Chapitre 7 : Harry gagne un meilleur ami

A/N : Merci pour tous les avis et commentaires ! Je ne possède pas non plus le DiscWorld ou tout ça. J'aimerais être Terry Pratchett. Le changement de sexe en vaudrait la peine.


Harry commença à garder un œil sur les bâtiments au goût magique et de tailles déséquilibrées pendant qu'il voyageait. D'une part, il pouvait souvent y trouver de la nourriture pour peu qu'il joue bien ses cartes et ait l'air propre. D'autre part, il y avait toujours des choses intéressantes à échanger à l'intérieur.

Harry s'éloignait de l'un de ces établissements en mangeant une cuisse de dinde et examinant ses nouvelles lunettes (piquées à un ivrogne endormi, mais il voyait mieux avec. Il cherchait une nouvelle paire depuis un moment déjà), quand il entendit un léger gémissement et regarda autour de lui.

Rien ne sortait de l'ordinaire, mais cela ne voulait pas dire que ce n'était rien. Il n'y avait pas deux semaines, Harry avait entendu un bruit étrange venant du sol près de là où il avait déterré des pommes de terre. Il déterra la plante criarde, curieux, et constata que les racines hurlaient. Le son était suffisamment puissant pour que Harry s'effondre presque alors qu'il disparaissait, se réveillant des heures plus tard dans une forêt sombre.

Harry était désormais prudent face aux bruits étranges. Alors quand il l'entendit à nouveau, il se retourna et se glissa vers le son, prêt à disparaître s'il le fallait.

Il s'avéra qu'il n'en eut pas besoin. Ce n'était qu'un chien, gémissant, blotti à côté d'un portail bancal. Harry fronça les sourcils.

"À qui appartiens-tu ?" demanda-t-il. Le chien ne répondit pas, mais renifla curieusement les doigts de Harry. Harry se souvint qu'il avait mangé de la dinde lorsqu'il tendit la main et le chien commença à lécher sa paume avec vigueur. Il arracha un bout de viande de l'os et la tendit, en faisant attention à ses doigts pendant que le chien la gobait. Harry regardait le chien manger et s'éloignait quand celui-ci recommença à gémir. Quand il se retourna, Harry réalisa que le chien le suivait. Plus précisément, il boitait après lui.

Il soupira et revint sur ses pas, s'agenouillant. La patte du chien avait une coupure assez moche. Harry essaya de la réparer, mais cela n'aidait qu'un peu, et le chien retira sa patte, alarmé et hargneux. Harry réussit à le calmer avec des sons apaisants et un peu plus de dinde, et répara sa patte à nouveau, puis dut répéter le processus quatre fois de plus avant que la plaie ne se referme enfin.

Le chien lécha le visage de Harry, et Harry aurait pris cela comme un signe d'affection s'il ne savait pas qu'il avait de la graisse de dinde sur tout le menton. Il laissa le chien le lécher quand même, riant quand cela chatouillait, et le nourrit du reste de sa cuisse de dinde.

Lorsqu'il se leva pour aller dans le bois voisin, le chien le suivit en remuant la queue.


Harry et le chien faisaient une bonne paire. Le chien était très doué pour détecter les intrus et grognait chaque fois qu'un humain qui n'avait pas le goût magique s'approchait (Harry avait commencé à les appeler « rassis » dans sa tête, car il aimait le goût de magie, et quelqu'un sans avait un goût de pain dur sans saveur). Le chien attendait assis tranquillement pendant que Harry donnait ses faveurs, et Harry pouvait se faire passer pour un elfe sage et éternel à toute personne de moins de treize ans.

Il était également possible de parler à un certain type d'adulte. Ceux qui avaient le goût magique remettaient beaucoup moins en question la manière dont Harry s'habillait du moment que ses cheveux étaient plutôt coiffés, et les gens qu'il voyait dans les bars étaient généralement trop ivres pour remettre en question son histoire ou demander où étaient ses parents. . C'était étrange, parce qu'il savait pertinemment que les gens rassis ne permettraient pas à un garçon de son âge d'entrer seul dans un bar, mais personne ne l'interrogeait dans des endroits qui avaient un goût magique.

