Vendredi 20 Mai :
Le ciel est gris et couvert aujourd'hui, à croire que même la météo sait qu'il y a des enterrements. Il n'y a aucun chahuts, aucun bruits à part celui du vent qui souffle un air humide. J'enfile un costume entièrement noir et lâche mes cheveux avant de sortir dans la cour intérieur. Il fait frais pour un mois de Mai, je sens que la pluie ne devrait pas tarder à tomber. Je prend un portail avec les squelettes et on arrive dans un grand cimetière, sans doute dans le sud de la France.
-Prends ta pilule Léa, ils vont bientôt arriver, me dit Sans.
J'avale la gélule, elle est censée nous rendre invisible aux yeux des humains, et je dois avouer que ça me surprend de voir des employés me passer devant sans s'apercevoir de ma présence. Je regarde ma tombe, vide pour le moment. Ma pierre tombale n'est décorée que de quelques photos de moi, un portrait, une photo de famille, une avec mes amis et une du lycée. Je m'accoude derrière ma tombe et regarde le cortège arriver, il est étonnement grand et varié. Toute ma famille est là, ainsi que mes amies les plus proches et quelques professeurs et camarades du lycée, ils sont plus d'une cinquantaine à vue d'œil et ils abordent une expressions renfermée, certains ont déjà le visage inondé de larmes. Le couffin est transporté par des employés et est délicatement posé dans la tombe avant d'être lentement recouvert de terre sous les pleurs de nombreuses personnes. Certaines personnes s'avancent pour me rendre un dernier hommage, ils sont si sincères que je ne peux m'empêcher de verser quelques larmes d'émotions. Puis vient le tour de mon beau-père.
-Léa était une fille souriante, dynamique, pleine d'espoir. Elle n'a jamais renoncé à ses rêves peut importe ce qu'on pouvait lui dire. Je regrette de ne pas avoir été plus à l'écoute et de ne pas l'avoir aidé quand elle en avait besoin. J'aurais voulu passer et partager plus de bon moments avec toi. Je t'ai toujours soutenu et quoi que tu fasses, j'étais et suis toujours fier de toi ma fille. J'espère que là ou tu es, tu pourras réaliser tes rêves les plus fous.
Tout le monde salue son discours, mais moi, je n'y décèle pas une once de vérité. Son expression faussement triste me dégoûte, au point qu'elle me donne la nausée. Il retourne dans la foule et la quasi totalité d'entre eux déposent des fleurs, des peluches et des friandises sur ma tombe avant de partir. Seul cet hypocrite reste face à moi sans le savoir, son visage se transforme pour ne laisser place qu'au dégoût et à l'agacement.
-Même quand tu meurs, tu réussis quand même à tous nous emmerder. Mais maintenant, je vais enfin transformer ta ''chambre'' en bureau, on va arrêter de dépenser de l'argent dans tes études et l'ambiance à la maison sera beaucoup plus détendue. Donc ou que tu sois, restes-y.
Il retourne auprès de ma mère qui ne se doute de rien pendant que je bous de rage. J'ai envie de hurler et de lui faire cracher ses dents à cet enfoiré de première ! Je m'apprête à le poursuivre mais Sans me retiens par les épaules.
-Tu n'as pas le droit de faire ça. Aucunes interaction n'est autorisée même si tu en as très envie.
Je me dégage de son emprise et frotte mon visage pour essuyer mes larmes pour les rejoindre encore enragée. Papyrus me prend dans ses bras et me berce lentement pendant que l'on retourne à l'Académie. Je finis par me calmer toute seule au bout de quelques heures et rejoins les étudiants dans le car qui nous emmène au cimetière. Le trajet se déroule dans un calme des plus complet, on traverse la forêt et après plusieurs virages, on arrive dans une grande clairière remplie de tombes. Quelques personnes sont déjà en train de placer le cercueil de Calcium sous terre, sous la supervision de deux grand hommes aux cheveux longs et blonds platine, habillés d'une longue tunique blanche ornée de fines broderies dorées. En m'approchant, je peux distinguer leurs longues oreilles légèrement pointues, particularité physique propre aux elfes.
