Chapitre 9 : Harry devient un elfe sédentaire

T/N: Coucou voilà un nouveau chapitre. J'espère que vous avez passé un très bon lundi de la Pentecôte ! Bonne lecture :)

A/N : Plus que deux chapitres, même si je dois vous avertir que l'histoire ne s'arrête pas là. Il y a bien une suite !


Fidèle à sa parole, le garçon revint le lendemain, voulant construire un autre dragon de neige. Cette fois, il apporta à Harry une cape chaude, ce que Harry pensait être l'idée de l'elfe de maison puisqu'elle était même de couleur marron. Quoi qu'il en soit, Harry l'enfila par-dessus sa chemise rembourrée en laine de mouton et eut presque immédiatement trop chaud. Il n'avait pas ressenti une telle chaleur loin d'un feu depuis le mois d'août. Il enleva la chemise et la remit dans son sac avant qu'ils ne se mettent au travail. Aujourd'hui, il avait pu pratiquer le séchage que l'elfe de maison lui avait montré hier, ce qui plut énormément au garçon.

Harry se mit à dormir dans les écuries, car la seule grotte qu'il avait réussi à trouver à proximité avait un signe de mine qui se traduisait par l'Obscurité de celle-ci. Harry ne savait pas grand-chose sur les nains, mais on lui avait suffisamment parlé de l'Obscurité pour savoir qu'il ne dormirait pas dans une grotte ayant cet avertissement. L'elfe de maison lui rendait visite quotidiennement, apportant généralement de la nourriture. Il disait que le garçon le lui avait ordonné pour que Harry ne parte pas, et Harry était bien content d'accepter, car la nourriture était toujours copieuse et délicieuse. Le plus souvent, le garçon venait aussi lui rendre visite et ils jouaient ensemble, ce qui signifiait que le garçon essayait souvent de récupérer sa balle d'or. Harry l'attrapait toujours en premier.

Une chose qui déstabilisait presque constamment Harry était le contact physique occasionnel que le garçon faisait régulièrement. Ce n'était pas quelque chose qu'il n'avait jamais vu les enfants faire avant, mais Harry n'avait jamais été participant. Le garçon ne semblait pas s'en soucier. Il attrapait le poignet de Harry pour le tirer quelque part, ou s'appuyait sur Harry quand ils étaient fatigués de courir, et un après-midi très mémorable, lors d'une bataille de boules de neige, le garçon l'avait plaqué au sol. Harry avait presque disparu sur le coup, tellement il était surpris.

L'exploration du terrain était toujours une priorité pour Harry, même s'il ne s'approcha jamais trop près du manoir. Harry apprit rapidement qu'il pouvait s'en tirer de pas mal de choses quand l'elfe de maison et le seul enfant du manoir le gardait secret. Il trouva un jardin d'hiver et récolta quelques spécimens rares, que l'elfe de maison lissa pour lui en prétendant qu'ils s'étaient fanés et avaient été coupés.

Quand Harry renversa accidentellement une étagère de rênes et de cravaches dans l'écurie un matin, le garçon prit le blâme à contrecœur.

"Sais-tu ce que ma mère a dit ?" demanda-t-il plus tard, indigné. "Elle a dit, 'Il n'y a pas d'autres petits garçons dans les écuries, Draco.' " Il imita même une voix aiguë pour le dire. Harry sourit.

"C'est pas drôle," bouda le garçon. "Je suis puni, j'ai pas le droit de jouer dehors pendant une semaine."

Harry regarda autour de lui d'un air insistant, les sourcils levés. Ils se tenaient actuellement à la lisière de la forêt.

"Eh, je devais bien te le dire, non ?" Le garçon le fusilla du regard un peu plus. "Dobby va me faire entrer en douce dans une seconde. Tu ferais mieux de ne pas disparaître pendant que je suis coincé là-dedans."

