Chapitre 10: Harry se fait analyser en détail
A/N: J'ai mis longtemps à publier parce que la bibliothèque dans laquelle je travaille a déménagé dans un nouveau bâtiment, nous avons donc eu beaucoup de cartons, de déménagement, de déballage, de déplacements et de lecture des rayons à faire. Et je fais mon travail informatique au boulot, parce que mon ordinateur actuel est mort. Donc voilà. Pas beaucoup de temps pour écrire ces dernières semaines ! J'essaierai d'emprunter à nouveau l'ordinateur de mon coloc et de poster le prochain chapitre dans un temps plus raisonnable.
Sa nouvelle tunique était très jolie, et Harry la salit presque immédiatement, bien sûr. Elle avait été une nuance de vert foncé au début, et maintenant était plus une sorte de brun verdâtre que Harry préféra. Elle était un peu large, mais la fille lui avait assuré que s'il ressemblait à ses frères, il grandirait dedans.
Il atteint l'eau environ une semaine plus tard et resta debout sur une plage vide, la regardant. Il n'avait jamais vu l'océan auparavant. C'était assez grand. Le vent se levait alors que Harry regardait la mer. Déjà trempé par les embruns, il se rendait compte qu'il allait être encore plus mouillé. Il avait plu à plusieurs reprises au cours des deux dernières semaines. Harry appréciait la pluie sauf quand la journée était particulièrement froide.
Il se retourna et s'éloigna de l'eau. Le vent d'ici faisait en sorte que Harry ne profitait pas de cette pluie. Il devrait aller dans un endroit plus chaud.
Il avait vu un château près d'un petit village sur son chemin aujourd'hui, et pensait qu'il pourrait y avoir des écuries dans lesquelles il pourrait s'abriter. À tout le moins, il y avait un peu de bois à proximité.
Il retrouva le château, et alors qu'il atteignait le sommet de la colline sur laquelle il était construit, il se rendit compte qu'il y avait une barrière magique entourant le côté gauche de la colline. Elle avait une riche saveur et n'avait pas l'arrière-goût sale du genre de magie qui rendait Harry nerveux et le faisait se sentir piégé.
Il franchit la barrière et regarda autour de lui. Il y avait une autre aile du château qui n'était pas visible de l'extérieur de la barrière, avec un tas d'étals alignés devant les portes ouvertes, et une petite foule de gens au goût magique s'affairant autour d'eux. La pluie avait peu d'effet ici, disparaissant avant même d'humidifier les barnums.
Cela ressemblait à un marché. Personne ne jeta un second coup d'œil à Harry alors qu'il marchait d'étal en étal, lorgnant les marchandises. Il y avait de la nourriture à vendre, ainsi que des livres, des plantes et des animaux, morts et vivants. Il y avait des fioles de liquides éclatants, des tissus de couleurs variées et d'étranges bibelots de toutes sortes.
Harry s'arrêta à l'un des stands et regarda un petit globe rempli d'anneaux oscillants. Il se mit à siffler pendant qu'il observait. L'homme derrière la table le dévisagea, regard noir.
"Qu'est-ce que c'est?" demanda Harry en pointant l'objet. L'homme l'arracha.
"Sneakoscope," dit-il brièvement. "Cinq gallions."
Harry recula de la cabine, évitant l'expression sévère de l'homme.
À un autre stand, Harry fut chassé pour avoir touché une sorte de poussière noire scintillante. Il offrit d'échanger une aubaine à l'un des marchands contre un livre intéressant.
Elle lui lança un regard noir. "Seulement en gallions, gamin."
En regardant les autres personnes magiques, Harry supposa que les gallions étaient des pièces d'or. La monnaie, donc. Il soupira et se promena un peu plus avant de franchir la barrière magique pour retourner sous la pluie. Les humains étaient tellement obsédés par leur argent, pensa-t-il en examinant le pot de dards bleus qu'il avait piqué à l'un des étals les moins attentifs.
