Chapitre 3 : Harry fait des Aubaines

N/A : Voici une histoire. Vous attendiez un disclaimer ? En supposant une clause de non-responsabilité ? J'ai oublié de la mettre avant. Considérez-vous prévenus disclaimés. Vous aussi, Harry Potter et toutes les marques affiliées.


Harry passa le reste de la journée à relire ses notes sur les elfes et à être présenté à d'autres serpents. Il y en avait beaucoup dans le coin, et son serpent présenta Harry à la plupart d'entre eux.

"Nous ne sommes pas le groupe le plus sociable", a-t-il déclaré après qu'un serpent leur ait crié dessus de dégager. "Nous n'avons pas de réunions bruyantes comme les foutus oiseaux. Mais nous restons en contact les uns avec les autres. Juste au cas où."

Il s'est avéré que 'au cas où' incluait 'au cas où nous aurions faim'. Harry le découvrit dans l'après-midi, quand après avoir présenté à Harry un petit serpent de jardin nerveux, le serpent de Harry le captura dans ses mâchoires et le mangea.

Harry regarda fixement la queue de l'autre serpent disparaître dans la gorge de son serpent.

"Pourquoi as-tu pris la peine de me le présenter ?" demanda Harry. "Est-ce que c'est ce que font les serpents ? Se dire bonjour et se manger ensuite ?"

"S'ils sont plus petits et que j'ai faim," dit son serpent avec philosophie.

Harry fronça les sourcils. "Les elfes ne font pas ça," dit-il.

Son serpent ricana. "Tu n'en sais rien," dit-il. "Il y a trois heures, tu ne savais même pas que tu étais un elfe."

"J'ai lu des livres sur les elfes," l'informa Harry d'un ton hautain. "Les elfes ne font pas ça."

Au fur et à mesure que la journée devenait la nuit, il commença à faire froid. L'été n'était pas tout à fait terminé, mais c'était une chose assez proche pour que des nuits comme celle-ci deviennent de plus en plus courantes. Harry avait eu de la chance dans la ville où il avait passé le plus clair de son temps après que les Dursley soient partis. Il y avait eu beaucoup d'endroits couverts pour se cacher lors des nuits exceptionnellement froides, et il n'avait pas eu beaucoup d'occasions où il devait allumer un feu. Ce soir, c'était différent. Si Harry voulait éviter les villes et toutes les personnes qui allaient avec, il devait apprendre à gérer le froid par lui-même.

Il connaissait les bases pour faire un feu grâce à ses livres de survie, mais il avait toujours réussi à prendre des allumettes à l'épicerie avant. Il n'avait jamais eu à en faire un à partir de rien.

Harry ramassa quand même du bois sec. Il l'empila en tas avec des feuilles sèches et essaya de l'allumer avec deux pierres, en vain.

"Qu'est-ce que tu fais ?" Le serpent fit le tour du tas de bois, goûtant l'air de temps en temps.

"J'essaye de faire du feu pour que je puisse avoir chaud," expliqua Harry, s'accroupissant sur ses talons pour se rapprocher des feuilles.

"J'approuve le fait d'avoir chaud", dit le serpent, et commença à faire des suggestions utiles. "Pourquoi n'essayes-tu pas de frapper les feuilles avec les bâtons ? Ou peut-être que tu pourrais souffler sur les pierres à la place."

"Tu sais faire du feu, toi ?" demanda Harry. Le serpent s'interrompit.

"Pas en tant que tel", a-t-il admis. "Mais je peux apprendre."

Les elfes pouvaient faire du feu. La plupart des livres que Harry avait lus étaient d'accord sur le fait qu'il puisse le contrôler, ce qui signifiait qu'il pouvait probablement le faire apparaître aussi. La seule question était de savoir comment.

Il n'était pas allé très loin avec la disparition depuis qu'il l'avait découvert, et il avait le sentiment que faire du feu reviendrait à peu près au même.

Il essaya de faire ce qu'il a toujours fait avec ses entraînements en disparition. Il ferma les yeux et imagina le feu, aussi fort qu'il le put. Puis il s'imagina être le feu avec un sursaut. Il ouvrit les yeux.

"Rien," marmonna-t-il. Il ramassa ses deux pierres et essaya à nouveau, mais il commençait à avoir froid et à être contrarié. Il ferma les yeux et se força à nouveau, et claqua même les pierres ensemble pour faire bonne mesure, mais tout ce qu'il obtint de cette tentative fut un pouce endolori là il s'était cogné avec une pierre.