"Je serai là quand tu sortiras," promit Harry, et il rit quand le garçon tira la langue et tourna dramatiquement les talons, marchant vers le Manoir.

Harry fit très attention à ne pas causer de problèmes cette semaine-là puisqu'il ne serait pas en mesure de mettre la faute sur le garçon. Une fois qu'il fut à nouveau autorisé à jouer dehors, Harry reprit ses investigations et trouva un joli groupe d'arbres fruitiers qui semblaient insensibles aux intempéries, et où poussaient toutes sortes de pommes, poires et même cerises. Harry se servit.

Les dragons de neige avaient fondu depuis longtemps, et maintenant le garçon voulait construire un sorcier de neige. Il sortit même une écharpe et une casquette pour le sorcier, ce que Harry trouva étrange. Vouloir garder une créature faite d'eau glacée au chaud semblait peu pratique voire impoli. Harry, en revanche, était un mammifère, et les mammifères étaient naturellement chauds. C'était sensé qu'il le reste, alors il prit la casquette et l'écharpe pour lui-même.

Harry trouva les serres quelques semaines plus tard, lors d'une partie de cache-cache entre Harry, l'elfe de maison et le garçon (selon Harry, le garçon était gravement désavantagé), et trois jours plus tard, le garçon le confronta .

"Dis, t'as cassé une des fenêtres de la serre ?" s'exclama-t-il en tendant la main en direction du désordre. Harry cligna des yeux vers lui.

"Peut-être", admit-il. "Mais il y avait de la magie partout sur la porte. Cette fenêtre n'était pas du tout couverte."

Le garçon mit ses mains sur ses hanches. "Eh bien, pourquoi as-tu dû le casser ?"

"Je voulais entrer, bien sûr," dit Harry. "C'était verrouillé."

"Tu m'as encore mis dans le pétrin !" Il croisa les bras, sa lèvre inférieure faisant la moue. "Je suis privé de dessert pendant une semaine. Il y a de la tarte à la crème ce soir, tu sais."

Harry ressentait très peu de sympathie pour lui. "Je peux l'avoir à la place ?"

"Non," dit fermement le garçon. "Personne n'a de tarte à la crème."

"Merde," dit Harry, s'affaissant.


Harry resta suffisamment longtemps pour qu'il n'ait plus besoin de porter la cape toute la journée, même si le garçon lui restait emmitouflé.

"Il y a encore de la neige dehors," expliqua-t-il un jour. "Maman dit que je dois porter le bonnet et l'écharpe jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus."

Chaque fois que le garçon venait le chercher, il apportait toujours un peu de nourriture ou un gadget utile. Il s'avéra que Harry avait raison que l'objet était choisi par l'elfe de maison. Parfois, le garçon exprimait sa confusion à propos de l'objet en question, comme lorsqu'il avait apporté à Harry un livre sur les sortilèges de la maison les plus répandus. Harry avait été ravi, ce qui ne faisait qu'apporter plus de confusion au garçon.

Le jour suivant, le garçon lui apporta un livre sur le 'Quidditch', quelque chose qu'il avait mentionné auparavant.

"Puisque tu aimes les livres," expliqua-t-il quand Harry lui lança un regard dubitatif. "Le Quidditch c'est génial."

Harry garda le livre et le lut consciencieusement. Cela semblait être un sport que les gens magiques pratiquaient, dans les airs. Cette partie était intrigante. Le ballon d'or que le garçon lui avait donné en faisait partie.

"Nous avons un terrain de Quidditch," déclara le garçon, la fois où le sport fut à nouveau sujet de discussion. "Viens, je vais te montrer."

La neige fondait, et Harry pouvait voir des bouts de verdure entre des tas de blanc alors qu'il était traîné à travers le terrain par son poignet. Le garçon lâcha sa main lorsqu'il atteignit le centre et se tint au milieu d'un bout de pelouse, pointant du doigt divers points clés du terrain.

