Chapitre 5 : Beaucoup de gros mots sont dits
N/T : Pas de post la semaine dernière, désolée! Pour la peine voici 2 chapitres aujourd'hui.
N/A: Pas de mise à jour le week-end dernier car j'étais à la Pride Parade de San Francisco ! C'était du bon temps ! Oh, et prenez compte du titre. Je ne plaisante pas. Il y a une tonne de blasphème dans ce chapitre. Beaucoup, beaucoup de jurons et de langue profane. Parce que c'est comme ça que les nouveaux amis de Harry marchent;)
Harry marchait. Il n'avait vraiment rien en tête, donc son itinéraire était essentiellement dicté par le chemin qui semblait le moins susceptible de le mener dans des zones peuplées. Il se reposait quand il se sentait fatigué, mangeait quand il avait faim et chassait quand il voyait une opportunité. Il trouva un petit étang un après-midi et se baigna pour nettoyer les restes de l'hiver. Il faisait encore froid, mais Harry considérait qu'être vraiment propre pour la première fois depuis des mois en valait la peine.
Son pull, autrefois un joli beige, avait pris le même brun terne que son sac et le reste de ses vêtements. Il le retira et le laissa tremper dans l'eau pendant qu'il pagayait. Tout en nageant, il observa sur son environnement. Il avait remarqué la balançoire suspendue à un arbre au-dessus de l'étang qui indiquait que des personnes vivaient à proximité, mais n'avait pas repéré de maison ou de chalet en descendant.
Malgré tout, il ne pas resta longtemps. Harry manquait peut-être son ami serpent et sa conversation, mais cela ne voulait pas dire qu'il voulait parler à des humains. Ceux-là étaient souvent dangereux.
Il essora son pull et l'enfila, puis repartit.
Il marcha pendant des jours et des jours sans objectif particulier en tête. Il passa parfois trop près des villes et profita de ces occasions pour piller les bennes d'épiceries et faire des aubaines avec de jeunes enfants. Harry devenait plutôt bon à la chasse (et la saison était assez abondante), que cela devenait de moins en moins nécessaire.
Il dormait quand il était fatigué, à la belle étoile, dans les champs ou dans les arbres. Chaque matin, il se réveillait et regardait autour de lui pour voir où il s'était retrouvé, mais il ne restait jamais plus de quelques jours dans une même zone. Rien ne le retenait dans un endroit fixe, et son sac était suffisamment grand pour contenir tout ce dont il avait absolument besoin. Il décida de continuer à marcher jusqu'à ce qu'il trouve quelque chose d'intéressant.
Il atteignit une grande rivière après quelques semaines de marche et la suivit. Elle était entouré de champs et parfois de maisons, mais il voyageait vite et il voyageait léger, il restait donc seul la plupart du temps. La rivière devenait de plus en plus étroite au fur et à mesure qu'elle avançait vers le nord, ce qui poussa Harry à envisager l'idée de traverser à la nage plusieurs fois. Son sac n'était pas étanche, cependant, et certaines de ses affaires pouvaient être gâchées par l'humidité.
Finalement, lorsqu'elle fut suffisamment étroite pour qu'il puisse voir du côté opposé, il décida d'essayer de disparaître. Il était dans un champ de maïs désert, aucun oiseau pour remarquer ce qu'il faisait.
Il n'avait jamais essayé de disparaître aussi loin auparavant. Il n'était pas tout à fait sûr qu'il réussirait. Mais qui ne tente rien n'a rien. Harry prit une profonde inspiration, fixa intensément la rive opposée et se força à disparaître.
Une fois de l'autre côté, il s'inspecta. Son sac était en ordre. Tout semblait être en place. Il regarda la rivière. Il pouvait voir au loin l'endroit où il se tenait auparavant. Il avait réussi ! Harry se sourit à lui-même et partit le long de la route, s'éloignant de la ville auprès de laquelle il était apparu.
Il y avait une forêt plus loin devant. Elle semblait prometteuse, alors Harry modifia son itinéraire pour s'en approcher. Il marcha d'abord en périphérie pour avoir une meilleure idée de la région. Elle semblait immense, et la ville la plus proche était celle qu'il avait traversée en chemin, pour autant qu'il puisse en juger.
Harry s'aventura plus profondément dans la forêt, prenant note des ruisseaux et des sentiers. Il pourrait rester ici un moment. Cela lui convenait bien.