Ce soir, plutôt que de parler à l'un des hommes affalés sur un tabouret de bar, Harry parla avec une jeune barmaid. Il avait été prêt à disparaître lorsqu'elle l'avait approché la première fois, mais il ne résista pas à sa joie palpable lorsqu'il lui avait dit qu'il était un elfe. Il lui montra même ses oreilles, qui l'émerveillèrent. Elle venait juste de sortir de Poudlard, lui dit-elle. Poufsouffle. Peu importe.

Harry avait finalement décidé d'aller au bout du mystère 'plus grand à l'intérieur qu'à l'exterieur', donc après s'être assurer qu'elle était fréquentable, il attendit qu'elle ait un moment libre et attira son attention.

"Madame," dit-il, s'agenouillant sur son tabouret de bar et se penchant sur le comptoir avec ses coudes. Elle lui a souri montrant ses fossettes et servit une autre bière à un homme encapuchonné à l'autre bout du bar.

"Qu'est-ce que je peux faire pour toi, chéri ?" demanda-t-elle, et s'appuya sur le bar avec lui d'une manière conspiratrice. "J'ai quelques minutes de libre, alors fais-ça vite."

Harry lui sourit quand elle lui fit un clin d'œil.

"Je voulais savoir quel genre de magie rend le bar tellement plus grand à l'intérieur ?" demanda Harry. "La magie elfe est un peu différente de celle que vous avez."

La barmaid avait l'air de vouloir lui pincer la joue. Harry était heureux qu'elle se retienne. "Ça s'appelle l'espace sorcier," lui dit-elle. "C'est un sort d'expansion limité, fastoche. Le bâtiment est plutôt grand, donc c'était un peu plus compliqué il nous a fallu être tous les quatre plus un spécialiste pour faire les choses bien. Mais pour quelque chose de petit comme ton sac, je peux le faire en une minute, pas de problème."

Harry regarda son sac, puis la barmaid. Il s'assura d'élargir un peu les yeux et de la regarder par dessous sa frange. Ça avait fonctionné dans le passé. "Génial ! Tu peux me montrer ?"

"Bien sûr, chaton." Elle lui toucha le menton de son pouce, et Harry réussit ,à peine, à s'empêcher de sursauter. Il avait probablement de la chance que quelqu'un l'appelle une seconde plus tard, car il était sûr qu'il faisait une grimace. Elle leva un doigt et se précipita pour s'occuper d'un client, laissant Harry reprendre ses esprits. Les gens ne le touchaient pas, magiques ou rassis.

Elle avait dit qu'elle lui montrerait le sort sur son sac, alors Harry le vida soigneusement, enveloppant le tout dans le morceau de tissu déchiré trouvé au fond de son sac qui avait été un long t-shirt autrefois.

Quand elle revint, il posa son sac sur la table avec des yeux pleins d'espoir. Elle lui sourit et sortit son bâton magique, touchant le sac avec.

"Oh, oh, il est bien usé," dit-elle, et elle lança une série rapide de sorts qui rendirent son sac plus neuf et plus solide presque instantanément. Harry était déjà content. Quand elle fronça les sourcils devant le sac et agita son bâton en un cercle au-dessus de l'ouverture, il se pencha en avant. Alors qu'elle traçait le cercle, elle enfonça son bâton dans le sac, de plus en plus profond, et Harry regarda avec quelque chose comme de l'émerveillement alors que son bras disparaissait de plus en plus loin dans le sac, jusqu'à ce que tout son bras jusqu'à l'épaule ait disparu.

"Nous y sommes," dit-elle, retirant son bras et hochant la tête avec satisfaction. "Ça va le faire. Tu vois? Fastoche."

Harry rayonna vers elle. "Merci, madame." Il fouilla dans son baluchon d'affaires et chercha quelque chose de convenable. Une nuit, ennuyé, il avait tressé des cheveux de licorne et les avait tissés autour d'un œuf d'Ashwinder congelé, qu'il avait récupéré alors qu'il espionnait, plus au nord, un petit garçon apprenant à chasser des créatures par son père. Cela faisait un joli collier, qu'il lui présenta. "Pour ta peine," dit-il alors que ses yeux s'écarquillaient.

Il rangea ses affaires dans son sac pendant qu'elle s'extasiait, ravi de ses poches nouvellement agrandies et de la quantité d'espace qu'il avait maintenant. Il leva les yeux et la vit admirer son collier dans le miroir au-dessus du bar, et en profita pour disparaître. Elle avait l'air prête à lui faire un bisou ou quelque chose comme ça.