"Il y a le hangar à balais, et ce sont des poteaux de but, évidemment. Là c'est la ligne de départ, et c'est là-bas que maman s'assoit pour m'encourager quand je joue."

Harry hocha la tête tandis que le garçon continuait de parler.

"Je vais jouer pour Serpentard quand je serais à Poudlard," dit-il. "Je vais être l'Attrapeur. C'est le meilleur poste de l'équipe, tu sais."

"Vraiment?" Harry fit une pause. "D'ailleurs, c'est quoi Poudlard ?"

La bouche du garçon s'ouvrit béate. "Tu connais pas Poudlard ? Comment tu peux ne pas savoir ?"

"Allez c'est quoi?" demanda Harry, se sentant un peu agacé par ce qu'il trouvait être une réaction excessive.

"C'est la meilleure école de magie du Royaume-Uni", expliqua-t-il. "Bien que Père dise que Durmstrang est meilleure, mais c'est super loin en Bulgarie. Je pourrais peut-être y aller, en fait. Père dit que c'est la meilleure pour apprendre la Magie Noire. Poudlard n'enseigne que la Défense."

"Oh, je vois," dit Harry. "Bien sûr que je n'en ai pas entendu parler. Est-ce que les elfes vont à l'école là-bas ?

Le garçon plissa le front. "Je ne pense pas ?"

"Bien, on l'a maintenant." Harry acquiesça. "Ça n'a rien à voir avec moi."


Un jour après la fonte de la majeure partie de la neige, Harry et le garçon étaient assis ensemble sur les racines d'un arbre près de la lisière de la forêt. Ils étaient en pleine conversation alors que Harry ramassait des cloportes, jusqu'à ce que le garçon réalise soudainement que Harry avait complètement oublié son nom. Il fixa Harry, consterné, la bouche grande ouverte.

"Dray-ko Mal-foy," énonça-t-il prudemment, grimaçant à la vue des minuscules créatures que Harry rassemblait. "Vas-y, répète après moi. Dray-ko..."

Harry fronça les sourcils et fit basculer un autre insecte dans le bocal. "Draco."

"Bien. Mal-foy."

"Je suis pas stupide."

Le garçon lui lança un regard noir et se pencha plus près. "Mal. Foy."

Harry soupira. "Malfoy."

"Super ! Maintenant, dis les deux."

"Draco Malefoy," dit Harry en roulant des yeux. "Je pense pas que c'est nécessaire."

"Je pense pas que c'est nécessaire, Draco," corrigea le garçon, insistant en pointant du doigt Harry. Harry soupira, cueillant un cloporte sur son poignet.

"Draco," répéta-t-il, pour le calmer.

"Bien. Maintenant, comment est-ce que je vais t'appeler ?"

"Je te l'ai dit," dit Harry âprement, fermant le pot de cloportes. "Les elfes ne disent pas leurs noms aux gens."

"Je sais," dit le garçon. "Mais ça veut pas dire que je ne peux pas t'appeler quelque chose."

"C'est ridicule."

Le garçon le fit taire avec un autre regard noir. "Tu es mon elfe," dit-il. "Alors je peux te donner un prénom si je veux."

Harry se pencha en arrière, haussant les sourcils. "Excuse-moi?"

"Je pense que tu ressembles à un Hypérion," dit le garçon, et tira une de ses manches d'une manière tatillonne et capricieuse. "Je vais t'appeler Hypérion."

Harry ouvrit la bouche, consterné. Les mots ne sortiraient pas, jusqu'à ce que: "Tu peux pas m'appeler Hypérion."

"Pourquoi pas?" Le garçon semblait vraiment confus. "Tu n'aimes pas ?"

"Non, j'aime pas du tout !" s'exclama Harry. "Et je ne suis pas ton elfe. Je suis un elfe en visite."

