Mercredi 25 Mai :
Je me réveille à cause d'un vent frais sur mes joues et plusieurs voix masculines, j'entrouvre mes yeux et essaye de distinguer de qui proviennent les voix mais sans succès. Je me rendors pour me réveiller bien plus tard sur la banquette d'un véhicule. Je me redresse et cligne rapidement les yeux pour savoir où je me trouve avant de remarquer la présence de mes acolytes osseux qui semblent assez calme.
-Tu te réveilles enfin petite marmotte ? Susurre langoureusement Swap Papyrus à mon oreille
Je sursaute et manque de lui donner un coup de coude sous la surprise, mais il m'attrape et m'assois sur ses genoux en me maintenant dos à lui avant de caresser ma tête.
-Bon sang mais tu m'as fais peur ! Et puis on est où ?
-Dans l'avion qui nous emmènera au sanatorium. On a décollé plus tôt que prévu alors on est venu te chercher dans ton lit.
-Ha ? J'ai pas le souvenir de m'être levée pourtant.
-Normal puisque j'ai dû te porter en poids mort parce que tu refusais de te réveiller, grommelle Fell Papyrus.
-C'est pourtant toi le premier à être allé la chercher, et tu ne semblais pas peu mécontent de l'avoir sur ton épaule, réplique Swap Paps.
-Si tu l'avais porté tu l'aurais fait tomber, con comme t'es. Nan, il fallait quelqu'un de sérieux et puissant pour cette tâche, tu ne pouvais pas faire l'affaire.
La tension entre ces deux-là est vraiment palpable, et ce sont mes côtes qui en payent le prix fort à cause de l'étreinte de Papyrus qui se rend compte de ce qu'il est en train de faire après quelques minutes de pression intense. Il embrasse ma tête et me câline en murmurant à mon oreille de son ton le plus mielleux et sensuel.
-Excuses-moi Honey, je ne voulais pas te faire du mal.
Un long frisson me parcoure l'échine et je suis prise un violent spasme, qui fait doucement rire Papyrus qui se redresse pour tirer une latte.
-Sinon, où sont les profs qui devaient nous accompagner ?
-Ils ont eu un empêchement, ils ne viendront pas, lâche Fell Papyrus en soupirant, visiblement agacé.
-Du coup on sera juste sous la tutelle des gardes ? questionnais-je Fell.
-Non sous celle des arbres. Bah évidemment qu'on sera sous les ordres des gardes sombre idiote !
-Ha ? Tu me respectes un peu plus de jour en jour mon grand, dis-je avec amusement.
- Boucles-la ! Jamais tu n'auras mon respect !
- Mais oui mais oui, je te crois Oh Grand Papyrus.
On se chamaille un petit moment avant de redevenir calme à cause des turbulences. Quelques heures plus tard, nous atterrissons dans une forêt où deux personnes nous attendent. L'un d'eux est un elfe très grand et musclé, des cheveux blond platines, une cicatrice sur l'œil droit et une clope au bec. Bref, il n'est pas très avenant contrairement à la femme qui l'accompagne. C'est une harpie assez grande avec des cheveux bruns ondulés, des ailes couleurs crème et elle dégage une douce aura maternelle.
-Bienvenue, nous sommes vos superviseurs pour cette longue mission. Je suis Aria, garde d'élite. Et voici Al, du même rang.
Sa voix est rassurante, comme celle d'une mère qui accueillerait ses enfants. Al quant à lui, se contente d'acquiescer sans dire un mot avant de récupérer les deux caisses qui étaient posées à côté de nous et de partir vers les bois. Aria nous fait signe de la rejoindre et on s'enfonce dans la forêt jusqu'à arriver à une petite clairière dans laquelle se trouve une maison en pierre assez grande pour y faire tenir une vingtaine de personnes. L'elfe prend les garçons à part pour leur faire visiter et Aria déploie l'une de ses ailes pour me ramener vers elle et me montre le sanatorium.
Le bâtiment en béton semble à l'abandon depuis plusieurs décennies, les fissures traversent les murs de long en large et il ne reste plus grand chose des fenêtres à part quelques débris de verre fixés aux parois. J'entends le vent s'engouffrer dans le sanatorium et de vagues plaintes venant de lui, ce qui me donne la chair de poule. Aria me caresse la tête en rigolant doucement.
-Ce n'est pas comme ça que tu arriveras à imiter ma peau ma grande.
-Je le sais bien, mais cet endroit me fout les jetons.
-Je te comprends. N'importe qui serait angoissé à l'idée d'entrer là-dedans. Mais ne t'en fait pas, une fois la première nuit passée ici, ce ne sera qu'une question de jours avant que tu t'adaptes à ce nouvel environnement.
Il n'y a pas à dire, Aria me met vraiment en confiance avec sa voix douce et ses gestes rassurants. Je sens que je ne vais pas la lâcher d'une semelle durant ce séjour. On retourne vers la base et j'entends la voix d'une fille piailler d'excitation alors qu'Aria soupire.