Tous les élèves se mettent en arc-de-cercle autour de la tombe et l'équipe enseignante se positionne au premier rang avec les deux elfes. Un bref discours est prononcé dans une langue que je ne connaît pas avant que le cercueil ne soit recouvert d'une épaisse couche de terre tassée et qu'une immense flamme bleue jaillisse de la tombe. Le spectacle est étrangement beau, Blue m'explique discrètement que l'on brûle les cadavres pour qu'il n'y aie plus rien à récupérer dessus. Le feu brûle pendant dix longues minutes avant de s'éteindre, la classe retourne vers le car avec la plupart des professeurs sauf Slender et Ben qui semblent discuter avec les elfes. Fell Papyrus les regarde avec insistance et tapote ses doigts nerveusement contre son bras.
-Quelque chose te tracasse ?
-Ouais, d'habitude ce sont des elfes ou des vampires qui appartiennent la Garde qui se chargent des enterrements, mais là on a des Empereurs. Ça veut dire que quelque chose d'important se prépare...
Je reste bouche bée et reste à côté de lui pour les regarder, ils semblent discuter de sujets importants car les visage des elfes sont plutôt sérieux, puis ils posent leur regard sur moi et je détourne instinctivement ma tête pour regarder l'horizon. Je finis par rentrer dans le bus pour m'asseoir seule à l'avant pour les regarder derrière la vitre teintée, leur discussion se termine après une dizaine de minutes, quand les Empereurs se téléportent je ne sais où en laissant Slender et Ben revenir avec nous. Le bus démarre et Ben me tend une enveloppe fermée grâce à de la cire rouge marquée d'un sceau. C'est un bouclier sur lequel on peut voir deux yeux grand ouverts et deux gouttes, et derrière celui-ci se tient une grande épée.
Sans, qui était assis tranquillement derrière moi, se relève brusquement pour regarder par dessus mon épaule.
-Wow, c'est pas banal ça. Une lettre qui vient directement des Empereurs.
-Comment tu peux être aussi sûr de toi ?
-Ce sceaux est le symbole de la Garde et de l'empire, en général tout le monde scelle ses lettres avec ce sceaux.
-Et ? Ça pourrait venir de n'importe qui.
-Non justement, il y a un code couleur pour la cire. La cire grise n'est utilisée que par les civils, la bleu par la Garde et la rouge par les Empereurs. Tu devrais l'ouvrir dès qu'on arrive à l'Académie.
-C'est si important ?
-Si elle te vient des Empereurs oui.
Je range précieusement la lettre dans mon sac et attend patiemment la fin du trajet pour aller dans ma chambre et ouvrir la lettre. Je m'assois à mon bureau et décolle précautionneusement la cire pour ne pas déchirer l'enveloppe et en sortir la lettre. Je déplie le papier et les caractères elfiques illisibles pour moi changent lentement pour devenir des caractères des l'alphabet latin.
« Mademoiselle Alvarez Léa, Nous avons pris connaissance de vos actes et de vos paroles par l'intermédiaire de vos professeurs. Nous vous avouons être étonnement surpris de la tournure que prennent les événements grâce à votre force de caractère et à vos capacités surnaturelles. Néanmoins, nous vous prierons de ne plus causer de torts à vos compagnons sous peine de recevoir une sévère sanctions. Nous vous informons également que malgré votre manque d'expérience, nous vous demandons de participer à la purification d'un lieu corrompu avec l'aide de vos supérieurs. La purification se tiendra au sanatorium de Waverly Hills, situé au 4400 Paralee Dr à Louisiville dans la région du Kentuky des États-Unis d'Amérique et durera 35 jours à compter du 25 Mai de cette année.
Nous vous remercions d'ores et déjà de votre contributions.