Au fur et à mesure que les mois passaient et que la brise chaude d'été se transformait en un vent d'automne froid et mordant, le chien restait dans les parages, peu importe où Harry allait. Dormir dans les arbres est devenu une chose du passé, excepté une semaine par mois.

Au lieu de cela, il se recroquevillait avec le chien sous des buissons ou à l'intérieur de petites grottes quand ils les trouvait, bien que Harry apprit rapidement à vérifier les murs de la grotte pour des signes de mine après une altercation avec un nain mécontent qui était fâché parce que la fumée du feu de Harry ruinait la qualité de l'air dans sa mine. Harry avait calmé les choses en partageant une grande partie de la dinde qu'il avait attrapée, et le nain resta un moment, expliquant les différents signes de mines et pourquoi Harry devrait probablement se barrer en les voyait pour la plupart.

Le chien était doué pour faire le guet quand ils trouvèrent enfin un endroit sûr pour se reposer, et Harry se sentait suffisamment en sécurité et au chaud pour dormir profondément quand il était là. Harry et le chien ne parlaient pas anglais. Ils communiquaient généralement par des aboiements, des grognements et du langage corporel. C'était vraiment une question de ton. Harry pouvait exprimer la plupart des sentiments et pensées avec le chien qu'avec les serpents et les humains. Parfois, plus.

Harry était particulièrement reconnaissant de la présence du chien pendant la saison des récoltes. Les champs regorgeaient de nourriture, et Harry et le chien prirent ce qu'ils voulaient et remplirent joyeusement son sac agrandi.

Ce fut quand Harry passa une petite porte à bétail dans l'Essex et ressentit un étrange frisson qu'il sut que quelque chose n'allait pas. Il prit une profonde inspiration et goûta la magie, mais elle avait une saveur aigre-douce. Il siffla le chien, qui s'arrêta et dressa les oreilles.

"Qui es là?" La voix de l'autre côté de la porte surprit fortement Harry, et il se retourna pour la rencontrer avec appréhension.

C'était une vieille femme, aux cheveux gris et vêtue d'une robe, lui lançant un regard noir et pointant un bâton magique sur son visage.

"Je suis un elfe," dit Harry, essayant d'empêcher sa voix de trembler. Il ne pouvait pas laisser le chien et il ne savait pas à quel point la disparition fonctionnerait s'il essayait de l'emmener avec lui.

"Tu ressembles pas à un elfe de maison pour moi, garçon," dit-elle, le regardant de haut en bas. "C'est ton clebs ?"

"Il est avec moi," admit Harry, se demandant ce que voulait dire clebs, et si elle les insultait. "Je suis pas un elfe de maison. Juste un elfe normal."

"C'est ça, et je suis la foutue ministre de la Magie," ricana-t-elle. "Qu'est-ce que tu fais dans mon champ ? T'es un voleur, garçon ?"

"Non," dit Harry, même si c'était techniquement un mensonge. "Je suis un elfe. Un elfe de la forêt. Je peux te faire une aubaine si tu veux."

"Je veux pas des ordures d'un voyou." Elle l'accusa a de la main noueuse qui ne tenait pas sa baguette. "Je veux que tu dégages ma propriété, tu m'entends ?"

Harry hocha la tête et commença à s'éloigner d'elle. "Par là," dit-elle sèchement, pointant derrière elle. Harry la fixa, confus. Aller « par là » signifiait retourner par la porte et passer juste à côté d'elle, à portée de main. Plus précisément, Harry n'aimait pas la sensation qu'il avait eu en franchissant la porte, et il n'aimait pas le goût de magie autour de lui, en ce moment-même. Quelque chose n'allait pas avec celui-ci, comme s'il avait été trafiqué. Il avait peur de ce qui pourrait arriver s'il essayait de disparaître alors que la magie avait un goût comme ça.

De toute manière, elle pourrait essayer de le blesser ou de l'attraper et l'emmener à la police. Ce ne serait pas la première fois que quelqu'un essayait, même si Harry était rapide et réussissait généralement à disparaître avant qu'ils ne l'attrapent. Il ne pouvait pas quitter le chien, cependant, et le goût bizarre de la magie l'inquiétait. Il émit un petit gémissement au fond de sa gorge.