-On dirait que Mudy apprécie tes camarades...
-C'est une bonne chose non ?
-Plutôt oui. En tout cas ils ont de la chance.
-Pourquoi ?
-Parce qu'elle ne va pas les harceler jour et nuit parce qu'ils lui plaisent.
-Ha ? Ils ne sont pas à son goût ? Elle aime les hommes faits de chair ?
-Non, elle préfère les filles.
Un silence de mort s'installe avant qu'un hurlement haut perché ne le déchire avec plus de violence que Fell Papyrus. Une masse presque informe bleue claire se jette sur moi et me serre avant de prendre forme humaine, et je dois avouer qu'elle est plutôt jolie avec ses grand yeux ronds et rouges.
-Salut toi ! Je suis Mudy, mais appelles-moi Mud-Mud.
-E-enchantée Mudy, je suis Léa.
-Je sais, tes amis m'ont déjà parlé de toi. Sois un peu plus relax ma grande, j'ai beau être ta supérieure, on va quand même vivre ensemble pendant plus d'un mois, alors autant devenir de bonnes copines dès maintenant non ?
-O-oui bien sur.
Son étreinte n'est pas désagréable, sa peau est étonnement lisse et fraîche, on dirait de la gelée, en plus elle sent bon la menthe et le citron. Ses mains caressent mon dos puis descendent lentement sur mes lombaires pour ensuite empoigner mes fesses et me les peloter vigoureusement.
-Wow, mais elles sont trop bien tes fesses ! Elles sont musclées mais moelleuses en même temps, c'est génial !
-Heu...madame, je ne pense pas que...
Elle s'écarte brusquement pour prendre ma poitrine dans ses mains et la malaxe sans pression.
-Hooo...c'est tout moelleux, comme des brioches !
-Bon ça suffit Mudy ! S'exclame une voix masculine
La chaleur grimpe d'un coup et Mudy s'écarte en râlant et en fondant.
-C'est bon j'ai compris ! Arrête ça Krom !
-Franchement, faut que t'arrêtes de sauter sur tout ce qui bouge. Ce n'est pas digne d'un Garde Impérial de ton rang.
La température revient à la normale et un homme assez grand et bronzé se poste devant moi, ses yeux verts clairs sont si perçant qu'on dirait qu'ils lisent en moi. Il m'observe sous toutes les coutures et son expression froide comme la glace ne me met pas en confiance jusqu'à ce que celle-ci fonde comme neige au soleil en un quart de seconde grâce à un immense sourire joueur.
-Mais je dois avouer qu'elle est plutôt mignonne avec ses petites formes.
-Tu vois ?! J'ai bon goût nan ?
-Pour une fois oui. Enchanté ma grande, je suis Krom, l'un de tes supérieurs. Il me semble que tu as déjà fait la connaissance d'Aria et de Mudy, il faut que je te présente le reste de l'équipe ma belle.
Il me sourit et prend ma main avant que Swap Papyrus ne lui tombe dessus pour m'écarter de lui tout en me gardant contre sa cage thoracique.
-T'es pas censé fricoter avec tes subordonné le lézard.
-Wow, relax sac d'os, je ne vais pas la bouffer. Même si j'avoue que c'est tentant, dit-il en se léchant les lèvres et en sortant ses crocs aiguisés.
Aria me prend la main et me présente au reste de l'équipe pendant que Krom et Swap Papyrus se crêpent le chignon. Il y a Al, le grand elfe qui nous a accueillis à la sortie de l'avion et Bill qui est un démon au visage tout rond et tout mignon avec des yeux rouges sang et des petites frisettes brunes, deux cornes pointues et une longue queue noire. Et enfin Mudy qui est une Slime. Finalement, nous n'avons que cinq supérieurs, et nous sommes répartis dans trois grandes chambres, une de cinq et une de quatre pour les garçons tandis que je me retrouve seule avec Aria et Mudy. Il y a également une grande salle commune et deux vestiaires qui font office de salle de bain, plus une cuisine équipée. On passe l'après-midi à déballer nos affaires et à s'installer avant de se préparer pour notre première nuit dans le sanatorium.
On nous répartit en trois groupes équilibrés pour éviter les rapatriements d'urgences pour se faire soigner. Le premier groupe se compose de Sans, Blue et de Bill. Le deuxième de Papyrus, Swap Payrus et Krom et enfin le mien avec les Fell et Mudy. Aria et Al quant à eux sont chargés de surveiller les alentours et d'intervenir en cas de force majeure.
On avance et chaque groupe est affecté à un étage, celui de Bill premier étage, Krom au second et nous au troisième. Apparemment ils veulent garder le quatrième et le sous-sol pour plus tard, le temps que l'on gagne en expérience et en assurance.
Une fois arrivé au troisième, Mudy nous donne une oreillette munie d'un micro.
-Mettez-le, ça nous permettra de communiquer si on se retrouve séparé.