À un moment, il eu la chair de poule et s'arrêta brusquement. L'air avait scintillé comme s'il avait traversé une vague de chaleur.
Il chercha une cause autour de lui, mais la forêt était plus calme que jamais. Harry haussa les épaules et continua de marcher, pensant trouver un autre ami serpent. Malgré le fait que le dernier ait été autoritaire, il manquait à Harry. Il n'avait pas eu la chance de parler à d'autres animaux depuis qu'il avait quitté son nid. Les oiseaux étaient assez amusants pour échanger des plaisanteries, mais son vieil ami serpent avait raison : ils n'étaient pas très au point pour la conversation.
"Bonjour," dit-il à voix haute en marchant. "Je suis un elfe. Euh. Belle journée, aujourd'hui."
Il n'y eut pas de réponse immédiate, mais Harry ne se découragea pas. Il savait que les serpents étaient souvent distants.
"Cette forêt est sympa. Je pense que je pourrais rester ici un moment, si ça vous va. Euh-"
"Putain, qu'est-ce que tu veux ?"
Harry s'arrêta net à la voix soudaine. "Je. Euh. Bonjour ?"
"Putain, dégage sale branleur !"
Le son provenait d'une touffe de fougères à proximité. Harry recula précipitamment.
"Je suis désolé," dit-il, incertain. "Je ne voulais pas vous ... déranger."
Un furet émergea des fougères, surprenant Harry. Il avait l'air étrangement furieux pour un furet.
"Toi, fils de pute à trois pattes," dit le furet. « Qu'est-ce que tu veux, bordel ?
Harry s'arrêta, pris de court. "Je...je...salut ?"
Le furet leva les yeux vers lui. "Salut," dit-il, et Harry sourit. "Tas de purin nécrosé", a-t-il ajouté.
Harry soupira. Les furets étaient apparemment des connards. Peut-être qu'il aurait évité ça en parlant qu'à des serpents.
"Connaissez-vous des serpents ?" demanda-t-il, sans grand espoir. Même si le furet en connaissait, qui pouvait dire qu'ils ne seraient pas aussi des crétins ? Les types partageant les mêmes idées avaient tendance à rester ensemble, après tout.
"Va te faire foutre," dit le furet, et il se précipita entre les jambes de Harry et s'éloigna le long du sentier. Harry fronça le nez et remit son sac sur son épaule. Quelle créature désagréable.
"Tu viens, ou tu vas juste rester planté là comme un glandeur ?"
Le furet l'attendait avec impatience au pied d'un chemin de passage à quelques mètres de là. Harry cligna des yeux de surprise et trébucha.
Ils marchèrent environ 800 mètres de plus dans la forêt avant que le furet ne s'arrête et s'approche prudemment d'un trou dans le sol.
"Hé, espèce de bâtard de fils d'hydre !" cria le furet. "Ramène ton cul de babouin ici."
"Vas te faire foutre", siffla une voix à l'intérieur du trou.
"Hé, peu importe ce que c'était, va te faire enculer le genou," appela à nouveau le furet. "J'ai un foutu repas pour toi."
Harry fit un pas en arrière alarmé.
"Qu'est-ce qu'il dit?" demanda une autre voix. "Dis-nous ce qu'il a dit."
"Il a dit qu'il avait un repas pour nous," dit la première voix. "Et, oh ouais, c'est toujours un connard."
Harry aimait bien la première voix.
"Il ment", dit la troisième voix. "Je peux pas croire que vous allez tomber dans ses pièges, vous êtes tous les deux idiots."
"Tais-toi," dit la première voix. "On a faim et tu le sais aussi bien que nous."
"Peut-être qu'il nous a apporté un joli lapin," dit la deuxième voix. "Ce serait bien, non ?"
"Tais-toi," répondit la troisième voix, ignorant la seconde. "On n'a pas assez faim pour que cette satanée bestiole nous attaque sournoisement alors qu'on s'y attend pas."
La première voix souffla. "Alors on peut s'y attendre, putain, et on t'enverra la première. Salazar, on devient aussi bête que ce stupide crétin là-bas."