Harry suivit le rivage pendant quatre jours avant de rencontrer les abords d'une ville plus grande que d'habitude et il décida de repartir vers l'est. Il découvrit par inadvertance le but des dards bleus quelques semaines plus tard à l'extérieur de Coventry lorsqu'il se piqua avec un alors qu'il les examinait. Cela lui donnait le vertige, presque comme s'il flottait dans les airs. Après quelques minutes à sourire bêtement aux arbres, il regarda autour de lui et réalisa qu'il flottait vraiment dans les airs.
"C'est incroyable", dit-il au serpent, qui sortit la tête et siffla lorsqu'il réalisa à quelle hauteur du sol ils étaient.
"Est-ce que t'es un putain d'oiseau ?" demanda-t-il, s'enroulant autour du bras de Harry d'une manière mécontente et agitée.
"Non," dit patiemment Harry. "Je suis un elfe."
"Bien," dit le serpent. "Je déteste ces oiseaux. Fais-nous descendre maintenant."
L'effet de la piqûre ne s'estompa qu'après une vingtaine de minutes, pas que Harry ne s'en soucie beaucoup. Le serpent n'était pas aussi ravi de la situation, et passa l'entièreté de ces vingt minutes enroulé autour des poignets de Harry (que Harry maintenait serrés pour lui faire plaisir), en se plaignant d'une voix sifflante.
Harry se dirigea vers le sud après plusieurs semaines d'errance à travers les Midlands. Il aimait les comtés du sud. Ils étaient remplis de terres agricoles et de bois, et les grandes villes étaient assez faciles à éviter. Au moment où la météo commençait à se refroidir, Harry avait atteint un autre littoral près de Bodmin et avait fait le tour d'Exeter, pensant à trouver une belle forêt pour se préparer pour l'hiver en avance cette année.
Un après-midi, il passa près d'un village tranquille avec une pancarte indiquant 'Ottery St Catchpole', croquant un navet qu'il avait trouvé dans un jardin en passant. En quittant les abords du village, il aperçut au loin une maison asymétrique et un peu déséquilibrée, entourée d'un muret à l'intérieur duquel se trouvaient plusieurs poulets.
Harry inclina la tête, évaluant leur taille. Ces poulets étaient bons pour au moins trois repas du soir.
Il s'approcha avec des grandes foulées où il courrait-glissait facilement, une démarche qui envoûtait les enfants de la campagne. Alors qu'il approchait de l'étrange maison, il ralentit et regarda les fenêtres et les sorties. Il ne semblait pas y avoir de mouvement à l'intérieur, du moins pas de ceux annonçant un adulte.
Harry s'approcha, prenant soin de faire le tour de la maison et de l'observer sous tous les angles. Dans ce qui semblait être le jardin à l'arrière, deux garçons se poursuivaient en rond avec des bâtons magiques, criant et riant. Harry se percha sur le muret et attendit qu'ils le remarquent. Quand ils le remarquèrent finalement, Harry continua à regarder. Il fallait cultiver la bonne impression dès le début, quand il s'agissait d'enfants magiques. Ils étaient beaucoup plus sceptiques que leurs camarades rassis.
Les deux garçons roux s'approchèrent de lui avec précaution.
"Bonjour," dit Harry, accroupi sur le mur avec ses bras enroulés autour de ses mollets.
"T'es qui?" demanda l'un d'eux. Harry nota qu'ils étaient identiques, ce qui le fascinait. Il les regarda, déterminé à découvrir une différence.
"Je suis un elfe," leur dit Harry. Le garçon de gauche plissa les yeux. Il avait un peu de boue sur le front. "Un elfe de maison ? T'en penses quoi, Fred ?"
"Je peux voir la ressemblance, George," dit l'autre, penchant la tête en arrière et avançant le menton dans une parodie du pensif. "Un peu poilu pour un elfe de maison. Même si… "
"Il a à peu près la bonne taille, ouais."
Harry fronça les sourcils. "Non, pas un elfe de maison. Un elfe normal."