Il rouvrit brusquement les yeux et souffla de colère en lançant les pierres sur le tas, où elles se heurtèrent et enflammèrent le bois.

Harry tomba sur les fesses, choqué.

"Tu l'as fait! " Le serpent parut impressionné. "Comment?"

"Je ne suis pas sûr", a-t-il dit. Harry avait senti une brève montée de puissance le traverser lorsqu'il avait lancé les pierres, mais il n'était pas sûr de la façon dont il l'avait fait apparaître.

"Eh bien, félicitations quand même," dit le serpent. Il rampa plus proche du feu, puis recula. "Trouve moi un beau rocher, dis ?"

Harry, obligeant, trouva et traîna sur un joli rocher plat, qu'il positionna près (mais pas trop près) du feu selon les instructions du serpent. Ils restèrent assis à se réchauffer ensemble pendant un moment, et Harry somnola tranquillement entre trouver assez de bois pour entretenir le feu.

Il lui vint à l'esprit qu'il avait probablement sept ans maintenant, et ce depuis un petit moment. Il n'était pas sûr de quel mois on était, mais si l'été était presque fini, juillet devait déjà être terminé. Il se souhaita un joyeux anniversaire, comme il le faisait chaque année, et décida que c'était le mieux qu'il puisse avoir considérant les circonstances. Ce n'était pas comme si découvrir qu'il était un elfe et faire la connaissance d'un serpent étaient de terribles cadeaux d'anniversaire, aussi tardifs soient-ils.


Harry devint de plus en plus à l'aise en temps qu'elfe au fil des semaines. Maintenant qu'il savait ce qu'il était, il lui semblait que les choses se mettaient en place. Il réussit à comprendre comment allumer des feux sur commande, une compétence très utile dont il était assez fier, et il installa un joli nid dans la forêt. Le serpent avait fait remarquer que l'hiver arrivait et que personnellement il se retirerait quelque part sous terre avec les autres serpents pour être au chaud. Harry aimait bien l'idée de vivre sous terre pour l'hiver, même s'il ne savait pas comment s'y prendre au début.

C'était jusqu'à ce qu'il découvre des parties plus anciennes et plus profondes de la forêt. Il y avait un arbre en particulier dont les racines étaient assez grandes et laissaient voir des espaces caverneux sous le tronc où Harry pouvait s'y faufiler et s'installer facilement et confortablement. Il travailla pour rendre la caverne sous l'arbre plus profonde et combla toutes les ouvertures sauf deux, afin qu'il puisse y avoir une entrée et une sortie si la situation se compliquait. Puis il commença à stocker de la nourriture volée dans les bennes d'épicerie des villages voisins. Il avait beaucoup de boîtes de conserve cabossées empilées dans un coin et une quantité respectable de céréales dans leurs sacs plastiques. Son serpent était généralement assez disposé à surveiller le nid quand Harry partait, car Harry le gardait au chaud et lui apportait parfois des souris ou des lézards à manger en remerciement.

Harry ne parlait pas aux gens, d'habitude. Il ne passait plus vraiment pour un enfant du quartier : ses cheveux étaient devenus trop sauvages, et ses vêtements avaient pris une teinte permanente de brun terne, peu importe combien de fois Harry les lavait. Il savait qu'il ressemblait à une étrange créature de la forêt, surtout s'il enlevait ses baskets et son pantalon et se promenait dans son tee-shirt, qui avait appartenu à Dudley et qui descendait jusqu'aux genoux de Harry. Quand il faisait ça, il attachait sa ceinture autour de sa taille, et ressemblait autant à un véritable elfe qu'il le pouvait avec ses énormes lunettes à monture métallique, que sa tante lui avait achetées sur l'étagère des soldes il y a deux ans, dominant son visage.

C'était un look plutôt utile, ce que Harry avait découvert accidentellement lors d'une des dernières chaudes journées d'été. Il descendait un chemin de campagne tranquille, en direction d'un étang voisin, lorsqu'un garçon un peu plus âgé que lui contourna le virage de la route et s'arrêta net. Harry s'arrêta aussi, se demandant s'il devait courir, quand le garçon parla.

"Qu-qu'est-ce que tu es ?"

Harry cligna des yeux, puis sourit. "Je suis un elfe," dit-il, se sentant excessivement heureux d'avoir été reconnu. "Quel est ton nom ?"

Le garçon fit un pas en arrière. Il portait une canne à pêche et sa boîte d'accessoires. Il avait deux poissons attachés à sa boîte, et Harry les regarda avec intérêt. "Je ne suis pas censé parler aux étrangers."