"Hé, t'écoutes espèce de mangeur de lémuriens ou t'es trop occupé à-"
"Va te faire foutre, Jarvey." Une tête de serpent orange vif émergea du trou, sifflant d'irritation. Harry recula encore plus. Il était assez long, du moins autant que Harry était grand. Au fur et à mesure qu'il émergeait, il réalisa que deux autres têtes étaient attachées, ce qui expliquait les trois voix. Les serpents avaient des bandes noires, ce qui leur donnait une coloration très jolie, voire flashy. Deux des serpents remarquèrent immédiatement Harry, le regardant avec un intérêt visible tandis que le troisième continuait à siffler au le furet.
"Bonjour," offrit Harry. Les animaux avaient tendance à mieux réagir à lui lorsqu'ils savaient qu'il pouvait aussi parler. Il y avait quelque chose dans le fait d'avoir une conversation avec lui qui rendait les animaux moins susceptibles à vouloir le manger, peu importe comment son vieil ami serpent pouvait traiter les serpents de jardin. Si tout le reste échouait, Harry était rassuré de savoir qu'il pouvait toujours disparaître à tout moment. Il espérait que cela suffirait.
L'une des têtes de serpent se redressa à son salut. "Bonjour petit!" Elle semblait ravie. "Eh bien, regardez ça, les gars ! Ça peut parler ! Comme c'est inhabituel. On peut le garder ?"
"On devrait le manger, avant qu'il essaie de nous manger", déclara l'autre tête qui n'avait pas affaire au furet. "Je connais ce regard. Il est suspect. Tous les deux vous essaierez de le garder et ce truc finira par nous rôtir sur un feu."
Harry agita ses mains et secoua la tête. "Non, j'essaierais pas de te manger. J'ai déjà de la nourriture, et je ne mange pas de serpents ! J'aime bien les serpents."
"Ah, regarde, il aime les serpents !" La tête du milieu, qui avait auparavant été ravie de Harry, se balança de satisfaction. "Tu vois ? J'aime ça."
La tête gauche sortit sa langue, l'équivalent pour un serpent de froncer des yeux. "J'y crois pas."
La dernière tête à droite se détourna finalement du furet pour examiner Harry. "Il dit qu'il nous l'a apporté parce qu'il le lui a demandé", a-t-il déclaré. "Qu'est-ce que tu nous veux ?"
"On devrait le garder !" dit la tête du milieu. "Peut-on le garder ?"
"Silence", dit la tête de droite. "On peut pas le garder. C'est pas un animal de compagnie. Ça peut parler, n'est-ce pas ?"
"Euh, oui," dit Harry. "Je veux dire, je peux parler. Je voulais juste rencontrer un serpent. J'avais des amis serpents dans la dernière forêt où j'étais, et j'ai pensé que peut-être que vous voudriez être amis aussi ?"
Les trois têtes se regardèrent. Le furet profita de ce moment pour interrompre.
"Hé ! Tu peux parler à cette foutue chose ?" Il semblait impressionné. "Putain, je suis sur le cul. Que dit le phallus à trois branches ?"
Harry commençait à se dire que les mots du furet n'étaient pas dirigés contre lui, même si c'était difficile de pas s'en offenser. Même l'oncle Vernon ne parlait jamais comme ça.
"Tu peux lui parler," réalisa la tête de droite. "Dis-lui qu'on lui dis d'aller se faire foutre."
Harry ouvrit la bouche. "Qu-quoi ?"
Les trois têtes le regardaient, toutes les trois d'un air suffisant. "Dis-lui d'aller baiser une belette," suggéra la tête gauche.
Gêné, Harry se frotta la nuque. "Je suis obligé ?" demanda-t-il. "Et s'il essaie de me mordre ?"
"Il le fera pas", déclara celle de droite avec confiance. "Il sait qu'on le mangera. Vas-y, dis-le."
Harry ouvrit la bouche. « Ils disent… euh… »
"Va te faire foutre," aida la tête droite.
"Dis-lui que c'est une grande gueule pleine de merde, avec un cerveau la taille d'un petit pois", déclara la tête du milieu avec enthousiasme.
"Ils disent bonjour," dit Harry, clignant des yeux rapidement. Le furet avait l'air presque déçu.
"C'est pas ce qu'on a dit!" s'exclama la tête de droite. La tête gauche se releva et siffla aussi. "On te mangera si tu relaye pas le message correctement."
Harry chercha de l'aide auprès des autres têtes, mais elles hochaient tous les deux la tête d'un même accord.