"T'es sûr?" demanda celui avec le front boueux, inclinant la tête et regardant Harry. "Parce que tes genoux sont-"
"-plutôt noueux pour quelqu'un qui n'est pas un elfe de maison."
"J'ai vécu dans un endroit où ils m'avaient confondu avec un elfe de maison, une fois," dit gravement Harry. "Ils me faisais faire toutes les corvées et vivre dans un placard. Pas un placard particulièrement joyeux non plus."
Les jumeaux considérèrent cette information. "D'accord, t'es pas un elfe de maison, alors," dit celui avec le front boueux.
"Pas si t'aimes pas les placards et les corvées, de toute façon," approuva l'autre. "Dommage. On aurait pu éviter de dégnomer le jardin."
"Ouais. Qu'est-ce qu'il pourrait être d'autre alors, Fred, mon cher ?" demanda celui au front boueux. Harry plissa les yeux.
"Eh bien, George," dit l'autre, "Il pourrait être un-"
"Je suis un elfe," l'interrompit Harry. "Un elfe normal. Pas du genre domestique, juste le genre qui traîne dans la forêt et fait des choses elfiques."
"Comme quoi?" demanda l'autre. Front boueux se pencha en avant avec intérêt.
Harry haussa les épaules. "Oh tu sais," dit-il. "Un peu de ci, un peu de ça. Communier avec la nature et tout. Garder les Secrets des Elfes. Faire des choses magiques et mystiques."
Les deux garçons semblaient quelque peu dubitatifs, ce qui déçut Harry. Habituellement, la partie de magie mystique les intéressait. Le truc des Secrets des Elfes fonctionnait aussi, au moins une fois sur deux.
"Je sais pas," dit l'autre.
Front boueux croisa ses bras. "Moi non plus."
Harry se hérissa. "Eh bien, si vous êtes si intelligents, qu'est-ce que vous pensez que je suis ?"
Les jumeaux s'animèrent soudainement. Ils se tournèrent l'un vers l'autre et commencèrent à converser à voix basse, jetant des coups d'œil à Harry de temps en temps, même si Harry pouvait les entendre de toute façon. Il avait une très bonne ouïe. Cela venait du fait qu'il était un elfe et peut-être aussi des oreilles pointues qu'une sorcière lui avait donné il y a quelques années.
"Peut-être. Ou, il pourrait être un gnome. Un gnome vraiment-"
"-grand. Le Roi des Gnomes, même !"
Harry fronça les sourcils. "Ça ressemble à quoi, un gnome ?" demanda-t-il, se rappelant vaguement avoir vu des nains de jardin à Privet Drive. "Ils ont pas des barbes ?J'ai pas de barbe."
L'autre le regarda de travers. "Quoi ? Non, ils en ont pas. Regarde-"
Les jumeaux errèrent tous les deux un peu plus loin dans le jardin. Harry se mit debout sur le mur et parcourut le périmètre jusqu'à ce qu'il soit plus proche de leur nouvelle position, curieux. Front boueux s'arrêta soudainement, et avec l'autre, ils se penchèrent ensemble et attrapèrent une créature ridée et criarde.
"Dégage, dégage !"
Harry hocha la tête en signe de compréhension. Il les avait déjà vus avant. Elles étaient généralement toujours prêtes à papoter au dessus d'un demi-lapin. Il ne savait pas qu'elles étaient des gnomes, c'est tout. Il n'avait jamais eu de raison de demander.
L'autre tenait la créature par les pattes et l'examinait avec méthode alors qu'elle s'agitait comme un serpent en colère. Celui avec le front boueux lui fit une pichenette sur sa minuscule tête, et elle le mordit.
"Merde !" Il recula, soignant son doigt, et Harry sourit un peu.
L'autre se redressa et pointa Harry avec la partie remuante du gnome. "Sois tranquille devant ton Roi !"
Le gnome jeta un coup d'œil à Harry, marmonna quelque chose de grossier et recommença à lutter contre l'emprise.