Harry cligna des yeux vers lui. "Mais je suis un elfe," répéta-t-il en penchant la tête sur le côté. "Ça compte pas vraiment."

Le garçon se mordit la lèvre et regarda à nouveau Harry. "Qu'est-ce que tu me veux ?"

Harry savait que les elfes faisaient souvent des échanges, mais il n'avait jamais vraiment réfléchi à la façon dont il en ferait, lui. Les livres disaient qu'il pourrait aider les humains, ou profiter d'eux.

"Je peux te donner une aubaine," dit lentement Harry. "Mais je veux quelque chose en retour."

"C'est quoi une aubaine ?" demanda le garçon avec méfiance. "Et pourquoi est-ce que je devrais te donner quelque chose ?"

"Une aubaine, ça peut être tout ce que tu veux," inventa Harry. "Tu me demandes quelque chose, et si je peux le faire, je l'obtiendrai pour toi. Tout ce que tu veux. Intelligence, secrets, pouvoir, nommez-le. Et tu devras me donner quelque chose en retour parce que c'est juste. Nous faisons un échange. "

Une curiosité avide passa dans les yeux du garçon. "Je veux être intelligent", a-t-il déclaré. "Et je veux savoir les choses avant les autres."

"Je veux un de tes poissons," dit Harry. « Et ce couteau que tu as à ta ceinture."

Le garçon attrapa son couteau, puis s'arrêta. "Attends," dit-il. "Comment est-ce que je peux savoir que t'es un vrai elfe ?"

Harry plissa les yeux face à cette insulte. "Tu te prends pour qui ?" demanda-t-il. Puis, parce que le garçon ne le croyait pas tout à fait, il fit jaillir un feu à ses pieds. C'était un super tour, et quand le garçon fit un bond en arrière, Harry ressentit un élan de fierté.

"Juste pour ça, je veux tes deux poissons et le couteau," dit Harry, jouant toujours l'offensé. Le garçon, penaud, lui remis les trois objets en détournant les yeux et marmonnant une excuse.

Harry se laissa être plus apaisé et fouilla dans la poche avant de sa chemise grande taille. Quand il trouva des pierres intéressantes, il les mettait là. Elles seraient parfaites pour ce qu'il avait besoin. Il les examina pensivement, puis choisit quatre de celles les plus colorées et avec des formes intéressantes, et les lui donna.

"Garde les dans ta poche droite", indiqua-t-il. "Ne dis à personne que tu les as, ni où tu les as eus. La pierre bleue te fera voir plus loin que les autres. Le reste te rendra intelligent."

L'expression du garçon était impressionnée, d'une manière que Harry trouva très satisfaisante, alors qu'il tenait les pierres dans sa main et les examinait attentivement. La bleue avait un trou au centre, ce que Harry pensait être particulièrement intelligent de sa part. Harry jeta un rapide coup d'œil sur son propre butin. Le couteau était brillant et solide, et il pouvait se refermer. Le poisson signifierait qu'il n'aurait pas à manger avant demain soir au plus tôt.

Il leva les yeux vers le garçon, qui était toujours occupé par ses pierres. Harry ne voulait plus parler, alors il s'avança sur le côté de la route et sauta à travers le petit fossé et à travers les buissons. Alors qu'il s'éloignait, il entendit le garçon crier de surprise.

"Hé ! Où es-tu passé ?"

Harry ricana.


De l'autre côté de la forêt, il y avait un autre village où Harry se rendait rarement. Quand il le faisait, il passait toujours devant un petit chalet avec des moutons dans un champ à côté. Il fit bon usage de son couteau lorsque les moutons étaient près de la clôture, en coupant des morceaux de leur laine et fourrant la laine dans ses poches. Au début, les moutons étaient troublés par sa présence, mais ils s'habituèrent bientôt à lui, et Harry déchira un peu de la doublure de sa chemise boutonnée et la bourra de laine jusqu'à ce qu'il puisse s'y envelopper la nuit et rester au chaud sans avoir de feu.

Un jour, alors qu'il se penchait à travers la clôture, récoltant de la laine de mouton, une voix l'interrompit.

"Bonjour."

Harry sursauta et tomba de la clôture. Il se redressa en une position assise pour faire face au danger que cette voix avait annoncé, le cœur battant.

Une tête blonde passa à travers la clôture. "Est-ce que tu vas bien?"

C'était une fille. Elle avait l'air d'avoir au moins dix ans, et elle le regardait curieusement. Harry la fixa.