Il inspira. "Et aussi," dit-il, et le furet se redressa un peu. "Ils disent que tu es, euh…"
"Une brute à quatre pattes, suceur de grenouilles," ajouta la tête de gauche.
"Qui est trop con pour se rendre compte qu'il pue, qu'il est moche et que sa mère l'aime pas", ajouta celle du milieu.
Les trois têtes et le furet attendaient avec impatience. Harry déglutit.
"Tu es une brute à quatre pattes, euh, suceur de grenouille..." dit Harry.
La tête de droite l'encouragea. "Trop con..."
"Trop con pour réaliser que tu... tu pues," Harry fit un petit pas en arrière alors qu'il parlait. "Que t'es moche, et, euh... que ta mère t'aime pas. Ah - s'il te plaît me mords pas !"
Le furet eut une respiration sifflante, et il fallut une seconde à Harry pour réaliser que les bruits qu'il faisait étaient des rires. "Espèces de frites de plage !" dit-il avec ravissement. "Crétins de vers de terre à crocs de merde !"
"Dis-lui d'enculer un tas de crottin de dragon." La tête de droite semblait étrangement amusée par la réaction du furet.
Harry, après une brève hésitation, répéta consciencieusement cette invective au furet, qui se redressa, rayonnant. "J'aime bien ces petits sournois. Dis à ces salauds de garder ça classe."
Il se précipita dans la forêt, laissant Harry seul avec le serpent à trois têtes, qui semblaient toutes satisfaites d'elles-mêmes.
"Maintenant," dit la tête de droite. "T'es quoi?"
"Je suis un elfe," expliqua Harry, se sentant toujours un peu intimidé par la taille de ce nouveau serpent et par le fait qu'il était clairement en infériorité numérique. "Je viens juste d'arriver."
"Un elfe?" La tête de gauche bascula légèrement. "Comme un elfe de maison ?"
Harry fronça les sourcils. "J'ai pas vécu dans une maison depuis longtemps", déclara-t-il. Les trois têtes le regardèrent.
"Hmm. Ça ne ressemble pas vraiment à un elfe de maison, non ?" Celle du milieu acquiesça.
"C'est jeune", dit celle de gauche. Elle sortit sa langue. "Mais ça a pas le goût d'un elfe de maison."
"Je pense que je suis un elfe de la forêt," offrit Harry, serviable. Les serpents semblaient sceptiques.
"Jamais entendu parler d'elfe de la forêt," dit celle de droite.
"Eh bien, ce n'est pas parce que t'en as pas entendu parler que ça n'existe pas", répliqua celle de gauche. "T'es pas le reptile le plus intelligent sous le ciel bleu de Salazar."
"Eh bien, par extension, t'es aussi idiot que moi," dit la première, irritée. Harry remarqua que celle du milieu semblait regarder au loin, enchantée.
Un trio étrange, vraiment.
"C'était agréable de vous rencontrer," dit Harry. "Je vous verrai dans la forêt, alors ?"
Les deux têtes sortirent de leur dispute pour le regarder à nouveau. "D'accord, d'accord", déclara la tête de droite. "On terminera cette discussion plus tard, elfe."
Harry hocha la tête et s'en alla.
Le serpent à trois têtes s'avéra être un ami inestimable. Elles le trouvèrent le lendemain, écorché à plusieurs endroits et guérissant lentement ses blessures avec une petite grimace à chacune, et firent un bruit de désapprobation.
"T'as essayé de grimper dans un arbre à Botrucs, n'est-ce pas ?" La tête de droite sortit sa langue pour enquêter. "Oui, c'est ça. Ils n'apprécient pas les intrus."
"J'ai capté," dit Harry d'un ton grincheux. Après avoir guéri une autre petite entaille sur son épaule, il s'arrêta pour réparer l'endroit où son pull s'était aussi déchiré. Les serpents regardèrent Harry boire une gorgée d'eau dans la bouteille de soda qu'il avait piquée dans l'une des villes qu'il avait passer en route vers cette forêt, et continuer à se soigner.
"Tu devras leur offrir des cloportes si tu veux quelque chose de leurs arbres", suggéra la tête de droite. La tête gauche marmonna quelque chose de désobligeant qui fit siffler l'autre tête vers elle. La tête du milieu regardait à nouveau dans le vide, murmurant faiblement pour elle-même. Les deux autres travaillaient ensemble pour traîner son poids mort pendant qu'elles se déplaçaient.