"Non?" Celui avec le front boueux lui lança un regard noir. "Mince. Je suppose que non."
Lui et l'autre haussèrent les épaules. L'autre souleva le gnome au-dessus de sa tête et commença à le faire tourner en larges cercles. Harry regarda avec fascination alors qu'il lâcha le gnome pour le laisser voler au-dessus du mur et de la tête de Harry. Il vola sur environ six mètres et atterrit avec un bruit sourd dans un vieil arbre noueux.
"Bon tir," commenta le front boueux. "Même si j'aurais pu le mettre dans les hautes branches."
"Papa doit vraiment tailler ce truc", déclara l'autre. Front boueux hocha la tête.
"C'est bizarre de voir des yeux de gnomes flotter dans le ciel la nuit," expliqua-t-il à Harry.
"Ils sont coincés là-haut. C'est véritablement-"
"-inhumain, dit maman. Quoi qu'il en soit, je suppose que t'es pas un Roi des Gnomes."
"Eh bien, voilà," dit Harry, satisfait. "Elfe."
"Pas si vite," dit l'autre. "On vient juste d'aller au Chemin de Traverse pour notre matériel scolaire,"
"-on a un livre entier sur les créatures magiques que tu pourrais être," approuva le front boueux. "Attends."
Ils se précipitèrent hors du jardin et à l'intérieur de la maison par la porte de derrière. Harry regarda autour de lui et observa quelques poulets pendant qu'il attendait. Bientôt, les jumeaux réapparurent avec un livre et un peu de parchemin.
"C'est bon, on va faire une liste," l'informa l'autre, s'asseyant sur une grosse souche à côté de son frère, qui griffonnait furieusement sur le parchemin.
"De toutes les différentes créatures que tu pourrais être." Ajouta celui avec le front boueux. Harry était intrigué et retourna à sa position préférée sur le mur. "Alors, on y va, on peut commencer-"
"Et rayer Roi des Gnomes. Première question-"
"Peux-tu respirer sous l'eau ?"
"Non," dit Harry avec un hochement de tête définitif.
"As-tu essayé?"
Harry fronça le nez et hocha la tête. L'autre semblait déçu.
"Oh, peu importe. Tant pis pour l'idée du sirène."
"Et l'hippocampe. Et le kelpie." Le front boueux cocha plusieurs choses sur le parchemin et griffonna une remarque.
"Eh bien, peux-tu cracher du feu ?"
Harry fronça les sourcils et souffla plusieurs fois. "Je ne… pense pas."
Front boueux émit un son de mécontentement et cocha à nouveau son parchemin. "Et voilà les dragons rayés de la liste, alors. Charlie serait déçu. Même si on n'a encore la possibilité que tu sois un crabe de feu."
"Es-tu..." L'autre examina attentivement son livre. "Hmm... es-tu une manifestation physique du mal ?"
Les deux jumeaux regardèrent Harry comme s'il l'idée leur paraissait soudainement comme une vraie possibilité.
Harry étendit les bras et les regarda avec une expression pensive. "Probablement pas."
"Est-ce que tu veux peut-être casser quelque chose ou..." Front boueux se pencha au dessus de l'épaule de son frère pour lire le texte. "'Exister pour faire activement du mal et des dommages au monde qui t'entoure' ?"
"Non," dit Harry après un moment de réflexion. "Non, ça va, merci."
L'autre donna un coup de coude à son frère, rassuré par la réponse de Harry. "Tu penses que nous pourrions passer pour une manifestation physique du mal, Fred ?"
Front boueux sourit. "C'est un objectif, Fred."
"Quoi qu'il en soit," dit l'autre en se penchant pour lire la liste. "Ça exclut que tu sois un loup-garou, un vampire-"
"-une sorcière, un Red Cap ou une banshee-"
"Même si je pense que tu dois être une fille pour être une sorcière ou une banshee," dit l'autre, regardant Harry d'un air contemplatif.