Jusqu'à présent, le chien en question avait été silencieux, se pressant autour des jambes de Harry et observant les événements, mais là il laissa échapper un grognement sourd, dirigé vers la femme.

"Allez, avant que je change d'avis," dit la femme avec impatience, pointant à nouveau derrière elle. Harry se voûta et baissa la tête alors qu'elle le fixait. Le chien grogna à nouveau, lui montrant ses dents.

"Je ne suis pas un putain de Moldu," lança soudainement la femme, en direction du chien. Ses poils dressés, et un grondement menaçant continu émanait de sa poitrine. « Dis à ton clebs de se calmer, » dit-elle en regardant Harry.

Harry regarda le chien puis la femme, qui était soudainement moins menaçante.

"On partira si tu baisses ton bâton," dit Harry. "Et que tu t'éloignes de la porte au moins quelques mètres."

Elle plissa les yeux vers lui, mais le grognement du chien la fit reculer et baisser sa baguette, bien qu'elle la garda dans sa main.

Harry choisit de se faufiler à travers un trou dans la clôture, plutôt que de traverser à nouveau la porte, et son chien le suivit immédiatement après, les poils toujours dressés alors qu'il dévisageait la femme.

"Je le saurai si tu prends quelque chose," dit la femme à Harry, avant de disparaître avec un grand crac. Harry cligna des yeux à l'endroit où elle s'était tenue, surpris.

Inutile de dire qu'ils quittèrent la zone immédiatement.


Harry eut plus de bonbons lorsqu'il alla faire Halloween cette année avec le chien, qui était négligé et 'mignon' quand Harry arrivait à l'empêcher de grogner. Il ne grognait généralement que contre les gens rassis et les menaces, alors Harry finit par le faire attendre au bord de la route pendant qu'il montait aux portes rassises avec d'autres enfants.

En compagnie du chien, Harry garda une trace de ses voyages à travers l'atlas des Îles Britanniques qu'il avait reçu d'un garçon de quatorze ans (entre autres babioles assez utiles) en échange de confiance en soi (il avait demandé à être bon en tout ; le livre avait recommandé cela à la place), qui était venue sous la forme d'une bague formée en fondant une pièce d'argent que le garçon lui avait donnée. Elle avait ensuite été bouillie dans une boîte remplie de Ravegourde et de livèche, puis soigneusement sculptée au couteau avec une alternance de Kenaz et Sowilo.

D'après la carte, il avait déjà été dans la forêt de Dean, et Harry pensait qu'il avait peut-être été près de Guildford pendant un certain temps avant cela. Il avait été près de Sheffield, puis autour de Corby pendant un moment jusqu'à ce qu'il commence à faire froid. Il se souvint que le Hampshire avait été plus chaud l'année dernière, alors il se dirigea vers le sud à un rythme soutenu, espérant dépasser l'hiver et faire des réserves comme l'année dernière. Il pensait qu'il était peut-être près de Salisbury à ce point.

Les bottes de Harry s'avéraient indispensables. Non seulement elles lui allaient parfaitement (ce qui était extraordinaire en soi ; il n'avait jamais eu de chaussures à sa taille auparavant), mais elles gardaient également ses pieds au chaud, peu importe ce que ressentait le reste du corps. Ça, en plus de sa chemise et ses gants en laine de mouton (qui étaient restés en boule au fond de son sac tout l'été) et son chien de compagnie, permettaient à Harry de bouger et travailler même après le début de la neige.

Il réussit à trouver une bonne cachette à Shaftesbury et disparaissait entre là et sa petite grotte dans un bois voisin aussi souvent qu'il le pouvait. Lentement, il a rempli son sac agrandi de denrées non périssables provenant des poubelles de la ville. Lui et le chien dormaient recroquevillés ensemble devant un petit feu la plupart des nuits, mais pendant la pleine lune, ils s'aventurèrent en ville et dormirent sous le porche d'une maison ayant une grande clôture, au cas où.

Harry se fustigeait fréquemment pour avoir laissé les préparatifs pour l'hiver si tard. L'année dernière, à cette époque il s'ennuyait ferme, mais cette année, il devait encore s'assurer que lui et le chien ne mourraient pas de faim. Il s'était trop habitué à chasser et à vivre de semaine en semaine pendant l'été, c'est tout. Il ne referait plus cette erreur.