"Mais tu es mon elfe," dit le garçon, ses grands yeux gris suppliants. "Tu restes ici parce que je t'apporte des choses et que nous jouons ensemble. Tu serais l'elfe de qui d'autre ?"

Harry était impassible. "Je n'appartiens à personne."

"Mais tu es un elfe," fit remarquer le garçon d'un ton raisonnable. Il regarda Harry comme s'il était fou. "C'est ce que font les elfes. Ils appartiennent à quelqu'un."

Harry se leva. "C'est peut-être ce que font les elfes de maison," dit-il sévèrement, "Mais les elfes de forêt ne font pas ça."

Et avec ça, il a disparu.


Harry était offensé et prêt à partir. Il était en train de rassembler quelques derniers objets dans les écuries quand l'elfe de maison apparut derrière lui.

"Dobby veut demander à l'elfe de la forêt de rester," dit l'elfe de maison en tordant ses doigts dans sa taie d'oreiller. "Maître Draco dit à Dobby de dire que Maître Draco est désolé et n'appellera pas l'elfe de forêt Hypérion si l'elfe de forêt ne le veut pas."

Harry, qui s'était figé lorsque l'elfe de maison apparut, termina de ranger une cravache dans son sac et se retourna. D'après l'expression de son visage, l'elfe de maison n'était pas dupe mais pas particulièrement concerné par Harry et ses mains qui traînaient. Harry lui lança un rapide sourire, puis redevint sérieux.

"Je ne lui appartient pas," dit Harry. L'elfe de maison hocha vigoureusement la tête, ses oreilles volant au gré du mouvement. "Du moment qu'il comprenne ça."

"Maître Draco est compréhensif," lui assura l'elfe de maison. "Dobby a apporté de la tarte à la mélasse pour l'elfe de forêt, mais l'elfe de forêt doit promettre de rester."

Harry regarda l'assiette que l'elfe de maison avait sortie. Il s'était découvert un goût pour la tarte à la mélasse durant ces derniers mois.

"OK, OK," dit Harry, et il prit l'assiette. "Petit connard d'albinos égocentrique", marmonna-t-il pour lui-même. Quand l'elfe de maison lui demanda ce qu'il avait dit, il répondit : "J'ai dit merci beaucoup."


Malgré sa promesse, Harry commençait à sentir qu'il était temps de partir. Il resta encore une semaine, et exprima sa frustration en faisant un cercle de fées sur le terrain de Quidditch. Il n'était pas encore très doué pour les faire, mais il s'était renseigné dans l'un des livres que l'elfe de maison lui avait donné. Ils semblaient être un bon passe-temps pour un elfe.

Inutile de dire que le garçon n'était pas content.

"Tu m'attires toujours des ennuis !" dit-il, du cercle et le regardant avec horreur. "Qui va prendre la responsabilité pour ça ? Père sera furieux !"

"Je le trouve joli." désapprouva Harry. "Un peu brouillon sur les bords, mais je peux y m'améliorer avec de la pratique." Le cercle de fées était une tache arrondie de trèfles et de fougères aux feuilles triangulaires, de cinq mètres de diamètre. Harry avait choisi la fougère parce qu'il aimait son apparence et pensait qu'elle contrasterait bien avec l'herbe verte et lisse du champ. En effet, il trouvait son travail bien fait, tout bien considéré.

"Tu es impossible," dit le garçon. "Qu'est-ce que je suis supposé faire?"

"Fais semblant d'être aussi surpris et horrifié que lui," suggéra Harry, repensant à son temps avec les Dursley. "Ça marche parfois."

Le garçon se renfrogna. "JE SUIS aussi surpris et horrifié qu'il le sera !"

Harry réprima un sourire et répondit avec un ton sérieux. "Tout ira bien, alors."


