On se relève et il claque des doigts pour faire apparaître un grand blaster qui lévite à ses côtés.
-Tu possèdes techniquement une capacité de création. De ce que j'ai pu voir, tu manipules ta masse noire comme bon te semble. Le principe reste le même que si tu créais tes sphères explosives, à la différence que tu dois lui donner une forme un peu plus complexe et lui fournir l'énergie nécessaire pour tirer.
-Et c'est tout ? Enfin je dis ça mais je sens que ça va me prendre un temps monstrueux pour assimiler tout ce que tu viens de me dire.
-Si tu pars avec cette mentalité c'est sûr que ça te prendras du temps. Commence déjà par former ta sphère.
Je me concentre et forme une boule d'environ un mètre de diamètre que je place à quelques mètres de moi.
-Maintenant, visualises la forme que tu veux lui donner, ensuite matérialises-la.
-Je vais essayer.
Je regarde le blaster de Sans et l'examine. Il possède une forme aérodynamique et son apparence bestiale le rend plutôt intimidant, en plus de ça, il a une immense portée et se déplace très rapidement. C'est vraiment une arme de premier choix, je devrais vraiment m'en inspirer. Je lui donne lentement forme, une sorte de corne sur chaque côté de la gueule, trois dents pointues sur chaque partie de la mâchoire. Une grande ouverture sur le crâne et une dernière corne à l'arrière, puis deux grands orifices pour les yeux avec une forme de croc sur la paupière supérieure et deux sur l'inférieure. Mon blaster est prêt, il est gris clair et semble opérationnel pour le combat, mais pour m'en assurer, il faut faire des essais.
-C'est bien complexe pour un premier essai, tu es sûre de pouvoir le maintenir dans cet état ?
-Je peux au moins essayer, c'est quoi la prochaine étape ?
-Fais-le bouger, déplaces-le où tu veux.
-Et je fais ça comment ?
-Par la pensée, concentres-toi bien et tu devrais y arriver.
En effet, si on reste suffisamment focalisé sur notre tâche, le blaster se déplace, et de manière assez fluide en plus. On s'entraîne jusqu'à l'heure du repas et les résultats sont plutôt corrects, je peux en invoquer quelques-uns simultanément, les déplacer et leur faire tirer des rayons. Même si au début ils se détruisaient quand ils faisaient feu, Sans m'a vite donné des conseils pour remédier à ce problème. Je possède maintenant une arme de plus dans mon petit arsenal de techniques offensives, je suis sûre de pouvoir rivaliser avec Fell Papyrus maintenant.
On range le gymnase et on part rejoindre le reste de la bande dans le réfectoire.
-Alors ce premier entraînement ? Demande Papyrus tout sourire
-Un peu crevant mais très utile. J'ai franchement hâte de m'y remettre.
-C'est quoi le programme pour l'instant ? Dit Blue en buvant un grand verre d'eau
-Une heure de course par jour pendant une durée indéterminée et un renforcement physique global pour le moment. Pour ce qui est de la magie, c'est au bon vouloir et à la disponibilité des professeurs.
-Et de certains élèves aux pouvoirs et au charisme sans égal, lâche Sans en riant.
-Ça va les chevilles ? Tu arrives encore à marcher ?
-Bah tu sais c'est facile pour moi, j'ai la peau sur les os si on peut dire ça comme ça.
Certains d'entre nous sourient à cette petite blague, mais Fell Papyrus se lève d'un coup en emportant son plateau et en me regardant avec sérieux.
-Sois à la piscine à dix heures demain matin, j'ai d'autres chats à fouetter que de récurer ce fichu bassin.
-À vos ordres chef !
Je ris doucement à ma propre petite vanne et Papyrus s'en va sans même protester sous le regard médusé de ses congénères, et c'est Swap Papyrus qui me fait la remarque en premier.
-Depuis quand il ne répond plus à tes petites provocations ?
-Depuis qu'on s'est fait remonter les bretelles par Slender. Ça a l'air de l'avoir calmé, et moi aussi par la même occasion.
-Et je peux te dire que ça se voit. Vous ne vous insultez plus à tout bout de champs, c'est moins tendu entre vous, ajoute Sans.
-En espérant que l'on puisse repartir sur de meilleures bases.
-Ça a l'air d'être bien parti pour en tout cas, annonce Blue.
On finit notre repas et on repart dans nos chambres, mais avant de rentrer dans la mienne, Fell Sans me retient.
-Oui ?
-Juste...fais attention avec le Boss, ce serait vraiment cool si ça pouvait bien se passer entre vous.
-Je ferais gaffe ne t'en fais pas. C'est gentil de t'inquiéter pour moi.