Harry secoua la tête.
"Et aussi les hinkypunks, les détraqueurs-"
"Merlin Merci-"
"Les époouvantards, les strangulots,"
"Ou un Povrebine ou un kappa."
L'autre termina de cocher la liste avec un grand geste. Harry fronça les sourcils.
"Eh bien, y a quoi d'autre ?"
"Oh, toutes sortes de choses," dit l'autre avec désinvolture. "Tu peux être-"
"Un billywig !" s'exclama Front boueux, puis consulta sa liste en fronçant les sourcils.
"Bien que tu ne sois probablement pas un billywig," dit l'autre, feuilletant le livre et le tenant à bout de bras devant lui, regardant Harry. "T'es pas tout à fait..."
Le front boueux attrapa le livre des mains de l'autre et le tourna pour le voir de côté. Les jumeaux inclinèrent aussi la tête vers la droite, et plissèrent les yeux vers Harry. "... assez bleu, je pense," termina le front boueux, hochant la tête et le cochant sur sa liste.
"Un peu trop de jambes aussi," commenta l'autre, se penchant en avant et tâtant Harry avec un doigt. "Et un lutin ?"
"Il est suffisamment susceptible," dit le front boueux d'un air pensif, en feuilletant à nouveau le livre. "Il pourrait être un lutin de Cornouailles. T'es déjà allé en Cornouailles ?"
Harry y réfléchit. "Je pense que oui," dit-il. "En fait, il y a quelques semaines, j'ai rencontré un garçon dans ce que je pense être en Cornouailles qui m'a donné quelques cruches de lait en échange de pierres magiques. Mais ça aurait pu être Devon aussi ?"
"Pierres magiques ?" demanda celui au front boueux en haussant les sourcils. Harry haussa les épaules. Il aimait l'astuce des pierres magiques. Il l'utilisait depuis des lustres sur des gens qu'il n'aimait pas.
"Elles rendent le propriétaire plus intelligent", déclara-t-il, ne se forçant pas à expliquer davantage. Peut-être que ces garçons voudraient des pierres pour un poulet ?
Celui avec le front boueux sourit. "C'est un 'peut-être' pour le lutin," dit-il, et il prit note.
"Non, non," dit l'autre. "Il n'est toujours pas assez bleu."
"Oh, d'accord. Question suivante." L'autre consulta leur parchemin. "Aimes-tu danser?"
Au fil du temps, Harry découvrit qu'il n'était ni une manticore, ni un centaure, ni un phénix. Il fut également rejeté de la famille des acromentules, faute de jambes. Il n'était pas un Niffleur ou un Fléreur ou un Noueux. Pas un Botruc ou un puffskien ou un jarvey, bien qu'il ait montré aux jumeaux une connaissance suffisamment large de gros mots pour qu'ils l'aient placé en 'peut-être' jusqu'à ce qu'ils réalisent que Harry n'avait encore essayé de manger un des gnomes.
Harry se déclara insensible aux possibilités culinaires des gnomes, et étant donné son manque de venin ainsi que son manque de crocs et, de la même manière, son manque d'haleine empoisonnée (ou plutôt, tout sorte de pouvoir de bouche intéressant, comme le dit l'autre), les doxies furent exclues ainsi que nundus.
"Et tu dis que tu ne peux pas devenir invisible," répéta Front boueux. Harry secoua la tête, un peu déçu de lui-même alors que le tebo, le Sombral, le Dirico et le demiguise étaient tous éliminés sous ses yeux.
Il n'était pas le seul à avoir l'air découragé. Les jumeaux tinrent à cœur son manque de pouvoirs étonnants, et Harry avait un peu l'impression de les laisser tomber.