Au final, les parents du garçon ne lui reprochèrent pas le cercle de fées, ce qui déçut un peu Harry. Cela signifiait qu'il n'avait aucune bonne raison pour ne pas informer de vive voix le garçon qu'il partait, plutôt que par l'intermédiaire de l'elfe de maison comme il l'avait prévu. Harry n'avait pas voulu, mais l'elfe de maison avait insisté sur le fait que le garçon serait très contrarié si Harry ne le faisait pas.

"Je pars aujourd'hui," dit Harry, refusant le sandwich que le garçon lui offrait.

Le garçon le laissa tomber dans l'herbe, assiette et tout, et fronça le nez et le front. Il avait abandonné ses vêtements d'hiver il y a des semaines, et ses cheveux blonds-blancs étaient presque aveuglants avec certains rayons de soleil.

"Pourquoi ? Est-ce à propos du cercle ?" demanda-t-il. "Je n'ai pas eu d'ennuis, je ne suis plus en colère contre toi."

"Non, c'est pas ça. Je dois juste y aller." En vérité, la météo commençait à être vraiment belle. A la même époque l'année dernière, Harry était déjà à quatre-vingt kilomètres de l'endroit où il avait passé l'hiver et était toujours sur la route. Il ne voulait pas rester plus longtemps dans le Wiltshire. "Écoute, ça ne dépend pas de moi," proposa Harry. "Ce sont les règles. Nos devoirs d'elfes, tout ça."

"Mais..." Le garçon hésita et regarda ses pieds. "Tu peux pas rester un peu plus longtemps ?"

Harry poussa un énorme soupir. Il se sentait comme un con maintenant. Mais il devenait agité. Il devait partir.

"Je suis désolé," dit-il. "Je dois vraiment y aller." Il fut frappé d'une inspiration soudaine. "Nous nous reverrons un jour, promis."

"Un jour bientôt?" demanda le garçon, sceptique.

"Peut-être," dit Harry, espérant qu'il avait l'air mystérieux. Le garçon ne sembla pas le croire.

Harry, qui n'avait jamais vraiment connu quelqu'un qui voulait prolonger le au revoir, en profita pour disparaître quand le garçon détourne le regard pendant une seconde, afin de se sauver de la situation gênante.

Il réapparut dans la forêt à environ un kilomètre de là et mit son sac à son épaule, se sentant un peu plus léger.

Il était à nouveau libre.


Le printemps était quand tout était jeune, frais et nouveau, ce qui signifiait entre autres qu'il y avait beaucoup de gibier dans les alentours. Il y avait aussi beaucoup d'animaux qui sortaient de l'hibernation, ce que Harry vit de ses propres yeux un matin alors qu'il marchait sur une piste de chevreuils dans le Gloucestershire, en chantant pour lui-même.

"Bonjour," dit une voix depuis l'arbre. "J'aime bien ta chanson."

Harry leva les yeux et vit un serpent qui pendait à une branche, le fixant. "Bonjour," répondit-il. "Merci. Un serpent à trois têtes me l'a appris."

"Il n'a pas essayé de te manger ?" Le serpent parut impressionné. "J'en ai rencontré un une fois. Il a essayé de me manger."

"Il essayait de me manger au début," dit Harry, offrant sa main à la petite créature. Il avait l'air jeune, pas très long et avec un zigzag noir sur le dos. Il accepta sa main après une brève hésitation et s'enroula autour de son poignet.

C'était définitivement un jeune, décida Harry. Les serpents plus âgés n'auraient jamais accepté cette main tendue.

"Je sens la nourriture," dit le serpent, et Harry sourit. Cela expliquait cela.

"T'en veux?" demanda-t-il en fouillant son sac avec son autre main et sortant un morceau de viande enveloppé dans un tissu. Le serpent siffla de plaisir et en dévora une grosse portion.

"T'es un drôle de serpent," lui dit le serpent après avoir terminé.

"Je suis pas un serpent," dit Harry. "Je suis un elfe."

"Est-ce que ça veut dire que tu me mangeras pas ?"