Mudy est devenue étonnement sérieuse, on voit qu'elle n'est pas Garde Impériale pour rien, elle scrute le moindre recoins tout en avançant et en nous donnant les directives. Je suis parcourue de frissons en permanence, dès que mon regard se pose quelque part, j'y vois un esprit torturé et geignant avec une voix à vous glacer le sang. Les purifier ne me demande pas beaucoup de temps et d'énergie, mais le stress et la peur constante me pousse à prendre la main de ma supérieure qui me caresse doucement la tête.
-Tu finiras par prendre le pli ne t'en fais pas. Il faut juste que tu te réhabitues à tout ça.
-Je sais bien...mais tout est tellement terrifiant ici. Cet endroit respire la mort et la souffrance, c'en est étouffant.
-J'avais oublié que les humains étaient plus sensible que nous pour ce genre de choses, soupire-t-elle en souriant.
-Qu'est-ce qui vous fait sourire ?
-Parce que tu ne te rends pas compte que ça fait de toi notre plus gros atout. Tu repères des esprits que nous n'avons pas pu sentir.
-Ha bah ça pour être grosse elle est grosse Léa ! Lance Fell Paps en riant dans mon oreillette.
-Mais tu vas la boucler ?! Je te jure qu'un jour je vais te péter les genoux si tu continue !
Il rit et Mudy m'enlace et tripote mes rondeurs.
-N'écoutes pas ce crétin, les filles rondes sont trop mignonnes, tellement mignonnes que c'en est presque criminel.
Elle rit et me communique son rire avant de retourner à la chasse aux fantômes.
Jeudi 26 Mai :
Le vent s'engouffre par ce qui reste des fenêtres et me fais amèrement regretter mon pull. Sans et son frère nous ont rejoint depuis une petite heure pour déblayer les chambres et décrocher ce qui reste des patients pendus.
-Franchement je vous envie.
-Comment ça ? Demande Sans en déposant le cadavre dans un coin.
-Vous n'avez jamais froid ou chaud, pour vous les vêtements c'est juste pour faire joli.
-C'est pas vrai ça, on ressent ce genre de choses, c'est juste qu'on est moins sensible.
-Et bien je continuerais de vous envier pour ça.
Je lui tourne le dos pour fouiller le placard et je sens qu'on dépose un vêtement sur mes épaules. Je me retourne et remarque que le sweat de Sans est sur moi et qu'il est en col roulé.
-Gardes le, il manquerait plus que tu attrapes froid. Dit-il en détournant le regard et en rougissant légèrement. Je lui souris tout en enfilant son sweat et en le remerciant.
On continue notre inspection jusqu'à ce que j'entende des chocs réguliers sur le sol. Je sors de la pièce sans faire de bruits et me dirige vers la source du bruit avec la boule au ventre. Le bruit résonne dans toute l'aile et m'empêche de détecter avec précision d'où il vient. Je finis par me perdre dans les couloirs et décide de contacter Mudy.
-Oui ?
-Je crois que je me suis perdue...
-Où ça ?
-Vers les escaliers qui mènent au quatrième, au bout de l'aile droite il me semble.
-Ne bouge pas, on va arriver d'ici quelques minutes.
-Bien reçu.
On coupe la communication et je ressens un frisson désagréable au possible. Le bruit se rapproche de moi par le haut, je me retourne et une balle rebondit sur chaque marche de l'escalier. Je ramasse la balle et quand je me relève, une petite fille au teint pâle est plantée devant moi. Je pousse un cri et sursaute en lâchant le jouet pendant qu'elle avance en tendant ses bras vers moi, révélant son visage dépourvus d'yeux, il n'y a que deux trous béant à leur place. Je recule mais dans ma précipitation, je tombe au sol et fini par reculer le cul part terre avant qu'elle ne se jette dans mes bras pour visiblement recevoir un câlin de ma part.
Dans un élan de peur et de panique, je m'agrippe la fillette et utilise ma magie de manière si brutale pour la purifier qu'elle explose dans un écran de fumée. Des larmes coulent sur mes joues alors que je sens les bras de Sans m'étreindre.
-H-hey Sans ? Dis-je d'une voix tremblante
-Oui ?
-Rappelle-moi d'avorter si un jour je tombe enceinte.
-Pardon ?! Pourquoi ?
-Il est hors de question que je mette au monde quelque chose qui pourrait être aussi flippant que ça.
On me relève et Mudy me fait m'asseoir dans le couloir principal pour que je me calme.
-Bon, au moins tu t'es débarrassée de Mary, c'est déjà ça. Dit-elle
Un petit flash parcourt ma mémoire quand j'entends ce prénom, il me semble que cette petite était fichée dans le rapport qu'on nous a fait lire avant de commencer la mission. Beaucoup de personnes auraient entendu une petite fille jouer avec une balle en se plaignant de ne pas avoir d'yeux.
L'aube finit par arriver et on se retrouve tous devant le sanatorium pour rentrer tous ensemble.
