, fixant le sol.

- Je voulais te dire, lui avoua Yuffie.

- Hm ?

La Ninja prit une inspiration, comme si ce qu'elle était sur le point de lui avouer était quelque chose de lourd à porter.

- Je suis désolée... d'avoir agi de manière précipitée, quand on sortait ensemble.

Oh.

- ... Yuffie, commença Sonon.

- Laisse-moi finir. Je me dis que si je n'avais pas été aussi impatiente, toi et moi... enfin. Je suis désolée pour tout ça. J'aurais dû te laisser prendre ton temps.

Le Ninja ferma les yeux, songeur.

Prendre son temps...

Mais ils n'avaient qu'une seule vie, après tout. Il ne pouvait pas en vouloir à Yuffie d'avoir agi de cette façon.

- C'est difficile pour moi d'être seulement ton ami, avoua Sonon. Parfois... c'est juste difficile.

- Sonon...

Encore une fois, Yuffie se rapprocha.

Ou peut-être était-ce lui qui avait franchi les derniers centimètres le séparant d'elle.

Il l'ignora.

Mais l'instant d'après, Yuffie et Sonon s'étaient enlacés, les bras de Yuffie autour du cou de Sonon, leurs lèvres pressées l'une contre l'autre.

Ce fut comme un automatisme qu'ils avaient perdu depuis longtemps...

- Hmm...

Affronter sa peur...

Sonon fut celui qui prit l'initiative. Pressant le corps de Yuffie contre le sien, il entrouvrit la bouche, sa langue effleurant les lèvres de sa partenaire. Immédiatement, Yuffie ouvrit la sienne, leurs langues se mélangeant.

- Hmm... Aah.. Aah !

Hm. C'était si bon...

Yuffie et lui se séparèrent, avant de se rejoindre tout de suite après, Sonon capturant les lèvres de Yuffie dans un autre baiser passionné. La Ninja inclina la tête, approfondissant le contact.

- Aaah... gémit Sonon tandis qu'il laissait ses mains redescendre le long des hanches de Yuffie.

Comme s'il ne possédait plus son propre corps, Sonon agrippa les fesses de Yuffie, pressant son bassin contre le sien. Sans arrêter leur échange, il dévora ses lèvres, laissant Yuffie rompre le baiser pour reprendre son souffle quelques secondes avant de l'embrasser encore.

- Sonon... hmm...

Cela faisait tellement longtemps.

Sans répondre, sans se détacher d'elle, Sonon attira Yuffie en direction du canapé, avant de l'y pousser, la faisant s'asseoir dessus. Après avoir initié un énième baiser passionné, Yuffie repoussa légèrement Sonon, le toisant avec désir, les joues rouges.

- ... La dernière fois... on était trois... avec...

Sonon ne la laissa pas terminer et l'embrassa encore avec avidité. Ne lui laissant pas le temps de retirer son haut, Sonon abaissa le short, puis la culotte de Yuffie, avant d'écarter ses cuisses pour enfouir sa tête dedans, ses lèvres frôlant ses poils pubiens.

- Aaah !

Yuffie sursauta, rejetant sa tête en arrière tandis que Sonon usait de sa langue pour la stimuler.

Tellement longtemps...

Oui... La dernière fois...

Affronter sa peur...

Si Lorraine avait affronté la sienne, il devrait faire de même... non ?

- Sonon... aaah... aah...

Il en avait envie. Profondément envie.

Mais quelque chose le retenait encore. Il ignorait quoi.

Ou peut-être ne souhaitait-il pas l'admettre.

Sonon lâcha les jambes de Yuffie et s'écarta d'elle, lui adressant un regard désolé.

A cela, la Ninja ne put que lui sourire quand bien même il s'agissait d'un triste sourire.

- ... Quand on reprendra à zéro, déclara-t-elle... si on reprend à zéro, je te promets de ne pas répéter les mêmes erreurs qu'autrefois.

En guise de réponse, Sonon se pencha sur elle.

Il captura ses lèvres dans un ultime baiser, un contact un peu plus chaste cette fois-ci.

- J'ai encore besoin de temps.

- Je comprends... mais... je suis ravie de savoir que... je te plais encore, quelque part, avoua-t-elle timidement.

- Tu n'as jamais cessé de me plaire.

Sonon l'embrassa encore, un baiser que Yuffie lui rendit, avant de se détacher d'elle.

- Bonne nuit, chef, lui souffla-t-il.

- ... Bonne nuit, Sonon.

Il se détourna d'elle, prêt à rejoindre sa chambre.

Oui... Si Lorraine avait su dominer sa peur, il devait l'imiter.

Il avait encore besoin d'un peu plus de temps... notamment avec les ténèbres en lui, mais il commençait à reprendre espoir.

Merci, Zhijie.

Un jour, il dominerait sa peur.

Il finirait par la dompter... il en était persuadé, maintenant.


Vers sept heures du matin, la cloche du village la réveilla.

Lorraine ouvrit les yeux, rencontrant le plafond de sa chambre.

Elle n'avait pas fait d'autres cauchemars...

Etait-ce bon signe ?

Elle tendit machinalement la main vers son téléphone.

Quand l'écran s'alluma, elle réalisa qu'elle avait reçu un message de Shiro.

Nerveuse, Lorraine cliqua dessus pour le lire.

« Je serais au Wutaï pour le festival d'été. Je t'aime. »

Grâce à ce simple message, la peur laissa place à la joie.