-Je ne m'inquiète pas pour toi ! Je dis juste que si tu as des ennuis avec lui, ou n'importe qui d'autre...je suis toujours disponible pour te filer un coup de main.
Il s'écarte, le regard fuyant et rempli de gêne sans rien dire de plus, en me plantant devant ma porte. Je vais me doucher en essayant de chasser l'image qui venait de s'offrir à moi mais rien n'y fais, je revois toujours clairement le visage adorable de Fell Sans dangereusement proche du mien. Je m'allonge sur mon lit, en repensant à tout ce qu'il s'est passé ces derniers jours. Je n'arrive toujours pas à croire que ma vie ait changée à ce point en si peu de temps, je découvre une facette de ce monde qui m'est totalement inconnue et je crois même que je redécouvre ce que ça fait d'avoir des vues sur des personnes proches de moi.
Dimanche 15 Mai :
Mon réveil sonne, même petite routine matinale avant de me diriger vers la fameuse piscine en survêtement. Le bassin est vide, mais il y a beaucoup d'algues sur le carrelage, sans compter les joins qui sont couvert de crasse à cause de l'humidité.
-Tss, on en a au moins pour toute la matinée vu l'épaisseur de la moisissure sur certains endroits.
La voix de Fell Papyrus me fait bondir de surprise, je me tourne vers lui et remarque qu'il a abandonné sa tenue menaçante pour un bermuda et un débardeur noir unis et amples. Son air est également un peu plus rassurant que d'habitude, moins intimidant. J'ai moins peur de l'observer comme ça, et de ce que je vois, il n'a pas l'habitude d'être regardé avec autant d'insistance puisque quand il le remarque, il s'empresse de me balancer un sceau avec une éponge pour me faire détourner le regard.
-Descend dans le bassin au lieu de rêvasser, je ne compte pas y passer des plombes.
-Oui oui, tu peux aller chercher le jet d'eau en attendant ?
-C'est ce que j'allais faire. Tu n'as pas à me donner d'ordres.
-Oui chef !
Je descends avec les sceaux et manque de me casser la figure à cause du sol rendu très glissant grâce aux algues.
-Papyrus !
-Quoi encore ?
-Envoie-moi les balais-brosses ! Le sol est une véritable savonnette, je vais commencer à le laver, ça évitera les accidents.
-Tiens !
Il me lance les balais et à la seconde où je les attrapes, il asperge toute la surface de la piscine et moi avec avant de me rejoindre avec le tuyau dans les mains et un sourire narquois.
-Oups, j'avais oublié que tu étais là. Désolé.
Je m'essuie le visage et tire mes cheveux en arrière pour les attacher et retire mon sweat et mon tee-shirt trempé pour ne laisser que mon maillot de corps qui est encore à peu près sec. Je balance mes affaires par-dessus le rebord et commence à frotter le sol sans répondre à la provocation de Papyrus.
-Tiens ? Tu ne me tiens plus tête maintenant ? Tu as enfin compris que je te suis supérieur ?
Je pousse un soupir et lui répond tout en continuant d'astiquer le carrelage crasseux.
-Ça ne sert à rien de nous fritter sans arrêt. Ni toi ni moi n'y gagnerons quelque chose au final à part des bleus et des sermons de la part des profs. On doit essayer de se serrer les coudes et de nous préparer pour un éventuel incident.
Il ne répond pas, il préfère nettoyer plutôt que de me répondre.
-Mais tu as raison, tu m'es largement supérieur en termes de puissance et d'expérience. Par contre, je ne te considère pas comme mon supérieur hiérarchique, mais plutôt comme un rival qui me pousse à redoubler d'effort. Tu es une sorte de modèle sur lequel il y a du bon et du mauvais.
-Du mauvais ? Il n'y a rien de mauvais chez moi !
-Tu ne t'en rends pas forcément compte mais ton attitude envers les autres et ta manière de t'exprimer est super violente et blessante. Tu fais beaucoup de mal aux autres physiquement et moralement.
-Si on ne leur dit pas les choses comme elles sont, ils n'avanceront jamais.
-Oui, mais il y a des manières un peu moins cassantes de les dires. Tu devrais au moins revoir ta manière de parler, ne serait-ce qu'un peu pour qu'on ne se sente pas misérable après avoir eu affaire à toi.
-On verra.
Il coupe net la discussion et ne cherche pas à me contre. Le temps passe et je fini enfin de nettoyer le sol, Papyrus a bien avancé sur la première paroi. Si on continue comme ça on devrait avoir fini dans deux ou trois heures tout au plus.
-Papyrus ? Tu peux m'envoyer une éponge s'il te plaît ?