"Je peux parler aux animaux, et ils me répondent," offrit-il, espérant que c'était un peu moins plan-plan que la plupart des tours qu'il avait montrés au cours des dernières heures. Il n'avait encore rencontré personne d'autre capable de parler avec des serpents, même s'il est vrai que la plupart des enfants qu'il avait connus étaient impressionnés par ses tours. Il considéra qu'il n'avait peut-être pas visité un échantillon représentatif de la société jusqu'ici. Même les enfants qui avaient le goût de la magie étaient généralement plus impressionnés que ces deux-là.
L'autre se redressa. "Là on va quelque part", déclara-t-il avec enthousiasme. Harry sourit. L'autre feuilleta le livre, vérifiant les options qu'ils n'avaient pas encore éliminées.
Front boueux lui arracha le livre des mains et retourna à l'index. "Tu pourrais être un gobelin ou un nain, tu sais," dit-il. "Mais le seul elfe mentionné est un elfe de maison."
"S'il était un gobelin, il aurait de l'argent," dit l'autre pensivement. "Et il ne porterait probablement pas cette tunique miteuse. Les gobelins portent des robes de luxe."
"Je ne suis pas un nain non plus," acquiesça Harry. "J'ai rencontré des nains."
"Tu es un peu maigre aussi." Front boueux hocha la tête.
"Et il aurait besoin d'une barbe."
"Je vous le dis, je suis un elfe," insista Harry. "J'ai même les oreilles pointues, ?" Les jumeaux se regardèrent, puis de nouveau les oreilles de Harry.
"Ouais, d'accord," dit l'autre.
"De toute façon, on en a marre de feuilleter les manuels scolaires", ajouta Front boueux. "Voyons si tu peux faire quelquechose d'elfique."
Harry haussa un sourcil. "Bien tenté," dit-il. "Mais je ne révélerai pas de secrets elfiques si facilement."
L'autre souffla. "Eh bien, voyons qi tu peux parler à un animal, alors."
Harry haussa les épaules, fouilla dans sa manche et laissa son serpent s'enrouler autour de son poignet.
"Dis bonjour aux gentilles personnes," siffla-t-il. Le serpent se dressa sur la main de Harry et regarda les jumeaux avec curiosité.
"Ils sentent la peur," dit-il à Harry. "On va prendre leurs poulets ?"
Harry haussa les épaules. "Un ou deux, je pensais. Même si ce livre qu'ils ont semble utile aussi."
Harry leva les yeux vers les jumeaux. Ils avaient fait quelques pas alarmés en arrière. Celui au front boueux tenait le livre à moitié devant lui, comme un bouclier. Harry pouvait voir la plaque en son nom sur la couverture intérieure.
"Oh, il ne vous fera pas de mal," leur dit Harry. "S'il veut mordre, il demandera d'abord. Il est très poli."
Fred et George hochèrent la tête en silence, fixant toujours le serpent sur le bras de Harry.
"Bon de toute façon," dit Harry, "Une chose que les elfes aiment faire, c'est échanger des aubaines avec les humains. Je peux vous donner une aubaine chacun, si vous le souhaitez. Intéressé ?"
Les jumeaux se regardèrent, puis regardèrent Harry.
"Peut-être," dit Front boueux. L'autre hocha la tête.
"Mais on va pas tomber dans le panneau avec-"
"Tes pierres magiques qui rendent les gens plus intelligents," termina le front boueux, l'air totalement indifférent. "On veut quelque chose d'utile."
Harry leva une épaule. "Eh bien, qu'est-ce que ce sera alors ?"
Les jumeaux se regardèrent, communiant avec le langage secret des jumeaux.
"Nous voulons une amulette," dit finalement l'autre. "Pour empêcher notre mère de trouver notre placard à farces."
Harry fronça les sourcils et ouvrit son sac. Il avait probablement quelque chose qui fonctionnerait pour ça. Il connaissait ses amulettes par cœur à présent et considéra une de celles qui pouvaient dissimuler quelque chose, qui pourrait fonctionner. Il avait tous les matériaux nécessaires pour en faire au moins deux.
"D'accord," dit Harry en fermant le sac. "En échange de l'une d'elles, je prendrai un poulet."
