Mercredi 11 Mai :

C'est le bruit d'un foutu trombone qui me sort brusquement de mon sommeil, si bien que je heurte le mur en sursautant, ce qui a l'air d'amuser Sans ici présent.

-Désolé, mais la manière douce ne marchait pas.

-C'est pas une raison ! Non mais qu'est-ce qui t'es passé par la tête ?

-Par le crâne tu veux dire.

-Laisse tomber. Sors de ma chambre sac d'os et laisse-moi m'habiller.

Il referme la porte en ricanant doucement pendant que je me dirige vers la salle de bain pour prendre une douche rapide avant de m'habiller avec les premiers habits qui me tombent sous la main : un jean, un tee-shirt noir tout simple et une vielle paire de baskets.

J'attache mes cheveux en queue-de-cheval puis sort de ma chambre avant de tomber directement sur Sans qui était visiblement en train de m'attendre.

-T'es encore là ?

-Il faut bien, je suis sûr que tu ne te rappelles déjà plus du plan de l'Académie.

-Et alors ?

-Ca va te brusque pas petite, je ne fais que détendre l'atmosphère. Suis-moi, je vais te montrer le chemin le plus court jusqu'au réfectoire.

Je lui emboîte le pas et le chemin n'est pas très compliqué. Il me guide jusqu'au rez-de-chaussée derrière le hall principal.

Je pousse la porte d'une cafétéria tout ce qu'il y a de plus normal, mis à part le fait que le personnel et les élèves ne soient pas humains. Ils ne sont pas nombreux, une quarantaine tout au plus.

Il y a de tout : vampires, loups garous, centaures, zombies et j'en passe.

Je prends un plateau et imite les gestes de Sans mais ce n'est finalement pas si différent de ce que j'ai pu connaître au lycée ou au collège. Il y a plusieurs plats et des fontaines à boissons sont à notre disposition.

Par chance, ils sont très bien fournis en termes de fruits. Ainsi mon petit-déjeuner est composé principalement de fruits frais et de lait froid.

-Je te croyais plus gourmande, me dit Sans observant mon plateau

-Il commence à faire chaud, je préfère manger léger et froid à partir du moment où les températures grimpent.

-Je vois, chacun à sa manière de se nourrir après tout.

Le repas de Sans est composé en majorité de ketchup et de pain frais. Je suppose qu'il n'a pas besoin d'autant de vitamines que nous.

On avance vers les tables et je sens que tous les regards sont braqués sur moi, remplis d'incompréhension et de dégoût pour la plupart tandis que d'autres sont plein de curiosité.

Je m'assois à côté de Sans sur la table où sont ses congénères et j'entends quelques murmures assez désagréables dans mon dos.

-C'est elle l'humaine qu'ils recherchent ? Franchement, elle n'a rien de spéciale, elle a l'air pathétique.

-Et vous avez entendu les cris d'hier ? C'était pire que ceux d'un wendigo. Y a pas à dire, les humains sont vraiment la race inférieure.

-Hey, matez-moi ces bourrelets ! Je suis sûre qu'ils l'ont prise en pitié.

Ces commentaires sont blessants, mais je me concentre sur mon repas et fais abstraction de ces imbéciles jusqu'au moment ou un loup-garou massif m'attrape par le col et me lance à une dizaine de mètres de mon emplacement initial, pas loin de la fille-insecte de la nuit dernière.

Il s'impose au-dessus de moi et ses yeux sont plein de mépris.

-Ta place n'est pas avec l'élite, tu vas devoir te contenter de rester avec la vermine, c'est clair ?

Il me pointe la fille qui baisse la tête en signe de soumission. Lui me montre des crocs acérés pour m'intimider, mais ce petit jeu ne marche pas avec moi. Je me lève et saisi sa cravate pour le tirer vers moi puis le plaquer sur la table grâce à son poids tout en resserrant le nœud pour le maintenir un tant soit peu en place.

-On n'est pas de la vermine, on vaut autant, si ce n'est plus que des abrutis de votre genre. Alors tu vas être un gentil toutou et tu vas te rasseoir avec tes potes ok ?

-J'suis un loup ! Pas un chien !