Au lieu de recevoir une réponse, je reçois une éponge pleine d'eau dans la figure. Je ne dis rien et quelques minutes plus tard, Papyrus daigne prendre la parole.
-Files-moi le torchon.
-Ça arrive.
Je gorge le torchon d'eau et le lui envoie en plein dans la face et me met à rire bruyamment au vu de sa tête dégoulinante d'eau savonneuse et crasseuse.
-Tu veux jouer à ça ? Pas de problème, j'ai ce qu'il faut.
Il me lance une éponge pleine d'algue que j'évite de justesse, mais il avait tout prévu et m'arrose abondement avec le tuyau. Quelques minutes plus tard, on finit par courir et glisser dans tous les sens tout en s'envoyant des projectiles remplis de savon et de saleté. Malheureusement pour moi, je suis coincé en contrebas à cause de la pente glissante qui m'empêche de rejoindre Papyrus qui me mitraille d'eau depuis sa position.
-C'est tout ce que t'a à me proposer gamine ?
-Nan ! Loin de là !
J'invoque un blaster et le chevauche pour enfin sortir de ma zone et rejoindre Papyrus qui continue de m'asperger. Je saute de ma monture avec une grosse éponge et fonce droit sur mon assaillant, et j'arrive à le toucher de plein fouet avec mon arme humide. Sauf que je n'avais absolument pas prévu l'atterrissage et à cause du sol glissant, je ne parviens pas à garder l'équilibre et me vautre lamentablement par terre pour finir ma course contre le mur dégueulasse. On reste assis et on se regarde avant d'exploser de rire et de se foutre de la gueule l'un de l'autre pendant cinq bonnes minutes. On finit par se calmer et on entame une discussion calme tout en finissant notre corvée.
-Sinon, j'ai cru voir que tu as fait la connaissance des Ifrits il n'y a pas longtemps.
-Ouais, je me suis un peu trop approchée du portail. C'est dingue, ils réagissent au quart de tour. Erika m'a dit qu'il y avait peu de moyen de tromper leur vigilance, et que ce n'était même pas la peine d'essayer de passer en force.
-C'est pas faux, mais ils ont un énorme défaut.
-Lequel ?
-Pour des esprits ou démons de feu, ils sont vraiment chauds comme la braise, me dit-il avec un sourire un peu pervers.
-Comment ça? Je crois que j'ai mal compris ce que tu viens de dire.
-Dans quel sens as-tu interprété mes paroles ?
-Dans le sens pervers, mais ça m'étonnerai, ils ont l'air tellement droits et sérieux. De vrais soldats dévoués.
-Et bien désolé de briser l'image que tu as d'eux mais ce sont de vrais pervers. Il suffit de leur montrer la photo d'une jolie fille dénudée et ils baisseront instantanément leur garde.
-Mais nan, je ne te crois pas.
-Je t'assure. Tu veux une preuve peut-être ?
-Bien évidemment !
Il sort son téléphone et lance une vidéo ou il ouvre un magazine porno devant un Ifrit qui, au vu de son regard, a autre chose à faire que de garder les élèves dans l'enceinte de l'Académie. Effectivement, l'image que j'avais de ces puissants surveillants enflammés s'est pris un sacré coup. Il range son portable en riant et rince le bassin.
-Et ça marche avec des photos d'homme ?
-Pas tout le temps, ça dépend de quel Ifrit tu as en face de toi. Les photos de femmes restent quand même une valeur sûre.
-Tu m'as l'air d'être un fin connaisseur dis-moi.
-C'est chiant de devoir attendre qu'on nous affecte à des missions pour pouvoir sortir d'ici. Et puis ça va, je suis parfaitement capable de me défendre.
-Je n'en doute pas vu les patates que je me suis reçues de ta part. Ma mâchoire s'en souvient encore.
-T'étais pas censée être là à ce moment. Et puis c'est quoi cette manie de toujours te dresser face à moi ?
-Je vais être franche, j'avais peur que tu tues ton frère. Et quand je me suis pris ton coup, je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais j'étais hors de moi. J'étais déterminée à rendre le moindre de tes coups au centuple...j'ai complètement pété les plombs et je m'en veux énormément pour ça.
Papyrus coupe l'eau et racle le sol sans dire un mot jusqu'à ce qu'on remonte pour récupérer nos affaires. Et avant que je sorte, il m'interpelle mais reste dos à moi.
-Je reconnais que j'y suis peut-être allé un peu fort sur toi et mon imbécile de frère. Je ferais en sorte que ça ne se reproduise pas pour votre bien et celui de ma carrière.