Les jumeaux se regardèrent avec inquiétude.
"Un gros," ajouta Harry. "C'est du beau travail."
L'autre baissa la tête avec un hochement, et celui au front boueux se dirigea vers le hangar et en attrapa un du groupe.
"On dira à maman que c'était un renard," marmonna-t-il. Harry sauta du mur et s'éloigna pour que les jumeaux ne puissent pas voir exactement ce qu'il faisait. Puis il fouilla dans son sac et en sortit une brindille de troène. Il la tordit en un cercle et lia une ombelle de livèche au centre à l'aide de crins de licorne. Il aimait bien ces jumeaux, alors il n'utilisa pas du toc. Il enfila quelques pierres brillantes sur le crin et ajouta quelques plumes de pigeon. Cela rendait le tout plus authentique, et un peu de supercherie ne pouvait pas faire de mal, surtout pour un amulette conçue pour cela. Harry remonta sur le mur et leur montra le produit fini.
"Vous l'accrocherez à la poignée de la porte", indiqua-t-il. Leurs expressions étaient impressionnées, apparemment malgré eux. "N'importe qui regarde à la porte verra un placard ennuyeux et innocent. Mais, ne les laissez pas toucher à l'amulette."
Il prit le poulet à Front boueux et le souleva. C'était un poulet particulièrement gras. Harry mangerait pendant au moins une semaine. Il fronça les sourcils.
"Par contre, c'est une amulette spéciale," dit-il. "Vous ne pourrez pas en trouver une comme ça facilement. Que dites-vous de ça. J'ajoute à l'affaire quelques dards qui donnent le vertige", dit-il, et il fit un geste vers le livre. "Et tu me donnes ça."
Les deux garçons se regardèrent, communiquaient à nouveau.
"On a besoin de ce livre pour Poudlard," dit l'un d'eux.
"Maman va nous tuer si on le perd."
Harry ne dit rien. Les jumeaux réfléchirent encore, puis le visage de Front boueux se fendit d'un sourire diabolique.
"Je sais," dit-il, et il jeta un seul coup d'œil à son frère. L'autre sourit aussi.
"Dites-nous nos noms", dit-il.
"Nos vrais noms." Front boueux leva un doigt. "Et t'as pas droit de nous confondre."
"Si tu te trompes,"
"On récupère l'amulette et toi-"
"-tu pars sans rien", dit l'autre, satisfait.
Harry réfléchit à cela. "Et si je réussis, je reçois le poulet et le livre." Ils hochèrent la tête. "Ouais ok."
Harry les fixa, les yeux plissés. Il devait faire ça bien.
"Toi!" déclara-t-il en pointant d'un doigt audacieux celui au front boueux. « Ton nom est George Weasley. Et toi !" Il montra l'autre du doigt. "Tu es Fred Weasley. Tu es né en premier."
Les jumeaux se regardèrent, arborant des expressions identiques de surprise. Front boueux se gratta la tête. "Comment t'as su ?"
Harry lui lança un regard condescendant. "S'il te plaît," dit-il. "Je t'ai dit que j'étais un elfe."
L'autre remit le livre à contrecœur. Harry, généreusement, laissa tomber dans sa paume deux dards bleus ainsi que l'amulette.
"Et toi alors ?" demanda-t-il à Front boueux alors qu'il rangeait le livre dans son sac. "Quelque chose ?"
Le front boueux secoua la tête. Harry hocha une fois la tête.
Tout de suite après, une rafale de vent souffla quelques feuilles de l'arbre qui les surplombait, et elles tombèrent entre Harry et les jumeaux. Harry en profita pour disparaître.
Il réapparut de l'autre côté de la maison et commença à marcher vers le petit groupe d'arbres avoisinant, un poulet solidement tenu sous son bras, gloussant doucement. Il décida de le garder jusqu'à ce qu'il fasse vraiment froid. C'était assez facile de nourrir un poulet, se dit-il, et il obtiendrait des œufs de cette affaire.