Il me donne un coup de pied qui me fait lâcher prise instantanément et enchaîne par une bonne lacération au niveau de mon bras que j'avais mis devant mon visage.

Je me relève à peine qu'il enchaîne avec un coup au ventre et finit par me plaquer au mur en serrant mon cou sous les applaudissements de ses camarades.

-T'as compris maintenant ? Quoi que tu faces, tu resteras inférieure à nous.

Je me débats pour respirer et mon regard se pose sur Sans et les autres, et je remarque que Fell Sans, suivi du reste du groupe excepté Fell Papyrus, me fait signe de me battre avec un petit signe d'encouragement.

Je regarde le loup et tends mes jambes dans son abdomen pour qu'il me lâche, puis remonte d'un coup sec mon genou entre ses jambes avant qu'il s'effondre en couinant et en tenant ses parties génitales.

J'attrape ses cheveux et ses oreilles et les tirent vers moi pour que l'on soit face à face.

-Maintenant écoutes-moi. Tu vas retourner à ta table et ne plus m'emmerder avec tes histoires de races supérieures, sinon je m'assurerais que tu ne puisses plus procréer, ce qui assurerai la fin de ta lignée. Est-ce que j'ai été suffisamment claire ou tu as besoin d'un autre coup pour comprendre ?

Il couine en signe de soumission et sort de la cafétéria la queue entre les jambes et tout le monde me regarde avec stupeur.

-Quoi ? Vous avez un problème ?

Ils se retournent tous pour ne pas avoir à me répondre et le groupe de squelette vient vers moi avec Swap Papyrus et Papyrus en train d'applaudir et Fell Sans qui me donne une tape dans le dos.

-Bien joué gamine, t'as réussi à faire taire l'une des grandes gueules les plus insupportables de l'académie.

-C'est qui les autres ?

-Déjà y a le frère de Fell Sans, répond Swap Papyrus.

-Va te faire foutre ! Ne me rabaisse pas au niveau de ces pourritures !

-Peut-être que si t'arrivais à te calmer et à être un peu plus sympathique il ne te placerait pas aussi pas dans l'échelle, rétorquais-je avec mépris.

-Mais mets-la en veilleuse sale humaine ! T'a peut-être remis ce clebs en place mais n'oublie pas que tu me dois le respect !

-Mais c'est quoi ton problème ? Faut te mettre une muselière pour que tu te taises ?

-Je ne suis pas un animal !

Il s'apprête à lever une nouvelle fois la main sur moi mais Swap Papyrus lui attrape le poignet et le fusille du regard.

-Bon, ça commence à bien faire, tu commences à dépasser les bornes. Ce n'est pas en la frappant que tu gagneras sa confiance et son respect.

-Un peu de sévérité ne lui ferait pas de mal vu son sale caractère !

-Mais il y a une différence entre l'éduquer et la malmener, et tu es dans le deuxième cas.

La tension monte et je sens que j'ai un peu dépassé les bornes pour le coup, alors je me mets entre eux et les sépare comme je peux.

-Arrêtez, c'est moi qui suis allée trop loin, je n'aurais pas dû te répondre aussi méchamment. Pas besoin d'en venir aux mains pas vrai ?

-Tss ! De toutes manières je n'ai pas de temps à perdre avec toi. Débrouilles-toi.

Il tourne les talons et sort sans dire un mot de plus et Swap Papyrus me caresse la tête.

-Ne t'en fais pas, il n'est pas si con et méchant qu'il en a l'air. Il ne sait juste pas comment s'exprimer en étant agréable.

-Le Boss est rude avec tout le monde, même envers Slender et les autres.

-Mouais, ça n'excuse pas sa manière d'agir avec moi. Je ne suis pas sa chose tout de même.

-Exact, tu es même l'une des personnes les plus importantes de mon établissement.

La voix chaleureuse de Slender me fait quand même sursauter, puis je sens ses mains se poser sur mes épaules.

-Mais arrêtez de me faire peur comme ça ! Je vais finir par faire une attaque un jour.

-Excuses-moi, mais une petite équipe de la Fondation viens d'arriver et tu dois te présenter à eux au plus vite.

-Ha ? Ils peuvent se déplacer ?

-Bien sûr suis-moi et quant à toi Fell Sans tu nous suis à la Fondation avec Laughing Jack

-Bien monsieur.