Je souris et lui jette une boulette de papier qu'il attrape sans avoir à regarder.
-C'est quoi ?
-Mon numéro, en espérant que l'on puisse devenir ami, ou au moins camarades.
Je l'entends froisser le papier et s'éloigner, au moins j'aurais tenté ma chance.
-Je pense que la dernière possibilité est envisageable.
Je me retourne sans hésitation et me rend compte qu'il a disparu avec ses affaires. Je souris bêtement en réalisant ce qu'il vient de dire, tout espoir de sympathiser avec lui n'est pas perdu ! Je sors dans la cour extérieure et enfonce des écouteurs dans mes oreilles pour y lancer ma musique et courir pendant au moins une heure.
Rien d'anormal ne se passe durant cette journée mis à part le fait que je sois toujours attirée par la forêt.
Lundi 16 Mai :
Je saute littéralement de mon lit dès que j'entends mon réveil et m'habille très rapidement pour rejoindre le self sans perdre une seule seconde, ce qui n'échappe pas à Sans qui le relève dès que je m'installe pour manger.
-Tu es pressée d'aller en cours toi. On peut savoir pourquoi ?
-On a cours de cuisine ce matin ! Je suis plus motivée que jamais, tu ne te rends pas compte mais je vais pouvoir découvrir une myriade de nouveaux ingrédients et de techniques. J'ai lu plein de bouquins sur les différentes cuisines des différentes espèces qui vivent parmi nous, je m'en suis pris plein les mirettes.
-C'est vraiment la cuisine qui te passionne toi, dit Swap Papyrus en souriant.
-Ça ne vous branche pas plus que ça ?
-C'est long, bruyant, salissant et malodorant. Ce cours ne sert à rien, bougonne Fell Sans.
-Oui mais ça peut être utile dans la vie. Par exemple, il y a une personne qui te plaît et tu sais qu'elle adore les biscuits. Et bah si tu mets en application ce que tu as appris en cours de cuisine, tu fais des biscuits à tomber par terre et Paf !
-Ça fait des Chocapic ! Lance Sans en coupant magistralement ma phrase.
Je me mets à rire comme une abrutie en tapant ma jambe et en laissant tomber une petite larme.
-Ha ? Ma blague fais Sansation à ce que je vois, renchéri Sans.
-Putain même moi je n'aurais pas osé la faire, tu me tue de rire dès le matin. Non ce que je voulais dire c'est que tu fais des biscuits et paf, tu marques plein de points pour plaire à ta conquête.
Tout le monde se tait et Fell Sans baisse la tête avant de sortir en courant du réfectoire en me lançant sa serviette au visage. Je regarde son contenu et y remarque une série de chiffres, sans doute son numéro de téléphone.
-C'est quoi ? Demande Blue
-Un petit cadeau inattendu que je vais garder précieusement.
Ils ne cherchent pas à savoir ce que c'est et on se dirige vers les vestiaires pour enfiler une tenue plus appropriée et on entre dans les cuisines. Tout brille dans cette immense cuisine , les ustensiles sont de première qualité et on remarque coup d'œil que les personnes qui les utilisent en prennent soin . Les plaques de gaz sont étincelantes et le marbre est lisse, sans la moindre impureté ni la moindre trace de choc, c'est propre, bien rangé, bref tout est parfait. Je me retiens de sauter de joie et Slender arrive en tenue de chef et nous briefe sur ce que l'on devra réaliser aujourd'hui.
-Le thème est simple, j'aimerais que vous prépariez des plats rafraîchissants en utilisant certains ingrédients spécifiques pour chaque plat.
Il nous place dans des groupes de trois ou quatre personne avant de nous donner la liste des ingrédients obligatoires. Il faut du maquereau et du yuzu pour l'entrée, de la sirène et des algues abyssales et enfin des oranges sanguines pour le dessert. Je dois dire que les denrées m'inspirent beaucoup, mais il va falloir en discuter avec mes coéquipiers qui ne sont autre que Fell Sans, Papyrus et Blue.
-Tu as une idée Léa ? Après tout tu devrais pouvoir nous inventer de bon petits plats avec tes connaissances, dit Blue tout sourire.
-Et pas qu'un peu, déjà pour le dessert on pourrait faire un aspic avec un dégradé de couleurs avec les agrumes mis à disposition.
-Un aspic ? Demande Fell Sans
-Un entremet gélifié, il n'y a rien de plus rafraîchissant qu'une gelée aux fruits quand il fait chaud. On pourra créer le dégradé avec le jus des agrumes et l'intensifier avec les suprêmes.
-Le Grand Papyrus pourra se charger de préparer les fruits !
-Tu sais comment faire ?