Respectueusement, le Conseil impérial. »
Je pose la lettre à côté de moi pour bien enregistrer toutes les informations que je viens de lire. Il y a beaucoup de choses que je ne comprend pas comme la purification de ce sanatorium et pourquoi on m'y envoie. Je prend l'enveloppe avec moi et décide d'aller voir un professeur pour essayer de tirer ça au clair, et par chance, je tombe sur Ben.
-Ha Léa, tu as lu ta lettre ?
-Oui et à propos de ça...
-Tant mieux ! Tes futurs compagnons de purification t'attendent dans le bureau de Slender. Dépêches-toi, ne les fait pas attendre.
Il me donne une petite tape dans le dos et je me hâte de rejoindre Slender qui m'attend accompagné des squelettes, de Jeff et d'Eyeless Jack. Tout le monde se tient au garde-à-vous et en rang serré face à Slender, je fais de même et écoute attentivement ce qu'il a à dire.
-Bien, je suppose que vous êtes tous au courant de ce qu'il va se passer à partir du 25, donc je vais faire au plus court pour vous laisser le temps de vous préparer. Vous partirez en avion pour rejoindre un groupe de cinq membre de la Garde avec qui vous coopérerez pour faire le ménage dans le sanatorium pendant un peu plus d'un mois. Pendant que nous parlons, ces cinq personnes sont en train de monter un camp proche du sanatorium, d'étudier et de planifier les missions les plus importantes et de rendre toute la zone interdite d'accès aux humains dans un rayon d'une quinzaine de kilomètres afin d'être à l'abri des regards indiscrets. Je vous demanderais donc d'être attentifs et de leur obéir au doigt et à l'œil n'est-ce pas vous deux ?
Il nous jette un regard inquisiteur à Fell Papyrus et à moi, ce qui me fais baisser la tête en signe d'acquiescement .
-Nous ne tolérerons aucuns écart de comportement venant de vous deux, ils seront en droit de vous sanctionner comme bon leur semble. Vos cas sont exceptionnels, soyez-en bien conscients, c'est une faveur immense que l'on vous fait alors tenez-vous à carreaux et ne prenez pas de risques inconsidérés.
-Bien monsieur, répond Fell Papyrus en même temps que moi.
-Vous pouvez disposer, l'avion décollera de 25 à 9h, aucun retard ne sera toléré.
-Oui monsieur !
On romps les rangs et on sort un par un du bureau pour regagner nos chambres, mais avant de pouvoir y arriver, Eyeless Jack me retient par le bras et m'emmène dans la salle de soins sans que je puisse y faire grand chose et m'assois sur une chaise.
-Pourquoi je suis ici cette fois ?
-Pour réactiver la première capacité que tu as acquis et maîtrisé.
-De quoi tu parles ? Je n'en ais pas .
-Bien sur que si.
Il remplit une seringue d'un liquide orangé et analyse mon cou.
-Je déteste les piqûres, et puis pourquoi on doit faire ça ?
-Parce que te réapprendre à l'activer prendrait beaucoup trop de temps. De plus, tu savais l'utiliser de manière très correcte pour une humaine et je ne pense pas que tu ais oublié ce genres de chose tant tu as dû l'utiliser.
-De quoi tu parles ?
-De ton talent à repérer et interagir avec les morts ainsi que de les purifier ou les repousser.
Je me pince l'arrête du nez en me remémorant l'époque la plus gênante de ma vie, soit ma période dark Sasuke qui a duré pendant deux bonnes années au collège avant que je ne me reprenne en main pour revenir à une personnalité plus mature et conventionnelle.
-J'ai arrêté ce genre de conneries, ça a été les pires années de ma vie. J'avais peur de tout à cause de ces trucs qui m'ont gâché un nombre incalculables de nuits.
-Ce ne sont pas des conneries, et tu n'as pas le choix de toutes façon. Sans ça tu ne pourras pas être utile au sanatorium.
Je soupire et me fais à l'idée que ce n'étais pas n'importe quoi ces histoires de fantômes. Blue arrive accompagné des Fell.
-Où sont les autres Blue ? Demande Jack
-Ils préparent nos bagages. Ça avance ?