"Sinon," continua la tête droite, "Évite-les simplement. Tu devrais être capable de dire quel arbre est quel-"
"-par les Botrucs qui t'attaque," dit celle de gauche.
"Par la magie. Les Botrucs vivent généralement dans les arbres magiques," dit la tête droite, agacée. "Tu peux le goûter sur eux."
"C'est un satané mammifère", souligna la tête gauche. "Un primate, même. Ça peut pas goûter."
"Hé, je peux," s'opposa Harry. "Juste pas aussi bien que vous le pouvez."
Si les serpents pouvaient rouler des yeux, la tête gauche serait en train de le faire, Harry pouvait le dire.
"Pas assez bien, je veux dire," traduisit-elle.
"Essaye au moins", suggéra la tête droite. "Allez. Cet arbre, là. C'est un arbre magique ou pas ?"
Harry regarda l'arbre que le serpent indiquait. "Celui-là n'est pas magique."
"Voilà!" dit la tête droite, fière et jetant un regard arrogant à l'autre. "Tu vois, il peut le faire ! Comment tu l'as su ?"
Harry hésita. Le serpent était si fier. "Je… eh bien, j'ai dormi dans celui-là la nuit dernière."
"Oh." Maintenant, la tête gauche était prétentieuse. La tête droite persista. "Eh bien, qu'en est-il de celui-là ?"
Harry regarda l'arbre à côté du premier. "Comment je peux savoir ?"
"Tu dois goûter à la magie," expliqua la tête droite.
"Il a déjà dit qu'il ne pouvait pas goûter aussi bien que nous", critiqua la tête gauche. "Ça va pas marcher."
"Ferme ta gueule," dit la tête droite, et se retourna vers Harry. "Maintenant, vas-y et essaie de goûter."
Harry se dirigea vers l'arbre et s'arrêta à une distance sûre, au cas où il y aurait des Botrucs. Il le regarda plus intensément, puis inspira profondément. Il goûta surtout la forêt. Mousse et humidité et bois et tranquillité et, légèrement, excréments. Il nota aussi qu'il avait besoin de se baigner bientôt.
"Concentre-toi sur les différentes odeurs", ordonna la tête droite. "Qu'est-ce que tu goûtes ?"
Harry inspira profondément à nouveau, fermant les yeux. Il énuméra à haute voix les différentes odeurs.
"Bien," dit la tête droite d'un ton encourageant. Ils ignorèrent tous les deux le commentaire sarcastique inutile de la tête gauche. "Alors, l'arbre est magique ou pas ?"
Merde si Harry savait. "Euh... non ?"
"Parfait!"
Harry rayonna. Le serpent se fraya un chemin à travers la forêt et s'arrêta devant un arbre particulièrement grand. "Et celui-là ?"
En inspirant, Harry se concentra. Il pouvait goûter les mêmes choses qu'avant.
"Pas ?" devina-t-il au bout d'un moment. La tête gauche se moqua.
"Tu vois ? Ça peut pas faire la différence. C'est inutile de faire ça", dit-elle. La tête droite siffla.
"Essaye encore," dit-elle. "Concentre-toi attentivement. Trouve une différence entre ce que t'as goûté au dernier arbre et ce que t'as goûté ici."
Après une minute de silence, Harry osa deviner. "Euh... ma langue me picote un peu ?"
"Bien, bien. Allons voir si tu peux distinguer les autres."
Et ainsi, ils se déplacèrent d'arbre en arbre, Harry diagnostiquant chacun comme magique ou pas. Parfois, c'était assez évident, surtout dans le cas de l'arbre où un Botruc dressa sa tête en forme de bâton vers eux, et Harry trébucha en arrière, tombant presque en voulant prendre la fuite. Il commençait lentement à reconnaître les signes d'un arbre magique sans avoir à repérer de Botruc, et prit soigneusement note de l'apparence de ceux magiques, au cas où il aurait besoin de les éviter à l'avenir. La tête droite du serpent expliqua également ce qu'étaient les cloportes et où les trouver, avec un flot de commentaires de la tête gauche.
Finalement, elles commencèrent à se chamailler et Harry les laissa faire, satisfait du déroulement de sa journée et prêt à explorer davantage son nouvel environnement.