Il est tout de suite bien plus poli et docile quand c'est un supérieur qui lui parle, mais bon, je suppose que c'est comme ça que ça marche dans cette communauté.

On va jusqu'au bureau de Slender et un groupe de cinq hommes masqués et armés nous attendent devant la porte.

L'un d'entre eux s'avance et se penche vers moi pour me tâter le corps en quête d'une éventuelle arme.

-Rien à signaler, veuillez entrer et ne ressortez que quand les mesures de sécurités auront été prises.

-Heu, oui monsieur.

Il ouvre la porte et ne laisse entrer que Slender et moi et je découvre avec dégoût ce que sont leur ''mesures de sécurité'', une muselière, des sortes de menottes du Moyen-Age qui recouvrent l'entièreté de mes mains, une cage et de quoi m'enchaîner intégralement au moins cinq fois.

Je fronce les sourcils et affiche clairement ma désaprobation.

-C'est vraiment humiliant et dégradant. Je ne suis ni un animal ni un monstre.

-Je le sais, mais ce sont les procédures, tu n'as pas le choix. À moins que tu veuilles prendre le risque de te faire fusiller.

-Nan, je me passerai bien de ce genre de choses.

Il fixe les menottes à mes poignets et je me rends compte qu'elles sont super lourdes ! Elles doivent peser au moins dix kilos et m'obligent à tendre mes bras vers le sol pour éviter de me fatiguer inutilement.

Il finit par attacher la muselière et me place dans la cage pour y fixer les chaînes avant de la refermer.

La cage est tellement petite que je suis obligée de m'asseoir pour ne pas me faire mal au dos et à la nuque.

Il fait entrer les gardes et ils inspectent minutieusement leur dispositif avant de me déplacer à l'arrière d'un fourgon blindé avec Fell Sans et Laughing Jack et de prendre la route.

-Et sinon, pourquoi vous êtes venus ?

-Parce qu'il faut un membre de l'équipe administrative de l'Académie pour te surveiller.

-Et que je peux nous téléporter.

-Pourquoi aurait-on besoin de se téléporter alors qu'on a déjà un moyen de locomotion qui semble très bien fonctionner.

-Parce qu'on va en France, au site 06-3.

-On n'est plus en France ?

-Nan, l'Académie est dans un coin isolé du Canada.

Personne ne m'avait prévenu.

-On aurait pu s'installer au fin fond de la Sibérie ou de l'Alaska mais disons que les conditions météorologiques n'étaient pas les plus favorables pour la plupart d'entre nous, et certains coins du Canada sont assez isolés et dangereux pour nous tenir loin des humains les plus téméraires.

-Je vois, vous y avez réfléchi pendant combien de temps ?

-Un ou deux mois, il fallait qu'on s'installe définitivement au plus vite, alors on a fait quelques sélections selon des critères bien précis et on a réduit le champ des possibilités au maximum et tout le monde s'est mis d'accord sur le Canada.

-Et il n'y a que l'Académie ?

-Non, il y a une petite ville juste derrière, la population doit avoisiner les cinq milles individus, si ce n'est plus.

-Autant que ça ?!

-Et oui, on a même des hôpitaux, des centres-commerciaux, des bureaux, des commerces en tout genre et un gouvernement. On a tout le confort moderne.

-Wow, vous vous êtes vachement bien développé dans un espace aussi reculé et hostile.

-Il est hostile pour vous seulement, on sait se débrouiller. Et puis il faut dire que la magie nous donne un sacré coup de pouce.

Ils continuent de me parler de leur civilisation et de leur histoire quand ils sont brusquement coupés par le conducteur.

-Bon la téléportation c'est pour aujourd'hui ou pour demain ? On n'a pas toute la journée !

-Ça va ! Vous avez que ça à faire de toute façon pour cette journée.

-Hey tu vas te calmer un peu tas d'os. On est tes supérieurs dans cette situation.

-Pardon ?!

-Il a raison, techniquement on est sous leur ordres jusqu'à ce qu'ils en aient finit avec Léa.

-Génial, je suis ravi.