-Oui, j'ai repéré sa veine. Je compte sur vous pour la maintenir.
Je regarde Jack avancer avec sa seringue et commence à prendre peur pendant que Fell Papyrus me tient fermement pour m'empêcher de bouger.
-Tu risques d'avoir très mal, mais ne t'en fais pas, tout va bien se passer.
-Y a un truc qui cloche dans ta phrase !
Je sens l'aiguille s'enfoncer dans mon cou et contre toute attentes, ce n'est pas si douloureux. Le contenu de la seringue me provoque seulement de légers picotements dans mon cou mais rien de plus.
-Bah c'est tout ? Je pensais que ce serait pire que la mort mais on dirait que ce n'est pas aussi terrible que ce que j'ai imaginé finalement...
Tout d'un coup, je ressens une chaleur brûlante au niveau de mes yeux. C'est comme si on me transperçais les yeux avec des aiguilles chauffées à blanc et qu'on me les triturais sans cesse. Je me débat et hurle pour qu'on vienne m'aider mais Papyrus me maintient fermement contre lui. Je ne vois rien, comme si un voile rouge recouvrait mes yeux, et en plus de ça, je sens un liquide épais couler sur mes joues. La douleur persiste et j'en viens à supplier qu'on me tue pour mettre fin à mes souffrances. Après ce qui me semble être une éternité, la douleur cesse enfin et je réalise que je pleurais du sang depuis tout à l'heure.
Papyrus me porte et me dépose dans une baignoire pour m'asperger d'eau fraîche pendant plusieurs minutes avant que Jack et Blue de s'approchent pour vérifier mon état.
-Ton corps a l'air de bien supporter le choc. Tu vas rester ici encore un quart d'heure pour détendre tes muscles et pour que tes yeux s'adaptent à ta nouvelle vision du monde qui t'entoure, annonce Jack d'une voix calme avant de retourner à son bureau.
Je me frotte le visage pour éliminer les impuretés qui recouvrent ma peau et rince mes yeux abondement avant de me laisser glisser sous l'eau pour me détendre. J'expire lentement avant de remonter à la surface et de cligner des yeux pour regarder autour de moi. Peu de choses ont changé, mais je retrouve cette désagréable impression d'avoir quelqu'un qui m'espionne. Je me retourne et aperçois une silhouette brumeuse avec deux points blancs lumineux dans l'encadrement de la porte qui me fixe intensément avant de disparaître dans un petit écran de fumée. Je soupire et sort de la baignoire pour essorer mes vêtements et mes cheveux tout en observant les différents esprits qui vont et viennent autour de nous en soupirant.
-Tes nouveaux yeux ne te plaisent pas ? Demande Blue
-Si, mais les choses que je vois un peu moins. Je sens que je vais en voir de toutes les couleurs.
-Et tu n'a pas tort. Si tu te sens mieux tu peux sortir faire un tour dans la cours. Il ne faudrait pas que tu reste enfermée trop longtemps, ce n'est pas bon pour la santé, ajoute Jack.
Je grommelle et vais pour sortir quand je sens un tissu lourd atterrir dans mon dos. Je l'attrape et me retourne vers le lanceur qui n'est autre que Fell Papyrus.
-Mets ça, il manquerait plus que tu chopes la crève.
-...merci.
-Si tu tombes malade tu sera encore moins utile que d'habitude, je fais dans notre intérêt à tous, grogne Papyrus.
Je souris et enfile sa veste tout en me dirigeant vers la cours extérieure pour prendre un grand bol d'air frais tout en redécouvrant les lieux avec mes ''nouveaux yeux''. Il y a beaucoup d'esprits mineurs qui disparaissent dès qu'on pose les yeux sur eux et des smogs qui errent un peu partout. Finalement, je me réhabitue assez vite aux changements brusques de température mais toujours pas aux murmures distants. Je longe les barrières l'esprit brumeux pendant un moment avant de retourner à l'intérieur pour préparer une petite valise et de me préparer mentalement à cette mission.