"Tant que tu me mords pas," acquiesça Harry. Le serpent s'enroula plus fermement autour de son poignet.

"Bien," dit-il d'un air endormi. "Où allons-nous?"

"À l'ouest," dit Harry. "Je veux voir l'océan."


Aller vers l'ouest emmena Harry dans une partie de sa carte qu'il était totalement incapable de prononcer. Cela n'avait pas vraiment d'importance, sauf quand il voulut faire une aubaine avec une adolescente.

"Comment peux-tu être un vrai elfe si tu parles pas gallois ?" lui demanda-t-elle, adossée à la porte de sa petite maison. Elle lui avait déjà assuré que ses parents n'étaient pas à la maison. Harry haussa les épaules.

"Je vis dans la forêt," dit-il. "Nous ne parlons ni anglais ni gallois là-bas."

"Tu parles quoi alors ?" demanda-t-elle en haussant un sourcil très sceptique.

Harry marqua une pause. Quelle langue parlaient-ils ?

"Hé," dit-il en bousculant le petit serpent qui dormait sur son épaule. "Quelle langue parlons-nous ?"

"Le Fourchelangue, bien sûr," murmura le serpent.

Harry assimila cela. "D'accord."

Il leva les yeux vers la fille, dont la main s'était levée pour se presser contre sa gorge pendant qu'elle la fixait.

"Fourchelang," répéta-t-il.

"Oh," dit-elle faiblement. "Je vois."

"Alors à propos de cette tunique," dit-il en haussant les sourcils.

"Je pourrais t'en faire une nouvelle," dit-elle, les yeux toujours écarquillés. "Mais ça prendra quelques jours. Tu fais à peu près la même taille que mon petit frère."

"Je reviendrai dans trois jours alors," dit Harry, reculant d'où il s'était appuyé sur le portail. "Qu'est-ce que je dois apporter avec moi ?"

Il la regarda se mordre la lèvre et se balancer d'un pied sur l'autre. "T'es vraiment un elfe ?" demanda-t-elle. Il acquiesça. "Alors tu pourrais m'apporter n'importe quoi ?"

"Tout ce que je suis prêt à te laisser" avertit-il. Elle hocha la tête rapidement.

"Bien sûr, d'accord." Elle le fixa encore un instant. "Ça va pas se devenir une de ces situations 'faites attention à ce que vous souhaitez', où je demande de l'argent et tu tues une personne riche de ma famille, n'est-ce pas?"

Harry cligna des yeux, pris de court. "Je pense pas", déclara-t-il. "Mais je devrais te dire que je touche pas à l'argent humain."

"Non, je ne veux pas d'argent de toute façon," acquiesça-t-elle, et elle se tapota le menton avec un doigt. "Qu'est-ce que je veux ? Quelque chose d'utile…"

"La dernière fille de ton âge a demandé une amulette pour faire que les garçons l'aiment," suggéra Harry. La jeune fille lui jeta un regard méprisant.

"S'il te plaît," dit-elle. "Pour qui tu me prends ? Quelque chose d'utile, j'ai dis." Elle réfléchit encore une minute. "Tu peux me rendre hyper-consciente de mon environnement ? Pour que je puisse toujours savoir ce qui se passe autour de moi, même si je le vois pas, tu sais ?"

"Oui," dit Harry, heureux qu'elle ait choisi quelque chose qu'il savait faire. Il s'était déjà fabriqué cette amulette une fois pour lui-même. "Je peux. Trois jours, alors."

Elle lui sourit. "A dans trois jours!"

Harry disparut, réapparaissant quelques secondes plus tard dans un champ de l'autre côté de sa maison et partit vers la forêt. Il devrait rester dans cette partie du Pays de Galles jusqu'à ce qu'elle finisse, mais cela en vaudrait la peine. Ses vêtements devenaient miteux et sa longue chemise n'était aussi longue. Il grandissait.