Sans bougonne un peu et claque des doigts. Je ne ressens absolument aucun changement mis à part le fait que la route se soit soudainement détériorée au vu des secousses et des mouvements assez brusques du véhicule. Après quelques minutes de secousses, j'ai l'impression que l'on repasse sur un chemin en meilleur état, plus lisse, avant que l'on soit immobilisé.

Les portes s'ouvrent sur une sorte de hangar lumineux et spacieux, assez pour entreposer une dizaine de poids-lourd à vue d'œil.

Une quinzaine de personnes armées viennent vers nous pour déplacer la cage dans laquelle je suis pour m'emmener dans une grande cellule pour enfin ouvrir ma prison métallique.

Je me lève et un homme en blouse blanche arrive avec une mallette et la cellule se ferme, me laissant seule avec lui et deux gardes, je ne peux voir que Sans et Jack au travers de la baie vitrée qui nous sépare du couloir.

-En quoi c'était nécessaire la muselière ?

-On nous a rapporté que tu avais tendance à mordre et à t'agiter quand tu n'es pas dans un environnement familier. Nous avons donc prévu des mesures de sécurité adéquates.

-Adéquates ? Elles sont plutôt exagérées. Je ne suis pas une bête et même si je le voulais, je ne pourrais pas vous faire du mal.

-Tu insinues que tu nous voulais du mal ?

-Mais pas du tout !

Il me retire la muselière et me libère de mes chaînes avant d'ouvrir sa mallette pleine d'instruments médicaux puis en sort une seringue.

-Attendez, vous allez faire quoi avec ça ?

-Une simple prise de sang pour la faire analyser le temps qu'on examine la partie externe de votre corps.

-Et je peux savoir comment vous allez faire pour l'intérieur ?

-On va simplement faire une radio et une IRM. Faites-nous confiance, nous n'allons rien faire qui pourrait vous causer des dommages physiques ou psychologiques.

Même si sa voix et ses gestes se veulent rassurants, la vue de l'aiguille qu'il tient me provoque une immense peur. Je recule et me colle au mur pour m'éloigner le plus possible du médecin en essayant de contrôler ma respiration qui devient de plus en plus rapide.

-Mademoiselle, il faut vous calmer, je ne peux pas faire mon travail si vous n'y mettez pas du vôtre.

-Vous êtes marrant vous ! Vous avez vu la taille de l'aiguille ?!

-Bon, faites entrer ses superviseurs.

La porte s'ouvre et les gardes laissent entrer Jack et Sans avant de la refermer aussi sec.

Jack vient et se place derrière moi pour m'asseoir sur ses genoux et enroule ses longs bras autour de ma taille et de mon buste pour me maintenir contre lui.

-Léa, il faut que tu te calmes. Respire lentement, inspire et expire profondément. On est là, tout ira bien.

-J-je vais essayer.

Je prends une grande inspiration, puis j'expire en soufflant, je répète le processus pendant de longues minutes et arrive enfin à être à peu près sereine.

Le docteur prend mon bras gauche et serre un ruban au milieu du bras pour faire ressortir mes veines.

-Je ne vais pas te mentir, ça risque de te faire un petit peu mal. Mais tu peux tenir la main de quelqu'un si ça peut te rassurer.

Il ne me faut pas plus deux secondes pour attraper la main de Sans, un peu contre son gré, et de la serrer comme si ma vie en dépendait pendant que je sens l'aiguille s'enfoncer dans ma peau, puis dans ma veine pendant quelques secondes avant de se retirer, laissant de grosses gouttes de sang dégouliner le long de mon bras.

Il confie la seringue pleine à un garde qui sort de la pièce et il désinfecte la plaie. Je me détend et souffle un bon coup puis relâche progressivement la main de Sans, dont le visage a viré au rouge écarlate.

J'allais m'excuser de la prise en otage de sa main mais Jack me devance en riant.

-Mais que c'est mignon ! Tu rougis autant pour si peu ? Toi, l'éternel bougon qui se revendique aussi insensible que son frère aurait un petit cœur sensible et serait doué d'émotions ?

-Pas du tout ! Elle me faisait pitié c'est tout !

Il range ses mains d'un coup dans ses poches et se relève, visiblement agacé, pendant que Jack ricane en caressant ma tête pour ébouriffer mes cheveux avant de me soulever comme un chaton pour me remettre sur pattes.