-Bien sur ! Le Grand chef Papyrus a tout appris auprès des plus grands maîtres de l'art culinaire !
-Dis plutôt que tu as regardé les cours qu'elle a suivi et que tu t'es entraîné tous seul avec Slender pendant des jours avant de pouvoir nous présenter quelque chose de mangeable, lance Fell Sans.
-Hey, sois gentil avec lui, en attendant, on va préparer le maquereau et la sirène. Vous savez comment ça se mange la sirène ? Ou comment ça se prépare ?
-La sirène est un poisson à chair blanche, on peut le préparer comme on veut mais il n'est pas très bon quand il est cru à cause de son léger goût de vase. L'algue abyssale est très iodée par contre. Elle est excellente en bouillon ou séchée, me répond Blue.
-Bon...ça a au moins le mérite de réduire les possibilités de préparation.
-Parce que tu as déjà une idée Madame le génie de la cuisine ? Me lance Fell Sans un peu agacé et vexé.
-Oui monsieur ronchon, mais il faut se mettre d'accord avant. J'allais vous proposer des sashimis de maquereau avec une sauce soja-yuzu accompagné d'une salade de chou. Et pour la sirène, j'avais pensé à la faire mijoter dans un bouillon fait avec les algues abyssales, pour ensuite l'émietter dans des nouilles froides qu'on aurai saupoudré d'algue qu'on aurai réduit en poudre. Ça vous tente ?
- Rien que le fait de t'entendre en parler me met l'eau à la bouche, je suis partant ! Annonce Blue en commençant à écailler les poissons.
-Le Grand Papyrus est entièrement d'accord avec vous deux. Et toi Sans ?
-De toutes façons ce n'est pas comme si l'un d'entre nous avait une meilleure idée. Je suis obligé de vous suivre.
-Parfait ! Maintenant au travail ! On a assez perdu de temps comme ça.
On s'y met et malgré quelques complications dû au charcutage des poissons par Fell Sans, on arrive à sortir nos plats dans les temps. Le plat principal est très iodé, c'est très agréable, et la sirène est plus ferme que je ne l'imaginais, ça change des autres poissons à chair blanche. Le maquereau quant à lui est moelleux et s'est imprégné de la sauce, ce qui lui donne une texture inédite. Quant à l'aspic, il n'est ni trop ferme ni trop souple, et les suprêmes se sont très bien conservé à l'intérieur de leur prison de gelée.
On s'installe dans la grande salle qui ressemble plus à une véranda qu'à une salle de classe et on picore dans les plats des autres pour que chacun puisse donner son avis. Nos plats ont un succès assez modéré comparés à ceux qui ont été réalisé par Swap Papyrus ou le groupe de vampire. Mais malgré la bonne ambiance qui règne, je ne peux pas m'empêcher d'être pensive et d'avoir le regard rivé sur la forêt. Et visiblement je ne suis pas la seule à être intriguée par cet endroit parce que beaucoup de lycans semblent entendre quelque chose venant de là-bas. J'ouvre la porte vitrée et m'assois sur les marche pour pouvoir manger au soleil avant d'être rejoins par Erika, Calcium et Sans.
-Tu vas bien ? Tu n'as pas l'air d'être dans...ton assiette.
Sans tente l'humour pour essayer de me tirer de mes pensées mais ça ne marche pas, je continue de fixer ces arbres en espérant pouvoir entendre un son qui confirmerait mes doutes.
-Toi aussi tu sens quelque chose ? Demande Erika
-Tu t'en es rendue compte ?
-Juste après que tu te sois faite interpellée par les Ifrits, j'ai moi aussi commencé à entendre des bruits étranges par intermittence. Mais impossible de savoir de quoi ça vient.
-Vous en avez parlé aux professeurs ? Demande Calcium
-Non, je dois juste être parano. Je ne vais pas les embêter pour ça.
-Idem, en plus ils croulent sous le travail depuis ton arrivée. Il faut dire que les récents agissements de Ruvik laissent penser que quelque chose d'énorme se prépare, répond Erika.
Un blanc s'installe et un léger vent se met à souffler, faisant bouger les branches des arbres et porte les vagues cris des créatures environnantes. Mais au bout d'un moment, les bruits de pas que je pensais être ceux d'un gros wendigo se rapprochent et se clarifient. Ce sont des pas très lourds, accompagnés de claquements métalliques, suivis d'un cri robotique plus que reconnaissable. Je me lève d'un bond et commence à courir vers cette chose que je distingue à peine entre les arbres, un grand robot violet, dont une partie du visage est clairement manquant semble fuir une créature arachnoïde aux longs cheveux noirs.