Un matin au lever du soleil, Harry se réveilla en se sentant bizarre. Il avait déjà été malade depuis qu'il était tout seul, même en hiver, mais ça ne ressemblait pas à ça. Il avait plus froid que d'habitude.

Il ouvrit les yeux, pensant que le chien s'était peut-être levé et était allé dehors, mais non. Le chien était toujours juste à côté de lui, dans la même position qu'il avait été quand ils s'étaient endormis la nuit dernière. Harry donna un coup de genou au chien, mais il n'eut pas de réponse.

En fait, le chien était plus froid que d'habitude. Plus froid qu'il ne l'avait jamais été. Harry enfonça ses doigts dans la fourrure emmêlée du chien. C'était comme s'il avait froid à l'intérieur autant qu'à l'extérieur. Harry fronça les sourcils et bouscula à nouveau le chien, en sifflant un peu.

Il ne bougea pas.

Harry poussa le chien et soudainement reconnut le genre d'immobilité qu'il voyait. Il l'avait vu des centaines de fois auparavant, chez des animaux qu'il chassait pour manger.

Le chien était mort.

Harry pressa ses lèvres l'une contre l'autre, et se précipita hors de la grotte sur ses coudes, saisissant par réflexe son sac et trébuchant sur les cendres de leur feu sans même s'en apercevoir.

Il atterrit dans la neige et fixa l'entrée de la caverne, clignant des yeux rapidement. Il resta là pendant un temps interminable, regardant l'intérieur de la grotte et luttant pour ne pas fondre en larmes. Toute sorte d'humidité était dangereuse en hiver.

Il avait l'impression que des jours s'étaient écoulés avant qu'il ne réalise enfin sa position et qu'il se dégage du trou dans lequel il était tombé. Son dos était gelé, la chemise en laine de mouton trempée de neige fondue. Harry l'enleva et commença immédiatement à trembler fortement. Un dernier coup d'œil à l'entrée de la grotte fit reculer Harry, et bientôt il se mit à courir.

Il disparut en plusieurs petits sauts vers l'autre bout de la forêt, se déplaçant aussi loin qu'il pouvait voir et essayant de s'éloigner le plus possible de la grotte. Enfin, il réalisa qu'il était épuisé et regarda autour de lui avec confusion. Il pensa qu'il avait voyagé suffisamment loin pour être hors de cette forêt. Elle paraissait petite sur la carte en tout cas.

Il s'arrêta de sauter et commença à marcher, trébuchant plutôt, jusqu'à ce qu'il en atteigne finalement l'orée et regarda une vaste clairière avec de la neige blanche et fraîche scintillant sur des hectares. Un élégant bâtiment de marbre était posé au milieu de l'énorme clairière, dont il était presque certain qu'elle n'était pas sur sa carte.

Harry se retourna et regarda la façon dont il était venu. Il était possible que la forêt soit un autre de ces endroits bancals, ceux qui étaient plus grands à l'intérieur qu'à l'extérieur, et que ce bâtiment soit à l'intérieur.

Il décida de rester à l'écart du bâtiment pour le moment. Ce n'était pas parce que tout l'endroit avait un goût magique riche et profond, qu'il aimerait les humains qui y passaient leur temps. Il aimait être prudent dans ses interactions avec les gens magiques. Ils pourraient être encore plus dangereux que les personnes rassises lorsqu'elles n'étaient pas adoucies par l'alcool.

Au lieu de cela, il se retira dans la forêt, trouva un endroit entre deux arbres qui était assez abrité et alluma un petit feu. Il pensa à la grotte, sûre et agréable, qu'il avait laissée derrière lui avec le chien pendant qu'il réchauffait son dos avec un feu. Il pensa au chien.

Harry se frotta les yeux avec les talons de ses paumes et se força à respirer normalement malgré la douleur dans sa poitrine. Quand son dos fut trop chaud, Harry se retourna et laissa le vent refroidir le tissu encore humide alors qu'il s'accroupissait devant le feu et le laissa sécher son visage à la place. La chaleur lui léchait les joues et la fumée lui montait aux yeux, mais il ne s'en détourna pas jusqu'à ce que son dos lui fasse mal à cause du froid.

Il avait aimé son chien.