-Bon, en attendant les résultats de l'analyse et la préparation des machines pour les examens internes, nous allons vérifier l'état de votre âme.

-L'état de mon âme ? Comment vous pouvez vérifier une telle chose ?

-En la regardant tout simplement.

-Mais on n'est même pas sûr de l'existence des âmes, et quand bien même leur existence serait prouvée, comment feriez-vous pour les observer ?

-En la faisant sortir.

Je regarde Sans et son œil gauche se met à luire d'une lumière rouge vive pendant que sa main fait une flexion d'un coup sec, comme si il tirait quelque chose vers lui. Et au même moment, je sens comme une sorte de masse qui sort de moi, comme si on me retirait une grosse écharde et une sorte de cœur brillant et gélatineux sort de ma poitrine.

Il est légèrement translucide, je le touche du bout du doigt et sa texture ressemble vraiment à celle d'une gelée, mais un peu plus ferme avec une surface humide. Mais ce qui semble étonner tout le monde c'est sa couleur, elle est bariolée d'un mélange de rouge, d'orange et de bleu néon. Sans s'approche et l'examine avec beaucoup d'attention et de délicatesse.

-Wow, j'ai rarement vu ça, d'habitude vous obtenez votre couleur définitive vers 15 ou 16 ans maximum. Et quand bien même certains d'entre vous ont plusieurs couleurs, ça n'excède jamais deux.

-C'est mauvais signe ?

-Pas vraiment, c'est juste qu'on ne peut pas connaître ton trait de caractère principal, et ça peut interférer dans l'utilisation de la magie.

-Et qu'est-ce qu'elles signifient ces couleurs-là ?

-Bah le rouge c'est la détermination, l'orange représente l'audace et le bleu la patience. Ce qui nous rassure, c'est que ce ne sont pas des émotions négatives.

-Et comment je fais pour avoir une couleur unie ?

-Je ne sais pas, rien personne ne peut forcer une âme à s'unifier. Mais il paraît qu'un choc émotionnel intense peut réveiller et activer le caractère final.

-On peut forcer le choc ?

-Nan, il faut que ça se fasse naturellement.

Il relâche mon âme et elle vient reloger dans mon corps pendant que le médecin prend des notes avant de ranger ses affaires.

-Bien, je pense que les machines sont prêtes, veuillez me suivre.

-Bien reçu M'sieur.

On sort de la cellule pour emprunter un véritable labyrinthe de couloirs jusqu'à une grande salle où se trouve une multitude d'instruments médicaux à la pointe de la technologie et après deux bonnes heures à passer de machines en machines et de médecins en médecins, on nous convoque dans un bureau avec le chef des scientifiques.

-Bon, à priori vous avez tout d'un être humain, tout concorde avec notre base de données. Mis à part votre étonnante capacité à encaisser les chocs, vous n'avez rien d'anormal.

-Et ça ?

Sans pointe la radio, plus précisément la courbe que forme ma colonne.

-C'est quoi ça ? Elle n'est pas censée être droite ?

-Si, mais à force de porter des choses lourdes, j'ai commencé à avoir mal et une scoliose s'est formée.

-Je ne savais pas que ça pouvait être aussi prononcé.

-Et encore, j'ai évité l'opération avec un corset de maintien, mais ma colonne ne sera plus jamais droite. On ne peut pas guérir de ça.

-C'est ce que tu crois. Blue pourrait t'arranger ça en moins de deux.

-Et comment il compte faire ?

-Il manipule la magie régénératrice à la perfection, ce sera un jeu d'enfant pour lui.

-Bien, trêve de bavardage ! Nous allons vous envoyer le dossier dans les jours à venir.

Ils nous escortent et Sans nous téléporte une nouvelle fois, cette fois-ci, nous atterrissons directement dans le bureau de Slender.

-Alors ?

-Rien à signaler, elle a juste besoin de quelques soins spécifiques. Mais en soi elle est totalement humaine.

-Et son âme ?

-Un mélange de détermination, d'audace et de patience.

-Donc pas encore unie. Nous y remédierons plus tard. Pour le moment, il faut tester ta puissance.

-Comment ça ?

Jack souris de toutes ses dents en ricanant.

-Avec une immense mêlée !