"Oh non!" dit-elle en regardant son pantalon qui s'était déchiré. "Je suis désolée." Elle passa environ cinq secondes à s'excuser, mais revint rapidement à le regarder avec méfiance. "Qui es-tu et pourquoi déranges-tu nos moutons ?"

Harry fronça les sourcils. "Je suis un elfe," expliqua-t-il. "Nous échangeons une aubaine. Je fais un sort pour les garder en bonne santé et ils me laisse avoir un peu de leur laine."

La fille eut l'air sceptique.

"Eh bien, regarde-les," dit Harry sur la défensive. "Est-ce qu'ils ont l'air d'être dérangés ? Nous nous entendions très bien jusqu'à ce que tu arrives."

En effet, d'autres moutons se dirigeaient vers la clôture pour observer la confrontation, certains d'entre eux se tenant si près de Harry que leurs sabots risquaient de lui marcher sur les mains.

"Les gens ne peuvent pas parler aux moutons", souligna-t-elle. Harry soupira d'un air très vexé.

"Eh bien, c'est une chance que je sois un elfe, alors, et pas l'un de vous, humains," dit-il, et il se leva. Il s'épousseta et retira son pantalon, qui était suffisamment déchiré pour qu'il soit inutile. Il fronça le nez et le glissa sous un bras. "Puisque tu es là et que tu as abîmé mon pantalon, autant en avoir une aussi," dit-il. "Quel genre d'aubaine veux-tu ?"

La fille parut déconcertée.

"Qu'est-ce qu'une aubaine ?"

Harry roula des yeux. "Ça peut être n'importe quoi. Je peux te faire une amulette ou te rendre plus intelligente ou ce que tu veux, vraiment."

"Comme lorsque tu donnais bonne santé aux moutons", dit-elle. Harry hocha la tête. "Exactement."

Il secoua à nouveau son pantalon et fouilla dans l'une des poches une châtaigne, qu'il se mit à faire flotter au-dessus de ses doigts. C'était quelque chose sur lequel il avait travaillé, et c'était une démonstration plutôt utile pour convaincre les sceptiques. En effet, les yeux de la fille s'écarquillèrent de surprise.

"Maintenant," dit Harry. "Puisque tu as déchiré mon bon pantalon et que je vais te donner une aubaine, tu devrais penser à quelque chose de vraiment bien à me donner en retour."

Ses yeux allaient et venaient entre le visage de Harry et la châtaigne alors qu'elle fronçait les sourcils en pensant.

"Je pourrais réparer ton pantalon," proposa-t-elle. "Ou encore mieux, je pourrais t'en faire un sac à la place. Je suis douée pour faire des sacs. Ma tatie m'a montré comment faire un sac à partir de ma jupe après que je l'ai déchirée avec la tondeuse pour mouton."

Harry regarda attentivement le jean marron qu'il avait dans ses mains. Il avait bien un autre pantalon, et un sac lui serait utile. Son sac à dos, qui avait été miteux depuis le début, avait un peu trop de trous pour être fonctionnel beaucoup plus longtemps. Harry avait trouvé comment réparer des trous plus petits dans ses vêtements de la même façon dont il faisait le feu, mais pas de la taille qu'avaient ceux de son pantalon ou de son sac à dos. Il le laissait surtout dans son nid ces jours-ci.

"Est-ce que tu es douée pour ce genre de chose ?" demanda-t-il.

"Ma maman dit que je peux faire tout ce que je veux", dit-elle fièrement. "Elle dit que je suis douée pour ça. Et je te ferai même une paire de gants pour l'hiver, si tu veux, puisque tu aides nos moutons."

Harry aimait cette idée.

"D'accord," dit-il lentement. "Je reviendrai dans deux jours pour mes affaires, et si tu as fini, je te donnerai une aubaine."

"Nous nous retrouverons ici", dit-elle, hochant la tête avec empressement et faisant tomber sa frange dans ses yeux. Harry se faufila sous la clôture et lui fit face avec gravité.

"Ne parle de moi à personne", prévint-il. "Sinon, je te jetterai un sort à la place."

"Non, non bien sûr que non," lui assura-t-elle. "Je ne le dirai à personne."

"D'accord," dit Harry. "Même heure dans deux jours. Que veux-tu que comme aubaine ?"

"Je vais trouver quelque chose de génial", promit-elle. "Je vais y réfléchir et je ne la gaspillerai pas, promis!"

Harry hocha la tête et sortit tout ce qu'il avait dans ses poches avant de lui transmettre son pantalon. "Ouais, fais gaffe à pas la gaspiller." dit-il, et il se dirigea vers la route et la forêt au-delà.